Courbejarret (répàladev)

TRS le premier, TRA et LGF ensuite, m’ont donné la bonne solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Courbejarret, un lieu-dit de Saint-Paul-le-Froid, canton de Grandrieu, arrondissement de Mende, en Lozère.

Saint-Paul-le-Froid, ici :

local-Saint-Paul-le-Froid

Courbejarret, au sud-ouest de Saint-Paul-le-Froid :

Courbejarret IGN

Courbejaret (avec un seul r) chez Cassini (feuillet 54, Saint-Flour, 1779) :

courbejaret CAS

La montée de Courbejarret avec son dernier virage en épingle :

Photo aérienne courbejarret
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Toponymie

Courbejarret : ce nom s’explique par l’effort demandé au jarret des moines qui gravissaient la pente menant au lieu-dit (et aux courbatures qui s’ensuivaient ?).

Capture chemin courbejarret

Églises romanes oubliées du Gévaudan, par Anne Trémolet de Villers et Bernard Delcros (Presses du Languedoc, 1998)

Saint-Paul-le-Froid : attesté Sanctus Paulus en 1352, du nom de l’apôtre. Le qualificatif froid apparait en 1801, par allusion au climat habituel de la région.

Grandrieu : francisation de l’occitan grant riu, « grand ruisseau », qui est le nom du cours d’eau qui traverse le village.

Mende : on ne peut que supposer l’existence d’un oppidum gaulois sur le Mont Mimat ; une petite ville romaine s’est établie à son pied, à l’emplacement même de Mende. C’est Grégoire de Tours, en 575-94, qui évoque le martyre de saint Privat in criptam Memmatis montis, au premier Livre de son Histoire des Francs. Le même auteur cite plus loin la ville, ex Mimate. On comprend que la forme originelle est donc Memmate : accentuée sur la première syllabe, elle est à l’origine de Mende. Le nom est issu du gaulois *Menman, « pensée, prière ; intelligence, esprit », muni du suffixe locatif gaulois –ate. On retrouve ce radical dans des noms de divinités gauloises comme Menmandutiae à Béziers, Minmantiae à Périgueux, Menmanhia à Rome. Il est fort probable que la montagne surplombant Mende a fait l’objet d’un culte, comme c’était alors fréquent ; c’est sur le flanc de cette montagne que se trouvait l’ermitage de saint Privat où il fut découvert et martyrisé par les Alamans. La montagne n’est appelée le Mont Mimat que depuis 1724 environ, mais les paysans locaux ont conservé l’habitude de l’appeler lou Truc (de Saint-Privat) ; l’appellation Mont Mimat est une réfection d’érudits locaux. La forme originelle Mimate a eu pour résultat occitan régulier Memde en 1152, graphié Mende en français en 1318.

Gévaudan : ce pays historique du haut Moyen Âge, formé de l’ancien diocèse de Javols (Loz.), est devenu partie de l’ancienne province de Languedoc, dont le chef-lieu est Mende (Loz.) et qui correspond grosso modo à l’actuel département de la Lozère. Le nom du pays est attesté in Gabalitano en 587-93, toujours chez Grégoire de Tours. C’est une formation du haut Moyen Âge, sur le nom de la ville Gabali (l’actuelle Javols) avec le suffixe –itanu couramment utilisé dans l’Empire romain pour nommer des peuples ou des habitants. Le nom originel du peuple est ici Gabali, utilisé par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. ; en 77,  Pline l’Ancien l’appelle Gabales. Au bas Moyen Âge, le nom du pays est graphié par l’occitan local Javalda en 1219 puis Givaudan en 1387, l’occitan toulousain Gavalda après 1277 et enfin le français Gevaudan en 1388. L’étymologie du nom des Gabales n’est pas assurée. On a pensé à la racine *gab (celle des hydronymes pré-latins de type gave). Après Venceslas Kruta (Les Celtes – Histoire et dictionnaire, R. Laffont, 2000) on s’accorde aujourd’hui pour voir dans le nom des Gabales un dérivé du gaulois *gabal qui désignait une « fourche ». Jacques Lacroix (Les noms d’origine gauloise – La Gaule des combats, éd. Errance, 2003) voit dans ce *gabal l’origine de « javelot » et fait des Gabales les « hommes au javelot ».

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Les indices

le blason : Parti : au 1er d’azur au cristal de neige d’argent en chef et à l’épée d’or la pointe brochant au centre du cristal, au 2è d’or au château de deux tours, donjonné d’une tour plus élevée, d’azur maçonné de sable, le donjon accosté de deux haches adossées d’argent mouvant du château.

Blason SAINT_PAUL_LE_FROID-48

La première partie, dont la couleur bleue rappelle les cours d’eau qui arrosent le village, traduit le toponyme avec l’épée, attribut de saint Paul, et le flocon de neige, symbole du froid : il s’agit d’un blason parlant. La deuxième partie reprend, en les simplifiant comme c’était obligatoire pour les municipalités, les armoiries de la seigneurie, en l’occurrence celles des Langlade du Chayla.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.

le vieillard : Aimé Avignon, né le à Saint-Paul-le-Froid (Lozère) et mort le , a été le doyen des hommes français du au

indice a 24 07 2022  ■ cette photo d’une épée plantée dans la neige rappelait le blason du village (même si TRS me charrie en me faisant remarquer qu’elle est mal orientée).

le religieux assassiné : François de Langlade du Chayla, archiprêtre des Cévennes, inspecteur des missions catholiques, est né en 1647 au château du Chayla à Saint-Paul-le-Froid. Il a été tué  le au Pont-de-Monvert (Loz.), assassinat qui est considéré comme déclencheur de la guerre des Cévennes ou des Camisards.

le pays historique : il s’agit du Gévaudan déjà vu plus haut. La phrase « Et je ne suis pas assez bête pour ajouter un indice supplémentaire » était un indice limpide vers la bête du Gévaudan.

 

Véfour (répàladev)

Personne n’a rejoint TRA qui reste seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette, et pourtant Brosseur s’est approché très près.

Il fallait trouver Véfour, un lieu-dit de Saint-Didier-sur-Rochefort dans le département de la Loire.

local-Saint-Didier-sur-Rochefort

Le Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire (J.-É. Dufour, 1946) nous donne les formes anciennes suivantes : Petrus de Veilfourt… Petrus Veilfort (1408) ; Iter tendens de Praloes ad Furnum Vetus (1472) ; Le village de Véfourt (1730) ; Le village de Véffour (1753) ; Véffour (XVIIIè siècle, Cassini) ; Veyfour (1887) ; Véfour (1926).

Il s’agissait donc de l’emplacement d’un « vieux four ». Je n’ai pas pu déterminer s’il s’agissait d’un ancien four à pain, à chaux, de potier …

Dans la commune voisine de Saint-Just-en-Bas naquit en 1784 Jean Véfour, le futur fondateur du célèbre restaurant parisien du Grand Véfour. Pour un restaurant à la cuisine mondialement réputée, l’utilisation d’un vieux four est parfaitement adaptée (chacun sait que c’est dans les vieux fours qu’on fait les meilleurs rôtis). C’est ici, au Grand Véfour, que s’est arrêté Brosseur

Saint-Didier-sur-Rochefort : ecclesia Sancto Desiderio en 1255, du nom Desiderius d’un évêque de Vienne de 595 à 608. Le complément sur-Rochefort indique que la commune est située au-dessus de Rochefort, un ancien château aujourd’hui en ruine.

Saint-Just-en-Bas : eccl. S. Justi au Xè siècle, du nom Justus d’un archevêque de Lyon au IVè siècle. Le complément en-Bas indique que cette commune est située en-dessous du Haut du Sein (1074 m), dans la vallée du Chagnon.

CPA St Didier sur Rochefort

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Les indices

Boën-sur-Lignon (chef-lieu de canton ) : Boen en 1025 et Bodenso alias Buenco au XIè siècle, est dérivé du nom de personne germanique Bodinus. Le Lignon, Lignono en 970, est issu du latin linea (finitima), « ligne de démarcation, sillon qui marque la limite », suivi du suffixe diminutif roman –on.

Montbrison (chef-lieu d’arrondissement ) : castello Montisbrisonis (1007-97). E. Nègre (TGF*) voit dans ce nom le franco-provençal mont brison, « mont du petit morceau, du très peu de choses », peut-être en rapport avec la colline de basalte, vestige d’un ancien volcan. Plus simplement, Dauzat & Rostaing (DENLF*) expliquent ce nom par celui d’un personnage germanique appelé Briso.

indice a06 06 2022 ■ il fallait reconnaitre Mademoiselle Montansier qui tenait salon au premier étage du café de Chartres qui deviendra le Grand Véfour (portrait issu de ce site).

■ pour les « vieux » téléspectateurs, Les oignons de Sidney Bechet rappellent l’émission L’art et la magie de la cuisine, présentée conjointement par Raymond Oliver et Catherine Langeais de 1954 à 1966, dont c’était le générique. Raymond Oliver était alors le chef du Grand Véfour récompensé par trois macarons dans le Guide Michelin.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Roqueredonde (répàladev)

TRA est le seul à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui !

Il fallait trouver Roqueredonde, une commune du canton de Lodève, dans l’Hérault.

local-Roqueredonde-

Roqueredonde : attesté de Rocca rotunda en 1135, ce nom est issu de l’occitan ròca , « roche » et de l’adjectif redonda, « ronde ». On sait que l’appellation « roche, roque » désignait le plus souvent, par métonymie, un château fort érigé sur une éminence rocheuse, ici arrondie. L’ancien château, dont il ne reste aujourd’hui que quelques ruines, était situé sur la crête de l’Escandorgue qui domine le village, au lieu-dit le Castella.

Capture Castella Roqueredonde

Profitant de ce site privilégié, les abbés de Joncels, alors maîtres des lieux, pouvaient contrôler leur territoire. Le village au pied du château s’appelait Tieudas jusqu’en 1925 quand il prit le nom de l’ancien château. Localement, on continue à l’appeler en occitan Tieudàs.

Tieudas :  attesté ecclesiam S. Dalmatii de Tenoldaz (à lire Tevoldaz) en 1135, Tendas en 1769, Tieudas chez Cassini et Tiendas en 1865, prononcé tioudàs, ce nom est issu du nom de personne germanique Tebaldus, c’est-à-dire Thibaud (theud, « peuple », et bald, « audacieux »).

ROQUEREDONDE

Carte de Cassini, feuillet 56, Nant -1778

Escandorgue : ce massif montagneux au nord-ouest de Lodève, dont la ligne de crête est une longue et étroite arête basaltique, qui ressemble au faîte d’un toit, est attesté d’Escaudelgue en 1643, à lire probablement *Escandelgue : peut-être du bas-latin scandula, «bardeau », et suffixe –ica (montanea) : « (montagne) ressemblant à un toit de bardeaux » ; attraction de l’occitan olgo, orgo, « odeur ». (TGF*, DPPF*). Frank R. Hamelin, dans sa Toponymie de l’Hérault (en ligne) propose une étymologie selon le latin scandula, « variété d’orge », et le même suffixe –ica.

Escandorgue bord du plateau

Aspect en bardeaux du bord du plateau de l’Escandorgue

Lodève : attesté Loteva au IIè siècle, Ludeva vers 678, sedis Lodove en 884, Lotevam vers 1056 et enfin Lodeva vers 1160, du gaulois lutevo, « marais », avec -a féminin. On reconnait dans lutevo la racine gauloise lut-, « boue », présente dans le nom Lutetia de Lutèce. (vvlt)

roqueredonde-herault-hotel-guiraudon-et-famille-bascou

Salut aux familles Guiraudon et Bascou !

Les indices

■ deux personnalités étrangères :  Lanza del Vasto (1901-1981), militant de la paix (vvlt), a créé à Roqueronde en 1963 la (nouvelle) maison mère des communautés de l’Arche, au domaine de la Borie Noble où il est enterré. Sogyal Rinpoché (1947-2019), lama tibétain, a fondé en 1991 le centre de retraite bouddhiste Lérab Ling, et en a démissionné en 2017, après des accusations de « mauvais traitements » (d’où les probables réticences à une inhumation à Roqueredonde).

indice-a-17-04-2022 ■ ces trois boules de granit devaient faire penser à des roches rondes.

indice a 19 04 2022 ■ ce symbole pacifiste bien connu (à l’origine anti-nucléaire) renvoyait aux engagements spirituels des deux personnalités citées plus haut.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Avis de fermeture

Mes chers amis, je pars. Je vous aime, mais je pars  (♫ ♪ ♫).

Je tire un trait, je ferme la valise  (♪ ♫ ♪).

Pas de panique ! (♫♪♫)

Avant de devenir trop vieux (♫ ♪ ♫), ma compagne et moi avons en effet décidé de prendre quelques vacances (♫♫♫) dans une île de Méditerranée ( ♪ ♫ ♪ – non, je ne recule devant rien), au bord de la mer (♪ ♫ ♪), pour fêter nos anniversaires respectifs et nos noces amours de flanelle.

Mais je vous rassure, je reviendrai. Ni à Montréal (♪♫♪), non, ni à Dublin (♫♪♫.), non plus : je reviendrai chez nous, bien sûr (♫♪♫).

Je reviendrai chez nous parce que :

ou parce que  ♪♪♫  (je ne pouvais certainement pas l’oublier !).

[ J’en ai plein d’autres, j’ai dû faire le tri ! Je vais laisser l’idée germer, et qui sait … ]

Bref, tout ça pour dire que je ne prévois pas de billet dominical pendant trois semaines consécutives. Cependant, la wifi étant maintenant disponible partout, peut-être trouverai-je  le temps de passer de temps en temps par ici.

PS n’oubliez pas ma dernière devinette ! Avis aux retardataires : le billet de la répàladev est déjà écrit et sera publié en avance dès demain soir.

Les indices du mardi 29 mars 2022

Ma dernière devinette n’a pas eu beaucoup de succès.

Bon. Comme je vous sens flemmards au point de ne pas cliquer sur le dernier lien, je vous en recopie l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’un lieu-dit lié à un des deux premiers noms du billet d’hier (oui : vous pouvez laisser le troisième tranquille – ahah).

Le nom de la commune (C1) qui l’abrite est lié à celui d’un homme latin suffixé de manière classique et suivi d’un adjectif qualifiant sans doute l’aspect de son sol.

À moins de trente kilomètres, dans le même département, se trouve une commune du même nom avec un adjectif contraire, par simple souci de se différencier.

À près de cent trente kilomètres, dans un département voisin, se trouve une commune du même nom, à la dernière lettre près, et sans complément.

Si on en croit son nom, ce personnage éponyme des communes devait être là pour un bon moment.

Le même nom à trouver se retrouve, à 188 km, dans une autre commune (C2) d’un autre département, pour nommer des ruines. Il s’agissait là aussi, au moins jusqu’en 1868, d’un lieu-dit mais ce nom, présent sur la carte d’état-major de 1866, a disparu des cartes actuelles mais reste pourtant documenté. La commune qui l’abrite doit son nom à un relief dénudé. Ce nom est parfois complété, non officiellement, par

Comme promis, je vous propose  quelques indices.

■ pour C1 :

■ pour le bureau centralisateur du canton où se situe C1 :

indice a 28 03 2022

 

■ pour C2 (ben oui, il en fallait un …)

indice a 29 03 2022

Et si, avec tout ça, personne ne trouve la solution … je ferme le blog.

Si, si. C’est dit.

Promis. Juré.

Cochon qui s’en dédit.

De bois, de fer (la croix).

Ah oui : craché aussi.

Eh! Les mecs ! Réveillez-vous !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

PS : rien de ce qui précède — à partir de « Et si » — ne constitue un indice : c’était juste pour rire.

Ménestruel et rue Mounitre (les répauxdev)

LGF, déjà découvreur de la première bonne réponse à mes devinettes, a aussi trouvé la deuxième. Il a été rejoint par TRA. Félicitations à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Ménestruel à Poncin (Ain) et la rue Mounitre de Montauban (Tarn-et-Garonne).

Ménestruel (01 – Poncin)

La commune de Poncin, dans l’Ain, est située dans l’arrondissement de Nantua :

local-Poncin-

et le lieu-dit Menestruel se trouve au sud de la commune

Ménestruel

Grâce au Dictionnaire topographique du département de l’Ain (Édouard Philippon, 1911), nous disposons des formes anciennes suivantes du nom : Prioratus de Monestrol (1245), Monestrueil prioratus (1250 environ), Monestruel (1350 environ), Monestreul (1440), Monestreuil (1587) et Monestruel (1650, complétées par la forme Menestreuil de la carte de Cassini (feuillet 117, Bourg-en-Bresse, 1764). On reconnait dans ces anciens noms un dérivé du latin monasteriolum, « petit monastère » (cf. ce billet)

Il y avait là, au moins depuis 1184, un prieuré de bénédictins dépendant des chanoines de Saint-Claude puis, après diverses querelles, de ceux de Poncin (Topographie historique du département de l’Ain, Marie-Claude Guigue, 1873).   É. Philippon (op. cit.) explique que « sous la Restauration, les Frères de la Croix, appelés aussi Frères Tabourin, du nom de leur fondateur, s’établirent dans les bâtiments de l’ancien prieuré qu’ils occupèrent jusqu’en 1904 ». Les Frères de la Croix de Jésus, dits aussi Frères de Ménestruel, formaient une congrégation enseignante fondée dans le diocèse de Lyon en 1816, l’une des trois branches constitutives de la Société de la Croix de Jésus qui comprenait encore des Pères et des Sœurs. Essentiellement destinée à l’éducation des jeunes, l’œuvre se développa lentement et connut des vicissitudes. Au début du XXè siècle elle fonda plusieurs établissements au Canada qui ne furent pas reconnus par l’évêque canadien de la maison-mère. La congrégation fut absorbée par les Clercs de Saint-Viateur en 1930, suite à un conseil du Vatican, émis le 18 mars 1922. L’histoire de ces derniers peut se lire sur wikipedia.

Poncin : le nom de cette commune est attesté Pontianensium parrochia au VIè siècle, du nom d’homme latin Pontius et suffixe anum.

Nantua : le nom de la ville apparait pour la première sous la forme Nantoaci en 757 suivie de Natuadis en 817 (à corriger en Nantuadis d’après les formes apparues à partir de 852). L’origine n’en est pas douteuse : il s’agit du gaulois nanto, « vallée », accompagné du suffixe ligure –ua et complété par le suffixe locatif gaulois –aco dans le premier cas  et –ate dans le second. C’est cette dernière forme qui s’imposera, expliquant le gentilé Nantuate. La vallée en question est celle de la Doye, débouchant sur le Lac de Nantua, vallée étroite et très profonde. Les gastronomes connaissent bien la sauce Nantua, à base de beurre d’écrevisse, et les quenelles de brochet qu’elle accompagne avec bonheur (surtout avec un Mâcon blanc ou, mieux, un Gewurztraminer).

Les autres indices :

indice-a-27-02-2022 ♦ on aura reconnu les Dupond/t, comme Pontius, sur le pont d’un navire. Autant de « ponts » pour orienter vers Poncin.

♦ la chanson paillarde offerte par LGF : « Marie François Xavier Bichat (1771-1802), médecin, a exercé à Poncin en 1768 en remplacement de son oncle Joseph » (wiki).

indice a 01 03 2022  ♦ Le , Philippe de Gaulle, le fils du général, épousait à la mairie de Poncin Henriette de Montalembert qui résidait alors à La Cueille.

CPA-poncin-jpg

La rue Mounitre (82 – Montauban)

Le nom de cette rue dérive de l’occitan mounistròu ou monistrol, du latin monasteriolum, « petit monastère ». D’autres odonymes de Montauban incluant le terme moustier, dérivé de monasterium, étaient exclus, la devinette portant sur les diminutifs de monasterium.

local-Montauban-jpg

La rue Mounitre, soulignée de rouge :

rue Mounitre. PNG

Le mot dérive de monistrol, le petit monastère. Les frères de saint Antoine du T (ou du Tau) avaient installé là un hôpital pour soigner les malades atteints du « mal des ardents » ou du « feu de saint Antoine », une sorte de gangrène due à la consommation d’ergot de seigle. Les moines portaient un T ou un Tau grec en étoffe bleue cousue sur leur chasuble, ce qui explique leur nom. »

(Nom de lieu ! par Bernard G. Galey, Le Cherche Midi, 2004).

♦ Le nom de cette rue apparait au chapitre X de Jean-de-Jeanne, un roman écrit par le montalbanais Émile Pouvillon et publié dans la Revue de deux mondes en 1886. L’auteur situe cette rue dans une ville qu’il appelle Montauriol (du nom d’une ancienne abbaye de Montauban) et en fait une « rue des pauvres ».

Montauban : sans surprise, Montalba en 1144 est un « mont blanc », du latin albanus. Dans le billet consacré à cette couleur, j’avais écrit cet encadré :

montauban-longnon

CPA montauban

Ne pas confondre un moustier et un monistròl !

indice b 27 02 2022 ♦ la photo :

Il fallait reconnaitre une clochette au tau de saint Antoine. « Le couvent et l’hôpital des frères de Saint – Antoine occupaient le site d’un vieil hôpital de Fossat ou de St Blaise près de l’actuelle rue St Jean, la rue Lassus portait encore au début du 19ème siècle le nom de  » rue de Mounitre  » … » cf. Le Tarn & Garonne au Moyen-Age : exposition. (1984). France : Bibliothèque centrale de prêt. (page 16)

indice c 01 03 2022 ♦ l’autre photo :

on aura reconnu Lino Ventura, dans le rôle de Fernand Naudin, héros des Tontons flingueurs. Cette photo est extraite de la scène pendant laquelle il écoute Raoul Volfoni (Bernard Blier) le traiter de « Gugusse de Montauban » :

Le monastère – Chapitre I

Une fois bien classés les moines, les monges et les mourgues, il ne nous reste plus qu’à bien les ranger. Aux premiers temps, ils se rangeaient, en solitaire, dans des ermitages ou des celles, puis, dès l’époque franque, on les mit, en communauté, dans des monastères. Ce sont ces derniers que je vais maintenant étudier. Ce mot, issu du latin monasterium, et son diminutif monasteriolum, ont subi de très nombreuses modifications aboutissant à autant de toponymes qui nécessiteront plusieurs billets pour être passés en revue, même si je m’en tiendrai pour l’essentiel aux noms de communes.

Aujourd’hui, je m’attache au seul monasterium, laissant le monasteriolum pour une seconde partie. Par différentes modifications phonétiques, ce mot a abouti à plusieurs formes différentes.

C’est dans l’Aveyron qu’on trouve la seule commune appelée Le Monastère, en référence à l’établissement des religieuses de l’ordre de Saint Benoît au IXè siècle.

Monastier – Monestier – Monêtier

On trouve les deux premières formes plus particulièrement en pays d’oc, et la seconde en pays d’oïl.

Le Monastier-sur-Gazeille (H.-L., monastère fondé au VIIè siècle) et Le Monastier-Pin-Moriès (Loz., monastère fondé en 1062 par l’évêque Aldebert Ier de Peyre).

♦ Sous la forme monestièr (avec fermeture du a sous l’influence du suivant ) : trois communes Monestier (Allier, Ardèche, Dord.) et une Le Monestier (P.-de-D.) auxquelles ont ajoute des noms avec déterminant comme Monestier-d’Ambel et M.-de-Clermont (Is.), M.-Merlines et M.-Port-Dieu (Corr.), Le M.-du-Percy (Is.) ainsi que Saint-Paul-lès-Monestier (Is.). Avec un inattendu -s du locatif ablatif pluriel en -is (purement analogique car le pluriel n’a, ici, aucune raison d’être), on a Monestiès-sur-Cérou (Tarn, Monesterio en 961).

♦ avec des graphies légèrement différentes : Le Monêtier-les-Bains (H.-A.), Monêtier-Allemont (id.) et Monnetier-Mornex (H.-Sav.).

♦ lorsque la première partie du nom, après disparition du e non accentué, a subi l’attraction de mons, « mont », se sont formés les noms de Monthiers (Aisne, de Monasterus en 1203), Montiéramey (Aube, monasterium Arremari en 1118, du nom d’homme germanique Adremar), Montierchaume (Indre, Monasterium Caulme en 1212, avec le bas-latin *calmis), Montier-en-Der (H.-M., avec Der nom d’une forêt du gaulois dervos, « chêne »), M.-en-l’Isle (Aube), Montiers (Oise), et M.-sur-Saulx (Meuse). Le nom de Montmotier (Vosges), noté Mahumoitoir vers 1145 puis Monmostier en 1395, semble être composé du nom de personne germanique Mado(n) accompagné de monasterium qui a pu donner des variantes en –oir, cf. plus bas. Forest-Montiers (Oise) se rattache à cette liste, Forest désignant la forêt de Crécy. Montret (S.-et-L.) est sans doute un « petit monastère » masqué par l’attraction de « mont ».

♦ Ce nom a alors pu être accompagné d’un déterminatif comme pour Monterblanc (Morb., noté Monsterblanc en 1455, se dit en breton Sterùen, « ruisseau blanc », qui semble être la réduction de Mounsterwen, « le monastère blanc »), Montipouret (Indre, de monasterio Poretti en 1384, avec le latin porus, « poireau » et le collectif etum, plutôt qu’un patronyme Pouret), Montivilliers (S.-Maritime, Monasterium villare en 1242), Monterrein (Morb., avec le nom de saint *Rin), Montertelot (Morb., avec le nom de son fondateur saint Thelo) et Monterfil (I.-et-V., avec le nom de saint Fili).

♦ En nom composé : Frémontier (Somme, Fraisnum monasterium en 1140, avec fraxinum, « frêne », Puellemontier (H.-M., avec le latin puella, « jeune fille »: il s’agissait d’une abbaye de filles au VIIè siècle) et Talmontiers (Oise, Talomosterium en 1152, avec le nom de personne germanique Tallo).

CPA Monestier de Clermont

Entrainement pour les J.O. d’hiver

Monetay

En zone franco-provençale, le nom a évolué vers Monétay-sur-Allier et Monétay-sur-Loire, tous deux dans l’Allier, et vers Monnetay et Menotey (Monestiers au XIVè siècle) dans le Jura.

Moustier – Moutier

Une forme plus contractée (avec perte du e central non accentué : monestier passant à monstier puis à mostier) a abouti aussi bien à l’ancien français mostier qu’à l’occitan mostièr.

♦ Moutier(s) : trois communes s’appellent Moutiers (E.-et-L., I.-et-V., M.-et-M.) et une seule Moûtiers (Sav). Les noms avec déterminant sont bien plus nombreux. On en compte trois au singulier, tous dans la Creuse : Moutier-d’Ahun, M.-Malcard, M.-Rozeille.  Sept sont au pluriel sans article : Moutiers-au-Perche (Orne), M.-en-Puisaye (Yonne), M.-les-Mauxfaits (Vendée), M.-Saint-Jean (C.-d’Or), M.-sous-Argenton (D.-S.), M.-sous-Chantemerle (D.-S.) et M.-sur-le-Lay (Vendée) et quatre avec article : Les Moutiers-en-Auge, Les M.-Hubert et Les M.-en-Cinglais (Calv.) ainsi que Les M.-en-Retz (L-A.), auxquels on doit rajouter Les Trois-Moutiers (Vienne). Notons le nom de Neufmoutiers-en Brie (S.-et-M.), ancien Novum Monasterium (1210) dont novum, « neuf, nouveau » a été compris comme le numéral et entrainé le pluriel.

En tant que déterminant, cette forme apparait au singulier dans les noms de Esves-le-Moutier (I.-et-L.), Jouy-le-M. (Val-d’Oise), Thin-le-Moutier (Ardennes), Vieil-M. (P.-de-C.), Villy-le-M. (C.-d’Or) et Saint-Pierre-le-Moûtier (Nièvre). On la retrouve au pluriel dans Fain-lès-Moutiers (C.-d’Or) et Juigné-des-Moutiers (L.-A.) ainsi que dans Marville-Moutiers-Brûlé (E.-et-L.).

CPA-les-moutiers-en-retz-

♦ diminutifs autres que monasteriolum : avec –et pour Le Moutaret (Is.) et avec la variante –ot de l’Est pour Le Moutherot (Doubs) et Moutrot (M.-et-M.).

♦ En nom composé, on peut citer : Vimoutiers (Orne, avec le nom de la rivière La Vie), Faremoutiers (S.-et-M., avec le nom de sainte Fare, fondatrice du couvent vers 615), Semoutier (H.-M., Summostier en 1101, avec le latin summum, « le plus haut ») et Moyenmoutier (Vosges, avec medianum, « situé entre »). Avec des noms de personne germanique : Bertrimoutier (Vosges, avec Bertericus), Eymoutiers (H.-Vienne, Agentum en 958 contraction de Ahentismonasterium attesté en 1344, avec Ainthis), Eymouthiers (Char., id.), Giremoutiers (S.-et-M., avec Giroldus), Marmoutier (B.-Rhin, Mauri Monasterium en 861-82, de Moricho ; la forme Majoris Monasterii de 1182 est une latinisation tardive non étymologique) et Noirmoutier (Vendée, in insola Herio Monasterio au VIIè siècle, monasterio in Herio, maris insula en 830, Nermoster au XIIIè siècle  ; in Herio a été compris n’Herio par attraction de l’oïl neir, « noir » ; nom de personne germanique Herio).

CPA Noirmoutier

♦ La forme moustier apparait quant à elle dans le nom de Moustier-en-Fagne (Nord).

♦ Notons des variantes comme  Mouterre-sur-Blourde (Vienne, Moustier en 1449) et Mouterre-Silly (id.). Un changement de suffixe qui s’explique mal a abouti au nom de Moutils (S.-et-M., Le Moutier en 1252 et Moutiz vers 1350).

♦ Une variante orthographique, avec th, sans autre justification que de « faire savant », est à l’origine des noms de Mouthier-Haute-Pierre (Doubs, Monasterium Altapetrinse en 934), Mouthiers-sur-Boëme (Char.) et Mouthier-en-Bresse (S.-et-L.).

♦ la forme occitane mostièr se retrouve dans les noms de Moustier (L.-et-G.), M.-Ventadour (Corr.), Peyzac-le-M. (Dord.), Saint-Sever-du-M. (Av.), Verneuil-Moustiers (H.-Vienne) et Moustiers-Sainte-Marie (A.-de-H.-P.) auxquels on peut rattacher  Moustey (Landes)

En région

♦ la forme normande moitier apparait dans Les Moitiers-d’Allonne et Les Moitiers-en-Bauptois tous deux dans la Manche. Rappelons également le nom de Hautmoitiers, aujourd’hui intégrée à Lestre, toujours dans la Manche.

♦ une forme germanique munster se retrouve dans les noms de Munster en Lorraine, dans ceux de Munster, Luttenbach-près-Munster et Mullbach-sur-Munster dans le Haut-Rhin, dans ceux de Ebersmunster ( Aprimonasterium en 1483 du nom de personne germanique Ebero compris comme eber, « sanglier » et latinisé en Aper) et de Reinhardsmunster (du comte Reinhard de Hanau-Lichtenberg qui a rebâti le village au XVIIè siècle) dans le Bas-Rhin et enfin dans ceux de Valmunster et Volmunster (du nom de personne germanique Wala) en Moselle.

♦ en Bretagne, c’est le dérivé Moustoir, rendu par le breton mouster, qui a été le plus productif. Pour ne citer que les noms de communes, on trouve Le Moustoir (C.-d’A.), Moustoir-Remungel (Morb.), Moustoir-Ac (Morb. , contraction d’un ancien Moustoir-Radenac) et Mousteru (C.-d’A., le « monastère rouge » en référence à la croix des Templiers).

PS : j’ai bien cherché partout mais j’en ai sans doute oublié. Si vous en connaissez d’autres, les « commentaires » sont ouverts !

shadock

Et c’est tant mieux, parce que je ne ferai pas ça tous les jours !

La devinette

Il vous faudra trouver le nom composé de deux mots sans trait d’union d’une commune de France métropolitaine lié au latin monasterium.

Le nouveau chef-lieu de canton porte un nom relatif à un cours d’eau qui va s’élargissant.

■ un tableau :

indice a 20 02 2022

■ une sculpture :

indice b 20 02 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La Foye-Monjaut (répàladev)

Personne n’a rejoint TRA et LGF dans la résolution de ma dernière  devinette.

Il fallait trouver La Foye-Monjault, canton de Mauzé-sur-le-Mignon, arrondissement de Niort, département des Deux-Sèvres.

local la-Foye-Monjault

Un blog consacré à cette commune vaut le détour. Laissez-vous prendre par le menu de la colonne de droite !

La toponymie

La Foye-Monjault :

Le nom de la ville apparait pour la première fois en 1077 sous la forme Faia suivie de Faya en 1105. On reconnait dans ces noms l’oïl faïa, issu du latin fagea, « hêtraie ».

En 1223 apparait le nom Faia Monachialis avec un déterminant issu du latin monachus indiquant qu’il s’agit de la « hêtraie des moines », en l’occurrence  les bénédictins fondateurs du prieuré autour duquel se constitua le village.

Dans le courant du XIIIè siècle on trouve écrit Faia Monjaut in ballia de Chisiaco (« dans le baillage de Cizé ») où l’on voit que le latin monachal a évolué régulièrement en monjau (cf. le deuxième encadré dans ce billet), d’où La Faye-Monjau en 1313.

Dès le siècle suivant, ce déterminant ne sera plus exactement compris et sera écrit avec un t final non étymologique : La Faye-Monjaut en 1457. Parallèlement, la prononciation locale fera évoluer le premier élément vers Foy : on trouve ainsi écrit Foymonjauld en 1648, La Foy Mongiot en1720, La Foy Monjeau en 1739 et La Foye Mongeault chez Cassini.

La Foye Monjault Cassinil

Carte de Cassini – La Rochelle – feuillet 101 -1771

On trouvera encore la forme La Faye-Monjault en 1793 avant que le nom La Foye-Monjault ne soit officialisé en 1801.

Niort : le nom est attesté Niordo vico sur une monnaie mérovingienne, puis de Nyorto et de Niorco en 1204. On reconnait dans ces noms le gaulois novio-o-ritum, le « nouveau gué », en l’occurrence celui sur la Sèvre Niortaise, qui permettait le passage de la voie romaine de Saintes à Nantes.

Mauzé-sur-le-Mignon : villa Malsiacus en 1003, du nom d’homme germanique Maletus et suffixe –iacum. L’étymologie la plus souvent donnée pour le nom du Mignon fait appel à un terme celtique *mign-, « lieu marécageux » (cf. le gallois mignen, « marais, marécage » et mignenni, « boue, bourbier »).

CPA La Foye Monjault

Les indices

■ le vin : au chapitre XXXIV de ses Grandes et inestimables chroniques du grand et énorme Gargantua, Rabelais, mettant en scène l’écuyer Gymnaste du géant Gargantua, écrit :

 … Tripet le capitaine sus ce point accourut voir que c’estoit. Adonc Gymnaste lui offrit sa bouteille, disant : « Tenez, capitaine, beuvez-en hardiment ; j’en ay faict l’essay, c’est vin de La Faye Monjau. »

Les vins de La Foye Monjault étaient très appréciés et, de François Ier à Henri IV, furent « vins de bouche des rois ».

■ « Et je vous assure que je n’ai pas mieux — sauf à trop vous aider! » : un petit clin d’œil aux compagnies d’assurance qui sont installées à Niort.

indice a 13 02 2022 ■ l’arbre : cette photo du hêtre des Voyageurs était là pour orienter vers une hêtraie plutôt que vers Brocéliande ou Paimpont.

indice a 15 02 2022 ■ la plante : l’angélique officinale (Angelica archangelica) est à la base de l’angélique confite, une spécialité de la ville de Niort.

indice-d-15-02-2022  ■ le dessin : cette vue de Tombouctou illustrant son Journal d’un voyage à Temboctou et à Jenné, dans l’Afrique centrale, publié en 1830,  est l’œuvre de René Caillié, « le premier occidental à être revenu de Tombouctou ». Il est né le 19 novembre 1799 à Mauzé-sur-le-Mignon.

La Pène Oubac

TRA, et LGF in extremis, ont rejoint Hibou Bleu et TRS en trouvant à leur tour la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les quatre !

Il fallait trouver la Pène Oubac à Asté (Hautes-Pyrénées, cf. wiki) :

Aste-Beon

Plus précisément, la Pène Oubac, qui culmine à 1371 m, se trouve ici :

Pène Oubac

ou encore ici, sur une carte mentionnant les limites communales qui montre bien la situation de la Pène Oubac sur le territoire d’Asté :

Pene Oubac Géoportail

Pène, de l’occitan pena, désigne une pointe, un rocher escarpé, une crête de montagne, un rempart rocheux, voire une montagne plus ou moins pointue. Ce mot semble venir d’une racine gauloise, comme pennus, « pointu », et penis, « sommet », elle-même issue d’une base pré-indo-européenne *penn-. On le rapproche du vieil irlandais cenn, « tête », donnant le moderne ceann, du gallois et cornique pen, « tête, extrémité, sommet », du breton penn, « tête, extrémité, chef, origine », de l’espagnol peña, « rocher, montagne rocheuse » ou encore du valaisan penna, « pointe, sommet ». Ce mot a donné des toponymes en  penne comme La Penne (A.-Mar.) ou Lapenne (Ariège) et en pène comme la Pène Blanque, près du Tourmalet, ou la Pène Nère, près de Cauterets, toutes deux dans les Hautes Pyrénées, l’une « blanche » et l’autre « noire ». Sur le même radical sont formés les noms des Alpes Pennines ou de Penn Arlan, pointe de l’île d’Ouessant (Fin.) et de bien d’autres.

Oubac : on reconnait sans difficulté un dérivé du latin opacus, vu dans le précédent billet.

Pène Oubac

Photo trouvée sur ce site

Asté : le nom de la commune apparait pour la première en 1062 en complément de celui d’un personnage nommé Guilhermo de Aster ; on trouvera ensuite des formes en Ester (1140), Aste (1541) et enfin Asté sur la carte de Cassini. Selon Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail (Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées, 2000), ce nom, dont l’orthographe classique en occitan est Astèr, « dérive d’un fabricant de lances, de broches ou autres objets pointus (occitan ast) ». Aster, connu en territoire sud-gascon, est un équivalent du patronyme Astier (nord-gascon, auvergnat, provençal) que l’on donne pour rôtisseur ou forgeur de lances, sinon porteur de lance, homme d’armes. La topographie du village ne se prête en effet pas à une interprétation par le basque aitz/ast désignant une pierre, un rocher ou une pointe rocheuse. D’autre part, l’hypothèse d’une origine selon un nom d’homme latin Asterius ou Astarius s’explique mal par son absence dans les formes anciennes du nom et par une absence exceptionnelle de suffixe (Asterius et suffixe –acum ont ainsi donné Astariaci, l’Astarac, région du sud-est du Gers).

Les indices

■  ceux qui auront cliqué sur le lien renvoyant à la page wiki d’Asté auront pu découvrir les grottes de Médous et la famille de sculpteurs baroques fondée par Jean I Ferrère.

indice a 28 11 2021 ■ on aura reconnu sans difficulté, puisque c’est écrit dessus, saint Saturnin de Toulouse, auquel l’église d’Asté est dédiée.

 

 

 

 

indice a 30 11 2021  ■ cette plume devait faire penser à une penne et, par homonymie, à une pène.