Un Intrus et TRS sont restés les seuls à m’avoir donné les bonnes réponses à mes dernières devinettes . Bravo à tous les deux !
Dernière minute : LGF m’a donné la deuxième réponse !
Il fallait trouver le crabotin d’Aydius et l’anneau de Vic-Bilh, deux fromages de chèvre du Sud-Ouest.
Le crabotin d’Aydius
■ crabotin est un dérivé diminutif du gascon crabo, « chèvre », par métathèse de cabro. Le crabotin désigne donc le chevreau et aussi un petit fromage de chèvre.
■ Aydius : la première mention de ce nom date de 1590 sous la forme Lo temple de Sent Martin d’Aydius. On peut rapprocher ce nom de celui d’Aydie, dans le même département, qui était Aidie en 1385 et Aydia en 1542, mais cela ne nous est guère utile : les deux noms sont d’origine obscure.
■ Ossau-Iraty : ce fromage de brebis AOC, produit dans la région, doit son nom à la vallée d’Ossau et à la forêt d’Iraty.
■ Oloron-Sainte-Marie : lors d’une répàladev concernant Pellusegagne à Larrau (P.-A.), j’écrivais :
♦ Oloron : était Iluron au IVè siècle (Itinéraire d’Antonin) puis Civitas Elloronensium vers l’an 400 et enfin Oloro en 506, de la base basque ili, « domaine, ville ». La deuxième partie du nom est plus discutée : pour certains il s’agirait du basque ur, « eau » (la ville est située au confluent de deux gaves), pour d’autres il s’agirait d’un simple suffixe de sens mystérieux …
♦ Sainte-Marie : ce nom apparaît sous les formes Maria in Eleron au XIe siècle puis Sancta-Maria de Olorno en 1215, la paroisse ayant été placée sous la protection de la Vierge Marie.
L’anneau de Vic-Bilh
■ Il s’agit tout simplement d’un fromage en forme d’anneau.
■ Vic Bilh : attesté Vicus Vetulus au Xè siècle. L’appellatif latin vicus a d’abord eu le sens de « quartier de ville ; village ; propriété rurale » au Ier siècle av. J.-C. ; à partir du VIè siècle, il désigne toute sorte d’agglomération sauf s’il s’agit d’une cité épiscopale ; à partir du VIIIè siècle, il désigne aussi parfois une subdivision du pagus (lui-même subdivision de la civitas de l’empire romain) : c’est ici sa signification, le Béarn étant alors divisé en une quinzaine de vics. En gascon, le latin vetulus, « ancien, vieux » a abouti à bilh, d’où le nom du Bigbilh en 1101. Le vic bilh est donc une « ancienne circonscription » du haut Moyen Âge, dont la graphie actuelle Vic Bilh ne semble pas antérieure à 1489.
Le Vic Bilh est composé de quatre cantons :
♦ Lembeye portait déjà ce même nom au XIè siècle, d’origine obscure ;
♦ Garlin attesté Gasli vers 984, Caslinus au XIè siècle et Garlii en 1385, peut-être du nom d’homme germanique Kaselin ;
♦ Morlàas attesté Morlas en 1080 et Morlanis en 1100, peut-être du nom d’homme latin Maurellus et suffixe –anum, avec en gascon, après perte du n final, allongement de la voyelle précédente graphiée aa : Morlans > Morlas > Morlaas ;
♦ Thèze : attesté Tese au XIIè siècle, du latin tensa, « terre défendue ».
■ Madiran : attesté de Madirano en 1300, du nom d’homme latin Materius et suffixe –anum.
■ Pacherenc de Vic Bilh : pacherenc vient du gascon paisherada, « échalassée » en parlant de la vigne.
Les indices
■ il fallait reconnaitre sur cette illustration Monsieur de Tréville (entre le Roi et le cardinal), né Jean-Armand du Peyrer à Oloron-Sainte-Marie en 1598.
■ ces vignes en échalas devaient faire penser au Pacherenc de Vic Bilh
■ cette vache rouge, déjà utilisée à plusieurs reprises sur ce blog, devait orienter les recherches vers le Béarn sur les armoiries et le drapeau duquel elle figure en double exemplaire.