Félicitations à TRS, LGF et Un Intrus qui m’ont donné les bonnes réponses à mes dernières devinettes !
Il fallait trouver le lieu-dit Ferrif à Apchon (canton de Riom-ès-Montagnes, arrondissement de Mauriac dans le Cantal) et le lieu-dit Enterif à Laval-sur-Doulon (canton du Plateau du Haut Velay granitique, chef-lieu Craponne-sur-Arzon, arrondissement de Brioude en Haute-Loire).
Tout ça se trouve ici :


La toponymie
■ Ferrif : le nom est attesté Villa Frigidus Rivus au XIIè s, Freyrif en 1513 et Ferrif en 1783 (Cassini, feuille 14, Mauriac) et, anecdotiquement, Froid-Rif au XIXè s. On comprend qu’il s’agissait d’un « ruisseau froid ».
■ Apchon : attesté Apione au XIIè siècle, du nom d’homme latin Appius suivi du suffixe latin –onem.
■ Riom-ès-Montagnes : il y a un an, dans un billet relatif à une devinette concernant le gaulois attegia, j’écrivais :
■ Riom-ès-Montagnes : attesté Riom dès le XIIè siècle, ce nom est dérivé du gaulois rig-o-magos, « le marché ou champ de foire du roi », comme je l’expliquais dans ce billet. Le complément, « dans les montagnes », sert à la distinction d’avec Riom (P.-de-D.).
■ Mauriac : attesté Mauriaco sur une monnaie mérovingienne et Mauriacus en 818, du nom d’homme latin Maurius et suffixe latin issu du gaulois –acum.
Les indices
■ Le sketch de l’eau ferrugineuse, dit par Bourvil, devait orienter les recherches vers un village possédant une telle eau, ce qui est le cas d’Apchon, avec la Font-Salée ou Source Saint-Éloi.
■ Les Quatre Barbus et Lucienne Vernay interprètent la chanson Le Bon roi Dagobert, dans laquelle Saint-Éloi joue un grand rôle, qui complétait l’indice précédant – ce que confirmait, le mardi, la phrase : « les indices ci-dessus permettent de remonter à la source, bien sûr.»
■ ce tableau d’Émile Gruppe montrait un ruisseau gelé en hiver : un rif froid, bien sûr !
■ il fallait reconnaitre une fleur de gentiane jaune, qui était « une allusion à la liqueur de gentiane, spécialité de Riom-ès-Montagnes et au Gentiane express, train touristique entre Riom-ès-Montagnes et Lugarde » et dont je m’étais déjà servi dans le billet op. cit.

La toponymie
■ Enterif : ce nom est attesté Mansus de Anterivest en 1307, Mansus de Anterivus en 1322 et Enterisse en1888. On le trouve écrit Anterif dans le Dictionnaire topographique de la Haute-Loire (A. Chassaing et A. Jacotin, 1907). Il s’agissait donc de « la maison devant le ruisseau ».
■ Laval-sur-Doulon : ce nom s’explique tout seul. L’occitan val, issu du latin vallis, « vallée », était féminin, d’où l’article la. Le Doulon est un hydronyme gaulois formé sur *dol, « vallée, creux,méandre » accompagné du suffixe celtique –ono.
■ Plateau du Haut Velay granitique : le nom de ce canton associe la topographie (« plateau » ) et la géologie (« granitique ») au nom du pays (le Haut Velay). À comparer au canton du Velay volcanique (chef-lieu Cussac-sur-Loire).
■ Velay : le nom de ce pays est formé au haut Moyen Âge sur le nom ancien Vellavi de la ville qui en était alors la capitale, aujourd’hui Saint-Paulien (H.-L.). Il est d’abord attesté a Vellavo en 581-87, formé sur le nom du peuple gaulois, les Vellaves. À partir du IXè siècle apparait l’adjectif Vellaicus formé avec le suffixe latin –icu, d’où le pagus Vellaico en 845. L’adjectif sera substantivé à partir du bas Moyen Âge, d’où l’ancien occitan Velai à la fin du XIIè siècle et le français Velay en 1335.
■ Craponne-sur-Arzon : attesté in vicaria Craponensem en 990 et Crappona en 1383. On s’accorde aujourd’hui à voir dans ce nom un dérivé de la base oronymique pré-indo-européenne *kr-app, comme je l’expliquais naguère dans un billet concernant les noms Crapon, grepon et grapillon.
L’Arzon doit son nom à l’hydronyme pré-celtique *alis (sur une souche *ales, « rocher » ) complété par l’hydronyme gaulois –one (d’où « rivière caillouteuse »). Après la disparition du i atone, al(i)son(e) voit le l devant consonne subir un rhotacisme et le s se durcir en z pour donner finalement arzon.
■ Brioude : attesté Brivas au Vès, Brivate au VIès, Vetus Brivate en 833, Vetulae Brivatae et Vetus Brivata au XIVès, ce nom est formé du gaulois briva, « pont », suivi du suffixe gaulois atone –ate. Le pont primitif sur l’Allier était à Vieille Brioude, 3km au sud. Cette étymologie avait été expliquée dans un billet consacré au pont gaulois.
Les indices
■ La complainte de Mandrin (ici interprétée par Yves Montand) devait orienter vers Brioude où le brigand s’est illustré dans un épisode resté célèbre, « en 1754, obligeant le directeur de la ferme générale à acheter à prix fort du tabac de contrebande, déshonorant ainsi ce notable peu apprécié, qui meurt huit jours après des suites de son émotion ».
■ « l’indice ci-dessus devrait faire un pont vers la solution ». Un pont comme celui, gaulois, qui a donné son nom à Brioude.
■ un tableau montrant une cabane devant un ruisseau : mansus ante rivus, bien sûr !
■ une planche signée Buffon concernant les crapauds … comme le Sommet du Crapaud dont le nom est issu du pré-indo-européen *kr-app, comme celui de Craponne (cf. plus haut).








■ cette image montrait des bouteilles de vin de bordeaux, comme le Blaye-Côtes-de-Bordeaux, dont l’étiquette 45° devait orienter non pas vers un degré d’alcool mais vers un degré de latitude. Le 45è parallèle passe par Saint-André-de-Cubzac.
■ il fallait ici s’attacher au nom de l’acteur Bernard-Pierre
■ Les plus attentifs auront remarqué ce cul-de-lampe : une grappe de raisins, pour orienter vers une région viticole, ici le Blaye-Côtes-de-Bordeaux.
■ le nom de
■ ce personnage de bédé, le détective Pat’Apouf a été créé en 1938 par
■ l’actrice
En deux mots, Rieu Tort désigne une vingtaine de ruisseaux en Haute-Garonne (Bessières, Grépiac …), Hérault (Pézenas, servian …), Isère (Huez, Oz), Pyrénées-Atlantiques (Denguin), Hautes-Pyrénées (Hèches, Ibos), Tarn-et-Garonne (Pompignan…) et Var (La Bastide), ainsi que trois lieux-dits (Antagnac et Coulx, L.-et-G. ; Azereix, H.-P.). On trouve une douzaine de ruisseaux nommés Riou Tort dans les Alpes-de-Haute-Provence (Seynes), la Corrèze (Rilhac-Xaintrie et Saint-Julien-aux-Bois – photo ci-contre), la Haute-Garonne (Lherm, Rieumes …), le Lot-et-Garonne (Sauvagnas), les Hautes-Pyrénées (Ancizan), le Tarn (Giroussens) et le Tarn-et-Garonne (dans l’Enclave de Castelsarrasin, où il s’agit également d’un lieu-dit). Signalons également le Riu Tort (Azereix, H.-P. et Latour-de-Carol, P.-O.) et le Riu Tortu (Monacia-d’Aullène, C.-du-Sud).






■ il fallait reconnaître le monogramme que la Manufacture de tapis de la
■ cette photo montre un joueur de poker misant tous ses jetons, ce qui se dit all in ! en anglais et « faire tapis » en français. Ce « tapis » était censé compléter l’indice précédent.
■ le
■ cette
■ cette empreinte de reptile est celle d’un Thérapsidé, baptisé Chirotherium lors de sa 





■ cette illustration de La bataille de Roncevaux (Grandes chroniques de France, XIVè siècle) montrait Roland le Preux (736-778), premier comte de la Marche de Bretagne. Oui : Roncevaux était une fausse piste.
■ cette vue d’un
■ il fallait reconnaitre dans cet objet une