Katherine (Territoire du Nord, Australie) : la répàladev

LGF a rejoint Jacques C. et TRS  sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Katherine, quatrième ville la plus peuplée (6303 hab. en 2016) du Territoire du Nord en Australie.

TdN Australie                                   Katherine TdN Australie

C’est l’explorateur John McDouall Stuart (1815-1866) qui, lors de sa sixième expédition à travers le continent australien, atteignit le 8 juillet 1862 une rivière qu’il nomma Katherine river, « en l’honneur de la seconde fille de l’éleveur de bétail James Chambers » qui avait financé cette expédition.  John McDouall Stuart écrit précisément cette dédicace dans son journal (Stuart’s diary – attention ! très long à charger !) :

Stuart DiaryCapture

mais, selon certains auteurs, il semble avoir commis une erreur sur l’orthographe du prénom : en effet, la seconde fille de James Chambers (1811-1862) se serait appelée Catherine (1843-1904), tandis que c’est son épouse qui se serait prénommée Katherine (ce qui semble contredit par le nom de Catherine Redin, donné sur le site consacré à J. Chambers cité plus haut). On pourrait aussi se demander pourquoi faire une dédicace à la seconde fille de Chambers si on n’avait pas remarqué, en lisant quelques paragraphes plus haut dans ce journal, que J. Stuart avait appelé Fanny river une première rivière en hommage à la première fille dudit Chambers. Ce dernier, récemment décédé, avait fait quant à lui l’objet d’un premier hommage par le nom de la Chambers river.

La route que John Stuart avait suivie dans sa traversée sud-nord du continent a été depuis aménagée et l’autoroute qui l’emprunte aujourd’hui, traversant par endroits des territoires aborigènes sacrés, porte le nom de Stuart Highway.

Stuart highway

Deux mois et demi en marchant 8 heures par jour à 5 km/h. Chiche ?

Plus tard, après la construction d’un relais télégraphique, une ville se développa sur les rives de la Katherine river et on lui donna tout naturellement le nom de Katherine. Elle a prospéré grâce au  développement des transports et des industries locales, notamment l’exploitation minière – en particulier l’exploitation de l’or – aujourd’hui disparue, grâce à la base aérienne de la RAAF à Tindal, ainsi que grâce au tourisme, notamment avec le parc national de Nitmiluk, situé à proximité,

Le parc national Nitmiluk doit son nom à un mot de la langue aborigène jawoyn qui signifie « le rêve des cigales ». Les curieux de savoir de quel « rêve » il s’agit, peuvent lire cette page wikipedia.

Katherine Gorge

Les gorges de la rivière Katherine dans le parc de Nitmiluk

Les indices

■ cette vidéo des Chambers Brothers : pour l’homonymie avec James et John Chambers, les deux frères anglais partis à la conquête de l’Australie en 1835, établis avec réussite comme éleveurs de bétails, et principaux financiers des expéditions de John McDouall Stuart.

indice a 05 09 2023   ■ il fallait reconnaître une cigale australienne du genre Psaltoda, qui devait orienter vers le nom du parc Nitmiluk, le rêve des cigales. On n’oubliera pas que les cigales ne stridulent pas comme le grillon mais chantent (ou « cymbalisent » si on veut faire savant), d’où les « petits chanteurs ailés » mentionnés dans l’énoncé.

■ cette vidéo de Midnight Oil devait orienter vers les Aborigènes, donc vers l’Australie.

Les indices du mardi 05/09/2023

Bravo à tous les deux ! Jacques C. très rapidement puis TRS m’ont déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Je pense en avoir fini avec ces villes étasuniennes aux noms d’enfants – du moins avec celles à ma portée immédiate, car nul doute qu’il y en a d’autres.

Conclusion : la devinette d’aujourd’hui concerne un autre continent.

Il vous faudra trouver une ville dont le nom est celui d’une des filles d’un de ceux qui financèrent l’expédition du premier Européen à avoir exploré la région.

Ce dernier a en réalité d’abord nommé une rivière et c’est le nom de cette dernière qui est passé à la ville bâtie sur ses rives.

La route qu’il a ouverte pour arriver jusque là, traversant des contrées sauvages et rencontrant des populations hostiles, porte aujourd’hui son nom.

Après la fermeture de mines d’or et à côté des activités liées à sa base militaire, la ville vit désormais essentiellement du tourisme, notamment grâce à un parc national, un rêve de petits chanteurs ailés, selon son nom dans la langue locale.

Un indice en musique : voir cette vidéo.

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Les cadeaux indices

■ un :

indice a 05 09 2023

■ deux :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Naissances d’une nation (II)

Vous pensiez en avoir fini avec les USA ? Raté ! Après celles ayant fait l’objet du billet du 20 août dernier, j’ai encore trouvé quelques localités baptisées en l’honneur d’enfants qui y sont nés. Prêts ? En avant !

Anna (Shelby county, Ohio) : nommée en 1830 en hommage à la fille de Maria Ewig Martin, la première pionnière établie là.

Cynthiana (Harrison county, Kentucky) : le centre ville fut établi sur des terres données par le colonel Benjamin Harrisson le 10 décembre 1793. En signe de reconnaissance, on baptisa la ville  du nom de ses deux filles, Cynthia et Anna. Le comté prit le nom de leur père.

Comté de Dare (Caroline du Nord) : nommé en hommage à Virginia Dare, qui serait le premier enfant né de parents anglais en Amérique. Elle était la fille d’Ananias Dare et d’Eleanor White, née le 18 août 1587 dans ce qui faisait alors encore partie de  l’État de Virginie, d’où son prénom.

Elsie (Perkins county, Nebraska) : nommée en 1887 en hommage à la fille de Charles Elliott Perkins, président de la Chicago, Burlington and Quincy Railroad, quand la ligne de chemin de fer atteignit cet endroit. À ne pas confondre avec Elsie, Michigan, citée dans le premier billet.

EudoraSidewalkabt1915 Eudora (Douglas county, Kansas) : après en avoir expulsé les Kansas, le gouvernement fédéral installa les Shawnees sur ces terres en 1820.  Ceux-ci les vendirent en 1857 à des colons allemands qui nommèrent alors leur colonie en l’honneur de la fille du chef shawnee Pascal Fish.

(ci-dessus Eudora en 1915, so far so good)

Flora (Clay county, Illinois) : fondée en 1854 par Samuel White qui lui donna le nom de sa fille. À ne pas confondre avec Flora (Ohio), citée dans le premier billet.

Hope (Hempstead county, Arkansas) : fondée en 1873 à l’arrivée du chemin de fer, la ville a pris le nom de Hope Loughborough, la fille d’un des dirigeants de la St Louis, San Francisco and New-Orleans Railroad.

jessamine county Jessamine county (Kentucky) : la légende locale raconte que le comté doit son nom à la fille d’un des premiers pionniers, un certain Douglass qui aurait été tué par les Amérindiens ou, plus romantique, qui se serait suicidé par désespoir amoureux … Il semble plutôt que le nom de la ville, comme celui de la Jessamine creek, ait été donné en 1798 par le colonel John Price en référence aux jasmins qui y poussaient abondamment.

Luverne (Rock County, Minnesota) : le bureau de poste, ouvert en 1868, fut baptisé en 1870 du nom de Luverne Hawes, la fille d’un des premiers colons.

Margaretville (Delaware county, New-York) : nommé en 1850 (après une déjà longue histoire) en l’honneur de Margaret Lewis, la fille du gouverneur de l’état de New-York Morgan Lewis et petite-fille de Robert L. Livingston, un des pères fondateurs des États-Unis. (À ne pas confondre avec Margaritaville).

Mariaville (Hancock county, Maine) : nommée en 1836 en l’honneur de Maria Matilda Bingham, deuxième fille de William Bingham, riche propriétaire d’esclaves non résidents et premier sénateur américain de Pennsylvanie.

Mariaville (Shenectady county, New-York) : le hameau Mariaville, aujourd’hui dans Duanesbourg, avait été nommé en l’honneur de Mary Duane, la fille ainée de James Duane, sénateur de l’état de New-York et maire de New-York de 1784 à 1789. Le nom reste aujourd’hui attaché au Mariaville Lake.

Marthasville (Georgia) : avant de prendre le nom d’Atlanta en 1845, du nom de la Western and Atlantic Railroad, la ville s’est appelée Marthasville, d’après le prénom de la fille de Wilson Lumpkin, gouverneur de la Géorgie de 1831 à 1835.

New Florence (Montgomery county, Missouri) :  baptisée simplement Florence en 1858 en l’honneur de la fille du premier colon, E. A. Lewis. Le Post Office imposa le nom de New Florence pour la distinguer de Florence, fondée en 1839 dans le même État

Sidney (Champaign county, Illinois) :  fondée dès 1834 et nommée en l’honneur de Sidney Davis, la fille du fondateur.

Sidney (Richland county, Montana) : ce nom a été donné en 1888 par le juge de paix Hiram Otis chez qui logeaient les époux Walters et leur fille Sidney.

Theresa (Jefferson county, New York) : nommée en l’honneur de la fille de James Le Ray de Chaumont, un canadien-anglais d’ascendance française, propriétaire dès 1800 des terres sur lesquelles sera bâtie la ville, autonome dès 1849 et officialisée dans son statut en 1871.

Warren (Jo Davis county, Illinois) : nommée en 1854 en l’honneur de Warren Burnett, le premier enfant mâle qui y est né. Il était le fils du capitaine Alexander Burnett qui avait construit ici la première cabane en rondins en 1843.

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Warren, Illinois

Il a fallu arriver à la fin de cette liste pour voir enfin apparaître un prénom masculin ! Sur les quarante-deux localités qui font l’objet de mes deux billets consacrés aux « naissances d’une nation », seules cinq portent un nom masculin. Que faut-il en conclure ? Qu’on rendait hommage aux femmes à leur naissance, une fois pour toutes et qu’elles s’estiment bien heureuses avec ça, avant de filer traire les vaches, faucher le blé, faire la cuisine, le ménage et … des enfants ?

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La devinette

Je pense en avoir fini avec ces villes étasuniennes aux noms d’enfants – du moins avec celles à ma portée immédiate, car nul doute qu’il y en a d’autres.

Conclusion : la devinette d’aujourd’hui concerne un autre continent.

Il vous faudra trouver une ville dont le nom est celui d’une des filles d’un de ceux qui financèrent l’expédition du premier Européen à avoir exploré la région.

Ce dernier a en réalité d’abord nommé une rivière et c’est le nom de cette dernière qui est passé à la ville bâtie sur ses rives.

La route qu’il a ouverte pour arriver jusque là, traversant des contrées sauvages et rencontrant des populations hostiles, porte aujourd’hui son nom.

Après la fermeture de mines d’or et à côté des activités liées à sa base militaire, la ville vit désormais essentiellement du tourisme, notamment grâce à un parc national, un rêve de petits chanteurs ailés, selon son nom dans la langue locale.

Un indice en musique :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Kim (Las Animas county, Colorado, USA) : la répàladev

TRS et LGF sont, dans cet ordre, les seuls à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

Il fallait trouver Kim, une localité du comté de Las Animas, dans le Colorado, aux États-Unis d’Amérique, comptant 63 habitants en 2020.

carte USA

plus précisément :

local Kim Col

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La toponymie

Kim : quand il s’est agi de trouver un nom en 1917 à la petite communauté installée à cet endroit-là, on fit l’honneur à Mme Simpson, épouse d’un des premiers colons, de choisir celui-ci. Elle en proposa alors deux : Dexter, le prénom de son mari, et Kim, celui du héros éponyme du roman de Rudyard Kipling qu’elle venait de lire. Vous connaissez déjà le résultat du vote qui suivit : c’est Kim qui fut choisi. (ceci dit, Simpson, Dexter … ça faisait un peu trop sérié télé, non ? Et pourquoi pas Dallas, tant qu’on y était ?)

cimetière Kim Col

... avis aux amateurs : il reste de la place

Kim est une forme diminutive de Kimball. Ce prénom masculin est issu du vieil anglais cyne, « roi » et bald, « audacieux » ou du celte cyn, « chef » et bel, « guerre ». Selon Rudyard Kipling, il signifie en vieil anglais kin bold, brave king (« roi audacieux et courageux »).

Las Animas : le nom de ce comté est une référence aux âmes des conquistadors menés par Francisco Vázquez de Coronado y Luján (1510 – 1554) et tués lors d’un affrontement avec les Cheyennes. Cette histoire, et la toponymie qui y est attachée, avait été racontée sur ce blog en juillet 2017 dans un billet consacré à la Purgatoire river.

Trinidad : fondé en 1862 par des Mexicains quand du charbon y fut découvert, le siège du comté de Las Animas porte un nom qui signifie Trinité.

Colorado : cet État étasunien de langue anglaise porte un nom espagnol (les Conquistadors étaient là avant les Pioneers !) qui signifie « rouge », en référence aux diverses teintes de grès rouge orangé qui caractérisent son sol et son célèbre canyon.

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Les indices

indice a 27 08 2023  ■ ce taureau rouge sur fond vert devait faire penser à l’emblème du régiment irlandais des Mavericks de l’armée des Indes dans lequel servait le père de Kim et qui correspondait à la prédiction que lui avait faite un jour une bienfaitrice (cf. la page wiki dédiée au roman, mise en lien plus haut).

■ « qui pourrait aider votre mémoire » : allusion au jeu de Kim décrit dans le roman, censé exercer la mémoire visuelle des joueurs.

■ les homonymes :  Kim est également le nom d’un village du nord du Cameroun et d’une ville du Tchad, mais sans rapport avec le héros de Kipling.

indice a 28 08 2023 ■ le nuancier de rouge pour le Colorado, bien sûr.

indice e 29 08 2023 ■ le piano : de marque Kimball … comme Kimball O’Hara, nom complet du héros du roman de R. Kipling.

indice-f-29-08-2023  ■ le mont Kimball (Arizona) pour la même raison.

Les indices du mardi 29/08/2023

Personne ne m’a encore proposé la bonne réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver une localité étasunienne dont le nom est celui d’un héros de la littérature. (vous vous en doutiez ? D’accord, mais sait-on jamais ?).

Avec si peu d’habitants, il n’y a quasiment rien à dire à son propos.

Le comté (county) porte un nom qui rappelle un évènement tragique qui s’y est déroulé.

Son siège administratif porte un nom à connotation religieuse.

« Rien sur le héros ? » vous entends-je me demander.

Si. Cet indice :

indice a 27 08 2023

qui pourrait aider votre mémoire.

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Les indices du mardi

■ le nom à trouver est homonyme de celui porté par deux autres localités sur un continent différent, dont l’une est aussi le nom d’un peuple et de sa langue.

■ le nom du comté où se trouve la localité à trouver a déjà été mentionné sur ce blog lors d’une « répàladev » il y a un peu plus d’un lustre.

■ pour la région :

indice a 28 08 2023

■ pour le héros :

indice e 29 08 2023

ou bien :

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Réponse attendue chez leveto@sfr

Quelques curiosités étasuniennes

Certaines nouvelles villes étasuniennes ont été nommées, sinon par des intellectuels au moins par des gens instruits soucieux d’originalité, d’après des héros de fiction. J’en ai rassemblé ici quelques exemples, mélangés à des noms d’origine plus controversée. (J’étais parti pour ce que je croyais être une petite promenade et, finalement, …c’est bien plus long ! et encore n’ai-je sans doute pas tout trouvé …).

Des divinités et des héros de l’Antiquité :

Amalthea (Franklin county, Ohio) : aujourd’hui ville fantôme, elle avait été nommée en 1856 d’après la nourrice de Jupiter.

Neptune City (New-Jersey, Monmouth county) : au bord de l’océan, elle a été nommée en 1881 du nom du dieu romain. C’est la ville de naissance de l’acteur Jack Nicholson (on s’en fiche un peu, mais quand même, ça doit rapporter des ponts au Trivial Poursuit, non ?)

Diana (New-York, Lewiw county) et Minerva (New-York, Essex county), du nom des déesses romaines.

Ulysses (Pennsylvania) : à sa naissance en 1831, la ville s’est appelée Lewisville du nom de son fondateur, Orange Lewis. Cependant, le bureau de poste a ouvert sous le nom d’Ulysses et ses habitants comme les gazettes locales utilisaient ce dernier nom, qui fut officialisé en… 1968.

Ulysses (Kansas) :  son nom serait un hommage au général Ulysses Grant, mais certains préfèrent y voir une référence au héros de l’Odyssée.

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Ulysses, Kansas, 1929

Argonia (Kansas, Summer county) : nommé en 1881 d’après le nom Argo du navire de Jason. Pour la petite histoire : c’est dans cette ville que fut élue maire en 1887 Susanna M. Salter, du parti de la Prohibition, la première femme à occuper un poste politique aux USA.

Helena Township (Scott county, Minnesota) : certaines sources font un rapprochement avec Hélène de Troie mais il semble préférable de voir dans ce nom un hommage à Helen M. Thayer, l’épouse d’un des premiers colons, dont le nom de famille a servi à nommer le Thayer Lake.

Romulus (New-York et Michigan) : ces deux villes portent, sans surprise, le nom du légendaire fondateur de Rome.

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Romulus, état de New-York

Odin (Illinois, Marion county) : fondée vers 1830 par des pionniers majoritairement scandinaves, la ville a été nommée d’après le dieu majeur du panthéon germanique. Son nom a été transporté à Odin (Minnesota, Wantonwan county) en 1899.

Des héros shakespeariens :

Romeo (Colorado) : d’abord appelée Sunflower (« Tournesol » – la fleur, pas le héros de bédé), la localité a été baptisée ensuite Romero, du nom de son fondateur. Comme il y avait déjà d’autres villes de ce nom, le Post Office suggéra Romeo, ce qui fut accepté en 1901.

Romeo (Michigan ) : fondée à l’emplacement d’un village amérindien de la tribu Chippewa appelé tout simplement Indian Village, cette localité fut baptisée Romeo en 1839 suivant la suggestion de l’épouse d’un commerçant local, Nathaniel Taylor, qui souhaitait un nom « court, musical, classique et peu commun ».  Elle est jumelée depuis 1994 avec Juliette (Georgia) qui ne doit pourtant rien à Shakespeare puisqu’elle est nommée d’après Juliette McCracken, la fille d’un ingénieur des chemins de fer.

Hamlet (Caroline du Nord) : la première maison fut construite en 1869, trois ans après le passage du chemin de fer dans la région qui s’appelait alors Sandhills. En 1872, un anglais nommé John Shortridge entreprit d’installer un foulon le long de la rivière et renomma l’endroit Hamlet. Certains aiment penser qu’il s’agit d’un hommage au héros shakespearien, tandis que d’autres, plus prosaïquement, y voient un souvenir des hameaux (hamlets) de la campagne anglaise.  NB : Le nom d’Hamlet (Nebraska) choisi par le Post Office, est bien, lui, un « hameau ».

Desdemona (Texas) : il s’agissait en 1857 d’un petit fort bâti par plusieurs familles pour se protéger des Amérindiens. Ayant pris de l’importance, la localité aurait été baptisée en 1873 du nom de la fille du juge de paix d’alors, mais certains préfèrent y voir le nom de l’héroïne  shakespearienne. Il ne restait que 200 habitants en 2000 et ce serait aujourd’hui une ville fantôme.

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Desdemona, Texas, et son champ de …pétrole

Lake Elsinore (Californie) : la ville aurait pris le nom d’Elsinore en référence à la ville danoise d’Elseneur (Helsingør) où se déroule le drame d’Hamlet. C’est en tout cas la version « officielle ». Une autre version, plus ancienne, dit que ce nom proviendrait de la corruption de l’espagnol el señor, rappelant que la ville s’est développée autour d’une propriété, le Rancho La Laguna, acquise par un Mexicain nommé Julian Manriquez en 1844, revendue à un autre Mexicain, Augustin Machado en 1858, qui en revendit à son tour la plus grande partie à Charles A. Sumner, n’en conservant que 200 ha. L’histoire ne dit pas lequel des Mexicains était dit el señor.

Arden (Caroline du Nord, Buncombe County) : du nom de la forêt des Ardennes, dans laquelle se réfugie Rosalinde, l’héroïne de Comme il vous plaira.

Des héros de la littérature :

Tell City (Missouri) : en novembre 1856, des émigrés Suisses se réunirent à Cincinnati (Ohio) où ils fondèrent la Société suisse de colonisation (non, vous ne rêvez pas !) qui avait pour but de trouver un endroit où s’implanter, ce qui fut fait en juillet 1857 dans l’Indiana. Après avoir pensé  baptiser Helvetia leur nouvel établissement, ils décidèrent de le nommer du nom de leur héros Tell City, plus facile à prononcer pour les Américains.

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Tell City, Missouri

Attalaville  (Attala County, Mississipi) : il s’agit d’une ville fondée en 1830 et aujourd’hui quasi déserte mais dont le nom est resté dans celui du comté. Elle avait été nommée en souvenir d’Atala, l’héroïne éponyme du roman de Chateaubriand, qui écrit son nom avec un seul –t-.  Notons qu’Attalla (Alabama) a été nommée en 1883 d’après un mot amérindien signifiant « montagne ».

Benhur (Californie, Mariposa county) : fondé en 1890 et nommé d’après le héros éponyme du roman de Lew Wallace.

Evangeline Township (Michigan, Charlevoix county) : d’après le poème Évangéline de Henry W. Longfellow qui raconte la déportation des Acadiens.

Lena (Illinois, Stephenson county) : baptisée en 1853 d’après le nom d’une vallée apparaissant dans un poème du barde écossais Ossian.

Loda (Illinois, Iroquois county) : baptisée en 1880 d’après le poème intitulé Cath-Loda du barde écossais Ossian.

Omar (New-York, Jefferson county, Orleans Town) : ce quartier portait à l’origine le nom de la rivière, Mullet creek, puis celui d’un moulin qui y était établi, le Muges Mill, avant de prendre en 1842, à l’ouverture du bureau de poste, le nom d’Omar, un personnage du conte allégorique intitulé Histoire de Rasselas, prince d’Abyssnie, écrit par Samuel Johnson et paru en 1759.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité étasunienne dont le nom est celui d’un héros de la littérature. (vous vous en doutiez ? D’accord, mais sait-on jamais ?).

Avec si peu d’habitants, il n’y a quasiment rien à dire à son propos.

Le comté (county) porte un nom qui rappelle un évènement tragique qui s’y est déroulé.

Son siège administratif porte un nom à connotation religieuse.

« Rien sur le héros ? » vous entends-je me demander.

Si. Cet indice :

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qui pourrait aider votre mémoire.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Elmira, New-York (USA) : la répàladev

podium seulTRS est resté le seul à avoir découvert la solution de ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !

Il fallait trouver la ville d’Elmira, dans le comté de Chemung de l’état de New-York aux États-Unis d’Amérique.

carte USA

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Elmira, au centre de la carte

Elmira : deux versions s’opposent à propos de l’origine du nom de cette ville.

Selon la version la plus consensuelle, la ville, baptisée simplement Newtown lors de sa fondation en 1788, a changé de nom en 1808 (en.wiki) au cours d’une assemblée municipale qui se serait tenue dans la taverne de Nathan Teal. C’est le prénom de la fille de ce dernier qui aurait été alors choisi pour renommer la ville.

La deuxième version est donnée dans le livre d’histoire familiale Carpenter Memorial d’Amos Bugbee Carpenter, publié en 1898. L’auteur y raconte que la ville a été nommée d’après la fille du major-général (équivalent de général deux étoiles) Matthew Carpenter. Ce nom aurait été donné, selon l’auteur, en 1821 lors de la convention constitutionnelle à laquelle Matthew Carpenter était délégué (en.wiki). On est en droit de douter de cette version pour plusieurs raisons. D’abord, la convention constitutionnelle de l’état de New-York de 1821 avait, semble-t-il, pour objets principaux une déclaration des droits et la révision de la loi électorale. On imagine mal une telle Assemblée constitutionnelle se préoccuper du changement de nom d’une de ses villes. Ensuite, l’auteur de l’ouvrage fait lui-même partie de la famille Carpenter et, comme on le sait, on n’est jamais si bien servi que par soi même … Enfin, un coup d’œil sur ce site mémoriel nous apprend que le major-general Matthew Carpenter, s’il avait bien une fille prénommée Amira, n’en avait aucune portant le prénom Elmira.

Reste le problème des dates : la première version parle de 1808 tandis que la seconde mentionne 1821. Pour compliquer les choses, l’Oxford concise dictionnary of world place names (John Everett Heath, 2005) partisan de la première version, date le changement de nom de 1828 et l’Encyclopedia Britannica de 1823. Il me semble pourtant qu’on pourrait savoir quand exactement la ville a changé de nom en consultant les archives (du Post Office ?), mais apparemment, personne ne s’est donné cette peine (à moins que ces archives aient disparu, ce qui n’était apparemment pas si rare à cette époque …).

Un camp de prisonniers de guerre a été établi à Elmira à l’été 1864 et jusqu’à sa fermeture à l’automne 1865, 12 123 soldats confédérés y furent incarcérés, dont 2 963 moururent de malnutrition, de froid et d’absence de soins. Les prisonniers l’avaient surnommé Hellmira, jeu de mots sur le nom de la ville et hell, « enfer ».

Enfin, le nom d’Elmira a été transféré à Elmira en Californie, Indiana et Missouri et même à Elmira en Ontario (Canada).  La ville californienne a, à son tour, donné son nom à Elmira en Oregon.

Chemung (comté de) : le « canton » (township) de Chemung (le futur comté ) a été fondé en 1788 et la Newtown de Chemung (la future Elmira)  en 1792. Le canton avait pris le nom d’un ancien village signifiant « grande corne » en langue delaware. Une légende locale explique le nom par la découverte d’une énorme défense fossilisée d’un supposé monstre préhistorique … Plus vraisemblablement, le nom indien désignait, comme la majorité des noms en Big Horn,  un relief ou un rocher ayant la  forme d’une corne.

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Les indices

indice a 19 08 2023_  ■ cette photo montrait Samuel Langhorne Clemens, plus connu comme Mark Twain, et son épouse née Olivia Langdon à Elmira le 27 novembre 1845. L’écrivain, entre divers voyages, y passa plusieurs années à écrire, au point que le comté de Chemung se fait appeler Mark Twain Country. Ils sont tous les deux enterrés dans le cimetière d’Elmira.

indice a 22 08 2023 ■ cette photo, extraite du film Le bon, la brute et le truand (Sergio Leone 1966) montre des prisonniers confédérés, surveillés par un garde de l’Union, jouant de la musique pour couvrir le bruit provoqué par la séance de torture infligée à un des héros.

indice c 22 08 2023  ■  Princesse Shéhérazade, série télévisée d’animation française (1995), était là pour l’étymologie du nom Elmira qui proviendrait de l’arabe amirah, signifiant « princesse ». S’il provient du germanique Adelmar ou du vieil anglais Elmer, tous deux signifiant « noble », l’indice fonctionne encore : quoi de plus noble qu’une princesse ?

Les indices du mardi 22 août 2023

TRS est le premier et, pour le moment, le seul à avoir résolu ma dernière devinette. Mille bravos !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver une ville étasunienne dont le nom vient de celui d’un enfant (vous vous en doutiez ? D’accord, mais sait-on jamais ?)

Selon une première « source », cette ville, qui portait un nom issu de l’amérindien, toujours présent dans le nom du comté, aurait été renommée au début du XIXè siècle en l’honneur de la fille du tenancier du bar où se tenait une assemblée municipale.

Selon une deuxième « source », ce nom serait celui de la fille d’un militaire qui était délégué lors d’une convention constitutionnelle de l’État tenue en ce même début du XIXè siècle.

Sa prospérité due à sa situation géographique qui en faisait une plaque tournante pour le commerce dans la région, aussi bien par chemin de fer que par le biais de canaux, fut à ce point remarquable qu’elle a donné à d’autres l’idée de baptiser du même nom quatre autres villes étasuniennes et même une ville canadienne.

Elle est aussi tristement célèbre pour les conditions terribles dans lesquelles y a vécu une partie de sa population pendant plus d’un an. Par un jeu de mots sur son nom, elle fut affublée, par cette population, d’un sobriquet qui disait la vie infernale à laquelle elle y était soumise.

Et, pour finir :

indice a 19 08 2023_

auquel je rajoute

les indices du mardi

Ils sont cinématographiques, aujourd’hui, mais ne voyez là aucun indice caché :

■ et d’un :

indice a 22 08 2023

■ et de deux :

indice c 22 08 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Naissances d’une nation

Le billet d’aujourd’hui, récupéré au fond d’un de mes tiroirs, a trait à des toponymes étasuniens issus d’un nom d’enfant, le plus souvent celui d’un des premiers habitants. Ce n’est pas la première fois que je me promène de ce côté-là de l’Atlantique : voyez par exemple ici, ici, encore ici et encore ailleurs que je vous laisse chercher.

Comme on le voit dans Il était une fois dans l’Ouest, l’expansion vers l’Ouest a été grandement facilitée par le chemin de fer et le passage du train à vapeur dans un lieu pourvu d’eau était un gage de prospérité pour l’agglomération qui s’y créait. Une fois celle-ci établie, il fallait officialiser sa naissance en la déclarant à l’administration postale (Post Office) sous un nom qu’il fallait trouver, de préférence original pour éviter les doublons : certains eurent l’idée de baptiser leur ville du nom d’un enfant, généralement un des premiers nés sur place (d’où le titre de ce billet, allusion au film de David W. Griffith qui, malgré son racisme et son révisionnisme, reste la première « superproduction » hollywoodienne).

En voici quelques exemples (je ne surcharge pas mon billet de liens, vous êtes assez grands pour vous débrouiller seuls) :

Ada (Oklahoma) : nommée en 1901 en l’honneur d’Ada Reed, la fille d’un des premiers colons. Notons que cette ville commençait mal puisqu’elle était une sundown town, ce terme provenant de panneaux indiquant que les « personnes de couleur » devaient quitter la ville avant le coucher de soleil.

Ada (Ohio) : dès 1854 l’endroit fut appelé Ada post Office, du nom de la fille du receveur des postes.

Ada (Minnesota) : créée en 1874 et nommée en 1881 d’après le nom de la fille de William H. Fisher (éponyme de Fisher, Min.) dirigeant de la Saint Paul and Pacific Railroad dont la ligne de la Red River Valley passait par là.

Ada (Idaho, comté d’) : créé par l’Assemblée territoriale de l’Idaho en 1864 par détachement du comté de Boise, ce comté prit le nom d’Ada Riggs, fille d’un des membres de cette assemblée, H. C. Riggs, co-fondateur de Boise.

Alton (Illinois) : cette ville fut établie au bord du Mississipi en janvier 1818 par Rufus Easton qui mit en place un service de ferry pour passagers jusqu’au Missouri. Il appela la ville naissante du nom de son fils, Alton.  (ci-dessous, vers 1915).

CPA Alton Ill ca 1915

Clifford (Michigan) : créée en 1862 à un important carrefour commercial, la ville prit le nom de Clifford Lyman, le premier enfant qui y naquit.

Ebensburg (Pennsylvanie) : son origine remonte à novembre 1796, lorsque le pasteur congrégationaliste Rees Lloyd conduisit un  groupe d’une vingtaine de Gallois de Philadelphie vers les terres que Morgan John Rhees avait choisies pour sa colonie. Ils trouvèrent un endroit attrayant au sommet des monts Allegheny et y installèrent ce qui allait devenir Ebensburg, qu’ils nommèrent en souvenir d’Eben Lloyd, un des fils du pasteur décédé en bas âge.

Edna (Kansas) : nommée en 1876 d’après une enfant, Edna Gragory (dont on ne sait rien de plus).

Edna (Texas) :  en septembre 1881, Mme Lucy Flournoy céda un droit de passage sur ses terres au chemin de fer ainsi que la possibilité d’y établir une station dont la promotion et la construction ont été assurées par le comte italien Joseph Telfener. La ville a été nommée en l’honneur d’une fille du comte.

Edna (Dakota du Nord ) : porte le nom d’Edna Booth, fille d’Albert Anson Booth (1850 – 1914), un pionnier qui s’est installé dans le comté de Barnes en 1879. Booth a ouvert un bureau de poste rural à son domicile le 25 juillet 1882 et l’a nommé d’après sa fille, qui était le premier enfant blanc né dans le canton. Le service fut interrompu le 14 novembre 1884., mais le canton conserva son nom.

Elsie (Michigan ) : fondée en 1857 et nommée en 1885 d’après Elsie Tillotson, la fille d’un des premiers colons.

CPA-ELSIE MICH-1908

Elsie, Michigan, en 1908

Ethel (Mississipi) : nommée d’après la fille du capitaine S. B. McConnico qui a servi dans l’artillerie indépendante d’Orléans, en Louisiane, pendant la guerre de Sécession.

Farisita (Colorado) : c’est un poste espagnol en pisé, nommé Fort Talpa, qui a été construit là dans les années 1820 pour se protéger des attaques éventuelles des Amérindiens. Dans les années 1870, le fort a été intégré à la ville nouvelle de Huerfano Cañon. En 1941, il était toujours debout à côté du magasin général de la ville plus récente de Farisita. Un bureau de poste appelé Farisita a été créé en 1923 et est resté en activité jusqu’en 1990. C’est un des premiers receveurs qui a nommé la ville en l’honneur de sa fille, Jeanette Farisita Faris, le surnom signifiant en espagnol « petite fille Faris », comme en français Farisette. Jeanette Faris a plus tard dirigé elle-même le bureau de poste et le magasin. Le cimetière de la famille Faris est situé sur le site de la ville et a été constamment utilisé depuis sa création, des membres de la famille Faris y ayant été enterrés pas plus tard qu’en 2010.

Flora (Ohio) : un bureau de poste fut ouvert là en 1884, baptisé du nom de la fille d’un des premiers colons, et fermé en 1949.

Flora ILL

Flora, Illinois, difficile de faire plus étasunien

Gustavus (Ohio) : nommé en l’honneur de Gustavus Storrs, le fils d’un agent foncier local.

Helena (Arkansas) : Helena est la partie orientale de Helena-West Helena, une ville du comté de Phillips, située sur la rive ouest du fleuve Mississippi. Elle a été fondée en 1833 par Nicholas Rightor et porte le nom de la fille de Sylvanus Phillips, un des premiers colons du comté auquel il a laissé son nom.

Helena (Missouri) : la tradition locale fait de Helena la fille d’un cheminot qui travaillait là lors de l’ouverture de la station de chemin de fer en 1878.

Helena (New-York) : il s’agit d’un hameau de la ville de Brasher dans le comté de St. Lawrence. Helen était le nom de la fille (née à Hambourg en 1803 et morte à Londres en 1896) de Joseph Pitcairn (1764-1844), consul américain à Hambourg, éponyme de Pitcairn (N.-Y.). Helena est également connue sous le nom de Ohi’karónthne, un nom mohawk qui se traduit par « à l’endroit du buisson d’épines ».

Helena (Ohio) ; créée en 1871 lors de l’arrivée du chemin de fer (Pittsburgh, Fort Wayne & Chicago Railroad) et nommée d’après Helena Thompson, la fille d’un médecin.

Laura (Illinois) : nommée à la fin des années 1880  en l’honneur de la fille d’un dirigeant du chemin de fer local.

Laura (Ohio) : la ville a été créée vers 1840 et le bureau de poste, ouvert en 1850, a été baptisé du nom de la fille de son receveur.

Lulu_City_marker,_National_Park_Service  Lulu City (Colorado ) :  ville minière éphémère de l’est du Grand County, dans la vallée de Kawuneeche, dans ce qui est aujourd’hui le parc national des Rocheuses. Elle est apparue après la découverte d’argent dans la région en 1879 par le prospecteur Joe Shipler, et a été construite principalement par la Middle Park and Grand River Land Improvement Company en 1880. La société était soutenue par Benjamin F. Burnett de Fort Collins et par William Baker, un éleveur lui aussi de Fort Collins. La ville a été nommée d’après la fille de Burnett. L’argent qui y était trouvé étant de piètre qualité, la ville fut abandonnée dès 1884, seul le pionnier Shipler y demeurant encore trente ans. Le site a été classé « lieu historique » en 1977.

Malinta (Ohio) : nommée en 1880 d’après le deuxième prénom d’Élizabeth Malinta Bensing, fille d’un des premiers colons.

Ninaview (Colorado) : le bureau de poste a été ouvert en 1905 (et fermé en 1965) et nommé d’après Nina Jones, la fille d’un des premiers colons, forgeron et commerçant. M. et Mme Jones habitaient une maison qui bénéficiait d’un panorama qui plaisait particulièrement à leur fille et qu’ils appelaient Nina’s view. Tout naturellement, le nom passa à la ville quand il fallut la baptiser.

Rog personnage loupe

La devinette

Il vous faudra trouver une ville étasunienne dont le nom vient de celui d’un enfant (vous vous en doutiez ? D’accord, mais sait-on jamais ?)

Selon une première « source », cette ville, qui portait un nom issu de l’amérindien, toujours présent dans le nom du comté, aurait été renommée au début du XIXè siècle en l’honneur de la fille du tenancier du bar où se tenait une assemblée municipale.

Selon une deuxième « source », ce nom serait celui de la fille d’un militaire qui était délégué lors d’une convention constitutionnelle de l’État tenue en ce même début du XIXè siècle.

Sa prospérité due à sa situation géographique qui en faisait une plaque tournante pour le commerce dans la région, aussi bien par chemin de fer que par le biais de canaux, fut à ce point remarquable qu’elle a donné à d’autres l’idée de baptiser du même nom quatre autres villes étasuniennes et même une ville canadienne.

Elle est aussi tristement célèbre pour les conditions terribles dans lesquelles y a vécu une partie de sa population pendant plus d’un an. Par un jeu de mots sur son nom, elle fut affublée, par cette population, d’un sobriquet qui disait la vie infernale à laquelle elle y était soumise.

Et, pour finir :

indice a 19 08 2023_

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Montagne de l’Écharasson et Montagne de Musan (Drôme) : les répauxdev

LGF a rejoint Jacques C. et TRS : ce sont les trois seuls à avoir résolu ma dernière devinette.Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver la Montagne de l’Écharasson et la Montagne de Musan, toutes deux situées sur le territoire de Saint-Jean-en-Royans, dans la Drôme.

Ça se trouve là :

local saint-jean-en-royans

et plus précisément ici :

Capture St Jean en ROYANS

La Montagne de Musan, à l’Ouest, et l’Écharasson, à l’Est.

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Les toponymes

Montagne de l’Écharasson (1146 m) : c’est le Col de l’Écharasson qui a donné son nom à la Montagne. Ce nom est issu de l’occitan eicharasson, dérivé d’eschala, eichara, « échelle », employé métaphoriquement pour désigner un raidillon, une pente raide.  Encore utilisé de nos jours, notamment pour la cueillette des fruits, un écharasson est une échelle dont les barreaux de taille décroissante en s’élevant, sont disposés de part et d’autre d’un montant unique.

À partir de Saint-Jean-en-Royans, ce col permet d’atteindre la commune de Bouvante (voir plus loin).

Montagne de Musan (1215 m) : le nom de cette montagne, parfois écrit Mussan, est issu de l’occitan mus (du bas latin musum),  qui a d’abord désigné le visage puis le museau. Ce terme a été utilisé en oronymie pour désigner un rocher ou une hauteur proéminente, comme pour Rochemuse (à Bouvières, Drôme) ou la Roche de Muzelle (3465 m, Massif des Écrins, Is.). Avec le même usage métaphorique du museau d’un animal, on se souviendra du grun, « groin », vu dans ce billet. Avec une utilisation plus littérale du terme « museau », mes lecteurs pourvus d’une bonne mémoire se souviendront peut-être de ce que j’écrivais il y a moins d’un an :

L’utilisation de mal comme épithète dissuasive propre à inspirer le respect voire la terreur se retrouve également dans des noms comme Maumusson (T.-et-G. ; L.-Atl.), Maumusson-Laguian (Gers) et Baliracq-Maumusson (P.-A.) avec le sens de « mauvais museau ».

En 1910, dans le volume 41 de la Revue drômoise : archéologie, histoire, géographie,  A. Beretta écrivait :

Capture Musan chat I

Capture Musan chat II

Après la « montagne du chien » qu’Ernest Nègre voyait dans la Montagne de Céüse, il ne nous manquait plus que la « montagne du chat » ! Étonnamment, personne à ma connaissance n’a associé la Montagne de Musan à la souris (latin mus, muris), ça aurait complété la ménagerie.

Royans : cette ancienne circonscription du bas Moyen Âge, dont le chef-lieu est Pont-en-Royans, a porté deux noms : Royannais et Royans. Le premier est attesté in Roianensibus partibus ( et non, pas morpionibus) en 1040 : c’est une formation sur l’ancien nom de la ville, Roianum, muni du suffixe d’appartenance latin –ense. Le second est attesté de Roiano à la même date : il est fondé sur le seul nom de la ville, Roianum. Le chef-lieu de ce pays, Pont-en-Royans, attesté de Ponte au XIè siècle et Pontis in Royanis au XIIIè siècle, jouxtait alors un village déjà disparu au bas Moyen Âge, appelé Roianum. Seul l’usage du pluriel, dont la motivation ne s’explique pas clairement, distingue le nom du pays du nom de la ville. L’étymon de ce dernier est semblable à celui de la divinité gauloise Mars Augustus Rudianus, vénéré à Saint-Andéol et Rochefort-Samson, aux marges du Royans. Ce nom est un dérivé, avec le suffixe latin –anu, du gaulois *roudo, « rouge », motivé par les sables rouges et les dépôts d’oxydes ferrugineux qui caractérisent le sol du pays, plutôt que par des considérations d’ordre mythologique. Je parlais déjà de ce pays dans un article intitulé Le rouge est mis.

Bouvante : attesté Vallem de Bovanti en 1044, Bovantio en 1265, Bouvantis en 1576, Bouvente en 1779 et Bouvantes en 1891, ce nom est issu du celtique bo-uenta, « abattoir à bœufs », comme les nombreux lieux-dits Bouvant (au moins six exemples) et Bouvent (au moins huit exemples). Ce nom est construit de la même façon que celui de l’italienne Tarente, *Tauro-uenta, « abattoir à taureau » (X. Delamarre, in NLCEA*).

L’étymologie proposée par E. Nègre (TGF*) et reprise par J.-C . Bouvier (NLD*), à savoir un préceltique *bov– latinisé en bova d’où l’oïl bove, « grotte, caverne » suivi du suffixe latin –antium dont la finale –ance aurait été tardivement remplacée par –ante (sinon, on aurait abouti à *Bouvance …), ne semble pas très convaincante. S’il y a bien des grottes et des réseaux souterrains sous la forêt de Lente à Bouvante, il n’en est pas de même pour les lieux-dits qui portent les noms cité plus haut.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl e

Les indices

indice b 13 08 2023
© RMN (Musée du Louvre) / Réunion des Musées Nationaux

■ cette Cour de ferme peinte par Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784) montrait deux échelles appuyées contre le mur (qui ont suffi à Jacques C. pour grimper jusqu’à la solution) et, si on voulait entrer dans les détails, on y voyait des bœufs à la robe rouge peut-être en route vers Bouvante et des chiens nous montrer leurs museaux.

indice a 15 08 2023 ■ cette Cueillette des pêches, peinte en 1881 par Paul Gervais (1859-1944) montrait une demoiselle sur une échelle en train de cueillir de pêches. Comme je l’écrivais plus haut, un écharasson est surtout utilisé pour la cueillette des fruits, son montant unique permettant de le caler dans la fourche entre deux branches.

indice d 15 08 2023  ■ cette photo montrait les museaux d’un porcelet et d’un chaton, ce dernier faisant allusion à l’étymologie donnée en 1910 par A. Beretta.