Les indices du mardi 13/04/2021

 

Félicitations à lui tout seul ! LGF est le seul à avoir résolu ma dernière double devinette, dont je recopie ici l’énoncé :

 

 

 

 

Il vous faudra trouver les noms de deux communes de France métropolitaine dont le déterminant identique, mais avec des graphies différentes, indique qu’elles servaient d’étape ou, au moins, de repère sur un trajet déterminé.

Ce déterminant se retrouve aussi seul, là aussi sous diverses formes, pour nommer quelques lieux-dits et même un château, ayant comme point commun leur situation particulière.

Les deux communes à trouver sont séparées par une centaine de kilomètres.

♦ Pour la première :

Le nom déterminé est formé d’un anthroponyme germanique accompagné d’un suffixe particulièrement fréquent dans cette région.

Sept autres communes portent ce même nom, dont deux sans déterminant.

L’histoire raconte qu’elle servait d’étape notamment aux bâtisseurs de l’abbaye de la capitale de l’archidiocèse.

♦ Pour la deuxième :

Le nom déterminé est formé du nom gaulois d’un végétal muni d’un suffixe collectif.

De très nombreuses communes portent un nom similaire avec ou sans déterminants.

Un futur écrivain qui faisait alors partie d’un réseau de la Résistance dont il deviendra le chef, y a mis au point le sabotage d’une ligne de chemin de fer avec une future actrice qui deviendra sa femme après guerre.

♦♦♦

Je n’ajoute pas d’indice, sachant que si vous trouvez le déterminant, vous aurez fait la moitié du chemin.

Je pensais que toutes ces précisions auraient mis sur la voie mes autres lecteurs. Puisque ce ne fut manifestement pas le cas, je leur donne ces indices supplémentaires :

♦ pour la première commune :

♦ pour la deuxième commune :

 

Pour le déterminant, j’aurais pu vous parler d’une île en 42, où l’Histoire a changé …

♦♥♦

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le coup de l’étrier

  

La route est longue ! Après avoir vu des lieux où boire et manger puis un endroit où se sustenter,  après avoir pris un dernier verre pour la route, voici le coup de l’étrier avec un ensemble de toponymes qui m’avait échappé et qu’un attentif lecteur, qui signe Brosseur, m’a remis en mémoire : l’herbergement ou abergement.

 

L’ancien haut allemand heriberga, « campement militaire » (de heri, « armée », et berge, « logement») a vu son sens élargi jusqu’à désigner un logis, un lieu d’hébergement voire une auberge. On retrouve ainsi, en vieux français, les mots herberc, « logement », herbergage, herberge ou encore herbergement, « logement, campement, tente, habitation, hôtellerie, auberge » avec les variantes alberge et albergement.

En droit féodal, abergement a désigné plus tard une terre remise à un paysan libre aux fins de défrichement et de mise en valeur contre un droit d’entrée et une redevance annuelle.

Le toponyme Abergement et ses variantes existent dans plusieurs régions, avec une forte concentration en Bourgogne et dans le Jura. Il est difficile, sans connaissance précise de l’histoire locale, de différencier les noms ayant gardé la trace d’une ancienne auberge de ceux signalant une terre cédée en abergement.

Plusieurs communes portent un tel nom :

■ dans l’Ain :

  • L’Abergement-Clémenciat : avec Clémenciat du nom d’homme latin Clementius et suffixe –acum ;
  • L’Abergement-de-Varey : Varey (Vareyo en 1157, Vareiaco en 1169) du nom d’homme latin Varius et suffixe –acum ;
  • Le Grand-Abergement et Le Petit-Abergement sont d’anciennes communes aujourd’hui réunies dans Haut-Valromey.

■ en Côte-d’Or :

  • Labergement-Foigney : Foigney (Fooneum en 1181, Foigné en 1245) d’étymologie obscure ;
  • Labergement-lès-Auxonne : Auxonne, d’un hydronyme pré-celtique *as et suffixe gaulois –ona ;
  • Labergement-lès-Seurre : Seurre, peut-être de l’oïl seur, « sureau ».

■ dans le Doubs :

  • Labergement-du-Navois aujourd’hui dans Levier. L’abergement a porté le nom de ses seigneurs successifs : de Faloise en 1263, de Deserveler en 1286, de la Jouz en 1294 et finalement du Navoy en 1660. Navois est le gentilé de Naves (Allier, Nord) ;
  • Labergement-Sainte-Marie.

■ dans le Jura :

  • Abergement-le-Grand et Abergement-le-Petit ;
  • Abergement-lès-Thésy : avec Thésy du nom d’homme lain Tatius et suffixe -acum ;
  • Neublans-Abergement : Neublans (Neflens en 1073) du nom d’homme germanique Nebelo et suffixe –ing.

■ en Saône-et-Loire :

  • L’Abergement-de-Cuisery : Cuisery, du nom d’homme latin Cusirius et suffixe –acum ;
  • L’Abergement-Sainte-Colombe.

■ en Vendée :

  • L’Herbergement : vu la forme du nom, il s’agit ici avec certitude d’un lieu d’hébergement, sans doute celui du seigneur qui bénéficiait d’un tel droit (dit plus tard droit d’albergue) sur ses terres.

De nombreux microtoponymes portent ces mêmes noms mais on trouve aussi parmi eux des variantes comme l’Ébergement à Paulx (L.-A.), l’Embergement à Saint-Hippolyte (Ch.-Mar.) et à Bussière-Poitevine (H.-Vienne) — où la topographie semble exclure une consolidation des berges d’un cours d’eau —, les Abergeages à Comaranche-en-Bugey (Ain) ou encore les Abergeons à Bellevesvre (S.-et-L.). Plus cocasses encore, les lieux-dits costarmoricains La Belle Jument (à Plouvara) et L’Erbe Jument (à Saint-Donan) pourraient être d’anciens herbergements.

La devinette

Il vous faudra trouver les noms de deux communes de France métropolitaine dont le déterminant identique, mais avec des graphies différentes, indique qu’elles servaient d’étape ou, au moins, de repère sur un trajet déterminé.

Ce déterminant se retrouve aussi seul, là aussi sous diverses formes, pour nommer quelques lieux-dits et même un château, ayant comme point commun leur situation particulière.

Les deux communes à trouver sont séparées par une centaine de kilomètres.

♦ Pour la première :

Le nom déterminé est formé d’un anthroponyme germanique accompagné d’un suffixe particulièrement fréquent dans cette région.

Sept autres communes portent ce même nom, dont deux sans déterminant.

L’histoire raconte qu’elle servait d’étape notamment aux bâtisseurs de l’abbaye de la capitale de l’archidiocèse.

♦ Pour la deuxième :

Le nom déterminé est formé du nom gaulois d’un végétal muni d’un suffixe collectif.

De très nombreuses communes portent un nom similaire avec ou sans déterminants.

Un futur écrivain qui faisait alors partie d’un réseau de la Résistance dont il deviendra le chef, y a mis au point le sabotage d’une ligne de chemin de fer avec une future actrice qui deviendra sa femme après guerre.

♦♦♦

Je n’ajoute pas d’indice, sachant que si vous trouvez le déterminant, vous aurez fait la moitié du chemin.

 

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Malijai (la répàladev)

L’heure est venue de donner la solution à ma dernière devinette. Il fallait trouver Malijai, une petite commune des Alpes-de-Haute-Provence, non loin de Digne-les-Bains.

L’attestation la plus ancienne du nom date de 1272 sous la forme de Malijacio, dans laquelle il faut voir  l’occitan mal i jai , « mal y git, mal y couche », pour déprécier une habitation, une auberge. C’est déjà cette explication que l’on trouve dans le Trésor du Félibrige de F. Mistral :

Le verbe occitan jaire, du latin jacere, est donné par le même auteur pour « gésir, être couché, reposer ».

Cette explication de l’auberge où l’on dort mal est reprise par Dauzat&Rostaing (DENLF*), E. Nègre (TGF*), J. Astor (DNLNFMF*), E. Vial (NVV*) et d’autres.

Michel de La Torre (Alpes-de-Haute-Provence : le guide complet des 200 communes, éd. Deslogis-Lacoste, 1989) avance une autre explication déjà donnée en 1844 par Jean-Maxime Joseph Féraud dans sa Géographie historique et biographique des Basses-Alpes où il explique que le village, d’abord construit rive gauche de la Bléone a migré rive droite au XIIè siècle, où on lui donna son nouveau nom de Malijai « formé de deux mots latins male jacet, c’est-à-dire mal situé » (M. de La Torre parle de male jactus) et où il ajoute : « l’inondation de 1826 a justifié son étymologie ». On est en droit de s’interroger sur cette étymologie prémonitoire qui aura attendu sept siècles pour se réaliser et pour le peu de cas qui est fait du bon sens des anciens bâtisseurs qui, bien au sec rive gauche, auraient choisi de traverser la rivière pour bâtir en zone inondable … Cette hypothèse est aussi mise à mal par la présence en Vaucluse, sur la commune de Jonquières, d’un lieu-dit Malijay (Mistral écrit Maligeay), qui n’est pas plus mal situé qu’un autre et où on produit un vin agréable, mais dont le nom fait sans doute allusion à une ancienne bastide où on passait de mauvaises nuits (au XIIIè siècle, bastida désignait le plus souvent une ferme neuve fortifiée bâtie dans le but de mettre en valeur des terres).

(Mélanges offerts au comte de Neufbourg, éd. Georges Guichard)

J’ajoute que plusieurs locutions toponymiques du même type ont été utilisées comme pour Malicornay ou Malicorne désignant des moulins de mauvaise réputation ou pour des lieux où il est malencontreux d’aller ou de venir nommés Malivai et Maliven, devenus aujourd’hui noms de familles. Ce type de locution a même traversé l’Atlantique, comme à Malibu où tout le monde sait que le café est foutu.

En tout cas, on y rend hommage à ceux qui gisent (enfin) en paix …

Les autres indices de l’énoncé :

♦ Les mauvaises nuits que l’on passait à Malijai n’ont pas empêché Napoléon Ier, homme célèbre s’il en est, d’y passer la nuit du 4 au  mars 1815, retour de l’Île d’Elbe, en attendant que Cambronne s’empare de Sisteron dont il craignait la résistance de la garnison. Cf. en bas de cette page, le Vol de l’Aigle.

♦ La rivière sur laquelle est bâti Malijai est la Bléone . Son ancien nom Bledona en 1060 est formé sur le gaulois *blet, « loup », suivi du suffixe hydronymique –ona : c’est le « cours d’eau du loup ».

♦ la vidéo renvoyait au mauvais sommeil et au massif des Alpes puisque l’action, on s’en souvient, se déroule à Val-d’Isère.

Les indices

 

 

 

l’abeille impériale était censée faire penser à … l’empereur Napoléon.

 

 

Le nombre 85 renvoyait à la Route Nationale 85, tracée sur l’ancienne route Napoléon dont Malijai est une des étapes. Le titre du billet Un dernier pour la route comme la mise en garde « attention à la sortie de route ! » devaient inciter à chercher une … route 85.

 

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices du mardi 06/04/2021

Jacques C. le premier, une fois de plus, LGF et Le Hibou Bleu ont déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

L’énoncé était le suivant :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine dont le nom, en trois mots soudés, rappelle que la halte qu’on y faisait n’était sans doute pas des plus reposantes, ce qui n’a pourtant pas empêché un personnage célèbre d’y passer une nuit. Comme d’autres qui ont accueilli le même personnage, cette commune tire encore aujourd’hui fierté de cet événement.

Elle est traversée par un cours d’eau dont le nom révèle que ses premiers riverains y avaient vu le loup.

et je l’accompagnais d’un inoubliable extrait du patrimoine cinématographique français.

J’ajoute aujourd’hui cet indice :

et celui-ci, en parfait accord avec le titre du billet de la devinette :

(soit une unité de plus que le double de la réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste, ce qui n’est tout de même pas rien, on en conviendra, même si cette coïncidence n’a aucun rapport avec la réponse à la devinette, attention à la sortie de route !).

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Un dernier pour la route ?

Poursuivant mon voyage sur les routes de France à la recherche de relais de poste, d’auberges, buvettes et autres gîtes d’étape, je vous livre aujourd’hui quelques autres trouvailles.

 

Vous suivez mon génie ?

Je ne m’attarderai pas sur tous les lieux-dits La Poste, signalant le plus souvent la présence d’un ancien relais … de poste comme à Arnac-la-Poste (H.-Vienne) dont le relais est signalé en 1700, à Paray-Vieille-Poste (Ess.) ou à La Malle-Poste (à Saint-Christophe-sur-le-Nais, I.-et-L.) : il y en a près d’une centaine, mais certains peuvent être des postes de chasse comme Poste aux Alouettes à Joux-la-Ville (Yonne), des postes P&T, etc.

À Cheval-Blanc (Vauc.), déjà vu à propos des enseignes, se trouve un lieu dit Le Bel Hoste, en tant qu’ancienne enseigne d’auberge au sens de « au bel aubergiste » ou mieux « au bon aubergiste », l’ancienne langue ne donnant pas à cette épithète laudative que le sens purement esthétique. Dans le même ordre d’idée, on peut voir d’anciennes auberges de bonne réputation dans des toponymes comme Bonnemazon (H.-Pyr.) ou Bonnemayoux à Boisset (Cantal, avec perte du -s- intervocalique de maison donnant mayon, prononcé mayou en nord-occitan d’où la graphie) . Le français  « maison » est en effet issu du latin mansio, « auberge, gîte d’étape sur les voies romaines » et a d’abord désigné une modeste auberge (d’où les innombrables Maison-Rouge et Maison-Blanche) avant de prendre le sens que nous lui connaissons aujourd’hui.

 Le Reposoir (H.-Savoie) et Les Repôts (Jura) ne font pas mystère : il s’agit d’endroits propres à une halte, au repos, même si ce dernier pouvait être de longue durée comme celui que prenaient les moines au monastère savoyard.

Baudinard-sur-Verdon (Var, Beldisnar en 1113), ainsi que Beldinar (à Ribiers, H.-Alpes, Bel Dynar en 1241), Beaudinar (à Saint-Julien-en-Beauchaine, H.-Alpes et à Esparron-la-Bâtie, Alpes-de-H.-P.), Beaudinard (à Aubagne, B.-du-R.) Beaudiner (à Saint-André-des-Effrengeas, Ardèche) et Beaudîné (à Chirens, Isère) parlent tous d’un beau dîner (repas de midi) pour désigner une auberge où on mange bien mais certains d’entre eux pouvaient désigner un pays où la terre fertile permettait de bien manger. On peut opposer ces toponymes à Maurepas , nom d’une commune des Yvelines (de Malorepastu en 1105) et d’une autre dans la Somme (Malum Repastum en 1181) ainsi que d’un quartier de Rennes (I.-et-V.)

Un toponyme qui cache bien son jeu est Saint-Mars-d’Outillé (Sarthe). Attesté ecclesia Sancti Medardi de Hostillé en 1186, l’hagionyme se réfère sans surprise à saint Médard. Le déterminant est quant à lui attesté Austikiaco (sic) en 802 et Austiliaco au IXè siècle, peut-être dérivé de hos(pi)talis, « lieu d’accueil pour pèlerins ou voyageurs, hôtel » (le suffixe –acum ayant pu accompagner des noms autres que des noms de personne et le nom *Austilius n’étant nulle part attesté).

Les Virebouton et Tournebride peuvent signaler pour certains un simple changement de direction. Toutefois, certains d’entre eux, où la route n’a ni détour ni croisement, peuvent rappeler les changements de chevaux d’un ancien relais. Les deux noms existent à Chazé-Henry (M.-et-L.) sur la grand route entre Châteaubriant et Craon. D’autres Tournebride se trouvent à mi-chemin de Lamotte-Beuvron et Brinon-sur-Sauldre (Cher), de Toulouse et de Vallesvilles (H.-Gar.), et une vingtaine dans d’autres départements.

Le français « maille », comme l’occitan malha, désignant une ancienne monnaie de très peu de valeur, ont pour origine un *medalia ancien issu du latin populaire *medialia signifiant « moitié de », en l’occurrence « moitié d’un denier ». On trouve en région de langue d’oc des composés toponymiques de type lica mialha, « lèche maille, lèche monnaie ». C’est le cas de Liquemaille à Sainte-Anastasie (domaine R. de Licquomalho 1533, la bégude de Liquemaille 1773) et de Liquemiailles (Mansus de Licta-Meaille en 1294) à Malons-et-Elze dans le Gard, de Lichemaille à Freyssenet, sur la route de Taverne en Ardèche, et de Lichemiaille au nord-est de Saint-Pal-des-Mons en Haute-Loire. Ces noms de lieux sont, comme l’explique F. Mistral (lico maio), d’« anciens noms de buvettes » où on léchait la monnaie mouillée de boisson pour ne rien laisser perdre de sa consommation ». On peut rapprocher de ces noms celui de Lichessol (licha sòl, « lèche sou ») à Saint-Julien-du-Gua en Ardèche.

Enfin, si on se souvient que le latin stabula, « étable », a désigné une hôtellerie où les animaux, à l’égal de leur conducteur, pouvaient se restaurer et se reposer, on ne sera pas surpris de rencontrer à Estables (H.-Loire) un lieu-dit Pessemesse, de l’occitan pessa messa, « ration animale mise, prête », soit « râtelier plein ».

 

La devinette

Après avoir vérifié que la solution n’apparait pas dans ce blog, je suis en mesure de vous proposer une devinette inédite.

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine dont le nom, en trois mots soudés, rappelle que la halte qu’on y faisait n’était sans doute pas des plus reposantes, ce qui n’a pourtant pas empêché un personnage célèbre d’y passer une nuit. Comme d’autres qui ont accueilli le même personnage, cette commune tire encore aujourd’hui fierté de cet événement.

Elle est traversée par un cours d’eau dont le nom révèle que ses premiers riverains y avaient vu le loup.

Une fois n’est pas coutume, voici un indice cinématographique :

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Queige (la répàladev)

Personne n’est venu s’ajouter aux découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à Jacques C. et à LGF, donc !

Il fallait trouver Queige, un village savoyard dans le Beaufortain.

La première mention de ce toponyme date de 1170 sous la forme ecclesia de Quegio ; on trouve ensuite de Queio en 1238, de Quejo en 1301 et Quège en 1607. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom :

  • un pré-indo-européen *cot, « colline rocheuse », et suffixe -idium (Dauzat & Rostaing, DENLF*) ;
  • un nom de personne roman Caius  et suffixe -a, sous-entendu villa (Ernest Nègre, TGF*) ou à l’ablatif Caio (Histoire des communes savoyardes de Jean-Yves Mariotte, Henri Baud, Jean-Bernard Challamel et Alain Guerrier, éd. Horvath, 1981) ;
  • ce gentilice Caius avait été proposé dès 1935 (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie, Adolphe Gros, éd. Belley, 1935 ) :

  • le latin quietus pour désigner une halte, un reposoir — nous y voilà ! (Henri Sutter, Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs, 2009, repris par Roger Brunet, TT*).
Tranquille, je vous dis …

Les indices

Laissez-moi vous expliquer. En écrivant mon billet intitulé À boire et à manger, je me suis dit que le nom de Queige, unique dans son étymologie, pourrait faire l’objet d’une future devinette et que je devrais le mettre de côté pour plus tard, celle du jour consacrée à Vieux étant déjà écrite. Quand vint donc le moment d’écrire la devinette suivante, j’ai sorti de mes notes le nom de Queige, trop content que la moitié du boulot ait été déjà faite, quand, au moment de la rédiger, je m’aperçus que j’avais oublié d’effacer le paragraphe où ce nom apparaissait dans le billet précédent ! « Ah ben merde alors ! » m’exclamé-je in petto, ce qui se traduisit par cette immortelle introduction à l’énoncé de la devinette :

Eh bien, voilà, j’ose un gros « merdalors ! » puisque je voulais vous proposer cette devinette soigneusement conservée dans un coin et que je m’aperçois au moment de la publier que c’est trop bête ! Tant pis, je n’ai rien d’autre sous la main, alors on verra bien.

