Il fallait trouver Hannapes (Aisne), Hannappes (Ardennes) et Hannaches (Oise).

Hannapes (Aisne) est mentionné comme villa Hanapio en 845, territorium Hanapie en 1138, Henapia en 1156, et enfin Hennapes et territorio de Hanapes en 1210.
Hannappes (Ardennes) apparait comme Hanape en 1113, Hanapia en 1206 et de Hannapis en 1312.
Hannaches (Oise) est noté comme de Hanacas vers 1093, ecclesia Hannachiensis en 1115, Hanachiis en 1147 et Hanachie en 1261.

Hannapes (Aisne) s’est aussi écrit avec deux p
On reconnait dans ces trois noms le francique hanap, « chanvre » (cf. l’allemand moderne hanf), avec une évolution phonétique différente de la finale. C’est l’hypothèse formulée par Dauzat & Rostaing (DENLF*), approuvée et reprise par J. Chaurand et M. Lebègue (NLP*) et É. Vial (NVV*).
E. Nègre (TGF*) préfère voir dans ces noms un dérivé d’un germanique hanaf, « marais », accompagné d’un hydronyme pré-celtique *apia. N’étant pas germanophone, il m’est difficile de me prononcer sur ce hanaf donné pour « marais », que les dictionnaires en ligne ne semblent pas connaitre dans ce sens. En revanche, le Wörterbuchnetz indique que hanaf est une forme ancienne pour hanf, « chanvre » (et on voit que hanap y est cité comme une variante). C’est ce qu’écrit d’ailleurs Alain Rey, dans le Dictionnaire historique de la langue française, à l’article « chanvre » : « le terme germanique (ancien haut allemand hanaf ) est probablement pris au latin [cannabis] ». J. Chaurand et M. Lebègue (NLP*) ne rejettent pas totalement l’hypothèse de l’hydronyme pré-celtique * apia, mais alors pour faire de *hanap-apia une rivière où rouir le chanvre.


Les indices
Le « marin d’origine grecque byzantine, qui se livra à des activités de corsaire pour des rois de France, acquit le château de Hannaches et y installa la sépulture familiale » était Georges Paléologue de Bissipat, qui fut corsaire au service des rois de France Charles VII, Louis XI et Charles VIII après la prise de Constantinople par les Turcs en 1453.
Le « prêtre dominicain natif de Hannappes est mort en mer en tentant d’échapper à la fin d’un royaume chrétien du Levant » était Nicolas de Hanapes, prêtre dominicain né vers 1225, dernier patriarche latin de Jérusalem, mort en mer au large de Saint-Jean-d’Acre, le
■ l’illustration :

Il s’agissait d’un détail de retable, Le miracle des poulets rôtis ( 1470, musée d’Unterlinden de Colmar), qui sert d’illustration à l’article intitulé Le boire et le voir : hanaps et gobelets, objets détournés ? paru dans la Revue d’Alsace. On y voit des … hanaps.
■ la case de bédé :

… ben, oui : il y est aussi question d’hanap.
■ le tableau :
Nature morte aux huîtres, papillons, fruits et hanap d’Elias van den Broeck (1649-1708).
Bon, j’ai un peu honte de ce trio d’indices par homophonie partielle avec les noms à trouver, mais je n’ai pas trouvé mieux ! (sinon, j’avais aussi l’hanap à carreaux, l’hanap phréatique et d’autres, sans même parler de l’hanap au Léon).
Et encore, ne vous plaignez pas!, puisque vous avez échappé à « Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! ».
Ah!Ben non, vous n’y avez pas échappé …

Pour être complet, et faire plaisir à TRS qui y faisait allusion dans un de ses commentaires, je rappelle que, parmi les nombreux types de bâtiments de transport de 1350 tonnes ayant assuré le ravitaillement de Mururoa en 1964-1966, figurait le Hanap (ex Stjordels Fjord) en tant que citerne à vin (voir ici) — à ne pas confondre avec la citerne à eau de 600 tonnes des chantiers navals de Nantes en 1944 (voir ici). Vous avez bien lu : deux fois plus de vin que d’eau, oui ! Et vous savez ce qu’elle vous dit, la Marine française ?



