… de quelques autres blasons parlants

Quand y en a plus, y en a encore ! pourrait-on dire à propos des blasons parlants.

Mais ne vous affolez pas !, je ne vous en propose que trois qui ne sont que des prétextes pour la devinette du jour.

Folpersviller (à Sarreguemines, Moselle)

 

Le blason de ce quartier de Sarreguemines (Moselle), commune à part entière jusqu’en 1970, est coupé de gueules à la tour accostée de deux alérions d’argent, et d’or au renard de sable.

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Ce blason est parlant de manière savante, si on se souvient que « renard » se dit vulpes en latin. La tour rappelle celle où son père avait enfermé sainte Barbe, patronne de la paroisse.

Les formes anciennes du nom, Volbarlzwiller (1126) et Volpretaswilre (1179) sont formées sur l’anthroponyme germanique Folcbrat associé au germanique willer, du latin villare, « domaine rural ».

Weislingen (Bas-Rhin)

Le blason de cette commune est parti : au premier coupé au I de gueules au chevron d’argent et au II d’or plain, au second d’argent au rameau de tilleul fruité de sinople.

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C’est par le tilleul que parle ce blason, mais il ne parle qu’en alsacien où des Weisse Linden sont des « tilleuls blancs ». Le chevron d’argent sur fond de gueules posé sur de l’or plain correspond aux armes des seigneurs de La Petite-Pierre qui administrèrent la commune jusqu’en 1789.

Selon A. Dauzat & Ch. Rostaing (DENLF*), le toponyme serait formé sur le nom d’homme germanique Wizzilo accompagné du suffixe –ingen. En l’absence de forme ancienne antérieure à 1600 (un Dictionnaire topographique du Bas-Rhin n’existe pas), ni E. Nègre ni les auteurs dont les ouvrages figurent sur mes étagères ne s’aventurent à proposer quoi que ce soit. On notera que la page wiki (Histoire) semble tenir pour acquise l’étymologie selon des tilleuls blancs (mais c’est wiki, n’est-ce-pas?).

Eberbach-Seltz (Bas-Rhin)

Les armoiries d’Eberbach, de sinople aux trois hures de sanglier d’argent, ne peuvent être comprises comme armes parlantes que si on sait qu’en dialecte local ou en allemand eber signifie le « sanglier ».

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Eberbach doit son nom à un ruisseau, affluent gauche de la Sauer à Seltz, qui doit le sien à celui d’un homme germanique Ebero suivi du germanique bach, « ruisseau ».

Avec sala, « sel », les Gaulois avaient fondé Saleso au IIIè ou IIè siècle av. J.-C, qui sera latinisé en Saletio sous l’empire Romain avant de devenir simplement Seltz (B.-Rhin — sans rapport avec l’eau de Seltz).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

 Les billets concernant les  blasons parlants font l’objet d’une « catégorie » spécifique  qu’on peut sélectionner dans la colonne de droite.

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La devinette

Il vous faudra chercher et, si possible, trouver une commune dont le blason parle deux fois : une première, respectueuse de l’étymologie, en montrant un arbre et une seconde, dans une langue régionale, en montrant un volatile.

Cette commune est située sur la rive d’un lac qui porte le nom d’une commune plus importante dont le nom rappelle qu’elle était ceinte de remparts dont il reste de nombreux vestiges (mais une hypothèse plus récente mais peu suivie parle d’un hydronyme indo-européen).

Une bataille qui porte le nom de cette deuxième commune permit aux habitants de repousser définitivement les velléités de conquête de leur très puissant voisin en lui infligeant une cuisante défaite et une déroute dont il ne se relèvera pas.

Le chef-lieu du canton où se trouve la commune qu’il convient de trouver porte quant à lui un nom issu d’un mot gaulois désignant une certaine pierre accompagné d’un suffixe hydronymique.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr