Négogousses et Nègue-Guit (les répauxdev)

podium seul TRA est le seul à m’avoir donné les deux bonnes réponses à mes dernières devinettes. Bravo !

Il fallait trouver la rue Négogousses, à Toulouse (H.-G.), et le lieu-dit Nègue-Guit à Campsas, canton de Verdun-sur-Garonne, arrondissement de Montauban (T.-et-G.).

Lettrine-1- La rue Négogousses est mentionnée dans le Trésor du Félibrige (avec trait d’union Négo-Gousses) comme « nom d’une ancienne rue de Toulouse »,  traduit « où les chiens se noient ».

L’occitan gous, pluriel gousses, est issu d’une onomatopée fréquente dans de nombreuses langues basée sur les sons k et s, encadrant ou non une voyelle pour appeler ou exciter les chiens : en suisse-allemand ks-ks, en allemand kusch ou gusch, en espagnol cuz-cuz (d’où l’espagnol gozque, « chien » et le catalan gos), etc. Selon les endroits, l’occitan emploie cus-cuss, gous-gous ou encore guis-guis. On trouve le dérivé gos, gous, « sorte de chien », en wallon et picard d’un côté et en occitan principalement à l’ouest du Rhône.

F. Mistral était sans doute trop correct pour indiquer que l’explication véritable du nom de cette rue tenait au fait que les habitants venaient noyer leurs portées de chiots indésirables dans le ruisseau éponyme. C’est ce que nous apprend cet article – qui donne l’historique de cette rue.

Négogousses

■ Toulouse : au IIè siècle avant notre ère, le site gaulois est en place sur les hauteurs de la rive droite de la Garonne et la nouvelle ville se crée dès le début du Haut-Empire sur ses abords. Elle est attestée d’abord en latin chez César, au Ier siècle av. J.-C., Tolosa, puis en grec chez le géographe Strabon en 7 av. J.-C. Τoλωσσα. Au milieu du Ier siècle, Pomponius Mela l’accompagne d’un déterminant Tolosa Tectosagum, du nom du peuple gaulois des Volques Tectosages dont elle était la capitale. Le nom de la ville est formé de la racine pré-latine et pré-celtique, vraisemblablement ibère * tol, « hauteur » (cf. l’indo-européen *tulo, « renflement ») et du suffixe ibère –osa, probable variante du suffixe méditerranéen –ossa attesté chez Strabon.

Lettrine-2-233x300 Le nom du lieu-dit Nègue-Guit de Campsas signifie littéralement « noie canard ». Lou guit (ou guet) est en Languedoc, Quercy, Gascogne et Guyenne le nom du canard, nous apprend le Trésor du Félibrige. Après avoir mentionné l’expression es chop coumo un guit, « il est trempé jusqu’aux os », F. Mistral rapproche ce mot de l’anglais wet, « mouillé » et de l’italien guitto, « sale, vilain » (d’où le Vilain petit canard qu’Andersen a piqué sans vergogne à l’occitan, peu de gens le savent).

D’apparition récente, ce toponyme est sans doute une manière plaisante de décrire un terrain plus ou moins humide, sujet aux inondations le faisant ressembler plus à une mare aux canards qu’à un terrain agricole.

■ Campsas : les formes anciennes de ce toponyme nous font défaut, rendant son interprétation difficile. Dauzat & Rostaing (DENLF*) se contentent d’y voir un dérivé du latin campus, « champ », accompagné d’un suffixe obscur, tandis qu’Ernest Nègre (TGF*) émet l’hypothèse de l’occitan cance, « lisière d’un champ », avec suffixe augmentatif –as et attraction de l’occitan camp, « champ ».

Campsas église

Personne à l’église …

Campsas café

… tout le monde au café : j’aime bien ce patelin.

■ Verdun-sur-Garonne : attesté Verdun en 1188, du gaulois  ver-, particule intensive , et –dunum, « citadelle, enceinte fortifiée » : il s’agissait donc d’une « super-forteresse », comme je l’expliquais dans ce billet.

■ Montauban : attesté Montalba en 1144, du latin mons, « montagne », et albanus, « blanchâtre, clair », comme je l’expliquais dans ce billet. La ville a été fondée par le comte de Toulouse, Alphonse Jourdain, qui voulait contrer le pouvoir de l’abbaye de Montauriol (aujourd’hui Saint-Théodard) en y accueillant les habitants du village établi autour de l’abbaye. Dans la charte de fondation, il précise qu’avec son fils ils dederunt locum qui vocatur Montalba, quod ipse comes misit ei tale nomen. Il la fonde en opposition directe au bourg monastique de Montauriol, alors Monte Aurioli, c’est-à-dire « mont d’or » où l’or traduit la splendeur, la richesse et la perfection du monde divin, et la nomme donc dans le même esprit « mont blanchâtre, clair » aux connotations plus laïques, ne serait-ce que parce que ce nom traduit simplement la couleur de la roche calcaire locale (et non la candeur des intentions comtales).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl a

Les indices

indice a 14 08 2022  ■ la rubrique du Canard enchaîné intitulée La mare aux canards devait inciter à chercher des lieux où pataugent des canards tandis que le sujet abordé, la SPA (parisienne), devait inciter à aller voir du côté des animaux de compagnie, dont les chiens.

■ on produit à Toulouse le Cachou Lajaunie, une petite pastille carrée noire, que Raoul Volfoni, un des Tontons flingueurs, offre à Fernand Naudin dans la célèbre scène de la cuisine :

indice d 14 08 2022 ■ Rantanplan réanimé par Lucky Luke après une noyade … Que dire de plus ?

■ On produit à Campsas un vin de l’AOP Fronton, dit aussi « vin des Toulousains ». La cuvée Inés a été championne du monde des rosés en 2008 et 2016. Inès comme inestimable, bien sûr.

indice a 15 08 2022  ■ Donald Duck sous l’eau … que dire de plus ?

■ enfin, je note que personne n’a relevé la couleur inhabituelle, rose, de ma signature leveto@sfr.fr. Il fallait y voir une allusion à l’École nationale vétérinaire de Toulouse, la ville rose.

Ménestruel et rue Mounitre (les répauxdev)

LGF, déjà découvreur de la première bonne réponse à mes devinettes, a aussi trouvé la deuxième. Il a été rejoint par TRA. Félicitations à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Ménestruel à Poncin (Ain) et la rue Mounitre de Montauban (Tarn-et-Garonne).

Ménestruel (01 – Poncin)

La commune de Poncin, dans l’Ain, est située dans l’arrondissement de Nantua :

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et le lieu-dit Menestruel se trouve au sud de la commune

Ménestruel

Grâce au Dictionnaire topographique du département de l’Ain (Édouard Philippon, 1911), nous disposons des formes anciennes suivantes du nom : Prioratus de Monestrol (1245), Monestrueil prioratus (1250 environ), Monestruel (1350 environ), Monestreul (1440), Monestreuil (1587) et Monestruel (1650, complétées par la forme Menestreuil de la carte de Cassini (feuillet 117, Bourg-en-Bresse, 1764). On reconnait dans ces anciens noms un dérivé du latin monasteriolum, « petit monastère » (cf. ce billet)

Il y avait là, au moins depuis 1184, un prieuré de bénédictins dépendant des chanoines de Saint-Claude puis, après diverses querelles, de ceux de Poncin (Topographie historique du département de l’Ain, Marie-Claude Guigue, 1873).   É. Philippon (op. cit.) explique que « sous la Restauration, les Frères de la Croix, appelés aussi Frères Tabourin, du nom de leur fondateur, s’établirent dans les bâtiments de l’ancien prieuré qu’ils occupèrent jusqu’en 1904 ». Les Frères de la Croix de Jésus, dits aussi Frères de Ménestruel, formaient une congrégation enseignante fondée dans le diocèse de Lyon en 1816, l’une des trois branches constitutives de la Société de la Croix de Jésus qui comprenait encore des Pères et des Sœurs. Essentiellement destinée à l’éducation des jeunes, l’œuvre se développa lentement et connut des vicissitudes. Au début du XXè siècle elle fonda plusieurs établissements au Canada qui ne furent pas reconnus par l’évêque canadien de la maison-mère. La congrégation fut absorbée par les Clercs de Saint-Viateur en 1930, suite à un conseil du Vatican, émis le 18 mars 1922. L’histoire de ces derniers peut se lire sur wikipedia.

Poncin : le nom de cette commune est attesté Pontianensium parrochia au VIè siècle, du nom d’homme latin Pontius et suffixe anum.

Nantua : le nom de la ville apparait pour la première sous la forme Nantoaci en 757 suivie de Natuadis en 817 (à corriger en Nantuadis d’après les formes apparues à partir de 852). L’origine n’en est pas douteuse : il s’agit du gaulois nanto, « vallée », accompagné du suffixe ligure –ua et complété par le suffixe locatif gaulois –aco dans le premier cas  et –ate dans le second. C’est cette dernière forme qui s’imposera, expliquant le gentilé Nantuate. La vallée en question est celle de la Doye, débouchant sur le Lac de Nantua, vallée étroite et très profonde. Les gastronomes connaissent bien la sauce Nantua, à base de beurre d’écrevisse, et les quenelles de brochet qu’elle accompagne avec bonheur (surtout avec un Mâcon blanc ou, mieux, un Gewurztraminer).

Les autres indices :

indice-a-27-02-2022 ♦ on aura reconnu les Dupond/t, comme Pontius, sur le pont d’un navire. Autant de « ponts » pour orienter vers Poncin.

♦ la chanson paillarde offerte par LGF : « Marie François Xavier Bichat (1771-1802), médecin, a exercé à Poncin en 1768 en remplacement de son oncle Joseph » (wiki).

indice a 01 03 2022  ♦ Le , Philippe de Gaulle, le fils du général, épousait à la mairie de Poncin Henriette de Montalembert qui résidait alors à La Cueille.

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La rue Mounitre (82 – Montauban)

Le nom de cette rue dérive de l’occitan mounistròu ou monistrol, du latin monasteriolum, « petit monastère ». D’autres odonymes de Montauban incluant le terme moustier, dérivé de monasterium, étaient exclus, la devinette portant sur les diminutifs de monasterium.

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La rue Mounitre, soulignée de rouge :

rue Mounitre. PNG

Le mot dérive de monistrol, le petit monastère. Les frères de saint Antoine du T (ou du Tau) avaient installé là un hôpital pour soigner les malades atteints du « mal des ardents » ou du « feu de saint Antoine », une sorte de gangrène due à la consommation d’ergot de seigle. Les moines portaient un T ou un Tau grec en étoffe bleue cousue sur leur chasuble, ce qui explique leur nom. »

(Nom de lieu ! par Bernard G. Galey, Le Cherche Midi, 2004).

♦ Le nom de cette rue apparait au chapitre X de Jean-de-Jeanne, un roman écrit par le montalbanais Émile Pouvillon et publié dans la Revue de deux mondes en 1886. L’auteur situe cette rue dans une ville qu’il appelle Montauriol (du nom d’une ancienne abbaye de Montauban) et en fait une « rue des pauvres ».

Montauban : sans surprise, Montalba en 1144 est un « mont blanc », du latin albanus. Dans le billet consacré à cette couleur, j’avais écrit cet encadré :

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CPA montauban

Ne pas confondre un moustier et un monistròl !

indice b 27 02 2022 ♦ la photo :

Il fallait reconnaitre une clochette au tau de saint Antoine. « Le couvent et l’hôpital des frères de Saint – Antoine occupaient le site d’un vieil hôpital de Fossat ou de St Blaise près de l’actuelle rue St Jean, la rue Lassus portait encore au début du 19ème siècle le nom de  » rue de Mounitre  » … » cf. Le Tarn & Garonne au Moyen-Age : exposition. (1984). France : Bibliothèque centrale de prêt. (page 16)

indice c 01 03 2022 ♦ l’autre photo :

on aura reconnu Lino Ventura, dans le rôle de Fernand Naudin, héros des Tontons flingueurs. Cette photo est extraite de la scène pendant laquelle il écoute Raoul Volfoni (Bernard Blier) le traiter de « Gugusse de Montauban » :

Du blanc dans le topo

Manquant un peu de temps en ce week-end de regroupement familial (ma petite-fille est là !) je publie ce soir un  billet commencé naguère, laissé en jachère et terminé un peu vite (en espérant ne pas avoir écrit trop de bêtises et n’avoir pas oublié grand chose).

Le blanc est la couleur la plus productive en toponymie et est cité sous quatre formes principales : le français blanc, l’indo-européen *albho, le celtique vindo et l’indo-européen *leuk. Les germaniques weiss ou le basque zuri, churi, qui n’ont produit que des micro-toponymes comme Weisser Berg, « mont blanc », ou Churieta, « lieu blanc », ne seront pas développés ici.

Blanc

La forme  française « blanc, blanche » est très répandue mais de formation récente. On la retrouve dans le nom d’une dizaines de communes comme Blancfossé (Oise), Blanchefosse-et-Bay (Ardennes, avec Bay du nom d’homme germanique Baia), Blanche-Église (Mos.), Orgeans-Blanchefontaine (Doubs, avec Orgeans du nom d’homme germanique Arigundus et suffixe -ing), Blanc-Mesnil (S.-St-Denis), Blancafort (Cher), Blanquefort (Gers, Gir.) et Blanquefort-sur-Briolance (L.-et-G.). Notons que Blancheville (H.-Marne) qui était une Villeneuve (Villa Nova en 1155) a pris le nom de Blanche de Navarre, comtesse de Champagne, en 1220 et que Blancherupt (B.-Rhin), dans la mesure où rupt, « cours d’eau, ruisseau, ru », est masculin, doit se référer à une femme germanique, Blanche. Paradoxalement, Le Blanc (Indre), noté Oblinco en 1159 puis Oblanc en 1209 qui sera plus tard compris comme Au Blanc d’où Le Blanc, serait issu d’aballo, « pomme », et aurait donc été une pommeraie plutôt qu’un village blanc.

De multiples dérivés ont donné des micro-toponymes comme Maison Blanche, Mas Blanc, Bordeblanque ou Bordeblanche, etc. ainsi que Casablanca côté Catalan et aussi le nom de Casabianca (H.-Corse). Qualifiant des sols, des eaux, des reliefs, l’adjectif a fourni par exemple le Mont-Blanc, qui a une dizaine d’homonymes et de nombreux synonymes comme une centaine de Puy Blanc, Pouy Blanc, Pech Blanc, etc. On trouve quantité de Terre Blanche et Blanche Terre, des Font Blanche, Fontaine Blanche, Fontblanque, etc. et même le lac de Blanchemer (à La Bresse, Vosges — à faire rimer, puisqu’il s’agit d’une mer, avec Montier-en-Der et pas avec Gérardmer qui est un ) et quantité de Pierreblanche et Peyreblanque, des Roc Blanc et Blanche Roche, des Côte Blanche, etc.

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Alba

Cette racine, plus anciennement utilisée que la précédente, commune dans les langues romanes mais aussi connue en celte (albos), viendrait d’un indo-européen *albho de même sens, qui a désigné aussi l’aube. Elle est rarement utilisée seule comme dans le nom de l’Aube, rivière blanche en pays de craie, (mais pas de l’Albe, rivière mosellane qui traverse l’Albgau, cf. ici), mais plus souvent associée à un nom commun : Aubeterre (Aube), Aubeterre-sur-Dronne (Char.), Terraube (Gers), Obterre (Indre ), Aubepierre-sur-Aube (H.-Marne), Aubepierre-Ozouer-le-Repos (S.-et-M., avec Ozouer du latin oratorium, « oratoire »), Auberive (H.-Marne), Aubérive (Marne), Auberives-en-Royans (Isère), Auberives-sur-Varèze (id.), Aubrives (Ardennes) et aussi Montauban (T.-et-G.) et Montalba-le-Château (P.-O.).

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Une première difficulté avec cette racine vient de ce qu’elle a aussi servi à former des noms de sols ou de plantes, qui ont fourni à leur tour des noms de lieux. Il en est ainsi des aubuis ou des aubues désignant des sols que l’on retrouve dans de nombreux noms de lieux-dits mais plus encore du peuplier blanc ou albar et du saule blanc (albus) ou obier. Albas (Lot, Aude ), Albiès (Ariège), Albias (T.-et-G.), Fleury-les-Aubrais (Loiret), Les Aubiers ( nombreux toponymes dont un quartier de Bordeaux), Albaret, Albarède, Albefeuille, etc. ne sont pas des lieux « blancs », mais riches de ces végétaux.

Une deuxième difficulté est due aux nombreux paronymes, dont le premier est alp, au sens de hauteur pastorale, celles des Alpes, qui a donné des noms comme Alba-la-Romaine (Ardèche), Aubenas (id.) et Aubenas-les-Alpes (Alpes-de-H.-P., nom qui constitue une tautologie). Les Albères, montagnes catalanes, dites in monte Albas en 844, sont bien, elles, des monts blancs. La corse Albitreccia doit son nom à l’arbousier (arbatro) tandis qu’Abère (P.-Atl.) doit le sien au noisetier (abellano).

La vingtaine de noms en Aubigny, Albigny, Aubignac et voisins doivent leur nom à des noms propres romains du type Albinius, tandis qu’Albi devrait le sien à un certain Albius ou aux Albici venus de Riez (A.-de-H.-P., Alebaece en 77) chassés par les Reii.

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Vindo

D’origine celtique, le radical vindo évoque le blanc de manière positive avec des nuances de beauté et de bonheur. On le retrouve dans des noms de cours d’eau comme la Vendée, la Vendèze, la Vendaine, ou la Vende et dans les noms de Vendôme (L.-et-Cher), Venasque (Vauc., ancienne capitale du comtat Venaissin, dont le nom Vindasca du IVè siècle serait une réfection gauloise d’un nom antérieur, peut-être ligure, formé sur l’oronyme pré-celtique vin-), Vendel (I.-et-V.), Vendine (H.-Gar.) où coule la Vendinelle, etc. Acec le suffixe gaulois -issa la série Vandenesse (Nièvre), V.-en-Auxois (C.-d’Or), Vendenesse-lès-Charolles et V.-sur-Arroux (S.-et-L.) et Vendresse (Ardennes).

venasque
Les falaises blanches de Vénasque (Vaucluse)

Ce même radical se retrouve dans des noms composés :

  • avec ialo, « clairière » : Vandeuil (Marne), Vendeuil (Aisne) et V.-Caply (Oise) ainsi que Venteuges (H.-Loire, Ventoiol en 1298) et Venteuil (Marne, Ventoiolum au début du XIè siècle) qui ont subi l’attraction de ventum, « vent » ;
  • avec -aria : Vandières (Marne, M.-et-M.), Vendières (Aisne) et diminutif Vendrest (S.-et-M., Vendereiae en 1134 puis Venderet en 1154 ) ;
  • avec le suffixe gaulois -issa :  Vandenesse (Nièvre), V.-en-Auxois (C.-d’Or), Vendenesse-lès-Charolles et V.-sur-Arroux (S.-et-L.) et Vendresse (Ardennes) ;
  • avec briga, « mont » : Vandœuvre-lès-Nancy (M.et.M.), Vendeuvre-sur-Barse (Aube), V.-du-Poitou (Vienne),  Vendeuvres (Calv.) et Vendœuvres (Indre) .

De même origine et de même sens, le breton gwen se retrouve dans le nom de Guérande (L.-Atl., de guenn, « blanc », et rann, « portion, part », pour décrire les salines), de Guéméné-Penfao (L.-Atl., Wemnemed, id est Candidus Mons en 1123, avec menez, « montagne», à différencier de kemenet, « fief », à l’origine de Guéméné-sur-Scorf, Morb.), de Guenroc (C.-d’Armor ), de Le Pouliguen (L.-Atl., avec poul, « anse ») et d’autres.

Leucos

Le celte leucos, de l’indo-européen  leuk, « brillant », (qui a donné lux), est à l’origine des noms de Lieoux (H.-Gar.), Liouc (Gard), Lioux (Vaucl.), Lioux-les-Monges (Creuse) et Lieuche (Alpes-Mar.) — peut-être par l’intermédiaire d’un nom de personne gaulois Leucus, cf. la tribu des Leuques.

De même origine, le grec leukos a servi aux marins à décrire les falaises blanches de Leucate (Aude).

leucate

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Ah! Oui! Une devinette …

Il vous faudra trouver le nom d’un village de France métropolitaine lié à la couleur blanche de son calcaire.

Ce village, de si peu d’importance, vit toutefois naître un médecin fondateur d’un établissement d’enseignement parisien qui portait son nom, qui fut converti en caserne avant d’être rasé et, trois siècles et demi plus tard, un enseignant qui eut comme élève un futur très grand homme de lettres français.

Il faudra vous contenter de cet indice :

indice a 16 08 20

… je n’ai plus le temps pour d’autres ! Peut-être mardi…

 

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr