Les indices du mardi 20/04/2021

Personne ne m’a encore donné les bonnes réponses à ma dernière devinette dont je recopie l’énoncé :

Il vous faudra trouver les noms de deux communes d’un même département de France métropolitaine dont les armes sont parlantes en jouant sur les noms de constructions humaines différentes.

Le premier blason joue sur la façon dont sont disposées les constructions l’une par rapport à l’autre tandis que le second joue sur leur nombre.

Le premier toponyme fait en réalité référence au relief concave de l’endroit tandis que le second, plutôt que d’un relief convexe comme le dit wikipedia, est dérivé d’un nom de personne roman.

Les deux communes sont distantes d’à peine plus de deux kilomètres à vol d’oiseau mais de six kilomètres par la route.

Le département a une façade maritime.

Et je rajoute ces indices :

■ les deux communes font partie d’un même canton de trois communes dont elles ne sont pas le chef-lieu ;

■ on voit sur les armoiries du chef-lieu de canton la même construction que sur celles de la deuxième commune, mais en un exemplaire de plus ;

■ et toujours pour le chef-lieu de canton :

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Intermède blasonnant

Que fait-on quand on est pris par le temps et que rien n’est prêt pour le dimanche soir ? Eh bien, oui !, on ressort des blasons parlants du fond du tiroir…

Désolé pour ceux que cela défrise, mais c’était ça ou rien.

(et on ressert une intro …)

Il vous faudra trouver les noms de deux communes d’un même département de France métropolitaine dont les armes sont parlantes en jouant sur les noms de constructions humaines différentes.

Le premier blason joue sur la façon dont sont disposées les constructions l’une par rapport à l’autre tandis que le second joue sur leur nombre.

Le premier toponyme fait en réalité référence au relief concave de l’endroit tandis que le second, plutôt que d’un relief convexe comme le dit wikipedia, est dérivé d’un nom de personne roman.

Les deux communes sont distantes d’à peine plus de deux kilomètres à vol d’oiseau mais de six kilomètres par la route.

Le département a une façade maritime.

Des indices à paraitre peut-être mardi parce que ce soir, je suis définitivement en panne. Et il n’y a pas d’indice dans la phrase précédente ni dans celle-ci.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Amfreville-la-Mi-Voie et Le Boullay-Mivoye (répauxdev)

LGF est resté seul à avoir résolu ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver Amfreville-la-Mi-Voie en Seine-Maritime et Le Boullay-Mivoye en Eure-et-Loir dont les déterminants, avec des graphies différentes, sont pourtant les mêmes et indiquent que ces communes se trouvent à mi-chemin d’une certaine voie.

Amfreville-la-Mi-Voie

   La ville était appelée Offrevilla en 1245, du nom de personne germanique Autfrid latinisé Otfredus accompagné du latin villa, « domaine rural ». Il y a eu ensuite attraction du nom d’Amfreville-les-Champs du même département. Cette dernière, attestée Amfridivilla en 1326-44, doit son nom au nom de personne norrois Ansfredus, comme les autres communes du même nom : Amfreville (Calv., Manche), Amfreville-la-Campagne (Eure), Amfreville-les-Champs (Eure), Amfreville-sur-Iton (Eure) et Amfreville-sous-les-Monts (Eure). Je soulignais dans l’énoncé de la devinette que tous ces toponymes avaient une origine germanique : c’est bien le cas si on se souvient que le norrois est une langue scandinave donc germanique.

Amfreville-la-Mi-Voie s’est appelée Onffreville-la-mi-voie dès 1395, puis Saint-Rémy de la Myvoie en 1402, Auffreville la mi voie et même tout simplement La Myvoie en 1458. 

