Les indices du mardi 05 mars 2024

Personne n’a encore trouvé la réponse à ma dernière devinette.

L’énoncé en était le suivant :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour [boulbène].

Le nom de la commune où il se situe est composé de deux mots réunis par un trait d’union. Le premier désigne un ensemble d’habitations, le deuxième rappelle le seigneur, au nom d’origine germanique, qui occupait une motte castrale.

Le nom du canton mentionne celui du pays complété par celui de la région. Son chef-lieu porte le nom, adjectivé, du territoire auquel il appartient.

Le chef-lieu d’arrondissement fut, selon son nom, confié à un personnage dont le nom indiquait son origine étrangère.

Un indice pour le chef-lieu du canton :

indice a 03 03 2024

gappe-de-raisin

Les indices du mardi

■ la commune a été citée sur mon blog comme exemple de l’utilisation sous sa forme simple d’un nom d’habitations dans la première partie de son nom.

■ le chef-lieu du canton a été cité, sur ce même blog, comme exemple d’une façon d’indiquer  l’allégeance voire l’appartenance à un territoire.

■ le chef-lieu d’arrondissement a été cité à plusieurs reprises, toujours sur ce même blog, dont deux fois en raison d’envahisseurs différents.

■ un indice généré par IA pour l’étymologie légendaire de la deuxième partie du nom de la commune :

indice a 05 03 2024

■ et une jolie photo :

indice b 05 03 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Boulbène

« Terre composée principalement d’argile et de sable, composant le sol de la région du Sud-Ouest de la France, plus particulièrement de la vallée de la Garonne », selon la définition donnée par le CNRTL, la boulbène est une terre d’alluvion, une variété de luvisol ou sol lessivé, constituée d’éléments très fins, siliceux ou argilo-siliceux, particulièrement présente sur les terrasses et les terrains en pente douce.

Ce mot est issu du gascon bolbena, parfois borbena ou volvena, dont l’étymologie est incertaine. F. Mistral (TDF*) émet l’hypothèse d’une racine bolb– issue du latin pulvis, « poussière », accompagnée du suffixe –eno. J. Astor (NFLMF*), entre autres, penche pour une origine selon le gaulois *borb, « source bouillonnante » d’où « boue, bourbe », suivie du suffixe toujours gaulois –enna – mais la boulbène, plutôt siliceuse, n’est pas tant boueuse. P. Gastal ( Nos Racines Celtiques – Du Gaulois Au Français. Dictionnaire. Éditions Desiris, 2013) rapproche ce nom du basque bolbora, « poudre », lui-même emprunté à l’espagnol pólvora, de même sens, ce qui appuie l’hypothèse mistralienne.

Les toponymes issus de ce nom présentent diverses formes avec passage de b à v, un ou deux n, agglutination de l’article, etc.

Les noms du type (La ou Les) Boulbène(s) ou Laboulbène, sont de loin les plus nombreux, avec plus de trois cents exemples dont la commune tarnaise Laboulbène (Bolbena en 1328). Qu’ils soient au singulier ou au pluriel, avec ou sans l’agglutination de l’article, ces noms sont quelquefois accompagnés d’un déterminant, permettant de les distinguer les uns des autres. Outre les inévitables Boulbène Basse et Haute (Perville, T.-et-G.), Boulbène Nord et Sud (Saint-Antonin-Noble-Val, id.), on trouve des noms de propriétaires comme Boulbène de Mathieu (Lézat-sur-Lèze, Ariège), Boulbène de Jofres (Belpech, Aude), Laboulbène de Bardot (Castelnaud-de-Gratecambe, L.-et-G.), Les Boulbènes d’Albert (Penne, Tarn) etc. ainsi que des noms de hameaux voisins comme Boulbènes de Grandfonds (Castelculier, L.-et-G.), Boulbène de Couloussac (Montaigu-de-Quercy, T.-et-G.), Boulbène du Périgord (Verfeuil-d’Agenais, L.-et-G.), Boulbènes de Moncuquet (Cauzac, id.) et encore bien d’autres.

Boulbène-Quinsac-33

L’orthographe avec deux n est plus rare mais, outre des (La, Las ou Les) Boulbenne(s), on peut citer une Boulbenne de la Bouette (Roquecor, T.-et-G., bouette = « boue, terrain boueux »), les Boulbennes de Laure (Saint-Martin-d’Oydes, Ariège), les Boulbennes des Vitarelles (Seysses, H.-G., vitarelle = « auberge » cf. ici), La Boulbenne de Perrou (Engayrac, L.-et-G., perrou = « endroit pierreux »), etc. On peut rattacher à cette série les noms (la) Boulbonne (Belpech et Roullens, Aude ; Mazères, Le Cartaret, Les Pujols, Ariège etc.) et Les Boulbonnes du Fau (Verniolle, Ariège, fau, du latin fagus, « hêtre »).

La fontaine Garonne de la rue Boulbonne

La fontaine de la rue Boulbonne à Toulouse

Le rhotacisme est à l’origine de toponymes encore plus rares : on trouve ainsi La Bourbène (Villeneuve-lès-Montréal, Aude) et cinq  (Les) Bourbènes (Dord., Gir. et L.-et-G.) auxquels s’ajoutent des noms avec deux n comme La Bourbenne (Monestier et Saint-Capraise-d’Eymet, Dord.) et moins de dix Bourbennes (Dord., Gir., Nièvre et L.-et-G.).

Avec le passage à v du deuxième b, on trouve des noms comme (La ou Les ) Boulvène(s), une Pièce de Laboulvène (Saint-Eutrope-de-Born, L.-et-G.) ainsi que celui de l’ancienne commune Le Boulvé (aujourd’hui dans Porte-du-Quercy, Lot, Bolvena au XIVè siècle qui s’est masculinisé *bolve(n) par recul de l’accent ) et des micro-toponymes comme Boulvès (Moissac, T.-et-G.).

Apparu par application de la loi dite du moindre effort (ahah), le gascon bolbena a donné bobea francisé en « boubée », d’où près de cent quarante micro-toponymes comme (La ou Las) Boubée(s) parfois accompagnés d’un déterminant comme la Boubée de Lahitte (Beaucaire, Gers), La Boubée d’Engalen (Jegun, id.) etc. Dans le Gers, ces toponymes sont souvent formés avec la préposition à initiale comme pour À la Boubée (Auch), À la Grande et À la Petite Boubée (Endoufielle), À la Boubée de Castille (Saint-Orens-Pouy-Petit) etc. Notons également la forme occitane Boubeyo (Mauvezin, H.-G. ; Marsac, T.-et-G.) et la forme raccourcie Boube (Cassagnabère-Tournas et Francon, H.-G.).

Enfin, avec un v initial et l’agglutination de l’article apparaissent trois Lavolvène (Belvèze, Moissac et Montesquieu, T.-et-G.).

Tous ces noms, comme Boulbène, Boube ou Boubée, ont pu devenir patronymes (cf. le château en carte postale plus haut) et donc se répandre ailleurs que dans le Sud-Ouest, en tant que nom du propriétaire éponyme d’une ferme, d’un domaine, d’un hameau …

P.S. Vous connaissez la meilleure ? J’avais consacré un paragraphe à la boulbène dans un billet concernant la terre, il y a à peine plus de quatre ans …

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Rog-loupe-rouge

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour.

Le nom de la commune où il se situe est composé de deux mots réunis par un trait d’union. Le premier désigne un ensemble d’habitations, le deuxième rappelle le seigneur, au nom d’origine germanique, qui occupait une motte castrale.

Le nom du canton mentionne celui du pays complété par celui de la région. Son chef-lieu porte le nom, adjectivé, du territoire auquel il appartient.

Le chef-lieu d’arrondissement fut, selon son nom, confié à un personnage dont le nom indiquait son origine étrangère ou, du moins, celle de sa famille.

Un indice pour le chef-lieu du canton :

indice a 03 03 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tioulévé ou Lieu le Ver à Montsapey (Savoie) : la répàladev.

podium seul LGF est le seul à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver Tioulévé ou Lieu Le Ver, un lieu-dit de Montsapey, du canton de Saint-Pierre-d’Albigny, dans l’arrondissement de Saint-Jean-de-Maurienne en Savoie.

Montsapey, ici :

local montsapey

Tioulevé, là, en haut à droite :

TioulévéCapture

cul de lampe vert 1

La toponymie

Tioulévé ou Lieu le Ver : le premier de ces deux noms est celui que l’on trouve sur la carte IGN, sur le site de la mairie et le plus souvent sur les guides touristiques tandis que le second est donné par le fichier FANTOIR qui reprend, de façon fantaisiste, le premier nom connu de l’endroit. Une page Facebook consacrée à un établissement touristique donne même trois noms : Tioulevé, Lieulevé et Lieu Le Ver.

Le Dictionnaire topographique du département de la Savoie (J. J. Vernier, 1896) nous donne la forme ancienne Lieu-Lever qui deviendra Thialever au XXè siècle. Le chanoine Gros (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie, 1936 – rééd. La Fontaine de Siloé, 1994) voit dans ce nom un ancien L’Alever, dérivé d’alève, nom local du pin cembro, qui deviendra Lieulever.

Tioulévé-M

Photo trouvée sur le site de la mairie de Montsapey

Certains m’ont proposé comme solution le chemin des Arolles, toujours à Montsapey, mais je demandais un lieu-dit pas un chemin !

Montsapey :  la commune est attestée apud montem Sapetum en 1295 puis curatis Montis Sapeti au XIVè siècle. On reconnait dans ces noms le latin montem, « mont », et un collectif formé avec le suffixe –etum sur le radical sap– de sapinus, « sapin » : il s’agissait d’un mont couvert de sapins – ou de pins des Alpes, la distinction n’étant probablement pas bien faite à l’époque.

Saint-Pierre-d’Albigny : la paroisse est mentionnée pour la première fois en 1488 sous la forme S. Petrus de Albiniaco, qui reprend le nom d’un hameau plus ancien, noté in Albiniacum dès 1015. Formé avec le suffixe locatif –acum sur le nom d’homme gallo-romain Albinius, il s’agissait du « domaine d‘Albinius ». Saint-Pierre est bien entendu le nom de l’apôtre.

Saint-Jean-de-Maurienne : attesté Maurienna au VIè siècle puis eccl. S. Johannis Baptiste Maurogenna an 739. Le premier nom est celui qui donnera celui du pays (cf. paragraphe suivant), le deuxième mentionne l’église dédiée à saint Jean le Baptiste, qui baptisa Jésus.

La Maurienne : ce pays historique du haut Moyen Âge faisait partie de la province romaine appelée Alpes Cottiae ou Alpes Cottianae par Tacite à la fin du Ier siècle, du nom du chef gaulois Cottius qui avait réussi à préserver l’indépendance de cette région à l’époque de César, puis devint l’allié de l’empereur Auguste : déjà en 7 avant J.-C., le géographe Strabon mentionnait le pays sous le seul nom du chef gaulois, Κοττíον. Le nom du pays est attesté Maurienna en 754, reprenant celui de son chef-lieu, aujourd’hui Saint-Jean-de-Maurienne. Ce nom a été probablement formé dès le Vè siècle sur le gentilice latin Maurius avec le suffixe gaulois –enna. La graphie –ig-, attestée notamment dans in valle Maurigennica en 739, vaut pour –i– intervocalique dans de nombreux documents du haut Moyen Âge (DNLF*). L’hypothèse d’un nom d’homme latin *Maurigennus (TGF*) n’est pas nécessaire.

NB : ces deux derniers paragraphes avaient été publiés il y a moins de trois mois dans un billet concernant La Soif, à Saint-Rémy-de-Maurienne.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cul de lampe vert 1

Les indices

indice-b-25-02-2024 ■ Juliette Greco porte ici sa célèbre robe-fourreau noire (étape 4), une création du couturier Pierre Balmain, né à Saint-Jean-de-Maurienne.

■ « Quand je vous disais que le nom du lieu à trouver est bien caché » : l’utilisation de « lieu » à la place de l’habituel « lieu-dit» devait éveiller l’attention de ceux qui avaient déjà trouvé la commune Montsapey et les guider vers Lieu le Ver.

indice a 27 02 2024 ■ ce logo, connu des pêcheurs, indique un Lieu vert. Il s’agissait d’un à-peu-près sur le nom du Lieu le Ver.

Les indices du mardi 27/02/2024

TRS et LGF, qui ont déjà trouvé le nom de la commune où se situe le lieu-dit qui fait l’objet de la devinette, m’ont proposé un odonyme parfaitement en accord avec le thème du jour (le pin cembro) … mais il fallait trouver le nom d’un lieu-dit, pas d’une voie !

L’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour [arole etc.]– bien caché, vous aurez été prévenus.

Le nom de la commune où se trouve ce lieu-dit est lié à son type de relief accompagné de  l’essence principale de son couvert végétal.

Le nom du chef-lieu de canton comme celui du chef-lieu d’arrondissement sont des hagiotoponymes accompagnés d’un déterminant. Le premier est le nom d’un hameau issu de celui d’un domaine gallo-romain et le second est le nom du pays issu d’un gentilice romain.

Un indice :

indice-b-25-02-2024

 

cul de lampe vert 1

Les indices

■ Quand je vous disais que le nom du lieu à trouver est bien caché, ce n’était pas un mensonge. Il est d’ailleurs tellement bien caché qu’il apparait sous des formes différentes selon qu’on regarde le fichier FANTOIR (qui semble reprendre une forme ancienne) ou le site de la mairie (qui mentionne un nom plus récent, comme la carte IGN actuelle).

■ un indice, pour une des formes du nom à trouver :

indice a 27 02 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

♪ Oh ! Arole ! ♫

Autant par manque de temps que d’inspiration, j’écris aujourd’hui un petit billet qui concernera une espèce d’arbre d’altitude qu’on rencontre dans les hautes vallées de l’arc alpin, à savoir le pin cembro ou pin des Alpes. Son nom vernaculaire le plus courant, typiquement savoyard, vaudois et valaisan, est arole aussi écrit arolle, et accompagné de quelques variantes.

Pinus cembra

L’étymologie est incertaine. Un gaulois *arulla, diminutif de *arwa, « pin, conifère », a été proposé par certains auteurs tandis que d’autres avancent un gallo-roman *areilla issu d’un pré-roman *arua. L’aire de répartition géographique de ce terme peut orienter vers une origine celto-ligure.

Les toponymes issus de ce terme savoyard, vaudois et valaisan se  rencontrent naturellement dans ces mêmes régions et au-dessus d’une certaine altitude (entre 1300 m et 2500 m auront noté ceux qui ont suivi le lien précédent).

On trouve des lieux-dits L’Arole à Conand (Ain) et Les Aroles à Évire (H.-Sav.) et à École (Sav.) ainsi que le chalet et le ruisseau des Aroles à Granier (id.). En Suisse, se rencontrent le Basset de l’Arole (L’Etivaz, c. de Vaud) et la Tête des Aroles ( sommet 2000 m, Vallon de Van, c. du Valais). Avec différents suffixes apparaissent des noms comme Aroletta (deux sommets, une aiguille, un col et un glacier à Bionaz, Vallée d’Aoste, Italie), Arolette (un sommet à la Tête de Balme, c. du Valais, CH), Arolay (une forêt à Chamat, id.), Arolec (un alpage à Zinac, id. ; avec le suffixe collectif valaisan –ec) et Aroleid (une forêt à Zermatt, id. ; forme allemanisée).

Avec –rr-, on rencontre le collectif L’Arroley à Môretel-de-Mailles (Is.).

L’orthographe avec –ll– est également présente : on trouve ainsi L’Arolle à Pralognan-la-Vanoise (Sav.), les Arolles à Boëge (H.-Sav.) et à Chamonix-Mont-Blanc (id.), un refuge des Arolles à Beaufort (Sav.) et la Tête de l’Arollay, un sommet de Val-d’Isère (Sav.). En Suisse se trouve un Plan d’Arolle (Bagne, c. du Valais) et en Italie l’Arolla, un alpage à Gignat (Vallée d’Aoste) et un Bois d’Arolley à Saint-Rhémy-en-Bosses (id.) accompagné de la Croix de l’Arolley, parfois écrit Croix de la Rolley.

Avec la graphie savoyarde (le z final indiquant que la voyelle précédente est atone), on rencontre le diminutif  L’Arolettaz à Pralognan-la-Vanoise (Sav.) ainsi que La Rollaz, un alpage des Contamines-Monjoie (H.-Sav.) dont le nom est issu d’une mécoupure de L’Arollaz et qui a donné son nom au Bois de La Rollaz.

faux-ami-Aroles

D’autres noms ont été utilisés pour nommer le pin des Alpes, comme alève, alever, alevier, alvier, alevet, allevet, alevoz et arve, aravet (en Dauphiné et Savoie) ou encore éouve (en haute Provence). Ces noms seraient issus du latin aravicelos, résine de pin employée par les Taurini mentionnée par Pline dans son Histoire naturelle.

Le nom de la commune Allèves (H.-Sav., Alleves dès 1318) est issu du nom alève comme les collectifs L’Alevet (Saint-Hélène-du-Lac, Sav.) et L’Alevette à Termignon (id.) et au Mont Cenis (id.).

La forme arve est à l’origine d’oronymes comme le col d’Arves et les Aiguilles d’Arves qui le dominent à l’est, en Savoie, ainsi que la chaîne et la crête des Aravis (Sav. et H.-Sav.), sachant que les sommets ont souvent été nommés d’après l’alpe qu’ils dominent.

Aig d'Arves

Les Aiguilles d’Arves vues du col du même nom

Il convient toutefois d’être prudent avec ces noms puisqu’un hydronyme celtique *aturava pourrait être à l’origine du nom de l’Arve, affluent du Rhône qui coule au pied nord des Aravis et de son affluent l’Arveyron ainsi que du nom de l’Arvan et de son affluent l’Arvette qui arrosent les vallées d’Arves qui ont donné leur nom à Saint-Jean-d’Arves et à Saint-Sorlin-d’Arves (Sav.). Dans le même ordre d’idée, le nom d’Arvieux (H.-A.) pourrait être dérivé en –ivu de la racine hydronymique pré-celtique * ar-v. En revanche, les toponymes comme Les Aravays (Lavaldens, Is.), L’ Aravet (La-Roche-de-Rame, H.-A.) et le Clot de L’Aravet (la Salle-les-Alpes, id. ; clot mis pour crot, « creux ») sont bien des dérivés du nom primitif de ce pin, *arave, qui n’ont pas subi l’élision du a médian.

Les toponymes issus du provençal eouve se trouvent principalement dans le Var comme les Éouves à Camoules, Bel Éouve au Castellet, L’Éouvé à Tourettes, le Pas de l’Éouvé à Seillans etc.  auxquels on peut rajouter L’Éouvé à Saint-Paul (A.-Mar.). Il convient là aussi d’être prudent puisque des toponymes du type L’Éouvière ou Léouvière (plus de quarante en PACA) pourraient être issus d’une variante locale euvièro de l’occitan eusièro, « forêt d’yeuses, bois de chênes verts ».

Ah ! Pour finir (et pour le plaisir), justifions le titre du billet :

point-d-interrogation-sur-le-clavier-nb10411

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié au mot du jour – bien caché, vous aurez été prévenus.

Le nom de la commune où se trouve ce lieu-dit est lié à son type de relief accompagné de  l’essence principale de son couvert végétal.

Le nom du chef-lieu de canton comme celui du chef-lieu d’arrondissement sont des hagiotoponymes accompagnés d’un déterminant. Le premier est le nom d’un hameau issu de celui d’un domaine gallo-romain et le second est le nom du pays issu d’un gentilice romain.

Un indice :

indice-b-25-02-2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Lajoualette à Lagupie (Lot-et-Garonne) : la répàladev.

LGF, Sibille et TRS forment le podium des « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Lajoualette à Lagupie, du canton de Duras dans l’arrondissement de Marmande, en Lot-et-Garonne. On trouve également dans la même commune les Grandes Jouales.

local-Lagupie

Bien que mentionnés dans le fichier FANTOIR, ni Lajoualette ni  les Grandes Jouales n’apparaissent sur les cartes IGN de Lagupie à ma disposition. En revanche, le cadastre napoléonien mentionne bien un lieu-dit Lajoualette, tout à fait au nord de la commune, à la limite de Castenau-sur-Gupie (en ligne : Lagupie, section B1, Sarrazin) et les Grandes Jouales un peu plus au sud (Lagupie, section B2, Sarrazin).

cdl a

La toponymie

Lajoualette : sans surprise, il s’agit d’une petite joualle, de l’occitan joaleta.

Lagupie : le nom de la commune semble issu du nom d’homme romain Vippius féminisé en -a suivi de l’agglutination tardive de l’article. Gupie est également le nom de la rivière qui baigne la commune éponyme (il semble en effet plus logique de penser qu’on ait d’abord nommé la Vuppia (villa) et que ce nom soit passé à la rivière plutôt que l’inverse).

Duras : ce nom vient sans doute du gaulois duros, « ville enclose, forteresse » ou du nom de personne gaulois Duratios. Le nom de cette localité avait été étudié en juillet 2020 dans cet article.

Marmande : la ville est attestée Marmanda en 1208. ce nom appartient à une grande famille toponymique : on trouve de nombreux Marmande et de rares Mirmande en France, de nombreux Milmande en Espagne et quelques autres variantes graphiques. Les nombreuses tentatives étymologiques (pré-indo-européen, composés latins, noms de personne etc.) n’ont guère apporté de solution convaincante. L’hypothèse la plus crédible est celle d’Alain Sourtou ( Nouvelle revue d’onomastique, 1994, n° 23-24, pp. 139-146, à lire en ligne) qui propose un composé occitan médiéval (aucune attestation toponymique n’est antérieure à l’an mil) formé de mira, « regarde » et manda, « commande », c’est-à-dire « le lieu d’où l’on regarde et commande ». Le nom est très tôt devenu un appellatif désignant  une (petite) fortification : à Marmande est construit au Xè siècle un premier château, en bois ; au milieu du XIè siècle, un château en partie en pierre. On trouve en 1262 la forme pedagio de la Mirmande, l’article étant la preuve que le nom était conçu comme étant d’origine appellative. Du point de vue graphique, alors que Marmande n’a pas cessé d’être utilisé depuis 1208, Mirmande apparait en 1255 et disparait avec Mermande en 1552.

cdl a

Les indices

indice a 19 02 2024 ■ le sceau de Louis VIII : en 1218, le pape Honorius II prêche une nouvelle croisade contre les hérétiques catarrhes, ce sera la croisade des Albigeois à laquelle le roi Philippe Auguste, soucieux avant tout d’assoir son autorité en Languedoc, envoie son fils Louis. Ce dernier, à la tête de son armée, rejoint le 2 Juin 1219 Amaury VI de Montfort qui assiège Marmande. La ville est prise et, après délibération (!) sa population sera massacrée. On parle de plus de cinq mille victimes, hommes, femmes et enfants. On ne sait toujours pas si Dieu en a reconnu quelques uns comme étant des siens.

indice c 20 02 2024 ■ le roman Le Square, écrit par Marguerite Duras était là pour le pseudonyme Duras choisi par Marguerite Donnadieu. Sa maison paternelle était en effet située dans cette commune.

indice-b-20-02-2024 ■ Il fallait reconnaitre un guppy, homonyme de la rivière Gupie. Cet à-peu-près signé LGF est quand même moins tordu que le Moulin de la Joualette qu’il m’avait également proposé comme indice.

Les indices du mardi 20 février 2024

LGF et Sibille n’ont pas eu besoin d’indices supplémentaires pour trouver la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié à un des mots du jour [la joualle et le hautain].

La commune où il se trouve porte, à l’article près, le même nom que la rivière qui la traverse. Ce nom pourrait être issu d’un nom de personne germanique.

Le chef-lieu du canton porte un nom issu soit de celui d’un nom d’homme gaulois soit plus probablement d’un appellatif gaulois.

Le chef-lieu d’arrondissement doit son nom à un bâtiment fortifié d’où on pouvait surveiller les environs, ce qui n’a pas empêché sa prise conclue par la mort d’au moins cinq mille de ses habitants.

cdl e

Les indices

■ concernant le chef-lieu d’arrondissement :

indice a 19 02 2024

■ concernant le chef-lieu du canton :

indice c 20 02 2024

■ ce dernier indice, qui concerne la commune, m’a été suggéré par LGF :

indice-b-20-02-2024

(Les éventuelles réclamations doivent donc lui être adressées)

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La joualle et le hautain

Ça aurait pu être un titre de fable de La Fontaine, mais, non, il ne s’agit pas de cela.

Sans doute inspiré par les vendanges croisées dans le précédent billet, je m’intéresse aujourd’hui à deux modes de culture qui permettaient d’associer celle de la vigne à une autre, qu’elle soit fruitière, légumière ou céréalière.

896910-main-61ffe099cca8c Le hautain, du latin altanus dérivé d’altus, « haut », est une vigne attachée à un arbre qui lui sert de tuteur. Contrainte de pousser en hauteur pour échapper à l’ombre, la vigne dégage le sol et permet d’y cultiver des fourrages, légumes ou céréales : avec les fruits de l’arbre, on pouvait au mieux obtenir trois cultures sur un même sol. Cette méthode, très ancienne (les Scythes et les Grecs l’employaient déjà avant les Romains), a été progressivement remplacée par la culture sur des échalas de bois mort, et n’est plus pratiquée en France aujourd’hui que très confidentiellement en Savoie et dans les Pyrénées.

La joualle, du latin jugalis, « en forme de joug », associait quant à elle des rangs de vigne cultivée en hautain à des rangs de légumes, de céréales ou de fourrages. Cette méthode, auparavant particulièrement bien implantée dans le Sud-Ouest, a aujourd’hui disparu, victime du remembrement agricole et de la culture intensive.

Chacune de ces deux méthodes a laissé des traces toponymiques dans notre paysage.

Joualle

On ne sera pas étonné si les toponymes relatifs à la joualle se retrouvent très majoritairement dans le département de la Gironde.

La joualle avait fait l’objet d’un paragraphe dans l’article consacré au joug :

L’adjectif latin jŭgālis, « en forme de joug », a donné, outre « jugal », le terme joualle désignant une « latte de bois posée sur deux branches fourchues servant de berceau à la vigne » et qui désigne aujourd’hui « une vigne plantée de façon à laisser entre des rangées de ceps une bande de terrain destinée à d’autres cultures ». La forme joalle est attestée en ancien gascon au XVèsiècle pour désigner une mesure de longueur appliquée à la vigne. Ce mot est à l’origine de quelques micro-toponymes comme Joual à Campénéac ( Morbihan ), la Jouale à Condom ( Gers ) et surtout le pluriel les Joualles ( notamment en Gironde ).

On trouve ainsi le singulier La Joualle (Saint-Sauveur, Gir.) et le pluriel Les Joualles ou Aux Joualles (plus d’une douzaine en Gironde). Le nom est parfois qualifié : (les) Grandes Joualles (Gir. et L.-et-G.), les Petites Joualles (Pomerol, Gir.), les Longues Joualles (Bayas, id.), les Joualles Rouges (Marcillac, id.), les Sept Joualles (Peujard, Gir.), les Joualles Grasses (Neuffons, id.) …

La joualle est parfois caractérisée par une particularité comme Les Joualles du Grand Bois (Saint-Sulpice-et-Cameyrac (id.) ou les Joualles de la Brande (Saint-Mariens, id. ; brande : lieu où pousse la bruyère) ou par le nom de son propriétaire comme Aux Joualles de German (Capian, id.), Joualles de Guilhem (Cavignac, id.), Joualles de Pinguet (Marcellus, L.-et-G.), Joualles de Robert (Sainte-Livrade-sur-Lot, id.).

Avec une graphie légèrement modifiée apparaissent, Las Jouales (Lafitole, H.-P.), les Jouales (Ambrus, L.-et-G.), les Grandes Jouales (Lagupie, L.-et-G.) et les Joalles Tortes (Virsac, Gir.) .

La francisation du nom a donné, toujours dans le Sud-Ouest, la forme joelle qu’on retrouve dans Les Joelles (trois exemples en Dordogne et un en Charente-Maritime) et dans les Joelles de Chauvet (Eygurande-et-Gardedeuil, Dord.).

Hautain

The_Fox_and_the_Grapes  Cette désignation de la vigne cultivée en hauteur apparait sous trois formes principales : hautain, principalement dans le Lyonnais, hautin dans les Pyrénées et hautin ou hutin dans les Alpes. Notons que F. Mistral (TDF*) ne mentionne que la forme autin pour laquelle il écrit : « vigne enlacée à un arbre ; rangée de ceps soutenue par dés échalas élevés ; rangée de ceps autour de laquelle on sème du blé ».

Ces termes ayant des homonymes (hautain pour « noble ; arrogant », hutin pour « querelleur, bagarreur ») ayant pu être utilisés comme patronymes puis comme toponymes, il est parfois difficile de faire la distinction entre les différentes étymologies. La localisation (en pays viticole…), les formes anciennes, l’histoire locale etc. sont autant de pistes à explorer. Les exemples que je donne ci-après sont pour la très grande majorité d’anciens témoignages de culture de la vigne en hautain mais je me trompe peut-être pour certains d’entre eux (les corrections argumentées sont les bienvenues) et j’en oublie sans doute quelques autres (id.).

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C’est dans l’Ain qu’on trouve le plus grand nombre de lieux-dits Les Hautains (quatre) accompagnés de (Les) Grands Hautains (quatre), des Hautains Basset (avec le nom du propriétaire), des Hautains de la Crotte (Ornex, avec crotte, « creux, grotte ») et du Muid Hautain (Saint-Paul-aux-Bois, où muid représente une surface de terre labourée qu’on ensemençait avec un muid de grain).  On trouve également Les Hautains à Crouy (Aisne) et à Durban-sur-Arize (Ariège), Les Vernes Hautains à Mesvres (S.-et-L., où la vigne aurait été accrochée à des aulnes ?) et La Prade et l’Hautain à Proupiary (H.-G., avec prade, « pré, prairie »). Le même mot a pu être utilisé comme odonyme pour le Chemin des Grands Hautains à Flaxieu (Ain) ou la rue des Hautains à Saint-Genis-Pouilly (id.).

Toujours dans l’Ain mais avec une graphie légèrement différente apparaissent Les Hautins (neuf exemples), Les Grands Hautins (deux), Les Petits Hautins, les Hautins de la Croix, les Hautins du Poirin (poirin pour « poirier »), les Hautins de Vavril (vavril, diminutif de vavre, du gaulois vobero « petit ruisseau caché »), les Hautins d’En Haut, les Hautins Ruinés, Dessous les Hautins et le Pré des Hautins.

Comme je l’ai écrit plus haut c’est dans les Alpes et  les Pyrénées que l’on trouve le plus souvent cette graphie hautin.

On trouve ainsi en Savoie neuf lieux-dits Les Hautins, quatre Champ(s) des Hautins, deux Aux Hautins et les Petits Hautins, les Grands Hautins,  les Hautins Albens et les Hautins Girod. On ne connait en revanche que le seul lieu-dit Sur les Hautins en Haute-Savoie (à Sales).

Dans les Pyrénées apparaissent les noms (L‘, Le ou Les) Hautin(s) à dix-neuf exemplaires en Ariège, Haute-Garonne et Hautes-Pyrénées auxquels on peut ajouter le Hautin de Mourellot (Madiran, H.-P.) et le Hautin du Château (Moulédous, id.), le Hautin d’Enrivière (Soula, Ariège), L’Hautin de Sourdo (Montoulieu, id.) et les Prats de Hautin (Lacave, id.) ainsi que les Hautins d’Espancoussès (Salies-du-Salat, H.-G., gascon es pancossèr, « du boulanger »), sans oublier les Hauts des Hautins (Pointis-Inard, H.-P.), la Fons du Hautin (Mercenac, Ariège, fons pour « source ») et la Hierle du Hautin (Izaut-de-l’Hôtel, H.-G., occitan hierle ou ierle, « terre d’alluvion »). Ce  nom se retrouve également dans les Landes au lieu-dit Hautin de Lacourt de Saint-Lon-les-Mines.

La forme hutin se rencontre à plus de quarante exemplaires (Aux, Les) Hutins dans l’Ain et en Haute-Savoie, accompagnés de Au Bas des Hutins (deux en H.-Sav.), Dessus les Hutins (deux, id.), Vers les Hutins (deux, id.), de Hutin Sud et Hutin Nord (Neydens, id.), de Hutin Est et Hutin Ouest (Anthy-sur-Léman, id.), de Grands Hutins (id.) etc. D’autres accompagnent le hutin d’une particularité comme Les Hutins des Vignobles et Les Hutins du Moulin (Desingy, H.-Sav.), du nom du propriétaire comme les Hutins Girod (Douvaine, H.-Sav.), les Hutins de Verraz (Chevry, Ain), les Hutins de Troche (Loisin, H.-Sav.) ou encore du nom du hameau voisin comme Aux Hutins de Vars (Desingy, H.-Sav.), les Hutins de Charnod (id.), les Hutins de Planaz (id.) etc. On peut ajouter à cette liste déjà longue des noms écrits avec deux t comme Les Huttins à Priey (Ain) qui était Hutains en 1911 ainsi que Les Huttins, deux exemples en Savoie et autant en Haute-Savoie.

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié à un des mots du jour.

La commune où il se trouve porte, à l’article près, le même nom que la rivière qui la traverse. Ce nom pourrait être issu d’un nom de personne germanique.

Le chef-lieu du canton porte un nom issu soit de celui d’un nom d’homme gaulois soit plus probablement d’un appellatif gaulois.

Le chef-lieu d’arrondissement doit son nom à un bâtiment fortifié d’où on pouvait surveiller les environs, ce qui n’a pas empêché sa prise conclue par la mort d’au moins cinq mille de ses habitants.

Pas d’idée d’indice aujourd’hui…

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Vendémian (Hérault) : la répàladev

Sibille est la première à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Gus et LGF ont suivi peu après. Félicitations à tous les trois !

Il fallait trouver Vendémian, une commune du canton de Gignac dans l’arrondissement de Lodève du département de l’Hérault.

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La légende toponymique est racontée par Pierre Laurence (Entre légendaire fantastique et légendaire toponymique : la vieille morte des Cévennes, dans Rives nord-méditerranéennes, 2002, n°11, « Récit et toponymie », disponible en ligne) :

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L’occitan vendemiar, « vendanger », est directement issu du latin vindemio, –are de même sens.

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Toponymie

Vendémian : les formes anciennes, de Vindimiano (1129), de Vendemiano (1175) et Vendemian (1571) orientent vers l’anthroponyme gallo-romain Vindemius, formé sur vindemia, « vendange », accompagné du suffixe –anum. Nous ne sommes pas loin de la légende, donc.

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Où l’on voit que la trottinette encombrait déjà les rues en 1910 (et que les gamines ne pouvaient pas rester sans bouger plus d’un centième de seconde …)

Gignac : les formes anciennes de Giniaco (1026) et de Gingnaco (1098) orientent vers le nom d’homme gaulois Gennius et suffixe –acum.

Lodève : le nom est attesté Loteva au IIè siècle, Luteva vers 678, sedis Lodove en 884, Lotevam vers 1056 et Lodeva vers 1160, du gaulois luteva, composé de *luta, « boue » et suffixe –eva. Un désaccord s’est fait entre toponymistes sur le sens exact à attribuer à l’étymon *lut : celui de « boue » correspond au sens antique du latin lutum ; celui de « marais » au sens médiéval de l’ancien irlandais loth, contemporain du gaélique loth. La formation du nom de Lodève étant gauloise, il est évident qu’il convient ici de préférer le sens antique de « boue » plutôt que celui de « marais ». Lodève avait été citée sur ce blog à propos de la boue dans cet article et le Lodévois dans celui-ci.

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Les indices

indice 10 02 2024 ■ ce tableau d’Henri Martin (1860 – 1943), intitulé Vignes en automne, étude pour les vendanges devait orienter les recherches vers les vendanges et le Languedoc (et donc, la langue dans laquelle le nom était dit).

■ l’auteur : Molière a séjourné en Languedoc, notamment à Pézenas, d’abord aidé par le comte d’Aubijoux dès 1647 puis par le prince de Conti jusqu’en 1656. Un passage de Molière à Vendémian, distant d’à peine 22 km de Pézenas, n’est donc pas impossible …

■ les vendanges ont donné son nom à un mois du calendrier républicain, vendémiaire.

indice 11 02 2024 ■ ce détail d’une fresque égyptienne montre des vendangeurs.

Les indices du mardi 13 février 2024

Personne ne m’a encore proposé de bonne réponse à ma dernière devinette dont je rappelle l’énoncé :

Se promenant un jour dans la région où il séjournait, un auteur célèbre demanda à des personnes qu’il rencontra le nom de l’endroit où il se trouvait. Ces dernières, comprenant mal la question, lui répondirent en expliquant ce qu’elles étaient en train de faire. Elles employèrent pour cela un verbe conjugué à l’indicatif de la première personne du pluriel, comme : « Nous travaillons ! » – en employant bien entendu, dans leur langue, le verbe correspondant à leur activité. Cette réponse laconique devint le nom du village, de France métropolitaine, qui fait l’objet de la devinette du jour.

En réalité, la légende ne tombe pas si loin, puisque le toponyme est issu d’un nom de personne gallo-romain dérivé de l’activité en question.

Le chef-lieu de canton porte un nom issu de celui d’un homme gaulois.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement est issu d’un mot gaulois décrivant la nature de son sol.

Indice :

indice 10 02 2024

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Les indices

■ l’auteur dont il est question a bénéficié de la générosité d’un mécène pendant plusieurs années dans une ville de la région avant de faire carrière à Paris.

■ l’activité à laquelle se livraient les personnes rencontrées par ledit auteur pourrait être qualifiée de républicaine

■ pour compléter l’indice pictural ci-dessus :

indice 11 02 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr