L’indice du jeudi 10 novembre 2022

Personne ne m’a encore proposé de bonne réponse à ma dernière devinette.

Comme promis à la fin du billet dévoilant les indices du mardi, je vous montre la chanson où il est question d’un annélide, en l’occurrence un lombric :

Oui, bon, d’accord, ce n’est pas la chanson du siècle … mais c’est mon indice.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Les indices du mardi 08 novembre 2022

Une fois n’est pas coutume, personne ne m’a donné la réponse à ma dernière devinette.(le 08/11/2022 à 19h15 GMT)

En voici (pour les fainéants etc.) l’énoncé :

Il vous faudra trouver une localité dont les armes parlantes montrent un animal ailé.

Deux hypothèses ont été émises concernant la façon dont « parlent » ces armes : soit de façon parfaitement étymologique soit selon une mauvaise interprétation. C’est cette dernière explication qui est aujourd’hui la plus partagée, puisqu’il semble que le toponyme fasse en réalité référence à une activité des premiers seigneurs du lieu.

Le chef-lieu du canton où se situe cette localité porte un nom indiquant qu’il bénéficiait jadis de certains privilèges.

Un indice :

indice c 05 11 2022

cdl a

Et je rajoute ces précisions et indices :

la légende explique le toponyme par la capture par le fondateur de la localité, au temps de l’occupation romaine, d’un animal ailé qui en deviendra le symbole héraldique. Mais, même si l’endroit était occupé de longue date, la localité elle-même ne sera connue sous son nom actuel qu’au Moyen Âge.

la région où fut fondée la localité portait auparavant un nom signifiant « Haut Pays » dans la langue locale avant de prendre le nom de ladite localité.

■ un indice pour la localité elle-même :

indice a 08 11 2022

■ Ah! je pourrais aussi vous parler d’une chanson où il est question d’un annélide… mais je vais attendre l’éventuelle arrivée de bonnes réponses avant de vous la proposer. [oui, je sais, « annélide », c’est fait rien que pour vous faire cliquer — mais je vous assure que je ne suis pas payé au nombre de clics ! ]

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

De quelques blasons ailés

Une fois de plus (et j’en demande pardon par avance à ceux que cela défrise), le manque d’inspiration me pousse à sortir de mes vieux cartons quelques nouveaux blasons parlants.

 

AIGLEMONT (Ardennes)

Les historiens et érudits locaux qui se sont penchés sur ce nom ont eu tôt fait d’y voir un Mont de l’Aigle, allant jusqu’à officialiser cette étymologie dans les armes de la ville, les rendant parlantes en y faisant figurer trois alérions, représentation héraldique d’une « petite aigle sans bec ni patte » :

De sinople à deux alérions d’argent, rangés en pointe ; mantelé de gueules à une crosse et une clef à double panneton d’or, passées en sautoir et surmontées d’un alérion d’argent.

AIGLEMONT-Blason

Il ne restait plus qu’à expliquer la présence de l’aigle, ce que certains latinistes locaux s’empressèrent de faire en inventant une forme ancienne Aquilae mons à laquelle d’autres préférèrent Alae mons, « le mont de l’aile », cette dernière pouvant être d’oiseau ou de cavalerie, c’est-à-dire les aigles des légions romaines – que chaque village aimerait voir figurer dans son histoire. Albert Meyrac (Villes et villages des Ardennes, Lib. Guénégaud, 1966 – 1re éd. 1898) déclare quant à lui que le « vrai » nom est Es-le-mont, qui fait référence à la situation du village sur une colline. Il ajoute : « une prononciation incorrecte, ou mieux, plus simple, nous a, seule, valu Aiglemont. » Il note également qu’au pied de la colline se trouve un gué des Romains (déjà connu sous ce nom en 1521 lors du repli des Impériaux levant le siège de Mézières et traversant la Meuse à cet endroit). La découverte de tombes anciennes renfermant de nombreuses épées a sans doute contribué à ancrer l’interprétation par « l’aigle » dans l’esprit des populations locales.

Ajoutons que les soldats allemands, installés à Jallois entre 1915 et 1918, ont mis à contribution cette étymologie populaire en inscrivant sur une borne de la localité Adlersberg, c’est-à-dire « mont de l’aigle » où, de romain, l’aigle était devenu, dans leur esprit, impérial germanique.

Qu’en est-il de la véritable étymologie ? E. Nègre (TGF*), s’appuyant sur la forme ancienne Ayllemont (1271) penche pour un anthroponyme germanique Agilo, attesté sous la forme romanisée Agilius,  et le latin Montem, soit le « mont d’Aigle » ou pour le seul anthroponyme germanique Aglemundus. Dauzat&Rostaing (DENLF*) citent aussi, sans date, le nom germanique Agilmund. Les choses semblent pourtant plus complexes si on consulte le site internet officiel de la commune. On y apprend que la trace la plus ancienne connue de son nom apparaît en avril 1256 sous la forme Eslemont. Ce nom évoluera ensuite au fil des années : elemont, alemont, elmont, ellemont, ailmont, ailemont avec ou sans t final, avec ou sans majuscule, et ce jusqu’au XVIIIè siècle. La forme la plus souvent employée, en tout cas dans les écrits officiels est eslemont, celle du XIIIè siècle, tandis qu’apparaît la forme Aguilo Monte dès 1291. En 1582, sur l’acte de fondation du village, celui-ci est nommé Ayglemont aussi écrit Ailemont. Si l’on s’en tient aux formes les plus anciennes, il semble qu’elles tournent toutes autour d’un point commun : l’eau. En celtique, le radical ev, « eau », s’est transformé à l’époque romaine en es, ez et même parfois al, aa. Le latin aqua a donné aigue en ancien français. Que ce soit Es-le-mont ou Aigue-le-Mont, « mont de l’eau », le toponyme décrit bien la réalité topographique du village, haut perché au sommet d’une colline, véritable réservoir d’eau.

Source principale : Ce dernier paragraphe s’appuie sur l’ouvrage de Marcel DORIGNY, Quatre villages à travers les siècles, paru en 1951, réédité par ALICIA (renseignements : 03-24-57-38-17)

AIGLUN (Alpes-Maritimes et Alpes-de-Haute-Provence)

Le blason de la  commune des Alpes-Maritimes est d’azur à l’aigle d’argent empiétant un poisson du même.

AIGLUN-Blason

Le blason de la commune des Alpes-de-Haute-Provence est dazur à la fasce d’or chargée de trois aigles de sable.

AIGLUN-04 Blason

Il s’agit dans les deux cas d’armes parlantes étymologiques puisque Aiglun (A.-de-H.-P.) a pour formes anciennes : de Aiglezino (1193) et Aygladuno (1319), du latin aquila, « aigle », accompagné du gaulois dunum, « forteresse », à comparer à ce qu’on appelle un « nid d’aigle ». Le d intervocalique d’*aquiladunum passe à z puis disparait (la forme de 1319 est une réfection latine due à un scribe érudit). Aiglun (A.-M.) est attesté de Ayglesuni vers 1200, de même étymologie.

Quant au poisson du blason de la commune des Alpes-Maritimes, il s’agit d’un des attributs de saint Raphaël, patron de la paroisse dès le XVIè siècle.

AIGLE (canton de Vaud, Suisse)

Cette commune arbore : coupé de sable et d’or à deux aigles, de l’un dans l’autre (c’est-à-dire deux aigles superposées, l’une jaune sur fond noir, l’autre noire sur fond jaune).

AIGLE-Blason

Il s’agit d’armes parlantes basées sur une étymologie populaire. Point d’aigle en effet dans les formes anciennes qui sont : de Aleo (1152-53), capellam sancti Petri de Ali (1177), ecclesiam de Alio (1179 etc. mais un patronyme germanique Agil(o) – donné par Nègre pour Aiglemont.

SALLAGRIFFON (Alpes-Maritimes)

Comme de nombreuses communes qui n’ont pas fourni à temps leur propre blason, celle-ci s’est vu imposer le sien : écartelé aux 1er et 4e de gueules au griffon d’or, aux 2e et 3e d’or au lion couronné de sable, parlant bien entendu par les griffons.

SALLAGRIFFON-Blason

Rappelons, qu’en mythologie comme en héraldique, un griffon est un animal fabuleux au corps de lion et à la tête d’aigle. Pourtant, les formes anciennes du toponyme, Salafon (ca. 1200) et Sala Griffone (1337) montrent qu’en réalité le nom est issu de l’occitan sala, « demeure seigneuriale » (germanique seli, allemand Saal), accompagné de l’occitan font, « source », remplacé par l’occitan grifon, « fontaine jaillissante » (F.Mistral, Trésor du Félibrige, repris par E. Nègre, TGF*) ou « fontaine aménagée » (Astor, DNFLMF* qui s’appuie sur une autre définition donnée par F.Mistral : « robinet qui rappelle par sa forme la tête d’un griffon »).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les dessins de blasons sont issus du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de leur auteur, Daniel Juric — à l’exception du dessin du blason d’Aigle (Suisse) qui provient de wikipedia.

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La devinette

Il vous faudra trouver une localité dont les armes parlantes montrent un animal ailé.

Deux hypothèses ont été émises concernant la façon dont « parlent » ces armes : soit de façon parfaitement étymologique soit selon une mauvaise interprétation. C’est cette dernière explication qui est aujourd’hui la plus partagée, puisqu’il semble que le toponyme fasse en réalité référence à une activité des premiers seigneurs du lieu.

Le chef-lieu du canton où se situe cette localité porte un nom indiquant qu’il bénéficiait jadis de certains privilèges.

Un indice :

indice c 05 11 2022

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Le mont Pipet (la répàladev)

TGF a rejoint TRA sur le podium des découvreurs de la solution à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le mont Pipet, une des collines de Vienne (Isère) qui a donné son nom au quartier, à une rue et à une traverse.

Le Dictionnaire topographique du département de l’Isère (Emmanuel Pilot de Thorey, 1921) nous donne les formes anciennes de ce nom suivantes : Pupet castellum au XIè siècle, Pupetum aux XII et XIIIè siècles et Pupeti Vienne. On y reconnait le diminutif du latin pupa vu dans le précédent billet, au sens topographique de mamelon, petite colline.

Notons l’étymologie pseudo-savante donnée par Nicolas Chorier dans Les Antiquitez de la ville de Vienne (livre V, 1659) : « il y eut depuis celuy de Pompeiacum que les Romains lui donnèrent, à cause de Pompée le Grand, qui y fit faire de nouvelles fortifications en son voyage d’Espagne contre Sertorius. Pompeiacum fut depuis corrompu en Pompet, & Pompet en Poupet, & en Pipet ». Vous me direz que de Pompée à Pipet, il y a de quoi en perdre sa connaissance, comme dirait le concierge de l’Élysée.

Si on sait depuis longtemps que le mont Pipet a accueilli un oppidum romain dès le IIIè siècle, on pense aujourd’hui que des temples s’y élevaient auparavant (cf. cet article, p. 90, § La terrasse de Pipet). Par la suite, les ducs de Bourgogne y bâtirent une forteresse, devenue château qui sera détruit sur ordre de Richelieu après les guerres de Religion. Depuis le XIXè siècle, son sommet accueille la chapelle Notre-Dame de Pipet.  (cf. wiki).

Carte PIPET Capture

Ce même nom se retrouve, dans le même département, comme complément pour Saint-Baudille-et-Pipet et comme lieu-dit Pipet à Tullins, ainsi que, dans les départements voisins, pour le Sommet du Pipet à Montclar-sur-Gervanne (Drôme) et pour le Rocher du Pipet à Goudet (H.-Loire).

Dans d’autres régions, en pays de langue d’oïl, il existe des toponymes homonymes mais dont l’étymologie est différente : il s’agit ici d’un équivalent régional du français « pipeau » (petite pipe, du latin médiéval pipa, du latin populaire *pippare), au sens de « tuyau », notamment pour aspirer les liquides comme le cidre, ou au sens de « tonneau », utilisé comme unité de mesure pour les liquides. C’est ainsi qu’on trouve le Pipet à Beaumont-Hague (Manche), le Hameau les Pipets à Sotteville (id.) et le Pipet à Sainte-Barbe-sur-Gaillon (Eure). Il est possible que certains de ces noms soient  un sobriquet appliqué à un tricheur, un trompeur (déverbal du verbe « piper »), devenu nom de famille.

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Les indices

indice c 31 10 2022 ■ comme le disait l’intitulé, cet indice concernait le « régional de l’étape » et, comme il était précisé en complément, il s’agissait d’un peuple qui s’installa dans la région. Il fallait donc penser aux Allobroges, les Gaulois qui, émigrés au IVè siècle av. J.-C., firent de Vienne leur capitale. Leur nom est formé des racines allo, « autre », et brogi, « pays », soit « ceux d’un autre pays » c’est-à-dire venus d’ailleurs.

indice d 30 10 2022 ■ ce tableau de Magritte était une allusion au Pipet de langue d’oïl qui n’est pas un Pipet de langue d’oc. [Non, je n’en suis pas fier].

Les indices du mardi 01 novembre 2022

Bravo à lui ! TRA est le seul à m’avoir fourni la bonne réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu de France métropolitaine dont le nom est issu du mot du jour.

Ce nom a d’abord désigné un relief avant de devenir celui d’un quartier et de deux voies d’une commune.

Ce relief était déjà aménagé à l’époque romaine, où il accueillait un ou plusieurs temples ou bien un oppidum – les avis divergent – avant qu’une forteresse n’y fût construite par les seigneurs de la région, qui sera détruite après les guerres de Religion et dont il ne reste plus que des vestiges. L’endroit est aujourd’hui consacré à la Vierge Marie.

Ce même nom se retrouve ailleurs, notamment comme déterminant du nom d’une autre commune du même département et comme nom de plusieurs lieux-dits. On le retrouve également, mais avec une toute autre étymologie, comme micro-toponyme à quelques exemplaires dans d’autres régions.

■ Un seul indice pour … le régional de l’étape :

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Et j’ajoute les traditionnels indices du mardi

■ l’indice concerne un peuple qui fit de cette région la sienne.

■ en complément à la dernière phrase du dernier paragraphe de l’énoncé :

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Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Poype

En Bresse, Lyonnais et Bas-Dauphiné, la poype était le nom donné à la motte castrale c’est-à-dire au tertre le plus souvent artificiel d’époque médiévale (IXè-XIè siècles) aménagé pour la défense. Ces poypes sont antérieures aux châteaux-forts et en représentent la forme primitive. On retrouve également ce nom, sous des formes variées, à quelques exemplaires dans le Sud-Ouest.

Étymologiquement, poype vient de l’ancien français poupe, « bout de sein, tette », cf. les deux sens de « mamelon » en français. Poupe est issu du latin pupa, « petite fille », qui, sous une forme expressive avec doublement de la consonne, puppa, a dû avoir le sens de « sein », attesté dans les langues romanes (italien poppa, occitan popa, « sein de femme » et popèl , « bout de sein ») avec lequel il a produit le verbe *puppare, « téter ».

Etym-Pupa

Dans son Mémoire pour servir à l’histoire de Dombes, Louis Aubret (1669-1748) écrit : « … les titres de Dauphiné donnent le titre de poipe pour synonyme à celui de château : poipia seu castrum. Il y a une grande quantité de ces poipes ou élévations dans la souveraineté de Dombes, au Franc-Lyonnois et en Bresse. Je crois qu’il y avait des maisons fortes sur toutes ces élévations où l’on trouve presque toujours des masures et des fondations de bâtiments. ».

Sans grande surprise, c’est dans l’Ain que l’on trouve le plus grand nombre d’occurrences de ces poypes. Le Dictionnaire topographique du département de l’Ain (Édouard Philipon, 1911) en mentionne dix-huit sous la forme simple La Poype, trois au pluriel Les Poypes, quatre sous la forme La Poipe et pas moins de quarante-neuf munies d’un déterminant, généralement le nom du propriétaire ou de la localité, dont je vous épargne la liste sans grand intérêt.

CPA Poype-villars-les-dombes

Notons tout de même la Poype-de-Gravains « sur laquelle avait été construit l’ancien château de Gravains, dont il ne restait déjà plus que des ruines en 1523 » (op. cit.) et la Poype-de-Sachins « sur laquelle avait été construit le château-fort de Sachins (et qui) est aujourd’hui nivelée mais (dont) le souvenir nous a été conservé par le nom que porte la Terre de la Poype (…). Quant au château de Sachins, il était déjà détruit au XIVè siècle. » (id.). On trouve également une variante avec le nom du quartier de La Poëpe d’Ambérieu-en-Bugey, toujours dans l’Ain.

Plusieurs ouvrages (dont le Pégorier) signalent une forme poypi comme typiquement du Lyonnais, mais je n’ai trouvé aucun toponyme correspondant, sauf en tant que forme ancienne comme Li Poypi en 1311 pour La Poëpe à Ambérieu-en-Bugey (Ain).

Hors de ce département, on ne trouve des toponymes identiques qu’en Isère et dans le Rhône, comme La Poype à Rives (Is.), les Poipes à Marcilloles (Is.), le Crêt de la Poipe (Rhône) etc.

Ailleurs, ce sont des variantes de cet ancien français poupe qui apparaissent comme toponymes, mais parfois avec le sens premier de « tertre, petite colline » sans château forcément associé.

Comme noms de communes citons Rillieux-la-Pape (Rhône), avec son Île-de-la-Pape où était située la motte castrale (poype ayant ici subi l’attraction du français « pape » mieux compris, peut-être grâce à la proximité des papes d’Avignon), Saint-Cirq-Lapopie (Lot, Sent Circ de la Pòpia en occitan), Saint-Romain-de-Popey (Rhône) et Poupas (T.-et-G., avec le suffixe augmentatif –as).

CPAsaint-romain-de-popey-

Les noms de lieux-dits sont tout aussi variés comme La Pape à Estrablin (Is.), La Popie à Saint-Ilpize (H.-L.) et à Saint-Julien-en-Quint (Drôme), La Popio (Dord., La Popia en 1351) à Saint-Avit-Senieur, où se trouvent les ruines d’un château sur une butte naturelle et quelques autres auxquels on peut ajouter des oronymes comme le Mont Popier à Saint-Étienne-sur-Chalaronne (Ain) ou le mont Poupet à Saint-Thiébaud (Jura) avec un ancien château, ce dernier étant un diminutif.

Certains autres concernent plus vraisemblablement de simples collines comme la Pupe à Vesseaux (Ardèche) qui est un sommet rond, la Poupoune à Saou (Drôme) qui est un diminutif, Poupéras à Saint-Romain-en-Viennois (Vauc.) qui est un augmentatif péjoratif et le ravin du même nom à Vaison-la-Romaine (Vauc.) ainsi que le rocher de Popa à Bigorno et la maison forestière de Poppaghia à Albertacce, tous deux en Haute-Corse.

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu de France métropolitaine dont le nom est issu du mot du jour.

Ce nom a d’abord désigné un relief avant de devenir celui d’un quartier et de deux voies d’une commune.

Ce relief était déjà aménagé à l’époque romaine, où il accueillait un ou plusieurs temples ou bien un oppidum – les avis divergent – avant qu’une forteresse n’y fût construite par les seigneurs de la région, qui sera détruite après les guerres de Religion et dont il ne reste plus que des vestiges. L’endroit est aujourd’hui consacré à la Vierge Marie.

Ce même nom se retrouve ailleurs, notamment comme déterminant du nom d’une autre commune du même département et comme nom de plusieurs lieux-dits. On le retrouve également, mais avec une toute autre étymologie, comme micro-toponyme à quelques exemplaires dans d’autres régions.

■ Un seul indice pour … le régional de l’étape :

indice c 31 10 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

En-Vau et les Bausses, les répauxdev

Le podium des « solutionneurs » de mes dernières devinettes est resté inchangé, avec un 2/2 pour TRS et 1/2 pour TRA. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver la calanque d’En-Vau, quartier de Vaufrèges à Marseille (B.-du-R.) et les Bausses ou Beauces à Bouzigues (Hér.).

La calanque d’En-Vau

Située à l’extrémité sud-est du quartier marseillais de Vaufrèges (IXè arrondissement), elle est l’avant-dernière calanque marseillaise – la dernière étant celle de Port-Pin – avant la calanque de Port-Miou qui appartient à la commune de Cassis. Pour désigner l’ensemble, on parle le plus souvent des « Calanques de Marseille » ou du « Massif des Calanques » mais aussi parfois, par confusion, des « Calanques de Cassis ». Elle est caractérisée par ses falaises abruptes fort prisées des adeptes de l’escalade.

Le nom d’En-Vau est le résultat maladroit de la francisation de l’occitan Embauç, nom formé avec le terme bauç, « falaise », étudié dans ce billet.

Le quartier Vaufrèges est attesté Val Freia en 1282,  Vallis frege en 1340, La Val froido en 1559 et Vaufrège en 1582 : il s’agit de la « vallée froide ». Le pluriel, d’apparition récente (inexistant en tout cas en 1872 dans le Dictionnaire topographique de l’arrondissement de Marseille de J.-A.-B. Morteuil ), est dû à la mauvaise compréhension de vau, pris pour le pluriel de val.

Pour l’étymologie de calanque, je vous renvoie à ce billet.

Pour l’étymologie de Marseille, je vous renvoie au dernier paragraphe de ce billet.

indice a 22 10 2022  Le premier indice, un tableau signé Henri Martin (1860-1943) et  intitulé Arrivée en voilier à Marseille, vers Notre Dame de la Garde,  était un véritable cadeau plus qu’un simple indice.

indice a 25 10 2022  Le deuxième indice, un canevas Rafael Angelot représente un âne et un veau dans une étable : un âne, un veau, la calanque d’En-Vau.

Les Bausses ou Beauces

Le quartier littoral de Bouzigues, où se trouvent les restaurants qui font la joie des touristes, s’appelait jadis Les Bausses ou Beauces. Il ne reste plus aujourd’hui que la rue des Beauces pour en témoigner. C’est pourtant là, dans des grottes taillées dans le tuf de la falaise, que s’abritaient durant l’hiver les premiers habitants de la ville, protégés du mauvais temps et des tempêtes.

Ce nom de Bausses ou Beauces provient lui aussi de l’occitan bauç, « falaise », dont la consonne finale a été sentie comme la marque du pluriel, ce qui entraîné le pluriel de l’article défini.

Pour l’étymologie de Bouzigues, je vous renvoie à l’avant-dernier paragraphe du billet déjà cité pour Marseille.

indice b 22 10 2022 Le premier indice, une Nature morte aux huîtres signée Brunel de Neuville (1852 – 1941) devait faire penser à la spécialité de Bouzigues, ses huîtres.

indice c 25 10 2022  Le deuxième indice, un tableau de Jean-Luc Bellini intitulé Beauce-Chartres cathédrale, jouait sur la paronymie entre la Beauce et les Beauces de Bouzigues.

Les indices du mardi 25/10/2022

Il n’aura pas fallu longtemps à TRS pour me fournir les réponses à mes dernières devinettes, tandis que TRA ne m’a donné que la première.

Voici un rappel de l’énoncé, pour les flemmards qui n’auraient pas cliqué sur le précédent lien :

Les deux toponymes à trouver concernent des lieux de France métropolitaine.

Lettrine-1- Le premier nom à trouver complète celui d’un type de relief particulier, comme « bidule de Machin », où « bidule » est un type de relief et « Machin » le nom qui nous intéresse, variante du mot du jour.

Cet endroit se situe à l’extrémité d’un quartier périphérique d’une ville et est contigu à d’autres reliefs du même type, dont ceux de la commune voisine, l’ensemble étant connu sous les noms de « les bidules de Laville », « les bidules de Lavillevoisine » ou le « massif des Bidules ».

Le nom du quartier où se situe l’objet de la devinette rappelle la fraîcheur de son climat.

indice a 22 10 2022

Lettrine-2-233x300 Le deuxième nom à trouver, bien sûr lié au mot du jour, est celui d’un endroit d’une ville qui ne subsiste plus aujourd’hui que dans le nom d’une de ses rues. C’est pourtant là, dans des abris troglodytiques creusés dans la falaise, que les premiers habitants se mettaient à l’abri durant l’hiver … tandis qu’aujourd’hui, en été, au pied de celle-ci, on voit surtout des touristes.

Le nom de la ville indique qu’elle est issue de défrichements gaulois.

NB on trouve sur la toile plusieurs orthographes pour le toponyme à trouver. Toutes seront bien entendu acceptées comme réponse.

indice b 22 10 2022

Et voici les traditionnels indices du mardi, dans l’ordre, façon rébus ou à-peu-près (ben oui, des fois je m’amuse) :

indice a 25 10 2022

indice c 25 10 2022

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

 

PS publication de ce billet un peu plus tôt que d’habitude. Je présente mes excuses à ceux qui comptaient profiter de la soirée pour continuer leur recherche. Mais, bon, c’est moi le boss.

Bals et bauç

Bals, parfois bauç, est un oronyme méridional désignant un escarpement de rocher ou de montagne, un promontoire, dont le sens s’est parfois étendu à celui de petite falaise vue d’en haut, abîme, précipice, ravin, gorge. C’est ce sens de précipice qu’a pris par exemple le mot féminin balse en haute Ubaye, où il est toujours vivant.

Issu d’une racine pré-indo-européenne *bal, variante de *pal, on suppose que c’est par le ligure que bals (ou bauç) est entré sur notre territoire, étant donné sa présence prépondérante dans le Sud-Est. Sa fréquence dans la toponymie et le fait qu’il soit toujours employé  dans les parlers régionaux impliquent qu’il a été repris par les Gaulois.

Il a pu y avoir télescopage avec le latin balteus : au sens premier de « ceinture » qui, par les sens possibles de bordure, chemin de ronde s’est appliqué aux corniches de falaises, aux passages escarpés et enfin aux escarpements rocheux ; ou bien au sens second de gradin d’amphithéâtre, où le passage du sens architectural au sens oronymique s’explique par l’idée de « terrasse » et donc de rocher en surplomb (cf. le même processus pour l’étymologie de puy ou puech).

Cette racine a fourni des toponymes en bals, en bau ou bauç. D’autres variantes bar, ber, bor, etc. du même pré-indo-européen *bal seront (peut-être) étudiés plus tard.

Bals

C’est de la racine originelle que sont issus les noms du Mont Bal (A.-Mar., 2830 m, sur la frontière italienne), de la crête des Bals (à Val-d’Oronaye, A.-de-H.-P.) du Grand Bals à Ristolas (H.-A.) et de nombreux lieux-dits comme Bals à Alzen (Ariège), Les Bals au pied d’une falaise à Rennes-le-Château (Aude), En Bals à Blan (Tarn) etc. Plus rare, la forme balse apparait dans le nom de la Crête des Balses (Pelvoux, H.-Alpes), du lieu-dit Les Balses (Saint-Germain-de-Calberte, Loz.) et de quelques autres.

Ce radical entre en composition dans le nom de Balmont (H.-Savoie) et dans celui de Bessèges (Gard, Balseguis en 1318, avec le gaulois segia, de sego, « force ») et de Balsiège (Loz.). Enfin, accompagné d’une variante *duk de l’oronyme pré-celtique *tuk, on trouve les noms du Truc de Balduc (Loz.) et du Golfe de Beauduc en Camargue ainsi que ceux, avec un a euphonique intermédiaire, de Balazuc (Ardèche, avec passage du d intervocalique à z) et de Balaruc-le-Vieux et Balaruc-les-Bains (Hér .) avec rhotacisme.

Balaruc le Vieux

Le nom Balaruc concernait à l’origine le vieux village bâti sur un promontoire rocheux

 

Bau ou Bauç

C’est bien entendu ici qu’il faut ranger Les Baux-de-Provence, en occitan Bauç de Provença (B.-du-R., Balcium en 960) et des lieux-dits comme Les Baux à Chambonas (Ardèche) sur un promontoire dominant le cours du Chassezac, Les Baux à Poussan (Hér., Baulx en 1630), le ruisseau des Baux Hauts à Opia (Hér .) etc. Ces formes ont conservé la consonne finale de bauç qui, sentie comme la marque du pluriel, a entraîné le pluriel de l’article défini. Encore un exemple, s’il était nécessaire, de l’écrasement d’une culture par une autre

CPA chateau Baux

Les ruines du château sur la falaise qui a donné son nom aux Baux-de-Provence

D’autres noms existent comme la Bau, un gouffre à Finestret (P.-O.), Les Bauds à Pierrevert (A.-de-H.-P), etc. L’agglutination de l’article a donné Labau à Rodès (P.-O.) et à Valflonnès (Hér.). En Ariège, le Baup, dont le p ne se prononce pas, affluent du Salat est un ancien Bal (en 1268).

Le diminutif a fourni son nom à Baucels (à Moulès-et-Baucels, Hér., connu d’abord sous la forme simple Baucio en 1151 puis sous la forme diminutive Beaucellis en 1293), sur la pente inférieure de la montagne des Cagnasses. On connaît également Le Beausset (Var) et Le Beaucet dans les monts du Vaucluse.

CPA Le Beaucet 84

L’ermitage Saint-Gens au pied de la falaise qui a donné son nom au Beaucet (Vaucluse)

Prolongé par le suffixe (i)s-one, ce radical a abouti au nom du suc de Bauzon (1471 m, à Saint-Cirgues-en-Montagne, Ardèche) et de la Croix de Bauzon (1538 m, à Mayres, Ardèche), etc.

Une variante se retrouve, sous la forme baou, dans des noms comme Les Très Baous à Valleraugue (Gard), un hameau dominant la ville de 150 m, où Très peut avoir le sens de « trois » ou bien de « au-dessus des » ; le Baou de l’Aigle à Puyloubier (B.-du-R.) ; le Rocher des Baous aux Castagnès (Hér.) ; la Serre Baou à Fozières (Hér.), le Baou Trouca (troué) de la chaîne de l’Étoile au nord de Marseille et bien d’autres.

Enfin, une mauvaise compréhension de l’occitan a donné, entre autres, le nom d’Envaux, parfois écrit Enveaux, à Castelnaud-la-Chapelle (Dord., Embauç en occitan).

 

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Les devinettes

Pour me faire pardonner l’absence de devinette lors du dernier billet dominical, je vous en propose deux ce soir, que je classe dans un ordre très subjectif de difficulté croissante.

Les deux toponymes à trouver concernent des lieux de France métropolitaine.

 

Lettrine-1- Le premier nom à trouver complète celui d’un type de relief particulier, comme « bidule de Machin », où « bidule » est un type de relief et « Machin » le nom qui nous intéresse, variante du mot du jour.

Cet endroit se situe à l’extrémité d’un quartier périphérique d’une ville et est contigu à d’autres reliefs du même type, dont ceux de la commune voisine, l’ensemble étant connu sous les noms de « les bidules de Laville », « les bidules de Lavillevoisine » ou le « massif des Bidules ».

Le nom du quartier où se situe l’objet de la devinette rappelle la fraîcheur de son climat.

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Lettrine-2-233x300 Le deuxième nom à trouver, bien sûr lié au mot du jour, est celui d’un endroit d’une ville qui ne subsiste plus aujourd’hui que dans le nom d’une de ses rues. C’est pourtant là, dans des abris troglodytiques creusés dans la falaise, que les premiers habitants se mettaient à l’abri durant l’hiver … tandis qu’aujourd’hui, en été, au pied de celle-ci, on voit surtout des touristes.

Le nom de la ville indique qu’elle est issue de défrichements gaulois.

NB on trouve sur la toile plusieurs orthographes pour le toponyme à trouver. Toutes seront bien entendu acceptées comme réponse.

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Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

Restanque et autres terrasses

J’en finis aujourd’hui avec les bandes de terre en terrasse, appelées faisses ou bancs (cf. ici et ) avec des mots moins courants dont les sens plus ou moins proches.

Restanque

À l’origine, les restanques du Midi (occitan restanco) sont des « murs de retenue construits dans le lit d’un torrent intermittent pour provoquer des atterrissements en amont tout en laissant passer l’eau et créer ainsi des terrasses ». Le nom a ensuite pu désigner des terrasses soutenues par des murets sur des pentes sèches, comme sur la carte postale un peu plus bas. Ces terrasses étaient cultivées mais sont aujourd’hui pour la plupart abandonnées.

Peu nombreux sont les toponymes utilisant ce terme, mais on peut néanmoins citer la Restanque à Canté et Mijanès dans le Gers, les Restanques à Auriol et Bouc-Bel-Air dans les Bouches-du-Rhône et à Grimaud dans le Var, ainsi que, dans le Var, les Restanques de la Gaillarde à Roquebrune-sur-Argens, les Restanques de la Marine à Sanary-sur-Mer et enfin les Restanques du Bau Rouge à Carqueiranne (avec bau, « rocher »).

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Les restanques d’Aspremont (A.-M.)

Estanc

Le bas latin estanchia, stanca, d’où l’occitan estancar, a donné des mots comme estanco (Alpes, Rouergue …) ou estancho (Alpes, Limousin …) avec le sens de « mur de soutènement, terrain soutenu par un mur, étage de terrain ». Cependant, ce même estanc a eu, comme restanco, le sens premier de digue de retenue d’eau, étendu par la suite à l’eau dormante retenue artificiellement, puis naturellement. La forme féminine estanca cumule les sens d’arrêt, barrage, écluse et mare, vivier, réservoir. D’où la confusion avec les dérivés du latin stagnum, « étang ».

Les toponymes formés sur ce mot avec le sens d’« étage de terrain » sont fort peu nombreux mais on peut citer l’Estancade à Cayrols (Cant.) avec le suffixe collectif –ade et l’Estanquet de l’Isle-sur-Tarn (Tarn) qui sont tous deux éloignés de tout cours d’eau

En revanche, Estancarbon (H.-G.) est un « étang de (monsieur) Carbon » et l’Estanque à Castelnau-Durban (Ariège) est le nom donné au cours supérieur du Baup formant une retenue d’eau en amont d’un moulin. Les autres Estanque ou Estanquet, notamment dans les Landes, situés à proximité de cours d’eau, sont sans doute de même origine.

Acou

Dérivé du bas latin acoys, acoha  l’occitan acòu, acol, acouel, parfois écrit accol, désigne un « mur de terrasse, un gradin qui soutient un terrain en pente ».

On retrouve ces termes  par exemple, dans les noms de trois Pech d’Acou (Saint-Julien-de-Briola, Aude ; Valpironde, Lot ; Vazerac, T.-et-G. – avec pech dérivé de podium).

Dans le Vocabulaire et toponymie des pays de montagne, Robert Luft donne la signification suivante pour aco, variante acou : « planche de terre en terrasse, soutenue par un muret en pierres sèches. Selon la nature du terrain on peut y cultiver des céréales ou planter des oliviers.  Peu à peu aco a pris un sens plus général de « champ, domaine territorial » ». Si on suit l’auteur, les plus de trente noms de lieux avec Aco de suivi d’un nom de personne, qu’on trouve dans un quart sud-est de la France, seraient liés à cet acou. On peut pourtant en douter quand on lit dans le Trésor du Félibrige que l’occitan acò, « cela, ça », a donné la locution acò de, pour a caso de, signifiant  « chez », d’où des noms comme Aco de Madame (Ubraye, A.-de-H.-P.), Aco de l’Avare (Nice, A.-M.) et d’autres.

Attention aux faux amis ! Des noms comme Accous (P.-A.) ou Accons (Ardèche) sont issus d’anthroponymes latins ou germaniques et n’ont rien à voir avec nos terrasses.

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Pour ceux qui se demandent pourquoi on ne trouve jusqu’ici dans ce billet que des mots occitans, je réponds avec cette carte des départements, en vert, où on pratiquait, et pratique encore parfois, la culture en terrasse :

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Terrasse

histoire-des-terrasses Enfin, finissons-en avec les terrasses. Ce mot désigne originellement un « amas de terre, grand tas de terre » et a pris, par la technique du remblayage (masse de terre rapportée et compactée pour surélever une partie de terrain), le sens de « terrain à surface plane et plus ou moins élevé d’où l’on peut voir un horizon étendu », d’où son adaptation dans le vocabulaire de l’architecture et sa représentation dans ce sens en toponymie. C’est bien dans le sens de « terrain exhaussé naturellement plat et uni » qu’il faut comprendre la grande majorité des toponymes La ou Les Terrasse(s) notamment en pays de montagne. C’est le cas notamment pour les communes de La Terrasse (Is.) et de La Terrasse-sur-Dorlay (Loire).

Cependant, en agriculture, « une terrasse est une levée de terre en forme de banquette, édifiée sur un terrain pentu pour obtenir une surface plus ou moins horizontale. La terrasse peut être bordée par un talus (terrasse à talus) ou soutenue par un muret (terrasse à muret). Le talus est revêtu de gazon ou d’arbustes, le mur est en pierres sèches. Par rapport au talus gazonné ou arbustif courant sur des versants de faible déclivité, le mur en pierres sèches constitue un progrès technique, permettant de convertir à la culture des pentes plus fortes, sur lesquelles un soutènement est indispensable. » Certains des toponymes en Terrasse(s) sont donc peut-être liés à cette forme de culture, comme Les Terrasses de Cassis (B.-du-R.) où se cultivait la vigne avant que les promoteurs immobiliers ne s’en emparent ou La Terrasse à Marsannay-la-Côte (C.-d’Or) où on produit toujours un fameux vin AOC Marsannay Rosé.

Signalons des diminutifs en –on avec le nom de Terrasson-Lavilledieu (Dord.), où les habitations sont étagées à flanc de colline, et Les Terrassonnes à Tourettes (Var)

D’autres sens sont sans doute possibles. Ainsi, le Trésor du Félibrige ajoute, pour terrasso, le sens de « mauvaise terre, vilaine terre ». C’est sans doute ce sens qu’il convient de donner à des terrains peu fertiles ou caillouteux comme à la Terrasse de Meilhards et de Salon-la-Tour, en Corrèze, ou à La Terrasse d’Aniane (Hér.).

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Panne sèche ce soir, vous m’en voyez marri.

Impossible de trouver un toponyme un tant soit peu original lié aux mots du jour et susceptible de faire l’objet d’une devinette.

On verra si l’inspiration me vient dans les prochains jours …