Un Intrus et LGF sont les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !
Il fallait trouver le lieu-dit Mardellerat à Gy-les-Nonains dans le canton de Courtenay de l’arrondissement de Montargis (Loiret).
Gy-les-Nonains :

Mardellerat :


Les toponymes
■ Mardellerat :
Le nom de ce lieu-dit est écrit Mardellera sur la carte d’état-major (1820-66) comme sur le cadastre napoléonien (1839) et Mardellarat sur la carte IGN de 1950.
Dans la liste des biens des Templiers, récupérés en 1417 par les Hospitaliers de Saint-Jean, cette parcelle est dite terre des Fosses au Rat : Mardellerat est donc bien une Mardelle à rat, mais on n’en sait pas plus sur ce rat, dont le singulier interroge.
Ceux qui ont bien regardé la carte ci-dessus ont vu une petite mare au nord du lieu-dit Mardellerat : c’est bien elle qui lui a donné son nom.
■ Gy-les-Nonains
Gy est attesté Gaiaco au VIIIè siècle, Gajacus au IXè siècle, de Giaco vers 1090, Gii au XIè siècle et Giy au XVIIè siècle, du nom d’homme latin Gaius avec le suffixe –acum.
Nonain est une variante de l’ancien français nonnain, cas régime de « nonne ». Il s’agit d’une référence aux religieuses qui occupèrent le monastère jusqu’en 1752.
■ Courtenay
Courtenay est attesté de Curtiniaco entre 1110 et 1116, du nom de personne latin Curtinius avec le suffixe -acum
■ Montargis :
j’ai complété la rubrique « toponymie » de la page wiki de la façon suivante :
Les formes anciennes de Monte Argio en 1152, Montem Argi en 1184, Montem Argisii au XIIè siècle et Montargiacum en 1270 ont été interprétées comme formées du latin montem, « mont » accompagné du nom d’homme latin Aredius (DENLF*) ou Aridius (TGF*) ou du nom d’homme germanique Harrigis (M.-T. Morlet, Les noms de personne sur le territoire de l’ancienne Gaule du VIè au XIIè siècle – vol. III – Les noms de personne contenus dans les noms de lieux, CNRS, 1985)
Cependant, une forme ancienne in Monte Argilloso attestée en 1043 dans les Actes des Ducs de Normandie (que les précédents auteurs ne connaissaient visiblement pas), formée du même latin montem, « mont » accompagné du latin argillosus, « riche en argile », permet de donner à Montargis le sens de « mont argileux », une étymologie tout à fait plausible puisque Montargis se situe dans une vaste zone d’argile à silex (DNLF*).

Les indices
■ Ce tableau de Renoir peint en 1868, dit Le ménage Sisley, est en réalité intitulé Les fiancés. L’indice se rapportait, comme indiqué, au nom de la commune, lequel était dit provenir de celui d’un homme latin. En ouvrant le Gaffiot, on voit que Gaius et Gaia sont les « appellations anciennes du fiancé et de la fiancée ». De Gaius à Gaiaco et à Gy …
■ Il fallait reconnaître ici de l’argile à silex, qui a donné son nom à Montagris.
■ Abraracoucix, un vieux Gaulois, devait faire penser aux Sénons qui occupaient la région de Montargis et dont le nom vient du gaulois senos, « vieux, ancien ».
■ Le Chat noir, interprété par Aristide Bruant né le 6 mai 1851 à Courtenay (et mort le 11 février 1925 à Paris). Cela explique aussi cette phrase : « je vous proposerais bien un indice pour le bureau centralisateur du canton, mais je ne voudrais pas être le chat noir ». Ce même chat noir « peut aussi être considéré comme en rapport avec le deuxième élément du nom à trouver » : on sait que chat et rat ne font pas toujours bon ménage.
■ Ce tableau de Fragonard (1732-1806) représente Mercure et Argus. Une légende raconte que la déesse Junon, prise de jalousie, chargea le berger Argus d’espionner sa rivale, la malheureuse Io. Cela se passait sur une montagne qui devint *Mons Argi, d’où Montargis (V.-A. Malte-Lebrun, Le Loiret : Géographie, histoire, statistique, administration, 1882). En réalité, ce berger n’est autre qu’Argos aux yeux multiples chargé par Héra (Junon) de garder un œil sur la vache Io dont elle était jalouse. Bien avant Malte-Lebrun, Charles Estienne ( La guide des chemins de France, 1553) écrivait, sans mentionner directement la légende : « Dicte comme le mont Argus, pour ce qu’elle voit, ou que l’on voit de bien loing alentour ».










■ ce chêne devait faire penser à Charnas (cf. plus haut).
■ le Faucheur de Victor Fonfreide (peintre Auvergnat 1872 – 1934) devait faire penser à Sarras (cf. plus haut)
■ cette gravure concernait un pont suspendu comme la
■ des oignons pour rappeler la célèbre foire aux oignons de Tournon-sur-Rhône. Cet indice avait déjà utilisé lors d’une précédente 







■ cette
■ Achille Zavatta, un des plus célèbres
■ un castor, en référence à l’étymologie la plus connue de Bibracte.






■ le savon de Marseille devait orienter les recherches vers Salon-de-Provence où est mort
■ cette 