Un Intrus et LGF sont les seuls à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !
Il fallait trouver Carabols, un lieu-dit de Bournazel du canton d’Enne et Alzou (chef-lieu Aubin) dans l’arrondissement de Villefranche-de-Rouergue, en Aveyron.
Bournazel, ici :

Carabols, là, en haut à droite :

La toponymie
■ Carabols : ce nom est formé sur la base *kar-avus comme pour Charavel à Sabran (Gard), Vienne (Is.), Lablachère (Ardc.), Usinens (H.-Sav.) etc. ou comme Charavau à Vernoux-en-Vivarais (Ardc.) vus dans le billet. Carabols est déjà présent sur la carte de Cassini (feuille 16, Rodez, 1781) avec la même orthographe :

■ Bournazel : ce nom est issu d’un pré-latin *born accompagné du double suffixe –ic-ellu, à valeur diminutive, soit « petite source » (DENLF*, ONLF*, DNFLMF*, TT*, NLEF*). La forme ancienne Bornazellum (1386) a fait émettre l’hypothèse d’un diminutif du nom de lieu Bournac (TGF*)d’une ancienne commune aujourd’hui intégrée à Saint-Affrique (Av.), laquelle est attestée Bornacus en 1326, du nom de personne gaulois Burnus et suffixe –acum (NLCEA*). On est en droit de douter de cette hypothèse quand on constate que le toponyme Bournazel(s) apparait cinquante-trois fois, y compris les communes de l’Aveyron et du Tarn : il est plus raisonnable d’envisager cinquante petites sources plutôt que cinquante « petite Bournac » …
Le reste avait été vu lors d’une récente répàladev concernant le lieu-dit Pichoultres à Auzits (Av.) et je le recopie allègrement :
■ canton d’Enne et Alzou :
♦ Enne : le nom de ce cours d’eau pourrait être issu de la racine hydronymique pré-celtique *en , à rapprocher de l’irlandais en, « eau », à l’origine par exemple du nom de l’Ain.
♦ Alzou : plutôt que le gaulois *alisa, « aulne », qui pouvait désigner un lieu humide, il faut sans doute voir dans ce nom un dérivé de la base oro-hydronymique pré-indo-européenne *al rallongée par le suffixe -(i)s–one, comme pour l’Alzon dans le Gard ou les nombreux Auzon (Hér., Lot, Tarn, A.-de-H.-P., Gard, H.-L., P.-de-D.).
■ Aubin : sans surprise, le nom de cette commune est issu du nom d’homme latin Albinus, non suffixé.
■ Villefranche-de-Rouergue :
♦ comme son nom l’indique, Villefranche était … une ville franche (vues ici).
♦ Rouergue : le nom du pays est attesté in Roteneco en 629-37, in pago Rutenico en 640-47. Il s’agit d’une formation du haut Moyen Âge sur le nom ancien de son chef-lieu Rodez, Ruteni muni du suffixe latin –icu, sur le nom des Rutènes qui l’occupaient. Les attestations ultérieures montrent bien l’évolution phonétique : *Rutenicu donne Rodanege attesté avant 1105 puis Rodengue en 1150, Rodergue en 1132 et Roergue en 1129 d’où est issue la forme française Rouergue dès 1512. Le nom des Rutènes serait formé du préfixe augmentatif celtique rŏ– (formé par la perte du p– initial de *prŏ-, « en avant », « devant ») suivi du thème celtique *tēno-, « chaleur, feu » (de *tepno-, issu d’une racine indo-européenne *tep-, « chauffer ») et pourrait signifier « les très chauds ou très ardents (guerriers) » (Jacques Lacroix, Le nom des Rutènes, Revue des études-anciennes, 2013, t. 115, n°1, p. 51-70. – en ligne).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.
Les indices
■ les guerriers « qui se distinguaient dans le feu du combat » : les Rutènes, dont le nom signifie « les très chauds ou très ardents » (cf. ci-dessus).
■ cette planche concernait le buis, Buxus sempervirens, qui devait faire penser à la famille Buisson de Bournazel dont la devise était Semper virens et dont les armes parlantes sont ornées d’un buisson : Coupé, en chef d’argent, au lion issant, lampassé de sable ; en pointe d’or, au buisson de sinople, terrassé de même

Par ByacC — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19838268
■ la lampe de mineur utilisée comme cul-de-lampe : pour le passé minier du canton et de son chef-lieu, Aubin, où eut lieu, le 8 octobre 1869, une fusillade qui inspira deux poèmes à Victor Hugo et un épisode de Germinal à Émile Zola.