L’appellation « la mivoie » date de la construction de l’abbaye Saint-Ouen à Rouen. Les pierres qui provenaient des carrières de Vernon étaient acheminées par la Seine sur des barques jusqu’au Port-Saint-Ouen, le flot montant (mascaret) obligeant à l’époque les bateliers à y décharger leurs marchandises. Ces pierres étaient ensuite chargées sur des chariots tirés par des chevaux pour rejoindre le chantier de l’abbaye Saint-Ouen et c’est à Amfreville, à mi-voie (à mi-parcours), que se trouvait le relais qui permettait le changement des chevaux.

(site officiel de la mairie)

Le Boullay-Mivoie

   Le village est attesté Booletum de media via en 1240, de l’oïl beloi, « ensemble de bouleaux, boulaie », lui-même du gaulois *betullus, « bouleau », suivi du suffixe collectif latin –etum. Le déterminant media via subira quelques variations : Boletum-Medie-Vie (1250), Boulletum-de-Media-Via (1300), Boulay-de-Deus-Voies (vers 1350), Le Boulay-d’à-my-la-Voie (1521), Le Boulay-d’à-mi-Voie (1625), Saint-Rémy du Boullay-Mivoye (1736) avant de se fixer à sa forme actuelle.

 

Le Dictionnaire topographique du département d’Eure-et-Loir (Lucien Merlet, 1861) nous explique :

Le village est en effet situé sur l’ancienne route royale 154 d’Orléans à Rouen, comme nous le précisent M. Badin et M. Quentin (Géographie départementale classique et administrative de la France, vol. 15, 1848) :

Comme il était écrit dans l’énoncé de la devinette, de nombreuses communes portent un nom lié au bouleau, comme je l’expliquais dans cet article où figure … Le Boullay-Mivoye !

La page wikipedia consacrée à la commune raconte que « Maurice Clavel, dans Le temps de Chartres, fait le récit de ses entretiens avec Jérôme et Délia (Silvia Montfort), dans la salle d’école de la commune, pour préparer le sabotage de la ligne de Chartres à Dreux ».

♦♦♦

Les toponymes Mivoie ou Mi-Voie, peuvent indiquer d’anciens relais mais aussi simplement une situation topographique. Deux Mi-Voie sont en pleine Champagne crayeuse à Isle-Aubigny et Vaucogne dans l’Aube, un la Mivoie à Assigny (Cher), d’autres à Fourilles (Allier), Champseru (E.-et-L.), La Grande-Paroisse (S.-et-M.), Guernes (Yv.), tous entre deux villages. Nogent-sur-Vernisson (Loiret) a un château de la Mivoie, un Bois de la Mivoie et un lieu-dit Petite Mivoie. La Lande de Mi-Voie à Gaël (I.-et-V.) est située à mi-chemin de Saint-Méen-le-Grand.

Les allusions semées comme indices cachés  : « Je n’ajoute pas d’indice, sachant que si vous trouvez le déterminant, vous aurez fait la moitié du chemin » et « Je pensais que toutes ces précisions auraient mis sur la voie mes autres lecteurs » devraient s’expliquer désormais plus facilement.

Les indices

 

 

il fallait reconnaitre dans ce tableau intitulé La grande allée à la Fontenaye une œuvre de Geoges Le Meilleur, mort en 1945 à Amfréville-la-Mi-Voie. C’était donc le peintre qui donnait l’indice.

 

 

 

il fallait reconnaitre un Paysage aux bouleaux peint par Camille Corot.

Ah ben, oui : là, c’est le sujet du tableau, pas le peintre, qui donnait l’indice.

 

 

Quant à la dernière phrase « Pour le déterminant, j’aurais pu vous parler d’une île en 42, où l’Histoire a changé » , il s’agissait d’une allusion à l’atoll de Midway éponyme d’une célèbre bataille navale en 1942. Ah ben, oui, 42 c’était l’année, pas le département !  Et il ne fallait pas non plus aller à Nantucket, l’île américaine sur laquelle se déroule l’action d’ Un été 42, où c’est l’histoire d’un adolescent plutôt que l’Histoire qui a changé.

Les indices du mardi 13/04/2021

 

Félicitations à lui tout seul ! LGF est le seul à avoir résolu ma dernière double devinette, dont je recopie ici l’énoncé :

 

 

 

 

Il vous faudra trouver les noms de deux communes de France métropolitaine dont le déterminant identique, mais avec des graphies différentes, indique qu’elles servaient d’étape ou, au moins, de repère sur un trajet déterminé.

Ce déterminant se retrouve aussi seul, là aussi sous diverses formes, pour nommer quelques lieux-dits et même un château, ayant comme point commun leur situation particulière.

Les deux communes à trouver sont séparées par une centaine de kilomètres.

♦ Pour la première :

Le nom déterminé est formé d’un anthroponyme germanique accompagné d’un suffixe particulièrement fréquent dans cette région.

Sept autres communes portent ce même nom, dont deux sans déterminant.

L’histoire raconte qu’elle servait d’étape notamment aux bâtisseurs de l’abbaye de la capitale de l’archidiocèse.

♦ Pour la deuxième :

Le nom déterminé est formé du nom gaulois d’un végétal muni d’un suffixe collectif.

De très nombreuses communes portent un nom similaire avec ou sans déterminants.

Un futur écrivain qui faisait alors partie d’un réseau de la Résistance dont il deviendra le chef, y a mis au point le sabotage d’une ligne de chemin de fer avec une future actrice qui deviendra sa femme après guerre.

♦♦♦

Je n’ajoute pas d’indice, sachant que si vous trouvez le déterminant, vous aurez fait la moitié du chemin.

Je pensais que toutes ces précisions auraient mis sur la voie mes autres lecteurs. Puisque ce ne fut manifestement pas le cas, je leur donne ces indices supplémentaires :

♦ pour la première commune :

♦ pour la deuxième commune :

 

Pour le déterminant, j’aurais pu vous parler d’une île en 42, où l’Histoire a changé …

♦♥♦

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Le coup de l’étrier

  

La route est longue ! Après avoir vu des lieux où boire et manger puis un endroit où se sustenter,  après avoir pris un dernier verre pour la route, voici le coup de l’étrier avec un ensemble de toponymes qui m’avait échappé et qu’un attentif lecteur, qui signe Brosseur, m’a remis en mémoire : l’herbergement ou abergement.

 

L’ancien haut allemand heriberga, « campement militaire » (de heri, « armée », et berge, « logement») a vu son sens élargi jusqu’à désigner un logis, un lieu d’hébergement voire une auberge. On retrouve ainsi, en vieux français, les mots herberc, « logement », herbergage, herberge ou encore herbergement, « logement, campement, tente, habitation, hôtellerie, auberge » avec les variantes alberge et albergement.

En droit féodal, abergement a désigné plus tard une terre remise à un paysan libre aux fins de défrichement et de mise en valeur contre un droit d’entrée et une redevance annuelle.

Le toponyme Abergement et ses variantes existent dans plusieurs régions, avec une forte concentration en Bourgogne et dans le Jura. Il est difficile, sans connaissance précise de l’histoire locale, de différencier les noms ayant gardé la trace d’une ancienne auberge de ceux signalant une terre cédée en abergement.

Plusieurs communes portent un tel nom :

■ dans l’Ain :

  • L’Abergement-Clémenciat : avec Clémenciat du nom d’homme latin Clementius et suffixe –acum ;
  • L’Abergement-de-Varey : Varey (Vareyo en 1157, Vareiaco en 1169) du nom d’homme latin Varius et suffixe –acum ;
  • Le Grand-Abergement et Le Petit-Abergement sont d’anciennes communes aujourd’hui réunies dans Haut-Valromey.

■ en Côte-d’Or :

  • Labergement-Foigney : Foigney (Fooneum en 1181, Foigné en 1245) d’étymologie obscure ;
  • Labergement-lès-Auxonne : Auxonne, d’un hydronyme pré-celtique *as et suffixe gaulois –ona ;
  • Labergement-lès-Seurre : Seurre, peut-être de l’oïl seur, « sureau ».

■ dans le Doubs :

  • Labergement-du-Navois aujourd’hui dans Levier. L’abergement a porté le nom de ses seigneurs successifs : de Faloise en 1263, de Deserveler en 1286, de la Jouz en 1294 et finalement du Navoy en 1660. Navois est le gentilé de Naves (Allier, Nord) ;
  • Labergement-Sainte-Marie.

■ dans le Jura :

  • Abergement-le-Grand et Abergement-le-Petit ;
  • Abergement-lès-Thésy : avec Thésy du nom d’homme lain Tatius et suffixe -acum ;
  • Neublans-Abergement : Neublans (Neflens en 1073) du nom d’homme germanique Nebelo et suffixe –ing.

■ en Saône-et-Loire :

  • L’Abergement-de-Cuisery : Cuisery, du nom d’homme latin Cusirius et suffixe –acum ;
  • L’Abergement-Sainte-Colombe.

■ en Vendée :

  • L’Herbergement : vu la forme du nom, il s’agit ici avec certitude d’un lieu d’hébergement, sans doute celui du seigneur qui bénéficiait d’un tel droit (dit plus tard droit d’albergue) sur ses terres.

De nombreux microtoponymes portent ces mêmes noms mais on trouve aussi parmi eux des variantes comme l’Ébergement à Paulx (L.-A.), l’Embergement à Saint-Hippolyte (Ch.-Mar.) et à Bussière-Poitevine (H.-Vienne) — où la topographie semble exclure une consolidation des berges d’un cours d’eau —, les Abergeages à Comaranche-en-Bugey (Ain) ou encore les Abergeons à Bellevesvre (S.-et-L.). Plus cocasses encore, les lieux-dits costarmoricains La Belle Jument (à Plouvara) et L’Erbe Jument (à Saint-Donan) pourraient être d’anciens herbergements.

La devinette

Il vous faudra trouver les noms de deux communes de France métropolitaine dont le déterminant identique, mais avec des graphies différentes, indique qu’elles servaient d’étape ou, au moins, de repère sur un trajet déterminé.

Ce déterminant se retrouve aussi seul, là aussi sous diverses formes, pour nommer quelques lieux-dits et même un château, ayant comme point commun leur situation particulière.

Les deux communes à trouver sont séparées par une centaine de kilomètres.

♦ Pour la première :

Le nom déterminé est formé d’un anthroponyme germanique accompagné d’un suffixe particulièrement fréquent dans cette région.

Sept autres communes portent ce même nom, dont deux sans déterminant.

L’histoire raconte qu’elle servait d’étape notamment aux bâtisseurs de l’abbaye de la capitale de l’archidiocèse.

♦ Pour la deuxième :

Le nom déterminé est formé du nom gaulois d’un végétal muni d’un suffixe collectif.

De très nombreuses communes portent un nom similaire avec ou sans déterminants.

Un futur écrivain qui faisait alors partie d’un réseau de la Résistance dont il deviendra le chef, y a mis au point le sabotage d’une ligne de chemin de fer avec une future actrice qui deviendra sa femme après guerre.

♦♦♦

Je n’ajoute pas d’indice, sachant que si vous trouvez le déterminant, vous aurez fait la moitié du chemin.

 

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Malijai (la répàladev)

L’heure est venue de donner la solution à ma dernière devinette. Il fallait trouver Malijai, une petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, non loin de Digne-les-Bains.

L’attestation la plus ancienne du nom date de 1272 sous la forme de Malijacio, dans laquelle il faut voir  l’occitan mal i jai , « mal y git, mal y couche », pour déprécier une habitation, une auberge. C’est déjà cette explication que l’on trouve dans le Trésor du Félibrige de F. Mistral :

Le verbe occitan jaire, du latin jacere, est donné par le même auteur pour « gésir, être couché, reposer ».

Cette explication de l’auberge où l’on dort mal est reprise par Dauzat&Rostaing (DENLF*), E. Nègre (TGF*), J. Astor (DNLNFMF*), E. Vial (NVV*) et d’autres.

Michel de La Torre (Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, éd. Deslogis-Lacoste, 1989) avance une autre explication déjà donnée en 1844 par Jean-Maxime Joseph Féraud dans sa Géographie historique et biographique des Basses-Alpes où il explique que le village, d’abord construit rive gauche de la Bléone a migré rive droite au XIIè siècle, où on lui donna son nouveau nom de Malijai « formé de deux mots latins male jacet, c’est-à-dire mal situé » (M. de La Torre parle de male jactus) et où il ajoute : « l’inondation de 1826 a justifié son étymologie ». On est en droit de s’interroger sur cette étymologie prémonitoire qui aura attendu sept siècles pour se réaliser et pour le peu de cas qui est fait du bon sens des anciens bâtisseurs qui, bien au sec rive gauche, auraient choisi de traverser la rivière pour bâtir en zone inondable … Cette hypothèse est aussi mise à mal par la présence en Vaucluse, sur la commune de Jonquières, d’un lieu-dit Malijay (Mistral écrit Maligeay), qui n’est pas plus mal situé qu’un autre et où on produit un vin agréable, mais dont le nom fait sans doute allusion à une ancienne bastide où on passait de mauvaises nuits (au XIIIè siècle, bastida désignait le plus souvent une ferme neuve fortifiée bâtie dans le but de mettre en valeur des terres).

(Mélanges offerts au comte de Neufbourg, éd. Georges Guichard)

J’ajoute que plusieurs locutions toponymiques du même type ont été utilisées comme pour Malicornay ou Malicorne désignant des moulins de mauvaise réputation ou pour des lieux où il est malencontreux d’aller ou de venir nommés Malivai et Maliven, devenus aujourd’hui noms de familles. Ce type de locution a même traversé l’Atlantique, comme à Malibu où tout le monde sait que le café est foutu.

En tout cas, on y rend hommage à ceux qui gisent (enfin) en paix …

Les autres indices de l’énoncé :

♦ Les mauvaises nuits que l’on passait à Malijai n’ont pas empêché Napoléon Ier, homme célèbre s’il en est, d’y passer la nuit du 4 au  mars 1815, retour de l’Île d’Elbe, en attendant que Cambronne s’empare de Sisteron dont il craignait la résistance de la garnison. Cf. en bas de cette page, le Vol de l’Aigle.

♦ La rivière sur laquelle est bâti Malijai est la Bléone . Son ancien nom Bledona en 1060 est formé sur le gaulois *blet, « loup », suivi du suffixe hydronymique –ona : c’est le « cours d’eau du loup ».

♦ la vidéo renvoyait au mauvais sommeil et au massif des Alpes puisque l’action, on s’en souvient, se déroule à Val-d’Isère.

Les indices

 

 

 

l’abeille impériale était censée faire penser à … l’empereur Napoléon.

 

 

Le nombre 85 renvoyait à la Route Nationale 85, tracée sur l’ancienne route Napoléon dont Malijai est une des étapes. Le titre du billet Un dernier pour la route comme la mise en garde « attention à la sortie de route ! » devaient inciter à chercher une … route 85.

 

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices du mardi 06/04/2021

Jacques C. le premier, une fois de plus, LGF et Le Hibou Bleu ont déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

L’énoncé était le suivant :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine dont le nom, en trois mots soudés, rappelle que la halte qu’on y faisait n’était sans doute pas des plus reposantes, ce qui n’a pourtant pas empêché un personnage célèbre d’y passer une nuit. Comme d’autres qui ont accueilli le même personnage, cette commune tire encore aujourd’hui fierté de cet événement.

Elle est traversée par un cours d’eau dont le nom révèle que ses premiers riverains y avaient vu le loup.

et je l’accompagnais d’un inoubliable extrait du patrimoine cinématographique français.

J’ajoute aujourd’hui cet indice :

et celui-ci, en parfait accord avec le titre du billet de la devinette :

(soit une unité de plus que le double de la réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste, ce qui n’est tout de même pas rien, on en conviendra, même si cette coïncidence n’a aucun rapport avec la réponse à la devinette, attention à la sortie de route !).

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Un dernier pour la route ?

Poursuivant mon voyage sur les routes de France à la recherche de relais de poste, d’auberges, buvettes et autres gîtes d’étape, je vous livre aujourd’hui quelques autres trouvailles.

 

Vous suivez mon génie ?

Je ne m’attarderai pas sur tous les lieux-dits La Poste, signalant le plus souvent la présence d’un ancien relais … de poste comme à Arnac-la-Poste (H.-Vienne) dont le relais est signalé en 1700, à Paray-Vieille-Poste (Ess.) ou à La Malle-Poste (à Saint-Christophe-sur-le-Nais, I.-et-L.) : il y en a près d’une centaine, mais certains peuvent être des postes de chasse comme Poste aux Alouettes à Joux-la-Ville (Yonne), des postes P&T, etc.

À Cheval-Blanc (Vauc.), déjà vu à propos des enseignes, se trouve un lieu dit Le Bel Hoste, en tant qu’ancienne enseigne d’auberge au sens de « au bel aubergiste » ou mieux « au bon aubergiste », l’ancienne langue ne donnant pas à cette épithète laudative que le sens purement esthétique. Dans le même ordre d’idée, on peut voir d’anciennes auberges de bonne réputation dans des toponymes comme Bonnemazon (H.-Pyr.) ou Bonnemayoux à Boisset (Cantal, avec perte du -s- intervocalique de maison donnant mayon, prononcé mayou en nord-occitan d’où la graphie) . Le français  « maison » est en effet issu du latin mansio, « auberge, gîte d’étape sur les voies romaines » et a d’abord désigné une modeste auberge (d’où les innombrables Maison-Rouge et Maison-Blanche) avant de prendre le sens que nous lui connaissons aujourd’hui.

 Le Reposoir (H.-Savoie) et Les Repôts (Jura) ne font pas mystère : il s’agit d’endroits propres à une halte, au repos, même si ce dernier pouvait être de longue durée comme celui que prenaient les moines au monastère savoyard.

Baudinard-sur-Verdon (Var, Beldisnar en 1113), ainsi que Beldinar (à Ribiers, H.-Alpes, Bel Dynar en 1241), Beaudinar (à Saint-Julien-en-Beauchaine, H.-Alpes et à Esparron-la-Bâtie, Alpes-de-H.-P.), Beaudinard (à Aubagne, B.-du-R.) Beaudiner (à Saint-André-des-Effrengeas, Ardèche) et Beaudîné (à Chirens, Isère) parlent tous d’un beau dîner (repas de midi) pour désigner une auberge où on mange bien mais certains d’entre eux pouvaient désigner un pays où la terre fertile permettait de bien manger. On peut opposer ces toponymes à Maurepas , nom d’une commune des Yvelines (de Malorepastu en 1105) et d’une autre dans la Somme (Malum Repastum en 1181) ainsi que d’un quartier de Rennes (I.-et-V.)

Un toponyme qui cache bien son jeu est Saint-Mars-d’Outillé (Sarthe). Attesté ecclesia Sancti Medardi de Hostillé en 1186, l’hagionyme se réfère sans surprise à saint Médard. Le déterminant est quant à lui attesté Austikiaco (sic) en 802 et Austiliaco au IXè siècle, peut-être dérivé de hos(pi)talis, « lieu d’accueil pour pèlerins ou voyageurs, hôtel » (le suffixe –acum ayant pu accompagner des noms autres que des noms de personne et le nom *Austilius n’étant nulle part attesté).

Les Virebouton et Tournebride peuvent signaler pour certains un simple changement de direction. Toutefois, certains d’entre eux, où la route n’a ni détour ni croisement, peuvent rappeler les changements de chevaux d’un ancien relais. Les deux noms existent à Chazé-Henry (M.-et-L.) sur la grand route entre Châteaubriant et Craon. D’autres Tournebride se trouvent à mi-chemin de Lamotte-Beuvron et Brinon-sur-Sauldre (Cher), de Toulouse et de Vallesvilles (H.-Gar.), et une vingtaine dans d’autres départements.

Le français « maille », comme l’occitan malha, désignant une ancienne monnaie de très peu de valeur, ont pour origine un *medalia ancien issu du latin populaire *medialia signifiant « moitié de », en l’occurrence « moitié d’un denier ». On trouve en région de langue d’oc des composés toponymiques de type lica mialha, « lèche maille, lèche monnaie ». C’est le cas de Liquemaille à Sainte-Anastasie (domaine R. de Licquomalho 1533, la bégude de Liquemaille 1773) et de Liquemiailles (Mansus de Licta-Meaille en 1294) à Malons-et-Elze dans le Gard, de Lichemaille à Freyssenet, sur la route de Taverne en Ardèche, et de Lichemiaille au nord-est de Saint-Pal-des-Mons en Haute-Loire. Ces noms de lieux sont, comme l’explique F. Mistral (lico maio), d’« anciens noms de buvettes » où on léchait la monnaie mouillée de boisson pour ne rien laisser perdre de sa consommation ». On peut rapprocher de ces noms celui de Lichessol (licha sòl, « lèche sou ») à Saint-Julien-du-Gua en Ardèche.

Enfin, si on se souvient que le latin stabula, « étable », a désigné une hôtellerie où les animaux, à l’égal de leur conducteur, pouvaient se restaurer et se reposer, on ne sera pas surpris de rencontrer à Estables (H.-Loire) un lieu-dit Pessemesse, de l’occitan pessa messa, « ration animale mise, prête », soit « râtelier plein ».

 

La devinette

Après avoir vérifié que la solution n’apparait pas dans ce blog, je suis en mesure de vous proposer une devinette inédite.

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine dont le nom, en trois mots soudés, rappelle que la halte qu’on y faisait n’était sans doute pas des plus reposantes, ce qui n’a pourtant pas empêché un personnage célèbre d’y passer une nuit. Comme d’autres qui ont accueilli le même personnage, cette commune tire encore aujourd’hui fierté de cet événement.

Elle est traversée par un cours d’eau dont le nom révèle que ses premiers riverains y avaient vu le loup.

Une fois n’est pas coutume, voici un indice cinématographique :

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Queige (la répàladev)

Personne n’est venu s’ajouter aux découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à Jacques C. et à LGF, donc !

Il fallait trouver Queige, un village savoyard dans le Beaufortain.

La première mention de ce toponyme date de 1170 sous la forme ecclesia de Quegio ; on trouve ensuite de Queio en 1238, de Quejo en 1301 et Quège en 1607. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom :

  • un pré-indo-européen *cot, « colline rocheuse », et suffixe -idium (Dauzat & Rostaing, DENLF*) ;
  • un nom de personne roman Caius  et suffixe -a, sous-entendu villa (Ernest Nègre, TGF*) ou à l’ablatif Caio (Histoire des communes savoyardes de Jean-Yves Mariotte, Henri Baud, Jean-Bernard Challamel et Alain Guerrier, éd. Horvath, 1981) ;
  • ce gentilice Caius avait été proposé dès 1935 (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie, Adolphe Gros, éd. Belley, 1935 ) :

  • le latin quietus pour désigner une halte, un reposoir — nous y voilà ! (Henri Sutter, Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, 2009, repris par Roger Brunet, TT*).
Tranquille, je vous dis …

Les indices

Laissez-moi vous expliquer. En écrivant mon billet intitulé À boire et à manger, je me suis dit que le nom de Queige, unique dans son étymologie, pourrait faire l’objet d’une future devinette et que je devrais le mettre de côté pour plus tard, celle du jour consacrée à Vieux étant déjà écrite. Quand vint donc le moment d’écrire la devinette suivante, j’ai sorti de mes notes le nom de Queige, trop content que la moitié du boulot ait été déjà faite, quand, au moment de la rédiger, je m’aperçus que j’avais oublié d’effacer le paragraphe où ce nom apparaissait dans le billet précédent ! « Ah ben merde alors ! » m’exclamé-je in petto, ce qui se traduisit par cette immortelle introduction à l’énoncé de la devinette :

Eh bien, voilà, j’ose un gros « merdalors ! » puisque je voulais vous proposer cette devinette soigneusement conservée dans un coin et que je m’aperçois au moment de la publier que c’est trop bête ! Tant pis, je n’ai rien d’autre sous la main, alors on verra bien.

Je pensais que cette introduction, accompagnée de la conclusion « Et je présente mes excuses à ceux qui trouveraient ça trop facile.» suffirait à faire comprendre que la solution n’était pas bien loin. Néanmoins, j’ai donné un indice qui me semblait  fournir une éventuelle confirmation pour ceux qui auraient un doute :

 

   La Gueule ouverte, « le journal de la fin du monde », a été fondé en 1972 par Pierre Fournier, alors journaliste à Charlie Hebdo. Il était installé à Queige  « dans une vieille ferme savoyarde de 1737, sans confort et jamais restaurée, où il organise avec difficulté la parution de son journal ». Il est mort en mai 1973, n’ayant connu que les trois premiers numéros de son mensuel.

 

 

 

Enfin, dans cette photo, il fallait reconnaitre, à la caractéristique courbe concave de son talon, un fromage de Beaufort, le « roi des gruyères » selon Brillat-Savarin. Ce fromage tire son nom du Beaufortain, le pays de Beaufort-sur-Doron, où se trouve aussi Queige.

Ce qui m’amène à proposer une étymologie alternative : sachant que le latin caseum est à l’origine du queso espagnol et surtout du queijo portugais, tous deux signifiant « fromage », et qu’il n’y a qu’un pas du queijo à Queige, … Bon, on ne va quand même pas en faire un, si ?

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

L’indice du mardi 30/03/2021

Jacques C. en moins de temps qu’il m’en faut pour l’écrire m’a, le premier, donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations ! L’ont suivi LGF et peut-être TRA dont j’ai du mal à saisir si ses derniers commentaires sont à prendre au premier degré ou si ce sont des clins

Cette devinette était la suivante:

Eh bien, voilà, j’ose un gros « merdalors ! » puisque je voulais vous proposer cette devinette soigneusement conservée dans un coin  et que je m’aperçois au moment de la publier que c’est trop bête ! Tant pis, je n’ai rien d’autre sous la main, alors on verra bien  :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine (oui, komdab).

Plusieurs étymologies ont été proposées pour expliquer son nom dont les inévitables  « pré-indo-européen » ou « nom de personne roman » (suivez mon regard) auxquelles on préfère désormais un dérivé d’un mot latin désignant un endroit tranquille, une aire de repos.

Allez, un indice :

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Je ne peux pas plus en dire, sous peine de trop en dire, donc … rendez-vous mardi soir ?

Et je présente mes excuses à ceux qui trouveraient ça trop facile.



Un autre indice ?  Bon, sachant qu’il y a, dans ce patelin, à boire et à manger, je vous propose celui-ci :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr