Les indices du mardi 13 octobre 2026

Ma dernière devinette est restée irrésolue …

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour [férule].

Il désigne un lieu-dit non habité et sert de déterminant à un nom de relief.

La commune où cela se trouve porte un nom qui pourrait être issu de celui d’un homme latin ou qui pourrait se rapporter aux routes qui s’y croisaient. On peut y voir une vieille dame.

Le pays est rocheux et montagneux.

Le bureau centralisateur du canton porte un nom qui montre qu’il fut aménagé il y a longtemps pour se protéger contre des incursions malveillantes.

Un indice, pour une des étymologies possibles du nom de la commune :

■ La « vieille dame » dont il est question à propos de la commune est morte et enterrée depuis très longtemps.

■ « Le pays est rocheux et montagneux », comme l’indique son nom.

■ Les « incursions malveillantes » dont il est question à propos du bureau centralisateur du canton étaient menées par des pirates.

■ Un indice pour le bureau centralisateur du canton :

■ et un indice plus général

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La férule

La férule (Ferula communis L.) est une plante herbacée à fleurs jaunes disposées en ombelle, connue depuis l’Antiquité pour ses vertus aromatiques et médicinales (notamment l’ase fetide). Pourvue d’une longue tige, la férule commune était utilisée pour corriger les esclaves et les enfants puis son nom a servi à désigner une petite palette de bois ou de cuir utilisée pour frapper la main d’un écolier réprimandé (d’où l’expression « être sous la férule de »).

Caractéristique des lieux rocailleux, pauvres et exposés au soleil, donc plutôt méridionaux, elle a servi, munie d’un suffixe collectif, à nommer certains lieux. Un autre trait remarquable de cette plante est que, pendant une courte période de l’année, elle peut être vénéneuse pour les animaux qui la consomment : on peut imaginer que certains de ces lieux aient pu être baptisés de son nom pour mettre en garde (comme Bramevaque, un lieu-dit près d’Albi, porte le nom de la brama vaca, la colchique d’automne).

Le suffixe collectif le plus souvent utilisé est –et (du latin etum), d’où des toponymes comme Ferlet à Gigean (Hér.), Les Ferlets à Montchenu (Dr.) et à Nancy-sur-Cluse (H.-Sav.) ou encore le diminutif la Ferlette à Upie (Dr.) et à Archignac (Dord.). Ce nom se retrouve également en Corse avec Ferleto (Vivario, H.-C.) et le Monte Ferletta (Santo-Pietra-di-Tenda, id.). Par passage du nom de la propriété à l’habitant, Ferlet est devenu patronyme, d’où la Ferleterie à Lagorce (Gir.) et ce qui explique qu’on le retrouve en Isère avec la Maison Ferlet (Ruy), en Normandie avec la Picotière Ferlet (Notre-Dame-du-Touchet, Manche – association de deux patronymes Picot et Ferlet) et jusqu’en Bretagne avec le Pré Ferlet (L’Hermitage-Lorge, C.-d’A) ou le Clos Ferlet à Ercé-en-Lamée (I.-et-V.).

Sous l’influence ouvrante du –r-, la syllabe -èr– a parfois évolué en -ar- d’où le lieu-dit Farlet à Méze (Hér) qui était Ferleto en 1188 et Ferlet sur la carte de Cassini (f. 57, Lodève, 1778), le Farlet et la Lèque à Valliguières (Gard – lèque : occitan leco « pierre, rocher plat ») et le diminutif la Farlette à Martiel (Av.).

Il convient d’ajouter à cette série le nom de la commune varoise La Farlède, qui était Farleda en 1079, avec variante –eda du suffixe collectif –eta, qu’on retrouve également comme nom du quartier Farlède à la Seyne-sur-Mer, dans le même département. Le pluriel les Farlèdes se rencontre, lui, à Bagard (Gard) où il désigne un relief arboré. Et, pour ceux qui se poseraient la question, oui, il existe aussi un « ferlède » avec la Combe de la Ferlède à Tuchan, dans l’Aude.

Et c’est tout. Vous pouvez ranger vos férules cartables.

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour.

Il désigne un lieu-dit non habité et sert de déterminant à un nom de relief.

La commune où cela se trouve porte un nom qui pourrait être issu de celui d’un homme latin ou qui pourrait se rapporter aux routes qui s’y croisaient. On peut y voir une vieille dame.

Le pays est rocheux et montagneux.

Le bureau centralisateur du canton porte un nom qui montre qu’il fut aménagé il y a longtemps pour se protéger contre des incursions malveillantes.

Un indice, pour une des étymologies possibles du nom de la commune :

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Gabaroche et Gabarroche (Gironde) : les répauxdev

LGF est le seul à avoir trouvé les réponses à ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver Gabaroche à Saint-Martin-Lacaussade dans le canton de l’Estuaire (BC Blaye) de l’arrondissement de Blaye et Gabarroche à Saint-Vivien-de-Monségur dans le canton Le Réolais et Les Bastides (BC Pineuilh) de l’arrondissement de Langon, dans le département de la Gironde.

Saint-Martin-Lacaussade et Saint-Vivien-de-Monségur, c’est ici :

On reconnait aisément dans ce nom un ancien cava ròca, avec c- passé à g– et la prononciation b du v.

Le nom est attesté Sanctus Martinus de Calciata au XIVè siècle.

♦ Lacaussade : du latin calceata, « chaussée », nom donné à l’ancienne voie romaine reliant Saintes à Bordeaux, le long de laquelle l’église avait été construite. Le complément La Caussade a subi l’agglutination de l’article avant 1900, devenant Lacaussade.

Le canton borde l’estuaire de la Gironde.

Dans une récente répàladev, j’écrivais :

On dispose des formes anciennes du nom suivantes : Blauia sur la Table de Peutinger (et plus tard sur la Cosmographie de Ravenne), Blauto, à corriger *Blavio sur l’Itinéraire d’Antonin, Blavia au IVè siècle chez le poète Ausone et enfin Blabia au début du Vè siècle.

Ce nom viendrait du gaulois blavus, « bleu », avec une latinisation d’abord masculine blavius puis féminine blavia qui s’est imposée. La couleur ferait allusion aux eaux de la Gironde (DNLF*). Cette étymologie est cependant mise en doute par certains auteurs pour lesquels il s’agirait d’un toponyme formé sur le nom de personne gaulois Blavos, latinisé en Blavius et mis au féminin pour villa ou terra Blavia. Selon ces auteurs, le celtique blavos signifie « jaune, blond », cf. l’irlandais blà de même sens et le latin flavus (NLCEA*, DNFLMF*). Enfin, certains ne prennent pas vraiment parti, donnant au celtique blavos le sens d’« entre jaune et vert-bleu » (TT*). Notons toutefois que le FEW (vol. I, p.404 b) donne *blavos (kelt.), gelb, soit « jaune » et que la forme du bas-latin (et non gaulois) blavus pour « bleu » apparait chez Isidore de Séville (560-636), soit postérieurement à la Table de Peutinger où se trouve déjà le nom Blauia.
C’est en 1306 qu’apparaît la forme française Blaives qui sera supplantée par la forme gasconne Blaya (1337) francisée en Blaye dès 1363.

Même nom que Gabaroche avec doublement fautif du –r-. On trouve déjà cette graphie Gabarroche sur la carte d’état-major (1820-66).

Le complément de Monségur a été rajouté en 1913 pour faire le distinguo avec les deux autres Saint-Vivien du département de la Gironde (Saint-Vivien-de-Blaye précisé en 1910 et Saint-Vivien-de-Médoc précisé en 1923).

♦ Saint-Vivien : du nom Vivianus d’un évêque de Saintes au Vè siècle.

♦ Monségur : il s’agit du nom de la commune limitrophe au nord, ancien chef-lieu de canton. Monségur est attesté Montsegur dès 1263, soit « mont sûr » (latin securus donnant l’occitan segur, avec c– passé à g– comme cava donnant gaba), qualifiant la bastide construite sur une colline surplombant la vallée du Dropt à la demande de la reine d’Angleterre, Éléonore de Provence

♦ Le Réolais : doit son nom à La Réole dont le nom est attesté Regulatensi eccl. en 1025-28, du latin regula, « règle (monastique) » comme je l’expliquais dans cet article.

♦ Les Bastides : j’ai écrit plusieurs billets consacrés aux terres libres, aux villes franches et aux Bastides du Sud-Ouest. C’est dans ce dernier qu’on trouvera expliquée l’histoire des bastides qui ont donné leur nom à ce canton, dont Monségur.

Attesté de Pinolio en 1074-81, du latin pinus, « pin » et gaulois ialo, « clairière ; champ ». On sait que les Romains ont considéré ce suffixe gaulois comme un simple suffixe locatif pouvant signifier « l’endroit de ». (TGF*, DNFLMF*)

Attesté Alingonis Portum au Vè s. X. Delamarre (NLCEA*) voit dans ce nom un « domaine de Lingos », soit un
toponyme théonymique en –on– fait sur un (deus) *Lingos, nom qu’il rapproche de l’irlandais ling-, « sauter ». Ce même radical se retrouverait, pour désigner les rapides du cours d’eau, dans le nom de la Langogne (en Lozère) qui était Lingognia au Xè siècle.

■ la grappe de raisin servant de cul-de-lampe devait orienter les recherches vers une région viti-vinicole, ici le Bordelais.

■ cette image montre un paysan gaulois à la chevelure blonde (gaulois Blavos, « blond », à l’origine du nom de Blaye) adossé à un pin (latin pinus, à l’origine du nom de Pineuilh).

■ Cette série de romans de fantasy de J.-P. Jaworski intitulée Les Rois du monde se déroule en pays celte et son héros fait partie de la tribu des Bituriges (celte bito, « tribu, peuple » et rix « roi » ). Les Bituriges Vivisques (c’est-à-dire « déplacés » de la région de Bourges à la Gironde) occupaient une partie de la Gironde et Bordeaux était leur chef-lieu.

L’indice du mardi 06 octobre 2026

Interrogée par Un Intrus, une IA n’a mis que quelques minutes à trouver les solutions à ma dernière devinette. Que cela ne décourage surtout pas les autres et qu’ils continuent à s’amuser avec moi ! Le but du jeu est quand même de faire travailler ses propres neurones …

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver deux toponymes de France métropolitaine identiques à une lettre près qui auraient pu figurer dans le billet du jour.

Ils sont situés, dans le même département, à une centaine de kilomètres l’un de l’autre, dans des communes portant un nom de saint différent complété par le nom d’un ouvrage romain pour la première et par le nom d’un ouvrage médiéval pour la seconde.

Le nom du premier canton est lié à son hydrographie. Le nom du second canton est composé de celui du pays formé autour d’une de ses villes principales, laquelle est d’origine religieuse, accompagné du nom de constructions particulières.

Pour l’indice suivant j’ai utilisé un créateur d’images pour qu’une IA ne puisse pas en trouver trop facilement l’origine et la référence

Cette image combine des indices pour les deux bureaux centralisateurs des cantons :

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Cavaroc

Albert Dauzat (DENFP*) explique le nom de famille Cavaroc comme étant composé de l’impératif cava du verbe occitan cavar, « creuser » et de ròca, « roche », soit « creuse la roche », nom attribué à un carrier, celui qui creuse la roche ou extrait les pierres d’une carrière. Il donne le même sens aux variantes Chavaroc, Chavaroche et Cavaroche.

Cependant, il existe une soixantaine de lieux portant un nom équivalent auquel il est plus sûr de donner le sens de « rocher creusé », qui s’adresse à une cavité de la roche (ou d’une paroi rocheuse) ; cavité qui a souvent servi de point de départ à des fortifications ultérieures. Pour ces toponymes, l’hypothèse de Dauzat paraît inadéquate. On préfèrera celle de Jacques Astor (DNFLMF*) qui explique qu’on est sans doute en présence, pour ces noms, de deux substantifs : cava, « creux, cavité » accolé sans préposition par la syntaxe médiévale à ròca, « roche », l’ensemble la cava ròca en occitan ancien correspondant à l’occitan moderne la cava de la ròca, « la cavité de la roche, le trou de la hauteur rocheuse » (cf. des noms comme Puyseguin, « le puy de Seguin » ou Monbazillac, « le mont de Bazillac » formés par agglutination sans préposition).

Quels sont ces toponymes ?

Cavaroc ne se rencontre qu’une fois, à Bozouls (Av.), dans un site de grottes s’ouvrant dans les parois rocheuses, aux dépens du calcaire sous-jacent aux marnes liasiques. Cavarroc est un lieu-dit de Carayrac (Lot) tandis que Cavarot, avec passage du c– final à –t se trouve à Corn (Lot). On trouve également les lieux-dits Cavaroque (Caverocque en 1603) à Laroquebrou (Cantal) et À Cavaroque à Tournecoupe (Gers). La forme Cabaroque se rencontre à quatre reprises à Monbazillac (Dord.), Sauvagnas (L.-et-G.), Brassac (T.et-G.) et Lafrançaise (id.) tandis que Cabaroc n’apparait qu’à Saujac (Av.).

En tant que noms de lieu, ce sont les formes avec Ch– initial qui sont le mieux représentées :

Chavaroche apparait à une vingtaine de reprises comme à Cheylade (Cantal ; Chavarroches en 1592), à Gout-Rossignol (Dord., Chavarocha en 1203), à Chavanod (H.-Sav. ; Chaveroche en 1500), à Châteaugay (P.-de-D.) etc.

Chaveroche se rencontre comme nom de commune en Corrèze (Chaverroche en 1301) – où on trouve également son diminutif Chaverochette – et dans celui d’une quinzaine de lieux-dits dans le même département, mais aussi en Ardèche (à Étables), dans le Cantal (à Saint-Flour), en Dordogne (à Teyjat) etc.

Chavroches est le nom d’une commune de l’Allier (Chavarocha en 1373 ; le –s du nom moderne n’est pas étymologique) et, au singulier Chavroche, d’une vingtaine de lieux-dits dans le Cher et le Puy-de-Dôme. On leur adjoindra le nom de Chevroches (Nièvre ; Cavaroca en 935).

On constate que plusieurs de ces toponymes désignent des sites d’anciennes places fortes féodales, confortant l’hypothèse étymologique formulée plus haut de cavité utilisée comme point de départ de fortifications : c’est le cas notamment de Chavroches de l’Allier, de Chavaroche à Gout-Rossignol (Dord.) ou encore de Chavaroche à Cheylade (Cant.).

Dans le Puy-de-Dôme, les lieux-dits Chavarot (Saint-Jean-des-Ollières, Pignols et Neuville) sont bien des *Chavaroc avec passage du c final à t, comme le lieu-dit Cavarrot de Corn (Lot ; Cavarot chez Cassini en 1781).

Il vous faudra trouver deux toponymes de France métropolitaine identiques à une lettre près qui auraient pu figurer dans le billet du jour.

Ils sont situés, dans le même département, à une centaine de kilomètres l’un de l’autre, dans des communes portant un nom de saint différent complété par le nom d’un ouvrage romain pour la première et par le nom d’un ouvrage médiéval pour la seconde.

Le nom du premier canton est lié à son hydrographie. Le nom du second canton est composé de celui du pays formé autour d’une de ses villes principales, laquelle est d’origine religieuse, accompagné du nom de constructions particulières.

Pour l’indice suivant j’ai utilisé un créateur d’images plutôt qu’une photo pour qu’une IA ne puisse pas en trouver trop facilement l’origine ou la référence

Cette image combine des indices pour les deux bureaux centralisateurs des cantons :

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Las Cartayrados à Lalbenque (Lot) : la répaladev

LGF a rejoint TRS et Hibou Bleu en trouvant à son tour la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Las Cartayrados à Lalbenque dans le canton des Marches du Sud-Quercy (bureau centralisateur à Castelnau-Monratier) de l’arrondissement de Cahors, dans le Lot.

Lalbenque, ici :

Las Cartayrados, là :

On reconnait aisément dans ce toponyme la forme occitane des Cartayrades vues dans le billet. Absent de toutes les cartes avant celle actuelle de l’IGN et même du cadastre napoléonien, ce lieu-dit doit être de création récente, sans doute nommé pour se conformer à l’article 169 de la Loi 3DS1 de 2022.

Le nom de la commune est attesté Albenca au XIVè siècle, où albenca, adjectif occitan signifiant « blanchâtre », est substantivé pour désigner une terre de cette couleur (cf. la rubrique wiki dont je suis l’auteur).

Le reste des toponymes a déjà été vu notamment dans ce billet.

♦ Marches : à comprendre comme « frontière, limite », du germanique marka, de même sens.

♦ Quercy : dans un billet du début de l’année 2024, j’écrivais :

Le Quercy: ce nom se rattache, comme celui de Cahors, aux Cadurques: il est la forme phonétique du produit du dérivé en –inus de Cadurcus, Cadurcinus, porté dans des formes du VIè siècle (Cadurcinusen 565), du VIIè siècle (pagus Catorcinusen 628) et in Caercinode 1095, signifiant « dans le Quercy ».

Je complète en ajoutant qu’au Moyen Âge apparaissent, à partir de Cadurcinus subissant la perte du d intervocalique, les formes Caersi en occitan (XIIè siècle) et Cahorsin en français (1258). La forme Quercy, adaptation française de l’occitan Caersi, apparaît d’abord sous la forme, latinisée et refaite, Querciaci en 1477 puis en français Quercy en 1511.

Au IIè siècle ap. J.-C., Ptolémée cite Devona et la Table de Peutinger du IVè siècle mentionne Divona, ancien nom de Cahors. Divona, source sacrée en gaulois, désignait la fontaine des Chartreux. Vers 400, apparaît le nom de civitas Cadurcorum, cité des Cadurques, puisqu’il devint alors d’usage de nommer la capitale des civitas du nom du peuple qui l’habitait. La forme moderne Cahors est issue de Cadurcis, cité au VIè siècle par Grégoire de Tours. Cette forme est l’ablatif-locatif pluriel latin en –is signifiant « chez les Cadurques ». Elle a subi la chute du d intervocalique, effective au XIè siècle.

■ La production locale contrastant avec la couleur claire de la terre est bien sûr la truffe dont Lalbenque se proclame la capitale (alors qu’en vérité c’est Richerenches, bien sûr, sans chauvinisme aucun) :

(Soyez indulgent avec le stagiaire de troisième chargé des sous-titres qui écrit l’Albinque …).

■ C’est cette même truffe qui explique la phrase : « Pour en avoir plus, il vous faudra creuser un peu et faire confiance à votre flair ! »

■ Le sanglier (ici celui de Peronne, localité de la Somme qui constituait une fausse piste) n’était pas là que pour son talent truffier mais aussi pour faire penser aux Cadurques dont le nom est un composé gaulois kato-turko ou catu-turci, qui signifie « sangliers de combat ».

■ Saint Quirin de Neuss, auquel l’église de Lalbenque est consacrée.

Les indices du mardi 29 septembre 2026

Lundi, au petit jour, TRS menait 1 à 0 face à ChatGPT (qu’Un Intrus avait eu la curiosité d’interroger). Un peu plus tard, Un Hibou Bleu marquait un second but juste avant que ChatGPT ne trouve à son tour la bonne réponse à ma dernière devinette.

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour.

Le nom de la commune où il se situe indique que la terre y est claire, ce qui est paradoxal étant donné une production locale.

Les noms du canton, de son bureau centralisateur et celui du chef-lieu d’arrondissement ont déjà été expliqués à propos d’une autre devinette, ce qui m’empêche de vous en dire plus à leur propos sans trop vous aider.

Un indice pour la région :

Pour en avoir plus, il vous faudra creuser un peu et faire confiance à votre flair !

■ La production locale dont il est question dans l’énoncé se mange.

■ pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Cartayrade etc

En post-scriptum d’un article intitulé Quarton plein !, j’écrivais : « d’autres dérivés de « quart » ont donné des noms de mesures ou de surfaces agraires et donc des toponymes comme La Quarte (H.-Saône), les Quartels, Quartelée, Quarterée, Quarterons, etc. ou encore les Carteyrades, Carteyrons, etc. qu’il m’est impossible de passer en revue ici. Ils alimenteront peut être un prochain billet. ». Comme le laisse voir le titre du billet d’aujourd’hui, je tiens une partie de ma promesse en m’intéressant aujourd’hui aux Carteyrades et à leurs variantes.

Littéralement, en occitan, une quartairada1 est une surface de terre ensemencée avec une quartièra (ou une quarta) de grains, soit un quart de setier. Cette superficie correspondait donc à la « quartlelée », soit un quart de sétérée, laquelle valait entre un quart et un demi-hectare selon les régions.

En Rouergue, la quartairada était de neuf ares, soit un petit champ de trente mètres sur trente ; en Languedoc, elle était de cinq à six ares ; à Aix-en-Provence, de vingt-quatre ares … On voit qu’il s’agissait généralement de petits champs et le terme a pu désigner, indépendamment de sa superficie exacte, un « petit champ (céréalier) ensemencé ». Notons que F. Mistral attribue à la quarteirado une superficie de « 20 ares 44 centiares, selon les pays » [?] mais ajoute qu’elle vaut 24 ares à Aix, 9 ares en Rouergue et 8 ares 54 en Dauphiné … Comme quoi les choses n’étaient pas simples à l’époque !

J. Astor (DNFLMF*) cite ces vers du XIXè siècle (que F. Mistral attribue à A. Autheman, auteur de Poésies françaises et provençales en 1888 — graphie mistralienne à droite ci-dessous):

Un jorn Estève amb Norat / Un jour Estève et Norat /Un jour Estève emé Nourat

Luchavan dedins un garait /Se battaient dans un guéret /Luchavon dedins un gara

Qu’es tocant nostra quartairada /Qui touche notre quartelée /Qu’es toucant nosto quarteirado

Il explique qu’on peut se battre sur une terre labourée (un guéret) mais pas dans un champ ensemencé : ici, le terme quartairada a un contenu sémantique précis où le nombre exact d’ares ne compte pas, mais où le sens de (petit) champ ensemencé est certain.

Les toponymes directement formés sur quartairada sont moins d’une trentaine.

C’est dans l’Hérault qu’apparaissent trois Cartairade (Grabels, Jacou et Saint-Just) et trois Cartairades (Capestang, Nébian et Saint-Just). La forme Cartayrade se retrouve à onze exemplaires (Aveyron, Gard, Hérault, Lot, Lozère et Tarn-et-Garonne) tandis que le pluriel Cartayrades n’apparait que sept fois (Lot et Tarn-et-Garonne).

Encore moins nombreux, on ne trouve que deux Carteirade (Saint-Cézaire-de-Gaudigna, Gard ; Bras, Var), deux Carteirades (Teyran et Capestang, Hér.), un Escarteirade (Pourrières, Var), deux Carteyrade (Ouveillan, Aude ; Les Monts-Verts, Loz.), deux Carteyrades (Clarensac et Souvignargues, Gard) et Les Escarteyrades (Sérignan-du-Comtat, Vauc.).

On peut rapprocher de ces toponymes d’autres formes de dérivés en –ada :

On trouve ainsi, dans le Massif Central près de quatre-vingt Cartalada et une vingtaine de Cartaladas, plus de cinquante lieux-dits Cartelade et plus de trente Cartelades, tous ces noms équivalents à la « quartelée ». On trouve également une douzaine de Cartalado(s), tous en Lozère.

Dans son ouvrage intitulé Noms de terroirs en pays vellaves (éd. du Puy-en-Velay, 1978), Françoise de la Conterie 2parle d’un champ nommé La Cartade et explique : « La majorité des terres de ce nom qu’il nous 3a été possible de voir sont prises en sifflet entre deux routes, triangulaires ou bien à l’angle formé par un ou deux chemins » et conclut en donnant à ce nom le sens de « quartier », terre divisée. Mais rien n’empêche d’y voir, avec J. Astor (op. cit.), un « champ de petite superficie ». On rencontre une trentaine de lieux-dits Cartade et une vingtaine de Cartades, là aussi principalement dans le Massif Central (P.-de-D., Loz., H.-L. etc.).

En 1868, dans son Dictionnaire des lieux habités de l’Aveyron, Jean-Louis Dardé cite un lieu-dit Cartonado de l’ancienne commune d’Enguialès, aujourd’hui Le Fel, qu’on retrouve dans le nom du Puech de Cartonado. Il s’agit bien là d’un « quarton », au sens de « petit champ ». On le retrouve francisé, dans la Cartonade (Launac, H.-G.) et dans Les Cartonades (Saint-Haon et Saint-Pal-de-Sénouire, H.-L.).

Enfin, on trouve également quelques formes diminutives comme (La) Cartadette, six fois représentée en Lozère ou des formes collectives comme une vingtaine de Cartayrou(x) (Lot, Aveyron …) et une trentaine de Carteyrou(x) (Loz., Aveyron …), désignant un ensemble de petites parcelles.

Comme souvent, ces différents noms ont pu passer du champ à la ferme puis de celle-ci à l’habitant, passant ainsi de toponyme à patronyme (je vous laisse googler, binger, qwanter, duckduckgoer etc.). Ce dernier a pu, à son tour, désigner un nouveau lieu., qwanter, binge

  1. La graphie avec c initial est générale dans toute l’onomastique du terme ; néanmoins la bonne orthographe est en qu. ↩︎
  2. À ne pas confondre avec Françoise, de la compta. ↩︎
  3. Que votre majesté veuille bien me pardonner. ↩︎

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour.

Le nom de la commune où il se situe indique que la terre y est claire, ce qui est paradoxal étant donné une production locale.

Les noms du canton, de son bureau centralisateur et celui du chef-lieu d’arrondissement ont déjà été expliqués à propos d’une autre devinette, ce qui m’empêche de vous en dire plus à leur propos sans trop vous aider.

Un indice pour la région :

Pour en avoir plus, il vous faudra creuser un peu et faire confiance à votre flair !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La Chorache ou la Petite Choranche à Peyrins (Drôme) : la répàladev

En retard, désolé !

TRS et LGF ont résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver la Chorache (ou la Petite Choranche), un ruisseau de Peyrins, dans le canton de Romans-sur-Isère de l’arrondissement de Valence (Drôme).

Peyrins, ici :

Le cadastre napoléonien de Peyrins ( section H2, 30 octobre 1819) nous montre la Chorache Ruisseau

Le Dictionnaire topographique de la Drôme (Justin Brun-Durand, 1891) nous explique que ce ruisseau « a sa source au hameau des Maillons [à lire Haillons], commune de Peyrins, et se jette dans l’Isère, sur la commune de Romans, après un parcours de 6800 m ». Il nous donne les formes anciennes suivantes : Cataracta sicca (918), Chaaracha (1100), Aqua Chorachie (1424), Chorachia (1504) et La Chorasse (1666). La première de ces formes ne laisse aucun doute : il s’agit bien d’une ancienne « cataracte » au sens de « cours d’eau rapide », accompagné de l’adjectif « sèche », lié au fait que, souvent à sec, ce cours d’eau ne se transformait en « cataracte » qu’après de fortes pluies.

En 2004, dans la Revue Drômoise (vol. 96, n° 511-514, page 54), on nous explique qu’il y avait en fait deux Chorache :

C’est la présence de ces deux ruisseaux qui explique le nom du Chemin des Choraches de la commune.

Sur la carte IGN actuelle, le cours d’eau est appelé la Petite Choranche, sans doute par attraction du nom de Choranche, une commune iséroise située à une trentaine de kilomètres. Le nom de cette commune, attesté de Chauranchis au XIè siècle, est issu du nom d’homme latin Caurus et suffixe –anicas.

La rubrique « toponymie » de wiki dont je suis l’auteur explique : les formes Payrianum de 1050 et mandamentum Pariani de 1074, montrent que le toponyme vient du nom d’homme latin Patrius accompagné du suffixe anum (TGF*). En francoprovençal, la finale -ianum a évolué en -in (contrairement à l’occitan où elle évolue en -an). Le -s terminal qui apparait en 1587 dans Peyrins est non étymologique (NLD*).

La ville est attestée loco qui Romani dicitur en 845 puis Romans dès 1201. Ce nom est un ethnique, Romani pour Romains, pour désigner un village dont les habitants parlaient encore latin contrairement aux villages voisins germanisés. Le nom aurait été donné aux Vè – VIè siècles. C’est ce que j’expliquais déjà dans cet ancien billet .

C’est en 1920 que la ville a pris le nom de Romans-sur-Isère.

Dans une répàladev du 3 mai 2025, j’écrivais : « la ville est attestée Valentia chez Pline l’Ancien en 77. Nul besoin d’imaginer un nom d’homme latin Valentius, avec villa sous-entendu, comme Dauzat & Rostaing, ni un nommé Valens, comme Nègre : le nom vient simplement de l’appellatif latin valentia, « vigueur, courage » ; il s’agissait de louer la vertu principale attribuée à la ville et à ses habitants. On trouvera la forme Valensa en 1228, la forme franco-provençale Valenci en 1339-40 et la française Valence dès 1450. ».

■ un dauphin, pour orienter les recherches vers le Dauphiné.

■ la fête de Lutte Ouvrière, en présence de Nathalie Arthaud, née à Peyrins le 23 février 1970.

■ Des ravioles de Romans de la mère Maury au basilic et picodon râpé.

Les indices du mardi 22 septembre 2026

Ma dernière devinette n’a pas eu beaucoup de succès …

M’en fouti !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un hydronyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour [Cataracte].

Ce nom, bien écrit sur le cadastre napoléonien et dans le Dictionnaire topographique du département, apparaît aujourd’hui sur les cartes IGN précédé d’un adjectif et déformé par une consonne non étymologique, sans doute par attraction du nom d’une commune du département voisin. On le trouve également dans le nom d’un chemin, dans sa forme correcte mais au pluriel, sans doute parce que le cours d’eau est issu de plusieurs ruisselets tantôt à sec tantôt grossis par les pluies.

Le nom de la commune dans lequel il court est issu de celui d’un homme latin, sans doute un bon père de famille.

■ concernant la commune :

■ concernant le canton

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