Mots croisés du 04 janvier 2026

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2026 !

Ayant regagné mes pénates plus tard que prévu, je n’ai pas eu le temps de peaufiner aussi bien que je l’aurais voulu mon premier billet de l’année. C’est la raison pour laquelle je vous propose aujourd’hui une grille de mots croisés qui, je l’espère, vous occupera quelque temps.

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Malplaquet : la répàladev du 27 décembre 2025

Un Intrus et LGF sont restés les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le malplaquet, un « marbre dont le fond est d’un rouge pâle vineux, ondulé de gris » (Littré ; FEW, 6/1, 121a) qui tient son nom de Malplaquet, un hameau de Taisnières-sur-Hon, dans le Nord, où eut lieu le 11 septembre 1709 la célèbre bataille de Malplaquet.

Taisnières-sur-Hon, ici :

et Malplaquet, là :

Les toponymes

Malplaquet :  un document de 1710 parle de la maison male plaquée. Ce nom signifie littéralement « la maison mal placée ». Il existe trois autres lieux-dits homonymes en France, le premier à Aubry-du-Hainaut (Nord), le second à Halluin (id.) et le troisième à La Broque (Bas-Rhin).

On trouve également un lieu-dit Malplaquet à Trazegnies, une section de la commune belge de Courcelles, située en Région wallonne dans la province de Hainaut. On parlait de la maison quon dist malplacquiez en 1525 et de  la maison et prairie dite malplaquée en 1699 : il s’agissait d’une maison solitaire au bord d’un grand chemin qui servait d’hostellerie en 1709. (A. Carnoy, Dictionnaire étymologique des communes de Belgique, 1940).

Taisnières-sur-Hon

Taisnières : « Accompagné du suffixe –aria, au sens d’ « aire, lieu d’abondance », le gaulois passé en latin taxo (« blaireau ») a donné en bas-latin taxonaria qui deviendra, après l’amuïssement du x intervocalique, notre « tanière », qui — rendons à César …  —  avant d’être celle du loup ou de l’ours était donc celle du blaireau. On la retrouve dans les noms de Tannières (Aisne), La Tagnière (Saône-et-Loire), Taisnières-en-Thiérache et Taisnières-sur-Hon (Nord) », écrivais-je dans un billet en 2013.

Hon : le nom de cette rivière est issu du gaulois onna, « cours d’eau ».

Aulnoye-Aymeries

Aulnoye : ce nom est issu de l’oïl aunoie, « aulnaie ».

Aymeries : déjà le même nom en 1100, du nom de personne germanique Aimarus et suffixe locatif –iacas (sous-entendu terras).

Avesnes-sur-Helpe

Avesnes : attesté sous une forme adjectivale  Avennatis castelli en 1095, puis sous forme de substantif de Avesnis en 1107, Avesne, altare de Avesnis en 1131, de Avethnis en 1200 et de Avenatis au XIIIè siècle. Le type avesnes se distingue parfaitement du type avene (latin avena, « avoine ») par la permanence de sa graphie et par son extension géographique (Flandre, Piacrdie, Haute-Normandie). Ceci permet d’éliminer une origine selon un bas-latin *avenesna, « terrain propice à l’avoine »  proposée par E. Nègre (TGF*).  Il s’agit d’une formation germanique du haut Moyen Âge : l’appellatif féminin ancien saxon æsfen, « pâturage de choix ». À Montréolier (S.-Mar.), le sens de cet appellatif est bien visible dans l’attestation des communes patures nommées les Avesnes en 1455 (DNLF*).

Helpe : ce nom semble issu du pré-latin *appa, « eau », qui a également donné l’Eau d’Eppe, un ruisseau qui prend sa source sur le territoire de la commune de Froidchapelle en Belgique et se jette dans l’Helpe Majeure à Eppe-Sauvage (Nord). P.-H. Billy voit cette même racine dans les Weppes, petit pays à l’ouest de Lille. L’étymologie selon un hypothétique mot celtique *helpe, « argenté », lue à plusieurs reprises sur la toile, est à rejeter : ce mot n’est nulle part attesté.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

 ■ un rugbyman qui échappe à un plaquage est … mal plaqué. Même pas honte.

Malbrough s’en va-t-en guerre, fine allusion à la bataille de Malplaquet.

Ce billet sera le dernier de l’année. Je vous souhaite de très bonnes fêtes et vous dis :

À l’an que vèn ! Se sian pas mai, que siguen pas mens !

L’indice du mardi 23 décembre 2025

Un Intrus et LGF n’ont pas mis bien longtemps avant de me donner la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous deux !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’une roche issu de celui d’un hameau de France métropolitaine curieusement situé.

Le nom de la commune qui l’abrite fait référence à un animal sauvage et est accompagné de celui, d’origine gauloise, d’un cours d’eau.

Le bureau centralisateur du canton doit son nom à celui d’un arbre accompagné d’un patronyme d’origine germanique.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement est formé d’un terme ayant trait à l’agriculture accompagné du nom d’un cours d’eau.

L’ indice du mardi

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Roches et minerais

Après avoir étudié les verbes et les noms des étoffes, des couleurs et des danses issus d’un toponyme, je m’intéresse aujourd’hui aux roches et minéraux dont le nom est de même origine.

En réalité, le billet d’aujourd’hui complète un billet publié il y a déjà plus dix ans intitulé Sous les pierres, la devinette, dans lequel je passais en revue une quinzaine de noms de pierres formés sur un toponyme accompagné du suffixe bien connu –ite et complété par cet autre billet intitulé De quelques autres pierres qui en recensait neuf autres. Mais ces noms ne sont pas les seuls : j’en ai trouvé une dizaine d’autres formés avec le même suffixe et près de trois fois plus formés différemment !

  • Andésite : cette roche volcanique, noire ou grise, doit son nom à la cordillère des Andes où elle a été identifiée.
  • Ardennite : ce silicate  a été décrit en 1872 par Lasaulx et Bettendorf.  Il a été baptisé du nom de l’Ardenne belge (gaulois ardu, « haut » et suffixe –enna) où il a été découvert à Salmchâteau, un village de la commune de Vielsalm, située en région wallonne dans la province de Luxembourg
  • Cantalite : nom d’une variété de quartz qu’on trouve dans le Cantal. Cantalit est le nom donné en 1808 par le minéralogiste allemand Dietrich Ludwig Gustav Karsten. 
  • Ilménite : cet oxyde naturel de fer et de titane se trouve en grande quantité dans des schistes cristallins autour de l’Ilmen, un lac russe proche de Novgorod (du balto-finnois Ilmajärvi, « lac aérien »)
  • Kolwezite : ce carbonate hydroxylé de cuivre et de cobalt doit son nom (donné en 1980) à la mine de Kolwezi en république démocratique du Congo (d’une langue luba : kolwe, « sanglier » et zi , « lieu »).
  • Montmartrite : on trouve ce nom dans le Littré qui écrit : « variété de gypse calcarifère que l’on trouve à Montmartre, près de Paris, et qui résiste à des intempéries de saison que le gypse commun ne pourrait supporter ». On aura remarqué que, pour Littré, Montmartre (vvlt) est « près de Paris » : la future « commune libre » ne fut en effet rattachée à la capitale qu’en 1860. Le nom de montmartrite avait été donné par Jean-Claude Delaméthairie (1743-1817).
  • Montmorillonite : ce minéral argileux, à base de silicate d’aluminium et de magnésium hydraté, doit son nom à la commune de Montmorillon (Vienne – de mont et nom propre Morillon) où se trouvait un filon aujourd’hui épuisé. On lui donne aussi le nom de Terre de Sommières, du nom d’une commune gardoise où on la trouve en quantité.
  • Ottrelite : ce silicate de couleur verte à vert-jaune doit son nom à Ottré, un village de la commune belge de Vielsalm située en région wallonne dans la province de Luxembourg, où il a été découvert – comme l’ardénite vue plus haut.
  • Palagonite : ce mélange de minéraux produits par l’altération, en interaction avec l’eau, de matériaux volcaniques vitreux de nature basaltique, a été baptisé palagonite par Bunsen (1811-1899) parce qu’il se rencontre dans les formations volcaniques de Palagonia, en Sicile (wiki).
  • Tanzanite : cette pierre semi-précieuse extraite en Tanzanie (vvlt) subit sur place un traitement thermique prolongeant un phénomène naturel des pays chauds transformant sa couleur de manière irréversible.
  • Trimounsite : ce très rare silicate d’yttrium et de titane doit son nom à la localité de sa découverte, le grand gisement de talc de Trimouns (occitan tres monts, « trois monts » ) en Ariège (wiki).

Et les autres ? Les voici :

  • Agate : il s’agit d’une variété de quartz très dur aux couleurs très variées dont on fait des billes si elle est commune mais qui est aussi employée en joaillerie si elle de belle qualité. Selon Pline l’Ancien, son nom vient de celui d’une rivière sicilienne, l’Achates, près de laquelle on en trouvait en abondance et aujourd’hui appelée Dirillo. On écrivait acate, au XIè siècle, de manière étymologiquement plus correcte mais, par contamination du latin agapis (lui-même par corruption d’achates) le mot sera écrit par la suite agate.

Agate (the blues)

  • Boghead : cette houille dure, intermédiaire entre le charbon et le schiste bitumeux et qui laisse beaucoup de cendres, doit son nom au village écossais de Boghead ou Bog Head, « tête du marais ». On l’appelle aussi torbanite, d’après Torbane Hill près de Bathgate, toujours en Écosse.
  • Cadmie et calamine : cadmie est le nom qu’on donnait autrefois à la calamine, un minerai de zinc. Ce nom provient de Cadmée, citadelle de Thèbes, capitale de la Béotie fondée, selon la tradition, par le Phénicien Cadmus, Cadmos ou Kadmos (wiki), où l’on extrayait ce minerai.
  • Calcédoine : cette agate légèrement teintée d’un blanc laiteux était extraite, dans l’Antiquité, près de Chalcédoine, une ville de Bithynie, en face de Byzance – aujourd’hui nommée Kadikoy, dans la banlieue d’Istamboul.
  • Carrare : ce marbre blanc est extrait des carrières de Carrare (du pré-indo-européen *kar, « pierre »), en Toscane.

Carrare (ta gueule à la récré)

  • Erbine : cet oxyde terreux d’erbium se trouve à l’état naturel à Ytterby (« village excentré » en suédois), un village suédois  de l’archipel de Stocholm qui a donné également son nom à l’erbium (terre rare de numéro atomique 68, découverte en 1835 par Gustaf Mosander), au terbium (élément chimique de numéro atomique 65) et à l’yttrium (élément chimique de numéro atomique 30).
  • Gabbro : cette roche plutonique éruptive proche des basaltes doit son nom à un hameau toscan de la commune de Rosignano Marittimo. L’origine du nom Gabbro semble être dérivée du latin glabrum,  « chauve, glabre » en référence au sol aride et stérile. 
  • Izernore : ce marbre bleuâtre doit son nom à Izernore, chef-lieu de canton de l’Ain. (wiki)
  • Jais : il s’agit d’une variété de lignite d’un noir luisant qu’on trouve en France surtout dans le département de l’Aude, où on le travaille au tour pour le tailler en facettes comme une pierre précieuse. Son nom provient du latin gagatem, accusatif de gagates, « jais », lui même du grec γαγατης, soit « pierre de Gagas » (Γαγας), une ville et un fleuve de Lycie.
  • Kaolin : cette argile, blanche à l’état naturel, doit son nom au chinois kao ling, littéralement « lieu élevé », nom d’un lieu-dit d’où on l’extrayait. Il pourrait s’agir à l’origine de la colline de Kaoling, dans la province chinoise de Kiangsi.
  • Magnésie : la magnésie blanche (oxyde de magnésium), utilisée comme isolant thermique, tire son nom de « pierre de Magnésie », région d’Asie Mineure où abondent les aimants à l’état naturel. La magnésie noire (peroxyde de manganèse) ressemble par sa forme et sa couleur à ces aimants naturel.
  • Marceline : ce silicate naturel de manganèse doit son nom à la commune du Piémont italien de Saint-Marcel où on le trouve en abondance. On l’appelle également Piémontite.
  • Paros : marbre d’un blanc éclatant extrait des carrières de l’île de Páros, dans les Cyclades grecques. Il était si célèbre et si convoité qu’on a créé une porcelaine l’imitant, le parian.
  • Périgueux : ce type de pierre noire, très dure, dont se servent les verriers, les émailleurs et les potiers pour polir, tire son nom de la ville de Périgueux (vvlt) où on l’exploite .
  • Pouzzolane : cette terre rougeâtre d’origine volcanique qui, mélangée à de la chaux, donne une sorte de ciment, doit son nom à Pouzzoles, une localité italienne des environs de Naples (de puteoli, « les petits puits », dont l’eau d’origine volcanique était réputée dès l’Antiquité).
  • Sardoine : il s’agit d’une variété de calcédoine qui était appelée sardonyx en latin, soit « onyx de Sardaigne » (vvlt). Il s’agit d’une pierre précieuse ressemblant à l’agate. Elle sert à graver des camées, des vases ou des coupes.
  • Sarrancolin : ce marbre à fond gris, veiné de rouge violacé ou de rose et de jaune, doit son nom au village de Sarrancolin (Hautes-Pyrénées – d’étymologie obscure). On trouve également écrit sarancolin ou sérancolin.
  • Sinople : le nom de cet oxyde de fer de couleur rouge est issu du nom de la ville de Sinope (Sinope ou Sinopa), port de Paphlagonie par où cette couleur parvenait en Occident. En héraldique, le terme « sinople » a d’abord désigné la couleur rouge puis, de manière inexpliquée, la couleur verte.
  • Topaze : cette pierre précieuse jaune doré connait plusieurs variétés appelées topaze d’Inde et topaze du Brésil ainsi que des topazes occidentales, ou fausses topazes, qu’on trouve en Bohême, en Suisse et autres contrées européennes. Ceci est d’autant plus étonnant que le mot vient de l’ancien nom Topazos d’une île de la mer Rouge, aujourd’hui Zabargad ou île de Saint-Jean.
  • Travertin : ce terme désigne un ensemble de dépôts le plus souvent calcaires. C’est aussi le nom d’un tuf grisâtre italien extrait dans la région de Tivoli, près de Rome, et très utilisé dans l’Antiquité : le Colisée, par exemple, est entièrement fait de travertin. Le mot est issu de l’italien travertino, déformation de tivertino qui signifie « de Tivoli ».
  • Tripoli : cette terre faite de débris fossiles servait à polir les métaux, les glaces et les pierres dures — on disait tripolir ou tripoliser. On l’extrayait autrefois à Tripoli, capitale de la Libye. Son nom savant est « diatomite », car elle contient des diatomées (wiki).
  • Turquin :  il ‘agit du nom d’un marbre bleu veiné de blanc et d’un adjectif accompagnant « bleu » pour désigner un bleu foncé et mat. Le bleu étant la couleur favorite des Turcs, son nom lui viendrait de là, peut-être par l’italien turchino, le marbre bleu turquin antique venant de Mauritanie, pays turc.
  • Turquoise : cette pierre précieuse de couleur bleu verdâtre fut découverte en Turquie d’Asie, d’où son nom, même si elle est surtout abondante en Perse.

Une place à part pour le gailletin qui n’est pas un minerai mais un morceau de houille de grosseur moyenne plus connu sous le nom de tête-de-moineau. C’est un diminutif de gaillette, mot typique des mines belges du Hainaut qui dérive du latin (nux) gallica, « noix de Gaule », parce que les morceaux de ce charbon ont l’apparence des noix.

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une roche issu de celui d’un hameau de France métropolitaine curieusement situé.

Le nom de la commune qui l’abrite fait référence à un animal sauvage et est accompagné de celui, d’origine gauloise, d’un cours d’eau.

Le bureau centralisateur du canton doit son nom à celui d’un arbre accompagné d’un patronyme d’origine germanique.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement est formé d’un terme ayant trait à l’agriculture accompagné du nom d’un cours d’eau.

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Cortal Triador (Corsavy, P.-O.) et Pla dels Triadors (Dorres, P.-O.) : les répàladev

  Un Intrus est resté seul découvreur des réponses à mes dernières devinettes. Félicitations !

Les deux toponymes qu’il fallait trouver sont situés dans les Pyrénées-Orientales :

Le premier était le Cortal Triador situé à Corsavy, dans le canton du Canigou (bureau centralisateur : Amélie-les-Bains-Palalda) de l’arrondissement de Céret, dans les Pyrénées-Orientales.

Cortal Triador (à gauche sur la carte) : du catalan cortal, « bergerie » et triador « trieur ; parc de triage ». A. Pégorier (GTD* ) écrit : « Dans le parler catalan des Pyrénées-Orientales, bergerie se dit cortal, que le bâtiment soit dans un village ou sur un lieu de pâturage, qu’il soit couvert d’une toiture de tuiles ou de chaume ou d’une voûte de pierre sous un revêtement de terre ». On y parquait et triait les brebis avant le retour de transhumance. L’endroit est baigné par le Còrrec de Cortal Triador, avec còrrec, « petit torrent, ruisseau, ravin ».

On remarquera que le fichier FANTOIR appelle cet endroit Cortal Friado ce qui ne veut plus rien dire :

Le cadastre napoléonien (feuille C1, 1810-46) mentionne bien, lui, le Cortal Triado et la Rivière de Cortal Triado :

Corsavy : attesté Cortsavi et Corsavin au XIVè siècle puis de Corsevi en 1320, de l’ancien catalan cort, « domaine » et nom propre Sabin du propriétaire.

Canigou : à l’occasion d’un billet consacré aux Montañas Pirineos, j’écrivais : Le Canigou est le  point culminant du massif du même nom, sur la commune de Vernet-les-Bains ( Pyr.-O.). Ce nom est attesté, montem Canigonis, dès 845. Sans aucun doute pré-roman, mais certainement pas celtique (sa localisation et son caractère unique l’interdisent presque à coup sûr), ce nom est issu d’une base indo-européenne *can– , « blanc » ou, mieux,  *caneco , « jaune d’or », suivi du suffixe –one. La montagne aurait été ainsi appelée d’après la couleur prépondérante de ses roches. L’ hypothèse donnée par wiki — du phénicien transformé deux fois par les Grecs puis bénéficiant de la déclinaison latine — est, disons, pour rester aimable, rigolote.

Amélie-les-Bains-Palalda :

Amélie-les-Bains : d’abord simple hameau connu sous le nom de Bain d’Arles qui prit le nom en 1840 de la reine Marie-Amélie, épouse de Louis Philippe, et devint commune du canton d’Arles-sur-le-Tech.

Palalda : attesté Paladdenum en 833, in Palatiotano en 881, de Palacio Dano en 967, de Palan Dani en 1011 et in Paladdano en 1017. Du bas-latin palatium, « lieu défendu par une enceinte de pieux » et nom de personne germanique Alda(n) (TGF*) ou de palatium, « palais » d’époque mérovingienne ou carolingienne, et nom d’homme gaulois ou germanique Danus (DENLF*)

Céret : dans un article consacré au cerisier, j’écrivais  :

Céret (P.-O.) est attesté Sirisidum avant 814. Les attestations suivantes du  IXè au XIIè siècle ramènent au latin ceraseum accompagné du suffixe collectif –etum. Dans le groupe consonantique rs, le s a été assimilé par la consonne précédente : c’est ainsi qu’on passe de Cersed (1103) à Ceret (1143). Selon P.-H. Billy (DNLF*), contrairement aux affirmations de Dauzat & Rostaing (DENLF*) et E. Nègre (TGF*), le nom de Céret ne peut pas venir et ne vient pas du nom du peuple Cerretani, d’autant que la capitale romaine en était Llivia et que Céret se trouve dans le bas Vallespir.
Je me suis permis de rajouter ce paragraphe à la rubrique « toponymie » de la page wikipedia consacrée à Ceret et j’ai ajouté :

Le nom de ce peuple est mentionné Κερρητανοὶ par Strabon en 7 av. J.-C. par Strabon, Ceretani en 77 par Pline l’Ancien, et Ceretes par le poète Avienus au milieu du IVè siècle : aucune de ces formes ne peut être à l’origine de Sirisidum attesté en 814.

  Le deuxième lieu à trouver était le Pla dels Triadors, situé à Dorres dans le canton des Pyrénées catalanes de l’arrondissement de Prades du même département.

Pla dels Triadors (en haut sur la carte) : du catalan pla, « plan, plateau » et triadors  « trieurs ; parcs de triage ». On trouve là une Cabane des Triadors (carte IGN ) ou Baraque des Triadous (carte IGN 1950), où s’abritaient les bergers.

Dorres : attesté Edors en 1011 et Dorres en 1220, de l’hydronyme pré-celtique *iturr, qui a donné le basque iturri « fontaine » (TGF*) ou de l’hydronyme  *dur (NLPBG*)

Prades : attesté Prata en 842, du latin neutre pluriel prata « les près », devenu bas-latin pratas, féminin pluriel.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

 ■ Les plus perspicaces ont bien compris qu’il ne fallait pas s’arrêter sur Alès, c’eût été trop facile. Il fallait remarquer la publicité murale pour Byrrh, la célèbre boisson au quinquina mise au point par Simon et Pallade Violet, deux frères issus d’une famille modeste de cinq enfants dont le père était muletier dans leur village natal de Corsavy. C’est ce qu’on apprend en lisant leur histoire ici.

■ ce minerai de soufre devait orienter vers Dorres, connu pour sa source d’eau chaude sulfureuse qui jaillit à 42 °C aux Bains de Dorres.

 ■ Marie-Amélie de Bourbon peinte par Fragonard, devait orienter vers Amélie-les-Bains, bien sûr.

 ■ le violoncelliste Pablo Casals, peint par Juan fernandez, devait orienter vers Prades, bien sûr.

Les indices du mercredi 17 décembre 2025

Un Intrus (que je remercie au passage pour m’avoir fait comprendre mon erreur à l’origine de la mise à jour notée en rouge ci-dessous) a déjà trouvé les deux bonnes réponses à ma dernière devinette. Bravo à lui !

L’énoncé (avec la mise à jour de cet après-midi) en était le suivant :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour [triadou et triaire].

Il apparait dans deux communes du même département, situées à 130 km l’une de l’autre par la route. Dans la première, C1, il accompagne le nom local d’une bergerie pour nommer un lieu-dit. Dans la deuxième, C2, il accompagne, au pluriel, le nom d’un relief pour nommer un lieu-dit.

C1 porte un nom qui désigne un domaine rural accompagné du nom de son propriétaire. C2 a pris le nom d’une rivière qui la traverse, lequel est issu d’un hydronyme pré-celtique.

Les deux cantons sont nommés d’après un relief remarquable, un sommet connu pour le premier, une partie de la chaîne montagneuse pour le second. Ces deux noms ont été expliqués sur ce blog.

Les deux  chefs-lieux d’arrondissement (et non « bureaux centralisateurs des cantons ») portent un nom de végétal, un arbre fruitier pour le premier, une herbe pour le second. Ces deux noms ont été expliqués sur ce blog.

■ Un indice pour C1

■ un indice pour C2

Les indices du mercredi

Ce ne sont plus des indices, ce sont des cadeaux de Noël avant l’heure ! Ils concernent les bureaux centralisateurs des cantons.

■ et d’un :

■ et de deux :

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Triadou et triaire

Naguère, les paysans d’un même hameau laissaient leur bétail paître ensemble sur une parcelle commune. À la tombée du jour, les bêtes étaient regroupées à un emplacement précis où on les triait avant que chacun ne reparte avec les siennes. En pays de langue d’oc, cette place communale était appelée triadou (du bas-latin triatorium).

Naguère encore, quand on montait en transhumance jusqu’au buron ou au mazuc, on mélangeait dans un seul grand troupeau les bêtes de plusieurs élevages et, à la redescente, chacun récupérait les siennes à un emplacement appelé, lui-aussi, triadou. Souvent, dans ce dernier cas précis, il s’agissait d’un parc triangulaire dont une des pointes était percée d’une ouverture étroite permettant de trier et de compter les brebis et qu’on appelait triaire (de triar et -aire, littéralement « qui sert à trier »).

Il fallait bien quelqu’un pour s’occuper de ce triage : c’était le triadour ou le triaire, qui  comme d’autres noms de métiers, sont devenus des patronymes.

Comment veux-tu que je les compte ? Elles n’arrêtent pas de bouger !

De ces termes sont bien entendu issus des toponymes.

Et on commencera par Le Triadou, une commune héraultaise dont le nom est attesté de Triatorio en 1193, de Triado en 1520, la Trieude en 1622, le Triadou en 1626 et mas de Triadour en 1668. Il s’agissait, à l’origine, de la place de l’ancienne paroisse de Cassagnas (attestée de Cassanhacio au XIIè siècle, du gaulois « endroit des chênes ») où le berger communal ramenait du pâturage tous les soirs les vaches qu’il rendait à chacun de leurs propriétaires. Ayant pris de l’importance, Le Triadou a supplanté Cassagnas dont le nom s’est perdu.

On compte un peu plus de cinquante lieux-dits nommés (Le ou Lou) Triadou, la plupart en Hérault et Aveyron. On citera le Triadou à Saint-Bauzille-de-Puitois (Hér.) qui était la Métairie du Triadou en 1688 et le Puech du Triadou à Saint-Chély-d’Aubrac (Av.) ; la forme Lou Triadou se rencontre le plus souvent en Lozère (Altier, Molezon, Prévenchères, etc.). Plus rare, le pluriel se rencontre sous la forme Les ou Lous Triadous comme à Calmont ou Gabriac (Av.) ou sous la forme Les Triadoux comme à Montceaux-sur-Dordogne (Corr.). On rencontre enfin trois lieux-dits Le Triadour (Pandrignes, Corr. ; Saint-Hostien, H.-L. ; Saint-Martin-Terressus, H.-V.) qui pouvaient avoir le sens d’endroit servant à trier le bétail mais qui peuvent être des patronymes liés à la fonction du trieur.

Un triadour en plein travail

Sur le verbe tritare a été formé un adjectif trial et son pendant trialou, qualifiant un parc de séparation. Tous deux à l’origine de quelques toponymes comme Al Trial (Cailhau et Trausse, Aude), Le Trial (Espéraza et Souilhe, Aude ; Tornac, Gard ; Saint-André-de-Buèges,Hér. attesté Mas del Trial en 1520 etc.) ou le Trialou (Mairie d’Aizac, Ardc. , Triadou sur la carte d’état-major de 1820-66).  Enfin, avec vocalisation du l final de Trial, on a Triau, qui a pu devenir patronyme, et présent dans de nombreux noms de lieux comme les Champs de Triau à Cusance (Lot).

Les toponymes issus du triaire sont beaucoup moins nombreux, pas plus de six. On citera Les Triaires (Gap, H.-A. ; Lizant, H.-V. etc.) et La Triaire (Voulême, Vienne).

P.S. : j’ai volontairement laissé de côté les toponymes de langue d’oïl du type triage qui se rapportent le plus souvent à des gares de triage de la SNCF ou à la « partie de la forêt communale réservée au seigneur » puis à une « subdivision de la forêt ».

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour.

Il apparait dans deux communes du même département, situées à 130 km l’une de l’autre par la route. Dans la première, C1, il accompagne le nom local d’une bergerie pour nommer un lieu-dit. Dans la deuxième, C2, il accompagne, au pluriel, le nom d’un relief pour nommer un lieu-dit.

C1 porte un nom qui désigne un domaine rural accompagné du nom de son propriétaire. C2 a pris le nom d’une rivière qui la traverse, lequel est issu d’un hydronyme pré-celtique.

Les deux cantons sont nommés d’après un relief remarquable, un sommet connu pour le premier, une partie de la chaîne montagneuse pour le second. Ces deux noms ont été expliqués sur ce blog.

Les deux  chefs-lieux d’arrondissement (et non « bureaux centralisateurs des cantons ») portent un nom de végétal, un arbre fruitier pour le premier, une herbe pour le second. Ces deux noms ont été expliqués sur ce blog.

■ Un indice pour C1

■ un indice pour C2

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Le Puech de Mazuq à Curan (Av.) : la répàladev

Un Intrus à rejoint TRS et LGF sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver le Puech de Mazuq à Curan, du canton de Raspes et Lévézou (bureau centralisateur Pont-de-Salars) dans l’arrondissement de Millau (Aveyron).

► Curan, ici :

► Le Puech de Mazuq, là :

Toponymie

Puech de Mazuq : on reconnait dans ce nom la forme puech issue du latin podium, au sens de « colline au sommet plat, arrondi » (653 m). Il est accompagné ici du nom de son propriétaire, un nommé Mazuq, variante graphique de Mazuc. On compte vingt-six puechs à Curan : il fallait bien les différencier d’une manière ou d’une autre !

Curan : comme je l’ai écrit chez wiki, le nom de la commune est attesté, à propos de ce qui deviendra Salles-Curan, sous la forme de las Salas de Curain en 1256, de Salis Curanhi en 1349 et de Curanhio en 1383. Ce nom est issu de l’occitan sala, « résidence seigneuriale » et du nom de personne latin Currannius (TGF*).

Raspes et Lévézou

Raspes : ce terme, du rouergat raspa, désigne un terrain difficile, raviné, « râpeux ». Il désigne plus particulièrement les défilés encaissés dans lesquels coule le Tarn (wiki).

Lévézou : comme je l’ai écrit chez wiki, le nom de la région est une formation du Moyen Âge sur le nom d’un village aujourd’hui disparu, attesté Leveso en 1189 et Levedon vers 1190. On parlait de la montagne de Lévézou sous l’Ancien Régime puis du plateau de Lévézou au XIXè siècle. Le nom du village provient de la racine indo-européenne *leu-, « pierre », accompagnée du double suffixe –itone. Dès 1552, la région avait été nommée d’après le village :on écrivait la montagne de Lebezou ou de Levezou (DNLF*)

Pont-de-Salars :  comme je l’ai écrit chez wiki, Salars est le nom d’un ancien village, aujourd’hui simple lieu-dit près du cours du Viaur. Il est issu de la racine pré-indo-européenne *sal au sens de « cours d’eau, marécage » (ETP*), accompagnée du suffixe pré-latin –aris (DNFLMF*).

Millau : la ville a porté deux noms. Je copie-colle la rubrique wiki écrite par moi-même :

Le nom Condatomagus du IVè siècle est un composé gaulois de *condate, « confluent » et de *magos, « champ ou marché » : originellement situé au confluent du Tarn et de la Dourbie, il s’agissait d’un des plus grands marchés de potiers de la Gaule. Après les invasions germaniques, la ville fut déplacée à son emplacement actuel, sur la rive opposée du Tarn. À la fin du VIIIè siècle apparait le nouveau nom de la ville : Amiglado (attesté dans la Vie de saint Didier, évêque de Cahors ) qui évoluera en Amiglauuo en 1037. Ce nom est un composé gaulois de *ambe, « rivière » et de *klados, « fossé » : la ville était bordée par le Tarn et entourée de fossés. L’apocope est apparue dès le XIIIè siècle et deviendra définitive au XIVè siècle. En occitan, la ville sera appelée Omilau vers 1132 puis Melhau à la fin du XIIè siècle. En français, on dira a la Amilloie en1262 puis Millau dès 1470 (DNLF*). D’autres étymologies basées sur le nom d’homme romain Æmilius ont été proposées (A. Dauzat, E. Nègre etc.) mais elles ne tiennent pas compte des formes les plus anciennes du nom.

Les indices

■ « Les Gaulois au sang chaud » : ce sont les Rutènes, dont j’ai expliqué le nom à plusieurs reprises (comme ici et ) : le nom des Rutènes serait formé du préfixe augmentatif celtique– (formé par la perte du p– initial de *prŏ-, « en avant », « devant ») suivi du thème celtique *tēno-, « chaleur, feu » (de *tepno-, issu d’une racine indo-européenne *tep-, « chauffer ») et pourrait signifier « les très chauds ou très ardents (guerriers) » (Jacques Lacroix, Le nom des Rutènes, Revue des études-anciennes, 2013, t. 115, n°1, p. 51-70. – en ligne).

Les indices du mardi 9 décembre 2025

TRS m’a très vite donné la réponse à ma dernière devinette. Il a été suivi par LGF. Félicitations à tous les deux !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour[mazuc].

Il est situé dans une commune dont le nom est issu de celui d’un homme latin. Créée pendant la Révolution française, elle a fusionné avec sa voisine un demi siècle plus tard, avant de reprendre son autonomie plus d’un siècle après.

Le nom du canton associe celui d’un relief particulier à celui d’une petite région naturelle. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le déterminant du nom de son bureau centralisateur n’est pas un nom de cours d’eau mais celui d’un ancien village, issu d’un très vieux radical désignant un lieu humide.

Les indices du mardi

Je n’avais pas accompagné cet énoncé d’indices puisque, la région étant connue par l’implantation limitée du mot, cela me semblait peu nécessaire.

Allons-y donc pour les indices du mardi :

■ le nom à trouver est celui d’un relief arrondi déterminé par le nom, lié aux mots du billet, de son propriétaire.

■ Le relief qui donne une partie de son nom au canton est particulièrement difficile d’accès.  La petite région naturelle qui donne l’autre partie de son nom au canton est un château d’eau : plusieurs rivières y prennent leur source et des barrages y ont été aménagés.

■ Les Gaulois qui peuplaient la région étaient réputés être des guerriers au sang chaud.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Mazuc et mazut

Dérivé de mansus, le terme masuc est employé, notamment en Rouergue, pour désigner ce qu’on appelle buron en Auvergne. Bâtiment tout en longueur au milieu des prés, il sert, depuis qu’on fait transhumer les vaches, à la confection des fromages de montagne (comme le Cantal ou le Laguiole). Cependant, déjà à la fin du siècle dernier, « les derniers mazucs de l’Aubrac ne fournissaient plus que 25 tonnes de fourmes » (D. Crozes, Le Laguiole. Une lame de légende, 1996).

(d’après photo – J. Roubier)

F. Mistral (TDF*) définissait le mazuc comme un « chalet, laiterie, cabane où on manipule le fromage, en Rouergue » et précise que le nom est devenu nom de famille. Le Pégorier (GTD*) définit mazuc comme une « cave à beurre ou à fromage à côté d’une jasse [abri pour le berger ou enclos où l’on parque le bétail en montagne] ou d’un orri [cabane de berger] ». Le Littré nous parle du « nom, dans l’Aubrac, de huttes construites avec de fortes perches de hêtre recouvertes de mottes de terre ou de gazon, huttes où l’on prépare le beurre et le fromage ». Mais, tout comme le buron, le masuc, diminutif en -uc (latin -ucu) de mas, a eu un sens bien moins spécialisé, désignant plus simplement un habitat rudimentaire, une modeste habitation. Masuc est attesté dans ce sens là dès 1535 où on trouve écrit  « leur petite maisonnete, appellee mazuc ».

Ce terme est à l’origine de toponymes et de patronymes (cf. Émile Mazuc, auteur d’une Grammaire languedocienne publiée en 1899), ce qui explique sa dispersion dans des zones extérieures au Rouergue d’origine.

On rencontre plus de trente lieux-dits nommés (Le ou Les) Mazuc(s), quasiment tous en Occitanie (plus de la moitié en Aveyron, sept dans le Lot, deux en Lozère, dans le Tarn et le Tarn-et-Garonne) et seulement deux en Auvergne-Rhône-Alpes. Une graphie francisée est à l’origine de la Mazuque à Coubisou et à Soulages-Bonneval en Aveyron, à Dégagnac dans le Lot et du diminutif le Mazuquet (ce qui fait un double diminutif, c’était vraiment tout petit !) à Rignac dans le Lot. On leur ajoutera l’adjectif mazucal, à l’origine de trois toponymes Les Mazucals dans le Lot, signalant la propriété d’un nommé Mazuc.

Mes amitiés à la famille Bras, souvenir d’un (trop court) séjour estudiantin à Laguiole

Dans certains cas, la consonne c a avancé son point d’articulation à t (le TDF* de F. Mistral donne par exemple atí pour aquí, chastun pour chascun etc. dans le Velay) : mazuc est ainsi à l’origine de mazut.

On rencontre, là aussi, une trentaine de lieux-dits (Le ou Les) Mazut(s) dont près de vingt dans le Lot, quatre dans le Cantal, deux en Aveyron, et un en Lozère. Le nom, devenu patronyme, a voyagé, d’où Le Mazut à Daglan en Dordogne et Mazut et Grande Plaine à Fontarèches dans le Gard ainsi que, formé sur le nom du propriétaire, La Mazutière à Saint-Marcouf dans le Calvados (il faudra qu’on m’explique pourquoi un Aveyronais nommé Mazut peut envisager de s’installer en Normandie). Cependant, ce dernier nom n’existe que dans le fichier Fantoir et est absent des cartes IGN et de la liste des rues donnée par la mairie …

On ajoutera enfin une forme encore plus rare, avec amuïssement du c final, donnant Le Mazue au Clapier (Av.) et à Itzac (Tarn) et Le Mazue d’Hérals à Albaret-le-Comtal (Loz., écrit Mazuc d’Héral sur la carte IGN).

Enfin, le fichier FANTOIR signale Le Masut à Camps-Saint-Mathurin-Léobazel (Corr.) et Le Masuc à Chauchailles (Loz.), absents du fichier IGN et introuvables sur les cartes (raisons pour lesquelles je n’en ferai pas ma devinette).

(Et, non, pas de poêle à Mazut.)

Et, puisque tout devrait finir en chanson (paroles) :

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune dont le nom est issu de celui d’un homme latin. Créée pendant la Révolution française, elle a fusionné avec sa voisine un demi siècle plus tard, avant de reprendre son autonomie plus d’un siècle après.

Le nom du canton associe celui d’un relief particulier à celui d’une petite région naturelle. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le déterminant du nom de son bureau centralisateur n’est pas un nom de cours d’eau mais celui d’un ancien village, issu d’un très vieux radical désignant un lieu humide.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr