Les indices du mardi 19/11/2019

Un Intrus fait son retour parmi nous en étant le premier et le seul à avoir trouvé la solution de ma dernière devinette. Bravo !

Comme je le disais à la fin de l’énoncé : « je ne vois pas quel indice pourrait vous être utile, sauf à vous livrer une carte d’état-major ». Ce à quoi vous auriez tout à fait le droit de me répondre :

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !

On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses en somme…

Allons-y, donc :

■ et d’un :

et c’est tout !

Assiniboine ( répàladev )

LGF a rejoint TRS comme « solutionneur » de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver la rivière Assiniboine et le mont Assiniboine, qui doivent tous deux leur nom, mais pour des raisons différentes, aux Assiniboines, des Amérindiens du Nord rattachés par leur langue au groupe sioux dont ils se sont séparés au XVIIè siècle et qui s’appellent eux-mêmes Nakotas.

Ce sont les colons français, dont La Vérendrye en 1730, qui ont repris le nom que donnaient les Ojibwés à cette tribu, soit asinii-bwaan, c’est-à-dire « sioux ( bwaan ) à pierre ( asini ) » ; les Cris les appelaient asinî-pwâta, de même sens. L’association des pierres aux Assiniboines, faite par les autres Amérindiens, est due au fait qu’ils utilisaient des pierres chauffées pour faire leur cuisine et bouillir leur eau. Il a été écrit et longtemps considéré comme exact que le nom des Assiniboines viendrait de l’ojibwé asini, « pierre », associé au français « bouillir » traduit par l’anglais boil ( George Bryce, The Assiniboine River and its Forts, Mémoires de la Société royale du Canada, 1893, Section II, p. 69 ), mais cette étymologie est aujourd’hui abandonnée.

La rivière Assiniboine est un fleuve canadien long de 1 070 kilomètres qui traverse les prairies de l’Ouest canadien entre les provinces de Saskatchewan et du Manitoba. C’est sur ses rives que les premiers explorateurs français, faisant la traite des fourrures, ont rencontré les Assiniboines dont le nom fut donné à la rivière.

Le mont Assiniboine est lui aussi situé au Canada mais beaucoup plus à l’ouest, à la frontière des provinces de la Colombie-Britannique et de l’Alberta où il culmine à 3618 m. C’est George Mercer Dawson qui nomma ainsi cette montagne en 1885 quand il aperçut de loin un plumet de nuages à son sommet qui lui fit penser à la fumée s’échappant d’un tipi assiniboine.

Il existe aussi deux localités nommées Fort Assiniboine, l’une au Canada ( Alberta ) et l’autre aux États-Unis ( Montana ).

PS : vous pouvez consulter ce billet de blog qui est accompagné de quelques illustrations originales.

Les indices

■ le dessin animé :

The Flintstones, traduit en français par Les Pierrafeu. À cause … de la pierre et du feu.

■ la statue :

Il fallait reconnaitre Pierre de la Vérendrye, un des premiers à commercer avec les Assiniboines et auquel on doit leur nom.

■ le caillou :

Il fallait reconnaitre la chabasite, une variété de zéolithe. Ce dernier mot a été créé par le minéralogiste suédois Axel Frederik Cronstedt en 1756, d’après le latin zeolithus, lui-même du grec ancien zeô ou zein (« bouillir ») et lithos (« la pierre »).

■ l’autre statue :

Meditació ou Taureau pensant, statue de 1972 de Josep Granyer (Espagnol, 1899-1983) à Barcelone. Ce taureau assis était censé faire penser à Sitting Bull, le célèbre chef sioux vainqueur à Little Bighorn. Même s’il n’était pas un Assiniboine, il était tout de même d’une tribu apparentée.

Les indices du mardi 05/11/2019

Ma dernière devinette n’ a été jusqu’à présent résolue que par TRS qui, une fois de plus, mérite toutes nos félicitations !

J’en recopie ici l’énoncé …

Une explication longtemps admise ( par des colons ) disait qu’un peuple ( colonisé ) devrait son nom à sa façon d’utiliser un élément naturel pour se préparer à manger. Si cet élément naturel est bien encore aujourd’hui admis dans l’ethnonyme, on préfère le voir aujourd’hui accompagné d’un autre qualificatif — un peu comme on préfèrerait dire « poêle africaine » plutôt que « poêle à frire ».

Ah oui ! Le nom du peuple est passé à une rivière et à une montagne ( ben oui, c’est un blog consacré à la toponymie, quand même !).

Quel est ce nom ?

… ainsi que, pour la nostalgie, l’indice qui l’accompagnait :

J’ajoute, pour les retardataires, les traditionnels indices du mardi :

■ une statue :

■ un joli caillou ( avec un avantage aux hellénistes ) :

■ et une autre statue ( vraiment tiré par les cheveux, ne vous fatiguez pas trop !) :

Et ce sera tout.

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

À table !

Un ( petit ) billet aujourd’hui pour vous parler de l’art de la table, ou plutôt de la façon dont on prépare les aliments que l’on déposera sur la table, et des toponymes qui en proviennent.

Illustration de Claude Delaunay pour Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, éditions G.P. , Paris, 1957.

Il sera bien question ici de la façon de cuisiner qui se retrouve dans des toponymes et non de toponymes qui ont donné leur nom à des mets ou des recettes ( qui sont bien trop nombreux et nécessiteraient des billets spécialisés ).

Bien entendu, la première de ces façons de cuisiner qui vient à l’esprit est « sur le feu ». Le feu, dans le sens d’âtre ou de foyer, est en effet très bien représenté en toponymie mais la distinction est fort malaisée, pour ne pas dire impossible, entre le feu pour cuire ou cuisiner et le feu pour chauffer, les deux étant le plus souvent liés. On sautera donc allègrement, si vous le voulez bien malgré son jour que nous venons de fêter, par dessus le feu.

De la même manière, le pot que l’on mettait sur ledit feu se retrouve en toponymie mais plus en tant qu’objet fabriqué dans l’atelier du potier que dans le sens spécialisé d’instrument de cuisson. On ne s’attardera donc pas sur le pot.

Passons au four. Si celui-ci est bien un outil construit par l’homme pour y faire cuire son pain, il a aussi surtout servi pour y chauffer l’argile du pot, le verre, la chaux, le plomb ou encore le fer. Les dates d’attestation des toponymes ( en Four, Fourneau, Fournel, Fournet, etc.) sont trop tardives pour nous aider à trancher, sauf si une précision y est attachée. C’est le cas au Four à Pain ( à La Haye-de-Roulot dans l’Eure ), au Four-Banal ( à Clérieux dans la Drôme, à Rivières-les-Fosses dans la Haute-Marne et Acy-en-Multien dans l’Oise ), qui était un four commun destiné à la cuisson du pain, et aux Fours aux Grains ( au Fidelaire, dans l’Eure ). C’est le cas aussi dans un odonyme qui m’est cher, le passage Four Capelu à Orange ( Vaucluse ), qui tirerait son nom d’un certain Capelet, dit Capelu, qui possédait là un four à pain, fin XIXè – début XXè siècle, dont mon grand-père disait avoir suivi l’enterrement de la veuve au mitan de la guerre dont on dit aujourd’hui qu’elle était la première alors qu’on la croyait la dernière.

À poêle, maintenant. Aussi curieux que cela semble, on retrouve depuis 1962 cet instrument de cuisson dans le nom de Villedieu-les-Poêles ( Manche ) dont elle s’est fait une spécialité au moins depuis 1753 ( où est attesté le nom Villedieu les Poeles ).

Je ne résiste maintenant pas, s’agissant de prendre son repas, au plaisir de vous faire découvrir ( enfin, je suppose ) ces deux toponymes qui me rappellent irrésistiblement un possible duo comique comme il y eut Bouvard et Pécuchet, Abott et Costello ou Palomar et Zigomar ( et Roméo et Juliette, me retins-je d’ajouter ne voulant heurter personne ).

Il s’agit de Tartifume et Soupetard, que je n’hésite pas à vous répéter tant il pourrait s’agir d’un titre de roman, d’une pièce de boulevard ou d’un court-métrage filmé de la Belle Époque : Tartifume et Soupetard !

Il existe une dizaine de Soupetard dont un lieu-dit à l’extrémité occidentale de Sète ( Hér.) sur le lido et un quartier extérieur de Toulouse ( H.-Gar.). On peut rapprocher ces noms des deux Soupe Froide ( au Castellet dans le Var et à Accolay dans l’Yonne ) ou encore des deux Dînetard ( à Livron-sur-Drôme dans … la Drôme et à Saint-Denis-en-Val dans le Loiret). Tous ces noms semblent bien indiquer un habitat relativement éloigné du lieu de travail — pauvre Martin, pauvre misère.

Tartifume, présent comme micro-toponyme dans plus de quatre-vingt communes ( des Pays-de-la-Loire, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie ), désigne lui aussi toujours un lieu écarté. Il s’agirait alors d’un foyer qui ne fume que tardivement car on y est pauvre ou, au contraire mais sans doute plus rarement, qui fume jusque très tard parce qu’on y est plus riche qu’ailleurs. L’explication selon laquelle on y « fume ( la terre ) tard » peut sembler plausible et seule une étude au plus près du terrain pourrait lever le doute. Les étymologies pseudo-savantes qui font appel à un dérivé de « tertre » pour expliquer le tart initial oublient de se référer à la topographie qui nous montre que la plupart de ces lieux-dits ne sont pas plus hauts que le reste de la commune et n’ont donc rien d’un tertre. Quant à chercher des étymologies celtiques ou pré-latines … faute de me courber, je me gausse.

Me permettrez-vous maintenant une excursion hors de nos frontières ? ( Il est de votre intérêt de répondre positivement puisque la devinette s’y situera! ).

Parlons donc d’enfumage … ou plutôt de boucanage. Le boucan est un « gril de bois sur lequel les habitants de l’Amérique et des îles Caraïbes fumaient les viandes ou les poissons ». Il s’agit d’un mot issu du tupi mokaém, « gril de bois » ; dans cette langue les sons m, mb et p alternent en position initiale, et la deuxième syllabe du mot se prononce de façon fortement nasalisée. Sur ce mot ont été formés le verbe boucaner, le boucanage et la boucane tous en relation avec le fait de fumer la viande ou le poisson. Un faux-ami avec boucan, « lieu de débauche », en relation avec la mauvaise réputation du bouc, fait hésiter sur l’origine exacte des toponymes de ce type en France métropolitaine. En revanche, les noms Boucan guadeloupéens ( à Bouillante et Sainte-Rose ) et martiniquais ( au Marin et au Vauvclin ) comme le Grand-Boucan haïtien semblent bien être d’ancien lieux de boucanage, une fois le mot tupi importé par les colons. Il en est de même pour la rivière Boucanée et la rivière Boucane, et les lacs qui y sont attachés, tous québecois.

D’autres toponymes du même genre doivent bien exister, mais je ne suis pas ( encore ) une encyclopédie faite homme et nul doute que je les oublie, d’autant plus que je ne suis pas ( encore ) polyglotte et que j’exclue de mon champ de recherche les langues qui ne s’écrivent pas dans un alphabet que je puisse maitriser sans (trop d’) effort.

Une explication longtemps admise ( par des colons ) disait qu’un peuple ( colonisé ) devrait son nom à sa façon d’utiliser un élément naturel pour se préparer à manger. Si cet élément naturel est bien encore aujourd’hui admis dans l’ethnonyme, on préfère le voir aujourd’hui accompagné d’un autre qualificatif — un peu comme on préfèrerait dire « poêle africaine » plutôt que « poêle à frire ».

Ah oui ! Le nom du peuple est passé à une rivière et à une montagne ( ben oui, c’est un blog consacré à la toponymie, quand même !).

Quel est ce nom ?

Réponse attendue chez leveto @ sfr.fr

L’indice

et ce sera tout.

Pouydesseaux ( répàladev )

LGF a rejoint TRS et Jacques C. sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Pouydesseaux, une petite commune des Landes.

Si les formes anciennes du nom nous manquent, on peut quant même émettre l’hypothèse d’une étymologie selon un dérivé du latin pŏdĭum, « colline au sommet plutôt arrondi voire plat  », accompagné d’un dérivé du latin sălix, « saule ».

Dans le domaine occitan, le latin pŏdĭum a évolué vers des formes très variées ( cf. ce billet ) dont celle qui nous intéresse ici : poi prononcé poui et transcrit en français « poui » ou « pouy ».

Le latin sălix a évolué, toujours dans le domaine occitan, vers des formes comme saus, salse, salze ou encore sause. C’est la première d’entre elles qui se retrouve dans le nom de notre village.

Pouydesseaux est donc un ancien poi de saus, « colline des saules », ce que je notais déjà dans le quatrième paragraphe de ce billet. Mal compris, le nom a été écrit en deux mots Pouy-Dessaux en 1793 et Pouy-Desseaux en 1801. Une étymologie populaire a vu dans ce nom un « puits des eaux ».

L’église de Corbleu à Pouydesseaux

Situé dans le département des Landes, où on s’attend à trouver plus de pins que de saules, le village a été traversé, pendant l’occupation allemande, par la ligne de démarcation.

Les indices

■ le crapaud

en référence à l’« étang aux monstres » où Jean Rostand commença dès 1962 ses recherches en milieu naturel. Pouydesseaux abrite aujourd’hui le centre de recherches Jean Rostand.

■ le dessin de Jean-François Millet :

en clin d’œil à l’étymologie populaire qui fait de Pouydesseaux un « puits des eaux » ( et pourquoi pas un puits des seaux ? ). Quant au « verso » du dessin, il fallait y voir le verseau mais aussi une invitation à retourner le dessin comme il faudra retourner la médaille.

■ la médaille :

Il s’agit de la médaille Jean Rostand comme le montre son revers :

toujours en référence au centre de recherches qui porte son nom.

■ le tableau de Goya :

Los zancos, « les échasses », pour rappeler les bergers landais.

Les indices du mercredi 30/10/2109

TRS le premier et Jacques C. le second, ont déjà trouvé la bonne solution à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

Pour les distraits, en voici l’énoncé :

On a vu que le saule pouvait entrer en composition dans des noms de communes comme à Sausseuzemare-en-Caux ou Montsalès.

Une autre commune porte un nom composé sur le même modèle : un élément à valeur topographique associé aux saules. Ce nom s’est écrit en trois, puis deux et enfin en un seul mot. Une étymologie populaire y voit une sorte de point d’eau.

Elle se trouve dans une région où on s’attend plutôt à trouver d’autres arbres.

Elle a naguère été traversée par une frontière.

Quelle est cette commune ?

et l’indice qui l’accompagnait :

Les indices

■ un dessin :

sachant que tout dessin a son verso.

■ une médaille :

sachant que toute médaille a son revers.

■ et un tableau :

À vous de jouer !

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

Du saule

Arbre des bords de rivières et des lieux humides, le saule a fourni de nombreux toponymes.

Toutes issues d’un indo-européen sal au sens de gris jaunâtre les différentes formes anciennes étaient salico en celte, sălix en latin, d’où est venu l’ancien français saulz, et salha en francique. Il est malaisé de déterminer lequel de ces mots est précisément à l’origine des toponymes, même si le francique semble avoir supplanté les deux autres.

C’est ainsi que l’on trouve les communes suivantes :

  • Salaise ( Isère ) ;
  • Salice ( Corse-du-Sud ) ;
  • Saulces-Champenoises et Saulces-Monclin ( Ardennes ), Les Loges-Saulces ( Calv.) ;
  • Sault-Saint-Remi ( Ardennes ) ;
  • Saulx ( H.-Saône ), Saulx-le-Duc (C.-d’Or), Saulx-les-Chartreux (Ess.), Saulx-Marchais ( Yv.) ;
  • Sauze ( Alpes-Mar.), Le Sauze-du-Lac ( H.-Alpes ) ;
  • Saulce ( Drôme ) ;
  • Saugues ( H.-Loire) ;
  • Saulges ( May.).

Les formes collectives en -etum ( ou au féminin -eta pour les deux derniers ) sont encore plus nombreuses :

  • Saliceto ( Haute-Corse) ;
  • Sauchay (S.-Mar.) ;
  • Sauchy-Cauchy ( P.-de-C.), Sauchy-Lestrée (id.) ;
  • Saulcet ( Allier ) ;
  • Saulchoy ( P.-de-C. ), Le Saulchoy ( Oise), Saulchoy-sous-Poix ( Somme ), Saulchoy-sur-Davesnescourt (id.), Clairy-Saulchoix (id.) ;
  • Saulcy-sur-Meurthe ( Vosges), Le Saulcy (id.), Saulcy ( Aube ) ;
  • Saulzais (Cher) ;
  • Saulzet ( Allier ), Saulzet-le-Froid ( P.-de-D.) ;
  • Saulzoir ( Nord ) ;
  • Saussay (E.-et-L.), Saussay-la -Campagne (Eure) ;
  • Sausset-les-Pins ( B.-du-R.) ;
  • Saussey ( C.-d’Or) ;
  • Sauzet ( Drôme ) ;
  • Sauzé-Voussais ( D.-Sèvres ) ;
  • Seuzey (Meuse ) ;
  • Saucède ( B.-Pyr.) ;
  • La Saussaye ( Eure ).
  • Chaussoy-Epagny ( Somme ) avec altération de l’initiale.

Enfin ( maintenant que je suis parti, je vais au bout ! ), avec d’autres suffixes :

  • diminutif -itta : La Saulsotte ( Aube ) ;
  • diminutif –ella : La Saucelle (E.-et-L.), Sauzelles (Indre) ;
  • suffixe -ina : Saussines ( Hér.) ;
  • suffixe –aria : La Sauzière-Saint-Jean ( Tarn ).

En Seine-Maritime, Sausseuzemare-en-Caux, notée Salicosae marae au XIIIè s. est une « mare aux saules » tandis qu’en Aveyron, la commune de Montsalès, notée Montsalisio en 1269, est un « mont aux saules ».

Les micro-toponymes sont, on s’en doute, encore plus nombreux et je ne les citerai pas tous puisqu’ils sont pour la plupart similaires aux précédents. On notera toutefois des dérivés de l’occitan salze comme à Salze ( à Campestre-et-Luc, Gard ) ou Salzet ( à Castanet, Aveyron ) ou de l’occitan sauseda comme à La Sauzède ( à Enval, P.-de-D. ). À ces dernières formes correspondent les nord-occitanes ( sud de l’Indre, nord de la Creuse et de la Haute-Vienne) La Sauzade ( à St.-Martial-sur-Isop, H.-Vienne ), ou La Sauzerade ( à Parnac, Indre). Quant au breton haleg on le retrouve dans des dizaines de Goaz Halec ( ruisseau ), Coat Halec ( bois ), Toul Halec ( val ou colline), etc.

Pour finir d’en terminer, un petit coup d’œil sur les faux-amis dérivés de sel n’est pas inutile : on y apprend par exemple que « les sources salées ont donné Salces ( P.-O., Salsulae fons au IIè siècle), Les Salses (Loz.), La Saulce (H.-Alpes), Sausses ( Alpes-de-H.-P.) et aussi Saulxures (H.-Marne, B.-Rhin, Vosges, M.-et-M.) et leur diminutif Saulxerotte (M.-et-M.) ».

On a vu que le saule pouvait entrer en composition dans des noms de communes comme à Sausseuzemare-en-Caux ou Montsalès.

Une autre commune porte un nom composé sur le même modèle : un élément à valeur topographique associé aux saules. Ce nom s’est écrit en trois, puis deux et enfin en un seul mot. Une étymologie populaire y voit une sorte de point d’eau.

Elle se trouve dans une région où on s’attend plutôt à trouver d’autres arbres.

Elle a naguère été traversée par une frontière.

Quelle est cette commune ?

Un indice :

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr