Sébasto, Topol et brick ( répauxdev )

Mes deux dernières devinettes ont été résolues par TRS et Un Intrus. Bravo à eux !

Il fallait d’abord trouver Sébasto et Topol et aussi brick.

Sébasto et Topol

Le boulevard Sébastopol,  ainsi nommé après la victoire remportée le 8 septembre 1855 par les troupes de Napoléon III, fut un haut lieu de la prostitution parisienne. Dans le langage populaire, on l’appelait souvent, par apocope, le Sébasto et plus rarement, par aphérèse, le Topol.

Les indices

  • le dessin :

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Cette caricature a été publiée en septembre 1944 dans le journal Franc-Tireur dont les bureaux se trouvaient au n° 19 du boulevard Sébastopol.

  • la miniature :

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Il fallait reconnaitre Alexis Ier Commène ( 1058 – 1118 ) qui fut un des premiers empereurs byzantins élevé à la dignité de sébaste.

  • la planche botanique :

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Populus est le nom scientifique du genre auquel appartient le peuplier.

La Slovénie est une république des Balkans.

Et comment dit-on peuplier en slovène ?  Topol.

On retrouve ce mot en toponymie comme à Topol pri Medvodah. Anciennement Sainte-Catherine-sur-Medvode, son nom a été modifié en 1955…

Cet indice était quasiment indéchiffrable, oui, je sais.

Brick

Un brick est un voilier à deux mâts gréés à voiles carrées.

« Dans l’argot des matelots, le brick est aussi le surnom de la maison de tolérance, le bordel, dont on peut ainsi parler sans trop éveiller de soupçons».

Cette acception argotique est présente dans  L’Argot au XXè siècleDictionnaire français-argot d’Aristide Bruant ( Flammarion, 1905) où on trouve à l’article « bordel » (p.65 ) :

BORDEL. Abbaye de s‘offre à tous, Atelier, Bazar, Boc, Bocard, Boccard, Bocson, Boxon, Boite à gonzesses, à grues, à pentes ou à pantres, Boucan, Banic, Boui bouis, Bouis, Bousin, Bousingot, Brick, Carreaux brouillés, Clac, Clapier, Claque, Claquebosse, Claquedent, Claquemart, Chez la mère, Chez ces dames, Couvent, Gauledouze, Grosnuméro, Magasin, Magasin de blanc, de fesses, Maison, Maison bancale, Maison close, Maison fermée, Maison Tellier, Tôle ou Tole, Volets verts. On désigne encore un bordel en le nommant par son numéro, par le nom de la rue où il est situé, par celui de la tenancière ou celui d’une enseigne disparue ou supposée : Le 406, Chez la baronne, Chez Jeanne, Chez la Farcy, Le Chabanais, Le Joubert, La Botte de Paille, …

Le Dictionnaire de la marine de Jean Dahec ( en ligne ) comme le Petit Glossaire de la prostitution de Dona Rodrigue ( en ligne ) font état de ce sens argotique.

J.-P. Colin et J.-P. Mével, dans le Dictionnaire de l’argot (Larousse, 1994) écrivent pour leur part :

bric n.m. Maison close (…) Étym : sans doute du slang américain brig, prison (1890, selon Gaston Esnault, Dictionnaire des argots, Larousse, 1965).

et sont les seuls à mentionner cette possible étymologie.

Lors de l’écriture du billet « Bololo et autres bordels », je me suis rappelé la lecture d’une autobiographie où l’auteur décrivait une ancienne maison close à Manosque. Dans mes souvenirs, cette maison close s’appelait Le Brick. Un feuilletage rapide dudit ouvrage, Apprenti, de Pierre Magnan, sembla le confirmer, d’où la rédaction de ma devinette… un peu trop rapidement sans doute ( « mais il faut boucler, là, coco ! »).

Jusqu’à ce que je ne réalise ( merci à TRS pour m’avoir mis la puce à l’oreille ) que le brick de Manosque était postérieur au brick mentionné par Aristide Bruant … Patatras! Une lecture plus attentive d’Apprenti le confirma : si la maison de Manosque était bien un brick, elle ne s’appelait toutefois pas Le Brick et n’était donc pas à l’origine du sens argotique. D’où la publication d’une mise à jour et mes plates excuses pour cette fausse piste.

Les indices

  • le portrait :

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Il fallait reconnaître Jules Verne ( 1828 – 1905 ) qui a plus d’une fois fait embarquer ses héros sur des bricks :

— le Constanzia, dans  Un drame au Mexique  ;

— le Duncan, dans Les Enfants du capitaine Grant ;

— le Forward, dans Les Aventures du capitaine Hatteras ;

— le Speedy, dans L’Île mystérieuse  ;

— le Pilgrim, dans Un Capitaine de quinze ans.

Le prénom Jules ( pour le « julot » ) était là pour … rien.

  • le tableau :

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Paul Signac a signé « Antibes, Les Brigantines » en 1916.

Attesté pour la première fois en français en 1781 sous la forme bricq, le nom de ce bateau évoluera  en brig ( 1784 ) puis finalement en brick (1788). Il est emprunté à l’anglais brig(g) datant de 1720. Ce terme de marine est lui-même l’apocope de brigantine, emprunté au XVIè siècle au français brigantin ( ou brigandin ). Ce dernier terme apparu en 1360 prendra dès 1480 la forme féminine brigandine qui deviendra brigantine en 1793. Brigandin est emprunté à l’italien brigantino, « petit bâtiment rapide muni de voiles et de rames » (1379 ), dérivé diminutif de brigante ( qui donnera « brigand » ) proprement « celui qui fait partie d’une troupe, d’une compagnie », ce bateau étant un navire d’escorte. Un brick, une escorte … ça colle!

  • la carte :

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Cette carte de 1723 représente l’île antillaise Hispaniola qui regroupe Haïti et Saint-Domingue.

Hispaniola est aussi le nom du bateau sur lequel embarquent les héros de L’Île au Trésor de R.L. Stevenson et que d’aucuns, notamment les premiers illustrateurs, présentent comme un brick.

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