Les mots croisés du dimanche 9 août 2026

Je vous propose ce dimanche un nouveau mot-croisé sans case noire :

Horizontalement

I -Eau normande ou vin provençal.

II- En finit avec l’Europe.

III – Bon pour la grammaire.

IV – Joint.

V – Leur guerre divise.

Verticalement

1 – En Bigorre.

2 – Ficelle.

3 – Ils font parler.

4 – Dépêche.

5 – Producteur d’huile.

Grille résolue attendue chez leveto@sfr.fr

Le Cibial à Paulhac et à Deux-Verges (Cantal) : la répàladev

Bravo à LGF qui est resté le seul à avoir résolu ma dernière devinette !

Il fallait trouver Le Cibial, un toponyme qui apparait quatre fois à Paulhac et une fois à Deux-Verges, dans l’arrondissement de Saint-Flour du Cantal.

Paulhac et Deux-Verges :

Le Cibial à Paulhac

Le Cibial à Deux-Verges

Le nom du hameau de Paulhac, attesté al Sebial et al Cebial en 1511 est écrit le Cebial sur la carte de Cassini (f. 54, Saint-Flour,1779) : on y reconnait aisément l’occitan cèbe, « oignon », accompagné du suffixe –al ( latin –ale) au sens d’« étendue de » ou « lieu de ». Ce suffixe, plutôt rare, se retrouve dans des noms comme Vignal (Apinac, Loire ; Taillecavat, Gir. etc.) , « étendue de vigne », ou comme Combal (Lespéron, Ardc. ; Sérenac, Tarn etc.), « lieu de la combe ». On trouve également en 1612 le nom Lou Cebier avec un suffixe sans doute perçu comme plus « français » mais qui ne s’implanta pas.

À Paulhac, Le Cibial a donné son nom aux Aiguades de Cibial, à la Montagne du Cibial et à la Vacherie du Cibial. À Deux-Verges, n’existe que Le Cibial.

Attesté Pauliacum en 1198, du nom d’homme latin Paulius et suffixe –acum. Paulhac se situe dans le canton de Saint-Flour (cf. ci-dessous).

Ce nom, qui se comprend facilement, avait été mentionné sur ce blog, notamment à propos de La Couvertoirade et de l’église en général.

X. Delamarre (Dictionnaire de la langue gauloise, éd. Errance, 2003) explique le nom de la Truyère par le gaulois tri obris, « trois sources » ou « trois ruisseaux ».

Lors d’une répàladev concernant La Voireuze, j’écrivais :

Saint-Flour : S. Florus en 1004, du nom de Flour, premier évêque de Lodève. Selon la tradition, il quitta cette ville, guidé miraculeusement vers la haute Auvergne par une nuée le jour et une lueur la nuit. Arrivé au Mons Indiciacum, il trouva un quadrilatère dessiné sur le sol par les anges, lui indiquant l’emplacement de l’église à construire. Il se fixa en ces lieux d’où il évangélisa la haute Auvergne avant d’y mourir en 389. Son tombeau devint lieu de pèlerinages pendant plusieurs siècles et ainsi Indiciacum devint-il Saint-Flour. L’étymologie populaire fait d’Indiciacum « qui indique » (lat indicium, « révélation, signe »), pris comme une preuve des prodiges qui guidèrent le saint jusqu’au bout de son périple et de la marque laissée par les anges sur le sol. Assurément, l’étymologie populaire parait être pour beaucoup dans l’élaboration de ces miracles. En fait, Indiciacum est un nom de domaine gallo-romain formé sur le nom d’homme latin Indicius et suffixe –acum.

La bulle papale de 996 qui mentionne le nom d’Indiciacus confirme les biens de l’abbaye de Cluny dont une cella où repose le corps de saint Flour. Au XIIè siècle, un clerc fait de ce saint, dont on ne sait absolument rien, un compagnon de saint Pierre ; en 1329, Bernard Gui en fait le premier évêque de Lodève …

■ La phrase « La légende qui accompagne le saint dont il est question est un premier indice », était une allusion au Mons Indiciacum à l’origine de la légende de saint Flour.

■ Il fallait voir dans ce « chouette » indice un hibou gravé au doigt, une des gravures rupestres emblématiques de la grotte Chauvet.. Si cette dernière se trouve en Ardèche (et vaut le détour, comme dit Bibendum — on ne visite qu’une réplique mais fort bien réussie et appréciée de ma petite fille Chloé, c’est vous dire), son découvreur, Jean-Marie Chauvet, est né à Paulhac (Cant.).

■ cette case de bédé, signée Gotlib, est extraite de La triste histoire du monsieur qui avait deux bistouquettes (L’Écho des savanes n°4, 01/07/1973) … et devait faire penser à Deux-Verges.

Les indices du mercredi 05 août 2026

LGF n’a pas mis longtemps à me donner la bonne réponse à ma dernière devinette.

Rappel de l’énoncé

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour [cive et cèbe].

Il apparait à l’identique dans deux communes C1 et C2 du même département. Dans C1, il sert en outre de déterminant à trois autres noms de lieux.

Le nom de C1 est formé sur celui d’un homme latin accompagné d’un suffixe bien connu.

Le nom de C2 était sans doute à l’origine celui d’une halte pour les voyageurs.

Le chef-lieu de l’arrondissement où se trouvent C1 et C2, qui est aussi le bureau centralisateur du canton de C1, est un hagiotoponyme. La légende qui accompagne le saint dont il est question est un premier indice.

Le bureau centralisateur du canton de C2 désigne un bâtiment religieux accompagné du nom de la rivière qui l’arrose.

■ et un chouette indice :

■ L’indice ci-dessus concerne la commune C1.

■ Pour C2, je vous propose cet indice

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Cive et cèbe

Il y a sept ans, dans un billet consacré aux condiments, j’écrivais ceci :


Le latin classique caepa, désignant l’oignon, a abouti à l’ancien français cive et à l’occitan cèba, avant que « oignon », du latin unionem, n’ait la prépondérance. On peut ranger sans hésitation dans les terroirs producteurs d’oignons Lézignan-la-Cèbe ( Hérault, Loci de lezignano Coepoe en 1497 ) et Valcebollère ( P.-O., avec le diminutif cebolla pour ciboule ).

Je vais aujourd’hui un peu plus loin en étudiant un peu plus en profondeur les toponymes formés sur le latin caepae, au sens d’oignon.

En pays de langue d’oïl, c’est la cive qui a été la plus productive, notamment sous la forme collective du type La ou Les Civière(s), désignant des lieux où étaient cultivés des oignons : on citera par exemple l’ancienne commune de Civières (Cyveriis en 1210, Civeriae en 1257), aujourd’hui intégrée dans Vexin-sur-Epte (Eure) et la commune de Valcivières (P.-de-D.). Un autre nom à valeur collective est à l’origine de toponymes comme Le Civet (Barbery, Calv. etc.), le Champ Civet (La Buisse, Is. etc.), le Clos du Civet (Plémy, C.-d’A. etc.), le Jardin du Civet (Dehault, Sarthe) etc. désignant tous des champs d’oignons. On ajoutera les noms de La Civerie (Loches, I.-et-L. ; Angé, L.-et-C. ; Cossé-le-Vivien, May.) qui peuvent désigner des lieux de production ou de commerce d’oignons.

En pays de langue d’oc, c’est la cèbe qui a fourni la majorité des toponymes. La forme simple apparait, on l’a vu, comme déterminant de Lézignan-la-Cèbe (Hér.), mais aussi dans des noms comme le Mas de la Cèbe à Eygalières (B.-du-R.) et le Prat de Cèbe à Castanet-le-Haut (Hér.) ainsi que dans des noms plus pittoresques comme Pourguecèbes à Manciet (Gers), d’un sobriquet signifiant « pèle oignons », ou la Combe de Mange-Cèbe, là aussi d’un sobriquet. Les noms à valeur collective sont représentés par la Cébière (Castellane, A.-de-H.-P. ; Montagnol, Av.), la Cibière (Sabran, Gard ; Val-des-Prés, H.-A. etc.), les Cibières (Clermont-l’Hérault, Hér.) ou encore Lou Cibier (Crandvals, Loz.). On trouve également La Cebette (Molezon, Loz.) et Les Cebettes (Peyre-en-Aubrac, id.) qui, plutôt que des dérivés collectifs, pourraient être formés sur le patronyme Cebet, dont F. Mistral (TDF*) nous dit qu’il s’agit d’un « sobriquet donné aux paysans, parce qu’ils mangent beaucoup d’oignons ». C’est en tout cas le cas pour le Barrail de Cebet (Ercé, Ariège), avec l’occitan barrail, barralh, « enclos ». On rajoutera le nom du Cébérou (de ceba et suffixe –eron) une hauteur du Puech (Hér.), sans doute ainsi nommée parce que son sommet ressemble à un oignon.

Une variante graphique avec S– initial a donné des noms comme La Sèbe (Bouc-Bel-Air, B.-du-R. ; Digne-les-Bains, A.-de-H.-P. etc.) ou le Vallon des Sèbes (Sourribes, A.-de-H.-P.) ainsi que des collectifs comme Lou Sebeiro (Fontanès, Loz.), La Sebière (Broquiès, Av. etc.), La Sebiero (Fayet, Av.) ou Les Sébières (Angles, A.-de-H.-P. ; Ginasservis, Var etc.).

A. Dauzat (Dictionnaire étymologique des noms de famille et prénoms de France, éd. Larousse, 1994) donne les patronymes Cibier pour « producteur et marchand d’oignons » (peut-être à l’origine de quelques toponymes vus plus haut), Cibard, « péjoratif » (d’où par exemple La Cibarde à Berson, Gir. et La Cibardière à Dirac, Char.), la variante Cibaud (d’où par exemple Chez Cibaud à Andrézieux-Bouthèon, Loire et La Cibaudière à Valenjou, M.-et-L.) et le diminutif Cibot (d’où par exemple La Cibotière à Lusanger, L.-A. et la Ciboterie à Pellevoisin, Indre). Pour ces deux derniers noms, on peut également penser à des variantes du nom d’origine germanique Sibaud (sig, « victoire » et bald, « audacieux »).

Comme je l’expliquais dans un billet consacré à l’avoine « un autre mot de langue d’oc pour désigner l’avoine, cibado ou civado  (du latin cibus, « aliment »),  est à l’origine de quelques micro-toponymes comme Civade à Planzolles (Ardèche), La Civadière à Lafare (Vauc.), Civadou à Atur (Dord.), et bien d’autres », qui n’ont donc rien à voir avec la cive.

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour.

Il apparait à l’identique dans deux communes C1 et C2 du même département. Dans C1, il sert en outre de déterminant à trois autres noms de lieux.

Le nom de C1 est formé sur celui d’un homme latin accompagné d’un suffixe bien connu.

Le nom de C2 était sans doute à l’origine celui d’une halte pour les voyageurs.

Le chef-lieu de l’arrondissement où se trouvent C1 et C2, qui est aussi le bureau centralisateur du canton de C1, est un hagiotoponyme. La légende qui accompagne le saint dont il est question est un premier indice.

Le bureau centralisateur du canton de C2 désigne un bâtiment religieux accompagné du nom de la rivière qui l’arrose.

■ et un chouette indice :

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Minerviu et Monte Minerviu à Barrettali (Haute-Corse) : la répàladev.

Sans passer par ma boite mail, il semble que TRS et LGF, si j’en crois leurs récents commentaires, aient tous les deux trouvé la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le hameau Minerviu et le Monte Minerviu, dans le hameau de A Chjesa à Barrettali, dans le canton du Cap Corse (bureau centralisateur : San-Martino-di-Lota) de l’arrondissement de Bastia, en Haute-Corse.

Barrettali :

Minerviu et Monte Minerviu

Ce nom a été donné par les Romains qui ont occupé le mont et qui l’ont dédié à Minerve. Au XIIè siècle, les seigneurs Peverelli y bâtirent un château, le Castrum Minerbii, autour duquel se développera le hameau.

Ce nom apparait sous la forme Minervio sur la carte d’état-major (1820-66).

Il semble en revanche absent du fichier FANTOIR, tandis que le fichier « TOPO » de la DGFiP ne mentionne qu’un quartier Minerviu

A Chjesa signifie « l’église » en Corse. C’est là que fut élevée l’église paroissiale de Saint-Pantaléon. On aura noté la graphie Chiesa sur la carte IGN ci-dessus.

La rubrique wiki dont je suis l’auteur explique

Le nom du village est issu de la racine prélatine (indo-européenne) *bar, à valeur oronymique, désignant une montagne, un sommet. Le sens de ce nom pourrait être celui qu’il a conservé dans le terme « barre », avec la signification de « barrer » qu’on retrouve dans « barrage ». En effet, quand on arrive par la mer, on se heurte à un hémicycle de montagnes qui font barrage. (Alain Baousson, Origine du nom de votre commune : Corse, Books on demand, 2026)

C’est un cap, et il est corse.

Du nom de saint Martin qui est à l’origine de très nombreux toponymes. Il est accompagné ici du nom de l’ancienne piève, Lota, qui n’a pas d’étymologie assurée (on peut penser à un nom d’origine étrusque).

La ville a été fondée en 1313 par des marins génois. La première attestation qu’on en ait date de 1337, Bastia. Il s’agit d’un terme de l’ancien piémontais qui désignait une petite forteresse carrée, entourée d’un fossé et d’un terre-plein. Ce terme correspond au latin médiéval Bastita, attesté au XIè siècle au sens de « forteresse », à l’origine de l’occitan bastida. Le nom est écrit Bastia sur les cartes italiennes des XVIIè et XVIIIè siècles, mais La Bastide sur les cartes françaises du XVIIIè siècle.

■ l’écrivain aviateur dont il est question dans l’énoncé est bien sûr Antoine de Saint-Exupéry qui a résidé à San-Martino-de-Lota. Le 31 juillet 1944, il décolle de l’aéroport voisin de Poretta et s’abîme en mer au large de Marseille.

■ cette « barre rocheuse sculptée en 3D » était là pour l’étymologie du nom de Barretalli.

■ ce caducée de médecin, en rapport avec l’église de Chjesa, devait faire penser à saint Pantaléon, patron des médecins.

■ cette case bédé est extraite de l’album Astérix en Corse.

Les indices du mardi 28 juillet 2026

Personne ne m’a donné de réponse à ma dernière devinette … (même s’il me semble voir quelques allusions dans le commentaire de TRS concernant les indices de mardi dernier à propos d’une autre devinette … et il n’en rajoute semble-t-il une couche il y a peu). Le TRS, tout dis machin-courtois qu’il soit, n’en semble pas moins dépourvu d’un semblant de perspicacité … Comment disaient-ils, mes profs ? Ah ! Oui : « élève sérieux et travailleur. Peut mieux faire. » …

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour [Minerve]. Il s’applique à un hameau et à un mont, sur lequel avait été bâti au XIIè siècle un château du même nom, aujourd’hui en ruines.

Ce toponyme apparait dans une commune dont le nom est issu d’un très ancien radical oronymique et, plus précisément, dans un hameau de cette commune qui doit son nom au fait qu’il s’est développé autour d’une église.

Un écrivain célèbre a vécu quelque temps dans cette commune le bureau centralisateur du canton avant de périr en mer.

Le bureau centralisateur du canton porte le nom du saint le plus prolifique de la toponymie française accompagné de celui de la région.

Dernière précision : tous ces noms sont exprimés dans une langue régionale.

■ un indice pour le nom de la commune :

■ Un indice (peut-être rétroactif mais en tout cas digne, estimable et respectable) pour l’église du hameau :

■ Un indice pour la région :

■ L’écrivain dont il est question dans l’énoncé. était aussi aviateur.

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Minerve

En 2020, lors d’un billet consacré au panthéon gaulois j’écrivais :


La Minerve romaine a été quant à elle assimilée à Belisama (ou Belsama), la Très Brillante, souvent associée aux éclairs, qui est à l’origine des noms de Balesmes (I & L), Beleymas (Dordogne), Bellème (Orne), Blesmes (Aisne, Marne) ou encore Blismes (Nièvre).

Au début de cette année, j’étais allé plus loin en écrivant un billet entièrement consacré à Belisama.

La Minerve de Poitiers

Et la Minerve romaine, me demanderez-vous ? Elle a, elle aussi, laissé sa trace en toponymie, mais ces traces sont si peu nombreuses que le billet d’aujourd’hui sera court. Ces traces ne subsistent que dans les territoires issus de la province de la Narbonnaise, la plus romanisée.

Le nom de la déesse apparait tel quel dans celui de la commune héraultaise de Minerve (pagus Minerbensis en 843 et kastro Menerba en 873). On n’a trouvé sur place aucune trace de son culte ; mais le village, situé sur un oppidum gaulois, garde des vestiges d’habitat romain prouvant la persistance de l’occupation durant la période impériale.

On trouve également sept lieux-dits Minerve (Agnac, L.-et-G. ; Saint-Constant-Fournoulès, Cant. ; Moussa, Aude ; Minerve, Hér.) et deux Minerves (Parlan, Cantal).

C’est le village héraultais qui a donné son nom à une circonscription historique du haut Moyen Âge qu’on appelle aujourd’hui le Minervois (suburbio Minerbense en 836) – bien plus étendu que la circonscription d’origine. Le nom de ce pays a été utilisé à onze reprises comme déterminant de noms de communes de l’Aude :

  • Argens-Minervois : villa Aregii (à lire Argesii) en 881, du nom d »homme latin Argenteus ;
  • Bize-Minervois : villa Bizani en 1040, du nom d’homme latin Bitius ;
  • Caunes-Minervois : de l’occitan cauna, « grotte, caverne, trou, cavité », d’origine prélatine (ici, la grotte de Buffens, sur les hauteurs de l’actuel village) ;
  • Laure-Minervois : Lauranum en 844, du nom d’homme latin Laurus ;
  • Malves-en-Minervois : ecclesia Sancti Petri de Malvis en 1269, de l’occitan malva, la « mauve » ;
  • Peyriac-Minervois : Periag Menerbensi en 1070, du nom d’homme latin Petrus, lui-même sur petra, « pierre, dur comme la pierre » et suffixe –acum ;
  • Pouzols-Minervois : diminutif de l’occitan potz, pos, « puits » (latin puteus) ;
  • Rieux-Minervois : de Rivo en 1129, du latin rivus, « ruisseau, rivière » ;
  • Roquecourbe-Minervois : Rocacorba en 1229, de l’occitan roca corba, « rocher courbe », décrivant une hauteur mamelonnée, arrondie, par opposition aux hauteurs plus ou moins pointues ;
  • Ventenac-en-Minervois : Ventenachus en 856, du nom d’homme latin Ventinus et suffixe –acum.
  • Villeneuve-Minervois : Villanova cum ecclesia en 932.

et à deux reprises pour des communes héraultaises :

  • Félines-Minervois : villa quae dicitur Fellinas en 899, du latin figulina, « atelier de potier ».
  • Saint-Jean-de-Minervois : d’abord détachée en 1908 de Pardailhan sous le nom de Saint-Jean-de-Pardailhan avant de prendre le nom actuel en 1936.

On se doute bien que le choix de ce déterminant est mûrement réfléchi : il s’agissait de faire connaître les vins produits dans la région, comme je l’expliquais dans ce billet à propos de Ventenac-en-Minervois : « Les Audois (…) ont profité de la notoriété naissante du vin produit à Minerve et ses alentours pour changer le nom de Ventenac-d’Aude en Ventenac-en-Minervois dès 1966, faisant ainsi connaître de tous aussi bien le pays que son vin ». Cela n’est pas vrai pour toutes les communes puisque, on l’a vu, certains de ces noms sont plus anciens comme Peyrac-Minervois ainsi nommé depuis au moins 1070 ou Villeneuve-Minervois qui a gardé son nom révolutionnaire de 1790 en remplacement de Villeneuve-les-Chanoines.

Le nom de la déesse Minerve apparait sous deux autres formes. On trouve ainsi dans le Vaucluse la commune de Ménerbes qui était Menerba en 1081 et, en Côte-d’Or, la commune de Menesble qui était de Minervis en 1178 – de l’adjectif latin minervius, « de Minerve » au locatif féminin pluriel, *Minerviis (terris), « (aux terres) de Minerve ».

Enfin, il faudra prendre garde à ne pas attribuer à Minerve des toponymes situés en dehors de la Narbonaise qui ont une tout autre origine. On pense à Ménerbais (Tremblay, I.-et-V.) qui était Malherbois sur la carte de Cassini (f. 128, Dinan, 1789) et à Ménerbière (Ossé, id.) qui était Malherbière sur la même carte, soit de « mauvais herbages ».

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour. Il s’applique à un hameau et à un mont, sur lequel avait été bâti au XIIè siècle un château du même nom, aujourd’hui en ruines.

Ce toponyme apparait dans une commune dont le nom est issu d’un très ancien radical oronymique et, plus précisément, dans un hameau de cette commune qui doit son nom au fait qu’il s’est développé autour d’une église.

Un écrivain célèbre a vécu quelque temps dans cette commune le bureau centralisateur du canton avant de périr en mer.

Le bureau centralisateur du canton porte le nom du saint le plus prolifique de la toponymie française accompagné de celui de la région.

Dernière précision : tous ces noms sont exprimés dans une langue régionale.

■ un indice pour le nom de la commune :

■ Un indice (peut-être rétroactif mais en tout cas digne, estimable et respectable) pour l’église du hameau :

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Courtapla à Festes-et-Saint-André (Aude) : la répàladev

Après Un Intrus, LGF (sans passer par la case IA, précise-t-il) m’a donné la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Courtapla à Festes-et-Saint-André dans le canton de la Région-Limouxine de l’arrondissement de Limoux, dans l’Aude.

Festes-et-Saint-André :

Courtapla, en bas à gauche :

Pour connaître le sens de ce toponyme, il faut consulter les cartes anciennes et ouvrir le Dictionnaire topographique du département de l’Aude (Antoine Sabarthès, 1912) pour constater qu’il s’agit d’un ancien Courtalpla, soit un « courtal plat ».

On comprend que le nom est passé de Courtalpla à Courtapla après 1950, sans qu’on explique la perte du premier –l-. C’est ainsi qu’il apparait aujourd’hui dans le fichier FANTOIR.

On s’étonnera encore plus de le voir écrit Courtalpha dans le Dictionnaire des toponymes de France :

Il existe un Cortal de Lo Pla à Llo, un Cortal del Pla à La Bastide et un Cortal del Pla de Corts à Reynès (P.-O.), tous avec le même sens de « cortal du plateau ».

La rubrique wiki dont je suis l’auteur explique :

Festes : le nom de la commune est attesté en 870 sous la forme Festam, ce qui oriente vers le sens de Festa (villa), soit le « domaine rural d’un nommé Festus »

Saint-André : la fusion avec la commune voisine de Saint-André s’est opérée entre 1790 et 1794 . Saint André, pêcheur sur le lac de Tibériade avec son frère Simon Pierre (saint Pierre), est le premier apôtre qui ait suivi Jésus.

Ce canton porte un nom formé sur celui de son bureau centralisateur, Limoux.

Attesté Limosus en 844, de l’adjectif latin limosus, « boueux », formé sur limus, « limon, boue ». Cf. cet article

Limoux et ses environs font partie d’un pays nommé Razès, comme je l’expliquais dans un article consacré au Sustansonès :


Razès : ancienne cité gallo-romaine formée autour de Rennes-le-Château, Limoux, Quillan, etc. Le nom du pays est attesté pagus Redensis en 788, formé sur l’ancien nom de la ville Redas, aujourd’hui Rennes-le-Château (Reds en 768 et castellum Redae en 1002), muni du suffixe d’appartenance –ense. Certains auteurs (DPPF*) voient une parenté possible avec le nom de la tribu des Redones à l’origine de Rennes en Bretagne, arguant qu’il pourrait s’agir d’une tribu scindée en deux groupes, l’un en Bretagne, l’autre en Languedoc. E. Nègre (TGF*) imagine un ethnique formé sur le pluriel du gaulois reda « voiture à quatre roues ». Il est sans doute préférable d’y voir, avec P.-H. Billy (DNLF*) la racine indo-européenne *ret , « tronc, poteau, assemblage de poutres », qui peut convenir pour désigner aussi bien une habitation que, par métaphore, un site en hauteur. Le site, habité depuis l’Antiquité, est en effet situé sur un promontoire rocheux.

Jour de Fête de Jacques Tati devait faire penser au latin dies festus (Le Gaffiot) et, donc, au nom d’homme latin Festus à l’origine de celui de Festes.

■ Il fallait reconnaître des staurotides aussi appelées croix de saint André.

■ l’Helvétie, c’est plat, comme le Courtapla.

■ Quelques scènes de cette version de Sans famille ont été tournées à Limoux, place de la République devant le Grand café du commerce.

Les indices du mardi 21 juillet 2026

Un Intrus a déjà résolu ma dernière devinette. Il a l’honnêteté de m’expliquer qu’il s’est aidé de l’IA, laquelle a aussitôt résolu l’énigme. En conséquence, il m’annonce, à mon regret, qu’il ne participera plus à ces devinettes puisqu’elles sont trop facilement résolubles. J’en suis fort marri et m’interroge pour la suite… Cela vaut-il le coup de continuer et que je me creuse la tête chaque semaine pour … rien ?

Rappel de l’énoncé :

Il vous vaudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin, accompagné du nom d’une commune voisine qui a fusionné il y déjà bien longtemps et qui porte, elle aussi, un nom de personne.

Si on en croit son nom, la ville qui donne l’adjectif qui complète le nom du canton avait un sol plutôt humide.

Le nom du pays, une ancienne cité gallo-romaine, est un adjectif formé sur l’ancien nom de sa ville principale, lequel est issu d’une racine indo-européenne indiquant qu’elle a été bâtie en hauteur, selon l’hypothèse la plus vraisemblable. Une autre hypothèse fait appel à un peuple gaulois qui, divisé, aurait laissé son nom à deux villes fort éloignées l’une de l’autre. Une troisième hypothèse fait appel à un véhicule gaulois.

■ un indice, pour la commune :

■ et un autre :

■ pour le lieu-dit lui-même :

■ pour le canton :

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Cortal et courtal

Dans le Roussillon, le cortal est le lieu où l’on parque les moutons et, par extension, la bergerie. Les cortals sont particulièrement nombreux dans le Haut-Conflent où ils désignent les grandes bergeries en pierre qu’on trouve à des altitudes variables (cf. ce site). Le terme a débordé de sa région d’origine et se retrouve, avec sa variante courtal, dans des départements voisins des Pyrénées-Orientales : l’Ariège, l’Aude, le Tarn …

Étymologiquement, le terme vient de l’occitan et catalan cortal, « bercail, bergerie », dérivé de cort, « espace découvert entouré de murs, cour », issu du bas latin curtis, « cour de ferme », lui-même du latin classique cohors, « coin de ferme ».

Si le fichier FANTOIR ne compte qu’une soixantaine de lieux-dits du type (Al, El, Lo ou Los) Cortal(s), tous situés dans les Pyrénées-Orientales, le fichier IGN en compte plus de trois cents, très majoritairement dans ce même département. Ils sont en général déterminés par le nom du propriétaire souvent sans préposition (Cortal Clémens à Mosset …) et parfois avec (Cortal de Badalle à Montferrer …). Les plus anciens d’entre eux laissent apparaitre l’ancienne préposition nobiliaire en (Cortal d’en Joan Gros à Montbolo …). Le déterminant est quelquefois un nom commun : mes lecteurs se souviennent peut-être du Cortal Triador à Corsavy, auquel on ajoutera le Cortal de la Font à Prats-de-Mollo-la-Preste (de la « source ») le Cortal de la Garriga à Amélie-les-Bains (de la « garrigue »), etc.

Le même nom se retrouve en Ariège à moins de dix exemplaires (Cortal Rouch à Carcanières …) et jusque dans l’Aude, notamment à Fitou (Cortal de Benoît, C. del Major, C. des Arques, C. des Garrigues et C. de Marty).

On relèvera quelques diminutifs comme Le Cortalet (Trévilhac, P.-O. ; Esplas-de-Sérou, Ariège …) ou Cortalou (Ercé, Ariège) et quelques augmentatifs comme Cortalas (Rodès, P.-O.).

On signalera le nom composé du Bois de Cortalpic (Camusac, Aude) un massif boisé de hêtres qui culmine à 1633 m et dont les pentes tombent à pic. On y trouve encore une cabane de berger en ruine qui lui a donné son nom.

Ailleurs que dans les départements déjà cités, mais toujours en domaine occitan, le même cortal a servi comme toponyme. C’est par exemple le cas, dans le Puy-de-Dôme avec le Cortal de Pont-du-Château qui donne son nom au Plateau de Cortal et, plus étonnant, de la Cortaline à Olmo (Haute-Corse). Dans les deux cas, il s’agissait d’endroits où l’on faisait paître les bêtes à certaines époques de l’année, plutôt que de bergeries.

La forme courtal est présente à plus de cent exemples en Ariège, un peu moins de cinquante dans l’Aude, à peine vingt-cinq dans les Pyrénées-Orientales et quelques uns dans le Tarn et l’Hérault. On citera le Courtal de l’Homme Mort (le Port, Ariège – de l’« orme mort »), le Courtal de Peyre Auselère (id. – de la « pierre aux oiseaux »), le Courtal Crémat (Fleury, Aude – « brûlé ») ou encore le Courtal (Mazamet, Tarn).

On rencontre là aussi des diminutifs comme Courtalet(s) en Ariège, Pyrénées-Orientales et dans les Hautes-Pyrénées ou Courtalou en Ariège, Aude, Hautes-Pyrénées et jusque dans l’Hérault (à Saint-Pons-de-Thomières). Plus rare, un augmentatif-péjoratif se rencontre avec La Courtalasse (Campoussy, P.-O. …).

En nom composé, on signalera le Courtalbieilh de Clermont (Ariège – « vieux »).

Là aussi, le nom a voyagé hors des départements habituels, par exemple en Lozère avec le Courtal de Saint-Pierre-le-Vieux et Lous Courtals de Gorges du Tarn-Causses et, dans la Creuse, les Courtaleix de Basville (avec la terminaison –eix mise pour –ets).

Comme souvent, par transfert du nom de lieu à l’habitant, cortal comme courtal ont donné naissance à des patronymes, qui pourraient expliquer certains des toponymes ci-dessus.

Des noms suffixés en –ier ou –ière signalent bien, eux, la propriété d’un nommé Cortal ou Courtal. C’est le cas par exemple de Courtailler (Montreuil-le-Gast, I.et-V.), de la Courtalière (Lassay-les-Châteaux, May.), de la Courtaleyre (Saint-Laurent-les-Bains-Laval-d’Aurellle, Ardc.), du Clos Courtalier (Anthenay, Marne) etc.

Avec un suffixe à valeur locative a été formé le nom de Courtalesque à Quins (Av.), la propriété d’un nommé Courtal.

Il vous vaudra trouver un toponyme de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin, accompagné du nom d’une commune voisine qui a fusionné il y déjà bien longtemps et qui porte, elle aussi, un nom de personne.

Si on en croit son nom, la ville qui donne l’adjectif qui complète le nom du canton avait un sol plutôt humide.

Le nom du pays, une ancienne cité gallo-romaine, est un adjectif formé sur l’ancien nom de sa ville principale, lequel est issu d’une racine indo-européenne indiquant qu’elle a été bâtie en hauteur, selon l’hypothèse la plus vraisemblable. Une autre hypothèse fait appel à un peuple gaulois qui, divisé, aurait laissé son nom à deux villes fort éloignées l’une de l’autre. Une troisième hypothèse fait appel à un véhicule gaulois.

■ un indice, pour le nom de la commune :

■ un autre indice :

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