Les Garaix à Burdignes et Bourg-Argental (Loire) : la répàladev

Bravo à LGF qui est resté le seul à avoir découvert la solution de  ma dernière devinette !

Il fallait trouver Les Garaix, à Burdignes et à Boug-Argental, ainsi que le Grand Garaix à Burdignes, dans le canton du Pilat, chef-lieu Pélussin, de l’arrondissement de Saint-Étienne, dans la Loire.

Pélussin, ici :

local-Pélussin

Les Garaix, à Burdignes :

Garaix Burdignes Capture GEOP

Les Garaix, à Bourg-Argental :

Garaix Bourg-Argental Capture GEOP

cdl d

La toponymie

Garaix : ce toponyme est issu de la forme locale garet de l’occitan garat/garach, équivalent du français guéret, désignant une jachère ou une friche. Le mot est ici au pluriel, avec le x notant la finale ts. Ce pluriel une fois oublié, garaix a fini par désigner une terre en friche, d’où le nom du Grand Garaix de Burdignes, avec l’adjectif au singulier. Selon certains érudits locaux, ce Grand Garaix était une terre laissée en jachère pour servir de réserve de gibier au seigneur, au temps où la forêt était un bien seigneurial (ici).

Dans un ouvrage collectif consacré au Pilat et à ses abords on trouve écrit ceci :

Garaix Capture

mais on ne tiendra pas compte de l’étymologie pré-indo-européenne donnée pour ces garaix.

On trouve également un lieu-dit Garaix à Taulignan et au Poët-Laval (Drôme) et Les Garaix à Lalouvesc (Ardèche) et à Charens (Drôme).

Bourg-Argental : le nom du lieu-dit Argental était noté Argentaus en 844, nom formé du gallo-roman argentum suivi du suffixe gaulois –avu, qui évoque la présence ancienne de mines d’argent, probablement du plomb argentifère. Le nom de Bourg est dérivé du bas-latin d’origine germanique burgus, désignant à l’origine un « château-fort », puis un « village, groupe de maisons ».

CPA Bourg Argental

La rue rend hommage à Francisco Ferrer

Burdignes : le nom est attesté Ecclesia de Burdiniaco en 1061, puis Ecclesia Sancti Martini de Burdiniaco, Bourdignes en 1632 et enfin (Saint-Martin) de Burdigne en 1767 sur la carte de Cassini (feuillet 88, Saint-Marcellin). Il est formé du nom d’homme gaulois *Burdinius, issu de Burdos, accompagné initialement du suffixe gaulois –aco qui ne s’est pas maintenu par la suite.

canton du Pilat : le massif du Pilat est attesté seulement au début du XVè siècle : ad Calcem de Pilla en 1405 et nemus nuncupatum Pilati en 1487. Son nom est un dérivé du latin pila, « pilier, colonne » avec le suffixe diminutif –attu (ce suffixe n’étant pas gallo roman, on peut penser que le nom est antérieur au XIIè siècle). L’emploi métaphorique de ce nom de « pilier » semble patent ; une référence à un marquage de limite de propriété seigneuriale par une colonne ou un tronc d’arbre n’est pas nécessaire. L’attraction paronymique du nom du personnage biblique, Pilate, a valu au nom de la montagne d’être graphié le Mont Pylate et la montagne du Puy de Pylate en 1573. À propos de ce massif et de la dune du Pilat, j’avais écrit un billet, il y a déjà dix ans …

Pélussin : le nom apparait en 1050 sous la forme Parrochia Pulicinis puis Pelucius en 1225. E. Nègre (TGF*) imagine une origine selon le latin pullicenus, « poussin », qui serait devenu nom de personne roman puis nom de lieu. Avant lui, Dauzat & Rostaing (DENLF*)  expliquaient ce même nom par un dérivé de celui de la divinité latine Pollux, –ucis accompagné du suffixe –inum. Il est sans doute préférable de suivre A.-M. Vurpas et C. Michel (NLLR*) qui optent pour le nom régional du prunellier, à savoir le pelossier, qui apparait également dans le nom de Polcy, un hameau de Ranchal (Rhône) qui était Polossy au XVIIIè siècle. Cette étymologie est reprise par Michel Lhortolat, Pierre Dumas, Suzanne Corompt et Jean Perreton (Le patrimoine du canton de Pélussin, Visages de notre Pilat, 2004). À l’article pelorso, « prunelle » en Dauphiné, F. Mistral (Trésor du Félibrige) donne la variante forézienne pelosso.

Saint-Étienne : saint Étienne est le premier martyr à qui l’on a consacré des cathédrales et de nombreuses églises. Son culte est fort ancien et bien représenté dans la Loire notamment par Saint-Étienne, Sanctus Stephanus de Furano au XIè siècle. Cet ancien nom montre que la préfecture actuelle était alors un établissement modeste, puisqu’il est précisé par le nom de la rivière pour le distinguer de ses homonymes proches : Saint-Étienne-le-Molard (Loire), Saint-Étienne-des-Oulllières (Rhône) et Saint-Étienne-la-Varenne (id.). On rappellera que sa manufacture d’armes, fort utile à la Révolution, fit que la ville s’appela un temps Armeville et Commune d’Armes.

Le nom de la rivière Furan (Furano au XIè siècle et Furanis en 1195) semble issu d’une base hydronymique pré-celtique *For, avec un vocalisme u fréquent dans la région lyonnaise (et peut-être l’influence du verbe latin furare « voler, emporter ») et le suffixe –an d’un ancien cas régime. C’est de cette même base que viendraient le nom des nombreux Foron savoyards et du Furans, affluent du Rhône dans l’Ain.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Les indices

indice b 24 03 2024 ■ Il fallait reconnaître Christian Califano, un des célèbres anciens piliers de l’équipe de France de Rugby. Pilier … comme le Pilat.

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■ ce lacet était là pour Charles-François Richard (1772-1851), fils de Jean-Louis Richard, à l’origine de la fabrication industrielle des lacets, né à Bourg-Argental et mort à Saint-Chamond dans le même département. C’est par cette dernière ville, qui fut surnommée « capitale du lacet », que LGF est entré dans la devinette.

■ « Outre le relief qui lui donne son nom, le canton possède un autre relief à trois pointes » : les Trois Dents sont un sommet du massif du Pilat, culminant à 1213 m. Ces trois dents figurent sur le blason de Pélussin d’azur à la montagne de trois coupeaux d’argent, chacun sommé d’un sapin de sinople.

PELUSSIN-42

Ce dessin est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.

indice d 24 03 2024 ■ cette petite église rouge devait faire penser à l’abbé Joseph Paret, né à Pélussin en 1807, missionnaire en Louisiane. « Il fut pendant vingt et un ans le curé de Little Red Church, sur la rive gauche du Mississippi dans la paroisse (c’est ainsi qu’on désigne les comtés en Louisiane) Saint-Charles, à quelques km au nord de La Nouvelle-Orléans. »

indice a 26 03 2024 ■ le journal anarchiste La lutte sociale (six numéros en 1866) eut comme gérant Célestin Dervieux né à Pélussin en 1856.

■ « Enfin, loin de moi l’idée de vous voir souffrir le martyre en ne vous parlant pas du chef-lieu d’arrondissement, mais ce serait comme marquer de petits cailloux le chemin vers la solution et je ne suis pas un saint ! ». Cette phrase n’était là que pour s’amuser : le martyre, les cailloux, le saint … Il fallait y voir de fines allusions à la lapidation de saint Étienne.

Les indices du mardi 25 mars 2024

Devinez : qui a déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette ? Oui : LGF, bien sûr. Bravo à lui !

Il vous faudra trouver un nom de lieu-dit, lié à un des mots du jour, présent à trois reprises dans deux communes du même canton, une fois au pluriel dans chacune des deux communes et une fois au singulier accompagné d’un adjectif qualifiant sa taille.

Une de ces communes doit une partie de son nom à une exploitation minière. L’autre partie est un terme désignant une agglomération.

L’autre commune doit le sien à un homme gaulois.

Le canton où se trouvent ces deux communes porte le nom de son relief le plus connu, qui a fait l’objet, avec son homonyme, d’un article sur ce blog.

Selon certains toponymistes, le chef-lieu de ce canton devrait son nom à une divinité latine ou au petit d’un animal de la ferme. Selon d’autres, il est plus vraisemblable qu’il tienne son nom d’un arbre fruitier fort répandu dans la région.

■ un indice pour le canton :

indice b 24 03 2024

■ un autre, pour une des deux communes :

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Les indices du mardi

■ Ce même toponyme apparait à plusieurs reprises dans d’autres communes de la même région.

■ Outre le relief qui lui donne son nom, le canton possède un autre relief à trois pointes.

■ Je rajoute ce premier indice pour le chef-lieu du canton :

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■ et ce deuxième indice pour le chef-lieu de canton :

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■ Enfin, loin de moi l’idée de vous voir souffrir le martyre en ne vous parlant pas du chef-lieu d’arrondissement, mais ce serait comme marquer de petits cailloux le chemin vers la solution et je ne suis pas un saint !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

La jachère (première partie)

scier la branche sur laquelle on est assis Ceux parmi mes lecteurs qui s’intéressent un peu à l’actualité ont constaté, comme moi, que les agriculteurs ont obtenu gain de cause sur de nombreux sujets, souvent au détriment de l’environnement ou de la Terre, ce qui est le comble pour des travailleurs … de la terre. C’est le cas par exemple à propos de l’utilisation des pesticides, L’Europe enterrant (ahah) un projet législatif qui prévoyait de réduire de moitié l’usage des pesticides d’ici 2030 ou encore à propos de l’exemption de l’obligation de mise en jachère de 4% des terres arables.

Je laisse à d’autres que moi, plus qualifiés, le soin de commenter ces reculades et me concentre sur l’objet principal de ce blog, la toponymie. Quelles traces la jachère a-t-elle laissées dans nos noms de lieux ?

Curieusement, le terme « jachère » n’est pas, et de loin, le plus représenté, laissant cette place au « guéret » et au garach en zone occitane. D’autres termes, moins connus, apparaissent également comme « versanne, versaine », « tresque » « somard » et quelques autres qui seront vus dans un deuxième billet.

On sera par ailleurs peut-être surpris qu’un terme désignant par définition un état éphémère ait pu produire des noms de lieux permanents. Cela se comprend pourtant si on sait que, comme on le verra, le champ sémantique de ces différents mots s’est élargi jusqu’à désigner des terres abandonnées, non cultivées ou non entretenues et si on n’oublie pas que chacun de ces mots a pu devenir nom de famille, désignant celui qui habite une ferme de ce nom, devenu à son tour un toponyme, accompagné ou non d’un suffixe en –erie, –ière etc., à l’occasion d’un nouvel établissement de son porteur.

Jachère

Ce terme, d’abord jachiere (vers 1175) est localisé dans le nord du domaine d’oïl (wallon, picard, normand) sous les formes gascheria (1172), gascaria (1193) puis en ancien français gaschiere (vers 1200), jussière (après 1200) et gaskière (1276). Son étymologie est obscure : on pense à un dérivé en –aria d’un étymon gaulois *gansko, « charrue », terme désignant à l’origine une branche (cf. l’irlandais gesca, « branche » et le gallois caine de même sens). Le latin vervactum, que l’on verra à propos du guéret, ne peut pas convenir pour des raisons phonétiques. Le mot désigne d’abord une terre labourée non ensemencée pour la laisser reposer puis, par extension, se rapporte à une terre abandonnée, mal entretenue.

On trouve une petite trentaine de lieux-dits La ou Les Jachère(s) accompagnés d’autant de noms pourvus d’un déterminant comme La ou Les Grande(s) Jachère(s), Les Longues ou Les Petites Jachères, (La) Jachère aux Joncs (Villiers-Saint-Paul et Monchy-Saint-Éloi, Oise), une Pièce de la Jachère (Presnoy, Loiret) etc.  Tous ces lieux-dits se trouvent en pays de langue d’oïl, sauf Les Jachères à Saint-Étienne-des-Champs et Les Rouys et la Jachère à Sugères (P.-de-D.), situés dans le Croissant linguistique, ou encore Les Jachères à Aime-la-Plagne (Sav.) en pays arpitan.

Guéret

Le latin avait le verbe vervagere, « retourner une terre préalablement en jachère » ; de ce verbe sont issus le nom du dieu Vervactor qui présidait au réveil de la terre donc au labour des jachères, et vervactum, « terre laissée au repos jusqu’au temps des semailles » et, plus généralement, « terre en friche ». Les Francs, dont le phonétisme ne comportait pas le v, l’ont assimilé, quand il y avait une correspondance du terme avec un mot de leur langue, à leur w. Ce fut le cas pour vervactum, passé à varacto par chute du v qui suit le r, qui subit l’influence du francique *waraita qui avait le sens de « terrain labouré » ; d’où un produit gallo-roman gwaraito à l’origine du français « guéret » et de l’occitan garach que nous verrons plus loin.

Ces deux termes désignaient la jachère, la terre laissée au repos entre deux cultures. Le repos étant parfois prolongé à des années, le sens de « terre en friche » prévalut bien des fois. C’est ainsi que le nom de Guéret (Garait en 1121-41, Garag en 1140 puis Guerait en 1324-26 et enfin Guéret en 1510), chef-lieu de département de la Creuse, se souvient d’une grande friche sur laquelle fut fondé un monastère au milieu du VIIè siècle, in loco qui vocatur Waractus.

CPA GUERET

Guéret, place du marché et la halle couverte

Plus de mille lieux-dits portent un nom dans lequel apparait ce guéret soit sous une forme simple (Le ou Les) Guéret(s), soit complété par un déterminant : le Bon Guéret, les Petits ou les Grands  Guérets, les Blancs Guérets ou les Guérets Noirs, les Guérets d’En Bas ou d’En Haut, le Guéret Neuf et le Guéret Vieux et bien d’autres. Guéret peut à son tour servir de déterminant comme pour les communes de Saint-Étienne-des-Guérets (L.-et-C.), Saint-Jacques-des-Guérets (id.) et Saint-Jouan-des-Guérets (I.-et-V.). Les lieux-dits ne sont pas en reste avec des noms comme les Caves du bas Guéret (Mareuil-sur-Che (L.-et-C.), le Congé des Guérets (Vivion, Sarthe), le Hameau Guéret (Canchy, Calv.), la Motte Bon Guéret (Épieds-en-Beauce, Loiret), le Moulin des Guérets (Corsept, L.-A. etc.) et là encore bien d’autres.

Devenu patronyme, désignant celui qui est originaire d’un endroit nommé Guéret, ce nom a donné des dérivés comme la Guereterie (Louerre, M.-et-L. etc.), la Gueretière (Contest, May. etc.), la Gueretterie (Coutures, M.-et-L. etc.), la Guerettière (Sceaux-d’Anjou, id. etc.) et quelques autres.

La ville de Guéret a donné un adjectif qui apparait dans les noms de Saint-Léger-le-Guéretois (Creuse) et Saint-Sulpice-le-Guérétois (id.).

Plus rarement, lorsque le varvectum n’a pas subi l’influence francique, on trouve des noms comme varet ou veret. On rencontre ainsi le Clos Varet à Villotte-sur-Ource (C.-d’Or), Varet Bas et Varet Haut à Naucelles (Cantal)  etc. ou encore le Veret à Praz-sur-Arly et à Messery (H.-Sav.)

Garach

De même étymologie que le précédent, l’occitan garach (ou garat, gareit etc.) a fourni à son tour de nombreux toponymes mais aussi des noms de famille, soit que le nom de la ferme soit passé à l’habitant, soit que le nom désigne le laboureur de domaine agricole

On trouve ainsi Garach (Dondas et Laroque-Timbault, L.-et-G.), la Font de Garach (Gardanne, B.-du-R.), les Garach (Monjay, H.-A.) et des diminutifs Garachon (Lambesc, B.-du-R. etc.), Garachot (Laas, Gers etc.) etc.

CPA GARACH

La variante garat semble plus représentée avec des noms simples (Le ou Les) Garat(s) et quelques Garatière (Landeronde, Vendée ; Monsteroux-Milieu, Is.). Il convient de se méfier puisque certains de ces noms, comme Garat (Char.), attesté de Garaco en 1110 peuvent être issus du nom d’homme gaulois Garos ou bien peuvent être dérivés de la racine oronymique *gar, variante de *kar comme les toponymes du type Garatia des Pyrénées-Atlantiques.

La forme gareit apparait au singulier dans Lou Gareite à Roche-en-Régnier (H.-L.) et au pluriel dans Gareiteix à Pionnat (Creuse).

Citons enfin des noms qui, n’ayant pas subi le croisement lexical avec le francique, ont conservé le v initial de vervactum.  Ils apparaissent notamment en Limousin comme pour la Varache et Bussy Varache à Eymoutiers (H.-Vienne), les Varaches à Bujaleuf (id.) ou encore la Varrache à Saint-Martin-Sainte-Catherine (Creuse).

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La devinette

Il vous faudra trouver un nom de lieu-dit, lié à un des mots du jour, présent à trois reprises dans deux communes du même canton, une fois au pluriel dans chacune des deux communes et une fois au singulier accompagné d’un adjectif qualifiant sa taille.

Une de ces communes doit une partie de son nom à une exploitation minière. L’autre partie est un terme désignant une agglomération.

L’autre commune doit le sien à un homme gaulois.

Le canton où se trouvent ces deux communes porte le nom de son relief le plus connu, qui a fait l’objet, avec son homonyme, d’un article sur ce blog.

Selon certains toponymistes, le chef-lieu de ce canton devrait son nom à une divinité latine ou au petit d’un animal de la ferme. Selon d’autres, il est plus vraisemblable qu’il tienne son nom d’un arbre fruitier fort répandu dans la région.

■ un indice pour le canton :

indice b 24 03 2024

■ un autre, pour une des deux communes :

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Baptifoi à Saint-Martial-le-Vieux (Creuse) : la répàladev

podium seulPersonne n’a rejoint LGF sur le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !

Il fallait trouver Le Baptifoi, un lieu-dit de Saint-Martial-le-Vieux, dans la Creuse, une commune déjà rencontrée pour le lieu-dit Savarzeix lors d’une récente devinette.

SaintMartial-le-Vieux :

local Saint-Martial-le-Vieux

Le Baptifoi, en haut à droite et Savarzeix, en bas à gauche :

Baptifoi IGN Capture

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La toponymie

Le Baptifoi : écrit le Batifoy sur la carte de Cassini (feuillet 13, Aubusson,1763) il s’agit d’une variante graphique de batifol, un des noms donnés en occitan au moulin à foulon. Le nom apparait sous la forme Le Baptifoi sur la carte d’état-major à la fin du XIXè siècle, par attraction du nom Baptiste. Un moulin à eau, situé en aval d’une retenue d’eau, est caractérisé sur la carte de Cassini par une roue à aube, tandis que le lieu-dit le Batifoy se trouve en hauteur non loin de là, sans doute le lieu-d’habitation du foulonnier auquel on a donné le nom de son moulin :

Batifoy moulinCASSINICapture

Jean Tosti écrivait : « Une chose est sûre, le terme batifol a bien désigné un moulin, c’est un toponyme rencontré dans le Massif Central.(…) Le toponyme est devenu nom de famille, avec diverses variantes : Batifol, Batiffol (Lozère), Batifaud, Batifoil, Baptifoil, Baptifoy (Puy-de-Dôme),
Batifoi, Batifoy (Cantal), Batifois, Batifoix (Dordogne, Haute-Vienne), Battifoy (Loir-et-Cher) et sans doute Batifort et Baptifort (Hérault). » (lien).

Saint-Martial-le-Vieux, Auzances et Aubusson : cf. le billet du 10 février 2024 cité plus haut.

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Les indices

■ Au milieu du IIIè siècle, le pape Fabien (236 – 250) envoie sept missionnaires en Gaule : Martial à Limoges, Austremoine à Clermont en Auvergne, accompagné de Marius, Trophime à Arles, Paul à Narbonne, Saturnin à Toulouse, Denis à Paris, Gatien à Tours et Nectaire dans le Puy-de-Dôme.

indice c 17 03 2024 ■ cette photo, d’origine chinoise, représente un croissant de la planète Mars. Cette dernière pour saint Martial, bien sûr, et le croissant pour le pays du Croissant dont fait partie la Combraille.

indice g 17 03 2024 ■ il fallait reconnaître une assiette de bréjaude, une soupe limousine qui devait orienter les recherches vers cette région.

indice-e-17-03-2024 ■ il fallait reconnaître la ville de Chartres, peinte par Jean Aujame, né à Aubusson en 1905. Chartres était bien sûr une fausse piste.

indice j 17 03 2024 ■ ce tableau de Paul Spangenberg, peint en 1907, est intitulé Wallflowers : ces dames y font tapisserie … comme à Aubusson.

Anne Sylvestre chantant Les Moulins Baptiste : moulin, ici le foulon objet de la devinette, plus Baptiste : Baptifoi !

Les indices du mardi 19 mars 2024

LGF n’a pas eu besoin d’indices supplémentaires pour trouver la réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Pour les autres, j’en rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au moulin à foulon.

Un autre lieu-dit de la commune où il se situe a été mentionné sur ce blog à propos de la qualité de sa terre.

Cette commune porte le nom d’un parmi sept chargés de porter la bonne parole.

■ un indice pour la commune et pour le pays :

indice c 17 03 2024

■ un deuxième indice :

indice g 17 03 2024

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et je rajoute aujourd’hui ces indices, les deux premiers pour l’arrondissement :

■ et d’un :

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■ et de deux :

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■ et le troisième, pour le lieu-dit lui-même :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le foulon

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Le foulon est un moulin à eau où l’on battait ou foulait les draps de laine ou de chanvre, à l’aide de maillets ou battoirs. Le mot est issu de l’ancien français fole ou folle, attesté au XIIè siècle et prononcé foule, « moulin à foulon où l’on battait le drap », d’où le follon, « machine à pilon » employée à cet effet. Ce dernier terme est issu du latin fullonem, accusatif de fullo, « celui qui presse les étoffes, dégraisseur d’étoffes », du latin populaire *fullare, « fouler, presser ».

Les micro-toponymes du type (Le ou Les) Foulon(s) sont de loin les plus nombreux et répartis sur tout le territoire, mais avec une prépondérance pour les régions de langue d’oïl. On trouve également un nombre important de Moulin Foulon, Moulin à Foulon et Moulin de Foulon. Quelquefois, ces noms sont accompagnés du nom du propriétaire (Foulon Brosset à Grandchamp, Yonne ; Foulon Michaux à Avallon, Yonne etc.), du nom du hameau (Foulon d’Auzel à Puymirol, Lot-et-Garonne ; le Foulon de Saint-Victor à Montesquieu-Volvestre, Haute-Garonne etc.) ou d’une caractéristique quelconque (le Foulon Rouge à Brienon-sur-Armançon, Yonne ; le Foulon Marbré à Couloutre, Nièvre ; le Vieux Foulon à Domrémy-la-Pucelle, Vosges ; les Grands et les Petits Foulons à Ligueil, Indre-et-Loire etc.). D’autres fois, c’est le foulon qui accompagne un autre nom comme pour le Carroi du Foulon à Lussault-sur-Loire (Indre-et-Loire), la Côte du Foulon à Orret (Côte-d’Or), la Fosse du Foulon à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne), l’Île du Foulon à Tomblaine (Meurthe-et-Moselle – île qui, sur la Meurthe, n’est pas citée dans le Dictionnaire étymologique des îles françaises, de votre serviteur, paru aux éditions Désiris en 2023, mais je ne peux pas être partout !), la Sente du Foulon à Maignelay-Montigny (Oise), et bien d’autres plus banals comme des Chemins  du Foulon, Champs du Foulon, Prés du Foulon etc. Une seule commune tient une partie de son nom de ce type de moulin : il s’agit d’Oulches-la Vallée-Foulon (Aisne, cf. le hameau).

S’agissant de moulins à eau, on ne sera pas surpris de trouver ce nom dans celui de quelques cours d’eau comme Le Foulon (à Vaillac, Lot, à Flavigny, Cher et à Trucy-sur-Yonne, Yonne), le Ruisseau du Foulon (à Saint-Sernin-du-Bois, Saône-et-Loire), le Ruisseau du Moulin à Foulon (à Quilly, Loire-Atlantique), le Torrent du Foulon (à Sixt-Fer-à-Cheval, Haute-Savoie) etc. ainsi que des Étangs du Foulon (Gueugnon, Saône-et-Loire etc.), une Fontaine au Foulon (à Cuves, Haute-Marne), un Aqueduc du Foulon (à Cipières, Alpes-Maritimes) et même une Cascade du Foulon (à L’Abergement de Varey, Ain) etc.

D’autres formes de ce terme apparaissent comme Le Foullon (à Chérencé-le(Roussel, Manche etc.), Le Folon (à La Table, Savoie et à Ban-de-Sapt, Vosges etc.), Les Folons (à Bandrécourt, Vosges etc.) et peut-être Follon (à Copponex, Haute-Savoie) qui est en hauteur et loin d’un cours d’eau.

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Semur-en-Auxois (Côte-d’Or) : le Foulon de la Laume

Il conviendra toutefois de faire attention à certains de ces toponymes qui peuvent être issus du nom de famille Foulon (sobriquet désignant par exemple celui qui travaille dans un moulin à foulon) d’où sont issus à coup sûr des noms comme le lieu-dit Pierre Foulon à Chantenay-Villedieu (Sarthe), le Bosquet de Louise Foulon à Coingt (Aisne), la Bergerie de Foulon à Buis-les-Baronnies (Drôme), le Moulin de Foulon à Montereau (Loiret), l’Hôtel Foulon à Villiers-Fossard (Manche – qui est bien un lieu-dit, pas un hôtel) etc.

Un dérivé foulonnerie a été  formé pour désigner la profession ou l’atelier de celui qui apprête les draps en les foulant : on le retrouve dans une vingtaine de La Foulonnerie (comme à Continvoir, Restigné et Saint-Jean-Saint-Germain en Indre-et-Loire etc.) tandis que la foulonnière apparait dans une cinquantaine de La ou Les  Foulonnières (comme à Laleu et Coulonges-sur-Sarthe, dans l’Orne, etc.). De la même manière, la foulerie a désigné, principalement dans le Nord de la France, le moulin à foulon lui-même, d’où une cinquantaine de lieux-dits (La) Foulerie (comme à Juniville, Ardennes ; Essé, Ille-et-Vilaine etc.), la Vieille Foulerie (Isles-sur-Suippe, Marne) et un Ruisseau de la Foulerie (Champs, Orne).

La graphie savoyarde, avec z terminal, se retrouve dans les noms de La Foulaz, La Foulaz Nord et La Foulaz Sud à Bonneville (Haute-Savoie)  ainsi que dans ceux de La Follaz à Burdignin (Haute-Savoie), du Gollet du Follaz à Lompnas (Ain) et de La Follaz, un ruisseau affluent de Brévon à Lullin (Ain).

En pays de langue d’oc, où le terme « foulon » était aussi utilisé et a fourni quelques toponymes comme on l’a vu, un autre mot a été utilisé pour nommer ce type de moulins : il s’agit de parador, dérivé de parar, « parer » en parlant du foulage et du dégraissage des draps. Parador désignait aussi bien le moulin (molin parador) que le foulonnier (parador). On trouve plus de quarante toponymes du type (Le ou Les) Paradou (s ou x). On trouve ainsi Le Paradou, une commune du canton de Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), le Moulin Paradou à Brassac (Tarn), Lou Paradou à Tourves et à Roquebrune-sur-Argens (Var), le Mas du Paradou à Saint-Félix-d’Avall (Pyrénées-Orientales) etc. auxquels s’ajoutent deux hydronymes, la Font de Paradoux à Ignaux (Ariège) et la Beune du Paradoux à Saint-André-d’Allas (Dordogne, avec l’occitan beuna, « corbeille, banne », nom donné par analogie de forme à un ruisseau). Une variante se découvre dans le nom de Paradon et du ruisseau de Paradon à Pinols (Haute-Loire) et dans celui de Paradol à Saint-Jouy-de-Chalis (Dordogne).

Sur le même verbe parar a été formé, en parallèle avec le parador, le paraire (comme on trouve le doublet pescador/pescaire, « pêcheur ») qui a donné quelques noms de lieux-dits comme le Paraire (Junhac, Cantal ; Les Mées et Barême, Alpes-de-Haute-Provence etc.) ou le Moulin de Paraire (Belcastel, Aveyron) ou encore le Mas Paraire (Maureilhas-las-Illas, Pyrénées-Orientales). Avec une graphie un peu différente apparaissent une quinzaine de lieux-dits (Le ou Les) Parayres ainsi qu’un Ancien Moulin du Parayre (Saint-Bonnet-de-Montauroux, Lozère), le Moulin de Parayre (Lescure-Jaoul, Lunac et Flagnac, Aveyron) et, là aussi, un Mas Parayre (Thuir, Pyrénées-Orientales). Ces derniers exemples montrent que ces noms ont pu devenir des noms de famille utilisés à leur tour pour désigner un lieu.

Sans doute issu de la composition de batre et folar, « battre » et « fouler », l’occitan batifòl a désigné lui aussi le moulin à foulon, d’où le nom du ruisseau du Batifol à la Forie (Puy-de-Dôme) et des lieux-dits Batifol (à Castelsagrat, Tarn-et-Garonne ; Chastel, Haute-Loire etc.) ou encore de Batifoil à Marcenat (Cantal). L’artisan lui-même a donné son nom au Batifolier de Saint-Sauveur-de-Peyre (Lozère).

Batifol Chastel Haute Loire

Le Moulin de Batifol à Chastel (Haute-Loire) – voir le site

En Aquitaine et Gascogne, on parle simplement de batan ou de moulin batan, d’où quelques lieux-dits le Batan (Masseube, Gers ; Lacour, Tarn-et-Garonne etc.), le Moulin Batan (Cuzon, Lot-et-Garonne ; Moulon, Gironde etc.), un Gave des Batans (Estaing, Hautes-Pyrénées) et un ruisseau de Batanès (Meilhan, Landes) etc. Sur ce terme a été formé le nom du foulonnier c’est-à-dire le batanaire ou batandier, d’où des lieux-dits Batanayré (Saint-Aubin et Beauville, Lot-et-Garonne etc.) et Batandier (Ferrières-Saint-Mary, Cantal). Ce dernier nom, hors du domaine gascon, montre que le nom est, là aussi, devenu nom de famille et a voyagé. L’orthographe avec –tt– est plus rare mais on trouve néanmoins le Battan (Pompéjac, Gironde ; Asson, Pyrénées-Atlantiques ; Mazerolles, Landes etc.), le Battant ( Flaugnac, Lot etc.), un Moulin du Battant (Bellefond, Gironde) etc. et d’autres qu’il faut bien distinguer du qualificatif « battant » pour « vaillant, guerrier »

« Et les Bretons ? » me demanderez-vous.  Eh bien, les Bretons parlaient eux aussi de « foulon » mais également de komm ou de milin komm. Je n’ai pas trouvé de noms de lieux formés sur ces termes sauf  Gore Koad Komm et Koad Komm à Laz (Finistère), avec gore, « molène bouillon-blanc » et koad, « bois », mais comme komm peut aussi vouloir dire « auge, cuvette « ou « combe », je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’un moulin … Pourtant, les Bretons ont bien dû faire des kommeries, comme tout le monde, non ?

Rog-loupe-rouge

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au moulin à foulon.

Un autre lieu-dit de la commune où il se situe a été mentionné sur ce blog à propos de la qualité de sa terre.

Cette commune porte le nom d’un parmi sept chargés de porter la bonne parole.

■ un indice pour la commune et pour le pays :

indice c 17 03 2024

■ un deuxième indice :

indice g 17 03 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Zorzières à Arâches-la-Frasse (H.-Sav.) : la répàladev

podium-vainqueur-unique Ma dernière devinette a été résolue et décortiquée avec brio par LGF. Bravo à lui !

Il fallait trouver les Zorzières à Arâches-la-Frasse du canton de Sallanches, dans l’arrondissement de Bonneville en Haute-Savoie, en pays de Faucigny.

Arâches-la-Frasse :

local-Arâches-la-Frasse

Le chalet des Zorzières, tout en bas à droite :

ZORZIERES IGNCapture

cdl d

La toponymie

■ (Les) Zorzières : ce nom a été formé par passage habituel en savoyard du son [j] au son [z] donnant *orzière pour orgière, « champ d’orge », suivi d’une mécoupure de *Les Orzières donnant Les Zorzières.

Arâches-la-Frasse : cette commune a été créée en 1973 par la fusion d’Arâches et de La Frasse, deux villages voisins.

Arâches : attesté Arrachia en 1204, Arachi en 1272 puis Arache, ce toponyme a suscité diverses interprétations. Dauzat & Rostaing (DENLF*) y voient un dérivé du verbe arracher avec le sens d’essart ou défrichement. Le patois savoyard dit arachi  pour « arracher, essarter, défricher », du français arracher, ancien français esrachier, « arracher », lui-même du bas-latin exradicare, altération du latin eradicare, « déraciner, détruire », de radix, radicis , « racine » avec le préfixe e, ex. E. Nègre (TGF*) émet l’hypothèse d’un équivalent franco-provençal de l’oïl arage, « terre labourable », mis au pluriel. Charles Marteaux (1861 – 1956), cité par Roland Boyer (Les noms de lieux de la région du Mont-Blanc. Nouvelle édition revue et complétée. Editions Myrtha S.A., Sallanches, 1987) écrit qu’une forme ancienne *Arasca indiquerait, par son suffixe, une origine ligure et dont la racine ar pourrait représenter le nom le plus ancien de son torrent – mais cette forme ancienne n’est nulle part attestée.

La Frasse : plusieurs étymologies sont là aussi possibles. Tout d’abord, un dérivé fraxia du latin  fraxinus, « frêne », qui a donné le vieux français fraisse ou frasse : le frêne, très utilisé en menuiserie, pouvait constituer un arbre suffisamment remarquable au point que son nom serve à désigner un domaine, une ferme. On a également proposé le patois frache, « fracture », du latin fractus, « brisé », pour décrire une cassure, une brèche, un couloir d’éboulis. Du même latin fractus, on a proposé le sens de « coupe de bois, défrichement » (cf. les noms de famille Frachiboud, Frachibosou Frachiboz, avec bos, boz, « bois ». Enfin, le mot régional frache aurait le sens de « broussailles le long des torrents » (GTD Pégorier*), mot formé sur le patois fraçhi, « couper [des arbres] à ras de terre ».

♦ Les habitants d’Arâches sont appelés Catelus. Cf. plus bas pour le sens de ce sobriquet.

Sallanches : cette commune avait fait l’objet d’un article le 04 juillet 2021 dans lequel j’expliquais :  « attesté Salanchia et Chalanchia en 1178, ce nom correspond sans mystère à l’occitan alpin chalancha étudié dans le précédent billet.», où j’expliquais : « Étymologiquement, l’occitan alpin chalancha, « pente très raide, précipice », provient de la racine pré-indo-européenne bien connue *kal-, »pierre, rocher » palatalisée en chal-, accompagnée du suffixe ligure –anca. »

Bonneville : les comtes de Savoie, associés aux seigneurs de Faucigny, ont cherché à étendre leur territoire et à en remodeler l’espace politique. C’est ainsi que Pierre II de Savoie et sa fille Béatrix de Faucigny créèrent une nouvelle ville qu’ils appelèrent Bona Villa en 1283 et qu’ils dotèrent d’une charte de franchises six ans plus tard (Bone Ville est attesté en 1288).

Faucigny : ce pays historique du bas Moyen Âge était formé de partie de l’ancien Genevois et avait pour chef-lieu primitif Faucigny puis Bonneville. Le nom du pays est une formation du haut Moyen Âge sur l’ancien nom de la ville Fulciniacum. Celle-ci est attestée de Fulciniaco vers 1059. Ce nom remonte à l’époque impériale, formé sur le nom de personne latin Fulcinius accompagné du suffixe locatif gaulois –aco. En tant que tel, le pays est mentionné à partir de 1138 ; sa graphie médiévale la plus fréquente est du type Faucigniaci, attestée en 1318. Par la suite , il sera graphié de différentes manières, principalement Faussigny et Fossigny au XVIIè siècle, avant que la graphie moderne Faucigny, calquée sur la graphie latine tardive, ne soit définitivement adoptée au XIXè siècle.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl d

Les indices

Catelus : les habitants d’Arâches-la-Frasse sont appelés Catelus. En patois savoyard, Kâteleû ou Catelu signifie « crotté », cf. le Dictionnaire français-savoyard de Roger Viret (page 167) ou encore le Dictionnaire savoyard d’Aimé Constantin (Société florimentane, 1902, clic) :

CATELU dicoCapture

Sans doute donné par des voisins moqueurs, ce sobriquet ne plait pas à tout le monde, notamment à l’Office de tourisme qui a trouvé une autre étymologie (clic) :

CATELU CaptureNB les habitants de La Frasse sont les Angorins, « ceux qui aiment la bonne chère ».

indice a 10 03 2024 ■ Il fallait identifier un frêne déraciné, soit un mélange des différentes étymologies données pour Arâches-la-Frasse, « arrache le frêne » …

Ponson Calanque ■ ce tableau avait déjà été utilisé pour illustrer le billet consacré aux calanques et chalanches et devait faire penser à Sallanches.

indice b3 12 03 2024 ■ cette forêt de sapins devait orienter les recherches vers la Savoie dont la première attestation du nom était Sapaudia chez l’historien Ammien Marcellin à la fin du IVè siècle. À l’époque impériale romaine, des habitants de ce pays portent le nom de Sapaudus et Sapauidus, ce qui  oriente vers un composé du gaulois *sapo, « sapin » et *uidu, « bois », muni du suffixe latin –ia qui sert à nommer des territoires à partir du nom de ses habitants : Sapaudia est régulièrement issu de *Sapauidia. Le nom évoluera en occitan  à Savoia à la fin du XIIè siècle et en français à Savoie dès 1258.

Les indices du mardi 12 mars 2024

Ma dernière devinette n’a pas trouvé preneur… J’en rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom a trait à l’orge.

La commune où il est situé porte un nom composé de celui des deux localités qui la forment. L’étymologie du premier nom n’est pas sûre : s’agit-il d’un dérivé du nom très ancien d’un cours d’eau ou d’un mot plus récent relatif au défrichement ? L’étymologie du deuxième nom n’est pas plus sûre : s’agit-il d’un nom relatif à un arbre, à des broussailles ou, là aussi, à un défrichement ?

Le sobriquet porté parses habitants, sans doute jadis donné par leurs voisins, signifie, dans la langue régionale, « sale, dégoûtant, crotté » ‒ mais une source locale préfère aujourd’hui lui donner un sens plus valorisant, semble-t-il inventé de toutes pièces

Le chef-lieu de canton porte un nom dérivé d’une racine pré-indo-européenne bien connue.

La ville qui est devenue le chef-lieu de l’arrondissement a reçu, lors de sa fondation, un nom laudatif confirmé quelques années plus tard par des privilèges qui lui furent accordés.

Le pays historique, dont la ville précédente était la capitale, doit son nom à un ancien domaine gallo-romain.

J’en ai déjà beaucoup dit, mais je rajoute quand même cet indice, pour la commune :

indice a 10 03 2024

60px-Asterism.svg

Les indices

■ l’indice ci-dessus concerne l’étymologie possible des deux termes qui forment le nom de la commune.

■ pour le chef-lieu de canton :

Ponson Calanque

■ pour la région :

indice b3 12 03 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

L’orge

J’ai écrit naguère un paragraphe à propos des toponymes liés à l’orge que j’approfondis aujourd’hui.

ORGE planche 

  Le latin hordeum, « orge », apparait dans le nom de la commune d’Orges (H.-Marne, de Orgeis en 1115) et, au diminutif, dans celui d’Orgeux (C.-d’Or, Urgeolum en 1100, avec le suffixe diminutif –eolum). Les noms de lieux-dits sont représentés par la Basse des Orges (les Voivres, Vosges), la Terre des Orges (Crépy, Aisne), le Pré aux Orges (Boncourt-sur-Meuse, Meuse), les Orges Foins (Saint-Lyé, Aube) et quelques autres. Il conviendra de bien faire la distinction d’avec l’hydronyme Orge (affluent gauche de la Seine et affluent du ruisseau de Ruppes dans les Vosges, tous deux de la racine hydronymique pré-celtique *orob).

C’est ce même latin hordeum, « orge », qui est à l’origine du bas latin hordearia d’où sont issus les français « orgère » et « orgière » , « champ d’orge ».

Quatre communes portent un tel nom : ce sont Orgères (I.-et-V., May. et Orne) et Orgères-en-Beauce (E.-et-L., Orgeria vers 1040).

Les hameaux et lieux-dits sont bien plus nombreux, près de soixante-dix, parmi lesquels près de trente (L‘) Orgère et quarante (Les) Orgères.  Ces noms peuvent être déterminés comme pour la Grande et la Petite Orgère (La Chapelle-Bertrand, Deux-S.) ou les Orgères Nord et les Orgères Sud (Germinon, Marne) ou au contraire, et c’est le cas le plus fréquent, servir de déterminant comme pour la Ferme de l’Orgère (Nogent, H.-M.), la Ferme des Orgères (Mareilles, id.), le Fond des Orgères (Thorigny-sur-Oreuze, Yonne), la Garenne d’Orgère (Baudeville, E.-et-L.), le Moulin d’Orgère (La Chapelle-Saint-Rémy, Sarthe), les Cours d’Orgères (Saint-Germain-du-Pinel, I.-et-V.) et quelques autres dont le Ruisseau d’Orgères (Savigny, H.-Sav.).  En Loire-Atlantique, le nom apparait sous la forme L’Orgerais à Ruffigné, Blain, Joué-sur-Erdre et Rougé, nom qu’on retrouve en Ille-et-Vilaine à Liffré.

Moins nombreux, les dérivés d’« orgière » apparaissent tout de même dans le nom de la commune de Lignières-Orgières (May., où l’on cultivait aussi le lin) et dans celui de moins de vingt lieux-dits du type (L’ ou Les ) Orgière(s) ainsi que la Grange des Orgières (à Saint-Claude, Jura – et j’ai bien écrit orgières, pas orgies), la Cime d’Orgières (La Chalp, Is.), l’Étang d’Orgières (Nantoin, id.) ou encore le Ravin d’Orgières (Villa-Loubière, H.-A.).

L’agglutination de l’article a donné des noms comme Lorgère (Saint-Sauvant, Ch.-Mar. et Availles-Limouzine, Vienne etc.), Lorgière (la Neuville, Nord) et Lorgières (Beaufort, Sav.) ainsi que quelques Lorgerie (la Chapelle-Anthenaise, May. etc.), Lorgerais (Romillé et Pacé, I.-et-V. etc.), Lorgeraye (Souligné-Flacé, Sarthe) etc.. Notons toutefois que les noms de Lorges (L.-et-C.) et Lorgies (P.-de-C.) sont issus du nom d’homme latin Loreius, sans rapport avec l’orge.

Plus proche de l’étymon hordeum, l’occitan ordi se lit dans le nom du Gros d’Ordi à Lautrec (Tarn) et la variante franco-provençale ordière se retrouve dans des noms comme L’Ordière (D’Albiez-Montrond et Valmeinier, Sav.) ou Les Ordières (la Chapelle-du-Mont-du-Chat et Saint-Michel-de-Maurienne, Sav. ; Onnion, H.-Sav. ; D’Apremont, Ain). Les Oridières, nom d’une maison isolée en clairière à Onnion (H.-Sav.) semble se rattacher également à cette série.

Bière Grain d'Orge

L’orge de printemps à deux rangs d’épillets était appelée baillarge ou baillarc en ancien français et balharc ou balhart en gascon (du latin balearicus, soit « baléarique » car ce serait une orge méditerranéenne) ». Ce nom se retrouve dans le Midi et le Poitou sous des formes variées comme Baillarge (Treize-Vents, Vendée ; Saint-Sulpice-de-Faleyrens, Gir. etc.), Baillarguet (Aurensan, Gers ; Pinel-Hauterive, L.-et-G. ; Montferrier-le-Lez, Hér. etc), Baillargeau (Brigueil, Oradour-Fanais et Brossac, Char. ; Cavignac et Gauiaguet, Gir. etc.), Baillargeaux (Épénède et Mouzon, Char. etc.), Baillargas (Jugazan, Gir.), Baillarjoux (Échougnac, Dord.) et quelques autres.

L’orge d’hiver était appelée escourgeon (Hordeum hexastichon L.) par analogie de forme entre les épillets disposés sur six rangs et le fouet fait de lanières nommé escorgé ou escourgée. On retrouve ce nom dans quelques toponymes comme Les Escourgeonnières (Pouan-les-Vallées, Aube), L’Escourgeas (Barges , H.-L.), Les Escoujades (Gaillargues-le-Montueux, Gard et Luc, Lozère), les Escoujats (la Palme, Aude) et Escoujadisses (Saint-Jean-la-Fouillouse, Loz.).

Bière Heiz L’orge se dit heiz en breton d’où heizeg pour « champ d’orge », mais cette culture étant peu répandue en Bretagne, les toponymes qui y font référence sont extrêmement rares. On peut néanmoins citer le lieu dit Liorz Heiz, « courtil, jardin d’orge », à Ploubezre (Fin.) et  le lieu-dit Kersunis à Laz (Finistère) dont la forme Ker Eizueiniz de 1686 semble issue de heiz, « orge » et quiniz, « froment », précédés du bien connu Ker, « village ». On notera également le nom breton An Heizeg simple adaptation du nom d’Orgères (I.-et-V.). Attention toutefois à l’ancien breton heiz, « cerf », qui apparait dans des toponymes comme Ar Poulheiz, « la mare au cerf », à Plouzélambre (C.-d’A.).

Bière Gerste

 

 

L’orge se dit Gerste en allemand d’où les noms Gerstenfeld, « champ d’orge » ( Gundershoffen, Oberbronn, Oberlauterbach et Witzenbach, dans le Bas-Rhin), Gerstengarden (Hagenbach (H.-Rhin) ainsi que Ober et Unter Gerstenbach (Wildenstein (id.).

 

 

 

 

L’orge se dit garagar en basque et apparait dans le nom de Garagaratia (Larau, P.-A.) avec un suffixe locatif. (et non, je n’ai pas trouvé de bière basque …)

 


PS : vous voyez bien que ça valait le coup d’approfondir le sujet !

rog

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom a trait à l’orge.

La commune où il est situé porte un nom composé de celui des deux localités qui la forment. L’étymologie du premier nom n’est pas sûre : s’agit-il d’un dérivé du nom très ancien d’un cours d’eau ou d’un mot plus récent relatif au défrichement ? L’étymologie du deuxième nom n’est pas plus sûre : s’agit-il d’un nom relatif à un arbre, à des broussailles ou, là aussi, à un défrichement ?

Le sobriquet porté parses habitants, sans doute jadis donné par leurs voisins, signifie, dans la langue régionale, « sale, dégoûtant, crotté » mais une source locale préfère aujourd’hui lui donner un sens plus valorisant, semble-t-il inventé de toutes pièces

Le chef-lieu de canton porte un nom dérivé d’une racine pré-indo-européenne bien connue.

La ville qui est devenue le chef-lieu de l’arrondissement a reçu, lors de sa fondation, un nom laudatif confirmé quelques années plus tard par des privilèges qui lui furent accordés.

Le pays historique, dont la ville précédente était la capitale, doit son nom à un ancien domaine gallo-romain.

J’en ai déjà beaucoup dit, mais je rajoute quand même cet indice, pour la commune :

indice a 10 03 2024

Réponse attendue chez leveto @sfr.fr

Voulvé à Cazes-Mondenard (T.-et-G.) : la répàladev

LGF est le premier à avoir résolu ma dernière devinette

Il fallait trouver le lieu-dit Voulvé à Cazes-Mondenard dans le canton du Pays de Serres Sud-Quercy (chef-lieu Lafrançaise) de l’arrondissement de Castelsarrasin  (Tarn-et-Garonne).

Dans la même commune, on trouve également les Boulbènes Basses et Boulbènes et Garrigues qui peuvent être des réponses : ce sont d’ailleurs celles que m’a données TRS (et LGF en plus de celle que j’attendais).  Mais, si je veux être tatillon, je peux faire remarquer qu’il fallait trouver un toponyme « lié » au mot du jour et non pas « le » mot du jour lui-même …

Cazes-Mondenard :

local-Cazes-Mondenard

Voulvé, tout en haut, sur la route du Paradis :

VOULVÉCapture

cdl 1

La toponymie

Voulvé

Ce nom est dérivé de « boulbène » avec passage habituel en gascon des –b– à –v– et, comme pour l’ancienne commune de Boulvé (aujourd’hui Porte-du-Quercy, Lot), masculinisation par recul de l’accent.

Cazes-Mondenard

Cazes est attesté ecclesia Sancti Petri de Cazex en 1096, Sancta Maria de Cazegs en 1115 et Casexs en 1326. Cette dernière forme correspond au pluriel de l’occitan caset, « petite maison », du latin casa. Je citais cette commune dans l’article consacré au latin casa.

Mondenard est attesté en 1042 à propos d’un individu nommé Guillaume de Montehenaldo. On trouve en 1115 les noms Pontius de Montelanard et Poncius de Montelanardo qui deviendra Pons de Montlanard en 1135. Le nom évoluera encore jusqu’à être écrit Mondenard sur la carte de Cassini (feuillet 36, Cahors, 1782). Les premières formes du nom sont composées du latin montem, « mont » dans le sens de « motte castrale », accompagné d’un nom de personne d’origine germanique, probablement Lanhardus, de land, « pays » et hard « fort ».

CPA cazes-mondenard

Papa ? Non, c’est pas vrai ! il est pas au café ! Il boit un Picon à la mairie !

Le site de la mairie fait état d’une étymologie que je qualifierai de populaire et que je recopie ici  : « Mondenard s’écrivait autrefois Mont Lanard, ce qui signifie mont de la laine. Ce nom aurait été attribué par Charlemagne qui, voulant récompenser le courage et le dévouement d’un de ses lieutenants nommé Carles, lui fit don de cette terre récemment conquise sur laquelle paissaient des brebis et des moutons. Charlemagne aurait donc dit : « Carles, je te fais Seigneur de cette terre qui portera le nom de Mont Lanard ». Effectivement, à cette époque, l’élevage ovin était la première activité économique du pays. » J’aurais pu ajouter cet exemple à mes articles consacrés aux légendes toponymiques, mais je ne le connaissais alors pas ! On remarquera cependant que le gascon dit lan pour « laine », lanatge pour « lainage » et lana, lanat pour « laineux » (Trésor du Félibrige) mais qu’il n’existe, à ma connaissance, rien en occitan qui ressemble à *lanard. Tout au plus trouve-t-on la commune de Lanas (Ardèche) du surnom Lanatius, attesté dans la gens Menenia, de lanatus, « couvert de laine » – donc « douillet » ?).

■ canton du Pays de Serres Sud- Quercy

Le nom de Pays de Serres fait allusion aux serres, c’est-à-dire aux coteaux calcaires séparés par des vallons encaissés qui donnent à l’ensemble un aspect en dents de scie, sèrra en occitan.

Le Quercy : ce nom se rattache, comme celui de Cahors, aux Cadurques : il est la forme phonétique du produit du dérivé en –inus de Cadurcus, Cadurcinus, porté dans des formes du VIè siècle (Cadurcinus en 565), du VIIè siècle (pagus Catorcinus en 628) et  in Caercino de 1095, signifiant « dans le Quercy ».

Lafrançaise

« Le nom de Lafrançaise (T.-et-G.) montre bien que cette forteresse occitane est celle des Français, les terres ayant été données au roi de France Philippe le Hardi par Bertrand de Saint-Geniès en 1274 », écrivais-je dans un article consacré aux bastides du Sud-Ouest. Dès 1274, la bastide fut appelé Villa Francese.

Castelsarrasin :

L’étymologie de Castelsarrasin (T.-et-G.) donnée par Dauzat & Rostaing (DENLF*) et reprise par E. Nègre (TGF*), qui s’appuyaient sur l’attestation de 847 d’un castrum quod Cerrucium vocatur pour expliquer le nom de Castelsarrasin par celui d’un homme latin Cerrucius, nom tombé par la suite (Castrum Saracenum en 961) dans l’attraction du nom des Sarrasins, est aujourd’hui contestée. Selon P.-H. Billy (DNLF*), l’identification du castrum Cerrucium avec Castelsarrasin est erronée.

La ville est en effet attestée seulement au XIIè siècle, en 1137 Castelli Sarraceni puis Castro Sarraceno en 1156. Le latin castellum (qui apparaît dans le nom de 1137), diminutif de castrum (employé en 1156), a désigné, durant le haut Moyen Âge, toute fortification érigée dans un but militaire ou de protection (d’une abbaye, d’une ville …) puis, dès l’an mil, une ville fortifiée. Ici, il s’agit d’un château seigneurial établi par les comtes de Toulouse et dont le nom serait lié à un personnage, Ramondus Sarracenus. Lié à la famille comtale par sa femme, ce dernier aurait été chargé de mettre en place, outre les sauvetés (fondations urbaines autour de l’asile d’une église) de Montech en 1134 et de Montauban en1144, le castelnau (fondation urbaine autour du château) qui a pris son nom. La forme occitane Castel Sarrazi apparaît en 1162 tandis que la forme française actuelle semble n’apparaître qu’au milieu du XVIIIè siècle et ne figure dans les nomenclatures officielles qu’en 1818.

Je citais cette commune dans un article consacré aux Maures et aux Sarrasins, dans un article consacré aux châteaux et dans un autre article à propos des Vandales. J’ai profité du billet d’aujourd’hui pour effectuer des mises-à-jour et pour compléter la page wikipedia.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cdl 1

 

Les indices

indice a 03 03 2024  ■ Philippe III le Hardi était roi de France quand on lui offrit en 1274 la nouvelle bastide qui allait devenir Lafrançaise.

indice a 05 03 2024 ■ cette image était censée l’empereur Charlemagne, trônant près d’un rouet et entouré de moutons pour rappeler la légendaire étymologie du Mont Lanard, « mont de la laine ».

indice b 05 03 2024  ■ il fallait reconnaître une grappe de chasselas de Moissac, raisin bénéficiant d’une AOC (appellation d’origine contrôlée) cultivé sur les coteaux du Bas Quercy, entre autres à Cazes-Mondenard.