TRS; LGF et Un Intrus sont restés les seuls à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !
Il fallait trouver l‘Igue de Tindouyre, partagée entre Varaire et Bach, du canton des Marches du Sud-Quercy (chef-lieu Castelnau-Montratier) sur le Causse de Limogne, dans l’arrondissement de Cahors.
Castelnau-Montratier, ici :

L’Igue de Tindouyre, tout en haut, Bach et Varaire tout en bas :


La toponymie
■ Igue de Tindouyre :
♦ dans le Quercy, une igue est une « excavation naturelle creusée dans le calcaire et aboutissant à un cours d’eau souterrain », mot issu d’une base pré-celtique *ika, « ravin ».
♦ Tindouyre est une variante de tindoul, vu dans le billet (peut-être accompagné du suffixe –ier, donnant *tindoulier passé à *tindouiller avec l mouillé aboutissant à Tindouyre, prononcé tin-douill(e)-re).
■ Varaire : je recopie sans vergogne la rubrique toponymie de wikipedia, puisque j’en suis l’auteur :
Le nom du village est attesté Vitrarias dans des textes du Moyen-Âge, du latin vitraria, « verrerie ». Le village devait abriter des artisans ou des ouvriers travaillant dans une verrerie. Le nom de Varaire serait ainsi un équivalent de Vayrières, un lieu-dit à Lavercantière (Lot) et des nombreux Veyrières, dont des communes du Cantal et de Corrèze (Jean-Maire Cassagne, Villes et villages en pays lotois, Tertium éditions, ). Certains auteurs (Raymond Sindou, « Les origines de la toponymie européenne », Nouvelle revue d’onomastique, nos 37-38, ) ont cru pouvoir identifier Varaire comme étant le Varadetum cité sur la Table de Peutinger entre Rodez et Cahors, mais cette identification n’est pas prouvée et le nom de Varadetum aurait sans doute évolué, après la chute habituelle du d intervocalique, en *Varet.
■ Bach : l’étymologie la plus vraisemblable de ce nom est celle d’une mécoupure de l’ubac donnant lu bac compris lo bac. On retrouve cette forme, parfois écrite bach, dans des noms désignant des lieux à l’écart de tout cours d’eau suffisamment important pour justifier la présence d’un bac, ce qui est le cas ici (TGF*, DNFLMF*). Cela n’a pas empêché certains auteurs de proposer l’étymologie selon le bac (DENLF*) ou selon le germanique bach, « ruisseau » (Gaston Bazalgues, Les noms des communes du Parc naturel régional des Causses du Quercy, 2006).
■ Marches du Sud-Quercy
♦ Marches : à comprendre comme « frontière, limite », du germanique marka, de même sens.
♦ Quercy : dans un billet du début de l’année, j’écrivais :
Le Quercy : ce nom se rattache, comme celui de Cahors, aux Cadurques : il est la forme phonétique du produit du dérivé en –inus de Cadurcus, Cadurcinus, porté dans des formes du VIè siècle (Cadurcinus en 565), du VIIè siècle (pagus Catorcinus en 628) et in Caercino de 1095, signifiant « dans le Quercy ».
Je complète en ajoutant qu’au Moyen Âge apparaissent, à partir de Cadurcinus subissant la perte du d intervocalique, les formes Caersi en occitan (XIIè siècle) et Cahorsin en français (1258). La forme Quercy, adaptation française de l’occitan Caersi, apparaît d’abord sous la forme, latinisée et refaite, Querciaci en 1477 puis en français Quercy en 1511.
■ Castelnau-Monratier : le nom est attesté de Castro Novo Raterii avant 1319. La localité actuelle a été fondée au XIIIe siècle par Ratier, seigneur de Castelnau (« château neuf » en occitan), qui lui donna son nom. On associa ensuite son patronyme au mot mont considéré comme un signe de noblesse. Le nom de famille Ratier est d’origine germanique, composé de rad, « conseil », et de hari, « armée ».
■ Causse de Limogne :
♦ Causse : du radical pré-indo-européen *kal/*kar, « pierre », donnant le latin calx/calcis, « caillou » puis « chaux », puis l’occitan cauçe, « terre calcaire pierreuse». Cette même racine *kar se retrouve dans le terme « karst », bien connu des géologues et des spéléologues, dont l’origine est le massif du Karst (ou Carso en italien) en Istrie (Slovénie).
♦ ce plateau calcaire porte le nom de sa ville principale, Limogne-en-Quercy, laquelle doit son nom au gaulois *limonia, soit « (domaine) de Limonos », nom formé sur le celtique limo, « orme ».
■ Cahors : Au IIè siècle ap. J.-C., Ptolémée cite Devona et la Table de Peutinger du IVè siècle mentionne Divona, ancien nom de Cahors. Divona, source sacrée en gaulois, désignait la fontaine des Chartreux. Vers 400, apparaît le nom de civitas Cadurcorum, cité des Cadurques, puisqu’il devint alors d’usage de nommer la capitale des civitas du nom du peuple qui l’habitait. La forme moderne Cahors est issue de Cadurcis, cité au VIè siècle par Grégoire de Tours. Cette forme est l’ablatif-locatif pluriel latin en –is signifiant « chez les Cadurques ». Elle a subi la chute du d intervocalique, effective au XIè siècle.
*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices
■ la phosphorite devait mettre sur la piste de la phosphatière du Cloup d’Aural qui a longtemps aidé à la prospérité de Bach. Notons au passage que cloup est un autre mot utilisé dans le Quercy pour désigner un puits naturel.
■ ce tableau de William Lee Hankey représente la place du village de Ramatuelle, avec sa fontaine et un orme plusieurs fois centenaire. Un orme, pour orienter vers le gaulois limo et le Causse de Limogne.
■ Le Petit garçon, dont les paroles françaises ont été écrites par Graeme Allwright, était là pour son refrain :
Tes yeux se voilent
Écoute les étoiles
Tout est calme, reposé
Entends tu les clochettes tintinnabuler
dans lequel on entend le verbe tintinnabuler qui devait orienter les recherches vers un toponyme dérivé de tindoul, de même étymologie.




■ Philippe III le Hardi était
■ cette image était censée l’empereur Charlemagne, trônant près d’un rouet et entouré de moutons pour rappeler la légendaire étymologie du Mont Lanard, « mont de la laine ».
■ il fallait reconnaître une grappe de 


il fallait reconnaitre André Malraux, ou plutôt le colonel Berger comme il se faisait appeler pendant sa période de Résistant. C’est au cours de cette dernière qu’il est arrêté à Gramat le , lors de la fusillade de la voiture de George Hiller. (
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