Je continue mon exploration des noms de Pics commencée ici. (si vous en avez assez, n’hésitez pas à me le faire savoir et à me proposer d’autres sujets …).
Les Piquettes et la Picasse
Dans les Pyrénées, outre les classiques Pics, on trouve le féminin Pique comme pour la Pique Longue à Cauterets (H.-P.), la Pique Redone (« ronde ») à Prades (Ariège), aussi paradoxale que le Pic Rond de Gavarnie (H.-P.) et d’autres. on trouve également quelques redondances comme le Pic de la Pique à Bagnères-de-Luchon (H.-P.) et le Pic de Piquet à Viscos (id.).
toujours dans les Pyrénées, le diminutif Piquette, avec le sens restreint de pente légère, se retrouve par exemple à Arrens-Marsous (H.-P.) avec la Piquette de Bédérède (gascon vedelado, « portée d’une vache » mais aussi « éboulis » chez Mistral, TdF*), de Courette et de Peyrelagor (peyre, « pierre, pierrier » et nom obscur, peut-être le gascon agor, « herbe qui repousse après la fenaison, regain » ) ainsi qu’avec le Soum de la Piquette à Barèges (H.-P.), un sommet qui n’est donc pas si difficile à atteindre.
L’augmentatif-péjoratif se retrouve, toujours à Arrens-Marsous (H.-P.), avec la Picasse de Labassa (gascon labassa, « grande dalle de schiste », équivalent du provençal lausasso, « grande pierre plate, lauze »).
Pic Brun, Pic Nègre, Pic Rouge …
Parmi les qualificatifs les plus utilisés pour qualifier des pics se trouvent leurs couleurs comme pour le Pic Brun, au nord d’Orcières (H.-A.), le Pic Noir à Antras (Ariège), à Sentein (id.) et à Freney (Sav.) et le Pic Nègre à Aston (Ariège) et à Porta (P.-O.).
Le blanc est représenté dans les noms du Pic Blanc à Gèdre (H.-P.) et à Sentein (Ariège), du Pic Blanc de la Pâle des Oies (« pale » ou « pâle » , de l’occitan pala, « pelle » est utilisé en toponymie pyrénéenne pour désigner une bande de terrain entre deux rigoles ou une prairie plane et souvent inclinée ) et du Pic Blanc du Portillon à Sentein (id.), du Pic Blanc du Galibier à Valloire (Sav.), etc.

La couleur rouge, due à la couleur rouille de la roche ferreuse, est aussi très présente avec un Pic Rouge à Borce (P.-A.), à Arrens-Marsous (H.-P., oui, encore !), à Seix (Ariège) et à Aulus-les-Bains (id.), un Pic Rouge de Bassiès (toujours à Aulus-les-Bains), un Pic Rouge de Pailla à Gèdre (H.-P.) et un Pic Rouge de Belcaire à Auzat (Ariège) et d’autres. Le Pic Royo (3121 m.), à la frontière espagnole près de Bagnères-de-Luchon (H.-G.) est un pic rougeâtre.
À ces pics rouges, il convient d’ajouter leurs équivalents en langue basque, c’est-à-dire le Pic Arrouy à Estaing (H.-P.), à Arrens-Marsous (id., oui, encore !) et à Portet-de-Luchon (H.-G.).
Notons enfin le Pic Vert (2603 m.), un sommet herbeux au Périer (Is.).
Les hommages
On l’a vu dans le précédent billet, plusieurs pics ont été nommés en hommage à une personnalité, en général le réalisateur de sa première ascension.
La commune de Cauterets (H.-P.) se distingue particulièrement avec les :
- Pic Alphonse Meillon (2930 m.), en hommage au pyrénéiste fondateur de la Commission de Toponymie et de Topographie pyrénéenne, né en 1862 et mort en 1933 à Cauterets (wiki).
- Pic Wallon (2645 m.), du nom de Paul-Édouard Wallon (1821-1895), un avocat montalbanais épris des Pyrénées, qui a aussi laissé son nom au plus grand refuge de ces montagnes.
- Pic Ruben Pantet (2867 m.), du nom du premier gardien du refuge Wallon.
- Pic Wilson (2400 m.) : baptisé à l’initiative d’ Alphonse Meillon, accompagné de quelques soldats américains stationnés là à la fin de la Première Guerre Mondiale, en l’honneur du président Thomas Woodrow Wilson (1856-1924).
- Pic de Bernat Barrau (2793 m.) : en 1832 est mentionné le nom du Pic de Bernard-Barraou, un nom qui sera conservé tel quel par les cadastres de 1831 et 1835 et sur la carte d’état major de 1866. En 1911, Ludovic Gaurier écrit : « Mais on sait quelle large place tient dans la nomenclature des lieux de montagne tout ce qui se rapporte à la vie pastorale, puisque ce sont les bergers qui les désignent. Parfois le nom de l’un d’eux sert à baptiser la montagne où paissent ses troupeaux : ainsi le pic Cujela-Palas « la cabane (abri sous roche) du berger Palas ou Palax », et le Bernat-Barrau, et probablement le Sancha Collons »
- Pic Henri Pont (2726 m.) : on trouve écrit Henri Pons sur des cartes anciennes et sur certains guides touristiques repris sur la toile, alors qu’il s’agit en réalité du Pic Henri Pont, du nom d’un guide de Cauterets mort en montagne en 1934.
D’autres pics, sur d’autres communes et dans d’autres massifs, ont eu le même honneur. C’est par exemple le cas
- du Pic Von Martin à Laruns (P.-A.) nommé en hommage à Alfred Von Martin (1882-1979) qui le gravit pour la première fois en1909 en compagnie de Hans Schmidt et Hans Riebeling.
- du Pic de Bonvoisin (3480 m.), du Pic Jocelme (3458 m.) et du Pic de Disdier, dans le massif des Écrins (H.-A.), qui portent sans doute le nom de bergers qui faisaient paître leurs troupeaux à leurs pieds (dans les trois cas, les récits des premières ascensions de ces pics, réalisées entre 1879 et 1935, mentionnent déjà ces trois noms).

La devinette
Il vous faudra trouver un pic de France métropolitaine nommé en hommage à une personne célèbre qui ne l’a jamais gravi.
Il est situé sur le territoire d’une commune où a commencé une guerre, s’accorde-t-on à dire.
Cette commune porte un nom qui fait référence à son couvert boisé. Elle fait partie aujourd’hui d’une commune nouvelle qui porte le même nom mais associé à celui d’une zone géographique.
Un indice :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr












Le texte ci-contre, extrait de Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne (M.-H. Landrieu-Lussygny et S. Pitiot, éd. de Monza et éd. du Meurger, 2012) explique l’origine de cette appellation par la luminosité des feuilles de vigne qui fait qu’« on y voit encore » en pleine nuit …
■ la bouteille de bourgogne : cette bouteille a servi plusieurs fois comme indice, à chaque fois pour orienter les recherches vers la Bourgogne.
■ la case de bédé : le juron du nom de dieu Bélénos, si on avait compris l’indice précédent, devait faire penser à Beaune et restreindre ainsi le champ de recherche.
■ ce modèle réduit est celui de la Frontenac
■ cette photo représente un lampyre (












■ il s’agit d’une croix chrétienne. Si on doit utiliser une loupe pour l’observer, c’est qu’elle est petite : il s’agit donc d’une petite croix … comme Le Croisic !
■ la légende de cette gravure le dit : il s’agit d’une « barque bretonne échouée chargeant du lest » : deux indices en un. Je renvoie ceux qui s’insurgent du surlignage en gras de « bretonne » ( Le Croisic n’est pas en Bretagne !) au paragraphe suivant.





