Montdardier, dans le Gard, est dominé par les Rochers de la Tude qui culminent à 895 m. Portant déjà le même nom en 1778 sur la carte de Cassini (feuille 56, Nant), ce massif était appelé mons de Tuda en 1444 (minutes notariales de Me Montfajon du Vigan).
Pour trouver le sens de ce tuda, il faut sans doute le rapprocher de l’occitan (gascon) tuta, « trou, tanière, abri sous roche, repaire », qui a donné son nom par exemple à La Tute de l’Ours près d’Ax-les-Thermes, en Ariège.
Le prélatin *tutta/tuta est sans doute apparenté à l’oronyme pré-indo-européen *tuk (cf. Tuc et Truc) prolongée en –to. Le passage du sens de « paroi de montagne » à celui de « cavité rocheuse » s’explique par le fait que la paroi rocheuse est souvent pourvue de cavités, d’abris sous roche, de grottes … C’est le même procédé qui a fait du pré-indo-européen *bal, « paroi rocheuse », des noms comme Balme ou Baume pour désigner des sommets ou pour désigner des grottes. C’est pourquoi il n’y a pas contradiction entre l’hypothèse qui donne à *tut le sens de « sommet » (Flutre, Recherches sur les éléments prégaulois dans la toponymie de la Lozère, éd. Les Belles Lettres, 1957) et celle qui définit tuta par « trou, tanière, abri sous roche, repaire » (TDF*, GTD* et DNFLMF*). Le latin tutus, -a, -um , « abrité, protégé », d’où vient le nom de la divinité Tutela, est certainement de même origine.
Tude
On retrouve le terme tude dans l’Hérault avec le lieu-dit La Tude à Cabrières et le hameau Latude à Sorbs. On trouve trace de ce dernier au Xè ou XIè siècle sous la forme villares duos, unum Tuda et alium Tudeta, puis de Tuda et Tudeta en 1141 et encore castrum de Tuda en 1484 (le diminutif Tudeta, dont il n’est plus fait mention après 1141, désignait un lieu contigu de Tuda), devenu Latude par agglutination de l’article. Plutôt qu’un dérivé de l’occitan tudèu, « tuyau (de cheminée) » (TH*), on préfèrera voir dans ces noms le sens oronymique ci-dessus, comme semble le confirmer le nom du Puech Tudès qui culmine à 865 m au sud de Latude.
Le lieu-dit la Tude à Belloc-Saint-Clemens (Gers), mentionné Latude sur la carte de Cassini (feuille 74, Auch, 1771), semble désigner une petite colline au-dessus du ruisseau de Lasmoulines.
Dans les Pyrénées-Orientales, le lieu-dit el Tudó désigne un sommet de 1425 m, accompagné du rec del Tudó.
D’autres toponymes du même type sont plus difficiles à interpréter.
En Charente coule la Tude, un sous-affluent de la Dordogne par la Dronne et l’Isle, nommée fluvium Tuda en 944, qui a donné son nom à la commune nouvelle de Boisné-la-Tude et au canton de Tude-et-Lavalette. Le sens de cet hydronyme est plus mystérieux, sauf à y voir un « tuyau ».
On trouve également le diminutif la Tudet à Esparros (H.-Pyr.), un petit abri au flanc du pic de Carrot (1022 m).
À Gaudonville (Gers), le lieu-dit Tudet a donné son nom à Notre-Dame-de-Tudet. Il pourrait ici s’agir d’un diminutif de tude désignant le petit promontoire au confluent du ruisseau des Tujas et de celui de Laftorgue ou bien d’un diminutif du nom de l’abri gascon. Cependant, certains auteurs ont préféré y voir un dérivé du nom de la divinité romaine Tutela d’où son autre nom de Notre-Dame de Protection tandis que d’autres y voient le nom, issu de tudèu, « tuyau », donné à la fontaine consacrée.
On rangera dans les dérivés avec le suffixe –onem de tude le nom de Toudon (A.-Mar.) qui était Tudomno en 1032, de Todono vers 1040, de Todone en 1144 et Todo en 1155 (DENLF*, TP*, DNFLMF*) plutôt que d’y voir un nom d’homme germanique Toto(n) (TGF*).
On se gardera bien en revanche d’inclure dans cette liste le nom de Tudelle (Gers), une bastide fondée à la fin du XIIIè siècle, à laquelle a été donné le nom de la ville de Navarre Tudela, qui doit le sien de la déesse romaine Tutela.
Comme souvent, quelques uns de ces toponymes sont à l’origine de patronymes comme Tudier (habitant d’un lieu nommé Tude) ou Latude (cf. par exemple celui-ci).
Mais, j’ai eu beau chercher de toutes mes forces, je n’ai trouvé aucune Tude nommée Soli
(Oui, je sais, il existe plusieurs lieux nommés Solitude, mais aucun Soli Tude — et puis c’était l’occasion de réécouter Bécaud).
Tute
Le gascon tuta, on l’a vu, signifie « trou, tanière, abri sous roche, repaire ». Outre La Tute de l’Ours (Ax-les-Thermes, Ariège), on trouve la Tute des Ours (Melles, H.-G.), la Tute du Loup (Berbérust-Lias, H.-P.), la Tute Mau Pas (Saint-Pé-de-Bigorre, id ; Mau Pas : « mauvais passage »), la Tute de Jovis (Alos, Ariège ; Jovis : Jupiter ) ou encore la Tute de Juillac (Castelnau-Barbarens, Gers) etc. On sait que la Tuta de Massavielha est le nom gascon de la grotte de Lourdes.
Plusieurs lieux-dits portent le nom de (la) Tute (Vic-Fezensac, Gers ; Auzat, Ariège etc.) ou de Las Tutes (Le Bosc, Ariège ; Gratens, H.-G.), sans déterminant.
La forme tuto apparait dans près de vingt-cinq noms comme La Tuto (Gudas, Ariège ; Sentenac de Sérou, H.-G.), La Tuto del Loup (Fronton, H.-G.) ou encore Las Tutos (Bénac, Ariège ; Fenouillet, H.-G. etc.).

La devinette
Il vous faudra trouver le nom d’un relief de France métropolitaine qui aurait pu figurer dans le billet du jour.
La commune qui l’abrite porte le nom d’un lieu planté d’un type d’arbre accompagné d’une partie du nom de ce relief.
Le canton porte le nom de son bureau centralisateur accompagné de celui de la région.
Ledit bureau centralisateur porte un nom à valeur oronymique. Le nom de la région fait référence à son climat plutôt brumeux.
Le chef-lieu d’arrondissement porte lui aussi un nom à valeur oronymique, plutôt dénudé.
Pour la commune :

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■ Ce tableau de Renoir peint en 1868, dit Le ménage Sisley, est en réalité intitulé
■ Il fallait reconnaître ici de l’argile à silex, qui a donné son nom à Montagris.
■ Abraracoucix, un vieux Gaulois, devait faire penser aux
■ Ce tableau de Fragonard (1732-1806) représente 









■ ce chêne devait faire penser à Charnas (cf. plus haut).
■ le Faucheur de Victor Fonfreide (peintre Auvergnat 1872 – 1934) devait faire penser à Sarras (cf. plus haut)
■ cette gravure concernait un pont suspendu comme la
■ des oignons pour rappeler la célèbre foire aux oignons de Tournon-sur-Rhône. Cet indice avait déjà utilisé lors d’une précédente 







■ cette
■ Achille Zavatta, un des plus célèbres
■ un castor, en référence à l’étymologie la plus connue de Bibracte.



