Albert Dauzat (DENFP*) explique le nom de famille Cavaroc comme étant composé de l’impératif cava du verbe occitan cavar, « creuser » et de ròca, « roche », soit « creuse la roche », nom attribué à un carrier, celui qui creuse la roche ou extrait les pierres d’une carrière. Il donne le même sens aux variantes Chavaroc, Chavaroche et Cavaroche.
Cependant, il existe une soixantaine de lieux portant un nom équivalent auquel il est plus sûr de donner le sens de « rocher creusé », qui s’adresse à une cavité de la roche (ou d’une paroi rocheuse) ; cavité qui a souvent servi de point de départ à des fortifications ultérieures. Pour ces toponymes, l’hypothèse de Dauzat paraît inadéquate. On préfèrera celle de Jacques Astor (DNFLMF*) qui explique qu’on est sans doute en présence, pour ces noms, de deux substantifs : cava, « creux, cavité » accolé sans préposition par la syntaxe médiévale à ròca, « roche », l’ensemble la cava ròca en occitan ancien correspondant à l’occitan moderne la cava de la ròca, « la cavité de la roche, le trou de la hauteur rocheuse » (cf. des noms comme Puyseguin, « le puy de Seguin » ou Monbazillac, « le mont de Bazillac » formés par agglutination sans préposition).
Quels sont ces toponymes ?
Cavaroc ne se rencontre qu’une fois, à Bozouls (Av.), dans un site de grottes s’ouvrant dans les parois rocheuses, aux dépens du calcaire sous-jacent aux marnes liasiques. Cavarroc est un lieu-dit de Carayrac (Lot) tandis que Cavarot, avec passage du c– final à –t se trouve à Corn (Lot). On trouve également les lieux-dits Cavaroque (Caverocque en 1603) à Laroquebrou (Cantal) et À Cavaroque à Tournecoupe (Gers). La forme Cabaroque se rencontre à quatre reprises à Monbazillac (Dord.), Sauvagnas (L.-et-G.), Brassac (T.et-G.) et Lafrançaise (id.) tandis que Cabaroc n’apparait qu’à Saujac (Av.).

En tant que noms de lieu, ce sont les formes avec Ch– initial qui sont le mieux représentées :
Chavaroche apparait à une vingtaine de reprises comme à Cheylade (Cantal ; Chavarroches en 1592), à Gout-Rossignol (Dord., Chavarocha en 1203), à Chavanod (H.-Sav. ; Chaveroche en 1500), à Châteaugay (P.-de-D.) etc.
Chaveroche se rencontre comme nom de commune en Corrèze (Chaverroche en 1301) – où on trouve également son diminutif Chaverochette – et dans celui d’une quinzaine de lieux-dits dans le même département, mais aussi en Ardèche (à Étables), dans le Cantal (à Saint-Flour), en Dordogne (à Teyjat) etc.
Chavroches est le nom d’une commune de l’Allier (Chavarocha en 1373 ; le –s du nom moderne n’est pas étymologique) et, au singulier Chavroche, d’une vingtaine de lieux-dits dans le Cher et le Puy-de-Dôme. On leur adjoindra le nom de Chevroches (Nièvre ; Cavaroca en 935).
On constate que plusieurs de ces toponymes désignent des sites d’anciennes places fortes féodales, confortant l’hypothèse étymologique formulée plus haut de cavité utilisée comme point de départ de fortifications : c’est le cas notamment de Chavroches de l’Allier, de Chavaroche à Gout-Rossignol (Dord.) ou encore de Chavaroche à Cheylade (Cant.).
Dans le Puy-de-Dôme, les lieux-dits Chavarot (Saint-Jean-des-Ollières, Pignols et Neuville) sont bien des *Chavaroc avec passage du c final à t, comme le lieu-dit Cavarrot de Corn (Lot ; Cavarot chez Cassini en 1781).
Pauvre Martin, pauvre misère
Creuse la terre, creuse le temps
*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les devinettes
Il vous faudra trouver deux toponymes de France métropolitaine identiques à une lettre près qui auraient pu figurer dans le billet du jour.
Ils sont situés, dans le même département, à une centaine de kilomètres l’un de l’autre, dans des communes portant un nom de saint différent complété par le nom d’un ouvrage romain pour la première et par le nom d’un ouvrage médiéval pour la seconde.
Le nom du premier canton est lié à son hydrographie. Le nom du second canton est composé de celui du pays formé autour d’une de ses villes principales, laquelle est d’origine religieuse, accompagné du nom de constructions particulières.
Pour l’indice suivant j’ai utilisé un créateur d’images plutôt qu’une photo pour qu’une IA ne puisse pas en trouver trop facilement l’origine ou la référence
Cette image combine des indices pour les deux bureaux centralisateurs des cantons :


Réponse attendue chez leveto@sfr.fr




■ Le sanglier (ici
■ Saint 



En retard, désolé !





■ un dauphin, pour orienter les recherches vers le Dauphiné.
■ la fête de Lutte Ouvrière, en présence de Nathalie Arthaud, née à Peyrins le 23 février 1970.
■ Des ravioles de Romans de la mère Maury au basilic et picodon râpé.





