Après avoir étudié les Béquerel-Bécherel et les Coquerel-Cocherel, j’en termine aujourd’hui avec cette petite série concernant des moulins en m’intéressant aux Coisel-ChoiseL.
Dans un premier billet introduisant une précédente série consacrée aux moulins (deux, trois, quatre et cinq) j’écrivais : « Les « moulins à choisel » (dont la roue était munie de pots ou augets) du XIIIè siècle sont à l’origine du nom de Choisel (Yvelines, Calvados, Loire-Atlantique, Meuse) et de Choiseau (Aube, Côte-d’Or, Mayenne, etc.) ». On verra que les choses ne sont pas si simples : bien d’autres noms sont liés à ce choisel.
ALERTE ROUGE !
On verra surtout que tout a déjà été dit sur L’énigme des moulins à Coisel, par Ghislain Gaudefroy dans un article paru en 1985 dans la Nouvelle revue onomastique.
Je vous en souhaite bonne lecture.
Quant à moi, je pars à la recherche d’un nouveau sujet pour mon billet de dimanche (et, comme nous sommes déjà jeudi, je dois faire vite !).
L’ÉNIGME DES MOULINS A COISEL
(en tête de l’article dans la revue)
L’énigme des moulins à Coisel
(en référence à l’article -ailleurs dans la revue)
embûche : on le met (ou pas) l’accent sur le a de à ?
Par exemple ici https://www.persee.fr/search?ta=article&q=coisel
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@Leveto
Votre affaire de « Coisel », considéré comme faisant partie de l’équipement d’un moulin, m’a beaucoup plu.
Vous allez voir pourquoi… mais avant cela un remerciement quant à l’iconographie que vous proposâtes, dans un billet antérieur.
La carte postale relative au « Moulin Becquerel » de Marquéglise, ça ça m’a causé ! C’est dans mes environs les plus familiers, 5 petits kilomètres par la route, celle que ma diéselle et moi empruntons pour nous rendre au chef-lieu d’arrondissement.
Plus proche encore et sur le même trajet, à la frontière entre Machincourt et une localité rivale, on trouve un moulin (anciennement mû par mon ru*) dont je voudrais vous entretenir.
[*Mon ru ?… -C’est que j’ai coutume de dire « mon » village, « mon » canton et « mes » alentours… sans pouvoir produire un titre de propriété. ]
Allons-y !
■ Le « MOULIN PILON », lieu-dit de Margny-sur-Matz, s’entend et, donc, s’écrit avec un seul L.
Il arrive pourtant de le trouver transcrit avec « 2 L au pilon »… comme dans le répertoire GenWeb, lequel mentionne pourtant un autre « Moulin Pilon », plus conforme, à Dammarie-sous-Loing, dans le 45. Etc.
Bon, « deux ailes au pilon » (d’un poulet) ça n’a rien de conforme avec l’anatomie des volailles comestibles.
Pour rester dans l’esprit du « coisel », il est peut-être bon de signaler que le pilon, en concurrence avec la meule, est un élément constitutif du mécanisme attaché aux moulins, surtout ceux qui carburent à l’eau plate.
De là à envisager une façon de synecdoque… -Why not !
Témoignage :
PILON : Maillet à bascule du moulin à fouler, masse de bois à longue queue, qu’un arbre horizontal soulève régulièrement pour la laisser retomber de tout son poids sur le tissu à fouler. Voir aussi « martel ». 8 pillons garny de huict quesne [sic, lire prob. queues] avecq leur coussins (áHouplines 1704 moulin à fouler à maillets).
Récapitulons : -Le moulin mouline, le pilon pilonne, le martel martèle… et le « martinet » ?…-On se demande bien ce qu’il fait, lui, dans la vie.
Eléments de réponse :
■ MARTINET : Le martinet n’est pas qu’un oiseau à plumes ni qu’un ustensile adapté à fesser vigoureusement les parties joufflues de femelles indociles. La molinologie la plus rigoureuse connaît l’importance de cette pièce dont la désignation remonte à une époque d’avant ma grand-mère.
Chez Pégorier :
Martinet : moulin à cuivre (Cantal), usine où l’on usait d’un gros marteau (Ancien français)
Au DMF :
1. « Gros marteau, mû au moyen de la roue d’un moulin à eau, servant à apurer le minerai »
2. P. méton. « Atelier où est installé ce gros marteau, avec toutes les installations nécessaires au traitement du minerai »
Ailleurs, pour consultation : « Les martinets de St-Guilhem-du-Désert », texte où l’on saisit toute la confusion/connivence jadis entretenue entre « forges » et « moulins ».
https://www.etudesheraultaises.fr/wp-content/uploads/atr-2000-19-art02-martinets-saint-guilhem.pdf
Extrait :
… Une dernière fois, le « martinet ruiné » apparaît dans un texte officiel, le compoix de 1748 (9). A cette date, ce qu’il en reste appartient au sieur Joseph Grailhe : » Sieur Joseph Grailhe – une tour découverte voûtée où avoit autrefois un moulin battant, pred, jonquas et herme, dans laquelle pièce est la fontaine et valat de Rieu-Cabrier. Contient la tour 2 cannes, la voûte du moulin battant 7 cannes et demi, le pred 2 cetterées 2 ponnieres, le jonquas une quarte, l’herme une cetterée une quarte. Fait tout y compris les batimens 2 livres 6 sols 10 deniers » (fol. 76).
Un peu de statistique ?… OK !
C’est par avalanche – voire par centaines assénées/notifiées- que le terme « martinet » figure chez GenWeb. Je ne doute pas que le volatile en soit coupable pour partie… ou le patronyme déconsidéré « Martin/Martinet ».
N’empêche que, à ma feuille, le « Moulin du Martinet » (Cher et Corrèze) sonne tautologique et que le « Pont du Martinet » me semble raccord aux circonstances paysagères et hydrauliques…
….. Bla bla bla bla bla bla et caetera… (pour dire/signifier ici que l’hypothèse du « moulin becquerel », réputé bavard, est tout à fait admissible dans un « monde toponymique » perméable au « qu’en dira-t-on », et chez les affranchis notoires, auteurs d’ouvrages considérables.
Dans ce cas extrême, après subtil moulinage des ingrédients, décoction et infusion violente, il aurait laissé, ce fameux « Béquerel », rapport au supposé meunier hypervolubile ou au cailletage de sa femelle, la meunière, l’expression « moulin à paroles » qui désigne un (type de) « caractère » dans lequel il m’arrive de me reconnaître. -Mais je me soigne…
Paroles ? OK !… mais pas sans musique : Je vais consulter ma playlist.
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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/19/Anim_Martinet.gif
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►TRS
La carte IGN (actuelle comme celle de 1950) mentionne bien un Moulin Pillon (avec -ll-) entre Margny-le-Matz et … Machincourt. La carte d’état-major (1820-66) ne signale là qu’un Moulin anonyme tandis que le cadastre napoléonien (1830) mentionne un Moulin à l’Eau (sic). Rien chez Cassini.
Quant au Martinet, on le retrouve à 824 exemplaires dans le fichier FANTOIR sous les formes Martinet(s) et Martinette(s), avec ou sans article…
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Bonjour m Leveto-
je remets de nouveau mon message.
13 à marseille , quartier de BOUROUMETTES
( et quartier de PIERREFEU même sens que pierrefeu-du-Var ?
Pierrefeu-du-Var : ( je trouve cela sur un site nommé : vousvoyezletopo )
♦ Pierrefeu : ce nom est attesté Petra Foco en 1000, Petrafug vers 1060, de Petrafoc vers 1079, et Peirafoc en 1167. La « pierre à feu » n’est pas ici le silex, absent du massif des Maures, mais de la quartzite, dont les galets, choqués l’un contre l’autre, provoquent des étincelles. Le toponyme est ici accompagné du nom du fleuve Var qui, comme chacun sait depuis Napoléon III, ne coule pas dans le département qui porte son nom.)
–
36 MOUHERS
et hameau de BOULIMBERT
–
67 GUMBRECHTSHOFFEN
de suite , plusieurs étymos .
à mon avis , homme GUMBERT
avec plusieurs sens sur internet .
1 guma = ours ?
2 celui qui protège en combat ( gund = combat ) , mais brecht ne veut pas dire :
celui qui protège , mais » illustre , célèbre » ( bert)
– sur un site , je lis : » abreuvoir à bétail « , sens vraiment distinct ! < gumpen
—
72 Saint-paterne-LE-CHEVAIN
quel chevain ? quel sens ? de nouveau plein d’étymologies opposées sur internet –
—
73 à aix-les-bains , quartier de BONCELIN ( ressemble un peu à goncelin , sauf une lettre qui change tout )
– SOLFERINO , bataille célèbre ( et commune des Landes , en l’ honneur de la victoire de 1859)
–
73 étant hier à bourg-saint-maurice ( fête de l’édelweiss ) , j’ai noté .
-73 bourg-saint-maurice LE REMBERG
79 saint-georges-de-noisné , barrage de LA TOUCHE POUPARD
touche : probablement = bois
poupard = patronyme ? plusieurs sens ..
—
notant hier , pomblière ( 73 à saint-marcel ) je divague sur plombières-les-bains 88 ( une seule lettre changée d’emplacement )
1 sur internet ( site de tourisme remiremont , premier sur la liste de recherche)
celte PLON + eau + BER = chaude PLONBER = » eau chaude » ? WIKIPEDIA = AQUA PLUMBARIA = eau contenant du plomb
Avez-vous déjà analysé les toponymes liés au PLOMB ?
Merci , à bientôt.
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►echogradient73
vos précédents « commentaires » avaient été jugés « indésirables » par le robot WordPress et donc non publiés … La raison en est sans doute le nombre trop importants de liens (au-delà de trois, c’est considéré comme de la pub …).
En allant dans le dossier des « indésirables », j’y ai trouvé vos anciens commentaires truffés de copier-coller venant notamment de wiki et donc surchargés de liens (pensez à supprimer ces liens si vous faites des copier-coller !).
Ne voyant pas de « liste » cette semaine, j’ai pensé que vous étiez en congé et n’ai pas cherché plus loin.
Je me mets au travail dès que possible, mais avec la répàladev de samedi, le billet du dimanche et sa devinette à écrire, ça va prendre un peu de temps…
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Merci beaucoup , prenez votre temps .
C’est ce que j’ai pensé , et finalement , j’ai supprimé les liens de wiki.
Intéressant , je suis en train de lire complètement le complexe dossier Persée , sur les coisel / choisel.
roue à auget / réservoir
mais aussi botte de gerbes / meule ( de nouveau , proche de moulin )
Ceci me refait penser à CHOZAL ( à hauteluce ) < qui vient de casa ,
et de nouveau quelques lettres modifiées , et l’on a une étymologie très différente.
à bientôt .
PS : par philosophie personnelle , je ne prends pas de vacances longues , mais de multiples déplacements dans ma région (Dimanche , par exemple je serai à Suse ) et je ne prends plus jamais l’avion .
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► echogradient73
■ 13 à marseille , quartier de BOUROUMETTES
►le lieu-dit est appelé La Borometo dans le Dictionnaire topographique de l’arrondissement de Marseille (1872) qui mentionne les noms Borometo ou la Balmo en 1595, le premier étant dû à un certain Guillaume Arnaud dit Borrometto.
Le surnom Borrometto semble être un diminutif de Borroméo, nom de famille bien connu (cf . Carlo Borroméo ou Charles Borromée), dérivé de bon roméo, « bon pèlerin à Rome ».
■ et quartier de PIERREFEU même sens que pierrefeu-du-Var ?
Pierrefeu-du-Var : ( je trouve cela sur un site nommé : vousvoyezletopo )
♦ Pierrefeu : ce nom est attesté Petra Foco en 1000, Petrafug vers 1060, de Petrafoc vers 1079, et Peirafoc en 1167. La « pierre à feu » n’est pas ici le silex, absent du massif des Maures, mais de la quartzite, dont les galets, choqués l’un contre l’autre, provoquent des étincelles. Le toponyme est ici accompagné du nom du fleuve Var qui, comme chacun sait depuis Napoléon III, ne coule pas dans le département qui porte son nom.)
► le quartier de Marseille, attesté Petra focus juxta ecclesiam S. Justi vers 1070, a en effet la même étymologie.
■ 36 MOUHERS
►Attesté Moers au XIIe siècle, Mohers en 1424 et De Moheriis en 1648, sans doute du nom d’homme germanique Modarius, de muot, « courage », et hari, « armée » (patronyme moderne Modier).
■ et hameau de BOULIMBERT
► Le nom est cité tel quel dans le Dictionnaire historique, géographique et statistique de l’Indre (Eugène Hubert, 1889) qui ne mentionne pas de forme ancienne mais est écrit Boulinbert sur la carte de Cassini (f. 31, Le Blanc, 1768).
Plutôt qu’un dérivé du celtique betula, « bouleau » (ancien français boul) qu’on voit mal accompagné du germanique Imbert (heim, « maison ; famille ; lignage » et berth, « illustre »), je pense qu’on doit voir dans le premier élément Boulin un diminutif du germanique Bol, de bolo « ami, frère ».
■ 67 GUMBRECHTSHOFFEN
de suite , plusieurs étymos . à mon avis , homme GUMBERT
avec plusieurs sens sur internet . 1 guma = ours ? 2 celui qui protège en combat ( gund = combat ) , mais brecht ne veut pas dire : celui qui protège , mais » illustre , célèbre » ( bert) sur un site , je lis : » abreuvoir à bétail « , sens vraiment distinct ! < gumpen
► Selon E. Nègre, il s’agit du nom d’homme germanique Cundpreht accompagné de hof, « ferme ». Ce nom est en effet à rapprocher du moderne Gombert, de gund-/gunt-, « lutte, combat » et berth, « illustre ».
■ 72 Saint-paterne-LE-CHEVAIN
quel chevain ? quel sens ? de nouveau plein d’étymologies opposées sur internet –
► L’ancienne commune est d’abord attestée Chevaing en 1102, puis Ochevenno vers 1162, Ochevaing en 1277, Ochevain vers 1508 puis Saint-Denis-du-Chevain en 1695.
La présence sur une longue période de l’initiale O– pourrait s’expliquer par l’article aux qui introduirait le locatif de cabanna, cabannis. (G. Taverdet, Noms de lieux du Maine).
E. Nègre, qui ne signale pas la forme Chevaing de 1102, émet l’hypothèse du latin octavanus, « soldat de la huitième légion », devenu nom de personne romain.
■ 73 à aix-les-bains , quartier de BONCELIN ( ressemble un peu à goncelin , sauf une lettre qui change tout )
► Il s’agit pourtant bien là aussi d’un ancien Goncelin, comme le montre la carte d’état-major (1820-66). Goncelin est un patronyme d’origine germanique, diminutif Gunzilin de gund/gunt, « lutte, combat ». Incomprise, la première syllabe est passée à « bon ».
■ SOLFERINO , bataille célèbre ( et commune des Landes , en l’ honneur de la victoire de 1859)
► Ben oui. Quoi d’autre ?
Selon le site wiki en italien, les origines du toponyme se trouvent dans l’adjectif médiéval sulphurinus (« sulfureux, soufré »), qui doit être une référence probable aux émanations de soufre de l’amphithéâtre morainique du lac de Garde.
Du soufre dans le lac de Garde ? Oui, cf. wiki :
« Parmi les sources sous-marines du lac de Garde, la plus connue est la Boiola, dont les particularités sont les attributs thermiques sodium-soufre qui confèrent à cette eau de bonnes qualités thérapeutiques. La source coule à environ 300 mètres de la côte est de la péninsule de Sirmione, à une profondeur de 17 mètres. Jusqu’au XIXe siècle, la source libérait des bulles à plusieurs endroits et sans interruption qui remontaient à la surface, d’où émanait une intense odeur de soufre. La source a été acheminée pour la première fois en 1889 par un tube qui transportait l’eau thermale jusqu’à la surface du lac ».
73 étant hier à bourg-saint-maurice ( fête de l’édelweiss ) , j’ai noté .
■ 73 bourg-saint-maurice LE REMBERG
► Ce nom n’apparaît pas sur les cartes avant celle de l’IGN de 1950.
Il s’agit probablement d’un patronyme d’origine germanique, variante graphique (sans doute par attraction paronymique de berg, « montagne ») de Rimbert, de ragin, « conseiller » et berth, « illustre ».
79 saint-georges-de-noisné , barrage de LA TOUCHE POUPARD
touche : probablement = bois
poupard = patronyme ? plusieurs sens ..
►Touche est en effet issu du vieux français toche/touche, « petit bois, taillis au milieu de défrichement, bois à pousse rapide coupé tous les 10 à 15 ans ». Cf. ici : https://vousvoyezletopo.home.blog/2022/04/10/mate-et-touche/
Poupard est un patronyme, sobriquet donné à quelqu’un au visage d’enfant, joufflu.
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■ notant hier , pomblière ( 73 à saint-marcel ) je divague sur plombières-les-bains 88 ( une seule lettre changée d’emplacement )
1 sur internet ( site de tourisme remiremont , premier sur la liste de recherche)
celte PLON + eau + BER = chaude PLONBER = » eau chaude » ? WIKIPEDIA = AQUA PLUMBARIA = eau contenant du plomb
► A. Gros (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie, 1935) déplore que « depuis quelques années, on s’est mis à écrire Pomblières, graphie contraire à l’étymologie », puisque le hameau s’appelait bien Plombière à l’origine. On trouve en effet écrit La Plombière sur la carte d’état-major (1820-66).
Il y a d’autres Plombières en C.-d’Or, H-L. et Vosges qui, tous, semblent attester d’anciennes mines ou fonderies de plomb.
Avez-vous déjà analysé les toponymes liés au PLOMB ?
► Non.
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