Je pensais que cette introduction, accompagnée de la conclusion « Et je présente mes excuses à ceux qui trouveraient ça trop facile.» suffirait à faire comprendre que la solution n’était pas bien loin. Néanmoins, j’ai donné un indice qui me semblait  fournir une éventuelle confirmation pour ceux qui auraient un doute :

 

   La Gueule ouverte, « le journal de la fin du monde », a été fondé en 1972 par Pierre Fournier, alors journaliste à Charlie Hebdo. Il était installé à Queige  « dans une vieille ferme savoyarde de 1737, sans confort et jamais restaurée, où il organise avec difficulté la parution de son journal ». Il est mort en mai 1973, n’ayant connu que les trois premiers numéros de son mensuel.

 

 

 

Enfin, dans cette photo, il fallait reconnaitre, à la caractéristique courbe concave de son talon, un fromage de Beaufort, le « roi des gruyères » selon Brillat-Savarin. Ce fromage tire son nom du Beaufortain, le pays de Beaufort-sur-Doron, où se trouve aussi Queige.

Ce qui m’amène à proposer une étymologie alternative : sachant que le latin caseum est à l’origine du queso espagnol et surtout du queijo portugais, tous deux signifiant « fromage », et qu’il n’y a qu’un pas du queijo à Queige, … Bon, on ne va quand même pas en faire un, si ?

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

L’indice du mardi 30/03/2021

Jacques C. en moins de temps qu’il m’en faut pour l’écrire m’a, le premier, donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations ! L’ont suivi LGF et peut-être TRA dont j’ai du mal à saisir si ses derniers commentaires sont à prendre au premier degré ou si ce sont des clins

Cette devinette était la suivante:

Eh bien, voilà, j’ose un gros « merdalors ! » puisque je voulais vous proposer cette devinette soigneusement conservée dans un coin  et que je m’aperçois au moment de la publier que c’est trop bête ! Tant pis, je n’ai rien d’autre sous la main, alors on verra bien  :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine (oui, komdab).

Plusieurs étymologies ont été proposées pour expliquer son nom dont les inévitables  « pré-indo-européen » ou « nom de personne roman » (suivez mon regard) auxquelles on préfère désormais un dérivé d’un mot latin désignant un endroit tranquille, une aire de repos.

Allez, un indice :

indice-b-28-03-21.-photo

Je ne peux pas plus en dire, sous peine de trop en dire, donc … rendez-vous mardi soir ?

Et je présente mes excuses à ceux qui trouveraient ça trop facile.



Un autre indice ?  Bon, sachant qu’il y a, dans ce patelin, à boire et à manger, je vous propose celui-ci :

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Le Sustansonès et les autres

Au cours de mes recherches à propos des tavernes, buvettes et autres relais routiers, j’ai découvert le nom d’un pays languedocien qui m’était inconnu jusqu’ici, même si je connais très bien le pays lui-même. J’ai hésité à en faire l’objet de la devinette de mon précédent billet mais cela m’a finalement semblé trop compliqué. Alors, voilà (je n’ai pas voulu surcharger mon billet de liens inutiles, débrouillez vous !) :

Le Sustansonès

Ce pays historique, du haut Moyen Âge, était situé autour de son chef-lieu Sustantion, localité disparue, dont seule la mémoire persiste dans les quelques ruines mises au jour dans le quartier aujourd’hui nommé Substantion de Castelnau-le-Lez (Hérault).

terroirs_languedoc

Son nom est attesté pago Substantionense en 848 évolué en Sustansonez en 1129 : il s’agit d’une formation sur le nom de la ville Sustantio muni du suffixe d’appartenance latin -ense. Il s’agissait d’un oppidum occupé dès les IXè – VIIIè siècles av. J.-C. jusqu’au IXè siècle, surplombant la voie Domitienne qui va d’Arles à l’Espagne.

viadomitia Substantion

La via domitia à Castelnau-le-Lez

Son nom apparaît sous des formes variables : Sextantione (17 av. J.-C.), Sesta(n)tiensis, Sextatione (IIIè s.), Sostantione (333), Substancionencis (801). La première forme, Sextantio, semble être une réfection latine d’un modèle antérieur, sans doute le gaulois *sextametos, « septième », et le suffixe –ione. Ce chiffre pourrait faire référence aux nombre de mille romains séparant le lieu d’une station située plus à l’Est sur la voie romaine et dont le nom actuel Mudaison garde le souvenir (cf. le précédent billet). La forme Sostantione de 333 (dans l’itinéraire de l’Anonyme de Bordeaux) semble être une réinterprétation ou une réfection du nom : la première syllabe Sos- peut être comprise comme une variante du latin Sus-, lui-même issu de Subs-. D’où l’étymologie complexe donnée par E. Nègre (TGF*) qui fait venir le nom du latin sustent(a)tio(n), « alimentation, nourriture », pour désigner une   auberge (et la voilà, cette auberge !) à côté de la mutatio, le relais de poste, avec attraction de sextans, « sixième d’un as ». L’occitan Soustansou a été francisé en Substantion, par attraction du français « substance ». On trouve le nom du pays écrit Sustansonès avec un seul -n- (DNLF*) comme sur la carte ci-dessus mais aussi, fautivement à mon avis,  Sustansonnès (DPPF*).

Les autres pays du Sud Languedoc

Razès : ancienne cité gallo-romaine formée autour de Rennes-le-Château, Limoux, Quillan, etc. Le nom du pays est attesté pagus Redensis en 788, formé sur l’ancien nom de la ville Redas, aujourd’hui Rennes-le-Château (Reds en 768 et castellum Redae en 1002), muni du suffixe d’appartenance –ense. Certains auteurs (DPPF*) voient une parenté possible avec le nom de la tribu des Redones à l’origine de Rennes en Bretagne, arguant qu’il pourrait s’agir d’une tribu scindée en deux groupes, l’un en Bretagne, l’autre en Languedoc. E. Nègre (TGF*) imagine un ethnique formé sur le pluriel du gaulois reda « voiture à quatre roues ». Il est sans doute préférable d’y voir, avec P.-H. Billy (DNLF*) la racine indo-européenne *ret , « tronc, poteau, assemblage de poutres », qui peut convenir pour désigner aussi bien une habitation que, par métaphore, un site en hauteur. Le site, habité depuis l’Antiquité, est en effet situé sur un promontoire rocheux

♦ Pays de Sault : autour de Belcaire, Bessède-de-Sault, Espezel, etc. baigné par l’Hers et le Rebenty. Attesté Saltuensis pagus vers 400, in locum Saltum en 844, terra de Saltu en 1272 puis baylie de Saut en 1368. Le nom de Sault vient du latin saltus, « bois, forêt du domaine public », d’où « région boisée ».

Carcassès : attesté Carcasensem pagum en 827, nom formé sur celui de Carcassonne, Carcasso à l’époque mérovingienne, et suffixe d’appartenance –ense. Le nom de la ville est issu de l’indo-européen *kar-k,« dur », et suffixe –asso, accompagné au VIè siècle du suffixe –ona. L’hypothèse d’un gaulois *carac , racine de caracalla, « vêtement gaulois sans manches de couleur rouge » (TGF*) est à rejeter.

♦ Les Corbières : le nom de ce pays a été vu à plusieurs reprises , notamment ici.

Narbonnais : le pays, attesté territorium Narbonense en 821, tire son nom de la cité principale de l’ancienne province romaine Narbonnaise. Les auteurs grecs Polybe et Athénée, au IIè siècle av. J.-C., attestent tous deux Ναρβών pour désigner un fleuve, en l’occurrence l’Aude. Polybe appelle aussi la ville de ce nom. En réalité, il transfère sans le savoir le nom de la ville, Narbo, au fleuve *Ner qui en est l’éponyme. Plus tard, Suétone au début du IIè siècle, appellera Atax un des quartiers de Narbonne que baigne l’Aude, Atax. L’ancien nom du fleuve *Ner est issu d’un indo-européen *ner, « pénétrer, plonger », qui, accompagné de *upo, « sous », et du suffixe locatif –one a servi à désigner la ville.

♦ Le Minervois : le nom de ce pays est attesté suburbio Minerbense en 836, formé sur le nom du village Minerba, accompagné du suffixe d’appartenance –ense. Le lieu, kastro Minerba en 873, tient son nom de la déesse romaine Minerva.

Bédérrès ou Biterrois : pays historique du haut Moyen Âge, formé de l’ancien diocèse de Béziers, dont le nom est attesté in Beterrensi territorio après 673. Ce nom est formé sur l’ancien nom de la ville Bitteris muni du suffixe d’appartenance –ense, d’où la forme occitane Bederrez attestée en 1118. La ville est attestée Baeterras dès 17 av. J.-C. On peut faire le rapprochement avec l’ancien nom du Guadalquivir espagnol, Baetis, et le nom antique de la ville catalane Mataró, Baetulo : le radical est bien attesté en zone ibérique et le suffixe –err est lui aussi attesté par ailleurs. Le radical est un prolongement en -to d’une racine ibérique *bai, apparentée à l’indo-européen * ghai, « clair, lumineux ». La forme latine, à l’ablatif pluriel Beterris attesté  au IIIè siècle dans l’itinéraire d’Antonin, a donné l’occitan Beders en 1118 et sa variante Bezers en 1213, d’où la forme française Béziers attestée en 1370 donnant Le Biterrois pour nommer le pays.

Béziers Fer à cheval

La dernière fois que j’y suis passé, le café des Arts et Métiers, qui était encore là à l’époque où Béziers était

la capitale mondiale du rugby, était devenu une banque …

♦ Pays d’Orb : l’Orb est un fleuve côtier dont le nom est attesté Ορβις chez Strabon en 7 av. J.-C., d’où Orbis chez Pomponius Mela au milieu du Ier siècle. La plupart des toponymistes s’accordent pour y voir un thème hydronymique *or-ob, inconnu par ailleurs, pour justifier l’évolution en Ορoβις chez Ptolémée au IIè siècle. P.-H. Billy (DENLF*) propose l’indo-européen *sermo, « rivière » qui aurait subi l’amuïssement du s initial et le passage du m à b, tous deux connus en gaulois, pour donner *erbo évolué en Orb.

Lodévois : pays autour de Lodève, ancienne capitale de la civitas des Lutevani (Pline, Ier siècle). Le toponyme est attesté Loteva au IVè siècle, issu d’un radical gaulois lut, « boue » (le même que pour Lutèce) muni du suffixe gaulois –eva.

Hierle : pays historique du haut Moyen Âge formé sur le diocèse primitif d’Alès puis réduit durant le bas Moyen Âge à l’archiprêtré du Vigan. Ce pays a d’abord été appelé archipresbyteratus Aridiensis, sur le nom que portait la ville d’Alès avant le XIIè siècle, puis a été appelé Hierle à partir du XIVè siècle, après démembrement de l’ancien diocèse d’Alès. Hierle est un nom issu du latin insula, « île » passé à yla puis irla . Ce nom est celui du hameau de La Hierle, sur la commune des Plantiers, attesté mansus de Arisdio vulgariter Yrle en 1371, situé à la limite des archiprêtrés d’Alès et d’Hierle. Le hameau n’étant ni sur ni près d’une île, il ne peut s’agir que d’une appellation métaphorique, comme pour beaucoup d’autres quartiers de villes occitanes.

♦ Le Viganais : une inscription non datée, découverte à Nîmes, porte les noms Minervae, Nemauso, Urniae, Avicanto. Elle invoque donc les divinités aquatiques que sont Nemausus (à Nîmes), Urnia (l’Ourne, affluent du Gardon d’Anduze) et Avicantus. Ce dernier a été identifié avec Le Vigan, village situé sur l’Arre. Le théonyme Avicantus est un toponyme gaulois composé de *ab, « eau », et de *canto, « cercle en fer, bord, coin » (d’où le latin cantus, « bandage de jante » et canthus, » cercle »), allusion probable à la courbe de l’Arre, à l’extérieur de laquelle le village est bâti. Le nom antique Avicantus a été remplacé voire réinterprété, au haut Moyen Âge, par l’adjectif latin vicanus, « relatif au vicus », fréquemment employé à l’époque. La présence de l’article peut servir d’argument à une réinterprétation de Avicantus par ad Vicanum.

Némosez (ou Némosais ou Nemsès) : il s’agit d’un ancien diocèse des Gaules, dans la Première Narbonnaise, la Civitas Nemausensium. Le nom du pays est formé, avec le suffixe d’appartenance –ense, sur celui de sa capitale, Nîmes. Cette dernière est attestée Nemauso en 17 av. J.-C. où on reconnait un indo-européen *nem, au sens de « sanctuaire », comme je l’expliquais plus précisément dans ce billet.

♦ Les Costières (du Gard ) : ce plateau entre Nîmes et Camargue porte un nom sans surprise. La plus ancienne mention que nous ayons concerne un hameau de Vauvert, La Costière des Marais en 1624. L’occitan coustiero a ici le sens de coteau, et on trouve plusieurs lieux-dits nommés (La ou Les) Costière(s) sur différentes communes. Cet ensemble de lieux-dits a conduit à donner à la région le nom de Costière. Les petites entités qui la composent, autour de petits centres urbains, ont poussé des géographes du milieu du XXè siècle à nommer l’ensemble au pluriel Les Costières.

Uzège : pays historique du haut Moyen Âge, formé de l’ancien diocèse d’Uzès. Le nom du pays est attesté territorium Uceticum en 812, formé sur le nom ancien de la ville Ucetia muni du suffixe –icu. La forme occitane qui en est issue est Usetge au milieu du XIIIè siècle, la française étant pays d’Uzege en 1440.  Le nom de la ville apparait sur une inscription latine du IIè siècle trouvée à Nîmes : Ucetia, formé sur une racine pré-celtique *uc, « hauteur », et suffixe –etia.

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La devinette

Eh bien, voilà, j’ose un gros « merdalors ! » puisque je voulais vous proposer cette devinette soigneusement conservée dans un coin  et que je m’aperçois au moment de la publier que c’est trop bête ! Tant pis, je n’ai rien d’autre sous la main, alors on verra bien  :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine (oui, komdab).

Plusieurs étymologies ont été proposées pour expliquer son nom dont les inévitables  « pré-indo-européen » ou « nom de personne roman » (suivez mon regard) auxquelles on préfère désormais un dérivé d’un mot latin désignant un endroit tranquille, une aire de repos.

Allez, un indice :

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Je ne peux pas plus en dire, sous peine de trop en dire, donc … rendez-vous mardi soir ?

Et je présente mes excuses à ceux qui trouveraient ça trop facile.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Vieux (la répàladev)

 Hibou bleu a rejoint TRA et LGF sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois!

Il fallait trouver Vieux, un village tarnais de l’arrondissement d’Albi.

local Vieux

Le village est attesté Viantium au VIè siècle, loco nuncupatum Viancio en 961, Viaus en 1259,  Viousso en 1382 et Vieucio en 1444. Ernest Nègre (dans Les noms de lieux du Tarn, Paris, 1959, puis dans TGF*) suivi par Dauzat & Rostaing (DENLF*) et Jacques Astor (DNFNLMF*) proposent une origine selon le bas latin  (statio) *viantium, « (station, relais) des voyageurs », avec * viantium dérivé de viare, « voyager ». L’étymologie donnée par le site de la mairie, assez mal écrite par ailleurs, est à rejeter.

On apprend, en lisant la Monographie de Vieux (écrite par Élie-Augustin Rossignol et publiée en 1865) que saint Amaranthe ou Amarand, évangélisateur de l’Albigeois au IIIè siècle fut enterré à Vieux. Arrivé en 497, saint Eugène, évêque exilé de Carthage, vint mourir sur la tombe du précédent en 505.. Un monastère fut ensuite élevé sur les tombeaux des deux saints. Sainte Carissime vint y vivre en recluse et y mourut à son tour. Auparavant, saint Eugène avait eu le temps de faire venir d’Afrique les reliques de deux de ses compagnons, saints Vendémial et Longin. La suite est racontée ici :

église de Vieux

Le village s’enorgueillit d’une pierre levée, un menhir :

menhir Vieux

Une légende locale dit que ce mégalithe aurait été transporté par « Sainte Carissime », sur une étoffe de soie… (mairie)

Enfin, un village du Calvados porte le même nom de Vieux. Étymologiquement, ce nom est issu de celui des Viducasses, une tribu de Gaulois dont Vieux était la capitale : on est passé, par la chute du –d– intervocalique, de Vediocae vers 1190 à Vieus en 1294. Le nom gaulois originel de Vieux était Arigenus au IIè siècle où on reconnait le gaulois are, « près de, devant, en face de », et genua  issu du radical indo-européen gen- signifiant « courbe, pliure, … » (d’où le français « genou » et le nom de Gênes), appliqué sans doute à la pliure en genou de l’Orne non loin des limites de la commune.

carte Vieux

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Les indices

■ la statue :

indice b 21 03 21 

 

il fallait reconnaitre Simon de Montfort, responsable de la Croisade des albigeois pendant laquelle Vieux (Tarn) fut détruit.

 

 

 

 

 

■ les indices « trop faciles » : Les Vieux, nouvelle d’Alphonse Daudet et Les Vieux, chanson de Jacques Brel.

 

■ le personnage de bédé :

indice a 21 03 21

 

Il s’agit d’Agecanonix, faut-il expliquer pourquoi ?

 

 

 

 

■ le personnage :

indice b 23 03 21

 Selon le site wikipédia qui leur est consacré, le nom des Viducasses  «  vient du gaulois vidu « bois » et casses « chevelure ». Il désignait ainsi « ceux qui ont la chevelure emmêlée comme les branches d’un arbre » ». S’il est généralement admis que le gaulois vidu  signifie en effet « bois, arbre, forêt », la signification de cassi, casses est en revanche discutée : « tresses, boucles » (cf. le vieil irlandais cas, « tordu, enchevêtré ») ou « étain ou bronze » ou encore « combat ». L’étymologie faisant appel aux « cheveux en broussaille » ne parait pas totalement incongrue pour un peuple de la Gaule chevelue.

Les indices du mardi 23/03/2021

Seuls LGF et TRA sont déjà venus à bout de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Un rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’une commune de France métropolitaine, dont la forme latine originelle indique qu’il s’agissait d’un relais abritant les voyageurs.

Ce mot latin d’origine, mal compris et déformé au fil du temps, est devenu aujourd’hui homonyme d’un adjectif monosyllabique sans rapport avec le sens initial mais parfaitement compris et donc accepté, même s’il pourrait être senti comme désobligeant.

Ce même nom est aussi celui d’une autre commune de France métropolitaine, située à plus de 700 km, qui le doit, elle,  à un nom gaulois.

Le toponyme (un relais routier, rappelez-vous !) est sans doute dû à la présence de reliques de plusieurs saints et d’une sainte qui attiraient les pèlerins au moins depuis le Xè siècle. Ce fut le plus important lieu de pèlerinage de la région jusqu’au XVè siècle quand l’évêque du diocèse fit transférer les reliques dans sa cathédrale, n’en laissant que des fragments sur place.

Une légende locale raconte que c’est la sainte qui a apporté sur une étoffe de soie la pierre plantée en plein champ, un menhir, dont s’enorgueillit la commune.

Un indice :

 

indice b 21 03 21

Et ces nouveaux indices :

■ Une nouvelle d’Alphonse Daudet ? Une chanson de Jacques Brel ? Non. Trop facile.

■ Un personnage de bédé ? D’accord, celui-là :

indice a 21 03 21

■ et cette photo, pour le nom de la deuxième commune (mais ne vous y arrêtez pas trop, le lien est pratiquement introuvable) :

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr