Azerbaïdjan ( répàladev)

Ma dernière devinette n’a pas fait long feu ( ah ah ) : TRA le premier, suivi de TRS, LGF, Un Intrus, … en sont venus rapidement à bout. C’est pourquoi j’en publie dès aujourd’hui la solution, sans passer par la case des indices du mardi, que les autres ne m’en veuillent pas.

Il fallait trouver l’ Azerbaïdjan.

Dans l’Antiquité, ce pays occupait le nord-ouest de la Médie. Après la mort de Darius III, dernier roi achéménide vaincu par Alexandre le Grand en 330 av. J.-C., le général mède Atropatès ( en grec Aτρoπάτης, en vieux-persan Atarepata ) se rallia à Alexandre. Cela lui valut, après la mort de celui-ci, lors du partage du pouvoir entre les diadoques, de garder le gouvernement du nord-ouest de la Médie : c’est pourquoi, dans la tradition grecque ( chez Diodore par exemple ), cette région fut appelée Atropatia Media ou Atropatēnē.

Ce dernier nom a survécu dans la nomenclature iranienne ultérieure avec une évolution phonétique ( je vous passe les détails, faites moi confiance) qui, en passant par le persan Āzarbayǰān, rend compte des formes du nom dans la nomenclature géographique moderne.

Le nom vieux perse que nous connaissons sous sa forme grecque Atropatès était probablement un titre religieux signifiant « maître ( pati ) du feu ( ātar ) » mais d’autres hypothèses optent pour le traduire par « protégé par le ( sacré ) feu » ou « pays du ( sacré ) feu ». C’est cette dernière hypothèse qui est à l’origine du surnom et de la devise actuels de l’Azerbaïdjan : le Pays du feu ou Land of fire en anglais. Certains voient là une allusion aux feux spontanés des gisements pétroliers ou gazeux que l’on peut voir dans le pays comme à Yanar Dag, « la montagne en feu » :

C’est cette même étymologie qui explique les armoiries modernes où le feu occupe la position centrale :

Le nom de la capitale Bakou est attesté Bādkouh dès le Xè siècle chez le géographe arabe Al-Mas’ûdî. On le croit d’origine persane et on y voit « la montagne ( kuh ) du vent ou des vents ( bād ) ». Il y souffle en effet, surtout en hiver, un violent vent du nord-ouest. Cette étymologie est confortée par l’attestation, chez des géographes arabo-persans médiévaux, d’une forme ancienne Bakuyah, où kuyah est un diminutif par ailleurs connu signifiant « petite montagne, colline ».

Vous ne pensiez tout de même pas vous en tirer à si bon compte, j’espère ?

La devinette

S’aidant de techniques d’investigation modernes, un archéologue amateur a fait part de la découverte des vestiges d’une ancienne ville qui avaient jusque là échappé à tout le monde. Sa démonstration, convaincante et preuves à l’appui, qui ouvrait en outre la voie à une nouvelle théorie concernant la localisation des villes du même peuple, a eu un certain retentissement dans la presse internationale … jusqu’à ce que des archéologues plus chevronnés ( et notamment ceux qui avaient fouillé la zone pendant des années ) aidés par des scientifiques de disciplines variées, ne la réduisent en miettes : il n’y avait jamais eu de ville à cet endroit-là et les « preuves » n’en étaient pas.

Le nom de cette ville ( ben oui, on lui a donné un nom, même si elle n’existe pas, sinon comment savoir de quoi on parle ? ) a quelque chose à voir avec le feu, bien sûr, sinon ça serait pas du jeu. Quel est-il ?