TRS est resté le seul découvreur de la solution de ma dernière devinette. Félicitations à lui tout seul, donc !
Il fallait trouver les lieux-dits Lissignol à Mostuéjouls et à Peyreleau, dans le canton Tarn et Causses, dont le bureau centralisateur est Séverac-d’Aveyron, de l’arrondissement de Milhau, en Aveyron.
Mostuéjouls et Peyreleau, ici :


Les toponymes
■ Lissignol
Ce nom est bien équivalent de « rossignol » qui a conservé le l- initial du latin *lisciniolus. On parlait, au XIIIè siècle , de « La douce voiz du louseignol sauvage » (Roman du Castelain de Couci et de la dame de Fayel). Au XVIè siècle, Ch. De Bouvelles écrivait : « Luscignol, ou, selon la prononciation corrompue des Parisiens, rossignol
». On sait que c’est cette forme « corrompue » qui s’est imposée.
Lissignol et sa variante Lessignol sont des noms de famille devenus toponymes lors de l’établissement de leur porteur, à Mostuéjouls et Peyreleau pour le premier et à Livron-sur-Drôme (Drôme) pour le second.
Comme je l’ai précisé dans l’énoncé de la devinette, on ne trouve Lissignol sur aucune carte actuelle (à ma connaissance). Seul le lieu dit portant ce nom à Peyreleau apparait sur le cadastre napoléonien de 1840 :

On apprend par ailleurs que « la source de Lissignol, émergence karstique localisée sur la commune de Peyreleau, alimente uniquement les abonnés de cette commune » (source).
■ Mostuéjouls
En août 2025, en réponse à un de mes lecteurs, j’écrivais :
Attesté Mostogol (1147), Mostoiol (1150), Monstuejols (1383), Mostuejolis (1404) et Monstuegholis (1457), du nom de personne roman Mustus et gaulois ó-ialo, « clairière ». Il y a eu attraction passagère du latin mons. Les Romains arrivant dans les zones de forte colonisation gauloise perçurent –o-ialo comme un dérivé au sens de « lieu de », d’où son utilisation avec des noms latins.
Cette explication est celle donnée par E. Nègre (TGF*). A. Dauzat & Ch. Rostaing (DENLF*) et J. Astor (DNFLMF*), s’ils approuvent la suffixation par le gaulois -o-ialo, jugent le premier élément « obscur ».
■ Peyreleau
Attesté de Peiraleu vers 1183. Déjà, F. Mistral (TDF*), qui donnait la forme occitane Pèiro-Lèu, expliquait ce nom par le bas latin petra levis, « pierre légère ». E. Nègre (ib.) puis J. Astor (ib.) lui emboîtent le pas en expliquant qu’il s’agissait sans doute de désigner le tuf calcaire qui abonde dans la région et qui a servi à y bâtir des maisons.
■ Séverac-d’Aveyron
Attesté Severiacum en 914, du nom d’homme latin Severus et suffixe –acum.
La commune a été formée en 2016 par la réunion de cinq communes dont Séverac-le-Château, dont elle a gardé le nom mais changé le déterminant Château par le nom de la rivière qui y prend sa source, l’Aveyron.
■ Millau
La ville a porté deux noms. Je copie-colle la rubrique wiki écrite par moi-même (comme je l’avais déjà fait dans ce billet):
Le nom Condatomagus du IVè siècle est un composé gaulois de *condate, « confluent » et de *magos, « champ ou marché » : originellement situé au confluent du Tarn et de la Dourbie, il s’agissait d’un des plus grands marchés de potiers de la Gaule. Après les invasions germaniques, la ville fut déplacée à son emplacement actuel, sur la rive opposée du Tarn. À la fin du VIIIè siècle apparait le nouveau nom de la ville : Amiglado (attesté dans la Vie de saint Didier, évêque de Cahors ) qui évoluera en Amiglauuo en 1037. Ce nom est un composé gaulois de *ambe, « rivière » et de *klados, « fossé » : la ville était bordée par le Tarn et entourée de fossés. L’apocope est apparue dès le XIIIè siècle et deviendra définitive au XIVè siècle. En occitan, la ville sera appelée Omilau vers 1132 puis Melhau à la fin du XIIè siècle. En français, on dira a la Amilloie en1262 puis Millau dès 1470 (DNLF*). D’autres étymologies basées sur le nom d’homme romain Æmilius ont été proposées (A. Dauzat, E. Nègre etc.) mais elles ne tiennent pas compte des formes les plus anciennes du nom.

Les indices
■ « Ça devait pas mal chauffer pour les adversaires de ceux qui ont ont laissé leur nom à la région. »:
Il fallait penser au Rouergue qui doit son nom aux Rutènes, dont le nom, d’origine gauloise, signifie « les très ardents guerriers » comme je l’écrivais dans ce billet ce billet :
Le nom des Rutènes serait formé du préfixe augmentatif celtique rŏ– (formé par la perte du p– initial de *prŏ-, « en avant », « devant ») suivi du thème celtique *tēno-, « chaleur, feu » (de *tepno-, issu d’une racine indo-européenne *tep-, « chauffer ») et pourrait signifier « les très chauds ou très ardents (guerriers) » (Jacques Lacroix, Le nom des Rutènes, Revue des études-anciennes, 2013, t. 115, n°1, p. 51-70. – en ligne).
■ Ces trois roues devaient faire penser aux armoiries de Rodez, « de gueules à trois roues pleines d’or, au chef cousu d’azur chargé de trois fleurs de lis d’or ».

Les trois roues (rodas) sont « parlantes », basées sur une fausse étymologie du nom de Rodez, qui doit son nom aux Rutènes, comme le Rouergue.
Le nom du pays est attesté in Roteneco en 629-37, in pago Rutenico en 640-47. Il s’agit d’une formation du haut Moyen Âge sur le nom ancien de son chef-lieu Rodez, Ruteni muni du suffixe latin –icu, sur le nom des Rutènes qui l’occupaient. Les attestations ultérieures montrent bien l’évolution phonétique : *Rutenicu donne Rodanege attesté avant 1105 puis Rodengue en 1150, Rodergue en 1132 et Roergue en 1129 d’où est issue la forme française Rouergue dès 1512.
■ Ce gant (gravure à l’eau forte de Giacomo Porzano, 1972) devait faire penser à Millau, dont l’industrie gantière a fait la réputation.
■ « Le premier homme latin cité dans l’énoncé était plutôt nouveau tandis que le second était plutôt sévère. » :
Mustus, en latin « nouveau ; frais, neuf, récent, jeune » et Severus, « sévère, grave, sérieux, austère ».

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.
Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.








■ « Le Gaucher », pour l’étymologie selon le latin Laevius du nom de Levie.
■ Cette
■ cette 











■ cette image montre un paysan gaulois à la chevelure blonde (gaulois Blavos, « blond », à l’origine du nom de Blaye) adossé à un pin (latin pinus, à l’origine du nom de Pineuilh).
■ Cette série de romans de fantasy de J.-P. Jaworski intitulée 







■ Le sanglier (ici
■ Saint