Fache et banc

On a vu dans le précédent billet les mots faissa et bancarel employés en pays de langue d’oc pour désigner les murets de pierres sèches destinés à la culture en terrasses à flanc de coteau et, plus généralement, des terrains plus ou moins plats, des terrasses en hauteur. S’il est vrai que les grandes plaines agricoles des pays de langue d’oïl se prêtent moins à ce type de culture, on retrouve néanmoins des toponymes issus de mots similaires, pour désigner généralement des bandes de terre en longueur.

Issu, comme l’occitan faissa, du latin fascia, « faisceau, bande, ruban », le terme fache est à l’origine de nombreux toponymes dont près de cent dans le Nord, une vingtaine dans les Ardennes, et quelques autres dans les départements alentours. Dans ces régions, ce mot fache a pu simplement désigner une « étendue de territoire livrée à une culture déterminée », ou un « ensemble de parcelles de terre orientées dans le même sens », ce qui explique le grand nombre d’occurrences.

On comprend que pour singulariser ces parcelles il ait fallu les munir d’un déterminant : soit une épithète pour Grande Fache, Longue Fache etc., soit le nom du propriétaire, soit un élément topographique pour Fache de la Fontaine, de la Forêt, de la Motte, etc. Le diminutif Fachelle n’apparait qu’à de très rares exemplaires. Signalons des originalités comme la Fache de la Justice à Pont-sur-Sambre (Nord) où se tenaient les bois de justice, leurs suppliciés et leurs pendus ; la Fache de la Commune à Floursies (id.) ; une jolie Fache des Pâtures de l’Ange à Bavay (id.) ; la Fache des Pendantes à Saint-Rémy-du-Nord (id.) etc. Ajoutons à cette liste la Grange de la Faisse à Boyeux-Saint-Jérôme (Ain),  les Quatorze Faisses d’Obie (Nord) ainsi que quelques Faisses (à Romain, Doubs ; à Soulanges, Marne ; à Viry, Jura), qui rappellent les faissas occitanes et sont probablement de même étymologie. Au diminutif  –el donnant le pluriel –aux/-ault, on trouve le nom de Faissault (Ardennes). Une autre orthographe, connue aussi dans les Alpes, apparait dans les noms des Fesses (Angy, Oise ; Theuville, Val-d’Oise ; Tully, Somme etc.).

CPA Faissault

La commune du Nord appelée Faches-Thumesnil (Facis, Fachis en 1076 ) doit elle aussi son nom à ces bandes de terre mises en culture. La forme picarde fasque se retrouve dans le nom de Fasque, un lieu-dit de Verchocq (P.-de-C.) et, au diminutif, dans celui du Bois de Fasquelle de la même commune.

Ce même latin fascia est à l’origine de l’ancien français fesche qui a aussi donné des noms en Fâche, avec accent circonflexe, dont on trouve des exemples dans le Nord, les Ardennes, l’Aisne mais aussi en Côte-d’Or, en Vendée, en Charente et en Charente-Maritime. Certains de ces toponymes peuvent cependant être dus à des litiges de bornages, des fâcheries entre voisins, ce qui semble être particulièrement le cas des quelques Porte-Fâche des départements charentais.

Il convient  aussi d’éviter la confusion avec les Faches des Pyrénées et, plus généralement de Gascogne, qui désignent une « ceinture de rochers » comme au Pic de la Grande Fache au sud-ouest de Cauterets (H.-P.).

Les toponymes formés sur banc pour désigner une replat, une terrasse en pays montagneux sont bien entendu moins nombreux en pays de langue d’oïl (si, si, regardez une carte : il y a quand même moins de haute montagne en pays d’oïl qu’en pays d’oc).

Cpa-Douarnenez--Le-Banc

Dans ces régions-là, du moins sur les côtes maritimes, « banc » peut désigner le haut-fond naturel qui émerge parfois à marée basse : on trouve ainsi un Banc des Pourceaux et un Banc du Harbour face à Dinard (I.-et-V.), un Banc de la Carcasse à Ouistreham (Calv.), un Banc du Turc à Lorient (Morb.), un Banc d’Amfard au Havre (S.-M.) et bien d’autres. Un autre sens de « banc » est celui de digue, naturelle ou non, souvent de sable comme le Banc à Groseilles à Oye-Plage (P.-de-C, Banc des Cresseillers en 1774).

index

La devinette

Il vous faudra trouver le nom en trois mots (ou quatre pour ceux d’entre vous qui compteraient l’article initial) d’un lieu-dit d’une commune A, de France métropolitaine. Ce lieu-dit porte le nom de la voie qui a conservé celui, ancien, de la commune B à laquelle elle menait.

C’est cet ancien nom de la commune B, et donc celui du lieu-dit, qui sont liés à un des mots du jour.

Le nom de la commune A fait référence à la forme (ou à la décoration) d’un de ses points d’eau.

Le nom de la commune B fait référence à la qualité (d’un) de ses points d’eau.

Le chef-lieu de canton doit son nom à celui d’un homme latin accompagné, je vous le donne en mille, de l’inévitable suffixe acum.

Et l’indice du jour concerne ce chef-lieu de canton :

indice a 09 10 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Esbans (répàladev)

Si j’en crois un de ses derniers commentaires sur le précédent billet, TRA semble avoir rejoint TRS et LGF sur le podium des découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo !

Il fallait trouver Esbans, un lieu-dit d’Ytrac, canton d’Aurillac, dans le Cantal.

local Ytrac

De quoi parlons-nous, exactement ?

Esbans est un nom de lieu mentionné avec cette orthographe sur la carte IGN actuelle (et sur le CD de l’IGN de 2004) et sur la carte d’état major de 1891 mais écrit en deux mots Les Bans sur la carte de Cassini de 1783 (feuillet 15, Aurillac).

Capture ESBANS IGN

Capture ESBANS état major

Cassini ESBANS

C’est également Esbans qui apparait sur Google Maps et sur l’Annuaire Mairie

Cependant, on trouve l’orthographe Esban dans le fichier des Noms de rues de France pour le lieu-dit lui-même, pour la Forêt d’Esban et pour le Puy d’Esban (qui sert également de nom à une ZAC). On aura noté que la carte IGN mentionne elle aussi le pôle d’Activités du Puy d’Esban, sans s final.

Que conclure ?  Que le lieu-dit originel portait bien la marque du pluriel et que la mise au singulier est récente (postérieure à 2004) et non encore adoptée partout.

Esbans :

Jacques Astor (NFLMF*) explique ce nom comme signifiant ès bancs, « sur les terrasses », le rapprochant d’autres noms de fermes situées sur des terrasses plus ou moins en hauteur comme Banc à Colombier-le-Jeune et Les Bancs à Veyras, tous deux en Ardèche.

Un petit tour sur le Dictionnaire topographique du département du Cantal (Émile Amé, 1897) nous permet d’avoir accès aux formes anciennes du nom :

CaptureDTC Esbans

La première forme Ebrart (1384), qui n’a pas pu phonétiquement évoluer vers les suivantes, est très probablement un patronyme d’origine germanique (eber, « sanglier » et hard, « dur »), celui du premier propriétaire des lieux, qui sera plus tard remplacé.

Les derniers noms semblent bien être formés sur ce ban(c) au sens de terrasse, mais un doute subsiste : s’agissait-il à l’origine d’ès bancs, d’où Es-bans en 1750, comme le pense J. Astor ou bien de Les Bans (1684) ayant subi une mécoupure pour *L’Esbans puis Esbans (1759) ?

Reste le nom Esbaux de 1522 … qui pourrait être une corruption du nom Esbans par un greffier peu au fait de la phonétique locale (on sait qu’à cette époque, les greffiers étaient des lettrés souvent venus d’ailleurs et se piquant de parler et donc d’écrire « français »).

Le même dictionnaire signale La Maisonnette-d’Esbans, un écart de la commune d’Ytrac, aujourd’hui disparu.

Ytrac : Aitrac en 930 et Ytracum en 1328, du nom de personne roman Actorius et suffixe acum.

Aurillac : Aureliacus en 899 du nom de personne roman Aurelius et suffixe acum.

CPA Ytrac

cdl a

Les indices

indice a 02 10 2022 ■ le premier de ces coureurs cyclistes est Antonin Magne, natif d’Ytrac.

indice a 04 10 2022 ■ il fallait bien sûr reconnaitre un cantal.

indice-b-04-10-2022 ■ cette affiche était celle d’un documentaire mettant en scène le retour au pays du peintre espagnol Nicolás Rubió qui avait vécu à Ytrac dans sa jeunesse quand ses parents avaient fui l’Espagne en 1938. « En 2013, il retourna dans le Cantal pour y accompagner le tournage d’un film dont un cinéaste et documentariste argentin, Fernando Domínguez, avait conçu le projet en 2011. Le film, intitulé 75 habitantes, 20 casas, 300 vacas, montre un Nicolás Rubió en train de parcourir l’Auvergne, d’Aurillac à Clermont-Ferrand, et occupé, en quelque sorte, à peindre un paradis perdu ».

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices du mardi 04/10/2022

TRS le premier et LGF le second m’ont déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Pour les autres, voici un rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom, en six lettres, d’un lieu-dit de France métropolitaine méridionale qui désignait à l’origine un lieu de culture en terrasses, à l’aide d’un des deux mots du billet.

La commune où se trouve ce lieu-dit porte un nom issu de celui d’un homme latin accompagné de l’inévitable suffixe –acum, tout comme le chef-lieu du canton.

Ce dernier est le lieu de naissance d’un président de la République.

Un indice ?

indice a 02 10 2022

 

 

auquel j’ajoute cette précision :

vu la disparité de ses formes anciennes, l’étymologie du toponyme à trouver peut être discutée. Néanmoins, plusieurs auteurs font bien un lien avec un des deux termes étudiés dans le billet, faissa et bancarel – mais plutôt au sens de « terrasse, terrain plat à flanc de coteau » qu’à celui de « culture en terrasses à l’aide de murets de pierres ».

et que je complète par ces indices :

■ et d’un, pour la région :

indice a 04 10 2022

■ et de deux, pour la commune :

indice-b-04-10-2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Faissa et bancarel

Avec leurs mains dessus leurs têtes

Ils avaient monté des murettes

Jusqu’au sommet de la colline

À flanc de versant, ces murettes de pierre sèche retenaient une bande de terre en vue de sa mise en culture. Cette parcelle toute en longueur était appelée, dans le Midi, faissa, du latin fascia, « bande » ou bancèl, diminutif représentant un sens particulier de « banc, banquette ». Chacun de ces mots a fourni son lot de toponymes.

Il ne sera question dans ce billet que du domaine occitan, l’étude des toponymes de langue d’oïl de même étymologie étant prévue pour un prochain billet. Et les autres noms donnés à ces terrasses soutenues par des murets feront peut-être l’objet d’un troisième billet.

Faissa

Parmi les nombreuses représentations de ce toponyme, citons le col de Faisse ou des Faïsses à l’ouest de Barres-des-Cévennes (Loz.), le col des Faïsses dans le Dévoluy à Pellafol (Is.), Les Faisses au nord-ouest de Châteauvert (Var), Les Faïsses à Saint-Étienne-de-Gourgas (Hér.) et à Blandas (Gard) ou encore Les Faysses à Javols (Loz.), pour n’en citer qu’une poignée parmi les plus de quatre cents du même type recensés. Relevons toutefois les Faissas de Saint-Guilhem-le-Désert (Hér.) qui ont résisté à la francisation

les-faysses1

Les faysses à Ailhon (Ardèche)

On comprend bien que, pour les singulariser, certains de ces noms ont été accompagnés d’un déterminant faisant appel à la forme comme Faïsse Longue (le Tignet, A.-M.), Courte Faisse (Ambarès-et-Lagrave, Gir.) ou Faysse Courbe (Cardet, Gard), à la couleur de la terre comme la Faïsse Noire (le Cannet-des-Maures, Var) ou Faisse Blanche (Ségur, Av.), au propriétaire comme la Faïsse del Rey (Signes, Var) et la Faïsse Curèle (id.). On trouve également des diminutifs eneta ou –òla : la Faissette (Chorges, H.A. ; Balsièges, Loz.), Faissolle (Lapte, H.L. ; Entrepierres, A.-de-H.-P.), les Fayssettes (Saint-Georges-de-Luzençon, Av.), les Fayssolles (Octon, Hér.) etc.

Avec un phonétisme différent sont apparus d’autres noms comme le Pic de la Grande Fache près de Cauterets (H.-P.) et le Tuc de Feyches à Biert (Ariège) ; la Grande Feyche à Bonneval-sur-Arc (Sav.), la Feiche du Loup à Bessans (id.), etc. sans oublier les différents Fesse de la Maurienne : la Grande Fesse (Bessans, Sav.), la Fesse du Bas et la Fesse du Haut à Bramans (id.) et même la Fesse du Milieu à Lanslevillard (id.). Ces fesses ne sont pas exclusivement alpines, en témoignent la Fesse de Giraud au Collet-de-Déze en Lozère et les Fesses de Charlemagne à Lagrasse dans l’Aude.

Fesses-Rouges-Palavas

En gascon, où le f initial passe à h, on trouve la hècha, que Dauzat définit comme « gradin herbeux d’accès difficile », d’où le nom de Hèches (H.-P.). Dans de nombreux cas, le toponyme ne recouvre pas toujours le sens de culture en étage qu’il a le plus souvent ailleurs, mais désigne tout simplement un replat de versant, une plate-forme naturelle. C’est notamment le cas pour le pic de la Hèche (Argelès-Gazost, H.-P.), la Pène de la Hèche (Asson, P.-A.), le Tuc des Hèches (les Bordes-sur-Lez, Ar.) etc.

Le catalan a quant à lui fourni des noms comme les Feixes (une vingtaine, tous en P.-O.), la Feixa (quatre dans le même département) et le hameau des Feitges à Sauto (id.).

Bancel

Le nom de lieu Bancarel représente, on l’a dit, un sens particulier de « banc », proprement « banquette de terre, à flanc de versant, soutenue par une murette de pierres sèches ». Aujourd’hui, dans les lieux dont le nom évoque cette culture « en terrasse », il ne reste souvent plus grand-chose de cette murette. Seul le nom demeure pour témoigner de son ancienne présence.

C’est le cas pour Bans et Banquets à Saint-Côme-d’Olt (Av.), sur une pente supérieure ; le Col des Banquets à la Fraise (Hér.) ; La Montée des Bans à Saint-Beauzille-de-Montmel (Hér.), un chemin franchissant une croupe boisée, et bien d’autres.

Le nom est aussi resté à des hameaux situés en hauteur : Banc (Colombier-le-Jeune, Ardèche), Les Bancs (Veyras, id.), Bancel (Saint-Prix, id.),  Serre du Banc (le Monêtier-les-Bains, H.-A.), etc. On le retrouve comme déterminant pour Saint-Joseph-des-Bancs (Ardèche), où le col des Bancs domine le village. Le tourisme cévenol a bien fait connaître les bancèls du Gard, dont Bancels (à Quissac), nom d’un hameau au pied des escarpements de la Montagne des Issarts, offre un échantillon. Un diminutif apparait avec le nom de Le Bancillon (Saint-Ilpize, H.-L.), tandis que la palatalisation du c a donné en Savoie les noms de Le Banchet (Vérel-de-Montbel, Albiez-Montrond et Ayn).

Le toponyme Bancarel se retrouve tel quel à une vingtaine d’exemplaires principalement en Midi-Pyrénées mais aussi dans le Cantal.

Pour être tout-à-fait complet, il convient de signaler que certains de ces toponymes ont pu donner des noms de famille devenus à leur tour toponymes, ce qui explique qu’on peut trouver des lieux appelés Bancel ou Bancarel là où aucun muret de pierre n’a jamais été posé, mais où un nommé Bancel ou Bancarel a pu poser ses valises. Le nom de famille Bancel, s’il peut être issu d’un lieu éponyme, a aussi pu désigner un fabricant de bancs ou banquettes en bois.

Hotel Bancarel

L’ancien hôtel Bancarel, à Bertholène (Av.), aujourd’hui « Chez Eugène « 

rog

La devinette

Il vous faudra trouver le nom, en six lettres, d’un lieu-dit de France métropolitaine méridionale qui désignait à l’origine un lieu de culture en terrasses, à l’aide d’un des deux mots du billet.

La commune où se trouve ce lieu-dit porte un nom issu de celui d’un homme latin accompagné de l’inévitable suffixe –acum, tout comme le chef-lieu du canton.

Ce dernier est le lieu de naissance d’un président de la République.

Un indice ?

indice a 02 10 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Pech de Cante-Couillon (répàladev)

Le moment est venu de vous livrer la réponse à ma dernière devinette.

Il fallait trouver le Pech de Cante-Couillon  à Villasavary, dans le canton de La Piège au Razès, dont le chef-lieu est Bram, dans le département de l’Aude.

local Villasavary

Pech de Cante-Couillon : on reconnait dans le premier élément de ce nom, pech, un dérivé du latin podium, « colline au sommet arrondi voire plat », étudié dans ce billet. Le nom Cante-Couillon qui a été donné à ce pech est une variante de « chante-coucou » vu dans le paragraphe  « Les autres » du billet intitulé Coleus, i.

Bien d’autres lieux portent un nom apparenté. Pour le Cante Couyon ou Cante Couyou (selon la
carte au 1/25000) des Salces (Loz.), on a la chance de posséder des formes anciennes : Cantacogul (1246) , Chantocogul(1250), Chantacogul(1261), Cantacogul(1270), Chantacogul (1307) Canta Coguol (1414)et enfin Chantacoguol (1445). Il s’agit bien d’un composé verbal dans lequel le nom occitan ancien du coucou, cogul, a évolué en couioul (F. Mistral) puis en Couyou, dans cette zone du Gévaudan où le -l final n’est plus prononcé. La graphie Couyon est une fausse régression graphique qui s’explique par le fait que, dans cette zone géographique, le –n final ne se prononce pas plus que le –l. Toujours dans cette même région, en Lozère, on trouve
Chante Couyon à Javols, Cante Couyon à La Canourgue, Chonte Couyon à Marchastel, Chonte Couyon à Arzenc-de-Randon, auxquels on peut ajouter Chonte Couyon à Rieutort-de-Randon.

Dans le nom du Pech de Cante-Couillon, si le passage de couioul à couyon peut être expliqué phonétiquement comme ci-dessus, il ne fait pas de doute que la paronymie avec « couillon » a eu sa part dans la formation du nouveau nom

Dan le Cantal, le lieu-dit Pescoujoul à Cézens,  était Péguoliouls (1614), Peucheryol (1633), Peuch-Coujol (1636), Puchcouyoul et Peuch-Couyoul (1649), Pécouyol (1650), Pecouyoul (1651), Peuch-Coujoul et Peuch-Coyol (1652), Peuchcoujol (1669), Puech-Couyoul (1671), Pecouniou (1673), Peucoyoul (XVIIè siècle) et enfin Peuxlogol, Pexcoyol et Pescojol (1855). Il s’agit, là aussi, d’un pech ou puech du coucou.

Villasavary : le nom de cette commune était Villare Severic en 1162, de l’occitan vilar, « hameau, village » accompagné du nom Savaric de son premier seigneur.

Bram :  le nom de cette commune était expliqué dans ce billet du 9 mai 2020. Il s’agissait d’un ancien eburo-magos, « marché de l’if ». Bram est le bureau centralisateur du canton de la Piège au Razès.

La Piège : ce petit pays aux contours flous est attesté in pago Tolosano … in ministerio ipsa Pudia en 969. Ce dernier nom est une déformation du pluriel podia du latin podium désignant de petites collines aplaties. Plutôt que vers pech, fréquent dans la région, il a évolué ici en piège, comme pour La Peige à Trèbes et La Pège à Albières, dans le même département.

Razès : le nom de ce pays était expliqué, avec d’autres, dans ce billet consacré au Sustantonès le 28 mars 2021.

CPA. Bram-route-de-fanjeaux

cdl 1

Les indices :

indice a 19 09 2022 ■ il fallait reconnaître dans cette pâtisserie un alléluia de Castelnaudary, censé restreindre la région où trouver le toponyme. (Je n’allais quand même pas vous montrer un cassoulet !).

indice a 20 09 2022_ ■ cette affiche était celle du film Farinelli de Gérard Corbiau, racontant la vie du célèbre castrat. La graphie inversée ǝɔıpuı  devait faire prendre ce nom pour le contraire de celui à trouver : un castrat qui chante vs un couillon qui chante …

indice b 20 09 2022  ■ Ah ben ! tiens, voilà la cassolette, pour le cassoulet de Castelnaudary, donc.

Le nom des îles françaises !

« Qu’est-ce que cela ? », vous entends-je vous interroger.

Eh bien! Cela est une excellente nouvelle – en tout cas pour moi.

Un livre sur lequel j’ai travaillé depuis ma prise de retraite, soit près de quatre ans, est désormais disponible à la souscription avant sa parution en librairie en février 2023.

Il s’agit du Dictionnaire étymologique des îles françaises, le premier de toute l’histoire de la toponymie (un index de près de 1500 noms étudiés), et je n’en suis pas peu fier !

Dictionnaire étymologque des îles françaises

Je vous laisse jeter un coup d’œil :

https://www.adverbum.fr/editions-desiris/claude-gantet/dictionnaire-etymologique-des-iles-francaises_5dq5v2q6mktm.html

Faites circuler !

Merci de votre attention.

les indices du mardi 20/09/2022

Attention ! Je serai absent jusqu’en début de semaine prochaine : il n’y aura donc pas de répàladev ni de billet d’ici là (au mieux mardi 27).

En attendant, puisque personne ne m’a encore donné de réponse à ma dernière devinette, je vous livre un peu avance le traditionnel billet du mardi soir avec :

■ cet ǝɔıpuı :

indice a 20 09 2022_

 

■ et cet autre :

indice b 20 09 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr

Ne soyez pas surpris si je ne réponds pas à vos courriers aussi promptement que d’habitude : je ne suis pas sûr de pouvoir lire mes mails si facilement.

D’ici là, bonne fin de semaine, et méfiez-vous des contrefaçons !

Coleus, i

En villégiature dans le Tarn-et-Garonne, un ami, qui connaît mon intérêt pour la toponymie, m’a fait part du fou rire qui égaya sa voiturée lorsqu’un panneau leur indiqua la Grande Couille, commune de Lavit (attention !, au féminin : Lavit). « D’où vient ce nom ? », me demanda-t-il.

Mon premier réflexe fut de lui faire relire mon article de fin d’année concernant la Couillade des Bourriques, dans lequel j’expliquais que Couillade est «  la francisation de l’occitan colhada, dérivé de col, lui-même issu du latin collum, « passage dans la montagne ». Ma réponse le laissa perplexe car, me fit-il judicieusement remarquer, l’endroit n’a rien d’un col de montagne :

Grande Couille

Alors ? Eh bien, me voilà parti à l’exploration des Couilles, Couillades et autres toponymes du même acabit (non, le t ne se prononce pas).

Première constatation : il y a beaucoup plus de formes de Couilles (si je puis dire) que ce à quoi je m’attendais.

La forme la plus représentée est sans doute cette Couillade. Elle est suivie par Couillard, et ses dérivés Couillarde, Couillarderie, Couillardière, etc. Viennent ensuite des Couille, Couillet, Couillère etc. et quelques autres variantes anecdotiques – dont des faux amis.

Comme on le verra, l’étymologie selon le latin vulgaire *colea , féminin du latin classique coleus, « testicule », si elle semble évidente pour certains de ces toponymes, n’est pas la seule possible : les paronymes sont nombreux d’où la difficulté parfois d’émettre une certitude sur le sens du toponyme.

Couillade

Je me contente de redonner ici l’étymologie de ces Couillades : « il s’agit de la francisation de l’occitan colhada, dérivé de col, lui-même issu du latin collum, « passage dans la montagne ». Le suffixe occitan –ada (du collectif latin –etum/-eta) sert ici à désigner les deux versants du col ».

Seize exemples, tous accompagnés d’un déterminant (cf. l’article déjà cité), apparaissent exclusivement en Ariège, Aude et Pyrénées-Orientales

Couillard

Il s’agit d’un nom de famille issu d’un sobriquet qui signifie littéralement « qui a de gros testicules », donnant crûment une idée des penchants sexuels de l’individu. Rappelons qu’un « couillard » était le nom donné dans nos campagnes à l’âne non châtré. Cependant, d’autres sens peuvent être associés à cette épithète, cf. notre actuel « couillon » . D’autre part, les surnoms donnés aux villageois avant la généralisation des noms de familles étaient destinés à différencier ceux qui portaient le même nom, en général chrétien ; ces surnoms n’étaient le plus souvent ni cruels ni injurieux mais étaient considérés comme « normaux » à l’époque et même parfois tendres : qui ne se souvient de ce « grand couillon » de Marius, comme l’appelait César dans la trilogie de Pagnol ?

On rencontre des toponymes du type Couillard ou Le(s) Couillards répartis sur tout le territoire et même une Couillarde à Cézan (Gers). Le Couillard à Terves (D.-Sèv.) était déjà attesté Le Moulin de Couillard en 1365 (le meunier ne faisait pas que dormir, donc). Notons une Grande et une Petite Couillarde à Lajoux (Ain), L’Ouche Couillard à Mignerette (Loiret, avec ouche, « parcelle cultivée proche de la maison, potager », du gaulois olca, « labour ») et un irrésistible Mont Couillard à la Veuve (Marne).

Les dérivés en –erie ou ière, indiquant la propriété d’un certain Couillard se retrouvent dans la Manche et l’Orne, comme pour la Couillarderie à Pirou (Manche) ou la Couillardière à Rânes (Orne). Nul doute que les Couillardais à Missilliac (L.-Atl.) aient le même sens.

Enfin, l’étymologie du nom du lieu-dit Couillarsut (parfois orthographié Couillarçut) à Arette (P.-A.) est obscure. N’ayant pas réussi à en percer le secret, j’ai renoncé à en faire la devinette du jour.

Couille

Gardant le meilleur pour la fin – et donc la réponse à mon ami (vous vous souvenez ?) – je m’attaque enfin aux Couille (si je puis dire).

Ce toponyme n’apparaît tel quel qu’à de très rares exemplaires (mais plus d’une paire, quand même) : Couille à Montsaunès (H.-G.), la Couille à Mascaras et à Goulz (Gers), la Grande Couille à Sabonnères (H.-G.) et à Lavit (T.-et-G.) et la Noire Couille à Oisy (Nord).

Si j’en reviens à ma Grande Couille (si je puis dire) de Lavit, je constate que le nom était déjà mentionné ainsi sur la carte de Cassini, avec sa pendante (si je puis dire) Petite Couille, aujourd’hui disparue (ce qui faisait une belle paire) ainsi qu’un Couillet Haut :

LAVIT

(carte de Cassini -Feuillet 37 – Montauban -1777)

Ce diminutif Couillet se retrouve à une quinzaine d’exemplaires, dont six dans les Landes avec un redondant Petit Couillet à Lagrange. On trouve un féminin Couillette à Mauvaisin-de-Sainte-Croix (Ariège), un Bosquet Couillette à Sains-en-Amiénois (Somme) et plusieurs Couilline comme à Villandraut (Gir.)

L’étymologie la plus probable pour ces toponymes est celle du latin collis, « colline, coteau » ou, comme pour les Couillades dérivées de collum, il pourrait s’agir d’un petit passage entre deux collines. Une autre hypothèse, pour les Couillet du Sud-Ouest, fait état d’un dérivé colh, attesté en Armagnac, du gascon conh, « coin ».

Mais, notamment pour les Couillet du Midi, il peut s’agir là aussi d’un nom de famille issu de l’occitan couiet, coulhet, coulheto que F. Mistral (Trésor du Félibrige) définit comme « familier : bonhomme, sot, sotte », ajoutant les variantes euphémiques couièti, couiòti, couiòssi. Cf. là aussi ce que j’écrivais à propos de Couillard comme surnom.

La première hypothèse semble confirmée par des toponymes du type Couillère à Affléville (M.-et-M.), le Bois des Couillères à Lacour-d’Arcenay (C.-d’Or), les Couillères à Champier (Is.) qui sont issus du roman couliera, « ensemble de collines » – auxquels on peut sans doute ajouter Couilleuse à Saint-laurent-Nouan (L.-et-C.), avec un autre suffixe collectif.

Cependant, pour certains d’entre eux en Île-de-France, je trouve le sens de « spongieux» pour le Pré Couillet (au pluriel Prés Couillets à Clos Fontaine, S.-et-M.) dans la Toponymie en Seine-et-Marne de Paul Bailly (1989) qui pourrait s’appliquer à des Couillé (à Vaiges, May., etc) – mais sans que ce sens ne soit nulle part ailleurs signalé.

Enfin, l’hypothèse d’un anthroponyme n’est pas exclue pour certaines variantes comme pour Couillerie à Vazerac (T.-et-G.), Couilleron à Mauléon-d’Armagnac (Gers), Couillery à Coulonges-sur-Sarthe (Orne), et est certaine pour Chez Couillebeau à Moulidars (Char., mes compliments à Madame), Chez Couillandeau à Moutiers (Ch.-Mar.) et Chez Couillaud à Chatain (Vienne). A. Dauzat donne pour certains de ces anthroponymes une étymologie selon le latin culeum, « petit sac de cuir », pour désigner un fabricant ou un marchand de tels sacs.

Question sobriquet, on trouve le Roc du Couillon au Bugue (Dord.), le Couillonné à Passais (Orne), les Couillons de Tomé à Perros-Guirrec (C.-d’A.) et un Rayon Marc Couillon à Sorel (Somme). Chacun de ces toponymes mériterait une étude particulière pour en découvrir le sens exact.

Et que dire du Cascouillet à Boulogne-sur-Gesse (H.-G.), qui aurait pu faire l’objet d’une devinette si j’avais eu une certitude sur son étymologie ? Un composé d’une racine *kas, variante de * kar, « pierre » et couillet, « petite colline » ou plus simplement un sobriquet pour un personnage particulièrement ennuyeux ?

CPA Lavit

Les autres

Issu de la racine oronymique pré-indo-européenne *kuk, prolongée par le diminutif ulus, l’occitan a une forme coyol qui apparaît dans le Puech Couyoul à Montpeyrox (Hér.), dans le Roc Couillou à Fraissinet-de-Lozère (Loz.) et dans le Montcoyoul de Montredon-Labessonnié (Tarn, Montecucullo en 1358) rebaptisé en Mont-Roc pour cause d’interprétation péjorative donnée à coyoul. Cependant, il a pu y avoir télescopage avec le nom occitan du coucou, issu du latin cucullus, qui est appelé cogol, cocut ou encore coyol. C’est ce qui explique des noms comme Cante Couyoul  à Albefeuille la Garde (T.-et-G.), Combret (Av.), Grazac (Tarn), Quintillan (Aude), Ventenac (Ariège), Cante-Couyou à La Canourgue (Loz.), Cantecouyou aux Salces (Loz., attesté Cantacogul en 1246), Chantecouyou à Anglards-de-Saint-Flour (Cant.) et quelques autres comme le Pescoujoul à Cézens (Cant.) qui était Peuch-Couyoul en 1649, avec peuch dérivé de podium.

Le nom d’homme latin Colius est à l’origine de celui de Coueilles (H.-G., Colia villa), de Couilly-Pont-aux-Dames (S.-et-M., Coliacum en 853) et de quelques micro-toponymes similaires.

Il reste d’autres noms assez semblables, avec des suffixes variés qui n’apportent rien de plus et qu’il est inutile de tous citer ici.

Conclusion

S’agissant de « couilles », on ne pouvait s’attendre qu’à un sujet suffisamment complexe, mystérieux et sensible pour qu’on ne sache pas trop par quel bout les prendre.

Si je puis dire.

index

La devinette

Il vous faudra trouver un micro-toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour et désignant une hauteur toute relative comparée à ses voisines. Ce nom, qui peut être précédé d’un article, est composé de trois mots, d’une préposition et d’un trait d’union.

La commune où il est situé porte un nom, en un seul mot, incluant celui de son seigneur au XIIè siècle. Le nom de ce dernier est composé d’une racine germanique de sens obscur suivie d’un terme lui aussi germanique signifiant « puissant ».

Le chef-lieu du canton où se situe cette commune a fait l’objet d’une devinette il n’y a pas si longtemps, tandis que le nom du pays a été expliqué, avec celui de ses voisins, dans un billet il y a encore moins longtemps. D’où la difficulté à vous en dire plus à leur sujet sans trop vous faciliter le travail.

Allez !, un indice pour vous rapprocher de la solution :

indice a 19 09 2022

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Gratte-Ouasse (répàladev)

TRA, TRS et LGF sont les trois découvreurs de la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Gratte-Ouasse, un lieu dit de la commune de Bussy, dans le canton de Dun-sur-Auron, dans le département du Cher.

local Bussy

Gratte-Ouasse : le nom de ce lieu-dit est de création sans doute récente, puisqu’il n’est pas cité dans le Dictionnaire topographique du département du Cher (Hippolyte Boyer et Robert Latouche, 1926). On y reconnaît sans difficulté le verbe « gratter » (cf. le billet dédié) ici accompagné du terme ouasse, qui dans les patois du centre de la France (notamment en Berry, Nivernais et Sologne) désigne un corvidé, plus particulièrement la pie ou le corbeau.

ouasse DicoCapture

Glossaire du Centre de la France par M. le Comte Jaubert, 2è édition, 1864

Ce terme ouasse est une déformation régionale du nom agace ou agasse donné dès le XIè siècle à la pie. Il s’agit d’un mot venu de l’ancien haut allemand, restitué d’après le gotique reconstruit *agatja et attesté agaza au XIIIè siècle. L’ancien provençal agassa, de même origine et de même sens, est attesté au XIIè siècle et a sans doute influencé la forme française. Que ce soit en langue d’oïl ou en langue d’oc, le nom, sa prononciation et son écriture ont subi la paronymie du verbe « agacer » , à l’origine d’une étymologie populaire qui fait de la pie un oiseau qui agace.

Bussy : les formes anciennes Buthiacum (1183) ; Buci (1208) ; Buissi (1216) ; Buciacum (1234) ; Buxiacum (1246) ; Bucy (1249) ; Buxy (1319) ; Buxi (1368) ; Bussi (1469) renvoient à un nom d’homme latin Buccius accompagné du suffixe –acum. La page wiki consacrée aux homonymes en signale plus d’une quinzaine, mais tous n’ont pas la même étymologie, certains pouvant venir du latin buxum, « buis ».

le château de Bussy, ancienne propriété royale bâtie au début du XVè siècle, est curieusement surnommé le Bourg, un nom généralement attribué à une agglomération rurale plutôt qu’à un château.

Dun-sur-Auron : les formes anciennes In centena Dunensi (880) ; Dunum (1012) ; [Odo] de Duno (1102) ; Dunum regium (1205) ; Duni castellania (1175) ; Dunum regis (1284) ; Dum le Roy (1380) montrent que cette ville doit son nom au gaulois dūnum , « citadelle fortifiée ». Il est ici accompagné du nom de la rivière, l’Auron, laquelle était aqua…Otrionis en 855, de l’hydronyme pré-celtique *aut(u)ra accompagné du suffixe gaulois ou roman –onem. Ce suffixe a remplacé définitivement en 1880 l’ancien suffixe -le-Roi qui était dû à son appartenance au domaine royal après le don fait en 1100, avant de partir en Croisade, par le vicomte de Bourges au roi de France. (Vous imaginez ça, vous, Bernard Arnault donnant toutes ses richesses à la République avant d’aller se battre pour l’Ukraine ? Moi non plus.).

CPA-Dun-18-1

cdl 1

Les indices

indice a 11 09 2022 ■ Ceux qui ont des dessins (on dit bien « avoir des lettres » pour ceux qui ont lu de nombreux livres, pourquoi ne dirait-on pas « avoir des dessins » pour ceux qui ont lu de nombreuses bandes dessinées ?) se souviennent que la coupable du vol des bijoux de la Castafiore était la pie qui, comme le dit sa réputation proverbiale, est voleuse – on pourrait dire, en argot, qu’elle gratte.

indice a 13 09 2022 ■ Cette gravure de Buffon concernait les corvidés, dont la pie. Le même Buffon, dans son Histoire naturelle des oiseaux, mentionne les différents noms donnés à la pie, parmi lesquels ouasse.

indice b 13 09 2022 ■ Il fallait reconnaître l’écu de Jacques Cœur, célèbre négociant originaire de Bourges, donc du Berry.

Les indices du mardi 13/09/2022

Personne ne m’a encore donné la réponse à ma dernière devinette.

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra chercher le nom d’un lieu-dit de France métropolitaine lié au mot du jour.

Ce toponyme concerne un animal dont le nom y est dit dans la langue traditionnelle régionale. En réalité, ce nom a pu désigner plusieurs espèces d’animaux d’une même famille, et s’ils sont tous gratteurs, c’est même, dans un sens, devenu proverbial pour l’un d’eux.

Il est situé dans une commune au nom classiquement formé de celui d’un homme latin accompagné du suffixe bien connu –acum. On compte deux communes parfaitement homonymes et une quinzaine d’autres portant le même nom accompagné d’un déterminant – sans compter une autre commune chez un de nos voisins.

Cette commune s’enorgueillit d’abriter un château du XVè siècle ayant appartenu au domaine royal et aujourd’hui propriété privée. Il est curieusement surnommé, par les habitants de la commune, de manière oxymorique.

Le chef-lieu du canton où est située cette commune porte un nom gaulois accompagné de celui de la rivière au nom pré-celtique.

Indice :

indice a 11 09 2022

et les traditionnels cadeaux indices du mardi :

■ pour le lieu-dit lui-même :

indice a 13 09 2022

■ pour la région :

indice b 13 09 2022

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr