Cité dans le Trésor du Félibrige, Albert de Rochas d’Aiglun (1837-1914) expliquait : « Pendant la saison où les troupeaux se nourrissent dehors, ceux-ci montent de chalet en chalet, épuisant les pâturages au fur et à mesure qu’ils arrivent à maturité. Les troupeaux redescendent ensuite, habitant les mêmes chalets en sens inverse ». Dans son Patois des Alpes cottiennes (Briançonnais et vallées vaudoises) et en particulier du Queyras, le même auteur donne le nom de ces chalets : « Muande, nom féminin : Chalet. Maison de pasteur avec bercail ».

Le Trésor du Félibrige donne également Muando et les variantes Mudando et Mutando pour « chalet où on ne fait que passer en se rendant aux Alpes supérieures ». Le Dictionnaire topographique des Hautes-Alpes (Joseph Roman, 1884 ) écrit : « La Muande (la cabane de bergers) à Abriès ». Adolphe Gros (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie, 1935) décrit la muande comme une « habitation temporaire pour la saison de l’inalpage »
L’occitan muanda est issu du latin mutanda (sous entendu casa), du verbe mutare, « mouvoir, déplacer changer ».
Les toponymes qui en sont issus sont peu nombreux et, sans surprise, sont dans leur très grande majorité situés dans le massif alpin.
Muande est bien sûr le nom le plus répandu, avec vingt-et-un lieux-dits Muande et onze Muandes, tous situés dans les Hautes-Alpes et quatre autres en Isère. On citera la redondante Cabane de la Muande (La Chapelle-en-Valgaudémar, H-A.), les Muandes, un alpage et un col à 2828 m, à Névache (H.-A.), Les Muandes aux Orres qui étaient Muanda déjà en 1343, la Pointe et le Ruisseau de la Muande à Saint-Christophe-en-Oisans (Is.). La forme occitane n’apparait que dans le nom du Plan de la Muanda à Montricher-Albanne (Sav.). La Chapelle-en-Valgaudémar (H.-A.) compte un augmentatif Muandasse et un diminutif Muandon.

Ruine de La Muande à Crévoux (H.-A.)
En Savoie, apparait la variante La Mande (Val-Cenis etc. ; La Mande de Bessans était Muanda en 1345) et le diminutif Mandettaz à Bonneval-Sur-Arc tandis que Les Mandettes se rencontrent au Monêtier-les-Bains dans les Hautes-Alpes.
La variante La Miande se rencontre à Monclar (A.-de-H.-P.) et son diminutif Les Miandettes à Montgenèvre (H.-A.).
On rencontre d’autres diminutifs comme Mandallaz à Allonzier-la-Caille, Sillingy et Choisy (H.-Sav.). À Ugine (Sav.) les Trois Aiguilles (2277 m) portent aussi le nom de Pointe de Mandallaz, le nom de la muande étant monté au sommet. À Samoëns (H.-Sav) apparait le diminutif La Mandollaz.
On peut sans doute rajouter La Mandellerie (Manigot, H.-Sav.) qui regroupe quelques maisons isolées ce qui pourrait expliquer le suffixe collectif en –erie.
En Savoie, aux Belleville, se trouve le vallon de la Moendaz dont le nom est passé au Ruisseau de la Moendaz et monté aux Aiguilles de la Grande Moendaz (2697 m).
Pour être complet, parlons de la remue (déverbal de « remuer »), le nom donné dans les Alpes au mouvement du bétail montant à l’estive. Comme pour la muande, le nom a désigné la petite cabane d’altitude, en bois, souvent démontable, servant d’étape à l’alpage. Peu nombreux sont les toponymes qui en sont dérivés. On citera le Lac de la Remuaz et l’Aiguille de la Remuaz (2863 m), dans les Aiguilles Rouges à Chamonix-Mont-Blanc (H.-Sav.).
Du même domaine de sens : borie ; bür, bure et buron ; mazuc et mazut ; huttes, bordels et autres cabanes.
Et tout ça pour m’apercevoir au moment de publier que tout avait déjà été écrit par C. Lassure en 2020 ... Trop tard pour changer de sujet (et heureusement la réponse à la devinette ci-dessous n’y figure pas !)

La devinette
Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour. Il désigne un lieu-dit non habité et le ruisseau qui le traverse. Il est absent du fichier FANTOIR mais apparait sur les cartes.
Le nom de la commune où il se situe est composé d’un hagionyme accompagné du nom du pays, lequel est issu de celui d’un célèbre seigneur.
Le bureau centralisateur du canton est lui aussi composé d’un hagionyme accompagné du nom d »un autre pays, lequel indique la couleur de sa végétation ou de sa terre.
Il existe un mont homonyme dans un autre massif montagneux, dont les formes anciennes et l’histoire montrent qu’il n’a pas la même étymologie.
Puisque vous savez déjà dans quelle région chercher, vous donner d’autres indices serait vous rendre les choses trop faciles.
Réponse attendue chez leveto@sfr.fr
TRS est resté le seul découvreur de la solution de ma dernière 


■ Ces trois roues devaient faire penser aux armoiries de Rodez, « de gueules à trois roues pleines d’or, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or ». 
■ Ce gant (








■ « Le Gaucher », pour l’étymologie selon le latin Laevius du nom de Levie.
■ Cette
■ cette 











■ cette image montre un paysan gaulois à la chevelure blonde (gaulois Blavos, « blond », à l’origine du nom de Blaye) adossé à un pin (latin pinus, à l’origine du nom de Pineuilh).
■ Cette série de romans de fantasy de J.-P. Jaworski intitulée 



