Bravo à LGF qui est resté le seul à avoir découvert la solution de ma dernière devinette !
Il fallait trouver Les Garaix, à Burdignes et à Boug-Argental, ainsi que le Grand Garaix à Burdignes, dans le canton du Pilat, chef-lieu Pélussin, de l’arrondissement de Saint-Étienne, dans la Loire.
Pélussin, ici :

Les Garaix, à Burdignes :

Les Garaix, à Bourg-Argental :

La toponymie
■ Garaix : ce toponyme est issu de la forme locale garet de l’occitan garat/garach, équivalent du français guéret, désignant une jachère ou une friche. Le mot est ici au pluriel, avec le x notant la finale ts. Ce pluriel une fois oublié, garaix a fini par désigner une terre en friche, d’où le nom du Grand Garaix de Burdignes, avec l’adjectif au singulier. Selon certains érudits locaux, ce Grand Garaix était une terre laissée en jachère pour servir de réserve de gibier au seigneur, au temps où la forêt était un bien seigneurial (ici).
Dans un ouvrage collectif consacré au Pilat et à ses abords on trouve écrit ceci :

mais on ne tiendra pas compte de l’étymologie pré-indo-européenne donnée pour ces garaix.
On trouve également un lieu-dit Garaix à Taulignan et au Poët-Laval (Drôme) et Les Garaix à Lalouvesc (Ardèche) et à Charens (Drôme).
■ Bourg-Argental : le nom du lieu-dit Argental était noté Argentaus en 844, nom formé du gallo-roman argentum suivi du suffixe gaulois –avu, qui évoque la présence ancienne de mines d’argent, probablement du plomb argentifère. Le nom de Bourg est dérivé du bas-latin d’origine germanique burgus, désignant à l’origine un « château-fort », puis un « village, groupe de maisons ».

La rue rend hommage à Francisco Ferrer
■ Burdignes : le nom est attesté Ecclesia de Burdiniaco en 1061, puis Ecclesia Sancti Martini de Burdiniaco, Bourdignes en 1632 et enfin (Saint-Martin) de Burdigne en 1767 sur la carte de Cassini (feuillet 88, Saint-Marcellin). Il est formé du nom d’homme gaulois *Burdinius, issu de Burdos, accompagné initialement du suffixe gaulois –aco qui ne s’est pas maintenu par la suite.
■ canton du Pilat : le massif du Pilat est attesté seulement au début du XVè siècle : ad Calcem de Pilla en 1405 et nemus nuncupatum Pilati en 1487. Son nom est un dérivé du latin pila, « pilier, colonne » avec le suffixe diminutif –attu (ce suffixe n’étant pas gallo roman, on peut penser que le nom est antérieur au XIIè siècle). L’emploi métaphorique de ce nom de « pilier » semble patent ; une référence à un marquage de limite de propriété seigneuriale par une colonne ou un tronc d’arbre n’est pas nécessaire. L’attraction paronymique du nom du personnage biblique, Pilate, a valu au nom de la montagne d’être graphié le Mont Pylate et la montagne du Puy de Pylate en 1573. À propos de ce massif et de la dune du Pilat, j’avais écrit un billet, il y a déjà dix ans …
■ Pélussin : le nom apparait en 1050 sous la forme Parrochia Pulicinis puis Pelucius en 1225. E. Nègre (TGF*) imagine une origine selon le latin pullicenus, « poussin », qui serait devenu nom de personne roman puis nom de lieu. Avant lui, Dauzat & Rostaing (DENLF*) expliquaient ce même nom par un dérivé de celui de la divinité latine Pollux, –ucis accompagné du suffixe –inum. Il est sans doute préférable de suivre A.-M. Vurpas et C. Michel (NLLR*) qui optent pour le nom régional du prunellier, à savoir le pelossier, qui apparait également dans le nom de Polcy, un hameau de Ranchal (Rhône) qui était Polossy au XVIIIè siècle. Cette étymologie est reprise par Michel Lhortolat, Pierre Dumas, Suzanne Corompt et Jean Perreton (Le patrimoine du canton de Pélussin, Visages de notre Pilat, 2004). À l’article pelorso, « prunelle » en Dauphiné, F. Mistral (Trésor du Félibrige) donne la variante forézienne pelosso.
■ Saint-Étienne : saint Étienne est le premier martyr à qui l’on a consacré des cathédrales et de nombreuses églises. Son culte est fort ancien et bien représenté dans la Loire notamment par Saint-Étienne, Sanctus Stephanus de Furano au XIè siècle. Cet ancien nom montre que la préfecture actuelle était alors un établissement modeste, puisqu’il est précisé par le nom de la rivière pour le distinguer de ses homonymes proches : Saint-Étienne-le-Molard (Loire), Saint-Étienne-des-Oulllières (Rhône) et Saint-Étienne-la-Varenne (id.). On rappellera que sa manufacture d’armes, fort utile à la Révolution, fit que la ville s’appela un temps Armeville et Commune d’Armes.
Le nom de la rivière Furan (Furano au XIè siècle et Furanis en 1195) semble issu d’une base hydronymique pré-celtique *For, avec un vocalisme u fréquent dans la région lyonnaise (et peut-être l’influence du verbe latin furare « voler, emporter ») et le suffixe –an d’un ancien cas régime. C’est de cette même base que viendraient le nom des nombreux Foron savoyards et du Furans, affluent du Rhône dans l’Ain.
*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices
■ Il fallait reconnaître Christian Califano, un des célèbres anciens piliers de l’équipe de France de Rugby. Pilier … comme le Pilat.

■ ce lacet était là pour Charles-François Richard (1772-1851), fils de Jean-Louis Richard, à l’origine de la fabrication industrielle des lacets, né à Bourg-Argental et mort à Saint-Chamond dans le même département. C’est par cette dernière ville, qui fut surnommée « capitale du lacet », que LGF est entré dans la devinette.
■ « Outre le relief qui lui donne son nom, le canton possède un autre relief à trois pointes » : les Trois Dents sont un sommet du massif du Pilat, culminant à 1213 m. Ces trois dents figurent sur le blason de Pélussin d’azur à la montagne de trois coupeaux d’argent, chacun sommé d’un sapin de sinople.

Ce dessin est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.
■ cette petite église rouge devait faire penser à l’abbé Joseph Paret, né à Pélussin en 1807, missionnaire en Louisiane. « Il fut pendant vingt et un ans le curé de Little Red Church, sur la rive gauche du Mississippi dans la paroisse (c’est ainsi qu’on désigne les comtés en Louisiane) Saint-Charles, à quelques km au nord de La Nouvelle-Orléans. »
■ le journal anarchiste La lutte sociale (six numéros en 1866) eut comme gérant Célestin Dervieux né à Pélussin en 1856.
■ « Enfin, loin de moi l’idée de vous voir souffrir le martyre en ne vous parlant pas du chef-lieu d’arrondissement, mais ce serait comme marquer de petits cailloux le chemin vers la solution et je ne suis pas un saint ! ». Cette phrase n’était là que pour s’amuser : le martyre, les cailloux, le saint … Il fallait y voir de fines allusions à la lapidation de saint Étienne.





Ceux parmi mes lecteurs qui s’intéressent un peu à l’actualité ont constaté, comme moi, que les agriculteurs ont obtenu gain de cause sur de nombreux sujets, souvent au détriment de l’environnement ou de la Terre, ce qui est le comble pour des travailleurs … de la terre. C’est le cas par exemple à propos de l’utilisation des pesticides, 




Personne n’a rejoint LGF sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière 


■ cette photo, d’
■ il fallait reconnaître une assiette de
■ il fallait reconnaître la ville de
■ ce tableau de Paul Spangenberg, peint en 1907, est intitulé 









Ma dernière 



NB les habitants de La Frasse sont les Angorins, « ceux qui aiment la bonne chère ».
■ Il fallait identifier un frêne déraciné, soit un mélange des différentes étymologies données pour Arâches-la-Frasse, « arrache le frêne » …
■ ce tableau avait déjà été utilisé pour illustrer le
■ cette forêt de sapins devait orienter les recherches vers la Savoie dont la première attestation du nom était Sapaudia chez l’historien Ammien Marcellin à la fin du IVè siècle. À l’époque impériale romaine, des habitants de ce pays portent le nom de Sapaudus et Sapauidus, ce qui oriente vers un composé du gaulois *sapo, « sapin » et *uidu, « bois », muni du suffixe latin –ia qui sert à nommer des territoires à partir du nom de ses habitants : Sapaudia est régulièrement issu de *Sapauidia. Le nom évoluera en occitan à Savoia à la fin du XIIè siècle et en français à Savoie dès 1258.



L’orge se dit heiz en breton d’où heizeg pour « champ d’orge », mais cette culture étant peu répandue en Bretagne, les toponymes qui y font référence sont extrêmement rares. On peut néanmoins citer le lieu dit Liorz Heiz, « courtil, jardin d’orge », à Ploubezre (Fin.) et le lieu-dit Kersunis à Laz (Finistère) dont la forme Ker Eizueiniz de 1686 semble issue de heiz, « orge » et quiniz, « froment », précédés du bien connu Ker, « village ». On notera également le nom breton An Heizeg simple adaptation du nom d’Orgères (I.-et-V.). Attention toutefois à l’ancien breton heiz, « cerf », qui apparait dans des toponymes comme Ar Poulheiz, « la mare au cerf », à Plouzélambre (C.-d’A.).






■ Philippe III le Hardi était
■ cette image était censée l’empereur Charlemagne, trônant près d’un rouet et entouré de moutons pour rappeler la légendaire étymologie du Mont Lanard, « mont de la laine ».
■ il fallait reconnaître une grappe de