Les indices du mardi 18 mars 2025

Personne ne m’a encore donné la réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine au nom constitué de plusieurs mots, dont l’un est lié au mot du jour [laume], et d’une préposition. L’ensemble suggère que celui qui travaillait là n’y gagnait pas sa vie comme il l’aurait souhaité.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin suffixé de manière classique.

Sachant que vous n’aurez pas de mal à savoir où chercher cet endroit, il m’est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler trop facilement la solution.

Alors, je vous propose cet unique indice, pour le nom du pays :

Les nouveaux indices

■ le chef-lieu de canton porte un nom pléonastique et ses armes sont parlantes par la présence de poissons.

■ la commune est traversée par un canal qui porte le nom de la région.

■ pour les Gaulois qui habitaient le pays :

■ pour le lieu-dit lui-même :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Laume

Le mot « laume » a d’abord désigné un terrain bas allongé en bordure d’une rivière, inondable, marécageux, puis a désigné la végétation de roseaux qui y pousse et, par extension, toute herbe poussant dans les terres humides et argileuses. Le patois bourguignon emploie encore de nos jours le terme laume pour désigner le roseau ou l’iris sauvage.

L’étymologie la plus probable est celle du latin lama, « fondrière, bourbier », mais certains auteurs ont préféré le rapprochement avec les latins lamella/lamina, au  regard de l’aspect étroit et allongé de ces terrains tandis que d’autres penchent pour une étymologie pré-latine par un *lamma ou *lanma qui aurait eu le sens d’ « endroit boueux ». Des mots équivalents se retrouvent dans d’autres langues : l’italien lamina, « plaine ou vallée marécageuse », le dialecte italien de Brescia lama, « sol boueux et mouvant », l’espagnol lama, « boue, fange » et lamedal, « bourbier », le portugais lama, « boue » et lamarão, « lieu fangeux, fondrière ».

C’est principalement dans les zones rurales du Centre-Est qu’on rencontre des toponymes qui sont issus de ce terme.

On rencontre ainsi La Laume (Quincy-le-Vicomte, Marmagne en C.-d’Or etc.), Laume (Le Vihain, Bourbon-l’Archambault, Saint-Menoux, Sauvagny, Theneuille dans l’Allier etc.), le Moulin de la Laume, au bord de l’Armançon (Semur-en-Auxois, C.-d’Or), la Croix de Laume (Villemontais, Loire), Les Laumes (Chichée, Ravières, Argenteuil-sur-Armançon dans l’Yonne etc.), les Laumes et les Vignes des Laumes (Ménétreux-le-Pitois, C.-d’Or). N’oublions pas la plaine des Laumes (attestée de Lammis en 1190) au bord de l’Oze et au pied du plateau d’Alésia qui complète le nom de Venarey-les-Laumes et qui a donné son nom à la gare ferroviaire des Laumes-Alésia. Selon un tradition locale, le nom des Laumes aurait pour origine les larmes versées par les soldats gaulois au soir de la défaite d’Alésia.

On trouve également, à côté de plaines nommées la Laume (Seigny, Grigon en C.-d’Or, etc.), une Montagne de Laume (Poil, Nièvre) et un Ru de la Laume (Montigny-Montfort, C.-d’Or).

La Motricine ? Une des premières marques d’essence pour automobiles du début du XXè siècle … vendue en bidon dans les épiceries !

À l’appui d’une étymologie selon un pré-latin *lamma, « endroit bourbeux », A. Dauzat et E. Nègre, s’appuient sur les forme anciennes de Lammmis attestée en 1190 et Lammes en 1231 des Laumes en Côte-d’Or, vues ci-dessus, ainsi que sur la présence, toujours en Bourgogne, de plusieurs lieux-dits La Lamme (Argentenay, Junay, Tissey … dans l’Yonne ), La Lamme Vierge (Tonnerre, id.), Les Lammes (Chichée, Venizy, etc. id.), Les Longues Lames (Venizy, Saint-Florentin, id.)

Certains toponymes peuvent toutefois avoir une autre origine, par confusion avec le nom de l’orme. C’est, par exemple, le nom du Grand-Laume à La Comelle (S.-et-L.), qui était L’homme en 1508/09,  Lhaulme en 1663, Losme en Bourgogne en 1685 et Lorme en 1760 et qui doit donc son nom à l’orme, d’abord confondu comme souvent avec l’homme puis avec laume. En revanche, le lieu-dit L’Homme de Noirétable (Loire), qui était Laume au XVIIIè siècle, a subi l’évolution inverse.

Un dérivé collectif, formé avec le suffixe -et (latin –etum) au sens de lieu où poussent des laumes, des roseaux, est à l’origine de nombreux toponymes du Sud-Ouest (sans qu’on n’explique cette répartition géographique différente entre laume et laumet). On compte ainsi en Aveyron plusieurs lieux-dits Laumet (Broquières, Sauveterre-de-Rouergue etc.), un Moulin de Laumet (Millau), un Puech de Laumet (Montrozier) et une Grotte de Laumet (Millau), mais le même nom apparaît aussi dans le Lot avec Laumet (Arcambal), dans le Tarn-et-Garonne avec Laumet (Caumont, Fajolles) et le Pech Laumet (Parisot) etc.  Le pluriel, plus rare, apparait néanmoins aux Laumets (Caumont, Fajolles, T.-et-G. etc.) tandis que le féminin se retrouve  à Laumette (Mas-d’Auvignon, D’Escornebœuf, Réaumont, Sainte-Christie dans le Gers etc.).

D’autres dérivés peuvent prêter à confusion.  Il en est ainsi des noms du type Laumière, que l’on retrouve principalement là aussi dans le Sud-Ouest (Mayac, Dord. ;  Aynac, Lot ;  Varen, T.-et-G. etc.) : on est tenté d’y voir un dérivé collectif en –ière de laume, mais certains auteurs préfèrent y voir une déformation de l’olmière, « bois d’ormes (occitan olme, latin ulmus) », passé à l’aumière puis à laumière. Toujours dans la même région, on trouve plusieurs Laumède (Quinsac, Dord. ; Seissan, Gers ; Floressas, Lot etc.) qui, plutôt qu’un collectif en –eda de laume semblent être des collectifs de la variante aume de l’occitan òume, « orme » (avec vocalisation du l de olme). C’est en tout cas une certitude pour Laumède à Belvès (Dord.) qui était L’Olmède en 1672, Laumède à Saint-Cyprien (id.) qui était Mansus de la Olmeda en 1463 ou encore pour Laumède à Sumène (Gard) qui était de Ulmeto en 1160 et L’Olmède en 1551.

Pour être complet, n’oublions que ces toponymes ont été à l’origine de patronymes, qui ont pu devenir à leur tour toponymes quand celui qui les portait s’est installé ailleurs, d’où leur présence hors de la région originelle. On trouve ainsi par exemple Les Laumets à Brémontier-Merval en Seine-Maritime et Laumière à Athis-de-l’Orne dans l’Orne.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine au nom constitué de plusieurs mots, dont l’un est lié au mot du jour, et d’une préposition. L’ensemble suggère que celui qui travaillait là n’y gagnait pas sa vie comme il l’aurait souhaité.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin suffixé de manière classique.

Sachant que vous n’aurez pas de mal à savoir où chercher cet endroit, il m’est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler trop facilement la solution.

Alors, je vous propose cet unique indice, pour le nom du pays :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Valat de la Bachasside à Malons-et-Elze (Gard): la répàladev

  Personne n’a rejoint Un Intrus sur le podium des  « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !

Il fallait trouver le Valat de la Bachasside, un cours d’eau de Malons-et-Elze dans le  canton de La Grand-Combe dans le Gard.

Le Valat de la Bachasside désigne le cours supérieur de la rivière nommée Ganière, affluent de la Cèze dans le Gard, dont le cours moyen est appelé Ruisseau de Mont Redon.

Malons-et-Elze, ici :

Le Valat de la Bachasside, là :

La toponymie

Valat de la Bachasside

Valat : Dans les Cévennes, un valat désigne un torrent de montagne et le ravin qu’il creuse.

Bachasside : dérivé de l’occitan bachàs (du celte bacco, « auge, baquet ») qui a d’abord désigné un abreuvoir et dont le sens s’est étendu à celui de « bassin, mare, cours d’eau » le plus souvent marécageux ou boueux. Le dérivé bachasside désigne plus particulièrement le contenu du cours d’eau, ici un bourbier.

Ruisseau de Mont Redon : doit son nom au Mont Redon, en occitan « mont rond », qui culmine à 884 m sur la commune de Malons-et-Elze.

La Ganière : du latin vadum, « gué, bas-fond », à l’origine du français « gué » et de l’occitan « ga », par attraction du francique wad de même sens, dont le w, imprononçable par les populations gallo-romanes, est passé à g. Sur ce *wadum passé à *gadum, ont été formés par exemple, après la chute habituelle du d intervocalique, des hydronymes du type Gane ou Ganne (plusieurs rivières de la Creuse, de la Corrèze, de la Dordogne et du Cantal). Cette même racine, accompagnée du suffixe –ière, a donné son nom à la Ganière, avec le sens particulier de rivière avec des passages aux eaux calmes et guéables. Le nom de la rivière est à l’origine, avec une orthographe légèrement différente, du nom de la commune gardoise de Gagnières.

NB ces trois premiers paragraphes ont été écrits par votre serviteur pour l’article Ganière de wikipedia, d’où le copié-collé sans vergogne.

Malons-et-Elze

Malons : attesté ecclesia S. Petri Malonensis en 1120, Malon en 1121 et Malons en 1384 , du nom d’homme germanique Amalo(n).

Elze : attesté loco ubi vocant Ilice en 1022 et Elze en 1548, de l’occitan elze, « chêne vert ». F. Mistral (Trésor du Félibrige) donne les formes euze, euize, elze, éue, éuve et eve, désignant l’yeuse ou chêne-vert.

La Grand-Combe

Les indices

 ■ une pépite d’or sur du charbon : pour l’or qu’on trouvait dans la Gagnère et le charbon qu’on exploitait à La Grand-Combe.

■ des mains noires tenant du pain blanc : pour la devise de La Grand-Combe mans negros pan blan, soit « mains noires, pain blanc », à rapprocher du proverbe « les mains noires font manger le pain blanc », allusion au travail des mineurs de La Grand-Combe.

■ il fallait reconnaitre des chênes-verts, à l’origine du nom d’Elze.

■ la lampe de mineur en cul-de-lampe, pour La Grand-Combe.

Solution des mots-croisés du 2 mars 2025

Un Intrus est le seul à avoir résolu dans son intégralité mes mots-croisés de la semaine dernière. Félicitations !

Voici, pour ceux qui l’attendaient, la solution  :

Et les explications :

Horizontalement

I – Le bossu de Notre Seigneur.  Corcovado signifie « bossu » en portugais : il s’agit du nom du mont qui porte la statue dite du Christ rédempteur.
II – Finit dans une mer aux nombreuses îles. Le fleuve Amou Daria finit son cours dans la mer d’Aral qui tire son nom du mot kazakh Aral qui signifie « île » en référence aux milliers d’îles qui la couvraient.
III – Petits bouche-trous. Dans mes souvenirs d’enfance, jamais mis, depuis, à l’épreuve de la réalité, une douvelle était le nom d’une petite planchette que les vignerons utilisaient pour colmater des brèches ou des trous dans leurs tonneaux, alors que ce n’était qu’une utilisation tout à fait secondaire. J’aurais dû ouvrir un dictionnaire avant d’en proposer une définition  erronée. Font de petits tonneaux : une douvelle (ou douelle) est une petite douve, tout simplement.
IV – Vieille bande de montagnards. En toponymie alpine, on trouve parfois l’orthographe fesse pour désigner une petite bande de terre étroite (du vieux français fasce, du latin fascia, « bande » d’où face, faisceaux, faisses etc). 
V – Dieu. Ra, dieu solaire égyptien – Porte la culotte. L’esse est un crochet auquel on peut accrocher une culotte de bœuf de boucherie.
VI – Permis d’entrer. Admission, définition du dictionnaire.
VII – Brave. Du verbe crâner, « braver » – Entre à l’X à reculons. Eun : nue, lu à l’envers, pour tourner un film classé X, pas pour rentrer à l’école Polytechnique.
VIII – Situation dominante sans partage. Hégémonie, définition du dictionnaire
IX – D’un auxiliaire. -Petites baies bleues. Anse : baie, golfe d’eau bleue.

Verticalement

A – Vieux saut d’eau. Cadarache, du latin cataracta, « cataracte, chute d’eau ».
B – Vallée. Vallée de l’Omo africaine – En plein midi. Adret : versant de montagne exposé au soleil.
C – Abri de marin.  rouf : définition du dictionnaire – Principal en Provence. Le juge mage était un juge de grade élevé, majeur.
D – Ruisseau corse. Cuvesine : là, il fallait connaître, je suis d’accord … ou le trouver par recoupements.
E – Mises en vers.  Ode : poème lyrique – Danse en rond. Sema : danse rituelle des derviches tourneurs.
F – Danses en tournant. La valse : se danse en tournant sur soi et autour de la salle – Pronom.
G – Habitants des bords des marais. L’Arlésien habite Arles, du nom gaulois are-late, « près du marais ».
H – Coince les bulles.  Référence à la clairette de Die, un vin pétillant – Lieu-dit puydômois à l’origine malpropre. Souie, équivalent de soue, « bauge du sanglier ».
I – Mises au vert. Oasiennes : habitantes d’une oasis, lieu vert dans le désert.

Les indices du mardi 11 mars 2025

Un Intrus m’a déjà donné la solution à ma dernière devinette. Bravo à lui !

Pour les autres, rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un hydronyme de France métropolitaine composé de deux mots séparés par une préposition dont le premier est un nom générique de cours d’eau et le deuxième est lié au mot du jour [bachàs].

Ce nom est celui du cours supérieur d’une rivière qui en porte un second dans son cours moyen et un troisième jusqu’à son confluent. Le second nom mentionne celui d’une montagne arrondie toute proche et le dernier nom, qui indique que la rivière est calme et guéable par endroits, est à l’origine du nom d’une commune qu’elle arrose, avec une orthographe légèrement différente.

L’hydronyme à trouver est, lui, situé dans une commune dont le nom est composé de celui d’un homme germanique lié par une conjonction de coordination à un nom d’arbre caractéristique de la région.

Cette commune a été citée plusieurs fois sur ce blog, notamment à propos d’un cours d’eau portant le même nom générique que celui à trouver mais associé à un animal sauvage ainsi qu’à propos d’une auberge.

Le chef-lieu de canton porte le nom du relief où il est situé précédé d’un adjectif qualificatif.

Un indice, pour la rivière et pour le canton :

Les indices du mardi

■ pour le chef-lieu du canton :

■ pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Bachas etc.

Il y a près de six ans, dans un article consacré aux bains, baignades et abreuvoirs, j’écrivais ce petit paragraphe :

Le latin bacca, [« vase à eau »], à rapprocher du celtique bacco, « auge, baquet », a donné quelques toponymes dans l’est de la France : La Bachasse ( à Ozolles, S.-et-L. et à Saint-Paul-en-Jarez, Loire ) et Les Bachasses ( à Cours-la-Ville, Rhône ) : il s’agissait vraisemblablement de désigner l’auge à bestiaux, l’abreuvoir. L’occitan bachàs a pu avoir un sens étendu à celui de « bassin, mare » qui explique le nom du Bachas, affluent de la Durance à Embrun ( H.-A.) et celui du col de Bachasson près de Romeyer ( Drôme ).

que je compte approfondir aujourd’hui.

Le premier sens du celte bacco est celui de « bassin, abreuvoir pour les bêtes, souvent fait de troncs d’arbres creusés pour recueillir l’eau », d’où l’occitan bachàs , « auge en bois ou en pierre pour abreuver les animaux », ses variantes bachal et bachat  et ses dérivés bachasse et bachasson de sens très proches, qui ont pu désigner de simples creux de terrain qui récoltaient l’eau de pluie, comme des bassins. (Ci-contre, un bachas naturel en pierre à Balazuc, Ardèche). L’idée de creux humide est d’ailleurs présente dans le terme bache employé dans le Jura avec le sens de « terrain bas enfoncé humide », dans le terme bachère employé dans l’Ain avec le sens de « prairie marécageuse », dans l’adjectif de langue d’oïl bacheux et l’occitan bacous, « humide, marécageux ». Enfin, il convient de bien faire la distinction d’avec les termes bacha et bachade employés dans les Pyrénées pour désigner une descente, une pente ou la partie inférieure d’une montagne.

La forme simple bachas est à l’origine du nom de la commune Bachas (H.-G.) et de plusieurs lieux-dits Le Bachas (Orpierre, le Mônetier-les-Bains … H.-A. ; Nonières, Ardc. ; Bouvières, Chalancon … Dr. etc.). On la trouve également dans le nom de plusieurs cours d’eau, comme le Bachas (affluent de la Durance à Embrun dans les Hautes-Alpes – Bachacium en 1487), le Torrent du Bachas (Eygliers, H.-A.), le Ravin du Bachas (Bellaffaire, A.-de-H.-P.) etc. et dans celui de plusieurs reliefs comme  le Ravin du Bachas (Pelvoux H.-A.  et Méolans-Revel, A.-de-H.-P.), ou comme le Bachas (Le Chambon et Coux, Ardc.) quand le nom du « creux humide » est monté au sommet qui le surplombe. Une variante bachais se rencontre dans les Alpes avec le Bachais (Meylan, Is.), les Bachais (Combloux, H.-Sav.), le Col et la Combe du Bachais (Saint-Pierre-de-Chartreuse, Is.).

La forme bachat se retrouve principalement dans le Dauphiné et le Forez, où elle a eu initialement le sens d’auge et de bassin de fontaine. On trouve plusieurs lieux-dits (Le) ou (Les) Bachat(s) (Fontanes, H.-L. ;  Saint-Chamond, Loire  ; Meys, Rh. ; Rencurel, Is. ; etc.), un Grand Bachat (La Buisse, Is. etc.), un Bachat du Plan (Saint-Genest-Malifaux, Loire), le Bachat Bouloud ( un Village d’Enfants à Chamrousse, Is. – Bouloud, nom d’un ancien propriétaire) etc. Les cours d’eau sont représentés par la Fontaine du Bachat (Agnat, H.-L.), la Fontaine du Bachat Pinet (Corbonod, Ain), la Source du Bachat (Percy, Is.) et la Source du Grand Bachat (Vieu-d’Izenave, Ain.) tandis que les oronymes apparaissent avec le Col du Bachat (Le Monestier-du-Percy, Is.), la Combe du Bachat (Saint-Pierre-d’Allevard, Is.) et la Roche du Bachat (Freycenet-la-Cuche, H.-L.). On trouve également quelques noms au pluriel comme pour Les Bachats (Chaffal, Dr. ; Doranges, P.-de-D. etc.), le Ruisseau des Petits Bachats (D’Apremont, Sav.) et la Fontaine des Sept Bachats (Rimon, Dr.).

Plus rare encore, la forme bachal se retrouve dans les deux départements savoyards avec le Bachal (Pringy, La Clusaz … H.-Sav. ; Arvillard, Saint-Martin-de-Belleville, Sav.) la Combe du Bachal (Saint-Jean-d’Arves, Sav.) et le Plan du Bachal (Sainte-Foy-Tarentaise, id.).

L’adjectif bacheux apparait dans les noms du Bacheux, du Torrent du Bacheux et du Lac du Bacheux  et, quand le nom est monté au sommet, dans celui de la Pointe du Bacheux (Saint-Étienne-de-Cuines, Sav). On trouve également quelques diminutifs : Bachet (Aubigny-en-Plaine … C.-d’Or ; Paris-l’Hôpital, H.-Saône etc.), les Bachets (Brizon, H.-Sav. ; Corbonod, Ain etc.) ou encore la Fontaine du Bachet (Marchamp, Ain).

Une forme collective en –ère, désignant, notamment dans le Sud-Ouest, un marécage ou un bourbier, apparait dans des noms comme Bachère (Montesquieu, L.-et-G. ; Dudas, H.-G.  etc.), Bachéré (Cagnotte, Landes ; Lurbe-Saint-Cristeau, P.-A. etc.), la Coue de Bachères (Bordes-Uchenstein, Ariège – nom d’un lieu-dit « la queue de Bachères » monté au sommet à 2178 m), Bacheret (Navarenx, P.-A. etc.).

Le même bachàs est à l’origine de noms dérivés formés avec différents suffixes.

Le suffixe augmentatif –às est à l’origine de noms comme La Bachasse (Lachaux, P.-de-D. ; Pailharès, Ardc. ; Saint-Igny-de-Vers, Rh. etc) et Les Bachasses (Laviolle, Ardc. ; Roche, Is. ; Novalaise, Sav. etc.) ou comme celui du Ravin de Bachasse (Vallouise et Montmaur, H.-A.), du Ruisseau de la Bachasse (Chichilianne, Is. etc.), de la Source des Bachasses (Saint-Paul-sur-Ubaye et Méailles, A.-de-H.-P.) etc.  Le même dérivé, diminué en –et, a fourni les noms de Bachasset (Montaud, Is. etc.), de la Fontaine de Bachasset (Presles, Is.), de la Combe des Bachassets (La Condamine-Châtelard, A.-de-H.-P.) et aussi du Torrent de la Bachassette (Oze, H.-A.) et du Col de la Bachassette (Saint-Auban-d’Oze, id.). Le même augmentatif –às associé à la forme bachal a fourni les noms d’un lieu-dit Bachalas avec le  Mont du Bachalas à Cornillac (Dr.) et d’un lieu-dit Bachalas  à Sainte-Colombe-de-Peyre (Loz.).

Ligne de tramway, place de la Bachasse à La Grand-Croix (Loire) en 1908

Une autre forme augmentative est à l’origine du terme bachelard qui désigne un large torrent en Ubaye, d’où le nom du Bachelard, un affluent de l’Ubaye, qui a creusé les Gorges du Bachelard à Uvernet-Fours (A.-de-H.-P.) – un nom à ne pas confondre avec le patronyme Bachelard, synonyme de bachelier, qui a fourni quelques toponymes.

Un diminutif en –on est à l’origine des noms de Bachasson (Sainte-Eulalie et La Chapelle-sous-Chanéac, Ardc. . Meyreuil, B.-du-R. ; Bourg-Argental, Loire etc.), du Ravin et du Col du Bachasson (Montmaur, H.-A.), des Bachassons (Devesset, Ardc. etc.), du Pas des Bachassons (un col à 1913 m au-dessus de Gresse-en-Vercors, Is.) etc.  Avec une orthographe conforme à la prononciation occitane, on trouve Le Bachassou (Condat, Cant. ; Saint-Genest-Malifaux et Montregard, Loire ; Mornans, Dr. ) et Les Bachassous (Saint-Pal-de-Mons, H.-L. ; Borée, Ardc.).

La forme collective en –ier, beaucoup plus rare, se retrouve néanmoins dans les noms de Bachassier (Chabeuil et Roussel-les-Vignes, Dr.) et de Bachassière (La Chapelle-du-Châtelard, Ain).

Enfin, il faut noter que nombre de ces noms ont pu devenir des patronymes, comme par exemple celui de Jean-Pierre Bachasson, comte de Montalivet, ministre de l’Intérieur de Napoléon Ier.

La devinette

Il vous faudra trouver un hydronyme de France métropolitaine composé de deux mots séparés par une préposition dont le premier est un nom générique de cours d’eau et le deuxième est lié au mot du jour.

Ce nom est celui du cours supérieur d’une rivière qui en porte un second dans son cours moyen et un troisième jusqu’à son confluent. Le second nom mentionne celui d’une montagne arrondie toute proche et le dernier nom, qui indique que la rivière est calme et guéable par endroits, est à l’origine du nom d’une commune qu’elle arrose, avec une orthographe légèrement différente.

L’hydronyme à trouver est, lui, situé dans une commune dont le nom est composé de celui d’un homme germanique lié par une conjonction de coordination à un nom d’arbre caractéristique de la région.

Cette commune a été citée plusieurs fois sur ce blog, notamment à propos d’un cours d’eau portant le même nom générique que celui à trouver mais associé à un animal sauvage ainsi qu’à propos d’une auberge.

Le chef-lieu de canton porte le nom du relief où il est situé précédé d’un adjectif qualificatif.

Un indice, pour la rivière et pour le canton :

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Rectification des mots-croisés du 2 mars 2025

Alors que je m’apprêtais à publier la solution de mes derniers mots-croisés, un ami auquel je la soumettais me fit remarquer que ma définition du III horizontal n’était pas convenable : si, pour moi, le mot à trouver désignait bien des « bouche-trous », il n’en est rien dans la réalité et pour les dictionnaires, ce qui est ainsi désigné n’ayant pas pour fonction première de boucher des trous !

Si vous aviez la couleur, vous auriez vu le rouge me monter au front …

Oubliez donc cette définition et remplacez-la par celle-ci :

III. Font de petits tonneaux.

Je donnerai plus d’explications lors de la publication de la solution, que je repousse à mardi ou mercredi.

Veuillez agréer, chers amis et lecteurs, l’expression de mes plus sincères excuses etc.

Leveto

Mots-croisés du 2 mars 2025

Deux billets sont en cours d’écriture mais, malgré mes efforts, aucun des deux n’est prêt à être publié ce dimanche.

Heureusement, il reste dans mes tiroirs quelques mots croisés parmi lesquels, pour vous faire patienter, je vous propose le suivant. Il y est bien sûr question de toponymie (douze mots à trouver sur vingt-six) mais pas exclusivement. Par ailleurs, les connaisseurs apprécieront les six cases noires seulement pour un 9 x 9.

À vous de jouer !

Horizontalement

  • I – Le bossu de Notre Seigneur.
  • II – Finit dans une mer aux nombreuses îles.
  • III – [Petits bouche-trous.] Font de petits tonneaux.
  • IV – Vieille bande de montagnards.
  • V – Dieu. – Porte la culotte.
  • VI – Permis d’entrer.
  • VII – Brave. – Entre à l’X à reculons.
  • VIII – Situation dominante sans partage.
  • IX – D’un auxiliaire. -Petites baies bleues.

Verticalement

  • A – Vieux saut d’eau.
  • B – Vallée. – En plein midi.
  • C – Abri de marin. – Principal en Provence.
  • D – Ruisseau corse.
  • E – Mises en vers. – Danse en rond.
  • F – Danses en tournantPronom.
  • G – Habitants des bords des marais.
  • H – Coince les bulles. – Lieu-dit puydômois à l’origine malpropre.
  • I – Mises au vert.

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Diégou à Louvigny (Pyrénées-Atlantiques) : la répàladev

TRS, Un Intrus et LGF m’ont donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Diégou, un hameau de Louvigny dans le canton d’Artix-et-Pays-de-Soubestre de l’arrondissement de Pau des Pyrénées-Atlantiques.

Louvigny, c’est ici :

Et Diégou, là :

La toponymie

Diégou : ce nom, sans doute celui d’un des premiers propriétaires ou exploitants, est la forme gasconne de Diègue ou Diégo, déjà présente sur la carte d’état-major (1820-66 – cf. carte ci-dessous) et sur le cadastre napoléonien de 1827 (1ère feuille).

Il en existe un parfait homonyme à Saint-Lizier (Ariège) mais qui n’apparait que sur la carte IGN actuelle.

Louvigny : en 984 apparait le nom Vicecomitatus Lupiniacensis, formé avec le suffixe d’appartenance –ensis sur le nom de la localité *Lupiniac. Comme je l’ai écrit sur wiki, « le nom de Louvigny est issu de la francisation au XVIè siècle avec la finale -y du nom *Loubignac formé du nom de personne roman Lupinius accompagné du suffixe acum ». Ce nom de personne est dérivé du latin lupus, « loup », comme je l’écrivais il y a quinze ans dans un article consacré à cet animal et dans lequel je mentionnais les homonymes Louvigny du Calvados, de la Moselle et de la Sarthe, auxquels on pourrait ajouter Louvigny-Quesnoy du Nord.

Artix : aux premières hypothèses étymologiques mentionnées sur wiki, j’ai ajouté ma contribution en signalant l’hypothèse avancée par Ernest Nègre (TGF*) et reprise par Jacques Astor (DNFLMF*)  d’une forme masculine de l’occitan artiga, « terre défrichée », au pluriel donnant Artits (1286) , comme pour la commune homonyme Artix en Ariège qui est attestée Artizum en 960.  J’avais signalé cette étymologie dans un article consacré à l’artigue.

Pays de Soubestre : le nom de ce pays est une déformation de Silvestri, « sylvestre », attesté au XIIIè siècle, comme je le signalais dans un article consacré au pays.

Pau : à propos du blason de la ville

j’écrivais, en 2022 :

Ce sont bien entendu les « trois pals », traduction du béarnais pau, « pieu, palissade de pieux », qui sont parlants selon une hypothèse étymologique qui fait du nom de Pau un rappel de sa légendaire fondation sur un territoire délimité par trois pieux fichés en terre. Les premières formes attestées du nom de la ville, castrum de Pado (sans doute latinisation maladroite de Palo) et castellum de Pal au XIIè siècle, renvoient au latin palus, « poteau ». Le gascon pau signifie « palissade de pieux », correspondant à la fortification primitive de la ville avant l’érection de la forteresse.

Les indices

■ cette image représentait un loup devant une palissade. Elle devait aiguiller les recherches vers la ville de Pau (« palissade de pieux ») et Louvigny (de Lupinius).

■ ce dessin signé Albert Guillaume est intitulé Sous le bon roi Henri – La poule au pot (dans Le repas à travers les âges, éd. Delagrave, 1890, page 19, en ligne). De la poule au pot à Henri IV et de ce dernier à Pau

Les indices du mardi 25 février 2025

TRS le premier (dont je salue le retour sur mon blog), puis Un Intrus et LGF  sont déjà venus à bout de ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Rappel de l’énoncé :

Je vous propose de partir à la recherche d’un toponyme de France métropolitaine qui porte le nom, issu du latin Didacus, d’un de ses anciens propriétaires ou exploitants.

Je précise d’emblée que ce toponyme, qui est pourtant bien présent sur la carte IGN actuelle, sur la carte d’état-major et sur le cadastre napoléonien, ne figure pas dans le fichier FANTOIR.

Il est situé sur une commune qui a été citée sur ce blog, avec trois homonymes, à propos de l’homme qui leur a donné son nom, d’origine latine.

Le canton porte le nom de son chef-lieu associé au nom du pays, soit une association d’un terme lié au défrichement et d’un terme lié au couvert végétal. Ces deux noms ont été vus et expliqués sur ce blog.

Le chef-lieu d’arrondissement a été lui aussi vu ce blog, notamment pour son blason.

Je vous propose cet indice deux-en-un, pour la commune et pour le chef-lieu d’arrondissement :

Les indices du mardi

■ ceux qui seraient en manque d’indices peuvent relire avec profit le commentaire de TRS.

■ et je rajoute ce nouvel indice qui était déjà prêt :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr