Soleilhavoup (répàladev)

Personne n’a rejoint TRS et LGF qui restent donc les seuls à être venus à bout de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Soleilhavoup, un hameau de Naves dans l’arrondissement de Tulle, en Corrèze.

Soleilhavoup : en 1216, est inscrit dans le cartulaire de Tulle l’acte de vente suivant : « G., vicomte de Ventedorn, vend à l’abbaye de Tulle 11 manses et 1 capmanse et une borderie en les paroisses de Navis et de Seillac, dont un appelé de Soleilavolp ». On reconnait dans la première partie de ce dernier nom le verbe souleia ou soulelha  que F. Mistral (TDF*) donne pour « exposer au soleil, insoler » ; il accompagne ici le roman volp, « renard » (latin vulpes ). Tandis qu’on écrira, en occitan, soleilha pour indiquer la mouillure du deuxième –l, le volp passera à voup. Le nom du lieu-dit signifie donc littéralement « expose le renard au soleil » : il s’agissait sans doute primitivement d’un espace découvert où le renard venait se réchauffer au soleil, se prélasser après la chasse … mais peut-être n’était-ce qu’une façon plaisante de nommer une clairière ensoleillée.

Par mauvaise compréhension de ce nom et attraction du français vaux, Cassini écrira Soleillavaux (Feuillet 34, Tulle, 1780).

À Vallière, dans la Creuse, un lieu-dit porte le nom de Sourliavoux qui était noté Soulleilhavous en 1587 et qui a très certainement la même étymologie (c’est celui-ci que j’ai d’abord pensé vous faire chercher, mais son absence sur Géoportail m’a arrêté.).

Une autre étymologie a été proposée par J. Astor (DNFLMF*) qui fait appel à l’ancien occitan solelhar, « mettre au soleil » avec le sens de « retourner, défricher », avec avol, « mauvaise terre, terre inculte », tombé dans l’attraction de volp, « renard ». Si F. Mistral (TDF*) donne bien, à l’article avou, avol,  l’exemple de terraire aboul, « mauvaise terre », il fait d’avol un adjectif et il ne mentionne nulle part le sens de « retourner, défricher » pour solelhar (mais on peut imaginer une façon de parler, une image).

Bach : ce lieu-dit, qui a donné son nom au château de Bach, porte un nom issu par aphérèse d’ubac, versant exposé au nord. Le h final, non étymologique, est une graphie fautive tardive : le nom n’a rien à voir avec le francique bach, « ruisseau », inconnu dans la région, ni avec le nom de la famille de musiciens (le lieu-dit existait bien avant le château !).

Naves : on trouve écrit in vicaria Navendium en 848, Nave vers 1315 et Navas en 1318, du pluriel d’un pré-celtique indo-européen *nava, « vallée ». Le pluriel s’explique par la vallée de la Corrèze-Vimbelle, celle de la Vigne, celle de la Solane et celle de la Céronne.

*Les astérisques qui suivent les abréviations en gras renvoient à la bibliographie du blog.

 

Les indices

indice b 05 12 2021 ■ la couverture de cette bédé montre, entre autres, un carnyx dont sept exemplaires ont été trouvés sur le site archéologique de Tintignac, à Naves. Alésia était bien sûr une fausse piste …

indice c05 12 2021.jpeg ■ tout le monde aura reconnu Bourvil qui constituait une fausse piste … sauf à s’intéresser à son accordéon de la marque Maugein frères dont il fut longtemps « ambassadeur ». Ces accordéons sont encore fabriqués à Tulle, chef-lieu de l’arrondissement où se trouve Naves.

■ Colette Renard qui chante Le Soleil … what else ?

PS : je laisse à TRS le soin de nous expliquer son dernier commentaire.