Thibaude et marceline ( répauxdev )

Le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette est un peu particulier puisque TRS a découvert les deux bonnes solutions un poil plus tard que les autres mais m’en a proposé deux supplémentaires qui m’avaient échappé. Il sera donc classé hors-concours !

Un Intrus m’a donné les deux réponses quelques heures seulement après la publication de mon billet ( il doit avoir piraté ma webcam, je ne vois pas d’autre explication !).

MiniPhasme  occupe la deuxième place, qui m’a donné une solution le 5 novembre et la seconde le 6.

TRA finit troisième, à peu de chose près, puisqu’il m’a donné une solution le 5 novembre et la seconde le 7.

Que ceux que j’oublie ne m’en veuillent pas.

Ceci dit, on m’a proposé beaucoup plus de noms que ce que j’attendais ! J’y reviendrai en fin de billets pour en discuter. En attendant, voici mes solutions :

La thibaude :

Il s’ agit d’un « molleton de tissu grossier ou de feutre qu’on met sous les tapis de pied » ( in  Le Grand Robert ) qui doit son nom à celui « traditionnellement attribué aux bergers, cf. 1464 Thibault L’Aignelet « le berger » ds Farce de Maistre Pathelin » ( CNRTL ).

Pathelin

L’indice : Le Petit Berger breton de Gauguin (1886).

La marceline :

Cette « étoffe de soie à armure toile (taffetas de soie) » ( in Le Grand Robert) doit son nom à l’ « emploi comme nom commun (pour une raison non élucidée) du prénom Marceline, fém. de Marcel. » ( CNRTL).

Des explications ont pourtant été tentées :

On trouve ainsi dans le Traité encyclopédique et méthodique de la fabrication des tissus de P. Falcot  ( Elbeuf, 1844 ). :

« De la Marceline. Ce taffetas a pris son nom de celui de son inventeur Marcel, lyonnais d’origine. Cette étoffe, de nos jours, est généralement adoptée pour robes ; … »

On trouve aussi à la page 256 de Les étoffes: dictionnaire historique d’Élisabeth Hardouin-Fugier, ‎Bernard Berthod et ‎Martine Chavent-Fusaro ( L’amateur, 1994 ) :

«  … MARCELINE. n.f. Prénom à la mode au début du XIXè siècle, qui donne son nom à un taffetas de soie doux et moelleux, en schappe fine, très apprêté. »

robe de marcelline
Cornette et robe de marcelline

L’indice : Bruce Willis dans le marcel de John McClane … ( il m’est bien utile, celui-là !).

Les autres :

La liste des propositions qui m’ont été faites est si longue que je ne pourrai pas toutes les citer. Je vais néanmoins en donner un aperçu en les classant en trois catégories : les autres bonnes réponses ( qui m’avaient échappé  !), les coïncidences et les noms déposés.

  •  deux autre possibles bonnes réponses :

— La giselle, ( ou gisèle, gyzéle, gizelle ) une mousseline imitant la guipure, porte un nom d’ « origine inconnue, peut-être du nom propre Giselle » ( in Le Grand Robert). Aucun des ouvrages que j’ai consultés ne fait le rapprochement avec le ballet

— La messaline ( bien que le prénom soit peu commun …) : cette soierie pour vêtements féminins ( mot que Le Robert note comme  « vieux » ) doit son nom à la femme de l’empereur Claude.

Bravo encore une fois  à TRS qui est le seul à m’avoir proposé ces deux réponses  ( si je n’ai oublié personne) en plus des deux attendues ! Félicitations !

  • les coïncidences :

certains tissus portent des noms, attestés dans au moins un des dictionnaires  arbitres ( Larousse, Littré, Robert ), qui pourraient être des prénoms si l’étymologie ne venait contredire cela. En voici quelques uns parmi ceux qui m’ont été le plus souvent proposés :

— la florence : ce taffetas léger était fabriqué, à l’origine, à Florence ( Italie ), d’où son nom ;

— le casimir : ce drap de laine ou de coton doit son nom à la province indienne du Cachemire ;

 — la finette : cette étoffe de coton doit son nom à l’adjectif « fin », au sens de « de bonne qualité », diminué et féminisé ;

— le linon : étoffe très fine de lin, auquel elle doit son nom ;

—la prunelle : étoffe de laine ou de coton qui porte ce nom par analogie de couleur, généralement noire, avec le fruit du prunelier ;

— le zéphyr : ce tissu de coton fin et léger ( comme un courant d’air ? ) doit son nom au vent.

La liste est encore longue, qu’on en juge par exemple avec ce lien proposé par LGF .

  • les noms déposés :

certains tissus portent des prénoms comme noms mais sont absents des dictionnaires ( LLR ) puisqu’il s’agit de noms déposés, de noms commerciaux non encore passés dans le langage courant.

— la toile Aïda : cette toile à canevas s’est d’abord appelée Java avant de voir son nom modifié pour profiter de la notoriété de l’opéra de Verdi ( cf. le site wiki en anglais ) ;

— le Ninon, le Nicky, le Dimitry, le Cristal, etc. sont tous des noms déposés.

— personne ne m’a proposé le nylon dont une étymologie fait pourtant dériver le nom des initiales des cinq prénoms des épouses des chimistes : Nancy, Yvonne, Louella, Olivia et Nina. On sait que, les femmes ne connaissant rien à la chimie, il n’y en avait pas chez Du Pont de Nemours : elles ne pouvaient être qu’« épouses de » ( N.d.A.).

  • les inclassables :

— la louisine : ce taffetas est bien référencé dans le Larousse mais son étymologie reste inconnue ;

— le virginie : il s’agit d’un sergé … passé de mode et d’étymologie inconnue. Les dictionnaires ne connaissent que le tabac nord-américain.