L’indice du mardi 26/10/2021

LGF et TRA quasiment en même temps m’ont déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Un rappel de l’énoncé :

Il m’ a été très difficile de trouver une devinette, sachant qu’en tapant « « mantalon » gaulois » dans la barre de recherche de Google, les 250 résultats qui apparaissent permettent de savoir à peu près tout sur le sujet.

Il vous faudra pourtant trouver un micro-toponyme (donné à un lieu-dit et à deux chemins, l’un dit Sud et l’autre Nord) lié au gaulois mantalon accompagné d’un adjectif. Mal compris, ce nom a subi plusieurs déformations avant de se fixer aujourd’hui en deux mots bien français mis au pluriel sans raison étymologique.

Comme nulle part (à ma connaissance) sur internet on ne parle de l’étymologie de ce nom de lieu (mais je vous rassure, j’ai mes sources livresques), il vous faudra le trouver par déduction (et avec un peu de réflexion) quand vous aurez découvert la commune dont il fait partie.

Cette commune porte un nom issu de celui d’un homme latin accompagné du suffixe bien connu –acum.

Elle est située au nord d’un département mais dans l’aire d’attraction de la préfecture du département voisin.

On y trouve des sculptures colorées pleines d’humour et de poésie.

■ un tableau, pour la région :

The Lacemaker, by Johannes Vermeer

■ une statuette, pour la commune :

indice-a-24-10-2021

 

 

Et je rajoute cet indice :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

34 commentaires sur “L’indice du mardi 26/10/2021

  1. « l’auteur rajoute des formes en mont- beaucoup plus discutables comme plusieurs Montalon »

    Il existe un lieu-dit de ce nom à Saint-André-de-Cubzac (33). La commune s’est d’ailleurs appelée ainsi (dit WP) durant la Révolution.

    Il s’agit d’une élévation qui a été choisie pour cette raison pour y édifier plusieurs moulins et une tour pour le télégraphe Chappe. (Une pancarte indique qu’y passe le 45ème parallèle : mais il difficilement visible, même par temps clair.)

    On peut donc légitimement penser que son nom vient du latin « mons, montis », suivi d’un déterminant.

    Mais il se trouve que la voir romains Bordeaux-Blaye-Saintes passait par là (elle a laissé sa trace dans le nom de Saint-Martin-Lacaussade, commune limitrophe de Blaye).

    Ne s’agirait-il pas d’un « mantalon » ?

    Et, accessoirement, la même voie romaine a-t-elle pu être qualifiée en deux lieux peu éloignés, ici de « mantalon » et là de « *calciata » ?

    Ce point n’a pas été évoqué dans le billet jadis consacré aux chaussées dues à la fée / walkyrie Brünnhilde.

    Peut-être dans un prochain billet ?

    —————————-
    Comme de coutume, je vais illustrer musicalement ce mot. Évitant les rythmes des impérialistes anglo-saxons (ou bretons) à la mode ici, je vais choisir une œuvre composée et chantée par des artiste bien de chez nous : Jean-Sol Partre est né à Pantruche et notre Juju au court nez (comme Guillaume d’Orange) à Montpellier, dans l’Hérault (pour ce qui est de Kosma, j’ai oublié dans quel département est situé Budapest : ça doit être dans l’s TOM-DOM).

    Et, comme il s’agit d’échafauder des hypothèse, j’ai choisi une chansonnette qui parle d’un échafaud :

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  2. Oui, TRA, tous les Montalon (et autres toponymes semblables) ne sont pas forcément des « monts » mais peuvent être d’anciens mantalon, comme celui que vous citez.
    Seules des recherches approfondies sur l’histoire locale pourraient lever les doutes. Constater qu’il passait une une ancienne voie gauloise ou romaine qui aurait conservé le nom gaulois ne suffit pas ! Ne passe-t-il pas une voie dans chaque lieu habité ?

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  3. Certes, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle voie : c’est l’axe Burdigala- Mediolanum (Santonum) !

    E n fait, mon interrogation porte surtout sur le fait de savoir s’il y a équivalence ou hiérarchie entre « via », « mantalon », « via calciata », etc. (comme pour nos vicinales, départementales, nationales …°;

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  4. TRA

    L’axe Burdigala – Medilanum était une voie romaine, comme vous le relevez. Pour que le nom de Mantalon soit dû à cette voie, il faudrait montrer que les Romains ont suivi un mantalon déjà tracé par les Gaulois et en ont gardé le nom (au moins en ce lieu).

    Pour ce qui de votre question, je ne suis pas sûr qu’il y ait eu une hiérarchie éventuelle dans le sens où vous l’entendez, sauf sans doute entre les voies romaines auxquelles on a donné un nom. À mon avis, il faut plutôt voir ces différents noms comme un marquage chronologique. Pour faire simple, la draille, la piste ou la trace sont plus anciennes que le mantalon , lui-même plus ancien que la voie, la route … Mais parmi ces dernières, une sorte de hiérarchie a pu se faire entre les ferrata (« ferrées » au sens de « renforcées » ), munies, chaussées, pavées etc.

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  5. CORRESPONDANCES …

    Partant de Montalon – du pays des (hypothétiques car on est loin du Berry) Bituriges Cubes girondins (à Bordeaux, ce sont les Bituriges Vivisques) – j’évoquai la surnaturelle (et peut-être transgenre, puisque d’aucuns en ont fait un druide) Brunehaut.

    Cherchant quelques éclaircissements sur le ouèbe pour voir si ce Montalon est viable, je tombe sur ceci :

    « 2° – Montelon, ferme, commune de Montréal.
    Ce toponyme, pas plus que le précédent, ne figure dans les
    deux éditions successives du DP.
    Le D T de l’Yonne qui le mentionne donne comme formes an¬
    ciennes :
    Montis-Alo, 859, (cartul. gén. de l’Yonne)
    Montholon, 1591 (rôle d’impôts, recette d’Avallon)
    Monthelon, 1665 (Règlement des forêts de la maîtrise de
    Semur) .
    Il ajoute le commentaire suivant :
    « Autrefois château et village auprès duquel existait jadis l’er¬
    teau mitage de Saint-Ayeul Montréal». (Courtépée, V, 646) – Fief relevant du châ¬
    MANTALOMAGOS 255
    Bien que le D P ne le cite pas, le château de Montelon est porté
    sur la carte au 1/100. 000e de l’I.G.N., à 3 ou 4km à l’est du
    village de Montréal.
    « Le château de Montréal, dit Courtépée (25) , est fort
    ancien, puisqu’on en fait remonter l’origine jusqu’à la pre¬
    mière race de nos rois, dès le temps de la reine Brunehaut ».
    « Quoiqu’il en soit de cette conjecture, pousuit-il, on ne peut
    douter, à la vue de ce château et des titres, qu’il ne soit fort
    ancien ». Et plus loin : « Le Serein coule en bas et reçoit le
    ruisseau de Perrigny, grossi par celui de Pisy, de Marmeau
    et de Saulx… La chaussée, aujourd’hui dégradée, paraît un ou¬
    vrage de Brunehaut. Cette levée était longue de 800 toises,
    pavée et percée de 14 ponts, dont 5 grands, pour l’écoulement
    du Serein et des ruisseaux qui s’y rendent. C’était le passage
    des et une troupes couchée d’Avallon ». à Montbard, qui épargnait trois lieues
    Cet ouvrage d’art attribué à Brunehaut et l’indication que
    les troupes utilisaient ce passage donnent à penser que nous
    nous trouvons en présence d’une voie ancienne, probablement
    romaine, bien que, à vrai dire, Cassini n’ait pas fait figurer
    sur sa carte de route directe entre Avallon et Montbard et que
    Thévenot ne fasse pas non plus mention d’une telle voie. »

    https://www.persee.fr/doc/rio_0048-8151_1970_num_22_4_2570

    (p. 254)

    —————–
    C’est vraiment le pays des fées : on y trouve aussi Avallon (Morgane, Viviane et Morgause ne doivent pas être loin)

    Et, comme c’est près de Montréal, cela va plaire aux compatriotes de Maria Chapdelaine …

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  6. TRA

    C’est ce « document de 1970, signé Charles Arnould, édité sur le site Persée et intitulé Recherches sur divers toponymes routiers d’origine gauloise » que je commentais dans le troisième paragraphe de mon billet consacré aux « Voies de communication -Troisième partie »…

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  7. Bonjour M Leveto

    lisant actuellement le livre HEXAGONE de Laurent DEUTSCH
    je vois qu’il cite l’ITER VIENNENSIS comme chemin de Vienne .

    je vous signale donc , pour les voies de communication , ce terme iter , que j’observe très peu .
    qu’est-il devenu en français ?

    Du coup , sur son trajet ,je note des villes apparemment encore absentes du blod

    le massif du JAREZ
    TARTARAS 42
    DARGOIRE 42
    SAINT-MAURICE-SUR-ARGOIRE
    avec le hameau d’ECOSSIEUX
    Le PONT-PERCEY

    voilà , bonne semaine merci.

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  8. trop vite, lecteur!
    Il s’agit de Saint-Maurice-sur-Dargoire , qui fait maintenant partie de la nouvelle commune de Chabanière . Les habitants de St-Maurice/Dargoire sont surnommés les Chats, d’où la première syllabe de la nouvelle commune, les Badrais (ba) pour Saint-Didier-sous-Riverie et les Racanières (nière) pour Saint-Sorlin.

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  9. ITE / De l’indo-européen commun *h₁ey- ; il est apparenté au grec ancien εἶμι, eimi (« aller »), hec ( marcher ) en albanais, au sanscrit एति, éti (« il va »), au vieux perse aitiy, au slavon ити, iti (infinitif qui correspond au supin latin itum)

    Verbe eō, infinitif : īre, parfait : iī, supin : itum (irrégulier) \ˈe.oː\ intransitif (voir la conjugaison)

    Aller. cubitum ire. aller se coucher.

    sic itur ad astra. — (Virgile, Énéide, IX, 641)

    C’est ainsi que l’on s’élève vers les étoiles.

    Avancer.
    ( Wiktionnaire)
    ————————
    merci JSP oui , Jarez est cité ( je l’avais vu ), mais non étudié per se.
    bon site sur le Pilat , que je vais lire aujourd’hui

    Lorant Deutsch !

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  10. Pour la collection d’ « iter » ici commencée, voici un nouvel item :

    « Notons toutefois un exemple unique, rencontré dans le massif du Pilat, où deux routes sont dites iter heremum et viam heremam en 1401 ( 1618 ). Le cas est ici extrême d’une route probablement abandonnée par tout trafic, qui se referme peu à peu avant de totalement disparaître. »

    http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2000.brechon_f&part=14926

    [J’espère qu’il n’a pas déjà été cité : le fil devient touffu et cela a pu m’échapper.]

    ————————
    Si le nominatif est « iter », les cas obliques sont formés sur le même radical que le génitif « itineris ». Celui-ci est à l’origine du dérivé « itinerarium »

    Ce terme a servi à désigner des guides de voyage, dont le célèbre « Itinéraire d’Antonin ». :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Itin%C3%A9raire_d%27Antonin

    ———————-
    Pour un Bordelais, le terme « Pilat » n’évoque pas la même chose sue pour un Stéphanois : c’est un lieu au haut duquel on est bien placé pour observer l’océan et guetter l’arrivée de la cinquième vague …

    Et, en bas, il y a Le Pyla-sur-Mer, où l’on peut méditer sur l’hellénomanie qui s’empara jadis de quelques érudits locaux, qui, voyant l’abondance des toponymes en os, imaginèrent une antique colonisation grecque.

    On peut aussi y prendre un ver, avant d’aller voir la nouvelle adaptation cinématographique de « Dune » (pas celle, tant attendue de Jodorowsky, hélas !).

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  11. lecteur
    lisant actuellement le livre HEXAGONE de Laurent DEUTSCH
    je vois qu’il cite l’ITER VIENNENSIS comme chemin de Vienne .
    je vous signale donc , pour les voies de communication , ce terme iter , que j’observe très peu .
    qu’est-il devenu en français ?

    Iter semble n’avoir donné aucun toponyme en France. Pour le reste, je vous renvoie aux commentaires et liens donnés par les autres contributeurs.

    Du coup , sur son trajet ,je note des villes apparemment encore absentes du blod

    ■ le massif du JAREZ
    Le pays était appelé ager Jarensis, d’après le nom du Gier, affluent droit du Rhône.
    En aval, entre Rive-de-Giers et Givors, l’appellation Pays de Gier garde intact le nom de la rivière traité à la gauloise avec accent sur l’antépénultième syllabe ; un peu plus haut, ce nom devient Jarez, de Jarre et suffixe acumez (avec z final adventice). L’origine de l’appellatif est hydronymique, peut-être formé sur une variante du pré-indo-européen *gar, « pierre », pour une rivière au lit caillouteux..

    TARTARAS 42
    Tartaras en 1168 et Tartaraco en 1183 : dérivé avec -acum d’un nom d’homme gaulois *Tartarus, lui-même du gaulois Tartos, « dard, lance ».

    DARGOIRE 42
    Même nom au XIè siècle. Ça pourrait être un composé d’un nom d’homme gaulois *Argo et durum , « forteresse », puis agglutination de la préposition de.

    ■ SAINT-MAURICE-SUR-(D)ARGOIRE
    avec le hameau d’ECOSSIEUX
    J’ai trouvé un Écossieux-le-Vieux, avec son château, à Saint-Jean-de-Touslas (Rhône) et un Chemin d’Écossieux-le-Vieux à Saint-Maurice-sur-Dargoire (id.). En l’absence de forme ancienne du nom (du moins sur internet), il est difficile de se prononcer. On peut rapprocher ce nom d’ Écossas (Char.), Escoussac (Corr.), Escoussans (Gir.), etc.
    Ces toponymes peuvent bien entendu faire penser à un dérivé de l’ethnique Scottius et faire référence à l’établissement d’un « Écossais »… mais on peut aussi penser à un dérivé du francique *skot, « pousse, au sens de boqueteau », qui, est à l’origine de l’oïl escot , « tronc d’arbre, rameau dont on a élagué imparfaitement les menues branches » et « petit bois ». Pour Ecossieux, le suffixe est issu du latin osum comme pour Ecoyeux (Char.-Mar.)

    ■ Le PONT (de)-PERCEY
    Il semble que le pont de Percey n’existe plus aujourd’hui. « Il s’était écroulé de vétusté déjà en 1719, quand sa culée de la rive gauche fut démolie, vers l’année 1765, lors de l’établissement du canal de Givors. Puis celle de la rive droite disparut, à son tour, en 1858, pour faire place à l’usine à laver le charbon des mines de Tartaras, que la compagnie du gaz établit, à cette époque, sur le bord du Gier ». Percey est le nom des communes P.-le-Grand, P.-le-Petit en Haute-Saône et P.-le-Pautel en Haute-Marne, tous trois issus du nom d’homme latin Priscius et suffixe acum
    En tout cas le nom du pont n’a rien à voir avec la « roche percée », creusée pour le passage du canal de Givors. (cf. la note 8 de cette page où je m’aperçois que beaucoup est déjà dit).

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  12. Il semble normal que « iter » nait pas laissé de traces dans la toponymie.

    Le verbe « ire » (« aller ») désigne un processus dynamique, un déplacement.

    Il s’oppose au verbe « stare » (« se tenir debout ») – qui a de nombreux équivalents dans les autres langues indo-européennes – qui a un aspect statique, et qui a donné « station ».

    Or un toponyme, lieu fixe, est, par essence, statique.

    —————–
    Au XVIIIème siècle, l’ « itinerarium » est un genre littéraire qui désigne un voyage,littéraire, généralement un peu « exotique ». On retrouve ce terme, francisé, dans « L’Itinéraire de Paris à Jérusalem » de Chateaubriand. (Dans le reste du XIXème siècle, on préfèrera le terme « voyage », comme dans le célèbre « Voyage en Orient », de Gérard de Nerval)

    Dom Calmet (dont l’ouvrage sur les vampires connut la célébrité, provoquant l’ironie de Voltaire), par exemple, écrivit un Iter helveticuem », où il narre son voyage en Suisse :

    https://www.persee.fr/doc/acths_1764-7355_2012_act_135_5_2298

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  13. Quoique ce soit hors sujet, je ne résiste pas au plaisir de donner le lien avec l’ouvrage de Dom Calmet avec les vampires et autres broucolaques :

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68179p.image

    ————————-
    « Quoi ! c’est dans notre xviiie siècle qu’il y a eu des vampires ! C’est après le règne des Locke, des Shaftesbury, des Trenchard, des Collins ; c’est sous le règne des d’Alembert, des Diderot, des Saint-Lambert, des Duclos, qu’on a cru aux vampires, et que le révérend P. dom Augustin Calmet, prêtre bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes et de Saint-Hidulphe, abbé de Sénones, abbaye de cent mille livres de rentes, voisine de deux autres abbayes du même revenu, a imprimé et réimprimé l’histoire des vampires avec l’approbation de la Sorbonne, signée Marcilly ! »

    https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome20.djvu/557

    ————————–

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  14. ► Bien vu, TRA, cette étymologie de Sommières donnée par E. Nègre. ! (TGF*)
    Elle est d’ailleurs reprise par J. Astor (DNFLMF*).
    Néanmoins, P.-H. Billy rejette cette hypothèse pour des raisons phonétiques (le passage de iter à ider puis à idr dans les formes anciennes et enfin à ier ne lui semble pas acceptable) : il préfère un *summitore, « sommet », qui serait la seule explication phonétiquement valable (et J. Astor a l’honnêteté de le signaler).
    Je me garderai bien de trancher.

    ► Pas mal ce « chemin qui marche », Brosseur ! Je ne connaissais pas ce nom donné au saint-Laurent.

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  15. Cold Case et Cantiliennes en gelée

    Lundi matin, je prends connaissance des nouvelles du monde. Par extraordinaire, mon écran plat propose une devinette aux lecteurs… du moins à ceux qui ne lisent pas en diagonale.
    On y donne en indices deux visions de l’art : une merveille de technique picturale venue de l’Age d’or hollandais et, possiblement, des « statues coloriées » dont on suppute le caractère grotesque et les dommages que leur installation en plein air pourrait infliger à l’œil du passant. Y a-t-il un ophtalmo dans le secteur ?

    Nonobstant, j’oriente mes recherches vers la dentelle et convoque la notice Wiki consacrée aux lieux de production et là, surprise ! je n’en imaginais pas autant !
    Un survol de la liste en lecture plongeante me confirme que cette activité réclamant délicatesse fut une quasi exclusivité de la moitié nord de la France. Normal, dans la zone méridionale le rugbyman n’a guère besoin de doigts de fée : une dose de hargne et un bon quintal de carcasse belliqueuse suffisent à son épanouissement…

    Face à la surabondance de sites de production et au découragement consécutif, je décide de surseoir non sans faire un tour à Chantilly, cité de ma proximité. J’ouvre donc la page Wiki et découvre deux ou trois choses surprenantes :

    ■ Une certaine Martine Bruggeman, (relativement aptonymée si l’on songe à la dentelle de Bruges quand bien même on l’imagine plutôt en jupon qu’en tenue d’homme « genre Dupont »), rapporte qu’un nombre invraisemblable de Cantiliennes firent dans la dentelle à l’approche du Second Empire. Elle évoque un chiffre entre 8.000 et 9.000, ce qui fit de Chantilly un sacré bassin d’emploi pour les dames. Leurs hommes, embauchés aux haras, aux Grandes Ecuries, faisaient dans la palefrenie : étriller gentiment, délicatement les pouliches racées avant d’étriller sévèrement leur femme… qui le valait bien ?

    ■ J’en arrive au choc proprement anaphylactique toponymique :
    Tenez-vous prêts à apprendre que :

    La dentellière cantilienne, question matière première, utilisait essentiellement du fil d’Alais (ou autrement désigné poil d’Alais), qualité « grenadine ».

    Si je connais de longue date le fil d’Ecosse, le fil de Fère (en Tardenois) et le fil d’à Coupet-le-Beure, clairement localisés, point encore n’avais eu vent de ce fil d’Alais.
    Pour savoir où se situe ce patelin, je consulte Wikipédia. Allez savoir pourquoi, pas d’Alais recensé.
    Plutôt que de confier la corvée au bon Leveto déjà trop abusivement sollicité, je me mets à la tâche… pour découvrir qu’ALAIS valut pour ALES (Gard). Tout ça à cause d’un moinillon imbibé et coupable d’un joca monachorum : -Un rhum ça va… trois rhums bonjour Monacho !

    https://www.objectifgard.com/2017/07/17/gard-meconnu-a-decouverte-dun-ales-insoupconne/

    Désormais, je comprends mieux le sens du chant viril des joyeux supporters du Rugby-Club Cévenol :

    Allez Alais ! Allez Alais ! qui c’est les plus forts, évidemment c’est les vers*…
    (air connu)
    *sous-entendu « à soie », les vers… eu égard, dans le Gard, à l’élevage intensif qu’on fit du magnan.

    ■ Comment comprendre le terme « grenadine » associé à la soie importée d’Alès alors que la dentelle de Chantilly est quasi exclusivement de teinte noire.
    J’émets l’hypothèse suivante :
    Du temps de Napoléon III, c’était l’ambiance Sombreros et Mantilles ! Le chapeau mexicain pour l’empereur Maximilien et la mantille pour la Montijo, ci-devant impératrice de son état et ci-après représentée :

    Au Palais Impérial de ma sous-préfecture, le visiteur pourra contempler le Portrait d’une inconnue à la mantille, signé Winterhalter : la soie est noire… ni mant’à l’eau ni diabolo grenadine.
    Et s’il lui prend l’envie d’une expo’, cela demeure possible jusqu’au 19 décembre 1921 :

    https://www.chantilly-senlis-tourisme.com/agenda/exposition-souvenirs-deugenie-au-musee-de-la-dentelle/

    Quid alors de cette qualité GRENADINE concernant la soie d’Alais ?
    J’en viens à proposer ceci : Eugénie de Montijo est née à Grenade (Espagne) et la fibre d’origine animale aurait été ainsi qualifiée en son honneur.
    C’est parfaitement vraisemblable et tout à fait dans l’esprit de l’heuristique telle qu’on la pratique à Machincourt.
    Hélas, MM. CRNTL et Rey Alain, austères lexicographes, sont plus sérieux que bien des toponymistes d’occasion, foutraques comme TRS ou naïfs comme l’auteur du billet L’Etoffe des Topos.

    La grenadine, prise au sens textile, n’a donc absolument rien à voir avec l’Espagne mais tout avec son aspect, son grain… le terme «grenadine» désigne une fibre « grenue ».
    Connaître ce genre de chose peut se révéler excellent en société et, la prochaine fois qu’au bistrot je commanderai un tango, j’interpellerai la pratique et le patron du rade en ces termes : -Tournée générale si quelqu’un me dit la différence entre une grenadine et une grenadine !… à l’issue de la partie, le patron sera déçu du manque à gagner tandis que j’y gagnerai la considération de ce public d’apéro.

    Moralité:
    Leveto serait bien avisé, dans les plus brefs délais, d’alais réviser son billet L’Etoffe des Topos! Biffer la référence à Grenade et intégrer la soie d’Alais.
    _________________

    Mais en voilà assez des Cantiliennes, passons au COLD CASE promis bien plus haut :

    Par souci de toujours puiser aux meilleures sources, j’ai interrogé VVLT par l’intermédiaire de sa barre de recherche. J’ai donc tapé les quatre lettres du toponyme Alès.
    Cela m’a conduit à un billet intitulé Les indices du mercredi 30/10/2109 où il est simplement question d’un patelin connu sous le nom de Montsalès : cette méprise du moteur de recherche en dit long sur le sérieux auquel on a affaire dans le 84.
    Pourtant le véritable crime ne réside pas là mais remonte à deux années d’ici, à un jour près!…

    Aussi bouleversante et inexpliquée que la découverte inattendue -dans la silice de la Mer de sable (60-Ermenonville)- d’un mini squelette en iridium massif teinté «perroquet*» et d’un couteau Opinel fiché entre les os du dos du petit homme vert, il y a cette irruption du XXIIème siècle.Elle aura laissé bouche bée tous les farouches enquêteurs qui fréquentent ces lieux. Pour preuve, l’absence étrange de commentaires relatifs aussi bien au propos qu’à cette turbulence dans l’espace-temps.

    A défaut de Men In Black pour remettre un peu d’ordre – chronologique l’ordre !- Leveto serait bien avisé d’aller vérifier son calendrier… dans les plus brefs délais !

    A bonne en tender** salut !…comme on dit chez Allais, avec deux L Allais.
    ______________

    * Perroquet (= menthe à l’eau + pastis en quantité aménageable selon le rendu souhaité au nuancier)

    ** Je ne mets pas de lien pour ce qui n’estune simple vanne !

    P.S. J’ai revu Vera Cruz il y a quelques jours, un film de cove’bouahs sans attaque de train*** mais avec Maximilien largement évoqué. On y voit des sombreros et deux sombres héros yankees…
    Et puis, par économie de lien vers une quelconque « chansonnette ricaine » comme les aime tant TRA, El sombrero me lo quito y me lo pongo, extrait des lyrics de la Bamba, une danse originaire de Vera Cruz.

    *** On s’en consolera en tapant sur sa barre Google préférée : « Spectacle attaque du train – mer de sable »
    Question « sens du cadre » et direction d’acteurs, on y sent nettement l’influence d’Aldrich.

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  16. Merci, TRS !
    Pour la date, c’est corrigé.
    Pour la grenadine, j’attends de retrouver mes notes prises lors de la rédaction du billet et, donc, mes sources. Après, j’aviserai.

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  17. SOTTIE

    La Ferté-Alais (Essonne) n’a pas pour seule activité culturelle son festival de jazz.
    Il s’y déroule aussi un salon de la BD :

    http://opalebd.com/festivals/details/2376

    Ne placez pas mal votre fierté : allez-y franco (comme il faut toujours le faire, en général).
    Même si vous n’êtes pas amateur de petits miquets, lancez vous !

    Commencez par lire une première BD, puis une deuxième DB, et ensuite autant de BD qu’il vous sera possible !

    Et, si des idées parasites vous assaillent, telles de vilaines mouches noires, flytoxez-les .

    Ne faites pas dans la dentelle, démantelez-les : KILL FLIES !!!

    Alors, tel Didi dans « Le Lotus bleu », vous trouverez la Voie, et serez vainqueur par Tao …

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  18. @Leveto…

    May be you need some rescue?…
    Dans ces conditions, peut-être accepterez-vous a little help from our friends, les Britiches ?… si ça peut aider :

    Grenadine in British English
    (ˌɡrɛnəˈdiːn)
    NOUN
    a light thin leno-weave fabric of silk, wool, rayon, or nylon, used esp for dresses
    Collins English Dictionary. Copyright © HarperCollins Publishers
    Word origin
    C19: from French, from earlier grenade silk with a grained texture, from grenu grained; see GRAIN

    Ne me dites pas merci, c’est pour rien !…

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  19. Alès / Alais aurait été, nous précise WP, un(e) Alesto à l’époque du Bon Roi Dagobert.

    Voilà qui pourrait intéresser un hypothétique toponomico-versificateur (pas trop regardant sur la richesse de la rime) :Alesto fournit une rime à Leveto …

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  20. Le sort des fileuses d’Alès ne doit pas être enviable.

    Mais celui des trois cents fileuses que rencontre Yvain au château de la Pesme Aventure est bien pire :

    S’avoit devant un prael clos
    De pex de chaisne agus et gros.
    Et par entre les peus laiens
    Voit pucheles jusqu’a trois chens
    Qui dyverses oevres faisoient:
    De fil d’or et de soie ouvroient
    Chascune au mix qu’ele savoit;
    Mais tel poverté y avoit
    Que desliees et deschaintes
    En y ot de poverté maintes;
    Et les mameles et les keutes
    Paroient par leur cotes routes,
    Et les chemises as cols sales.
    Les cols grelles et les vis pales
    De fain et de mesaise avoient.
    Il les voit et eles le voient,
    Si s’enbronchent toutes et pleurent;
    Et une grant pieche demeurent,
    Qu’eles n’entendent a riens faire,
    Ne lors iex ne püent retraire
    De tere, tant sont acourees.

    https://fr.wikisource.org/wiki/Yvain_ou_le_Chevalier_au_Lion

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  21. Voilà qui pourrait intéresser un hypothétique toponomico-versificateur (pas trop regardant sur la richesse de la rime) :Alesto fournit une rime à Leveto …(TRA)

    Je suis au regret de vous annoncer que je ne pourrai céder à pareille tentation…
    Pour trois raisons :

    1.La raison financière : j’ai toujours eu coutume de cachetonner. Cependant et si vous insistez, je peux toujours vous faire parvenir un devis-contrat, TRA.

    2. La raison morale : il ne faut pas jouer impunément avec les nerfs d’un public entièrement attaché à la résolution d’une devinette. Vertige et désillusion le gagneraient si on le fourvoyait, direction les troubles zones méridionales. Le public mérite de savoir à qui se fyé.

    3. La raison pratique, celle qui ne souffre aucune critique : -Pourquoi me décarcasser en cherchant des rimes en O à Leveto. J’ai déjà ça en magasin :

    Défilé de mode (extrait)

    Tout sapé d’un biau manteau
    Le bourreau c’est Leveto
    Il en a bien du boulot
    Exténuer les ciboulots
    En s’montrant un brin sado
    Tout sapé d’un biau manteau

    Avant de vous quitter et suite à vos « idées parasites et autres black flyes », deux chansons grandeur nature et point chansonnettes :
    L’une, pour le plaisir d’admirer l’ouvrage bien faite :

    L’autre, pour les black butterflies et ce couplet où je me retrouve du temps où j’abusais scandaleusement des breuvages. Sentiment de déjà vu.. ou bu. :

    Aux lueurs de l’aube imprécise,
    Dans les eaux troubles d’un miroir,
    Tu te rencontres par hasard
    Complètement noir
    Complètement noir
    Complètement noir

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  22. TRS à propos de la grenadine.

    je ne mettais pas en doute l’étymologie que vous rappeliez : un œil jeté à mon Robert a suffi pour m’en convaincre.
    Je voulais prendre le temps de retrouver où j’étais allé chercher la fausse étymologie que je donnais dans mon billet de façon à le mentionner dans un rectificatif. Eh bien, figurez-vous que je n’ai rien trouvé dans mes notes ! C’est sorti comme ça, tout seul, venu d’on ne sait où ou alors je l’ai lu quelque part, le prenant pour argent comptant sans vérifier et sans recopier ma source. Honte sur moi !
    Quoi qu’il en soit, c’est maintenant corrigé.

    En revanche la soie d’Alais ne figurera pas dans ce billet qui ne prend en compte que les antonomases et Alais n’est pas devenu un nom commun.

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  23. Définitions de alaise, nom féminin
    Pièce de tissu, de toile imperméable, placée sous le drap de dessous pour protéger le matelas.
    Planche ajoutée à un panneau pour l’élargir.
    _________________
    Historique de alaiser, verbe
    Étymologie
    De alaise ; du latin populaire latia, ‘largeur’.
    Parents étymologiques
    Ascendance : latialatin pop. ❯laize ❯alaiser.
    latialatin pop.–laize ⇾⁠ ⁠alaise (⁠ ⁠⇾⁠ ⁠alaiser, allaise).

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  24. Les ID noires n’étaient qu’un pâle reflet des DS noires qui convoyaient Mongénéral !

    Dans un autre domaine que le musical, on a aussi les « Idées Noires « de Franquin, qui paraissaient dans « Le Trombone illustré » (tiens ! on retrouve la musique) : le clair dans tout cela, c’est qu’ il nous fait préférer la BD à toute DB …

    https://www.google.fr/search?q=id%C3%A9es+noires+franquin&authuser=0&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=2ahUKEwiQgaiR5PLzAhVQExoKHdTQBTcQ_AUoAXoECAEQAw&biw=1920&bih=937&dpr=1

    Et, toujours dans le domaine des vibrations sonores, j’espère que tout le monde apprécie la chansonnette de Jules Barbier et de Michel Carré, sur une zizique de Gounod.

    Elle a le mérite d’offrir un innocent contrepet, qui n’est pas sans rapport avec l’énigme de la semaine : « Le veau d’or est toujours debout » / « Le v….u est toujours dehors ».

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