Les indices du mardi 24/01/2023

LGF et Xyla m’ont déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

Pour les autres, j’en rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver une localité de France métropolitaine dont le nom est lié à celui du cerisier.

Cette localité n’a vu naître aucune figure historique, artistique ou autre ; elle n’abrite aucun site archéologique ni architectural remarquable (si on excepte un monument à huit morts dans des circonstances particulières) ; on n’y élève pas de vin ni n’y affine de fromage … Comment voulez-vous trouver un indice dans ce vide ? (que le maire et ses administrés me pardonnent s’ils se sentent blessés par ce paragraphe).

Passons donc au stade administratif supérieur :

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette localité est un hagiotoponyme complété par celui d’un type de végétation.

Ce même chef-lieu est baigné par une rivière qui a longtemps servi de frontière au royaume de France.

Un habitant de ce chef-lieu fut le protagoniste d’un épisode de la Résistance qui lui valut d’être le premier homme à mourir pour les mêmes raisons et de la même façon qu’un cheval.

Et je rajoute ces indices :

■ pour la commune à trouver elle-même :

indice 24 01 2023

■ pour son chef-lieu de canton :

indice-b-23-01-2023

Réponse attende chez leveto@sfr.fr

Cerisier

cueillete des cerises

Nous ne sommes pas encore au temps des cerises, non !, mais que voulez-vous ?, le manque d’inspiration, après plus de treize ans de billets hebdomadaires, m’oblige à consulter de vieilles fiches mises de côté pour le cas où (oui, je parle bien de « fiches » écrites à la main sur du papier, pas de « fichiers » informatiques). Ainsi tombai-je sur des notes prises à propos du cerisier, lors de la rédaction de billets sur les arbres présents dans les toponymes (je vous laisse taper le nom des différentes essences dans le champ de recherche du blog). Il ne me restait plus qu’à les compléter et mettre en forme. Une affaire de quelques heures, voilà tout, me disais-je tant in petto qu’innocemment. Tu parles, Claude ! (oui, je me prénomme Claude, ce qui ne rime pas avec « tu parles », j’en suis tout à fait conscient) … voilà plus de trois jours que je me promène dans les cerisaies !

Illustration : La cueillette des cerises – tapisserie en laine de J.-B. Huet (1745 – 1811)

Cerisier

Commençons par un rappel de l’étymologie du mot « cerise ». Facile ! Je n’ai qu’à recopier un paragraphe du billet consacré aux arbres ailleurs dans le monde :

Giresun (Turquie) : le nom de cette ville est la survivance,  avec adaptation à la prononciation turque, du grec Kerasous. cerisierCe sont des colons de Sinope (plus à l’ouest sur la même côte) qui ont fondé Kerasous entre le VIIè siècle av. J.-C., date de la fondation de Sinope, et le début du IVè siècle av. J.-C., date à laquelle Xénophon la mentionne dans son Anabase. Le nom grec Kerasous (génitif Kerasountos) signifie « abondant en cerisiers».

La cerise elle-même est présente au singulier comme au pluriel dans le nom de quelques lieux-dits et sert de déterminant à Margny-aux-Cerises (Oise) tandis que la Cerisaie est présente à de nombreux exemplaires qu’il serait fastidieux et sans intérêt de citer.

Les cerisiers sont bien présents dans la toponymie, juste derrière les poiriers mais devant les pommiers. Au fait, pourquoi les poiriers sont-ils les plus représentés en toponymie ? Sans doute parce qu’on les trouvait souvent isolés, servant alors de points de repère, de bornage ou de marqueurs de propriété.

Si la langue d’oïl a fait « cerise » à partir du latin classique cerasum, l’occitan a fait « cerièis, ceriès » à partir du latin populaire ceresium. Du premier est issu « cerisier », du second « cerièr ». Les toponymes que nous allons voir sont issus de l’une ou l’autre de ces formes.

Le nom au singulier évoque l’arbre caractéristique des abords de la ferme d’où les nombreux lieux-dits (Le) Cerisier répartis principalement dans le Nord, le Centre et l’Ouest. L’occitan donne une série de noms parmi lesquels on relève (le) Cérier (Ardèche, Vienne, Char. etc), avec Le Vieux-Cérier (Char.), Cerez (à Villegouin, Indre), Sérieys (une douzaine rien qu’en Aveyron), Sirieix (à Saint-Laurent-les-Églises, H.-V.) ainsi que les gascons Cerès (à Biran, Gers et à Saint-Geours-de-Maremne, Landes).

Le pluriel désigne bien entendu une cerisaie comme pour Cerisiers (Yonne) ou Cériers (Cant.).

CPA cerisiers-

Mauvais cadrage : les cerisiers sont dans le dos du photographe, bien sûr.

Les collectifs *cerasetum ou *ceresiacum ont donné des noms comme Cerizay (une commune des Deux-Sèvres, Seresiacum en 1179), de nombreux lieux-dits Cerisay (Sarthe, I.-et-L., Manche etc.) et Cerçay (à Ligueil, I.-et-L. et Villecresnes, V.-de-M..). En Languedoc, apparaissent des collectifs en –et comme Le Sérayet (à Arthès, Tarn, de l’occitan cerairet, ceraiet), Le Ceriset (à Cauterets, P.-A.) et le Cerizet (à Boisset-lès-Montrond, Loire).

Céret (P.-O.) est attesté Sirisidum avant 814. Les attestations suivantes du  IXè au XIIè siècle ramènent au latin ceraseum accompagné du suffixe collectif –etum. Dans le groupe consonantique rs, le s a été assimilé par la consonne précédente : c’est ainsi qu’on passe de Cersed (1103) à Ceret (1143). Selon P.-H. Billy (DNLF*), contrairement aux affirmations de Dauzat & Rostaing (DENLF*) et E. Nègre (TGF*), le nom de Céret ne peut pas venir et ne vient pas du nom du peuple Cerretani, d’autant que la capitale romaine en était Llivia et que Céret se trouve dans le bas Vallespir.

Ajoutons Cerisières (H.-M., Sarisey en 1108 : le marqueur –s du pluriel n’est pas étymologique) et de nombreux lieux-dits (La ou Les) Cerisière(s) répartis sur tout le territoire ainsi que Cerisère à Vialer et à D’Arricau-Bordes (P.-A.).

D’autres collectifs, plus rares, se trouvent dans les noms de la Cerisaille (à Saint-Jean-le-Blanc, Loiret, et à Guigneville-sur-Essonne, Ess.) et des Cerisailles (à Ville-sous-Anjou, Is.).

Un diminutif apparaît dans le nom de Cérizols (Ariège) et de quelques lieux-dits comme Cérisol (à Triviers, Cantal) et Cerisou (à Courcôme, id.).

Enfin, le basque gerezi est à l’origine du nom de Guéréciette à Ibarolle (P.-A.).

Discussion

Le col de la Sereyrède (à Vail-d’Aigoual, Gard, la Serareda en 1150) porte un nom que J. Astor (DNFLMF*) explique par l’occitan cereireda, « cerisaie », tandis que P. Fabre (NLC*) préfère l’expliquer par l’occitan sèrra, « crête de montagne, colline, bord de plateau, de coteau » accompagné du double suffixe collectif –areda, le tout tombé dans l’attraction de cereireda. Le nom est semble-t-il aujourd’hui écrit Serreyrède.

Sardy-lès-Épiry et son dérivé Sardolles, tous deux dans la Nièvre, pourraient représenter le sardier, une forme ancienne de « cerisier » encore présente çà et là dans les patois du Forez et du Livradois, selon G. Taverdet (NLB*). Cependant Dauzat & Rostaing (DENLF*) comme E. Nègre (TGF*) préfèrent y voir le nom d’homme latin Sardus.

Notons une série de faux-amis issus, selon Dauzat & Rostaing (DENLF*) et E. Nègre (TGF*), du nom d’homme latin Ceretius accompagné du suffixe –acum : Cerisé (Orne), Cerisi-Belle-Étoile (id.), Cerisy-Buleux (Somme), Cerisy-Gailly (Somme), Cerisy-la-Forêt (Manche), Cérizy (Aisne) et Chérisy (P.-de-C.). Cependant, on sait maintenant que le suffixe –acum n’accompagnait pas nécessairement des anthroponymes : certains de ces noms pourraient alors être dérivés du latin populaire ceresium, « cerise ».

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Sardy, sa gare et …  son cerisier ?

Le merisier

Sous l’entrée cerasus du FEW (2, 598), on trouve les mots cesse, « merise » et cessier, « merisier », d’où le nom de Cessières dans l’Aisne et les noms de nombreux lieux-dits (Le ou Les) Cessier(s), notamment en Picardie (le picard dit cessé, chéché, chéchier etc.).

Quant au merisier, producteur de fruits et d’un bois prisé des ébénistes, il a fourni des dizaines de toponymes sans grande originalité sauf à relever le Merisier d’Amour à Balot (C.-d’Or), le Merisier Noir et Égaré à Chauvincourt-Provemont (Eure), le Merisier Taureau à Villiers-Saint-Georges (S.-et-M.) et les Merisiers Foireux à Menestreau (Nièvre).

En langue d’oc, on a donné au merisier, outre le nom d’amarusièr, celui d’amargièr formé sur le verbe amargar, amarjar, « avoir une saveur amère », à propos des drupes au goût acerbe de cet arbre. On trouve ainsi un lieu-dit Amargiers à Landos (H.-L.).

Finissons en observant que le nom du cerisier comme celui du merisier et de leurs variantes, quand il désignait l’arbre caractéristique de la ferme, a pu passer à l’habitant en produisant des noms de famille qui ont pu servir à leur tour à nommer des lieux-dits, ce qui explique qu’on puisse trouver de tels noms là où il n’y a jamais eu de cerisiers.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

PS et non, il n’y aura pas de Temps des cerises. Ce n’est pas le moment.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité de France métropolitaine dont le nom est lié à celui du cerisier.

Cette localité n’a vu naître aucune figure historique, artistique ou autre ; elle n’abrite aucun site archéologique ni architectural remarquable (si on excepte un monument à huit morts dans des circonstances particulières) ; on n’y élève pas de vin ni n’y affine de fromage … Comment voulez-vous trouver un indice dans ce vide ? (que le maire et ses administrés me pardonnent s’ils se sentent blessés par ce paragraphe).

Passons donc au stade administratif supérieur :

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette localité est un hagiotoponyme complété par celui d’un type de végétation.

Ce même chef-lieu est baigné par une rivière qui a longtemps servi de frontière au royaume de France.

Un habitant de ce chef-lieu fut le protagoniste d’un épisode de la Résistance qui lui valut d’être le premier homme à mourir pour les mêmes raisons et de la même façon qu’un cheval.

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La Ricamarie, ancienne Tiregarne (répàladev)

LGF est le seul (ça devient une habitude) à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver La Ricamarie, une commune du département de la Loire, anciennement appelée Tiregarne.

local-La-Ricamarie

Nous disposons, grâce au Dictionnaire topographique du Forez et des paroisses du Lyonnais et du Beaujolais formant le département de la Loire de Jean-Édouard Dufour publié à Mâcon en 1946, des formes anciennes du nom suivantes :

Apud Tiragarne et Solore (1388) ; Iter tendens de Sancto Stephano apud Tiragarne… Versus domum Andree Raquamer (1388) ; Terra Andree Raquamer (1408) ; Apud Tiregarne (1408) ; Johannes Fabri de Tiregarna (1408) ; Andreas Fabri de Tireguerna alias Recamier… La Recamari parrochie. Sancti Stephani de Furano… La Raq… (1454) ; Apud la Racamary (1454) ; Johannes Recamery habitator loci de la Reramary (lire Recamary) alias de Tirigama (lire Tirigarna)… (1454) ; La Recamari (1455) ; La Recamari (1516) ; Le lieu de la Riquemarie paroisse de Saint Estienne (1638) ; Laricamarie (XVIIIe siècle, chez Cassini).

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Carte de Cassini  (feuillet 88 – Saint-Marcellin –1767) : Laricamarie en un seul mot

Le lieu-dit à l’origine de la commune a donc d’abord porté le nom de Tiragarne puis Tiregarne formé sur l’occitan tira, « tire », et garno, « ramée de pin ou de sapin, branche de mélèze, bois pour chauffer le four, cépée » : il s’agissait donc d’une forêt de conifères exploitée pour son bois. On tirait ici le bois de la sapinière comme on tirait ailleurs le vin de la vigne.

Dès la fin  du XVe siècle, la terre deviendra – au moins dans les textes, mais peut-être l’était-elle déjà avant – la propriété d’un nommé Andree Raquamer et en portera le nom, La Recamari.

Le nom moderne La Ricamarie est donc la Récamière, propriété d’un nommé Récamier, avec le suffixe franco-provençal –eri (français –ière) conservé à tort dans le nom français.

Le lieu-dit ayant vu sa démographie et son importance fortement augmenter du fait de l’exploitation de plusieurs mines de charbon fut élevé au rang de commune en 1843. Un document de la Compagnie des Mines de 1848 portera le nom de La Rycamarie. Quelques érudits locaux imaginèrent une étymologie de ce nom selon le latin rica mina ou riacminera, « riche mine », sans fondement vu les formes anciennes.

CPA Ricamarie cheval mine

Bienheureusement, Rubis n’a pas connu ça !

Le patronyme Récamier est quant à lui formé sur le verbe de l’ancien français récamer, « broder », et désignait celui qui faisait profession de broder, le brodeur.

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Les indices

■ les habitués de mes devinettes ont peut-être remarqué l’utilisation d’une police verte pour introduire les indices à la place de la couleur bleue habituelle. Il s’agissait d’une allusion à la couleur verte indissociable du maillot des footballeurs de Saint-Étienne, dont La Ricamarie est limitrophe.

indice a 15 01 2023 ■ ce portrait de Juliette Récamier (François Gérard, 1805) donnait, par le patronyme du modèle, quasiment la réponse.

■ le premier tube des Bee Gees (1967) intitulé New York mining disaster était censé orienter les recherches vers les bassins houillers et les mines de charbon. Le avril 1857, un accident au puits Saint-Mathieu (ou des Littes) de La Ricamarie fit sept morts par asphyxie. Le charbon, la couleur verte, Récamier … tout était dit ! (Je laisse les curieux lire la page wiki en anglais consacrée à cette remarquable chanson des Bee Gees, beaucoup plus complète que la page française).

logo mineur ■ le cul de lampe qui annonçait les indices du mardi (là aussi en vert) rappelait qu’on cherchait une commune minière.

■ l’épisode sanglant reste dans les mémoires sous le nom de fusillade du Brûlé et eut lieu le 16 juin 1869 quand l’armée ouvrit le feu sur les civils protestant contre l’arrestation de mineurs grévistes et fit quatorze morts. Victor Hugo ne manqua pas de rappeler l’épisode dans un poème intitulé Misère :

Partout la force au lieu du droit. L’écrasement

Du problème, c’est là l’unique dénouement.

Partout la faim. Roubaix, Aubin, Ricamarie.

La France est d’indigence et de honte maigrie.

On prétend également qu’Émile Zola se serait inspiré de cet épisode pour son Germinal.

Enfin, le chansonnier Rémy Doutre (1845-1885) écrivit à ce sujet la chanson La Ricamarie

Soldats, quand vous frappez l’ennemi de la France
Dans un loyal combat, vous êtes des héros ;
Mais quand vous massacrez vos frères sans défense,
Vous n’êtes plus soldats, vous êtes des bourreaux.

(je renonce à vous proposer les interprétations qu’on trouve de cette chanson sur la toile. En revanche, je vous propose de jeter un œil à cette page).

Les indices du mardi 17/01/2023

Ma dernière devinette n’a pas eu de succès. Sans doute l’énoncé en était-il un peu trop succinct. Je le rappelle ici, sachant que le mot du jour était garn :

Il vous faudra trouver une commune de France métropolitaine dont le nom n’a rien à voir avec le mot du jour.

L’endroit porte en effet, depuis le début du XVè siècle, un nom dérivé de celui qui en possédait et exploitait les terres. C’est ce nom qui sera conservé quand fut créée la commune plusieurs siècles plus tard. Certains ont alors plutôt voulu voir dans ce nom un rappel de l’exploitation supposée très ancienne de son sous-sol.

Avant cela, cet endroit était désigné par un nom relatif à l’exploitation qu’on y faisait des ramées de pin ou de sapin (nous y voilà !).

Les indices

et d’un :

indice a 15 01 2023

et de deux : https://youtu.be/48j8UdBwDS8

Dit autrement :

Un endroit portait avant le XVè siècle un nom rappelant sa richesse en bois de pin ou de sapin (c’est là qu’intervient le mot du jour !) et l’exploitation qui en était faite. Il a pris ensuite le nom de son propriétaire. Plusieurs siècles plus tard, devenu commune, il a gardé ce dernier nom, légèrement modifié quant à son orthographe et son suffixe, sous lequel nous le connaissons encore aujourd’hui. Une fausse étymologie explique ce nom par l’exploitation, supposée ancienne, de son sous-sol.

logo mineur

Les indices du mardi

♦ dans le premier nom de la commune, le mot du jour est précédé d’un verbe.;

♦ la commune est connue pour un épisode sanglant de la lutte des classes évoqué par un poète et dont se serait inspiré un romancier. On en a même fait une chanson.

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Garn

Les plus attentifs de mes lecteurs se souviennent sans doute qu’en conclusion du paragraphe concernant le terme vargne dans le billet consacré au sapin, j’indiquais qu’un autre mot avait été rapproché de ce terme, à savoir garn.

Photo garn  Le Trésor du Félibrige définit garno comme une « ramée de pin ou de sapin, branche de mélèze, bois pour chauffer le four, cépée ». L’occitan actuel désigne plus généralement par garna une « ramée de conifères », d’où par exemple le mot du dialecte lyonnais guergnes désignant des branchages de pin. En Vendée, Massif Central, etc. garn a pris plus particulièrement le sens de « buisson, taillis, fourré épais ».

On rencontre des toponymes formés à partir de ce garn sur tout le territoire mais principalement en pays de langue d’oc. Ils apparaissent soit sous la forme simple garne (s) soit suffixés de différentes façons.

Forme simple garne

On trouve une vingtaine de lieux-dits La Garne, par exemple à Saint-Marcelin-de-Cray (S.-et-L.), au Langon (Vendée), à Meillant (Cher), à Saint-Jean-Roure (Ardèche), etc. ainsi qu’une Grande et une Petite Garne à Meaulne (Allier).

Le pluriel Les Garnes est plus fréquent avec une quinzaine rien qu’en Vendée, avec le sens de « buisson, taillis ». Mais ce toponyme est aussi présent à quatre exemplaires dans l’Allier ainsi que dans le Cher, en Saône-et-Loire, dans la Loire … On trouve également Les Garnes à Saint-Jacques-en-Valgodemard, dans les Hautes-Alpes où il a le sens de « fagots de branchages » (Trésor du Félibrige).

La forme occidentale La Garna se trouve à Lézigneux et le pluriel Les Garnas à Lapte et à Riotord, tous trois dans la Loire.

Notons enfin la variante Guerne(s) qui n’apparaît qu’en Saône-et-Loire et dans l’Allier à moins de vingt exemplaires, à ne pas confondre avec le guern du parler breton, dérivé du gaulois verno, qui désigne l’aulne et signale généralement un marais en Bretagne.

Formes suffixées

avec le suffixe augmentatif –assa (du latin –acea) une garnassa désigne un fourré en Haute-Loire, d’où une trentaine de (la) Garnasse dont une Garnasse Brûlée à Montclard, la Garnasse du Loup à Chanteuges et une petite dizaine de Les Garnasses dans ce département, plus trois Garnasse dans le Puy-de-Dôme et un Garnasse en Lozère (à Malzieu-Forain). (Désolé, pas trouvé d’Ali Garnasse …)

avec le même suffixe –assa complété par le suffixe –on ou –oun (du latin one), un garnasson désigne un bois de pins, principalement dans le Forez comme pour le Garnasson à Doranges et à Saint-Clément-de-Valorgue (P.-de-D.) et la Garnassoune à Villeneuve-d’Allier, Salzuit et Saint-Jeunes (H.-L.).

d’autres suffixes, plus rares, apparaissent dans des noms comme Garnassette (cinq exemples en Haute-Loire) ou Garnassaire (au Mas-de-Tence, H.-L.).

Formes proches et faux-amis

Comme souvent avec les mots monosyllabiques, les paronymes sont nombreux.

Le Garn, commune du Gard, était de Algarno en 1314 et de Garno en 1532. E. Nègre (TGF*) explique ce toponyme par le nom de personne germanique Altegernus dont la première syllabe Al- aurait été comprise al (=a lo). On peut préférer y voir, avec P. Gastal (NLEF*) une étymologie selon garn et agglutination de la préposition dans le nom de 1314.

CPA-cave-cooperative-garn

Garnay (E.-et-L.) était Ganniacum en 1120, sans doute du nom de personne germanique Waninus et suffixe –acum, mais les lieux-dits Garnay à Marly-sur-Arroux en Saône-et-Loire et à Bas-en-Basset en Haute-Loire pourraient être des noms issus de garn suffixés là aussi en –acum, dont on sait qu’il n’accompagnait pas que des anthroponymes.

en région parisienne, un garneau est un bloc, un galet de silice. Les noms de Guernes (Yv.) et Garnes (à Senlisse, Yv.), tous deux attestés Garnes aux XIIIè – XIVè siècles sont peut-être à rapprocher de ce nom dialectal.

le radical germanique warn (issu de wara, « protecteur », d’où le français « garer ») a donné avec hari, « armée », des noms comme Garnier et l’hypocoristique Garnon et avec wald, « gouverner », des noms comme Garnal et Garnaud. Tous ces noms de famille ont pu à leur tour fournir des toponymes qui n’ont donc rien à voir avec notre garn.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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La devinette

Il vous faudra trouver une commune de France métropolitaine dont le nom n’a rien à voir avec le mot du jour.

L’endroit porte en effet, depuis le début du XVè siècle, un nom dérivé de celui qui en possédait et exploitait les terres. C’est ce nom qui sera conservé quand fut créée la commune plusieurs siècles plus tard. Certains ont alors plutôt voulu voir dans ce nom un rappel de l’exploitation supposée très ancienne de son sous-sol.

Avant cela, cet endroit était désigné par un nom relatif à l’exploitation qu’on y faisait des ramées de pin ou de sapin (nous y voilà !).

Les indices

■ et d’un :

indice a 15 01 2023

■ et de deux :

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Les indices du mardi 10/01/2023

 Ma première devinette de l’année n’a pas eu de beaucoup de succès : personne ne m’a encore donné la bonne réponse.

podium vide

J’en rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est, sans surprise, lié à un des mots du jour.

Il s’agit à l’origine du nom d’un hameau, voire d’une seule ferme, passé au ruisseau qui l’arrose.

Selon le fichier ou la carte qui le mentionnent, ce toponyme est écrit de différentes façons mais sans qu’en soit altérée sa compréhension.

La commune qui abrite ce lieu-dit doit son nom au franchissement d’un cours d’eau – mais sans doute pas  celui dont il est question plus haut.

À une trentaine de kilomètres par la route, dans le même département, se trouve une commune dont le nom est le diminutif du précédent suivi d’un déterminant.

On trouve aussi, dans d’autres départements, deux stricts homonymes, un homonyme précédé d’un article et un homonyme suivi d’un déterminant.

Cette commune fut jadis offerte par le vainqueur d’une croisade à un de ses lieutenants, dont le fils fit bâtir un château dont il ne reste plus aujourd’hui que le donjon

Le chef-lieu de canton où se trouve le lieu-dit à trouver porte un nom issu de celui d’un homme accompagné d’un suffixe, les deux latins.

Le nom du pays a été étudié naguère, avec ses voisins, dans un billet du blog que vous êtes en train de lire.

Un indice pour la production agricole régionale :

indice a 08 01 2023

grappe raisin

Et j’ajoute ces quelques précisions et indices :

la croisade dont il est question a eu lieu sur le territoire français ;

le produit agricole dont il est question est liquide ;

dans une des communes homonymes de celle qui accueille le toponyme à trouver se fabrique depuis longtemps un produit qui peut être utile au précédent ;

le canton porte un nom à caractère topographique déterminé par le nom du fleuve qui est aussi celui du département.

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Les restes du sapin …

Me voici de retour au clavier, en route vers de nouvelles aventures. J’en profite pour vous souhaiter une excellente année 2023 ! 

Abies alba

Alors que les dernières aiguilles du sapin de Noël ont été balayées, je vous propose de partir sur les traces que cet arbre a laissées … en toponymie. Comme on le constatera, elles sont bien moins nombreuses que celles laissées par les autres essences, comme le chêne, le bouleau, le hêtre, le tilleul et d’autres que je vous laisse chercher en tapant leur nom dans le champ de recherche ad hoc.

Trois termes différents ont été utilisés pour parler de ce conifère, auxquels ont peut ajouter deux mots de langues régionales.

ci-contre : planche botanique Abies alba

Abies

Le latin abies, « sapin », est à l’origine de l’ancien occitan abet, de même sens, d’où abetosa, « forêt de sapin ». L’occitan moderne dit respectivement avet et avetosa/avetada ; le catalan a conservé abet et l’espagnol abeto.

On ne sera pas surpris de trouver des toponymes correspondants principalement dans l’Aude et le Sud-Ouest :

forme simple : Abet à Laruns (P.-A.), Notre-Dame-d’Abet à Lahontan (id.) et quelques cols de l’Abet ou de l’Abeta dans les Pyrénées ;

collectif (latin –etum) : L’Abédet à Aucun (H.-P.), le bois de Labétet à Aste-Béon (P.-A.) avec soudure de l’article, l’Abetat à Audry (id.) ; 

collectif (latin -osum) L’Avétouse à Camps-sur-l’Agly (Aude) et Lavetosa à Baillestavy et Amélie-les-Bains (P.-O.) à comparer à La Abetosa espagnole (à Benasque, en Catalogne) ; plus un diminutif Bétouset à Andrein (P.-A.) ;

la déglutination de l’initiale a donné son nom à Bétous (Gers) et à des lieux-dits homonymes à Caupenne-d’Armagnac (Gers) et à Réaup-Lisse (L.-et-G.) ainsi qu’à la forêt de la Bétouse à Camps-sur-l’Agly (Aude).

le nom de Bédeille (P.-A.) attesté Avedele en 1101 et Avedelha en 1429 est semble-t-il lui aussi formé sur le latin abies, comme celui de Bédeille (Ariège) – mais la forme Bedelhe de 1402 a fait émettre l’ hypothèse d’une origine d’après le nom d’homme latin Vitellius.

CPA Bédeille Ariège

Sap

Le gaulois *sapo est à l’origine du latin impérial sapinus/sappinus qu’on trouve chez Varron et Pline. Si on rapproche ce terme gaulois du sanscrit sapa, « résine », du breton sap , « sapin », du vieux cornique sibnid, « sapin blanc », on peut lui supposer une origine indo-européenne. Les toponymes qui en découlent se retrouvent principalement en territoires nord-occitans.

Rappelons tout d’abord que la Savoie elle-même, appelée Sapaudia par Ammien Marcellin en 391, doit son nom à ce gaulois *sapo, « sapin », accompagné de *uidu, « arbre, bois » et classiquement suffixé en –ia.

Si on excepte tous les noms de formation récente formés sur Sapin(s), Sapinière, Sapinerie etc. , on peut citer ces toponymes :

forme simple : Sap-en-Auge (Orne), Le Rif du Sap à La Chapelle-en-Valgaudemar (H.-Alpes – avec rif, « ruisseau ») et de nombreux lieux-dits Le Sap, notamment en Ardèche, Lozère …. et dans les Alpes comme Les Saps à Ancelle (H.-A.). La forme féminine existe comme à La Sapine à Charpey (Drôme) et à Maubec (Vauc.). Le suffixe –onia est à l’origine du nom de Sapogne-et-Feuchères (Ardennes) ;

CPA Le Sap Orne

collectif : Le Sapet à Châtillon-en-Diois (Drôme), à Lanuéjols en Lozère et à Saint-Sauveur-en-Rue (Loire), Le Sapey à Estivareilles (Loire), Le Sapey très présent en Savoie comme aux Déserts, Le Sappey à Thônes (H.-Sav.), Le Sapenay à Saint-Cassin (Sav.), Sapetière au Fontanil (Is.) etc. Et ajoutons les noms de plusieurs communes : Le Sappey (H.-Sav.), Le Sappey-en-Chartreuse (Is.), Sapois (Jura et Vosges) ainsi que Seppois-le-Bas et Seppois-le-Haut (H.-Rhin, avec un joli Sept Pois chez Cassini pour la première).

Vargne

Le gaulois *varno, « sapin » (du celtique *vuarnia, « résineux ») a donné des noms régionaux pour désigner le sapin blanc comme vargne, vuargne, vuarne et quelques autres qu’on retrouve dans de nombreux toponymes en Savoie et Franche-Comté :

forme simple : La Vargne aux Villards-sur-Thônes (H.-Sav.), Les Vargnes à Thônes et à Megève (H.-Sav.), Les Vuargnes à Mont-Saxonnex (id.), etc. et une forme patoisante pour la forêt du Vargnoz à Seytennex (id.) ;

collectif : Le Varnet à Brenthonne (id.), Vuarnet à Allinges (id.) … Le Vuargni aux Gets (id.) et Le Vuargneux à Samoëns (id.).

NB : il ne sera pas question ici des toponymes formés sur un radical garn– que certains linguistes rapprochent du même gaulois *varno. Le Trésor du Félibrige définit garno comme une « ramée de pin ou de sapin, branche de mélèze, bois pour chauffer le four, cépée ». L’occitan actuel désigne plus généralement par garna une « ramée de conifères ». Cependant, ce terme garn se retrouve dans des régions où il a plus particulièrement le sens de « buisson, taillis, fourré épais » (Massif-Central, Vendée, etc.) et sera étudié dans un prochain billet.

Autres langues

le germanique tann, « sapin », se retrouve dans les noms de Thann et Vieux-Thann (H.-R.), Thannenkirch (id., avec kirch, « église »), Thanvillé (B.-R.), Schweighouse-Thann (H.-R., avec Schweighouse, « maison du bétail ») et dans celui de plusieurs lieux-dits.

le basque izei/izai, « sapin », a donné peu de toponymes parmi lesquels on trouve le lac d’Isabe aux Eaux-Chaudes (P.-A.) et le col d’Isseye ou Isaye sur la même commune. Notons toutefois qu’une autre hypothèse fait dériver ces noms d’un oronyme *is, variante de aitz, « pierre, roche ».

 

rog

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est, sans surprise, lié à un des mots du jour.

Il s’agit à l’origine du nom d’un hameau, voire d’une seule ferme, passé au ruisseau qui l’arrose.

Selon le fichier ou la carte qui le mentionnent, ce toponyme est écrit de différentes façons mais sans qu’en soit altérée sa compréhension.

La commune qui abrite ce lieu-dit doit son nom au franchissement d’un cours d’eau – mais sans doute pas  celui dont il est question plus haut.

À une trentaine de kilomètres par la route, dans le même département, se trouve une commune dont le nom est le diminutif du précédent suivi d’un déterminant.

On trouve aussi, dans d’autres départements, deux stricts homonymes, un homonyme précédé d’un article et un homonyme suivi d’un déterminant.

Cette commune fut jadis offerte par le vainqueur d’une croisade à un de ses lieutenants, dont le fils fit bâtir un château dont il ne reste plus aujourd’hui que le donjon

Le chef-lieu de canton où se trouve le lieu-dit à trouver porte un nom issu de celui d’un homme accompagné d’un suffixe, les deux latins.

Le nom du pays a été étudié naguère, avec ses voisins, dans un billet du blog que vous êtes en train de lire.

Un indice pour la production agricole régionale :

indice a 08 01 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

 

 

Castéra-Lou (la répàladev)

TRS et LGF sont restés les seuls, à l’heure où je publie ce billet, à m’avoir donné la bonne réponse à la dernière devinette. encore bravo !

Il fallait trouver Castéra-Lou dans le canton des Coteaux dont le chef-lieu est Trie-sur-Baïse, en pays de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.

local castera-lou

 

Castéra-Lou : le nom de cette commune est issu du gascon castérar correspondant au languedocien castellar après passage habituel du ll intervocalique à r. Ce mot est formé de castel, « château », accompagné du suffixe ar (du latin are) qui désigne traditionnellement l’emplacement, le site. La chute du r final, non prononcé, a fini par aboutir à Castéra. Quant à la deuxième partie du toponyme, il s’agit de l’article défini occitan Lou, « le », qui a été postposé de manière absurde et incompréhensible par l’administration, semble-t-il en 1845, le nom occitan Lou Castéra ayant été « francisé » en Castéra-Lou. Une tentative (gentille) d’explication est que le responsable aurait pris Lou pour un nom de personne (en pensant à Saint Loup ?). D’autres prennent moins de gants comme Aitor Carrera (Les representacions gràfiques dels topònims occitans, 2002) qui parle, en catalan, d’« extravagance » :

Capture Castéra-Lou

ou le rédacteur du site internet officiel du canton qui parle « de l’une des plus belles bourdes administratives ou cartographiques qu’on puisse imaginer ». Quoi qu’il en soit, le nom n’a jamais été corrigé.

CPA-trie-sur-baise

Trie-sur-Baïse : il s’agit d’une ancienne bastide fondée en 1322 qui doit son nom, attesté bastida de Tria en 1325, à son fondateur Jean de Trie, sénéchal de Toulouse et de l’Albigeois. Le nom de la Baïse, attesté Vanesia au IVè siècle, est issu de la racine hydronymique pré-celtique *ban accompagnée du suffixe latin –itia ; en gascon, le n intervocalique disparaît.

la Bigorre : « doit son nom au peuple aquitain appelé Bigerriones par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. Le nom de ce peuple est issu d’un appellatif que l’on peut reconstituer par le basque bigurri, « pervers », et bihurri, « tordu, indocile, pervers » ( DNLF *). », écrivais-je naguère dans ce billet. Il est intéressant de faire un parallèle avec le nom de Vascones donné par les Romains de l’Antiquité aux Basques de la péninsule ibérique, nom formé sur l’adjectif vascus, « qui va de travers, oblique, divergent ». Bigerriones a, de surcroit, le même suffixe. Les deux appellations semblent donc étrangement concordantes : s’agissait-il alors de relever leur étonnante différence par rapport aux populations environnante ?

D’autres étymologies pour le nom de la Bigorre ont été proposées comme le basque Ibai gorri, « la rivière rouge » (dès 1899 par André Rolland de Denus et E. Lechevalier et plusieurs fois reprise par la suite) sans expliquer ni la disparition du I initial ni le transfert du nom de la rivière à celui du peuple.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

fleuron1

 

Les indices

indice a 18 12 2022  ■ ce calligramme d’Apollinaire est extrait des Poèmes à Lou. (wiki)

cyrano-1959

  ■ Cyrano de Bergerac devait orienter vers la Gascogne.

Le ciel, le soleil et la mer est chanté par François Deguelt qui est né à Tarbes, chef-lieu de l’arrondissement où se situe Castéra-Lou.

 

Les indices du mardi 20/12/2022

TRS est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui !

J’en rappelle ici l’énoncé :

La commune de France métropolitaine que je vous propose de découvrir porte un nom absurde issu d’une erreur incompréhensible du fonctionnaire chargé de l’inscrire dans les registres officiels.

Le toponyme en question était depuis longtemps connu et composé d’un nom et d’un déterminant antéposé. Prenant sans doute ce dernier pour un nom de personne, il le plaça en seconde position dans le nom officiel de la commune, sans même prendre la peine de traduire l’ensemble. L’erreur ne fut jamais réparée et la commune porte encore aujourd’hui ce nom absurde, comme si, s’étant appelée « Eine Stadt », elle avait été baptisée « Stadt-Eine » (attention !, l’allemand n’est utilisé ici que comme exemple – pour les non germanophones, « Une Ville » devenant « Ville-Une »).

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette commune est celui de son fondateur accompagné de celui du cours d’eau qui l’arrose.

Le pays porte un nom dérivé de celui de la peuplade qui l’habitait, lequel nom pourrait être traduit aujourd’hui par « les Insoumis » ou « les Frondeurs ».

Une fois n’est pas commune, mon indice sera un poème :

indice a 18 12 2022

 

Et je rajoute ces cadeaux de Noël indices :

un héros bien connu de mes lecteurs habituels, pour la région :

cyrano-1959

une chanson pour la grande ville :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La devinette du dimanche 18/12/2022

en retard

 

Aïe ! Aïe ! Bien trop occupé cette semaine pour écrire un billet (déjà que j’ai eu du mal à finir la répàladev !) je passe directement à la devinette hebdomadaire, préparée à l’avance pour le cas où …

 

 

 

Certains de mes lecteurs se souviennent sans doute des billets que j’ai consacrés il y a près d’un lustre aux joca monachorum, ces « plaisanteries de moines » qui, volontairement ou non, modifiaient des toponymes en en corrompant l’orthographe ou en en détournant le sens. Je renvoie les autres à ce billet et à celui-ci.

 Les moines copistes ne sont bien sûr pas les seuls responsables de ces plaisanteries ou de ces maladresses ou erreurs : les notaires ou leurs clercs comme les fonctionnaires chargés des écritures ont aussi leur part de responsabilité.

Un notaire

Un notaire italien, par Giusto Giusti (1406-1483)

La commune de France métropolitaine que je vous propose de découvrir porte un nom absurde issu d’une erreur incompréhensible du fonctionnaire chargé de l’inscrire dans les registres officiels.

Le toponyme en question était depuis longtemps connu et composé d’un nom et d’un déterminant antéposé. Prenant sans doute ce dernier pour un nom de personne, il le plaça en seconde position dans le nom officiel de la commune, sans même prendre la peine de traduire l’ensemble. L’erreur ne fut jamais réparée et la commune porte encore aujourd’hui ce nom absurde, comme si, s’étant appelée « Eine Stadt », elle avait été baptisée « Stadt-Eine » (attention !, l’allemand n’est utilisé ici que comme exemple – pour les non germanophones, « Une Ville » devenant « Ville-Une »).

Le nom du chef-lieu du canton où se trouve cette commune est celui de son fondateur accompagné de celui du cours d’eau qui l’arrose.

Le pays porte un nom dérivé de celui de la peuplade qui l’habitait, lequel nom pourrait être traduit aujourd’hui par « les Insoumis » ou « les Frondeurs ».

Une fois n’est pas commune, mon indice sera un poème :

indice a 18 12 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr