Lesquières à Souel (Tarn) : la répàladev

Un Intrus, puis TRS et enfin LGF ont résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Lesquières à Souel dans le canton de Carmaux-Vallée du Cérou de l’arrondissement d’Albi, dans le Tarn.

Souel, c’est là :

local souel

Et Lesquières, ici :

Lesquières Capture GEOP

logo mineur

La toponymie

Lesquières : on reconnait sans difficulté dans ce nom un ancien *liscaria, du pré-latin *lisca, « laîche » et suffixe latin –aria. La topographie se prêtant peu à l’épanouissement du carex, lesquière désigne plus probablement ici, comme souvent dans le Sud-Ouest, une terre aride peu facile à cultiver ou peut-être s’agit-il, et le pluriel va dans ce sens, d’un nom de famille .

Souel : le 02 mars 2013, dans un article consacré au cochon, j’écrivais :

Le latin suillum, désignant plutôt la bauge du sanglier ou la soue, a donné Soueich (Haute-Garonne), ainsi que Soueix ( Ariège) et Souel (Tarn).

Carmaux : le 07 août 2021, dans une « répàladev » concernant la garrigue, j’écrivais :

Carmaux était appelé Caramans en 1125, Caramanz en 1148, Caramancio en 1260 et Caramoussio en 1283, noms issus directement du nom de personne latin Caramantius. Il s’agit d’un des quelques exemples de toponymes de ce genre formés sans suffixe.

CPA-Carmaux-Verrerie-

le Cérou : ce cours d’eau est mentionné inter Biauro et Serone en 966 puis inter Biaurum et Syronem en 978. Il s’agit d’un hydronyme pré-indo-européen *ser, « couler, se mouvoir rapidement et violemment » suivi du suffixe gaulois –one.

Albi : le 06 avril 2024, dans une « répàladev » concernant la jachère, j’écrivais :

la ville est attestée Albigensium civitas au Vè siècle. Conscient que le nom d’Albi ne pouvait pas, phonétiquement, provenir d’Albiga, E. Nègre proposait donc d’y voir un masculin Albius, nom de personne latin (TGF*). Or, les attestations féminines sont constantes du VIè siècle (Albigae et Albige en 575-94) au Xè siècle, avant l’apparition du masculin dans la deuxième moitié du Xè siècle (de Albio en 961 et de Albi vers 972). L’étymon originel ne pouvait donc être que féminin avant que son genre ne soit changé sans qu’on n’en connaisse la raison. D’autre part, la permanence des formes en –iga, du Vè au VIIIè siècle montre que la base initiale était bien du type *Albiga ou *Albica, les formes ultérieures du type Albia (ex civitate Albie en 626) témoignant de l’amuïssement régulier de la consonne intervocalique –g– ou –c-.  De ces deux étymons *Albiga et *Albica, le premier ne correspond à rien de connu de par son suffixe, tandis que le second ouvre l’hypothèse basée sur le fait que les civitas impériales correspondaient au territoire d’une population bien définie. Il est ainsi possible de restituer dans la civitas Albigensium le territoire d’un peuple, les Albici (Albiques) : ceux-ci étaient installés à Riez (A.-de-H.-P.) dont le nom ancien, Alebaece (Pline l’Ancien en 77) fait référence au peuple Αλβíοικοι (Strabon 7 av. J.-C.), déjà appelé Albici au milieu du Ier siècle avant J.-C. par César. Ce peuple, sans doute chassé par les Reii avant la fondation de l’Empire romain, a laissé son nom au village d’Albiosc, aujourd’hui dans Esparron-de Verdon, au sud-ouest de Riez. On peut supposer que ledit peuple, ou une partie de celui-ci, serait venu s’installer sur le territoire de la future civitas Albigencium et y aurait fondé une ville nommée *Albica après la rédaction des écrits de Pline l’Ancien (DNLF*).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Les indices

cochon devant charbon et mine ■ cette image créée par IA montrait un cochon, que l’on devait relier à l’« abri d’animal » mentionné dans l’énoncé de la devinette pour penser à la soue, donc à Souel (cette fois-ci le cochon était blanc, donc hors du Périgord, contrairement aux fois précédentes où apparaissait un cochon noir). Le décor représentait une mine de charbon (et un sac éventré d’où s’échappe du charbon…) qui devait faire penser à un pays minier, comme l’était Carmaux.

logo mineur ■ le billet des indices du mardi, comme celui d’aujourd’hui, présentait un cul-de-lampe avec une lampe et deux pelles de mineur censé faire penser, là aussi, à un pays minier, comme l’était Carmaux.

indice-a-21-10-2024 ■ ce siphon de bar en verre est un produit des verreries de Carmaux. Cf. la carte postale ci-dessus. L’énoncé parlait d’une « spécialité du coin » : le coin en question était à comprendre comme le canton (de l’italien cantone, par l’ancien provençal canton, « coin, angle », d’où « portion de territoire »), ici celui de Carmaux.

indice b 22 10 2024E ■ il fallait reconnaitre une vieille soue, d’où le nom de Souel.

Les indices du mardi 22 octobre 2024

Un Intrus et TRS m’ont déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette

Pour les autres, rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour [laîche].

La commune où il se situe a été donnée, il y a plus de dix ans, comme exemple de nom se référant à un abri d’animal.

Le nom du chef-lieu du canton a été expliqué plus récemment à l’occasion d’une « répàladev » à propos d’un type de terrain. Le canton porte le nom de son chef-lieu accompagné de celui de la vallée d’un cours d’eau au nom pré-celtique.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement a lui aussi été expliqué, encore plus récemment, à l’occasion d’une « répàladev » à propos d’un autre type de terrain.

Un seul indice tout-en-un :

cochon devant charbon et mine

logo mineur

Et les indices du mardi

■ pour ce qui fut longtemps une spécialité du coin :

indice-a-21-10-2024

■ et

indice b 22 10 2024E

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La laîche

La laîche est un autre nom du carex, aussi appelé roseau des marais. Il est issu d’un prélatin lisca ou lischia,  adopté par les Gaulois, les Romains (latin lisca, fin du VIIIè siècle) et les Francs et Alamans (lehscha, IXè siècle).

laiche-des-marais

Différents aspects de la laiche des marais

C’est sous la forme bas-latine liscaria, qui a donné lichère, léchère, lochère et des variantes, que ce nom se retrouve le plus souvent en toponymie. Il désigne alors un lieu humide où poussent les laîches mais parfois, comme dans le Forez, un étang ou un marais sans qu’on y trouve forcément des laîches, une terre inculte en Gascogne, voire, comme en Savoie et Suisse, une simple terre humide, une mauvaise terre. Dans certains pays d’élevage, les laîches étaient fauchées pour servir de litière ; ailleurs, comme en Bresse, elles étaient employées pour la couverture en chaume des maisons : il ne venait alors à personne l’idée de  lutter contre la lichère.

Les formes toponymiques sous lesquelles apparait ce mot sont très nombreuses et, malgré mon souci d’exhaustivité, il se peut que j’en oublie. Les noms des communes ont été colorés en orange foncé. Vos contributions en commentaires seront les bienvenues !

Laîche

Utilisé sous une forme simple, le nom de la laîche, au pluriel comme au singulier, a donné de nombreux toponymes La ou Les Laiches, parfois qualifiées de Grande, Petite, Longue etc., notamment en Bretagne, Normandie et Grand-Est, mais aussi en Bourgogne-Franche-Comté et jusqu’en PACA. On trouve également de nombreux noms (La ou Les) Lesche(s) ou encore Lèche(s) principalement en Bretagne, Normandie et Île-de-France, comme pour Lesches (S.-et-M., Leschis en 1172 et Leschae en 1195), mais aussi en Dordogne avec la commune nommée Les Lèches. Ces noms sont quelquefois délicats à analyser, notamment en pays de langue d’oc. C’est le cas par exemple de la commune de Lesches-en-Diois (Drôme), attestée Lechis en 1140, dont le nom semble apparenté au nom de la laîche, mais qui, au vu de la situation de la commune en plein cœur d’une région calcaire et accidentée, pourrait être issu de la base oronymique pré-indo-européenne *lek-, d’où le gaulois lèca, « pierre plate, rocher plat ».

On trouve également plusieurs noms du type Lâche(s) dont certains peuvent être considérés comme des laîche(s) comme La Lâche (Montbard, C.-d’Or) ou Les Lâches (Bainville-aux-Saules, Jura). Des noms comme La ou Les Lesque(s) qu’on retrouve en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie peuvent être reliés au gascon lesque, « terre abandonnée, inculte », de même étymologie..

Plusieurs cours d’eau sont appelés la Lèche (à Bourg-Vharente et à Touvre, Char ; à Villemurlin, Loiret ; à Arzenc-de-Randon, Loz. etc) et leurs noms peuvent rappeler un cours encombré de laîches.

Lichère

Ce nom apparait à près de cent exemplaires sous la forme (La ou Les) Lichère(s), des Hauts-de-France à l’Occitanie, en passant par le Grand-Est, l’Île-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle Aquitaine. On trouve également les habituels Champ de Lichère (Provency, Yonne etc.), les Hautes et Basses Lichères (Châtillon-sur-Marne, etc.) etc.

Plusieurs communes portent ce nom : Lichères (Char., Licheriis en 1328), Lichères-sur-Yonne (Yonne, Lescheriae en 1147) et Lichères-près-Aigremont (Yonne, Lescheriae en 1156 — mais le nom Liccadiacus attesté au VIè siècle fait pencher pour un nom de personne roman Leucadius et suffixe –acum qui aura subi l’attraction de Lichères) et. On peut leur adjoindre la commune de Maulichères (Gers, Malsere en 1062, avec le latin malus, « mauvais »).

CPA LICHERES (2)

Les diminutifs sont particulièrement rares : je n’ai trouvé qu’un Pré Licheret (Le Perrier, Vendée), un Licheron (Olliergues, P.-de-D.), un Licherolle et Queue de Foede (Crémieu, Is.) et les Licherottes (Ruy-Montceau, Is.).

D’autres orthographes sont apparues comme pour les lieux-dits la Licheyre (Antrenas, Loz. etc), Licheyres (Intres, Ardèche) et le ruisseau de Licheyre (ou de Dabrigeon, à La Souche, Ardèche). Rajoutons les quelques lieux-dits Lichière (Saint-Étienne-du-Valdonnez, Loz.) La Lichière (Frontenay, Jura, etc.) et Les Lichière (Villeperdrix, Drôme). On trouve également la Lixière (Sillegny, Mos.), les Lixières (ancienne commune intégrée en 1971 à Belleau, M.-et-M.) et la commune de Fleuville-Lixières (M.-et-M.).

Les hydronymes sont représentés par le Lac des Lichères (Jauldes, Char.), le ruisseau de Lichère (Gras, ardèche) et le ruisseau des Lichères (Villefort, Loz.). Les oronymes ne sont pas en reste avec la ravin de Lichère (Le Collet-de-Dèze, Loz.), la Serre de Lichère (Gras, Ardèche) et le Signal de Lichère (un sommet culminant à 899 m à Branoux-les-Taillades, Gard).

Les noms des lieux-dits (La ou Les) Liquière(s), qu’on trouve principalement en Lozère, Aveyron et Hérault, sont plus probablement issus de l’occitan liquièra, « rocher dont les troupeaux lèchent les efflorescences salines » (TDF*).

Léchère

C’est à plus de quatre cents exemplaires qu’apparait la forme léchère dans des noms comme (La ou Les) Léchère(s) principalement en Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté, mais aussi, très minoritairement, dans le Grand-Est, en Nouvelle-Aquitaine, Pays-de-la-Loire et Centre-Val-de-Loire. On trouve également une Petite Léchère (Attancourt, H.-Marne), la Grande Léchère (Brénod, Ain), des Grandes Léchères (Chimlin, Is.), la Léchère de Champdieu (Creys-Mépieu, id.), la Léchère les Bains (de l’ancienne Notre-Dame-de-Briançon, Sav., cf. le suivant) etc. La Léchère (Sav.) est la seule commune à porter ce nom, adopté en 1972 après la fusion de Notre-Dame-de-Briançon avec Celliers, Doucy, Nâves, Petit-Cœur et Pussy.

Les diminutifs sont  plus nombreux que pour la lichère (et ne me demandez pas pourquoi). On trouve ainsi La Lecherette (Vernoux, Ain etc.), Les Lecherettes (Les Allues, Sav.), La Lecherettaz (Montagny, Sav.) etc. Le diminutif –ole, olle a donné les noms de quelques (La) Lecherolle et Lecherolles ainsi que celui de la commune de Lescherolles (S.-et-M., de Lescherolliis en 1145). Le diminutif –on apparait dans Lecheron (Champygny-en-Vanoise, Sav), Le Lécheron (Le Breuil, Marne, etc.) et Les Lécherons (Buffières, S.-et-L.), tandis que le diminutif –ot, otte a donné Lecherot (Chastellux-sur-Cure, Yonne), la Lécherotte (Montellier, Ain) et les Lécherottes (Trept, Is.).

CPA LESCHEROLLES

Comme pour le précédent, d’autres graphies ont pu apparaitre. On trouve ainsi plusieurs La ou Les Leschère(s), en Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et dans le Grand-Est, ainsi que les communes de Leschères (Jura) et de Leschères (H.-Marne, Lescheres dès 1218). Un diminutif apparait avec la Lescherette (Curcial-Dongalon, Ain) et le Chalet de Lescherette (Saint-Rémy-de-Mayrienne, Sav. Le diminutif –olle a donné le nom de la commune de Lescherolles (S.-et-M.), tandis que le suffixe –osum est à l’origine de celui de la commune de Lescheroux (Ain) et du hameau Lecheru (Hauteluce, Sav., longtemps écrit L’Écheru)

On trouve également la forme lessière donnant la Lessière (Valezan, Sav.) et les Lessières (Modane, Sav., In Lecheriis en 1514 ; Annecy, H.-Sav. etc.) ainsi que la forme laichère donnant la Laichère (Beaufort, Sav. etc.) et les Laichères (Lugrin, H.Sav. etc.).

Les hydronymes sont représentés par cinq Étang de la Léchère, un Bief de la Léchère et une Source de la Léchère, tous dans le Jura, ainsi que par quatre Ruisseau de la Léchère (Sav. et H.-Sav.), La Léchère Merlan (marécage à Janneyras, Is.) etc. On trouve également un Étang des Leschères (Châtillon-la-Palud, Ain – avec palud, « marais » : des léchères, un marais … prévoyez les bottes en caoutchouc !), un torrent de la Lescherette (Saint-Rémy-de-Maurienne, Sav.), un Étang Lescherolles (Marlieux, Ain) etc. Des coteaux ou collines ont été baptisés la Léchère (Armix, Ain etc.), les Léchères (Meyrié, Is. etc.) et on trouve une Pointe de la Léchère (Morzine, H.-Sav.).

Lochère

Cette forme se retrouve principalement en Bourgogne, où on trouve près de cent cinquante toponymes du type (La ou Les) Lochère(s) ou bien À la ou Aux Lochère(s), parfois accompagnés d’un épithète comme pour les Grandes Lochères (Tichey, C.-d’Or, etc.) ou d’un complément comme pour la Lochère au Vigué (Étevaux, C.-d’Or – vigué ou viguier : officier de justice ou chargé de la voirie) ou la Lochère aux Riches (Magny-sur-Tille, C.-d’Or.– riche : contraire de pauvre ; il n’est pas exclu que le vigué en ait été un). On retrouve également ce nom dans le Grand-Est (H.-Marne, Meuse, Vosges …) et plus rarement en Normandie, Centre-Val-de-Loire etc.

Les diminutifs sont beaucoup moins nombreux avec le Locheret (Auxonne, C.-d’Or et Dierrey-Saint-Pierre, Aube, les Locherets (Thury, C.-d’Or), la Locherotte (Longecourt-lès-Culètre, C.-d’Or, etc.) et les Locherottes (Varois-et-Chaignot, id., etc.

Les hydronymes sont représentés par l’Étang de Lochère (Bagnol et Remilly-sur-Tille, C.-d’Or), la Noue des Lochères (Saulxures-lès-Vannes, M.-et-M.), et quelques Ruisseaux de la ou des Lochère(s). On trouve également quelques oronymes du même type comme les Grandes Lochères (Recey-sur-Ource, C.-d’Or), les Côtes de Lochères (Minot, id.), le Ravin des Lochères (Noyers-Auzécourt, Meuse) etc.

Les autres

Je réservais un dernier paragraphe pour les toponymes qui, sous des apparences trompeuses, sont pourtant bien issus du pré-latin *lisca.

C’est le cas de L’Échelle (Marne) qui était Lecheriae en 1131 et Lescheriae en 1194, soit le pluriel de l’oïl léchère, devenu Leschelles en 1480, par attraction de l’oïl échelle qui a fini par prendre le dessus en transformant le nom en L’Échelle. Le même phénomène s’est produit pour Léchelle (S.-et-M.)  qui était Lescherias vers 1210 et Leschieres en 1222 (la confusion était présente dès 1164 quand on écrivait de Scala Domo).

En Picardie, l’oïl leschère est devenu *lesquière, que l’on retrouve dans le nom de Lesquielles-Saint-Germain (Asine) qui était Lescherias en 1121, Lescheres en 1145 puis Leskières en 1190 et a subi l’attraction, là aussi, de l’oïl eskielle, « échelle ».

Le hameau La Léqueraye, de la commune de Saint-Jean-de-la-Léqueraye (Eure), était Lascheriae au XIIIè siècle et Lesqueria en 1222, d’une variante en –eraie de  léchère.

Selon E. Nègre (TGF*), repris par A.-M. Vulpas et C. Michel (NLLR*), Les Chères (Rhône) doivent leur nom à une mécoupure de leschère, la première syllabe ayant été prise pour l’article pluriel les, entrainant par conséquent la mise au pluriel du nom.

Enfin, je n’en aurais pas fini sans avoir signalé que certains auteurs (NLLR*, NLEF* ) émettent l’hypothèse que certains des toponymes du type Lissac pourraient être issus non pas du nom d’homme latin Liccius ou Liscius suivi du suffixe –acum, mais du pré-latin *lisca suivi du même suffixe –acum. Deux communes s’appellent Lissac, en Ariège et Haute-Loire, auxquelles on ajoute Lissac-sur-Couze (Corr.) et Lissac-et-Muret (Lot). Il en est peut-être de même pour Licey-sur-Vingeanne (C.-d’Or), Lissay-Lochy (Cher), Lissey (Meuse) ou encore Lissieu (Rh.). La commune de Licques (P.de-C), attestée Liska en 1072 et Liches au XIIè siècle, pourrait elle aussi devoir son nom au prélatin *lisca plutôt qu’à une (villa) Lisca, « villa de Liscus ». Mais ce ne sont que des hypothèses se heurtant à l’absence de formes anciennes attestant une étymologie selon *lisca.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

that's all folks

Le cours est terminé. Vous pouvez ranger vos cartables.

Mais n’oubliez pas votre devoir à faire à la maison !

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour.

La commune où il se situe a été donnée, il y a plus de dix ans, comme exemple de nom se référant à un abri d’animal.

Le nom du chef-lieu du canton a été expliqué plus récemment à l’occasion d’une « répàladev » à propos d’un type de terrain. Le canton porte le nom de son chef-lieu accompagné de celui de la vallée d’un cours d’eau au nom pré-celtique.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement a lui aussi été expliqué, encore plus récemment, à l’occasion d’une « répàladev » à propos d’un autre type de terrain.

Un seul indice tout-en-un :

cochon devant charbon et mine

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

PS :

Cette devinette a été rédigée dans l’urgence (d’où ce seul indice fabriqué avec IA – pas le temps d’en chercher d’autres !) puisque celle que j’avais initialement prévue a dû être abandonnée. Je projetais en effet de vous faire chercher un lieu-dit nommé Les Léchers à Crozant dans la Creuse. C’est en effet ainsi qu’il est mentionné dans le fichier FANTOIR, un nom que je compris comme étant une corruption de Leschières attesté en 1396 et Les Leschères en 1727 etc. Hélas ! Ce nom est écrit Les Léchères chez Cassini, sur la carte d’état-major et sur la carte IGN moderne … La graphie Les Léchers du FANTOIR est donc en réalité une erreur. Plouf, la devinette ! J’espère que celle qui la remplace sera à la hauteur.

Courreyas à Arrodets-ez-Angles (Hautes-Pyrénées) : la répàladev

LGF a rejoint Un Intrus sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Courreyas à Arrodets-ez-Angles, dans le canton de Lourdes-2 de l’arrondissement d’Argelès-Gazost, en pays de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.

Arrodets-èz-Angles, c’est là :

local -arrodets-ez-angles

et Correyas, ici :

COURREYAS -ARRODETS_ Capture -GEOP

fleuron1

La toponymie

Courreyas : ce nom est une variante du gascon courrejis, avec suffixe augmentatif –as, désignant un ensemble de terres étroites et longues, souvent cultivées en terrasse (en suivant les courbes de niveaux de la carte ci-dessus, on imagine facilement de telles cultures en terrasse). Absent de la carte de Cassini (feuille 75, Tarbes, 1769) et de la carte d’état-major (1820-66), le quartier de Courreyas apparait toutefois sur le cadastre napoléonien de 1810 :

COURREYAS _ARRODETS-Capture- cad NAPO

Arrodets-ez-Angles : on trouve déjà écrit Arrodet ès Angles entre 1747 et 1756, avec la préposition ès valant pour « en les » qui sera écrite ez dès 1757 : la commune faisait alors partie de la baronnie des Angles.

Arrodets : nous disposons de nombreuses formes anciennes de ce nom, parmi lesquelles on retiendra in Rododello (XIe siècle), la terre d’Arrorded (XIIe siècle), Roadet (1285), De Arroadet, de Aroadet (1313), Roadet, Roedet (1429), Roadet (1541), Arrodet ez Angles (1757) et Arrodet (fin XVIIIe siècle, sur la carte de Cassini). Ce nom est issu du gascon arròda, « roue » (du latin rota) avec suffixe diminutif latin –ellum qui donne le gascon –eth (plus tard au pluriel, d’où -ets) soit « les petites roues » désignant par métonymie « les petits moulins » (NLPBG*). Sur cette même étymologie a été proposé un usage métaphorique pour un « village en forme de roue » (TGF*).

J’ai lu, sur le site des archives des Hautes-Pyrénées que « la signification « roue de moulin > moulin » est peu vraisemblable vu la situation du village ».  Ah bon ? Il n’y aurait pas eu de moulins à Arrodets-ez-Angles ? Sauf le respect que j’ai pour les archivistes alto-pyrénéens, je leur signale quand même qu’on comptait, dans la commune, cinq moulins à eau en l’an II de la République (1793-94) et au moins un encore en 1809, comme on peut le lire à la  page 43 de ce document :

Arrodets – ez – Angles [ Pyrénées ( Hautes- ) ] , cinq moulins à eau , an II.- F20 292 . Arrodets – ez – Angles [ Pyrénées ( Hautes- ) ] , moulin à eau , 1809.

L’hypothèse d’un oronyme *harr- accompagné d’un suffixe –otum puis du diminutif latin –ellum, déjà avancée par Dauzat & Rostaing (DENLF*) et reprise par les mêmes archivistes manque de simplicité et ne correspond pas vraiment à la forme Rododello du XIè siècle, plus proche du latin rota.

On notera enfin qu’il existe, dans le même département, un village nommé Arrodets, attesté Aux Arrodetz en 1696, de même étymologie.

Angles : le nom de la commune Les Angles, qui a donné celui de la baronnie dont elle était le chef-lieu, est attesté de Angulis en 1281, latinisation de l’occitan angle, « angle, coin, recoin », pour décrire la forme du village.

Lourdes : attesté sous la forme Lorda dès 1003 et encore au XVè siècle. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom. On a proposé le nom d’homme latin Luridus, au féminin Lurida, sous-entendu villa ou terra, pour expliquer la dernière syllabe accentué (DNLFM*, NLPBG*) ou un pré-celtique *lurd,« sale, boueux » (id. plus DENLF*). E. Nègre s’appuie sur le gascon lourde (bile) pour proposer un village « sale, malpropre » (TGF*).  Enfin, P.-H. Billy propose une formation aquitaine sur l’ancien basque *lurr-, « terre » (cf. le basque lur, « terre ») et suffixe collectif –te, cf. l’appellatif basque lurte « éboulements de terrain », estimant que l’environnement particulièrement rocheux (falaises, grottes…) étaie suffisamment cette étymologie (DNLF*).

Argelès-Gazost : il y a un peu plus d’un an, à propos du Soum de la Siarrousse, j’écrivais :

Argelès-Gazost :  est attesté seulement au XIIIè siècle Argelees. Plutôt qu’un dérivé du latin argilla suffixé en aria pour désigner un lieu d’où on tire l’argile, il convient sans doute de faire appel à un autre étymon méditerranéen, *arg, « épine, piquant », avec double suffixe –il-aria, qu’on retrouve par exemple dans le nom languedocien  argillier (arjalàs, argelièr) du « petit genêt épineux », bien attesté au XVIè siècle. Le nom de lieu serait donc formé sur cet appellatif mais au pluriel (DNLF*). C’est en 1896 que la commune prend officiellement le nom d’Argelès-Gazost, ajoutant à son nom celui de sa voisine Gazost dont elle exploitait les eaux thermales depuis 1885. Le nom de cette dernière, attesté Per de Gazost dès 1284, n’a pas d’étymologie assurée : on pense généralement à un anthroponyme, non identifié, muni d’un suffixe pré-latin –ost. E. Nègre (TGF*) émet l’hypothèse d’un pré-celtique *gas, *gad, de sens incertain, muni d’un suffixe aquitain –ost, distinct de –oss.

Bigorre : il y a moins d’un mois, à propos du Lac des Isclots, j’écrivais:

« doit son nom au peuple aquitain appelé Bigerriones par César au milieu du Ier siècle av. J.-C. Le nom de ce peuple est issu d’un appellatif que l’on peut reconstituer par le basque bigurri, « pervers », et bihurri, « tordu, indocile, pervers » ( DNLF *). », écrivais-je naguère dans ce billet. Il est intéressant de faire un parallèle avec le nom de Vascones donné par les Romains de l’Antiquité aux Basques de la péninsule ibérique, nom formé sur l’adjectif vascus, « qui va de travers, oblique, divergent ». Bigerriones a, de surcroit, le même suffixe. Les deux appellations semblent donc étrangement concordantes : s’agissait-il alors de relever leur étonnante différence par rapport aux populations environnante ?

D’autres étymologies pour le nom de la Bigorre ont été proposées comme le basque Ibai gorri, « la rivière rouge » (dès 1899 par André Rolland de Denus et E. Lechevalier et plusieurs fois reprise par la suite) sans expliquer ni la disparition du I initial ni le transfert du nom de la rivière à celui du peuple.

J’avais parlé de la Bigorre à plusieurs reprises : à propos de nos ancêtres pré-Gaulois, à propos de Castéra-Lou, à propos de Begaar etc.

fleuron1

Les indices

indice a 12 10 2024 ■ la roue de moulin à eau, arrodet en gascon.

indice c 12 10 2024■ le rapporteur mesure des angles.

indice a 15 10 2024 ■cette image créée par IA montre un cochon noir découvrant un grillon devant un moulin.

Le cochon noir pour la Bigorre (cf. l’indice à propos du Lac des Isclots), le moulin pour Arrodets-ez-Angles et le grillon pour le sobriquet donné aux Arrodétiens et Arodétiennes par leurs voisins, eths grilhons, « les grillons », sans doute parce que les hommes étaient réputés préférer le coin du feu aux travaux des champs. Ledit sobriquet est si « officiel » qu’un grillon figure au blason de la commune : d’azur au mont d’or chargé d’une roue de gueules et sommé d’une croisette latine d’argent, au chef d’or chargé d’un grillon passant de sable.

ARRODETS_EZ_ANGLES-65

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.

Les indices du mardi 15 octobre 2024

Un Intrus a déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour [courrège].

Ce sont de petits bâtiments ou plutôt, par métonymie, leurs parties essentielles, qui ont donné son nom à la commune (selon l’étymologie la plus consensuelle).  Ce nom est accompagné officiellement depuis récemment de celui d’une ancienne baronnie, laquelle devait le sien à sa commune principale qui devait le sien à sa forme  — mais ce complément était déjà entré dans l’usage depuis des siècles.

Le chef-lieu de canton a été cité à plusieurs reprises sur ce blog : à propos d’un édifice religieux, à propos d’un relief en creux, à propos d’un relief bombé etc.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement a été expliqué récemment, lui aussi à propos d’un relief bombé.

Quant au nom du pays, il a été cité et expliqué à de nombreuses reprises, dont la première à propos de ses premiers occupants.

■ un indice pour la commune :

indice a 12 10 2024

■ un autre indice :

indice c 12 10 2024

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Les indices du mardi

Trois en un :  pour le pays, la commune et ses habitants.

indice a 15 10 2024

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Courrège

Comme nom de lieu en pays de langue d’oc, une courrège désigne une bande de terre longue et étroite, semblable à une courroie.

L’occitan correja, le gascon coreja, le béarnais correga ont pour étymologie le latin corrigia, « courroie », lui-même de corium, « peau des animaux, cuir ». On comprend que c’est par métaphore qu’on a désigné ainsi un champ long et étroit.

C’est sous la forme simple, au singulier ou au pluriel, précédée ou non d’un article ou d’une préposition, qu’on rencontre le plus souvent ces toponymes, à près de 350 exemplaires : Courrège (Laroque, H.-G. etc.), La Courrège (Caumont, Gers etc.), Courrèges (un quartier d’Auch, Gers etc.), Las Courrèges (Villeréal, L.-et-G. etc.), Les Courrèges (le Bugue, Dord. etc.), À Courrèges (Fourcès, Gers. etc), Aux Courrèges (Laas, Gers. etc.). Le nom est parfois prolongé : Courrège Basse et Courrège Haute (Puylaurens, Tarn etc.), Courrège  Longue (Aydius, P.-A. etc.), Courrège du Curé (Mayrègne, H.-G.), La Courrège Monastier (Bourgs-sur-Colagne, Loz.). Le nom de Courrègelongue (Captieux, Gir. ; Fourques-sur-Garonne, L.-et-G. ; Gurmançon, P.-A. ; Oueilloux, H.-P.) apparait comme pléonastique – mais pourrait être un patronyme désignant un fabricant ou marchand spécialisé dans les longues courroies (DNFLM*). On trouve cependant, en Gironde, les Longues-Courrèges (à Parempuyre) et les Longs-Courrèges (à Jugazan) qui n’ont rien de patronymes.

Suffixée, la courrège a donné plusieurs autres toponymes. L’augmentatif –às a donné Le Courrégeas (Mudaison, Hér.) et la Courrégeasse (Martres-de-Rivière, H.-G.). Le diminutif –on a donné les Courrégeons (Cachen, Landes) et le Moulin de Courrégeon (Montaut-les-Créneaux, Gers) tandis que le diminutif –ole a fourni Courregeoles (Lavardac, L.-et-G. etc.) et Grand et Petit Courrégeolles (Thouars-sur-Garonne). Notons cependant, pour ces deux derniers noms, que le diminutif courregeola peut aussi désigner le liseron des champs ou des vignes, dont on a comparé les tiges flexibles qui s’accrochent aux plantes voisines à de petites courroies. Le collectif en –ís est à l’origine de Courregis (Murviel-lès-Béziers, Hér.). Mention particulière pour le Courrégeau (Vauvert, Gard) qui est une lisière de mer en Petite Camargue, non loin du Mas des Iscles vu dans ce billet.

courrégeau

Avec la graphie corrège apparaissent les noms de La Corrège (Leucate, Aude ; Vaugines, Vauc. etc.), des Corrèges (Sabran, Gard etc.), des Grandes et Petites Corrèges (Beaucaire, id.) etc.

vin Courège Longue

Le nom est quelquefois écrit avec un seul –r– comme pour Courège (Mont-d’Astarc, Gers etc.), La Courège (Marmoët-Meymes, id.), les Courèges (Rochecolombe, Ardèche etc.), le Moulin de Courège (Artigueloutan, P.-A.) et Courège-Longue (Feugarolles, L.-et-G.).

La forme courrèjo, plus respectueuse de l’original occitan, n’apparait pourtant que dans moins d’une centaine de toponymes. On trouve ainsi le singulier La Courrèje (Cubières, Loz.) et Courrejo (Boulogne-sur-Gesse, H.-G.) et les pluriels Courrejos (Escanecrabe, H.-G. etc.) ou Las Courrejos (Gardouch, id. etc). On trouve également des diminutifs comme Courréjon (Lunas, Hér.), Courrejou (Roquefort-des-Corbières, Aude etc.), Les Courréjous (Villevayre, Hér. etc), Courrejolles (Campagnac, Av.) et quelques autres.

Dans les départements des Landes, des Pyrénées-Atlantiques et des Hautes-Pyrénées apparait la forme courreye, « réunion de terres étroites et longues » (GTD Pégorier*), à l’origine de Courreye (Vielle-Aure, H.-P. etc.), Courreyes (Tercis-les-Bains, Landes etc.), La Courreye (Bassercles, id.), Las Courreyes (Arette, P.-A. etc.) ou encore Courreyelongue (Siros, P.-A.). Dans les Pyrénées-Orientales, ce terme a évolué en correch, à l’origine de plusieurs toponymes du canton des Aspres, comme le Correch de la Foun del Roc à Llauro (« de la source du rocher ») ou le Correch d’en Marty à Castelnou (« en », particule nobiliaire précédent le nom du propriétaire).

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Sur le même occitan corrèja ont aussi été formés des patronymes, désignant des marchands de courroies et autres articles associés (ceintures, baudriers …) ou le facteur de courroies, le bourrelier. On connait des noms comme Courrège, Lacourrège ou Courrègelongue, désignant l’homme par l’article qu’il fabrique ou qu’il vend voire qu’il utilise (portefaix, muletier …). On trouve également, de même sens, les noms Corrigier et Corgier. Tous ces noms ont pu devenir toponymes, au gré de l’établissement de leur porteur. On trouve ainsi, outre les Courrègelongue vus plus haut, plusieurs lieux nommés Lacourrège (Urgosse et Bétous, Gers ; Uzein et Monein, P.-A. ; Philondenx, Landes etc.), Le Corrigier (Cassaniouze, Cant.) ou encore Le Corgier (Cours, Rh. etc.). Notons également la rue des Corrégiers, à Montpellier, qui accueillait des marchands de courroies.

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour.

Ce sont de petits bâtiments ou plutôt, par métonymie, leurs parties essentielles, qui ont donné son nom à la commune (selon l’étymologie la plus consensuelle).  Ce nom est accompagné officiellement depuis récemment de celui d’une ancienne baronnie, laquelle devait le sien à sa commune principale qui devait le sien à sa forme  — mais ce complément était déjà entré dans l’usage depuis des siècles.

Le chef-lieu de canton a été cité à plusieurs reprises sur ce blog : à propos d’un édifice religieux, à propos d’un relief en creux, à propos d’un relief bombé etc.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement a été expliqué récemment, lui aussi à propos d’un relief bombé.

Quant au nom du pays, il a été cité et expliqué à de nombreuses reprises, dont la première à propos de ses premiers occupants.

■ un indice pour la commune :

indice a 12 10 2024

■ et un autre indice :

indice c 12 10 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Roucholle aux Bondons (Lozère) : la répàladev

podium seulLGF est resté le seul à avoir trouvé la solution de ma dernière devinette. Félicitations ! TRS, qui m’a pourtant donné une réponse très proche, n’est pas allé plus loin … (à moins qu’un de ses messages ne se soit perdu).

Il fallait trouver le lieu-dit Roucholle aux Bondons, dans le canton de Saint-Étienne-du-Valdonnez de l’arrondissement de Florac, en Lozère.

local LES BONDONS

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La toponymie

Roucholle : ce nom est une variante du terme rocoule vu dans le billet, avec la graphie ou du o fermé et le c passé à ch caractéristique du nord-occitan. Ce lieu est bien répertorié dans le fichier FANTOIR

ROUCHOLLE-FANTOIR_Capture

mais il n’apparait sur aucune carte. Mes recherches sur des sites d’agences immobilières m’ont permis de le situer entre Malbosc et Chadenet (en bas à gauche) :

LES BONDONS-Capture- GEOP

Les Bondons :  attesté mansi de Bondanibus [Feuda Gabalorum], du nom de famille Bondon au pluriel pour désigner un domaine. Ce patronyme est dérivé de l’occitan bonda (gaulois bunda) «  bonde, trou d’un tonneau servant au remplissage, tampon pour boucher », mais la motivation qui a donné naissance au sobriquet reste ouverte. On peut penser à son utilisation au sens figuré d’individu petit et replet, ou bien encore à un des sens anciens du terme au sens de boule.

Ce nom avait été cité à propos du Valat des Hirondelles dans un billet consacré aux valats et à propos du Valat de Malpertus dans un billet consacré aux pertuis.

Saint-Étienne-du-Valdonnez : ce chef-lieu du canton qui porte son nom avait fait l’objet d’un paragraphe dans ce billet et dans cet autre. J’écrivais :

Saint-Étienne : Sanctus Stephanus de Valdones en 1352, du nom du premier martyr.

Valdonnez : cette région naturelle, formée de la vallée du Bramont est enserrée entre les Causses et les Cévennes. Elle est attestée in vicaria Valdunensi en 1031-60 dans le cartulaire de Gellone. Il s’agissait d’une circonscription du haut Moyen Âge dont le nom est formé sur celui de son ancien chef-lieu, Valdunum, muni du suffixe d’appartenance latin –enseValdunum est identifié avec Balduc, oppidum situé sur la hauteur dite Truc de Balduc, sur la commune de Saint-Baudile ; son nom est issu du latin vallis, « vallée, vallon », et du gaulois dunum, « mont, citadelle, enceinte fortifiée ». Le nom devient en occitan Valdunes en 1229 puis Valdones en 1258 et sera francisé au milieu du XVIIIè siècle en Valdonnès et Valdonnez.

Florac : attesté Floriacus en 1352, du nom d’homme latin Florus et suffixe -acum. On sait maintenant que le suffixe gaulois -aco passé au latin -acum n’accompagnait pas obligatoirement un nom de personne. Il pourrait donc suivre ici le latin flos, floris, « fleur» pour désigner un « domaine fleuri ».

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Les indices

indice-a-06-10-2024 ■ Obélix, célèbre livreur de menhirs, devait faire penser aux plus de cent cinquante mégalithes de la Cham des Bondons.

indice b 06 10 2024 ■ ce tableau de Blanche Odin intitulé Fleurs de printemps dans un bol en verre devait faire penser à Florac. Le choix de Blanche Odin était là pour perturber ceux qui se souvenaient de son aquarelle ayant servi d’indice pour le Lac des Isclots.

indice-a-08-10-2024 ■ un tonneau et sa bonde, pour Les Bondons, bien sûr.

indice c2 08 10 2024 ■ il fallait reconnaître le viaduc de Garabit en construction, un projet porté par Léon Boyer, né à Florac en 1851.

Les indices du mardi 08 octobre 2024

LGF, bravo à lui !, est déjà venu à bout de ma dernière devinette dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour [rocoules et recoules].

Pourtant répertorié dans le fichier officiel FANTOIR et dans celui d’agents immobiliers, il n’apparaît curieusement, à ma connaissance, sur aucune carte.

La commune où se trouve ce lieu porte le nom de la famille qui l’habitait à l’origine. Elle a été citée sur ce blog à deux reprises, à chaque fois pour l’un de ses cours d’eaux torrentueux, le premier à propos d’oiseaux et le second à propos d’un lieu mal famé.

Le chef-lieu de canton a lui aussi été cité à plusieurs reprises et son nom, un hagiotoponyme complémenté, expliqué.

Le chef-lieu d’arrondissement a, lui aussi, été cité plusieurs fois, mais son nom jamais expliqué.

■ un indice pour la commune elle-même :

indice-a-06-10-2024

■ un indice pour le chef-lieu d’arrondissement :

indice b 06 10 2024

cdl d

Les indices du mardi

■ ce lieu à trouver se situe en zone linguistique du nord-occitan.

■ toujours pour la commune :

indice-a-08-10-2024

■ toujours pour le chef-lieu d’arrondissement :

indice c2 08 10 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Recoules et Rocoules

Recoules et Roucoules sont des toponymes pour la plupart localisés au sud du Massif Central dont le sens n’est pas sûr. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour les expliquer : pour les uns, il s’agissait d’endroits reculés – comme les Reculets en pays d’oïl ou les Reculaz savoyards ; pour les autres, il s’agit de petits rochers ou de petites buttes rocheuses, d’un diminutif en -ola de roc (TGF*, DNFLMF*) — occitan rocà, « roc, roche, rocher, pierre, caillou », d’une forme ancienne rocca, d’origine prélatine voire pré-indo-européenne ; pour les troisièmes, il pouvait s’agir de secteurs où on a procédé à l’inventaire des propriétés (cf. le verbe « recoler »). Cependant, si les attestations médiévales sont en effet majoritairement de la forme roc-ola, la topographie ne confirme pas toujours la présence de hauteurs rocheuses et on n’a pas d’explication du pourquoi roc- serait si souvent passé à rec-. D’autre part, si les Recoules ou Rocoules sont le plus souvent à l’écart du village, ils ne sont pas sur les marges du finage ni même particulièrement isolés. C’est pourquoi une quatrième piste a été avancée (NLEF*), celle d’un « terroir que l’on a remis en culture, où on a déplacé la pratique d’une culture », en s’appuyant sur le verbe occitan recolar, « faire repousser, remettre en terre les plantes arrachées », issu de colar, « caler, fixer » (Louis Alibert, Dictionnaire occitan-français, Institut d’études occitanes, 1977— F. Mistral, dans le Trésor du Félibrige, donne le verbe recoula, « terme de jardinier : remettre dans la terre des plantes arrachées »). Aucune de ces quatre explications n’est à rejeter d’emblée mais, quand les formes anciennes ne permettent pas de trancher, seule une étude de l’histoire, de la géographie et des archives locales permettrait de trancher au cas par cas sur le sens exact du toponyme.

Rocoule

Étonnamment, la forme rocoule, pourtant plus proche de l’étymologie, n’apparait que rarement dans le nom de quelques lieux-dits sous la forme Rocoule (Champis, Ardèche etc.) ou Les Rocoules (Crozes-Hermitage, Drôme et Vorey, H.-Loire).

Avec le o fermé donnant la graphie ou, on trouve quelques noms comme Roucoule (Allan, Malataverne, Roussas, Drôme ; Vorey, H.-Loire etc.), La Roucoule (Mauriac et Menet, Cantal) ou Roucoules (mansi de Roucoule en 1278, Condat-en-Féniers, Cantal  ; Lespignan, Hér. ; Rabastens, Tarn etc.). On trouve également, sur le même modèle, des lieux-dits Roucolle (Merville, H.-G. ; Thiézac, Cantal etc.) ou Roucole (Castex, Gers ; Mérenvielle, H.-G. etc.).

Avec la graphie au du o ouvert occitan, apparaissent les noms de Raucoules (une commune de H.-Loire, Rocolas en 1024, Raucolàs en occitan – longtemps écrit Rocoules, la graphie Raucoules n’est officielle que depuis 1986) et de quelques lieux-dits Raucoule (Melleville, Aude etc.), Raucoules (Le Ségur, Tarn etc.) et Raucole (Lagraulet-Saint-Nicolas, H.-G., écrit Roucole sur la carte d’état-major de 1820-66).

CPA ROCOULES RAUCOULES HL

… aujourd’hui Raucoules.

Lorsque le bas latin rocula, accentué sur le o de la syllabe initiale, a perdu son u inaccentué, passant à roc(u)la puis rocla, on a obtenu les noms Rocles de trois communes  (Ardèche, Roculis en 1275 ; Allier ; Lozère) et ceux de plusieurs lieux-dits Rocle (Lagorce, Ardèche ; Estables, Loz. ; Pourcieux, Var etc.) ou Rocles (Saint-Sornin, Allier etc.).

Le diminutif latin -ucula a également donné la forme -olha en occitan, à l’origine du nom des Rocouilles, un lieu-dit de Saint-Cyr-les-Champagnes, en Dordogne, site de vestiges de dolmens. On notera que ce lieu-dit, signalé par J. Astor (DNFLMF*) et attesté dans le Dictionnaire topographique de la Dordogne (A. de Gourgues, 1873) :

LES ROCOUILLES-Capture

n’est plus mentionné aujourd’hui nulle part, ni sur le fichier Fantoir ni sur le site de la mairie et n’apparait sur aucune carte. Pudibonderie ?

 

Recoule

Avec la dissimilation du o en e, apparaissent les noms de trois communes : Recoules-d’Aubrac (Loz., Recole en 1352), Recoules-de-Fumas (id., de Rocolis en 1307) et Recoules-Prévinquières (aujourd’hui commune déléguée de Séverac-d’Aveyron, Av., de Rocolas en 1179).

Les noms de lieux-dits sont bien plus nombreux puisqu’on compte, outre une petite dizaine de noms au singulier Recoule (Grèzes, H.-L. ; Les Plantiers, Gard etc.), plus de soixante noms au pluriel Recoules, dont plus de la moitié en Aveyron (Conques, Colombiès etc.) ou dans le Cantal (Glénat,Talizat etc.) et les autres en Ardèche (Charmes-sur-Rhône etc.), Lozère (Le Bacon etc), Haute-Loire (Léotoing etc.) etc. Les noms des lieux-dits Recoulets (Naucelles, Reilhac, Cantal etc.) ou Recouleix (Saint-Maurice-près-Pionsat, P.-de-D., avec graphie –eix du pluriel –ets propre à l’Auvergne) ne sont pas des diminutifs de Recoule mais représentent le nom occitan Recoulets des Recollets, religieux réformés de l’ordre de Saint-François, qui ne recevaient parmi eux que ceux en qui ils reconnaissaient l’esprit de récollection, de recueillement. En revanche, lesdits frères Récollets étant exclusivement des hommes, on peut penser que les toponymes du type (Les) Recoulettes, tous en Lozère (Gabrias, Barjac etc.) sauf un en Aveyron (Séverac-d’Aveyron) représentent soit des petites buttes rocheuses soit des écarts d’un plus grand Recoules, comme pour Recoulette et le Village des Recoulettes à Recoules-d’Aubrac (Loz.).

CPA Recoules d'Aubrac Loz

Recoules d’Aubrac (Lozère), le pont sur le Bès

La variante avec e passé à a se retrouve en Lozère dans les noms des Racoules (Vebron et Pont-de-Montvert – Sud-Mont-Lozère). Le hameau Recoules de Léotoing (H.-L.), écrit Ricoules par E. Nègre (TGF*) était appelé Roculas au XIè siècle et noté Ricoulle sur la carte de Cassini (feuille 53, Issoire, 1766-67) ce qui nous permet d’ajouter à la liste des variantes, avec e passé à i, les noms de Ricoule (Saint-Jean-Lachalm, H.-L.) et des Ricoules (Saint-Cirgue, Lot et Ambialet, Tarn).

Le sens collectif, marqué par le suffixe -ière , se retrouve dans les noms de Recoulière (Chaussailles, Loz.) et de La Recoulière (Le Bugue, Dord.).

Les patronymes

.Enfin, pour être complet, signalons que bon nombre de ces toponymes sont devenus patronymes, notamment Recoules, Raucoules, Roucoule(s) et Roucolle(s) et ont pu laisser leur nom à d’autres lieux-dits, jusqu’en pays d’oïl.  Les patronymes Recoulin et Recouly (forme phonétique du précédent) désignent l’habitant d’un Recoules, le suffixe -in signifiant ici « habitant de… ». Ces noms sont devenus à leur tour des toponymes, au gré de l’établissement d’un de leurs porteurs : on trouve ainsi Lou Recouly (Saint-Étienne-du-Valdonnez (Loz.) et plusieurs Mas de Recouly (Millau, Av. ; Mauguio et Mireval, Hér.).

NB : il existe bien entendu d’autres diminutifs de roca, comme Rochette, Roquette, Rochelle etc. qui n’entrent pas dans le cadre de ce billet et qui seront (peut-être) étudiés plus tard.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour.

Pourtant répertorié dans le fichier officiel FANTOIR et dans celui d’agents immobiliers, il n’apparaît curieusement, à ma connaissance, sur aucune carte.

La commune où se trouve ce lieu porte le nom de la famille qui l’habitait à l’origine. Elle a été citée sur ce blog à deux reprises, à chaque fois pour l’un de ses cours d’eaux torrentueux, le premier à propos d’oiseaux et le second à propos d’un lieu mal famé.

Le chef-lieu de canton a lui aussi été cité à plusieurs reprises et son nom, un hagiotoponyme complémenté, expliqué.

Le chef-lieu d’arrondissement a, lui aussi, été cité plusieurs fois, mais son nom jamais expliqué.

■ un indice pour la commune elle-même :

indice-a-06-10-2024

■ un indice pour le chef-lieu d’arrondissement :

indice b 06 10 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Sommet du Crapaud à Pierrefeu-du-Var : la répàladev

Personne n’a rejoint le trio des découvreurs de la solution de ma dernière devinette.

Il fallait trouver le Sommet du Crapaud, une montagnette (319 m) du massif des Maures, à Pierrefeu-du-Var, dans le canton de Garéoult de l’arrondissement de Toulon (Var).

Pierrefeu-du-Var, ici :

local pierrefeu-du-var

Le Sommet du Crapaud, là, tout à droite :

SOMMET DU CRAPAUDCapture IGN

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La toponymie

Sommet du Crapaud : Jacques Astor (DNFLMF*), à la suite de Dauzat, expliquait que le nom *crapon ou *grapon (pré-celtique *kr-app), tombé dans l’attraction de l’occitan grapaud, « crapaud », a servi à nommer le Sommet du Crapaud. Stéphane Gendron ( Animaux et noms de lieux, éd. Errance, 2021), remarquait à son tour que le crapaud n’a guère sa place à cet endroit-là :

Sommet du CRAPAUD GENDRONCapture

On aura noté que le Puy-Crapaud vendéen a subi la même paronymie.

Pierrefeu-du-Var :

Pierrefeu : ce nom est attesté Petra Foco en 1000, Petrafug vers 1060, de Petrafoc vers 1079, et Peirafoc en 1167. La « pierre à feu » n’est pas ici le silex, absent du massif des Maures, mais de la quartzite, dont les galets, choqués l’un contre l’autre, provoquent des étincelles. Le toponyme est ici accompagné du nom du fleuve Var qui, comme chacun sait depuis Napoléon III, ne coule pas dans le département qui porte son nom.

Var : attesté pour la première fois Varus chez César au milieu du Ier siècle av. J.-C puis flumen Varum au IVè siècle., ce nom n’a pas varié depuis. Il est issu de la racine indo-européenne *var, « rivière, couler », à rapprocher du sanscrit var, vari, « eau ». Cf. ce billet.

CPA pierrefeu-du Var

Garéoult : attesté Guaraldis en 1033, ce nom est issu du nom de personne germanique Warehildis, du germanique war, « protection, garde » et hildis, « bataille ». Dans la mesure où la très grande majorité des noms composés avec -hildis sont des noms de femmes, il doit en être de même ici, même si aucun texte n’a été trouvé pour en donner la preuve.

Toulon : la ville romaine a été organisée, peu après la conquête de César au milieu du Ier siècle av. J.-C., à l’écart d’une source importante et sacrée (l’actuelle source Saint-Antoine) qui faisait encore l’objet d’un culte au Ier siècle. Le port, lui, ne semble pas antérieur à l’ère chrétienne et est attesté au IIIè siècle dans l’Itinéraire d’Antonin : Telone Martio. L’association du nom de lieu au dieu romain Mars montre bien la divinisation dont faisait l’objet au moins une partie du lieu. On peut faire le rapprochement avec l’inscription au deo Teloni, dieu des eaux, trouvée à Périgueux où était adorée la divinité aquatique Tutela Vesunna (qui a donné à la ville son premier nom Vesonna, attesté sur la table de Peutinger). Le nom de Toulon est donc issu du gaulois *Telon , « source, rivière ». Le processus d’assimilation (e-o passant à o-o) a fait passer Telo à Tolo dès le VIIIè siècle, comme en témoigne le nom du pays, in pago Tolonense en 739. La graphie qui correspond à la prononciation provençale est Touloun en 1535-6, tandis que la forme française,Toulon, est attestée en 1561.

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Les indices

indice b 29 09 2024 ■ la famille Dotcom de Silex and the City, bande dessinée de Jul. Silex, pierre à feu …

indice a 29 09 2024 ■ Pépé le Moko : moko est un terme d’argot provençal pour désigner un Toulonnais.

Daphne gnidium

 ■ le blason de Garéoult est d’argent à la plante de sinople fleurie d’or. Il s’agit d’un blason parlant … si on reconnait dans ladite plante le garou ou sainbois (Daphne gnidium), un arbrisseau à fleurs blanches odorantes abondant dans les collines provençales.

Blason GAREOULT-83

indice a 01 10 2024 ■ le fauteuil crapaud : … ben, pour le crapaud.

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*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric.