Penn Yan (New-York, USA) : la répàladev

Hervé puis LGF ont rejoint Jacques C. sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Penn Yan, une ville du comté de Yates dans l’état de New-York aux États-Unis d’Amérique.

newyork1

Penn Yan : ce nom est constitué des premières syllabes du nom Pennsylvania de l’état étasunien voisin d’où venaient les premiers colons et du nom Yankees qui désignait à l’origine les colons venus de Nouvelle-Angleterre. The Public Universal Friend, né Jemina Wilkinson en 1752, dont la théologie était proche de celle des quakers, mettant l’accent sur le libre arbitre, luttant contre l’esclavage et prônant l’abstinence sexuelle, fonda en 1789 une colonie baptisée Jerusalem près du lac Keuka. Une dizaine d’années plus tard, Penn Yan fut créée non loin de là par ses adeptes et le nom sera officialisé quand la ville, devenue prospère, deviendra, en 1826, le siège du comté de Yates.

Penn Yan Map

Pennsylvanie : au XVIIè siècle, après un début de colonisation suédoise, cette région était passée sous autorité anglaise, mais sans statut et sans nom particulier. William Penn, fils de l’amiral du même nom, s’en avisa. Considéré alors comme excentrique, il avait adopté les idées et les comportements des quakers, avait déjà été arrêté et même emprisonné à cause de ses « scandaleuses » prédications. Pourtant, avec beaucoup d’audace, en 1681, il proposa au roi Charles II de lui concéder cette terre contre l’annulation d’une créance de plusieurs milliers de livres sur la couronne, dont il avait hérité à la mort de son père. Le roi accepta en gardant néanmoins le privilège de choisir le nom de cette province particulière. Avec ironie, il l’appela, officiellement en néolatin, Pennsylvania, un nom qui évoquait à première vue le caractère forestier de la région et en désignait le possesseur. Mais, en filigrane, Penn y apparaissait comme le titulaire, rustre et libertin, d’une terre sauvage. Malgré ses protestations, le nom fut conservé, le roi expliquant qu’il avait voulu ainsi honorer aussi son père, l’amiral William Penn, et que par ailleurs, penn était un mot gallois signifiant « tête, sommet, mont ».

Yankee : Le linguiste Henry Louis Mencken aurait recensé seize étymologies différentes qui ont été suggérées pour ce mot au cours du temps. La page wikipedia en détaille les six principales, trois néerlandaises et trois amérindiennes. Je me garderai bien de trancher.

comté de Yates :  ce comté a été fondé en 1823 et nommé en hommage à Joseph C. Yates, alors gouverneur de l’état de New-York

Yates carte 1897

Le comté de Yates en 1897 avec Penn Yan à la pointe du lac Keuka

Lac Keuka : il fait partie des Finger Lakes (« lacs en forme de doigt ») mais a la particularité d’être en forme de Y contrairement aux autres qui sont longs et étroits,  ce qui lui a valu le nom de Crooked Lake, « lac tordu ». Les Amérindiens de langue seneca l’appellaient Keuka, ce qui signifierait « embarcadère pour canoës » ou « lac avec un coude ».

Pour finir, ça n’a pas été simple, mais j’en ai trouvé deux (ne me remerciez pas, TRS) :

CPA Penn Yan

Penn Yan en 1871

CPA Penn Yan ca 1910

Penn Yan vers 1910

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Les indices

indice-b-14-05-2026 ■ le portrait de Sean Penn (dont je ne sais pas s’il a un quelconque lien généalogique avec William Penn) pour la première partie du nom de Penn Yan.

Yankee doodle pour la deuxième partie du nom de Penn Yan. Le choix de la parade de Dublin était là pour égarer les chercheurs …

indice a 16 05 2023  ■ Cette gravure de D. Roberts datée de 1885 représentant La vallée du Cédron et Jérusalem devait aiguiller vers la ville de Jérusalem (N.Y., USA) d’où étaient originaires les fondateurs de Penn Yan. J’avais déjà utilisé cette même gravure pour la « petite Jérusalem médiévale », surnom de Lunel dans l’Hérault (France).

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Je termine avec une dernière précision à propos de ma réponse à Brosseur qui me proposait un lien vers une list of geographic portmenteaus de chez wiki, sans plus d’explication. Je lui  répondais : « Heureusement, ils n’y sont pas tous ! ». Il semble qu’il ait compris que la réponse à la devinette ne figurait pas dans cette liste … ce qui est faux, puisque Penn Yan y figure bien, tout en bas, dans les Others portmenteaus. Quand je disais qu’ils n’y sont pas tous, c’est simplement que cette liste en oublie quelques uns (oui, ma formulation était trompeuse mais c’était voulu). Et je ne vous dirai pas lesquels sont oubliés, bien entendu : je les garde pour d’éventuelles futures devinettes…

Les indices du mardi 16 mai 2023

Jacques C le seul et très vite m’a déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Pour les fainéants qui n’ont pas cliqué sur le lien précédent et pour ceux qui savent que c’est inutile puisque de toutes façons je recopie toujours l’énoncé de ladite devinette, le voici donc :

Il vous faudra trouver une localité étasunienne dont le nom est constitué de la première syllabe du nom du lieu d’origine d’une partie des premiers colons suivie de la première syllabe du nom qui avait été donné aux autres. Étrangement, ces deux syllabes ne sont (aujourd’hui)  ni collées ni jointes par un trait d’union mais s’écrivent séparément, chacune avec une majuscule initiale — comme s’il existait une ville appelée Fran Boch, de France et Boche.

Les premiers colons étaient en majorité membres d’une communauté religieuse fondée non loin de là à la fin du XVIIIè siècle par une personne qui mettait l’accent sur le libre arbitre, prônait l’abstinence sexuelle et s’opposait à l’esclavage.

Il était accompagné des deux indices suivants :

■ un portrait :

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■ et une vidéo à voir en suivant ce lien  (et toc ! vous voilà obligés de cliquer, fainéants !).

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Et cher public, mon ami, je rajoute aujourd’hui ces indices :

■ la localité à trouver est bordée par un lac tordu qui servait de débarcadère de canoës.

■ une gravure pour la localité d’origine de la communauté religieuse à laquelle appartenaient les premiers colons :

indice a 16 05 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Retour aux USA

Une nouvelle fois pris par le temps (la retraite est décidément une succession ininterrompue de trois mille mètres steeple …), je ressors aujourd’hui quelques toponymes étasuniens remarquables, notés sur mes fiches lors de mes précédentes recherches.

Les noms des fondateurs

Comme déjà vu dans des billets consacrés aux « topofabs », de nombreuses localités ont été nommées par un mot-valise constitué à partir du nom de leurs fondateurs. En voici quelques autres :

Elwin (Illinois) a été fondée par Elwood et Martin. Son nom est un homonyme de celui du saint irlandais Elwin ou Elouan qui a laissé son nom à Elven (Morbihan, France).

Bucoda (Washington) a été fondée en 1848 par Aaron Webster (1828- 1911) qui revendit sa scierie en 1872 à Oliver Shead, lequel baptisa l’endroit Seatco, d’un mot amérindien signifiant « diable ». La ville fut rebaptisée par la suite à partir des noms de  Buckley, Coulter et Davis, trois entrepreneurs venus s’installer là.

Gilsum (New Hampshire) a été fondée en 1752 sous le nom de Boyle en hommage à Richard Boyle.Les nombreuses attaques amérindiennes eurent raison des premiers pionniers et il fallut attendre 1763 pour que Samuel Gilbert et Benjamin Summer y créent une municipalité qui sera baptisée des premières syllabes de leurs noms.

Eldorado (Illinois) : contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce nom est issu de celui des fondateurs en 1858, le juge Samuel Elder et son voisin William Reed à partir desquels on a fait Elderedo. La tentation était alors grande et la légende locale raconte que le peintre chargé d’écrire le nom de la gare sur son fronton écrivit Eldorado, nom qui est définitivement resté.

Provo (Utah) : d’abord appelé Fort Utah à sa fondation en 1849, la localité fut rebaptisée Provo l’année suivante en hommage à Étienne Provost, un trappeur canadien français qui était arrivé là dès 1825 et fut le premier blanc, dit-on, à avoir vu le Grand Lac Salé. (oui, je sais : il ne s’agit pas d’un mot-valise, mais plutôt d’un mot dévalisé puisqu’on lui a enlevé deux lettres. Où le classer mieux qu’ici ?)

Les noms imaginatifs

Nameless (Georgia) a été ainsi nommée Sans Nom en 1886 après que l’administration a refusé toutes les autres propositions. On sait que Marseille (B.-du-R., France) a été renommée Ville-Sans-Nom durant la Révolution…

Alpha (Ohio), ainsi nommée en 1850 car elle était la première localité officielle de l’endroit.

Key (Ohio), d’après la lettre K sans raison particulière (on sait que l’administration, notamment le Post Office, imposait le choix d’un nom avant d’ouvrir un bureau de poste, signe de la reconnaissance officielle de la municipalité).

Novelty (Ohio) : ainsi baptisée because the name is unique and of unknown origin (« parce que ce nom est unique et d’origine inconnue ») selon la proposition transmise par les fondateurs à l’administration postale qui l’a acceptée. Un célèbre café plus que centenaire de Salamanque en Espagne porte ce même nom, comme un café de Montpellier et d’autres mais je ne sais pas s’il y a un lien entre tous ces noms.

Ogreeta (Caroline du Nord) : ce nom sans signification aurait été fabriqué par souci d’originalité. D’autres sources prétendent qu’il s’agit d’un mot amérindien mais sans pouvoir en préciser ni la langue ni la signification.

Artic (Californie ) : cette minuscule localité minière en plein désert Mojave ne semble plus exister aujourd’hui mais elle a laissé son nom à un Artic Canyon. Les premiers chercheurs d’or, surpris par la chaleur, l’avaient baptisée Artic par dérision.

Les noms mystérieux

Ninety Six (Caroline du Sud) : les explications sur l’origine de ce nom sont nombreuses mais aucune ne fait l’unanimité au point qu’on doute de la connaitre un jour. La première hypothèse est celle d’une erreur qu’auraient faite les premiers trappeurs en estimant la distance qui les séparait du camp de la tribu de Cherokees avec lesquels ils commerçaient : ils auraient mesuré 96 miles (154 km) alors qu’il n’y en a que 78 (126 km). La deuxième hypothèse est celle d’un compte, là aussi erroné, des rivières à traverser pour rejoindre Lexington, la « grande » ville la plus proche. Une troisième hypothèse parle d’une corruption d’une locution galloise nant-synch signifiant « ravin sec », mais rien ne vient confirmer que le premier fondateur, un certain Robert Goudey, ait été Gallois, Anglais, Écossais ou même Allemand. Enfin, une dernière hypothèse imagine des cartes réalisées par les premiers trappeurs sur lesquelles auraient été notées en chiffres les rivières à traverser sur différentes pistes : il y en aurait 9 plein Ouest jusqu’à la Savannah River et 6 plein Sud jusqu’à la Saluda River ; un bourg situé là aurait été ainsi appelé 96  (mais on se demande bien pourquoi ne pas l’appeler 69 ?) …

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Yreka (Californie ) : Mark Twain raconte dans son autobiographie que ce nom viendrait d’une toile devant servir d’enseigne sur laquelle avait été peint le nom BAKERY, « boulangerie »,  qui était en train de sécher à l’envers avec un pli rendant le B invisible lorsqu’un nouveau prospecteur y lut YKERA et crut qu’il s’agissait du nom de l’endroit. Son erreur se répandit et ne fut pas corrigée. Le nom viendrait en réalité du mot amérindien wai’ka qui signifierait « montagne du Nord » ou « montagne blanche », le nom du Mont Shasta en langue shasta.

Denton (Maryland ) : cette localité avait été baptisée Eden Town en 1781, en hommage à sir Robert Eden, le dernier gouverneur royal du Maryland (1769-76). Sans raison apparente, le nom a été raccourci à Denton. Rien ne prouve qu’il y ait eu une influence quelconque du nom de Denton (Texas) qui doit le sien au capitaine John B. Denton (1806-1841) tué lors d’une bataille contre des Creeks.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité étasunienne dont le nom est constitué de la première syllabe du nom du lieu d’origine d’une partie des premiers colons suivie de la première syllabe du nom qui avait été donné aux autres. Étrangement, ces deux syllabes ne sont (aujourd’hui)  ni collées ni jointes par un trait d’union mais s’écrivent séparément, chacune avec une majuscule initiale — comme s’il existait une ville appelée Fran Boch, de France et Boche.

Les premiers colons étaient en majorité membres d’une communauté religieuse fondée non loin de là à la fin du XVIIIè siècle par une personne qui mettait l’accent sur le libre arbitre, prônait l’abstinence sexuelle et s’opposait à l’esclavage.

■ et un indice :

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■ et de deux :

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Mennevret (Aisne), la répàladev

LGF est , une fois de plus, le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver Mennevret, une commune du canton de Guise, dans l’arrondissement de Vervins dans l’Aisne.

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Mennevret, là haut, dans le nord

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Toponymie

Mennevret : le Dictionnaire topographique du département de l’Aisne (Auguste Matton, 1871) nous donne les formes anciennes du nom suivantes : Meslevrel (1217), Meislevrel (1220), Mellevriel (1232), Mainlevrel (1260), Maisnevrel (1550), Mainevrel (1561), Mainlevret (1567), Mainnevret et Mainevrelle (1630), Mainevrette (1642), Mainnevreil (1709) et Mainevreel (1710).

La première forme attestée est composée du dérivé régional mes du latin mansus, « ferme », accompagné du produit levrel du latin leporellus, « lièvre ». Il s’agissait donc de la « ferme aux lièvres ». Au XVIè siècle, le suffixe diminutif –el a été remplacé par –et, plus courant, tandis que l a été dissimilé en n. Cette explication a été donnée par M.-T. Morlet en 1954 (La Toponymie de la Thiérache, in Revue Internationale d’Onomastique, 6e année N°4) puis reprise par Dauzat & Rostaing (DENLF*), S. Gendron (ONLF*) et J. Chaurand et M. Lebègue (NLP*). Ces  derniers auteurs envisagent également la possibilité d’un anthroponyme dérivé du latin leporellus, comme Levret qui est bien attesté.

E. Nègre (TGF*) émet l’hypothèse d’un nom formé du latin mansus, « habitation rurale », et de l’adjectif liberalis « d’hommes libres » par opposition à mansus servilis, « demeure de serfs ». Ces deux locutions sont bien attestées dans le Novum Glossarium (Franz Blatt, 1959) mais E. Nègre est bien le seul à soutenir cette hypothèse.

CPA Mennevret

Guise : attesté Cuciam en 884,  Gusia au XIIè siècle, Guzia en 1161, Wisia en 1164 et Guisa en 1174, du nom d’homme gallo-romain Cutius au féminin pour Cutia villa. La forme Wisia de 1164 a pu faire penser à un ancien haut allemand Wisa, « pré, pâturage », qui serait le nom originel de la ville (DNLF*). Le nom de la localité est à l’origine de celui de la maison de Guise qui s’est illustrée pendant les guerres de religion.

Vervins : mentionné comme Verbinum sur l’Itinéraire d’Antonin (IIIè siècle), Vervinz en 1138, Vervin en 1164, du gaulois verbi, « vache » et suffixe inum (DENLF*, TGF*). De son côté, P.-H. Billy (DNLF*) s’appuyant sur la forme Virobinum dans l’Itinéraire de Macquenoise, propose un composé du gaulois *ver(o), « sur-, super- » avec *bino, « forteresse » et précise qu’« à défaut de vestiges de fortification antique, le site même de la ville se prête parfaitement à l’édification d’une fortification de hauteur » (ben tiens … et à l’élevage de vaches, aussi).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Les indices

■ la chanson révolutionnaire Ça ira ! Ça ira ! devait faire penser à un héros de Révolution. Je précisais « si ça peut vous éclairer » en mentionnant qu’il fallait penser au titre d’une brochure écrite par ledit héros. Éclairer ? À la lanterne, bien sûr !, là où devaient se faire pendre les aristocrates.  On pouvait alors penser au Discours de la Lanterne aux Parisiens, une brochure écrite et publiée en septembre 1790 par Camille Desmoulins, né à Guise le 2 mars 1760 et dont une statue orne la ville.

indice a 09 05 2023  ■ la maison de Bugs Bunny, c’est-à-dire la maison du lièvre.

Les indices du mardi 09 mai 2023

Personne n’a encore trouvé la solution de ma dernière devinette dont je recopie l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine. Il s’agit d’un nom composé (en un seul mot) d’ un des mots du jour accompagné d’un nom d’habitat qui a fait l’objet d’un billet sur ce blog.

Le chef-lieu du canton où se trouve ce toponyme a donné son nom, issu d’un nom de personne latin, à une célèbre famille de la noblesse française.

Le chef-lieu d’arrondissement où se trouve ce canton porte un nom faisant référence à un animal domestique.

Un indice en chanson, pour le chef-lieu de canton — à travers une de ses personnalités :

NB : un toponymiste qui fait rien qu’à se faire remarquer émet l’hypothèse d’une autre étymologie pour ce toponyme. Cependant, celle qui fait appel à un des mots du billet est la plus consensuelle : elle est mentionnée par au moins trois spécialistes, plus moi.

et je rajoute ces précisions et indices

■ si ça peut vous éclairer, la vidéo ci-dessus est à écouter plus qu’à regarder : la personnalité liée au chef-lieu de canton avait utilisé la même référence pour le titre d’une brochure.

■  la personnalité en question est suffisamment célèbre pour avoir sa statue colossale, chapeau à la main, dans le chef-lieu de canton.

■ et pour le toponyme à trouver :

indice a 09 05 2023

■ ah! et puis ma bonté me perdra : il s’agit de trouver une commune.

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La garenne, le lièvre et le lapin

gravure lapin lièvre

À la demande générale …

Garennes et varennes

Les garennes étaient des bois entourés de haies ou de murs, réservés au seigneur pour la reproduction et la chasse du petit gibier, particulièrement du lapin, comme à la Garenne-Colombes et à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), à Garennes (Eure) ainsi qu’à Saint-Martin-la-Garenne (Yvelines) et Saint-Pierre-la-Garenne (Eure). Ce même nom apparait dans plus d’un millier de toponymes.

Il est difficile de faire la différence entre ces garennes (du gaulois varros, « poteau », croisé avec le germanique *warda, « surveiller, épier »), parfois simplement nommées varennes, et les terres alluvionnaires nommées elles-aussi varennes (du pré-latin varenna, « délaissé de rivière » ), mais Varennes (Somme) et Varennes (Indre-et-Loire ), loin de tout cours d’eau, ne peuvent être que des réserves de chasse. En revanche, Charbonnières-les-Varennes, sur l’Ambène, (P.-de-D.)  et Courtemont-Varennes, sur la Marne, (Aisne) ainsi que Varennes-sur-Allier et Varennes-sur-Tèche (Allier) doivent bien leur nom aux terrains fertiles bordant la rivière. Varenne sert aussi de déterminant aux noms de Grézieu-la-Varenne et Saint-Étienne-la-Varenne (Rhône), de Saint-Rémy-la-Varenne (M.-et-L.) et de Vernet-la-Varenne (P.-de-D.)

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Connilières

Ces garennes où pullulaient les lapins étaient parfois appelées connilières, de l’ancien français conil/conin, « lapin » et occitan conilh, du latin cuniculum.  D’après Pline, ce nom est d’origine espagnole : « leporum generis sunt et quos Hispania cuniculus appelat … ».

Georges Gougenheim écrit à propos de « lapin » dans Les mots français dans l’histoire et dans la vie (éditions A. & J. Picard & Cie, 1966) : « Hélas, son nom n’a pas d’étymologie satisfaisante. On a proposé d’y voir un dérivé du verbe laper. Mais le lapin ne lape pas ! On a suggéré aussi, d’après le diminutif lapereau, d’y voir un vieux nom d’animal, apparenté à lièvre qui aurait subsisté d’une langue antérieure au latin et même au gaulois ». Il pense au dérivé  * klap de la racine pré-indo-européenne *kal désignant la pierre et à l’origine entre autres du clapier occitan, « terrain pierreux ». Par perte de la consonne initiale, ce *klap serait devenu *lap. Les mots « lapin » et « lièvre » (latin leporum) seraient donc apparentés au mot « clapier », ce qui, dans les faits, paraît naturel.

Un grand nombre de micro-toponymes sont formés sur l’ancien français conil/conin comme Conil et Conilis à Saint-Jean-Lachalm (Hér.), la montagne de Conil à Rosis (Hér., 757 m), Conilh à Mauvezin-sur-Gupie (L.-et-G.), Les Conils à Saint-Pierre-de-Vassols (Vauc.), le Puech Counil à Murviel-lès-Béziers (Hér.), un pittoresque Trauc Del Conil, « trou du lapin », à Pézenas (Hér.), etc. Ce terme apparait également comme déterminant pour Saint-Pierre-de-Conils, un hameau de Lombers (Tarn)

Le bas latin *cunicularia, « lapinière, garenne, lieu où abondent les terriers de lapins » est à l’origine de noms de lieux comme La Conillière à Entraigues-sur-la-Sorgue (Vauc.),  La Conilhière à Alès (Gard), La Coulinière à Cromac ( Hte-Vienne), Counillière à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (Var.) et bien d’autres. Cunelières (T.-de-B.) qui était Quenelière en 1655 semble bien être une ancienne connilière, une « garenne à lapins », avec pluriel tardif.

Villeconin, dans l’Essonne, doit son nom au même ancien français conil, comme la commune de Montcony en Saône-et-Loire.

CPA Villeconin

faux-amis-conil

Quant au « lapin », il apparait dans des noms modernes, le plus souvent précédé de l’article défini, sans que l’on sache bien si ce nom fait allusion à l’animal lui-même ou s’il s’agit d’un patronyme. Certains noms permettent toutefois de lever le doute comme Gratte-Lapin à Saint-Christophe-de-Double (Gir. – pour « gratte », suivez ce lien), la Gare aux Lapins à la Selve (Av.) et quelques autres.

Le lièvre

Le latin lepus, leporis, « lièvre », est peut-être à l’origine du nom de Levroux (Indre) – attesté vicus Leprosus au VIè siècle, qui pourrait être un « village lépreux » mais le passage de pr à vr fait difficulté, d’où l’hypothèse d’un lepor(em)osum  – et de nombreux noms de lieux-dits comme le Bosc-aux-Lièvres à Tôtes (S.-M), la Cense aux Lièvres à la Flamengrie (Aisne), Chasse-Lièvre à Crottet (Ain), Saute-Lièvre à Saint-Victor (Ardèche), Pisse Lèvre à Réalmont (Tarn) et de très nombreux autres dont il est difficile de déterminer s’il s’agit de l’animal ou d’un patronyme (Levret, Levraut …). En pays de langue d’oc, on trouve de nombreux Lèbre ou Lièbre comme un Grato Lébrès à Villebazy (Aude) où les lièvres se mettent à plusieurs pour gratter, un Pèque-Lèbre , de l’ occitan « trompe lièvre », à Saint-Daunès (Lot), un Piche-Lèbre, « pisse-lièvre » à Fronsac (Gir.), un Liébra à Montesquiou (Gers) etc.
La commune de La Bouilladisse (Bouches-du-Rhône) qui doit son nom actuel à une source bouillonnante, portait, avant 1910, le nom de La Bourine (Leborina en 1279), « petit lièvre ».

Mallièvre (Vendée, Mala lepus en 1065), Maulévrier-Sainte-Gertrude (S.-M, Mallevrier en 1024) et Maulévrier (M.-et-L., Malum Leporarium en 1090) étaient de mauvais parcs à lièvres, de mauvaises réserves de chasse, à opposer au Beaulévrier de Saint-Quentin-des-Prés (Oise).

Le germanique hase, « lièvre », accompagné de bruoch, « marais, marécage », a donné Hazebrouck (Nord).

Autant que je sache, ni le lapin ni le lièvre n’ont fait des petits en Bretagne (« lapin » se dit konifl en breton). En revanche, le breton morgad, « lièvre de mer », c’est-à-dire la seiche, semble avoir donné son nom à Morgat, station balnéaire à Crozon (Fin.) – mais il peut s’agir d’un nom de personne. [c’était la devinette à laquelle vous avez échappé].

Le basque dit untxi pour « lapin »  mais je n’ai trouvé aucun toponyme associé à ce nom.

index

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine. Il s’agit d’un nom composé (en un seul mot) d’ un des mots du jour accompagné d’un nom d’habitat qui a fait l’objet d’un billet sur ce blog.

Le chef-lieu du canton où se trouve ce toponyme a donné son nom, issu d’un nom de personne latin, à une célèbre famille de la noblesse française.

Le chef-lieu d’arrondissement où se trouve ce canton porte un nom faisant référence à un animal domestique.

Un indice en chanson, pour le chef-lieu de canton — à travers une de ses personnalités :

NB : un toponymiste qui fait rien qu’à se faire remarquer émet l’hypothèse d’une autre étymologie pour ce toponyme. Cependant, celle qui fait appel à un des mots du billet est la plus consensuelle : elle est mentionnée par au moins trois spécialistes, plus moi.

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La Louine à Barnave (Drôme) : la répàladev

Xyla, TRS, Jacques C. et LGF sont restés les seuls découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les quatre !

Il fallait trouver La Louine, un lieu-dit de Barnave du canton du Diois dans la Drôme.

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Louine : attesté La Louyne en 1593, ce toponyme est issu de l’occitan louino, « marais, terrain humide », sans doute d’étymologie comparable à laune vu dans le billet.

Tdf LOUINO

(Trésor du Félibrige, F. Mistral)

Ce nom désigne une pièce de terre qui reçoit le ruisseau des Beaumondes et le ruisseau du Mas qui se rejoignent avant de confluer dans la Barnavette.

IGN LOUINE Barnave

Barnave : ce nom est formé du gaulois barro– issu de la racine pré-celtique *bar, désignant une « hauteur », un « sommet », accompagné du gaulois nava, « vallée, plaine  » : il s’agit donc de la « hauteur dans la plaine ».

Antoine Barnave (1761-1793), député de la Constituante chargé d’aller chercher Hugues Capet, dit Louis XVI, à Varennes en 1791, a été guillotiné en 1793.

Die : l’étymologie de ce toponyme a été donnée dans le billet concernant une devinette de l’année dernière.

CPA Barnave

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indice a 02 05 2023  L’indice du mardi, introduit par : « Je vous parlerais bien de la famille monégasque, notamment des enfants de Stéphanie … mais je ne voudrais pas que vous pensiez que je vous mène en bateau … », était une allusion au yacht de Stéphanie de Monaco, baptisé Louine, mot-valise formé à partir des prénoms de ses deux premiers enfants Louis et Pauline.

Même pas honte.

Le billet du mardi 02/05/2023

Xyla a été la première à me donner la bonne réponse à ma dernière devinette. Mille bravos à elle !

TRS, Jacques C et LGF l’ont suivie. Oui, bravo aussi à eux.

Je n’ai pas eu le temps d’écrire un billet aussi complet que d’habitude, notamment avec des indices supplémentaires …ah ! si ! Je vous parlerais bien de la famille monégasque, notamment des enfants de Stéphanie … mais je ne voudrais pas que vous pensiez que je vous mène en bateau …

indice a 02 05 2023

Ce sera tout pour ce soir.

 

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Laune ou lône

Une laune ou lone/lône est un bras mort de rivière en cours de colmatage, en particulier un bras intermittent du Rhône, dans la vallée duquel le mot peut désigner une zone marécageuse en bordure du fleuve. Du Mâconnais au Midi, le mot parait topographiquement se rattacher à l’eau, au marais, à l’étang.

L’étymologie n’en est pas assurée et plusieurs hypothèses ont été avancées :

♦ le vieux provençal et occitan languedocien lona, « lagune, bras de rivière à eaux dormantes, marais », serait issu du latin médiéval (XIVè siècle) launa, lui-même du latin lacuna, « fossé, creux, trou ; mare », de lacus « réservoir, bassin ; lac, étang ». La perte du c s’explique par l’accentuation sur la première syllabe. Il s’agirait donc du même mot que le vénitien làguna (NLEF*).

♦ il pourrait s’agir d’un préceltique *lona, « marais » ou d’un terme burgonde rattaché au gotique lohn ou luhn, « fossé rempli d’eau », ou d’un dérivé du norrois lôn, « étang » (TT*).

♦ enfin, et cette hypothèse est sans doute la bonne pour toutes les formes Laune rattachées à une forme ancienne launa, on a fait appel au latin lamina, « plaque », avec i inaccentué d’où lam(i)na donnant lamna puis launa (comme amnes de Interamnes, « entre fleuves » donne –aunes dans Entraunes). On désignait par lamina, « plaque », une couche d’eau, une nappe d’eau recouvrant le sol (DNFLMF*). Ce même lamina a donné des toponymes du type Laume que l’on rencontre plus au nord, comme en Bourgogne.

Ce terme a été transcrit sous deux formes principales : laune et lône, noms donnés aussi bien à des lieux-dits, voire à des communes, qu’à des cours d’eau, mares ou étangs.

Laune

L’Étang des Launes aux Saintes-Marie-de-la-Mer (B.-du-R.), la Laune à Saint-Pierre-de-Mézoargues (id.), les Launes à Arles (id.), le ruisseau de la Laune à Lunel (Hér.), le vallat de  Laune, affluent rive droite du Gardon, la Laune de Pillet à Beaucaire (Gard), la Laune à la Rivière (Is.), etc. représentent tous des hydronymes.

Les noms de lieux-dits sont aussi bien représentés comme la Laune à Lansargues et Marsillargues (Hér.), les Launes à Saint-André-de-Majencoules (Gard), la Laune à Cairanne (Vauc.), les Launes à Cornas (Ardèche), à Seyne (A.-de-H.-P.), à Signes (Var), le Ravin des Launes à Séderon (Dr.), la Laune des Poulas et la Laune de la Moure à La Garde-Freinet (Var) et bien d’autres.

Enfin, laune sert de déterminant au nom de Beuil-les-Launes, station de montagne (par les temps qui courent, on n’ose plus écrire de sports d’hiver !) de Beuil (A.-Mar.).

CPA lavoir sur la Laune à Lunel

Le lavoir de Lunel, sur le ruisseau de la Laune

Lône ou lone

On ne sera pas étonné de trouver plus de vingt-cinq hydronymes portant un tel nom comme la Lône à Tupin-et-Semons (Rh.), à Salaise-sur-Sanne (Is.), à Cruas (Ardèche), à Yenne (Sav.), la Grande Lone, affluent du Gardon, la Lone de Saint-Georges, affluent du Rhône, la Lône du Contant à Balan (Ain), etc. Rien qu’en Ardèche, outre la Lône de Cruas déjà mentionnée, on trouve la Lône de la Grange Écrasée et la Lône du Chenevier à Bourg-Saint-Andéol, la Lône de Blaud et la Lône de l’Ove à Soyons et enfin la Lône du Petit Rhône à Saint-Marcel-d’Ardèche.

Les lieux-dits, habités ou non, sont là aussi très nombreux comme la Lône à Saint-Pierre-de-Boeuf (Loire), les Lônes à Rilleux-la-Pape (Rh.), à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme), à Montaud (Hér.), à Ampus (Var), à Monteux (Vauc.) etc.

On trouve également des noms écrits avec deux n comme La Lonne à Vergèze et à Fournès (Gard),  Les Lonnes à Buzignargues (Hér.) et à Pernes-les-Fontaines (Vauc.) ou encore le ruisseau de Lonne à Chamelet (Rh.).

On peut signaler également quelques variantes comme les Loines et la route des Loines à Saint-Maurice-l’Exil (Is.) qui longe le Rhône ou le lieu-dit la Loine à la Motte-d’Aigues (Vauc.).

Notons enfin que malgré la forme Latona du VIIè siècle, qui a fait voir un culte de la déesse romaine Latone, Losne (C.-d’Or) , sur les bords de la Saône, pourrait bien venir d’un lona ou d’un lamina (NLB*, NLEF*)

CPA-Pierre-Benite-la-Lone-

Lune

J. Astor (DNFLMF*)  émet l’hypothèse d’une variante luna qu’il voit dans le nom de Lunel (Hér.), avec le diminutif –èl, décrivant un site d’étangs, dans Lunas (id., avec suffixe augmentatif  –as), l’étang de Luno à Agde (id.) et le château de Roquelune à Pézenas (id.). La Lunelle au Grau-du-Roi (Gard) serait un diminutif.

Franck R. Hamlin (TH*)  propose quant à lui pour Lunel un mot prélatin ou gaulois *lunello à valeur hydronymique pouvant convenir aux autres localités portant le même nom (Saint-Félix-de-Lunel, Aveyron ; Lunel à Bonnieux, Vauc., etc) ou celui de Luneau (Luneau, Allier ; Luneau à Rozan, Gir., etc.).

Pour Lunel, Dauzat & Rostaing (DENLF*) comme Nègre (TGF*) font l’hypothèse de noms de personne : le gaulois Lunus suffixé –ellum pour les premiers (repris par P. Fabre, NLL*), le roman *Lupinellus, masculin de Lupinela, pour le second (repris par B. et J.-J.  Fénié, TO*).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est une variante des mots du jour.

Ce nom désignait ici, à l’origine, un terrain humide plutôt qu’un bras mort de rivière.

Le nom de la commune où se trouve ce lieu-dit indique qu’elle se trouve sur une hauteur dans un territoire plat.

Un député de l’Assemblée constituante, chargé d’une mission importante en 1791 et guillotiné deux ans plus tard, portait comme patronyme le nom de la commune où se situe le toponyme à trouver.

Un toponyme du même canton a déjà fait l’objet d’une devinette, ce qui m’interdit d’en utiliser les indices qui vous mettraient trop facilement sur la piste.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Saut des Mazérages à Saint-Guilhem-le-Désert (Hér.) : la répàladev.

LGF et Jacques C. sont les seuls à m’avoir la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le Saut des Mazérages, un lieu-dit de Saint-Guilhem-le-Désert du canton de Gignac dans le département de l’Hérault.

Local-Saint-Guilhem-le-Désert-

Toponymie

■ le Saut des Mazérages : dans un compoix de 1748, ce lieu-dit apparait sous le nom de Sot de Malusages qui deviendra Sot des Mazérages dans le cadastre de 1829. Ce lieu-dit n’est pas mentionné sur la carte d’état major (1820-66) ni sur la carte IGN de 1950. Il est écrit Saut des Mazérages sur les cartes IGN récentes et dans le fichier FANTOIR.

Saut Mazérages IGN

Les premières attestations de ce nom montrent qu’il s’agissait à l’origine d’un sòt (une doline) de mal utzage (de mauvais usage) soit que son accès en était difficile (ce qui est le cas, croyez moi sur parole !) soit qu’il en était fait un mauvais usage (mais lequel ?) (TH*). Le temps passant, le sòt ne fut plus utilisé mais son nom resta à l’endroit et finit par désigner la falaise au-dessus du Verdus, d’où l’orthographe saut mieux adaptée mais non étymologique.

Saint-Guihem-le-Désert : attesté monasterium Gellonis en 804, abbas S. Guillelmi Gilionensis en 1035 puis monasterium S. Guillelmi de Desertis en 1097. La ville doit son nom au germanique Wilhelm, devenu Guilhem en occitan et Guillaume en français, nom du duc Guillaume d’Aquitaine mort en 812 à l’abbaye de Gellone où il s’était retiré. Le déterminant le désert rappelle l’isolement de l’endroit qui avait précisément attiré une abbaye.

Gellone : monasterium Gellonis en 804 et Gellone en 822, du nom d’homme germanique Geillo au cas régime Geillon (le e est la marque de l’ablatif latin).

Gignac : Gignachum en 922, du nom d’homme gaulois Gennius et suffixe –acum.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

CPASaint-Guilhem-le-Desert-

Les indices

indice a 23 04 2023 ■ cette enluminure extraite des Cantigas de Santa Maria montre deux personnages jouant du cornet. Comme le précisait l’énoncé, il s’agissait de trouver un personnage : il fallait penser à Guillaume au Cornet ou au Court Nez ou encore Guillaume d’Orange, personnage de chansons de geste médiévales, inspiré entre autres par Guillaume de Gellone, éponyme de Saint-Guilhem-le-Désert. Le cornet figure dans les armoiries de la ville d’Orange :

Saint Guillaume de Gellone, qui devint Guillaume d’Orange dans les chansons de geste françaises, car l’on voit sur le pourpoint de Guillaume le cor de chasse héraldique de la branche d’Orange de la famille de Baux (fig. 79, 81). Le cor de chasse, appelé le cornet à Orange, fait allusion au nez aquilin ou raccourci de Guillaume al corb nes ou al cort nes, et ces armoiries furent adoptées en 1184 au plus tard par un trisaïeul du comte Raimond, Guillaume de Baux, prince d’Orange de 1182 à 1218, qui descendait du premier prince d’Orange, le Guillaume épique, à en croire la tradition locale (source)

Blason_ville_fr_Orange__Vaucluse_

(Par Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3522983)

indice a 25 04 2023  ■ ce tableau, intitulé le Garde de Saint Jean d’Aumières est l’œuvre d’Alexandre Hollan, installé depuis 1984 à Gignac.

■ la chanson de Jean-Patrick Capdevielle, intitulée Quand t’es dans le désert, devait confirmer qu’il fallait bien chercher un lieu-dit de Saint-Guilhem-le-Désert.