Trois-Vèvres (répàladev)

Félicitations à Hibou Bleu, TRA et LGF qui m’ont donné la bonne réponse à ma dernière devinette !

Il fallait trouver Trois-Vèvres, un village nivernais du canton d’Imphy dans l’arrondissement de Nevers.

Le Dictionnaire topographique de la Nièvre établi en 1855 par Georges de Soultrait nous livre les formes anciennes du toponyme : Tres Vesvres (1287), Nemus de Tribus Virgis (1331), Trois-Vèvres (1455, Cura de Tribus-Vevris (1478) et Troisvefvre (1577) avant que n’apparaisse en 1760 la graphie trois Vevres (sic) sur la carte de Cassini (feuillet 49 – Nevers).

On s’accorde pour voir dans ce nom, outre le latin tres, « trois », un dérivé du gaulois vobero vu dans le précédent billet. Dauzat & Rostaing (DENLF*) penchent pour les sens de « cours d’eau souterrain, marécage » tandis que Nègre (TGF*) préfère y voir une variante de l’oïl veuvre, à laquelle il donne le sens de « terre inculte, broussailles ».

C’est pour moi l’hypothèse des rivières « souterraines » ou plutôt intermittentes, comme elles sont dessinées en pointillés bleus sur la carte de l’IGN, deux à l’est et une à l’ouest du village, qui a ma préférence :

St. Epur n’est pas un hagiotoponyme : c’est la station d’épuration !

Felicia Truffier, dans un polar intitulé Le troisième marcassin (Publibook, 2010) ne dit pas autre chose, qui écrit, page 152 : « (…) sachez, pour votre gouverne, que le nom de cet endroit vient de trois rivières souterraines à caractère magique. »

Nevers, Nivernum au IVè siècle, au confluent de la Loire et de la Nièvre, tire son nom de cette rivière, attesté rippa Nervii en 1298. Le nom de la rivière provient d’un préceltique *nevara  lui même formé sur la racine indo-européenne *nebh-, « vapeur, effluve, nuage, nuée », accompagnée du suffixe -ara.

Imphy, attesté de Amfiaco en 887, est issu du nom d’homme latin Amphius suivi du suffixe –acum.

Les indices

  cette photo des débuts de la construction de la tour Eiffel devait orienter vers les forges d’Imphy auxquelles G. Eiffel avait commandé des « arbalétriers » pour sa tour en 1887 (Archives départementales de la Nièvre, n°2, page 3) :

Pour les passionnés de mécano, les détails sont là.

  cette gravure de Charles Mercereau représentant Bernadette Soubirous devant la grotte de Massabielle, devait faire penser à Nevers où la religieuse est morte en 1879.

ces armes sont celles de la famille Schneider, maîtres de forges qui ont exploité de 1869 à 1946 les houillères de Decize (Nièvre). C’est dans ce bassin houiller que se situe La Machine, commune limitrophe de Trois-Vèvres.

 

 

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*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Le dessin d blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.

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