Sentes et sentiers

Après avoir étudié naguère les voies de communications dans quatre billets différents ( un, deux, trois et quatre) qui complétaient les chaussées de Brunehaut et les rues, je parcours aujourd’hui les sentes et les sentiers.

(Ouf ! , disent ceux qui en avaient assez des USA. Qu’ils n’hésitent surtout pas à se dénoncer !).

Les dictionnaires (comme le Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 1992) donnent pour « sente » une étymologie selon le latin classique semita, « petit chemin de traverse, sentier, trottoir, ruelle », d’où serait issu un latin populaire *semitarius donnant le latin médiéval semtero devenu senterium au XIIè siècle puis le français « sentier ». L’origine du latin semita est considérée comme obscure mais on peut toutefois faire un rapprochement avec le verbe sentire, « percevoir par les sens et/ou l’intelligence », lui-même proche de l’irlandais sét, « chemin », du gotique (ga)-sinha, « compagnon de route » (cf. l’ancien haut allemand sindon, « voyager ») et surtout avec le celtique sent(u), « chemin » : on explique la correspondance entre la « sente »  et « sentir » par le fait que les animaux laissaient des traces éventuellement odorantes sur des pistes que suivaient nos ancêtres.

sentier ticayou

Et le conin, là, tu le sens pas ?

Le passage du latin classique semita au latin médiéval sentereium est remarquablement attesté dans les formes anciennes du nom du lieu-dit Le Sentier (à Monthodon, I.-et-L.) : Semita vers 1320 puis Sentereium alias Semita au XVè siècle.

Sente

Quand j’ai cherché « sente » dans la base de données de l’IGN (CD-rom de 2004 jamais réédité — et Dieu sait si tu savais combien je m’en désole ! ), je me suis écroulé rien qu’en voyant apparaître 25 fois 17 soit 425 résultats :

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Je rigole, bien sûr : vous connaissez tous mon abnégation et mon souci de l’exhaustivité, je ne me suis bien entendu endormi qu’après les avoir tous consultés.

Comme commune, seule l’iséroise Satolas(-et-Bonce), attestée Sentolatis en 830, semble bien être une ancienne *sentu-lation, « sente des héros ».

Les noms de lieux-dits ou hameaux sont au moins 300 (les autres étant des odonymes) parmi lesquels les simples La ou Les Sente(s) sont majoritaires. D’autres sont accompagnés de déterminants comme la Sente d’Amour (Barc, Eure), la Sente à la Demoiselle (Bois-le-Roi, Eure), la Sente à la Poule (Chamblac, id.), la Sente à la Chatte (Voves, E.-et-L. – honni soit qui mal y pense), de nombreuses Sente aux Ânes (Bleury, E.-et-L., etc.), Sente aux Prêtres (Pierres, id.), Sente aux Moines (Saint-Piat, id.) etc. D’autres noms de sentes sont suivis de noms propres, comme celui du lieu où elles mènent, celui d’un ancien propriétaire, celui d’un saint, etc. ou de noms communs comme celui des usagers (Sente des Marins à Saint-Pierremont, Ardennes ; Sente des Huguenots à Haution, Aisne ; Sente des Meuniers à Jumelles, Eure ; Sente des Pauvres à Boulloire, Oise etc.), celui des végétaux qui la bordent ou qu’elles traversent, celui des édifices qu’elles servent (une dizaine de moulins par exemple) ou encore d’adjectifs (Haute, Basse ou encore huit Sente Verte par exemple). Les diminutifs sont peu nombreux : la Sentelle (à la Roussière, Eure), la Sentelette (à Vauxcéré, id.) et les Sentelles (à Cys-la-Commune, Aisne).

Notons le régionalisme pied-sente ou piedsente, qui désigne un « chemin pour piétons » en Normandie et en Flandres comme la Pied-Sente (à Ault et à Long, Somme ; à Illois, S.-Mar., p. ex. ), le Pied-Sente (à Attancourt et à Planrupt,  H.-Marne, p.ex.), ou encore Piedsente du Bas de l’Enfer (à Bondues, Nord).

On aura noté que la très grande majorité de ces toponymes se trouvent dans la partie septentrionale de la France, le mot « sente » ayant été concurrencé et remplacé par « sentier » partout ailleurs.

Le hameau dit Sente-Nove, à Gravières (Ardèche), attesté le plo de Santenove en 1464 et Ste Nove au XVIIIè siècle, est plus sûrement un ancien sauta-Noves pour désigner un domaine, du latin saltus, « saut, défilé forestier, bois » et nom de personne Noves. La désignation serait ensuite tombée dans l’attraction de « sente neuve (nouvelle) » et de « sainte Nove ».

Sentier

Là aussi, les toponymes correspondants sont très nombreux : mon CD-rom m’en propose plus de 500 que je viens de finir de classer.

gaston lagaffe réponse au courrier

Commençons par les noms de communes (je vous rassure, il n’y en a que trois, vous pouvez rester) :  Sendets, en Gironde et dans les Pyrénées-Atlantiques représentent le diminutif pluriel, « petits sentiers ». Le nom de  Sindères, dans les Landes (aujourd’hui commune déléguée de Morcenx-la-Nouvelle) correspond au pluriel du gascon sendère, variante attestée de sendè, « sentier » et celui de Cendrieux en Dordogne (Sendreux au XIè siècle ; aujourd’hui commune déléguée de Val de Louyre et Caudeau) correspond au pluriel de l’occitan sendarèu, « petit sentier ».

Les lieux-dits habités ne sont qu’une vingtaine à porter un nom en le ou les Sentiers, sans grande originalité sauf un Sentier aux Carottes à Saint-Fuscien (Somme). Les lieux-dits non habités, au nombre de 250 environ, ne sont guère plus originaux sauf à relever le Sentier de la Solette à Quesnel (Somme ; en parler picard, une sole est une plaine cultivée, une partie de l’assolement, solette étant le diminutif), le Sentier de la Justice à Gommerville (qui devait mener aux bois de justice, au gibet, E.-et-L.), le Sentier aux Femmes à Saraz (Doubs), le Sentier des Malades à Engenville (Loiret), le Sentier de l’Ermite à Roches-Bettaincourt (H.-Marne) ou encore le Sentier du Pichu à Ville-aux-Montois ( « sentier du pissoir » en patois roman de la Moselle, M.-et-M.).

Le quartier parisien du Sentier doit son nom à la rue du même nom qui a remplacé dès le XVIIè siècle un sentier qui conduisait au rempart. Si quelques plans anciens la désignent sous le nom de rue du Chantier rien ne permet d’affirmer qu’il s’agisse de son nom originel même si certains ont fait le rapprochement avec un grand chantier de bois sur lequel la rue aurait été ouverte ; on trouve aussi l’orthographe rue du Centier sur d’autres plans.

Le gascon sendèr apparait dans des noms comme Sendets vus plus haut mais aussi dans les variantes Sendeix à Pujo (H.-Pyr.), Sendex à Montpouillan (L.-et-G.), Sendaix à Mézin (id.), etc.. Le féminin se retrouve dans le nom de La Sindère à Casteljaloux (id.).

Le saintongeais sendier se reconnait dans les noms de la Sendière (Nieul-lès-Saintes, Ch.-Mar.), des Sendiers (Déols, Indre), etc.

Les noms de personnes

Dans sa description de la péninsule ibérique, Ptolémée cite  Σεντικη , transcrite Centice sur l’Itinéraire d’Antonin, une polis des Vaccéens au sud de Salamanque. Ce nom est à rapprocher du prototype de l’irlandais sétig, « compagne » c’est-à-dire « celle avec qui on fait le chemin » (*sentiki). Centice serait alors soit le « domaine sur le chemin » soit la « forteresse compagne ».

La même racine sent– a donné le nom de personne celte Sentinios que l’on retrouve dans des toponymes

♦ avec le suffixe –acum : Sentenac-d’Oust, Sentenac-de-Sérou et Suc-et-Sentenac, tous trois en Ariège ; Sainteny (Manche) ; Santeny (Val-de-Marne) ; Santenay (C.-d’Or) ; Santhonnax-la-Montagne (Ain).

♦ déformés en faux saint : Saint-Igny-de-Roche (Semtiniacus au XIè siècle, S.-et-L.) et Saint-Igny-de-Vers (Rhône).

♦ à l’étranger : Sinzenich, un quartier de Zülpich en Rhénanie du Nord -Westphalie (Allemagne) est également un ancien *Sentiniacum ; Sentino est un hameau italien de Camerino (région des Marches) attesté Sentinon chez les auteurs classiques, du nom de personne celte Sentinos.

index

 

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’un lieu-dit de France métropolitaine lié aux mots du jour.

Le nom de la commune où se trouve ce lieu-dit désignait à l’origine un petit ensemble de végétaux.

Le nom du chef-lieu de canton et celui du chef-lieu d’arrondissement où se trouve ce lieu-dit sont issus de noms d’hommes latins accompagnés du suffixe gallo-romain –acum.

■ indice n° 1

indice-a-12-03-2023

■ indice n° 2

indice b 12 03 2023

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Mirror (Alberta, Canada), la répàladev

TRS est le premier à m’avoir donné la solution à ma dernière devinette. LGF l’a suivi peu après. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Mirror, un hameau du comté de Lacombe dans le centre de la province d’Alberta au Canada.

carte Alberta

Lacombe, cerclé de rouge

Mirror : en 1907, quand la compagnie de chemin de fer Grand Trunk Pacific Railway voulut construire une gare dans le village de Lamerton, entre Edmonton et Calgary, le prix du terrain qu’elle convoitait était si élevé qu’elle préféra installer ses bâtiments deux milles plus au sud. Un nouveau village se développa rapidement à cet endroit quand les habitants de Lamerton vinrent s’installer autour de la nouvelle gare. En 1912, Lamerton était presque déserte et il ne restait plus qu’à baptiser le nouveau village, ce qui fut fait le 12 juillet 1912. Le nom choisi fut Mirror, en référence au quotidien londonien The Daily Mirror fondé en 1903 (je n’ai hélas trouvé aucune explication sur le choix d’un tel nom). L’arrivée des locomotives à moteur diesel, rendant inutile un arrêt à Mirror, entraîna par la suite le déclin du village qui perdit son statut pour n’être plus qu’un hameau depuis le 1er janvier 2004.

Mirror

Lacombe : la ville de Lacombe a été baptisée en hommage au père Albert Lacombe (1827 – 1916) venu évangéliser les Crees et les Pieds-Noirs (qui ne lui avaient rien demandé) et qui négocia avec ces derniers le passage du chemin de fer sur leur territoire (ben, tiens !).

Alberta : la province d’Alberta a été baptisée en hommage à la princesse Louise Caroline Alberta (1848 – 1939) quatrième fille de la reine Victoria et du prince Albert et épouse de John Campbell, duc d’Argyll et marquis de Lorne, gouverneur général du Canada de 1878 à 1883. Le prénom Alberta est la forme latine féminine du prénom Albert, lui-même dérivé du germanique Adalberht formé sur le vieux haut allemand adal, « noble » et beraht, « brillant, illustre, célèbre ».

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Les indices

indice a 05 03 2023  ■ cette illustration de De l’autre côté du miroir, la suite d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, montrait la fillette face au miroir, en anglais mirror.

indice-a-07-03-2023  ■ cette illustration montrait un miroir de poche orné d’un drapeau du Canada.

Les indices du mardi 07/03/2023

mouette-rieuse-2  Personne ne m’a encore donné la bonne solution (mais je n’en suis pas plus fier que ça, n’est-ce pas) à ma dernière devinette dont je rappelle pour les retardataires l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’un ancien village, devenu aujourd’hui simple hameau, qui porte un nom faisant référence à un organe de presse fondé quelques années auparavant dans une ville pourtant située à des milliers de kilomètres.

Ce hameau fait aujourd’hui partie d’une entité administrative qui porte le nom de sa ville principale, laquelle a été nommée en hommage à un religieux qui y prêchait.

Cette première entité administrative fait partie d’une autre entité administrative plus grande qui porte un nom faisant référence à la fille d’un célèbre noble.

Un indice :

indice a 05 03 2023

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Et je rajoute ces indices :

■ tout d’abord une précision : la « fille d’un célèbre noble » est aussi la fille d’une célèbre noble et la femme d’un célèbre noble. L’étymologie du nom qu’elle a laissé à l’entité administrative est en parfaite adéquation avec cette situation.

■ et puis la solution ce cadeau :

indice-a-07-03-2023

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Toponymes commerciaux

On connait les antonomases qui ont fait de noms de lieux des noms de choses ou des marques commerciales (faut-il rappeler les vins et les fromages qui portent le nom de l’endroit où on les produit ?) mais le processus inverse, des noms commerciaux devenus noms de lieux, existe aussi, bien qu’à de plus rares exemplaires. On ne s’étonnera pas que c’est aux pays du business is business, les États-Unis d’Amérique, qu’on  trouve sans doute le plus de ces toponymes dont je vous propose quelques exemples tous étatsuniens sauf le dernier, canadien.

Commercial Point (Ohio)

En 1829, Wiley H. Becket, venu de Virginie Occidentale, achète un terrain à cet endroit autour duquel sera créé un village qu’il appelle Genoa en 1841. De son côté, James H. Burnley, arrivé en 1832 lui aussi de Virginie Occidentale, crée un village non loin de là qu’il appelle Rome. En 1844, W. H. Beckett ouvre le premier magasin général et on crée pour l’occasion le bureau de poste qu’on baptise logiquement Becket’s Store. En 1851, les deux villages fusionnent sous le nom de Rome. Enfin, en 1872, plusieurs autres commerces ayant été ouverts, on prendra la décision de baptiser l’ensemble Commercial Point. Au moins, on sait où on est.

Phoneton (Ohio)

En 1893, l’American Telephone and Telegraph Company décide de s’implanter dans l’Ohio et d’y installer ses bureaux et ses employés. On choisira le nom de Phonetown pour baptiser la ville nouvelle, qui deviendra plus simplement Phoneton dès 1898.

Laflin (Pennsylvanie)

Cette ville a pris en 1889 le nom du fondateur de la fabrique de poudre à canon Laflin et Rand Powder Company.

Hatboro (Pensylvanie)

Appelée localement The Boro, cette ville doit son nom à une fabrique de chapeaux dont le premier propriétaire, John Dawson, s’est rendu populaire en en offrant aux habitués de l’auberge locale. Le bureau de poste a ouvert en 1809 et fut appelé Hatborough et ce nom sera simplifié en Hatboro en 1880.

Seamus Egan, fils d’émigrés irlandais, est né à Hatboro

Anaconda (Montana)

En 1881, Marcus Daly, le futur « roi du cuivre », achète une petite mine d’argent nommée Anaconda près de Butte (Montana). Il y découvre, cent mètres sous terre, un énorme gisement de cuivre, s’associe avec George Hearst et crée l’Anaconda Copper Company.

En 1883, il crée une fonderie qui attire de nombreux ouvriers pour lesquels une ville sera construite. Il souhaitait l’appeler Copperopolis mais ce nom était déjà celui d’une petite cité minière du comté de Meagher, toujours dans le Montana. Clinton Moore, le directeur des Postes américaines, proposa alors d’appeler la ville du nom de la compagnie minière, Anaconda, ce qui fut accepté.

La mine Anaconda devrait son nom à la stratégie dite de l’anaconda utilisée par le général McClellan pendant la guerre de sécession et mentionnée dans un éditorial du New York tribune.

Truth or Consequences (Nouveau-Mexique)

Alors, là, c’est le pompon !

La région était connue pour ses sources chaudes dès la fin du XIXè siècle, mais c’est la construction d’une retenue d’eau, achevée en 1916, qui provoqua l’arrivée massive de visiteurs et la naissance de la ville appelée Hot Springs, « sources chaudes ». En 1940, on comptait 40 spas de sources chaudes naturelles : un pour 75 habitants — mais s’adressant principalement aux visiteurs.

En mars 1950, Ralph Edwards, le présentateur d’un jeu radiophonique extrêmement populaire appelé Truth or Consequences, annonça qu’il présenterait son émission du dixième anniversaire depuis la première ville qui accepterait de changer de nom pour prendre celui de son émission. Hot Springs a officiellement changé de nom dès le 31 mars 1950 pour s’appeler Truth or Consequences et l’émission a été diffusée à partir de là dès le lendemain soir. La ville a ensuite accueilli l’émission tous les premiers week-end de mai pendant encore cinquante ans, donnant lieu à une grande Fiesta qui continue à être célébrée tous les ans.

L’habitude a été prise d’écrire le nom avec des traits d’union Truth-or-Consequences (abrégé en T-or-C ou T-o-C) même si le nom originel n’en comporte pas.

CPA T or C

Changements de noms temporaires

■ En 1999, la ville d’Halfway, dans l’Oregon, a changé son nom pour Half.com pendant un an après que la start-up de commerce électronique du même nom lui a offert 20 ordinateurs, ainsi que 110 000 $ pour l’école et d’autres subventions financières.

Halfway, littéralement « mi-chemin », doit son nom à sa situation à égale distance de Pine (d’après la Pine River, « la rivière des pins ») et de Jim Town (d’abord appelée Langrell du nom de son fondateur qui y avait installé une scierie en 1904, elle a changé officiellement en 1987 pour Jimtown après que James H. Chandler est devenu le nouveau propriétaire en 1916 – Jim est l’hypocoristique de James).

■ À la fin des années 1990, la ville de Granville, dans le Dakota du Nord, a accepté de changer temporairement son nom en McGillicuddy City dans le cadre d’une promotion pour les liqueurs du Dr McGillicuddy.

Granville doit son nom à  Granville M. Dodge, un industriel qui y amena la ligne de chemin de fer en 1904.

En mars 2010, Topeka, Kansas, a temporairement changé son nom en Google, du nom de l’entreprise technologique, dans le but d’inciter cette dernière à expérimenter la fibre optique à très haut débit dans la ville. En remerciement, Google changea de nom pour celui de Topeka pendant toute la journée du premier avril 2010.

Topeka est un mot amérindien, d’une langue siouane, qui signifie « endroit où poussent les pommes de terre ».

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Arvida (Quebec, Canada)

Cette ancienne ville industrielle du Québec, aujourd’hui fusionnée avec Jonquière, devait son nom aux initiales du président de la compagnie  Alcoa (devenue ensuite Alcan et maintenant Rio Tinto Alcan) : Arthur Vining Davis .

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La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’un ancien village, devenu aujourd’hui simple hameau, qui porte un nom faisant référence à un organe de presse fondé quelques années auparavant dans une ville pourtant située à des milliers de kilomètres.

Ce hameau fait aujourd’hui partie d’une entité administrative qui porte le nom de sa ville principale, laquelle a été nommée en hommage à un religieux qui y prêchait.

Cette première entité administrative fait partie d’une autre entité administrative plus grande qui porte un nom faisant référence à la fille d’un célèbre noble.

Un indice :

indice a 05 03 2023

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Anhui (Chine), la répàladev

TRS et LGF sont restés seuls sur le podium des découvreurs de la réponse à ma dernière devinette.

Il fallait trouver Anhui (pinyin Ānhuī, chinois 安徽) une province de l’est de la République populaire de Chine.

ANHUI

Le nom de cette province est constitué de la juxtaposition des premiers éléments du nom de deux de ses villes du sud, Anqing, qui fut sa première capitale, et Huizhou, aujourd’hui devenue un simple district de Huangshan. Combinés, ces deux éléments signifient « emblème » (huī) de la « paix » (ān).

Anqing (pinyin Ānqìng, chinois 安庆) : ce nom peut être traduit par « célébration  (qing)  de la paix » (an) ».

Huizhou (pinyin Huīzhōu, chinois 徽州) : « région (zhou) de l’emblème (hui) ».

Huangshan (pinyin Huángshān, chinois 黃山) : doit son nom à la « montagne (shan) jaune (huang) », c’est-à-dire aux Monts Jaunes. Ces derniers doivent le leur à l’Empereur Jaune, Huángdì, qui serait venu y chercher l’élixir d’immortalité, 2 600 ans avant notre ère (a priori, il ne l’a pas trouvé, ça se saurait).

Jiuha : La montagne sacrée bouddhique Jiuhua (pinyin jiǔhuá shān, chinois九華山), soit la «  montagne (shan) des neuf (jiu) splendeurs (hua) » ), se trouve également dans cette province.

Monyagne Jaune

Les Monts Jaunes

cdl e

Les indices

inddice b 26 02 2023 ■ la province Anhui produit, entre autres, du papier de riz (xuanzhi) et des bâtons d’encre de Chine qui font partie des quatre trésors du lettré, utilisés pour la peinture et la calligraphie.

indice a 28 02 2023  ■ cette aquarelle de Gustave Fayet (1865 – 1925) a reçu le titre de Montagne Jaune

indice b 28 02 2023  ■ tout le monde aura reconnu (j’espère) Tchang (à vos souhaits!), un des protagonistes du Lotus bleu, une aventure de Tintin et Milou qui se déroule en Chine.

Les indices du mardi 28/02/2023

TRS a été le premier à me donner la bonne réponse à ma dernière devinette, LGF l’ayant suivi peu après. Félicitations à tous les deux !

Pour les autres, un rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’une entité administrative d’un pays étranger qui est formé des premières syllabes de deux de ses villes.

Cette région s’enorgueillit d’au moins deux massif montagneux : le premier, nommé d’après sa couleur, aurait vu un souverain des temps très anciens venir y chercher un breuvage censé procurer l’immortalité ; l’autre porte un nom qui parle de neuf merveilles.

La première des deux villes, dont le nom parle d’une célébration pacifique, a vu la naissance il y a plus d’un siècle d’un des fondateurs d’un parti politique encore bien présent aujourd’hui dans le pays.

La deuxième des deux villes a aujourd’hui changé de nom pour prendre celui du premier massif montagneux mentionné plus haut.

Un indice :

inddice b 26 02 2023

Et je rajoute les traditionnels cadeaux indices du mardi

■ et d’un :

indice a 28 02 2023

■ et de deux :

indice b 28 02 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Topofabs (suite ter)

Comme promis dans mon précédent billet, je continue mon exploration des toponymes fabriqués.

■ HAYBRO (Colorado, USA)

C’est en 1918 qu’un bureau de poste fut ouvert dans un hameau du comté de Routt fondé par les frères Hayden autour d’une mine de charbon qu’ils exploitaient là. L’implantation d’un bureau de poste consacrait le statut officiel du hameau mais nécessitait de baptiser l’endroit. Le nom choisi fut Haybro, contraction de Hayden Brothers. La mine comme le bureau de poste ont cessé leur activité en 1951 mais cette localité du comté de Routt dans le Colorado était encore classée comme « habitée » en 1981 par le Geographic Names Information System.

Haybro

Haybro, Colorado, de nos jours

■ ORESTOD (Colorado, USA)

Dès la fin du XIXè siècle, la ligne de chemin de fer qui reliait Salt Lake City (Utah) à Denver (Colorado) suivait la rivière Eagle puis la rivière Arkansas vers Pueblo (Colorado) avant d’obliquer plein nord vers Colorado Springs et Denver.

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Denver and Rio Grande Western Pacific Railroad – La flèche rouge indique Dotsero

Un peu plus tard, une autre compagnie commença à ouvrir une ligne qui partait plein ouest à partir de Denver pour rejoindre Salt Lake City  en empruntant le tunnel de Moffat creusé pour l’occasion. Le projet ne put finalement pas être achevé, mais il fut néanmoins décidé d’établir une jonction entre la première ligne et ce tronçon : en partant de Dotsero et en remontant vers le nord-est, ce raccourci permettrait d’éviter le détour jusqu’à Pueblo et ainsi d’économiser 176 miles (284 km).

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Moffat Route as built by the Denver and Salt Lake Railway and Denver & Rio Grande Western Railroad

Les travaux furent aussitôt entrepris et le « raccourci de Dotsero » (Dotsero Cutoff) achevé dès 1934. Il ne restait plus qu’à baptiser le point de jonction entre les deux lignes : on choisit le nom d’Orestod, qui n’est rien d’autre que Dotsero écrit à l’envers !

Et Dotsero, justement, me demanderez-vous ? Eh bien ! Figurez-vous qu’il s’agit, là aussi, d’un « topofab » !

Le géologue Ferdinand Vandeveer Hayden (1829-1887) a publié en 1877 un Atlas géologique et géographique du Colorado pour lequel il utilisa la confluence entre l’Eagle river et la Colorado river comme « point zéro » (dot zero) pour mesurer les distances (à l’aide d’un podomètre et une marge d’erreur de moins de 3%, chapeau l’artiste !) et établir ses cartes. Dès 1890, ce nom, orthographié Dotsero, fut donné à la gare qui fut construite à cet emplacement. Une autre étymologie a été jadis proposée qui faisait de Dotsero le nom d’une fille d’un chef indien ute mais sans avancer de justification.

PS : je n’ai pas pu établir avec certitude de lien de parenté entre le géologue nommé Hayden et les frères du même nom à l’origine de Haybro, mais la coïncidence est troublante entre un géologue mort en 1887 et deux prospecteurs ouvrant une mine de charbon en 1918. Sans oublier la présence d’une localité nommée Hayden (en hommage audit géologue) dans ce même comté de Routt où se trouvait Haybro.

■ URAVAN (Colorado, USA)

En 1936, l’entreprise U .S. Vanadium Corporation crée une cité minière dans l’ouest du comté de Monrose dans le Colorado (USA) pour y extraire le riche minerai de vanadium de son sous-sol. Un des sous-produits de cette extraction était une faible quantité d’uranium, principalement utilisé à l’époque comme pigment jaune pour les céramiques mais qui contribua plus tard au projet Manhattan de la bombe atomique.

Le nom de la ville, Uravan, est formé sur les premières syllabes des minerais extraits, Uranium – Vanadium.

Elle a accueilli jusqu’à 800 personnes, avant que l’école et quelques installations ne cessent toute activité en 1983 et que tout disparaisse en 1985. Uravan est aujourd’hui une ville fantôme qui n’apparaît plus que sur quelques cartes.

Uravan

Uravan, Colorado  en 1945

■ BELOIT (Wisconsin, Kansas, Ohio, USA) et SOUTH BELOIT (Illinois)

Beloit, dans le Wisconsin, devrait son nom, attesté en 1838, au français bel précédant la dernière syllabe de Detroit (Michigan). Cette étymologie serait pleinement convaincante si on pouvait expliquer le lien entre Beloit et Detroit, ce qui n’est pas le cas sauf à imaginer un colon venu du Michigan s’installer dans le Wisconsin et ayant fabriqué le nom par nostalgie. Ce ne serait pas la première fois car en 1837 la ville s’appelait New Albany, nom donné par son fondateur, Caleb Blodgett, originaire d’Albany dans le Vermont, qui acheta les terres à un trappeur canadien-français nommé Joseph Thibault ou Thibeault (je vous jure que j’ai cherché s’il n’était pas originaire de Detroit, mais pfft — mais peut-être s’agit-il d’un autre ?). On a aussi proposé une origine selon le français « bellotte », mais sans apporter plus de preuve.

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Beloit, Wisconsin, USA, en 1914

Beloit, dans le Kansas, a été baptisée par transfert du nom de la précédente par Timothy Hersey, un de ses fondateurs en 1868, qui en était originaire.

Beloit, dans l’Ohio, était en 1840 une station de chemin de fer nommée Smithfield avant que son nom, pour éviter la confusion avec des homonymes, ne soit changé pour Beloit en 1863. Ce nom aurait été choisi pour honorer le Parti Républicain alors au pouvoir qui aurait été fondé à Beloit (Wisconsin) — mais d’autres sources disent que le Parti Républicain a été fondé à Ripon, toujours dans le Wisconsin

Le nom est aussi passé à South Beloit (Illinois) qui n’est qu’une extension de la ville limitrophe du Wisconsin.

On trouve également deux autres Beloit, dans l’Alabama et l’Iowa, mais je n’en sais pas plus à leur sujet.

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La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une entité administrative d’un pays étranger qui est formé des premières syllabes de deux de ses villes.

Cette région s’enorgueillit d’au moins deux massif montagneux : le premier, nommé d’après sa couleur, aurait vu un souverain des temps très anciens venir y chercher un breuvage censé procurer l’immortalité ; l’autre porte un nom qui parle de neuf merveilles.

La première des deux villes, dont le nom parle d’une célébration pacifique, a vu la naissance il y a plus d’un siècle d’un des fondateurs d’un parti politique encore bien présent aujourd’hui dans le pays.

La deuxième des deux villes a aujourd’hui changé de nom pour prendre celui du premier massif montagneux mentionné plus haut.

Un indice :

inddice b 26 02 2023

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Goliad, Texas, USA (répàladev)

podium seul Devinez qui occupe la première marche du podium des « solutionneurs» de ma dernière devinette ? Oui, LGF ! Félicitations !

Il fallait trouver Goliad, une ville de l’état du Texas aux États Unis d’Amérique (clic).

local Texas Goliad

Afin de protéger la mission religieuse Nuestra Señora de Loreto de la Bahía (Notre-Dame de Lorette de la Baie) établie dès 1672 sur la baie de Matagorda, les Espagnols construisirent en 1721, sur les ruines du Fort Saint-Louis français à l’embouchure du fleuve Lavaca, le Presidio Nuestra Señora de Loreto de la Bahía (fort Notre-Dame de Lorette de la Baie) appelé plus simplement Presidio La Bahía, ou encore La Bahía (La Baie). Fort et mission furent transférés en 1726 sur les bords de la Guadalupe River.

En 1747, un nouveau transfert fut fait sur les bords de la San Antonio River près de la nouvelle mission franciscaine Nuestra Señora del Espíritu Santo de Zúñiga (Notre-Dame du Saint-Esprit de Zuñiga), avec de simples bâtiments en bois. On reconstruisit le tout en pierres en 1771. C’est autour de ce dernier emplacement que s’édifia peu à peu un hameau qui devint rapidement le troisième plus important du Texas espagnol. On prit dès lors l’habitude d’appeler La Bahia l’ensemble

Capture goliad - Copie

1Presidio Nuestra Señora de Loreto de la Bahía (1721) — 2 : position en 1726 — 3 : La Bahia (1747)

En 1810, à l’initiative de Miguel Hidalgo, commença la guerre d’Indépendance du Mexique qui s’acheva en 1821 par l’indépendance mexicaine.

En 1829, le nom de La Bahia fut changé pour celui de Goliad (oui! Ça y est ! nous y sommes ! … et encore, je vous l’ai fait court).

On explique généralement ce nom comme une anagramme de Hidalgo (moins le h initial muet), le nom du « père de l’indépendance » mexicaine. Une autre hypothèse fait un rapprochement avec le personnage biblique Goliath  (Goliat en espagnol) mais sans apporter d’explication. (Encyclopédie Britannica ; Oxford concise dictionnary of World place names de J. Everett-Heath, 2005 ; Place names of the world, A. Room, 2006). Notons qu’en 1869 on donna le nom d’Hidalgo (officiellement Estado Libre y Soberano de Hidalgo)  à un état des États-Unis mexicains (Estados Unidos Mexicanos).

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Presidio La Bahia à Goliad, Texas

Du 2 octobre 1835 au 21 avril 1836 se déroula la révolution texane opposant des Tejanos (texans mexicains) et des colons texans américains au Mexique. C’est dans ce contexte que se déroula la bataille de Goliad suivie du massacre du même nom. La victoire finale texane conduisit à la création d’une République du Texas, suivie en 1845 par l’annexion du Texas par les États-Unis, qui fut reconnue en 1848 par le Mexique à l’issue d’une guerre de deux ans.

Devenue étatsunienne, la ville conserva malgré tout son nom de Goliad.

On aura noté que l’histoire post-colombienne de Goliad aura été mouvementée : Nouvelle-Espagne (colonie du royaume d’Espagne), Mexique (d’abord Amérique septentrionale puis Empire du Mexique et enfin États-Unis mexicains), République du Texas et enfin État du Texas …

(NB : je n’ai pas voulu abuser des liens. Je suis sûr que les plus curieux sauront se servir de leur moteur de recherche préféré, sachant que les pages en anglais sont les plus documentées).

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Les indices

indice a 19 03 2023 ■ il fallait reconnaitre un scarabée Goliath (Goliathus goliatus), un des plus gros coléoptères connus.

indice-b-19-02-2023  ■ complétant l’indice précédent, le titre El ingenioso hidalgo don Quixote de la Mancha devait aider à faire le rapprochement entre Hidalgo et Goliad. Cependant, un autre indice bien caché figurait dans la dédicace au duque de Beiar, « duc de Bejar ou Bexar » : en 1731 fut créé au Texas par les Espagnols le presidio San Antonio de Bexar, nommé en hommage au fils du duc espagnol de Bejar. Après la bataille de Goliad en 1835, la ville de Bexar fut assiégée par les rebelles texans ce qui provoqua la riposte mexicaine qui aboutit au siège de Fort Alamo puis au massacre de Goliad le 27 mars 1836 par les troupes de Santa-Anna.

el toque a deguëllo, littéralement « l’appel à l’égorgement », est un air militaire à tambours et trompette utilisé par la cavalerie mexicaine, notamment par le général Santa-Anna lors du siège de Fort Alamo, et rendu célèbre par le film Rio Bravo. Il s’agissait d’une référence au Mexique et au Texas.

Les indices du mardi 21/02/2023

Ma  dernière devinette n’a pas encore été résolue. En voici une nouvelle fois l’énoncé (que je reconnais un peu long, mais il aurait pu l’être plus encore) :

Il vous faudra trouver une localité non européenne qui, au gré de turbulences historiques diverses, changea plusieurs fois de puissance tutélaire et une fois de nom.

Il s’agissait à l’origine d’une place forte qui protégeait notamment une mission religieuse qui avait d’abord été implantée sur une baie, d’où son nom qu’elle conserva malgré son déplacement au bord d’une rivière. Ce nom passa à la place forte et, finalement, à la localité qui se développa tout autour.

Lors de ce qu’on a coutume d’appeler une révolution, mais qui fut surtout une guerre d’indépendance, la localité fut le théâtre d’une bataille qui vit la victoire des rebelles et, un an plus tard, d’un massacre qui vit l’exécution sommaire de plus de quatre cents d’entre eux. Bataille et massacre portent le nom de la localité. Les rebelles finirent malgré tout par l’emporter et revendiquèrent leur indépendance qui ne leur fut finalement accordée que grâce à l’appui de leur voisin, mais douze ans plus tard

Le nom actuel de cette localité lui fut donné par ses avant-derniers possesseurs avant les évènements relatés ci-dessus.  Il s’agit, dit-on, d’un nom fabriqué à partir des lettres d’un héros de l’indépendance de leur propre pays et qui fut malgré tout conservé par les suivants jusqu’à aujourd’hui.

Un indice ? Je pourrais vous faire écouter un « égorgement » mais je préfère, pour commencer, vous montrer ça :

indice a 19 03 2023

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Et voici les indices

■ tout d’abord, je précise que le premier indice ci-dessus concerne une seconde hypothèse avancée pour expliquer le toponyme. Et je complète avec ça :

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■ ensuite, voici le fameux « égorgement » :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Topofabs (suite bis)

J’ai déjà écrit plusieurs billets concernant ce que j’appelle les toponymes fabriqués, ou « topofabs », c’est-à-dire formés par des jeux de lettres (acronymes, anagrammes …). On pourra les (re)lire en suivant ces liens : Pakis-Tan-Zanie, Au pays du soleil couchant, Wauzhushk Onigum, Flin-Flon, Topofab et enfin Topofabs (suite). Et je rajoute le billet concernant Itasca et ce que les Étatsuniens appellent des « faux Indians names ».

Je vous propose aujourd’hui un petit supplément regroupant quelques noms découverts au fil de mes lectures. On ne sera pas étonné que la majorité d’entre eux se trouvent aux États-Unis d’Amérique : les pionniers ne manquaient pas d’imagination !

Delmar (USA)

Il s’agit de deux localités jumelles, l’une dans le Delaware, l’autre dans le Maryland. Leur nom est constitué des premières syllabes des noms de ces États.

Une autre Delmar, dans l’Iowa celle-là, devrait son nom aux initiales du nom des six passagères du premier train qui s’arrêta là en 1870. (cf. Le Mars un peu plus bas).

Même si elle est bâtie au bord de l’océan Pacifique, la californienne Del Mar ne doit pas son nom à « la mer » mais à un poème écrit en 1885 par Bayard Taylors, portant le titre The fight of Paso del Mar, dont les derniers mots ont inspiré l’épouse du promoteur Theodore M. Loop chargée de baptiser l’endroit.

Péninsule de Delmarva (USA)

Cette péninsule de la côte est des États-Unis d’Amérique, répartie entre trois états, doit son nom aux premières syllabes du Delaware et du Maryland auxquelles on a ajouté la terminaison –va rappelant le nom de la Virginie, Virginia en américain.

Kanopolois (USA)

Cette minuscule localité du Kansas, bâtie à l’emplacement d’un ancien fort militaire impliqué dans les guerres indiennes nommé Fort Harker, doit son existence à un pari financier fait en 1880 par un groupe de capitalistes qui acheta les terres en espérant y bâtir une ville qu’ils rêvaient de faire la plus grande de l’État et qu’ils prévoyaient d’appeler Central Metropolis. Leur pari fut perdu mais la ville conserva le nom qu’ils avaient donné à leur groupe, Kanopolis, sur la première syllabe de Kansas accompagnée du grec polis. Elle a quand même donné son nom à un parc d’État

Osawatomie (USA)

Cette autre localité du Kansas doit son nom à celui des deux tribus amérindiennes qui habitaient la région, les Osage et les Potawatomi.

CPA Osawatomie

Le Mars (USA)

Cette ville de l’Iowa a été fondée en 1879 à l’emplacement d’une station de chemin de fer appelée Saint Paul Junction. Le fondateur-investisseur, arrivé sur place avec un groupe de femmes, leur demanda de choisir un nom pour la ville. Elles ont alors choisi un acronyme basé sur les initiales de leurs prénoms : Lucy Ford et Laura Walker, Ellen Cleghorn et Elizabeth Underhill, Martha Weare et Mary Weare, Adeline Swain, Rebecca Smith et Sarah Reynolds (les noms et prénoms varient selon les sources).

Protem (Afrique du Sud)

Ce petit hameau de la province du Cap-Occidental a été bâti là pour servir de terminus temporaire à la future ligne de chemin de fer de Caledon à Swellendam. Son nom est un raccourci du latin pro tempore, « pour un temps limité ». Mais la ligne ne fut jamais achevée …

NB : il me reste encore au moins cinq autres « topofabs » à vous proposer. Ce sera fait dans un prochain billet, quand j’aurai approfondi mes recherches.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité non européenne qui, au gré de turbulences historiques diverses, changea plusieurs fois de puissance tutélaire et une fois de nom.

Il s’agissait à l’origine d’une place forte qui protégeait notamment une mission religieuse qui avait d’abord été implantée sur une baie, d’où son nom qu’elle conserva malgré son déplacement au bord d’une rivière. Ce nom passa à la place forte et, finalement, à la localité qui se développa tout autour.

Lors de ce qu’on a coutume d’appeler une révolution, mais qui fut surtout une guerre d’indépendance, la localité fut le théâtre d’une bataille qui vit la victoire des rebelles et, un an plus tard, d’un massacre qui vit l’exécution sommaire de plus de quatre cents d’entre eux. Bataille et massacre portent le nom de la localité. Les rebelles finirent malgré tout par l’emporter et revendiquèrent leur indépendance qui ne leur fut finalement accordée que grâce à l’appui de leur voisin, mais douze ans plus tard

Le nom actuel de cette localité lui fut donné par ses avant-derniers possesseurs avant les évènements relatés ci-dessus.  Il s’agit, dit-on, d’un nom fabriqué à partir des lettres d’un héros de l’indépendance de leur propre pays et qui fut malgré tout conservé par les suivants jusqu’à aujourd’hui.

Un indice ? Je pourrais vous faire écouter un « égorgement » mais je préfère, pour commencer, vous montrer ça :

indice a 19 03 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr