Ça sent le brûlé ! II

Il est paraît-il

Des terres brûlées

Donnant plus de blé

Qu’un meilleur avril.

Jacques Brel

Après avoir vu les crémades et les usclades dans le précédent billet, je m’intéresse aujourd’hui comme promis à d’autres toponymes ayant trait au feu, qu’il soit volontaire ou non.

En toponymie, les arcis, les arsines et leurs variantes désignent des terres brûlées pour préparer la mise en culture,  des landes ou des forêts volontairement incendiées pour le défrichement ou encore des lieux victimes d’un incendie accidentel ou criminel.

Étymologie

L’ancien français arceis ou arcis, « action de brûler, incendie », l’occitan arsina, « bois incendié ; cendre résultant de l’écobuage » ou  arsura, « brûlure »,  proviennent du verbe arser ou ardre, « brûler », lui-même du latin ardere, donnant arsus au participe passé.

Le dictionnaire de Godefroy (en ligne) définit le masculin arseis , arseiz, arsis, arsiz comme « incendie » et ajoute « endroit rempli de bois brûlé, amas de chardon allumé ou de cendre chaude ». Le verbe arser est donné pour « brûler, incendier », arseur ou arsure pour « brûlure, incendie, feu » et arsin ou arcin pour « incendie ».

Le Pégorier (GTD*) donne différentes variantes :

  • arce : sol défriché par incendie ; mauvaise graphie pour arse – Savoie.
  • arse, arsine : terrain brûlé, défriché par le feu. Variantes : arsis, arce, arselle, arcelle. – Alpes, Sud-Est.
  • arsi : sec, desséché par le soleil – Mayenne.
  • arsis : lieu qui a été défriché par le feu.

Comme on le verra en découvrant les toponymes, il existe d’autres variantes dont quelques unes plus difficiles à identifier.

On notera enfin que l’adjectif arsin, arsine qualifie un « bois sur pied qui a été endommagé ou détruit par le feu » et que le nom arsin désignait l’« exécution de justice qui, au Moyen-Âge, consistait à brûler la maison du condamné », notamment dans le nord de la France, comme à saint-Omer. Il n’est pas impossible que certains toponymes  de ce type soient liés à cette coutume.

Toponymie

Arsine, Arsin et Arsure

On ne compte qu’un seul lieu-dit Arsine, 1667 m à Villar-d’Arêne (H.-A.), dont le nom est monté au Pic du Glacier d’Arsine, 3 364 m, et au Col d’Arsine, 2 348 m au dessus du Lautaret, à Monêtier-les-Bains. Le sens serait ici celui d’un bois qui aurait pris feu, de quelque manière que ce soit. Le sens d’écobuage semble en effet moins adapté pour ce lieu où toute culture semble impossible. Paul Joanne (Dictionnaire géographique et administratif de la France …, 1890) émettait, outre l’hypothèse du bois incendié, celle d’une corruption d’ourcine, en « souvenir d’un exploit de chasse à l’époque où les ours étaient la terreur des pâturages alpins ». Avec une graphie légèrement différente, on trouve le nom d’Arcine, une ancienne commune de Haute-Savoie aujourd’hui fusionnée dans Clarafond-Arcine, un redondant Les Esserts d’Arcine (essert : variante d’« essart », terrain défriché) à Chaumont du même département et un diminutif Les Arcinelles à Corbeilles dans le Loiret. L’agglutination de l’article est à l’origine du nom de Larcine à Anglade (Gir.).

Le masculin n’est guère plus représenté avec Le Grand Arsin à Lassay-les-Châteaux (May.), la commune d’Arcins (Gir., Arcyns en 1279 : un nom d’homme latin Arcinius non suffixé semble moins probable), L’Arcin à Loupfougères (May.), un Champ de l’Arcin à Réaumur (Vendée) et quatre ou cinq Les Arcins (Oz, Is. ; Lallaing, Nord etc.). L’agglutination de l’article a fourni, là aussi, quelques noms comme la Campagne de Larsin (Gauville, Orne) ou le Pré de Larsin (La Ferté-en-Ouche, id.)  ainsi que le Bois Larcin à Sion-les-Mines (L.-A.) et le Clos Larcin à Lapenty (Man.) – où Larsin ou Larcin pourraient être un nom de famille.

Le terme arsure, oublié du Pégorier (GTD*), est donné généralement comme jurassien (NLEF*) et se rencontre dans le nom de  Les Arsures (Jura) et, accompagné de son diminutif, dans le nom d’Arsure-Arsurette (Jura) et de quelques lieux-dits Arsure(s) dans le Jura et le Doubs,  ainsi que dans Larsure aux Combes et à Fournets-Luisans (Doubs).

Un vin qui fait de l’effet

(et il ne l’a pas volé)

Arse, Arcis et Arcy

Ces différentes formes, souvent de même sens que les précédentes, sont accompagnées d’homonymes qui peuvent en rendre l’interprétation difficile.

Les toponymes du type Ars, outre le sens de terre brûlée, peuvent être confondus avec des dérivés du latin arcus, « arc, arche » (de pont ou aqueduc romain) comme pour Ars-sur-Moselle (Mos., Arx en 881), Ars (Creuse, Arcs vers 1167) etc. En revanche, des noms comme le Bois d’Ars à Folles (Vienne), les Champs de l’Ars à Seix (Ariège), le Pré d’Ars à Charavines (Is.) etc. sont probablement des bois ou des terres brûlées. Le Moulin-Ars à Saint-Calais (Sarthe) qui était le Moulin aux Chanoines en 1391 a certainement était victime d’un incendie. Dans la Vienne, le déterminant de Saint-Julien-Lars (Ecclesia Sancti Juliani Arsi en 1119) et de  Saint-Martin-Lars-en-Sainte-Hermine (Ecclesia Sancti Martini Arsi en 1096) représente bien le défrichement par le feu.

Le féminin Arse et sa variante Arce sont également représentés : l’Arse à Thorens-Glières (H.-Sav.) et à Cisternes-la-Forêt (P.-de-D.) sont des lieux-dits en forêt, la Grande Arse à Mézens (Tarn) rappelle un ancien écobuage, la Maison-Arse à Fontaine-Simon (E.-et-L.) a été incendiée comme le rappellent ses noms  La Maison de Bois en 1631 et la Maison Bruslée en 1714 etc. La Commune d’Arces-Dilo (Yonne, Arcea au VIIè siècle, « brûlée » ; Deilocus en 1132, « le lieu de Dieu) est issue d’un défrichement par le feu. Les hameaux Arce à Limoux (Aude, Arsa en 1251), à Auterive (H.-G.) etc. sont eux aussi d’anciens défrichements. Avec le sens de « brûlé par le soleil, aride », on trouve des noms comme Puy de Peyre-Arse dans les monts du Cantal et la Peyrarce, à l’ouest des Mauves (Ardc.), une butte boisée au sommet dénudé. Les diminutifs sont représentés par L’Arselle, une clairière à Chamrousse (Is., Pratum de Arcella au XIVè siècle) et quelques autres en Savoie et Isère.  Mais, là aussi, les faux amis sont nombreux : l’Arce est un affluent de la Seine à Merrey-sur-Arce (Aube) dont le nom est issu de l’hydronyme pré-celtique *alis ; arce est un mot francoprovençal désignant un chalet de montagne comme aux Arces à Valloire (Sav.) ou à la Pointe des Arces à Bonneval-sur-Arce (id.) ; le nom d’ Arces vu plus haut (Yonne ; Ch.-M. etc.) pourrait être issu du nom de personne latin Artius et suffixe féminin-a.  Arcey (C.-d’Or) était Arceis en 1016, tandis qu’Arcey (Doubs) était Arces et Arceyes au Xè siècle, ce qui semble orienter vers l’ancien français arceis, « incendie » (NLBo*) mais n’empêche pas Dauzat & Rostaing (DENLF*) d’y voir le nom d’homme gaulois Artius et E. Nègre (TGF*) celui du latin Arsius et suffixe –acum.

  Les toponymes du type (Les) Arcis sont de loin les plus nombreux : le fichier FANTOIR en compte plus de deux cents, sans compter une trentaine de féminins (L’ ou Les) Arcie(s) et d’autres variantes plus rares. Les  risques de confusion avec d’autres étymologies sont, là aussi,  possibles et seules les formes anciennes du nom ou l’histoire locale peuvent permettre de lever le doute.  Les Arsis à Magrie (Aude, Als Arsitz en 1289) et Les Arcis à Verdun-en-Lauragais (Aude, Arsis, en 1771) ; Les Arsis à Marseilles-lès-Aubigny (Cher, le Chezeau des Arzseis en 1410) ; Arcey à Sombernon (C.-d’Or, villa que vocatur Arceis en 1017) ; Les Arsiz à Saint-Denis-d’Augeron (Eure, même nom en 1219) ; Les Arcis à Vielprat (H.-L., in Arcis en 1310) ;  Les Arsis à Louvigné (May., « bois défriché vers 1863 » précise le Dictionnaire topographique du département) ; Arcé-Fays à Vaubecourt (Meuse, Arcy-Fay en 1312; avec fay du latin fagetum, « hêtraie ») ; Les Arcis à Asnières-sur-Vèbre, Sarthe, Les Arsis en 1572), L’Arcis à Saint-Christophe-du-Jambet (Sarthe, l’Arsi en 1801) et le redondant Arcis-Brûlé à Mayet (Sarthe, Larcy-Brûlé en 1765) ; Les Arcis à Montmorillon (Vienne, Les Arsis au XIIè siècle) ; Les Archis à Charbuy (Yonne) etc. sont tous à coup sûr des endroits brûlés de quelque manière que ce soit. On trouve une variante dans le nom des féminins Les Arcies à Boisseuil (Dord.) et Archies à Val-de-Louyre-et-Caudeau (Dord., Arsis en 1785), dans celui des Arcisses à Chambon-sur-Lignon (H.-L., Larcisse en 1888), dans celui de L’Arcille à Touchay (Cher, L’Arsille en 1768, un diminutif), dans celui des Arcissas à Saint-Georges-Lagricol (H.-L., suffixe augmentatif –às)  et dans celui de Larcis à Antrenas (Loz) qui a subi l’agglutination de l’article.  On peut leur ajouter le nom de la commune nouvelle d’Arcisses (E.-et-L.) qui était à l’origine celui d’un hameau de l’ancienne commune de Brunelles  appelé Arsiz en 1120, défriché par les moines de l’abbaye de Thiron. En revanche, Les Arcis à Chaumes-en-Brie (S.-et-M., Arcisius en 1005 et Arciacum en 1189), Arcis-sur-Aube (Aube, Artiaca au IVè siècle et Archiacum au VIè siècle) et Arcis-le-Ponsart (Marne, Arseium au XIè siècle et Arciacum en 1209) sont plus sûrement issus du nom d’homme gaulois Artos (« Ours ») ou gallo-romain Artius. Pour certains de ces noms, on peut envisager le celtique *artu, « pierre » : ce serait le cas pour Arcis-sur-Aube  selon P.-H. Billy (DNLF*). Reste le nom de l’Arcis, un ruisseau des Pyrénées-Atlantiques et du Gers, dont le nom est attesté l’aygue  aperade lo Arsiis en 1538 dont il est difficile de savoir s’il a pris le nom d’un lieu défriché par le feu ou s’il le doit là aussi au nom d’homme Artius ou au celtique *artu.

La graphie avec –y final apparait à une centaine d’exemplaires dans le fichier FANTOIR, pour lesquels cette finale oriente plutôt vers des dérivés en –acum des noms de personne gaulois ou gallo-romains vus ci-dessus. C’est le cas pour Arcy-sur-Cure (Yonne, Arsiacum avant 1133), Arcy-Sainte-Restitute (Aisne, Arceius en 1100), Pont-Arcy (Aisne, Pons de Arseio en 896) et Arsy (Oise, Arsiacum en 1230). En revanche, Bois-d’Arcy (Yv.), qui était Sylvam de Arsitio et in sylva Arsitio en 1169 puis Bois darsis en 1335 et boscus arcisi en 1352, s’est bien développé  sur un  « bois brûlé » ou défriché par incendie, comme le Bois d’Arcy à Montigny (Cher).  La commune de Viel-Arcy (Aisne), était Vicus Arsus en 1297, « où l’on reconnaît le latin vicus, « village », accompagné de l’adjectif arsus, « brûlé ». Le passage de vicus à viel s’explique par un traitement de vicus en  veculus, sur le modèle de vetulus, « vieux », et par la chute du -c– intervocalique donnant ve (c) ulus. Arsus, « brûlé », a été remplacé par l’ancien français arseis, « incendie, endroit rempli de bois brûlé » »  (cf. cette  répàladev il y a plus de six ans). Pour certains toponymes, la présence de l’article agglutiné plaide pour des noms récents donc liés au feu plutôt qu’à un nom d’homme latin comme pour Larcy à Neuilly-le-Brignon (I.-et-L., L’Arcy en 1768), Larcy à Saint-Aubin-de-Terregatte (Manche, Les Arcis en 1768) et quelques autres.

Ardent

 

Des toponymes formés sur le participe présent « ardant » ou « ardent » se rencontrent à un peu plus de cent exemplaires du type Ardent, Ardant ou Ardens sans qu’il soit bien facile d’en saisir le sens précis. Certains de ces noms peuvent être liés à des incendies volontaires ou accidentels comme le Bois Ardent à Vars (Char.) ou les Ardens à Abondance (H.-Sav.), d’autres peuvent qualifier un lieu particulièrement exposé au soleil comme le Cros Ardent à Florac (Loz., cros « creux ») et d’autres enfin peuvent être de pieuses évocations du Buisson Ardent (Prémont, Aisne ;  Viabon et  Morancez, E.-et-L. etc.).  La commune d’Ardentes (Indre), qui était Ardentia en 1095, pourrait devoir son nom à l’oïl (pierres) ardentes, « chaux vive, pierre à chaux » (TGF*) correspondant aux fours à chaux qu’il y avait là en quantité (Dictionnaire administratif et géographique de la France, A. Joanne, 1890) plutôt qu’à un nom d’homme latin *Ardentius, « ardent », non attesté (DENLF*). On rappellera également la Fontaine Ardente au Gua (Is.), qui crache du feu. 

 

 

PS : le titre du billet n’a rien à voir avec les élections …

 

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

 

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune C1 dont le nom est celui d’un type de bâtiment accompagné du nom du pays dans lequel elle se trouve.

Cette commune C1 a récemment fusionné, tout en conservant son nom, avec une commune C2 dont le nom associe par un trait d’union celui des deux communes C3 et C4 qui avaient fusionné près de cinquante ans auparavant.

C3 et C4 portent des noms dont l’étymologie n’est pas assurée : le nom de C3 pourrait signaler un lieu particulièrement bien sous tous rapports ou bien dériver d’un très ancien oronyme ; le nom de C4 pourrait provenir de celui d’un homme latin ou bien dériver, là aussi, d’un oronyme.

Le nom du pays, qui est aussi celui du canton, est issu de celui de sa ville principale, laquelle porte un nom de divinité.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La Clédelle à La Salvetat-sur-Agout (Hér.) : la répàladev

Un Intrus et LGF sont les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver La Clédelle à La Salvetat-sur-Agout dans le canton de Saint-Pons-de-Thomières de l’arrondissement de Béziers, dans l’Hérault.

La Salvetat-sur-Agout :

La Clédelle :

 

Les toponymes

La Clédelle : Frank R. Hamlin (TH*) a relevé les formes anciennes du nom suivantes : cum capelle  S. Martini de Uscadellas en 940 ; S. Martini de Uscladellis en 1262 ; prior de Uscladellis en 1351 ; prieur de Cladelles en 1518 ; Thomas Cros de la Cladela, terra del dict loc de la Salvetat en 1578 ; S. Martini d’Uscladeles en 1612 ; St Martin d’Uscladelles en  1665-81 et La Cledelle en 1773 chez Cassini. Les premières formes du nom sont issues sans ambiguïté de l’occitan usclada, « brûlée », muni du suffixe diminutif –ela.  Le nom a subi l’attraction paronymique de l’occitan cleda, « claie de parc », qui a entraîné l’aphérèse de la première syllabe. Malgré le retour des formes étymologiques au XVIIè siècle, c’est la forme non étymologique qui a fini par s’imposer.

On pardonnera à E. Nègre (TGF*) qui n’avait semble-t-il pas accès aux formes anciennes, puisque le Dictionnaire topographique de l’Hérault (Eugène Thomas, 1865) n’en mentionnait pas, et qui voyait donc dans La Clédelle l’occitan cledello « petite claie ». Sans doute s’est-il contenté de recopier F. Mistral (TDF*) qui écrivait, à tort :

La Salvetat-sur-Agout :

Salvetat : attesté ecclesiam de Salvetas en 1102 puis Salvetat en 1171, de l’occitan salvetat, « sauveté », c’est-à-dire « lieu d’asile » généralement organisé par une autorité ecclésiastique. Il s’agissait ici de terres autour de la chapelle de Saint Étienne de Cavall, mises en valeur dès le Xè siècle par des paysans attirés par les privilèges accordés. Le nom de la rivière, l’Agout, a été ajouté en 1848, pour éviter la confusion avec les autres communes du même nom.

♦  Agout : cet affluent gauche de l’Hérault était dit fluvium qui dicitur Aquotis ou Aguotis  en 820. Selon E. Nègre (TGF*), ce nom est dérivé du bas latin *ad-guttum, « canal, égout », qui a donné l’oïl agout, « égout ». J. Astor (DNFLMF*) explique ce nom par l’ancien occitan agot désignant un fossé de drainage. Le terme est resté dans l’expression faire un agot, « dériver un ruisseau pour prendre le poisson dans la partie aval asséchée ». Le verbe agotar, qui est issu du substantif, signifie « assécher, vider un puits, un fossé ». L’un et l’autre correspondent à « égout » et « égoutter », déjà connus de l’ancien français au XIIIè siècle.

Franck R. Hamlin (TH*) préfère voir plus simplement dans ce nom un dérivé d’*aquotem, sur aqua, « eau ».

Saint-Pons-de-Thomières : c’est en 936 que le comte Raymond Pons de Toulouse fait construire un monastère, nom loin d’un lieu alors nommé Tomerias.

Saint-Pons : dédié au saint martyr auquel le comte de Toulouse doit son deuxième prénom, le monastère est attesté glorioso martyri Pontio, Thomeriensi monasterio et S. Pontio Thomeriensi monasterio en 936. Saint Pons fut martyrisé en 257 à Cimiez, alors préfecture romaine, aujourd’hui simple quartier de Nice.

Thomières : attesté monasterium… nomine Tomerias en 939, monasterii S. Pontii Tomeriensis en  940 et S. Pontii Tomeriarum .. ecclesiam en 940. À la suite de Paul Fabre (NLL*) et de B. et J.-J. Fénié (TO*), Franck R. Hamlin (op. cit.) voit dans ce nom l’occitan tomièra « clayon de laiterie » (issu d’un mot pré-latin), terme se rapportant à la fabrication de fromage, ce que l’élevage qui existait sur les pentes du Somail semble confirmer. Mais P.-H. Billy (DNLF*), affirmant que le terme tomièra ne serait attesté qu’en Dauphiné (zone franco-provençale et occitane) – ce que le Trésor du Félibrige, à l’article toumiero, ne précise pas – préfère suggérer un dérivé en –aria au pluriel du celtique *tumo (cf. le breton tumenn, « manteau de cheminée », l’ancien irlandais túaim, « colline, monticule ») issu de l’indo-européen *tumo, « gros » : le nom ferait alors référence aux hauteurs qui entourent Thomières. Cependant, X. Delamarre (NLCEA*), ne signale pas ce nom comme celtique.

Tomme ou tome est la forme francisée (attestée en 1581) de toma, mot dialectal attesté en ancien provençal vers 1200 au sens de « fromage frais » et en ancien dauphinois pour désigner un petit fromage. L’origine de ce mot est obscure : on peut supposer un prélatin *toma ou *tuma (cf. les correspondants calabrais et sicilien tuma) auquel se rattacherait le latin tumere, « gonfler », cf. « tumeur ». (Dictionnaire historique de la langue Française, Alain Rey, éd. Le Robert, 1992). Ces précisions suggèrent que l’hypothèse avancée par P.-H. Billy serait la bonne.

Bédérrès et Béziers :

Le Bédérrès ou Bitterois est un pays historique du haut Moyen Âge, formé de l’ancien diocèse de Béziers, dont le nom est attesté in Beterrensi territorio après 673. Ce nom est formé sur l’ancien nom de la ville Bitteris muni du suffixe d’appartenance –ense, d’où la forme occitane Bederrez attestée en 1118. La ville est attestée Baeterras dès 17 av. J.-C. . On peut faire le rapprochement avec l’ancien nom du Guadalquivir espagnol, Baetis, et le nom antique de la ville catalane Mataró, Baetulo : le radical est bien attesté en zone ibérique et le suffixe –err est lui aussi attesté par ailleurs. Le radical est un prolongement en –to d’une racine ibérique *bai, apparentée à l’indo-européen * ghai, « clair, lumineux ». La forme latine, à l’ablatif pluriel Beterris attesté  au IIIè siècle dans l’itinéraire d’Antonin, a donné l’occitan Beders en 1118 et sa variante Bezers en 1213, d’où la forme française Béziers attestée en 1370 donnant Le Biterrois pour nommer le pays.

Les indices

■ ce treillis de bois devait faire penser à une (petite) claie, donc une clédelle

 

 

■ il fallait reconnaitre Soupalognon y Crouton, chef des Ibères et des Ibères à Béziers, le chemin était tout tracé.

 

Les indices du mardi 17 mars 2026 :

Un Intrus, décidément très fort, a déjà résolu ma dernière devinette. félicitations !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié à un des mots du jour  [cremat et usclade] déformé par une attraction paronymique.

La commune qui l’abrite a déjà été vue plusieurs fois sur ce blog, non seulement à propos d’un autre lieu-dit lié lui aussi au défrichement mais encore à propos de la tranquillité qu’elle offrait à ses habitants

Cette commune ayant déjà fait l’objet d’une devinette, il m’est difficile de vous proposer des indices qui ne l’aient pas déjà été et qui vous  rendraient le travail trop facile …

Le nom du bureau centralisateur du canton est un hagiotoponyme complété par un terme désignant plus sûrement le relief environnant qu’une production agricole locale.

■ Un indice pour le lieu-dit lui-même :

■ Un indice pour le pays :

 

Les indices du mardi

■ C’est une aphérèse qui rend le toponyme difficile à identifier comme étant issu d’un des mots du billet.

■ Le nom de la commune, un lieu particulièrement tranquille selon son étymologie, est accompagné par celui de la rivière qui y coule, particulièrement malpropre selon son étymologie.

■ C’est un comte de Toulouse qui fit bâtir le monastère dédié au saint éponyme du bureau centralisateur du canton. Des reliques de ce saint, martyrisé sur les rives de la Méditerranée, furent transportées dans ce monastère.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Ça sent le brûlé !

Toponymes essentiellement méridionaux, crémat et usclat signifient « brûlé, incendié » et peuvent être envisagés sous différents sens. Le premier d’entre eux est celui de l’écobuage, c’est-à-dire l’amendement des sols par brûlis. Le second est celui de landes ou de forêts brûlées dans le cadre des grands défrichements du Moyen Âge. La troisième hypothèse est celle de l’incendie accidentel, criminel ou par fait de guerre. Enfin, un sens figuré de lieu aride, exposé au soleil, dépourvu de végétation après un incendie peut être envisagé. Seule l’histoire locale, la topographie et, parfois, les formes anciennes du nom peuvent aider à en connaître la véritable signification. Une distinction a été faite par certains auteurs (NLEF*) qui privilégient l’incendie volontaire du défrichement pour usclat , tandis que cremat serait réservé à ce qui a été brûlé accidentellement. Certaines formes anciennes montrent cependant que ce n’est pas toujours le cas.

Étymologie

L’occitan cremat ou cramat , « brûlé, carbonisé ; qui sent le roussi », est le participe passé du verbe cremar, du latin cremare, « brûler » (cf. le français cramer, crémation …).

L’occitan usclat, « brûlé, grillé, flambé, roussi » est le participe passé du verbe du verbe usclar, du latin ustulare, « brûler ». Ce même verbe ustulare est à l’origine du vieux français usler, « brûler, rôtir ».

Ces différents termes sont à l’origine de toponymes, le plus souvent sous les formes crémade ou usclade.

Le Pégorier (GTD*) donne ainsi (avec des indications géographiques souvent trop restreintes) :

  • cramat : brûlé (occitan) ;
  • crémat : exposé au soleil, brûlé, incendié (occitan, provençal) ;
  • cremada : terrain incendié ; montagne défrichée par le feu (Pyrénées) ;
  • cremadou : lieu brûlant, chaud ou incendié (Limousin) – Pré sécheron (Languedoc) ;
  • usclat : brûlé (occitan) ;
  • usclada, usclade : terre brûlée, lande ou forêt incendiée (Hautes-Pyrénées) ;
  • usclat : bois ou lande incendié ; terrain préparé par l’écobuage (Hautes-Pyrénées).

Crémat

On compte un peu plus de 350 toponymes formés sur ce participe passé, les plus nombreux étant dérivés de cremad– (207), suivis de cremat– (88) et de cramad– et cremad– (30 chacun). À quelques exceptions près, ils sont situéz en Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes, PACA et Bourgogne-Franche-Comté.

On notera La Crémade, une maison forestière à Axat (Aude) qui était la Borde Crémada en 1781, soit la « maison incendiée » ; Les Crémades à Saou (Dr.) qui était la Grange Créma en 1639, la «grange brûlée » ; le Puech Crémat à Saint-André-de-Sangonis  (Hér. – puech, dérivé du latin podium, « colline au sommet arrondi ») ; Suc Cramat à Mazerat-Aurouze (H.-L. – occitan suc, « sommet arrondi » ; La Créma, un bois à La Piarre (H.-A.) ; Puy Créma à Auroux (Loz.), une butte boisée à sommet dénudé ; le Bois Crémat à Pébrac (H.-L.) etc.

On trouve un diminutif dans le nom de Crémadel à Saint-Clément-de-Rivière (Hér., mansus de Cremadello en 1245 en référence à la localité voisine mansus del Cremat au XIIè siècle, qui n’a pas survécu), dans celui de Cremadele à Esparron-de-Pallières (Var) et dans celui de Lous Cremadels à Saint-Étienne-Vallée-Française (Loz.). Le diminutif Cremadet ou Cremadette(s) se rencontre à huit exemplaires, tous dans l’arrondissement de Florac, en Lozère tandis que La Cremadou ne se rencontre qu’à Aulos-Sinsat, en Ariège.

Les formes anciennes de Villeneuve-les-Béziers (Hér.) rappellent que le village fut incendié : terminio de Villanova Cremata en 1108, Villeneufve la Cremade en 1571 et enfin Villeneuve la Cremade en 1740-1760.

F. Mistral (TDF*) rappelle une rue incendiée à Avignon (Vauc.) qui s’appelait la carrièra Cremada, et la torre Cremada de la cité de Carcassonne (Aude).

Usclade

En pays de langue d’oc, on compte 367 toponymes formés sur le participe usclad(a) et 95 sur usclat(a), la très grande majorité en Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, le reste en Nouvelle-Aquitaine et Paca.

Le sens de lieu aride dépourvu de végétation est sans doute celui qu’il faut privilégier pour L’Usclade, une montagne du massif du Ventoux près de Malaucène (Vauc.) ou encore pour le pic de L’Usclade, au sud du Puy Griou dans le Cantal.

  Pour d’autres usclades, il faut envisager le sens de landes ou de forêts brûlées pour le défrichement. C’est le cas pour la commune d’ Usclades-et-Rieutord en Ardèche (Uscladas en 1478), de Las Uscladas à Saint-Guilhem-le-Désert (Hér. , Las Usclades en 1748), Les Usclas à Chambon (H.-L), Les Usclas à Orcières (H.-A., Locus de Usclatis en 1529), l’Usclat, un quartier de Charens (Dr., L’Husclas en 1832),  le Bois de l’Usclat à Aydius (P.-A.) etc. Plusieurs noms composés peuvent aussi se rattacher à cette forme de défrichement ou d’écobuage : Montusclat à Sagnes-et-Goudoulet (Ardc.) est situé sur un versant déboisé de la forêt de Goudoulet ; Montusclat à Saint-André-de-Vivarais (même dépt.) est dans une zone déboisée ; Cliousclat (Dr.) qui était Clium Usclati en 1519 et Cura Clivis Usclati en 1540, à comprendre comme un ancien clivus ustulatus, « versant brûlé », ce qui correspond à la situation de la commune à la limite d’une zone boisée ; Serusclat à Chomérac (Ardc.) était Serre Usclat en 1464, « serre brûlée » (avec serre, « crête de montagne allongée ») ; Chanusclade à Vèze (Cantal), dont le nom est monté au col de Chanusclade, avec chan, variante locale de calm, sommet plat d’une montagne, plateau rocheux et, par extension, terrain pauvre, lande de bruyère. une variante avec les noms de L’Uscladis à Sainte-Camelle (Aude, Lescladis en 1781) et de L’Uscladis à Albepierre-Bredons (Cantal, l’Euscladys en 1698)

Enfin, le sens d’incendie accidentel ou volontaire se retrouve dans quelques noms. La commune d’Usclas-du-Bosc (Hér.) est ainsi issue d’un domaine agricole mentionné en 988 comme villa quam vocant Villare usclato, c’est-à-dire le « village que l’on appelle le domaine brûlé ». Il en était peut-être de même pour Usclas-d’Hérault (id.) qui était parrochia  S. Verani de Uslaz en 1164. C’est à coup sûr le coup pour Usclas à Fraisse (id.) qui était mas Usclat en 1298, 1380 et 1434, « le mas brûlé ».

Quelques diminutifs se trouvent dans des noms comme Uscladettes, Luscladet, Luscladette ou l’Huscladette, tous en Lozère sauf un Luscladette à Casseneuil (L.-et-G.).

On rajoutera des noms ayant subi l’agglutination de l’article, soit près de 140 Lusclade en Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes ou l’agglutination de la préposition ès, soit une vingtaine d’Esclade(s) dans les mêmes régions.

En payse de langue d’oïl, les noms ont été formés à partir du vieux français usler. On rencontre ainsi une trentaine de lieux-dits Les Ulis (Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, Île de France) dont Les Ulis (Ess., As Usleiz en 1231) mais à peine trois Les Ullis (Landujan, I.-et-V. ; Dampierre-en-Bray, S.-M.) ; six Les Ules (Ain, Aisne, Ardennes, Calv., Morb.) ; huit Les Ullées, tous en Normandie. Avec un h initial, correspondant à la variante hueler de l’ancien français usler, « brûler », apparaissent une douzaine de Le ou Les Hulet(s), en Bretagne, Normandie, Centre Val de Loire, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine et Grand Est.

D’autres termes ont été utilisés pour désigner des terres défrichées par le feu ou incendiées. J’ai déjà parlé des bouzigues et des artigues. Il me reste à voir, dans de prochains billets, les arsines et arsures, du participe passé arsurus du verbe latin ardere, « être en feu, brûler », et les dérivés de « brûler », comme les brûlés, brûlis ou brûlots.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié à un des mots du jour déformé par une attraction paronymique.

La commune qui l’abrite a déjà été vue plusieurs fois sur ce blog, à propos d’un autre lieu-dit lié lui aussi au défrichement et encore à propos de la tranquillité qu’elle offrait à ses habitants.

Cette commune ayant déjà participé à une devinette, il m’est difficile de vous proposer des indices qui ne l’aient pas déjà été et qui vous  rendraient le travail trop facile …

Le nom du bureau centralisateur du canton est un hagiotoponyme complété par un terme désignant plus sûrement le relief environnant qu’une production agricole locale.

■ Un indice pour le lieu-dit lui-même :

■ Un indice pour le pays :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

 

Les Chalandins à Flagey-Échezeaux et à Vosne-Romanée (C.-d’Or) : la répàladev

Un Intrus et LGF ont résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

 

 

 

 Il fallait trouver Les Chalandins à Flagey-Échezeaux et à Vosne-Romanée, dans le canton de Nuits-Saint-Gorges de l’arrondissement de Beaune, en Côte-d’Or.

 

 

 

 

 

Nuits-Saint-Georges, ici

Les Chalandins :

 

À gauche du Clos de Vougeot :  Les Chalandins de Vosne-Romanée (deux parcelles) et Les Chalandins de Flagey-Échezeaux, séparés par la frontière communale en pointillés rouges.

 

Toponymie

Chalandins  : deux parcelles portent ce nom à Vosne-Romanée face à leur homonyme à Flagey-Échezeaux. Elles portent déjà ce nom dans le cadastre napoléonien de 1827.

 

 

Voici ce qu’on lit dans Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne – Atlas et histoire des noms de lieux, par M.-H. Landrieu-Lussigny et S. Pitiot, (éd. de Monza et éd. du Meurger, 2012)

Flagey-Échezeaux

Flagey :  attesté sous la forme Flagi en 1131, du nom d’homme latin Flavius et suffixe –acum, soit le « domaine de Flavius ». Le nom de famille Flavius est dérivé de flavus, « blond ».

Échezeaux : ce nom est issu de l’ancien français Es Chézeaux, où Es est la préposition médiévale contraction de « en les », et Chézeaux est le pluriel de l’ancien français chésal (du latin tardif casale), « propriété rurale, petite ferme ». Le décret du 3 mars 1886 a autorisé de changer le nom de Flagey-lès-Gilly (Gilly étant le nom du village dont Flagey ne fut longtemps qu’un hameau) en Flagey-Échezeaux, en intégrant le nom d’un de ses climats Grands Crus

Vosne-Romanée

Vosne : attesté en 630, dans la Chronique de Bèze, Villa que Vaona dicitur. Vaona est dérivé du gaulois *wadana, « eau », lui-même de l’indo-européen *wed/*wod de même sens. Le  mot gaulois pouvait désigner un petit ruisseau, une mare ou bien une eau boueuse. Vosne s’est construit autour d’une source nommée la Fontaine de Vosne qui alimente un ruisseau qu’on appelle la Bornue.

Romanée : ce climat grand cru s’appelait Aux Échanges (carrefour aménagé pour permettre les échanges entre plusieurs voies routières) et, en 1827, il fut baptisé par son propriétaire d’un nom plus prestigieux : La Romanée, comme La Romanée Conti ou Romanée Saint-Vivant, ses voisins.  Ce nom de Romanée provient du nom d’homme latin Romanus accompagné du suffixe –acum.  La commune de Vosne a été autorisée par décret du 11 avril 1866 à ajouter le nom de ce vignoble réputé à son propre nom.

Nuits-Saint-Georges

Nuits : attesté Nui en 1173, une des formes qu’a prise l’ancien français noe ou noue, « prairie marécageuse », du latin médiéval nauda, lui-même repris du gaulois nauda, « terre humide, marécageuse ». La ville a subi d’importantes inondations avant que le Meuzin (du germanique *mus, « marais ») ne soit endigué et canalisé vers 1760. On trouve déjà la graphie éphémère Nuit en 1228, puis Nuitz en 1658 mais la forme Nuits ne s’imposera qu’à partir de 1801 dans le nom de Nuits-sous-Beaune

Saint-Georges : plantée en vigne dès l’an mil, elle serait la première à l’avoir été à Nuits. Donnée en 1023 par Humbert de Vergy, archidiacre d’Autun, à la Collégiale de Saint-Denis qu’il avait fondée à Vergy, cette parcelle a ensuite appartenu à la très ancienne Confrérie de Saint-Georges, une confrérie étant une association pieuse de laïcs liés par leur idéologie et leur métier, en l’occurrence ici celui de vigneron dont le patron était saint Georges, un des premiers saints à protéger les vignes bourguignonnes.  Le décret du 10 mai 1892 a permis à la commune de modifier son nom en ajoutant le nom de son premier cru au sien, pour s’appeler Nuits-Saint-Georges.

Beaune

Le nom de cette commune, attesté Beleno Cas(tro) sur une monnaie mérovingienne et Belna en 861, est issu du nom du dieu gaulois Bélénos, comme je l’expliquais il n’y a pas longtemps dans cet article.

Les indices

■ Les anciens occupants de la région étaient les Éduens, dont le nom latin Aedui est issu d’une racine celtique *aed, « feu », d’où le nom d’Ardents qu’on leur donnait parfois. Plus tard, ce seront les Burgondes qui occuperont cette région qui deviendra la Bourgogne. Le   nom  latin Burgundii des Burgondes a une étymologie germanique, avec la racine  *bourgund  signifiant « élevé », du pré-indo-européen *bhérǵh avec le suffixe adjectival *-onts. Ils étaient originaires des bords de la Baltique : plutôt qu’à un lieu élevé d’où ils pourraient être originaires, d’où le nom de Montagnards qu’on leur donnait parfois, on peut voir dans leur nom une référence à une qualité morale ou physique particulièrement élevée.

  ■ le collier de la Toison d’Or devait orienter vers la Bourgogne.

 

 

 

  ■ Une statue de saint Georges terrassant le dragon, la nuit. What else ?, comme disait un autre George

Les indices du mardi 10 mars 2026

Un Intrus m’a déjà donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

L’énoncé :

Il vous faudra trouver deux lieux-dits non habités de France métropolitaine portant le même nom lié au mot du jour [chalonge].

Ils se font face de part et d’autre de la frontière entre deux communes d’un même canton.

Le nom de la première commune est issu de celui d’un homme latin suivi d’un terme désignant des habitations.

Le nom de la deuxième commune est issu d’un terme désignant un lieu humide suivi d’un dérivé d’un nom d’homme latin.

Le bureau centralisateur du canton porte un nom désignant un lieu marécageux suivi du nom du saint patron de la région.

Toutes ces communes ont été citées, au moins une fois sur ce blog, le plus souvent en raison de la production agricole locale.

D’anciens occupants de la région, particulièrement ardents, ont été plus tard remplacés par d’autres qui portaient un nom rappelant leur origine montagnarde.

Les indices

■ L’homme qui a donné son nom à la première commune devait être blond. Celui qui a donné son nom à la deuxième commune ne pouvait guère être plus latin.

■ un indice pour le canton :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Chalonge etc.

Chalonge est un toponyme qui désigne une terre ayant fait l’objet d’un litige, d’une contestation de propriété, résolue ou non par un arrangement privé, souvent par les armes, ou judiciaire. On le rencontre principalement dans l’Ouest, écrit chalonge ou challonge. Des variantes, beaucoup moins nombreuses, se retrouvent ailleurs, sous des formes diverses que l’étymologie du mot nous permettra de découvrir.

Étymologie

L’ancien français d’oïl chalonge ou chalenge, « réclamation judiciaire, poursuite en justice » et, dans un sens plus général, « dispute, défi, attaque » était accompagné du verbe chalongier ou chalengier, « réclamer en justice, disputer, défier ». Ces termes sont issus du latin médiéval calumniacus, « terre faisant l’objet d’un litige, disputée entre plusieurs seigneurs », lui-même de calumnia qui, au Moyen Âge, avait le sens de « litige, contestation, querelle » , issu du latin classique calumnia, « fausse accusation, tromperie, chicane en justice » (d’où la calomnie). Ces mots latins sont eux-mêmes issus du  verbe déponent calvor, calvi, « chicaner, tromper », de la langue du droit. On a rapproché ce verbe du grec kêlein, « charmer, séduire (péjorativement), corrompre » et du gotique holon, « calomnier ». On aura compris que c’est de là que vient, par l’intermédiaire au XIXè siècle de l’anglais qui l’avait conservé, notre challenge, que le français avait oublié depuis le XIIè siècle.

Le dictionnaire de Godefroy, toujours très soucieux d’exhaustivité, donne de nombreuses formes pour chalenge : chalonge, calonge, chalange, chaloigne, caloigne, chalogne, challogne, chalainge, chalunge, chalompne, calompne et calumpne

Outre chalonge, quelques une de ces variantes et d’autres formes sont encore présentes en toponymie.

Toponymie

Comme je le signale en introduction, c’est la forme chalonge qui est la plus représentée en toponymie (et pour cause : c’est étymologiquement la première attestée) avec plus de cinq cents exemples (La, Le ou Les) Chalonges et une soixantaine de (La, Le ou Les) Challonges. Près des trois quarts d’entre eux se trouvent en Bretagne et dans les Pays-de-la-Loire, le reste étant réparti dans le Centre-Val-de-Loire, la Nouvelle-Aquitaine, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Auvergne-Rhône-Alpes et le Grand-Est.

On citera Les Chalonges à Bourgon, Saint-Denis-de-Gâtines, Châlons, Vautorte etc.(May.), des « terres limitrophes de paroisses et imposées tour à tour dans une paroisse et dans une autre » (Dictionnaire topographique de la Mayenne, Léon Maître, 1878), Les Chalonges à Rueil-la-Gadelière (E.-et-L., Les Chaloignes en 1358 – cf. le Godefroy, op.cit.), Les Chalonges à La Bazoche-Gonet (E.-et-L., Chalonges en 1300), Chalonge à Roëzé-sur-Sarthe (Sarthe, Boscus de Calumnia vers 1050 – une forêt dont l’exploitation faisait l’objet d’un litige), Chalonge à Seyssel (Ain, de Chalongio en 1388) les Chalonges à Montaillé (Sarthe, decima de Columpniis au XIIè siècle – où l’on voit la variante avec –mp– signalée par Godefroy), les Bordes de Chalonges à Bombon (S.-et-M., Calumnia vers 1142, silva Calumpnie en 1145), le Chalonge à Dixmont (Yonne, Kalungium en 1199) etc. Devenu patronyme, soit nom d’origine soit sobriquet pour un querelleur, Chalonge est à l’origine des Chalongères à Retiers (I.-et-V.) et des Chalongers à Fresnay-sur-Sarthe (Sarthe).

Pour celui-ci, l’issue du « chalonge » a dû être favorable

 

Il conviendra d’éviter la confusion avec des toponymes issus du bas-latin colongia, du latin colonica, « terre d’un colon », comme pour la commune de Challonges (H.-Sav.) attestée cura de Chalungia vers 1344 qui a subi l’attraction du franco-provençal tsalo, « chaleur », ou avec ceux composés de cha (gaulois calmis, « pâturage en montagne ») et longe (pour « long »)  comme Chalonge nom d’un alpage à Samoëns (H.-Sav.). De la même manière, le nom de Calonges (L.et-G.) et de plusieurs lieux-dits Calonge(s) du Sud-Ouest sont issus du latin colonica, au contraire des Calonges de Ronfeugerai et d’Athis-Val de Roure (Orne) qui sont une forme normando-picarde de chalonge (le verbe calengier est connu en ancien normand).

La variante chalange est représentée à moins de cent exemples du type (La, Le ou Les) Chalange(s) ou Challange(s), très majoritairement en Normandie et Bretagne, mais aussi en Pays-de-la-loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté : on citera par exemple la commune Le Chalange (Orne, Chalonge vers 1210) et les Challanges Est et Challanges Ouest à Beaune (C.-d’Or, Chaalenges en 1195, Chalenges en 1216, Chalange en 1574). À Val-de-Meuse (H.-Marne), le Bois Chalangard, entre le Bois Monsieur et le Bois Là-Haut, devait être l’objet d’âpres disputes entre différents propriétaires, comme le suggère son suffixe péjoratif –ard. Devenu lui aussi patronyme Chalange se retrouve dans des noms comme La Chalangerie à Subligny (Manche) ou  La Chalengère à Moulins-en-Tonnerre (Yonne). 

On trouve également une forme normando-picarde (La ou Les) Calange(s) à près de cinquante exemplaires, comme Calange au Neubourg (Eure, Callenge au début du XIXè siècle) et trois Les Callanges, tous en Normandie.

On évitera la confusion avec la montagne de Challange (Névache, H.-A.) dont le nom est issu du pré-indo-européen *kal, « pierre, rocher »,  accompagné du suffixe –inca (oui, Kalinka).

Je ne pouvais pas passer à côté, il est, n’est-il pas ?

La variante chalenge est encore moins représentée : on ne trouve qu’une dizaine de Chalenge(s) et autant de Challenge(s), tous en Bretagne et Normandie, à l’exception de quelques uns en Pays-de-la-Loire et d’un seul en Auvergne-Rhône-Alpes qui se fait tout petit puisqu’il s’agit de Challengette à Saint-Martin-de-la-Porte (Savoie). On ajoutera Les Calenges, « terres vagues disputées à Saint-Martin-au-Bosc, fin du XIIIè siècle » (Dictionnaire topographique de l’Eure, Ernest Poret Bosseville, 1877).

Connu en ancien français avec le sens de « disputer, contestation », le verbe escalangier a donné l’escalangie, « contestation », qui explique des noms de lieux comme Échalonge à Essertene-et-Cecey (H.-Saône), Les Échalonges à Saint-Viaud (L.-A.) ou encore la Grande et la Petite Échalange au Gast (Calv.) etc.

Je termine ce passage en revue avec la commune de Chelun (I.-et-V.) qui est attestée ecclesia de Calumpniaco au XIe siècle, Chalunum en 1506 et Chalun au XVIe siècle – Calumpniaco étant  directement issu du latin médiéval calumniacus.

PS : on aura remarqué que c’est en Bretagne qu’on trouve la très grande majorité de ces toponymes. Le Breton serait-il aussi querelleur que l’Auvergnat est avare et le Provençal menteur enjoliveur ?

La devinette

Il vous faudra trouver deux lieux-dits non habités de France métropolitaine portant le même nom lié au mot du jour.

Ils se font face de part et d’autre de la frontière entre deux communes d’un même canton.

Le nom de la première commune est issu de celui d’un homme latin suivi d’un terme désignant des habitations.

Le nom de la deuxième commune est issu d’un terme désignant un lieu humide suivi d’un dérivé d’un nom d’homme latin.

Le bureau centralisateur du canton porte un nom désignant un lieu marécageux suivi du nom du saint patron de la région.

Toutes ces communes ont été citées, au moins une fois sur ce blog, le plus souvent en raison de la production agricole locale.

D’anciens occupants de la région, particulièrement ardents, ont été plus tard remplacés par d’autres qui portaient un nom rappelant leur origine montagnarde.

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Les Badaffres aux Granges-Gontardes (Drôme) : la répàladev

Un Intrus, TRS et LGF sont restés les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Il fallait trouver Les Badaffres aux Granges-Gontardes dans le canton de Grignan de l’arrondissement de Nyons, dans la Drôme.

Les Granges-Gontardes, ici :

Les Badaffres,

 

La toponymie

Les Badaffres : le Trésor du Félibrige (TDF*) donne les noms badafo, badaflo, badafro et badagno comme variantes de badasso  pour désigner la lavande (dans le Gard) ou le ciste cotonneux (à Avignon). Avant lui,  Audibert Ainé (Catalogue des végétaux …, 1817) donnait déjà le nom de badaffre au ciste blanchâtre de Provence.

Sur la variante badafo ont été également créés les noms du Badaffier à Sorgues (Vauc.) et des Badafières à Saint-Jean-de-Ceyrargues (Gard) qui, s’ils figurent bien dans le fichier FANTOIR, sont absents des cartes IGN – ce qui m’a retenu d’en faire ma devinette.

Le Trésor du Félibrige ajoute les homonymes badafo, badaflo et badafro auxquels il ajoute les formes balafro, barafro et barèfro, avec le sens de « balafre ». Le lieu-dit Les Badaffres était déjà nommé ainsi dans le cadastre de 1933, soit bien avant que l’exploitation d’une carrière de granulats n’y soit autorisée (1985) et ne vienne balafrer le paysage.

Les Granges-Gontardes : on parlait de La meterie appellée des Gontardz en 1476 puis de La Grange des Gontards en 1487. Au gré des changements de propriétaire, l’endroit changea ensuite de noms avant de s’appeler définitivement Les Granges-Gontardes dès 1891.

♦ Le terme « grange » (granja en occitan) est issu du latin populaire granica et désignait le bâtiment où le grain était entreposé. Synonyme du latin granarium (collectif en –arium de granum), « grenier », il ne le resta pas en roman où, par distinction avec le grenier, il désigna le fenil, c’est-à-dire le grenier à foin, le « bâtiment où l’on serre les gerbes pour les battre en hiver ». Ces bâtiments devaient ici être ici suffisamment nombreux ou d’une taille imposante pour avoir laissé leur nom à l’endroit.

♦ Ces granges étaient la propriété d’un nommé Gontard, dont le nom, d’origine germanique, est issu du vieux haut allemand gund/gunt, « lutte, combat », et hard, « dur, fort ».

Grignan : attesté de Gradinano en 1138-1163, du nom d’homme latin Gratinius, dérivé de gratus, « qui a de la grâce », et suffixe –anum.

Nyons : attesté Noimagos chez Ptolémée au IIè siècle, du gaulois novio, « nouveau » et magos « champ, place, marché », comme je l’expliquais dans un article consacré aux adjectifs gaulois.

Les indices

■ « Le nom du peuple gaulois qui occupait la région montre qu’il regroupait un grand nombre de tribus » : il s’agissait des Voconces, dont le nom d’origine celte *(d)uo(d)kmtei signifierait « les vingt (tribus) » (source).

 ■ On reconnait, de l’olivier à l’huilier en passant par le moulin, tout ce qui est nécessaire pour fabriquer de l’huile d’olive, spécialité AOC de la ville de Nyons.

 

 

 

  ■ Il fallait reconnaître le nommé Gontard, « grotesque » (ancêtre des clowns), d’une famille circassienne  homonyme des Gontard, propriétaires des Granges qui porteront leur nom.

 

 

 

 

 ■ La Charrette bleue, roman de René Barjavel paru en 1981, raconte l’enfance de l’auteur à Nyons.

Les indices du mardi 03 mars 2026

Un Intrus, TRS et LGF n’ont pas mis longtemps à résoudre ma dernière devinette. Bravo à tous les trois !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour [badasse ou bayasse].

Il est situé dans une localité dont le nom est composé de celui d’un type de bâtiment suivi de celui, belliqueux d’origine germanique, du premier propriétaire connu.

Le nom du bureau centralisateur du canton est issu de celui d’un homme latin particulièrement gracieux.

Le nom du peuple gaulois qui occupait la région montre qu’il regroupait un grand nombre de tribus.

Un indice pour l’arrondissement :

 

 

Les indices

■ Un cadeau, pour la commune :

■ Un autre cadeau, pour l’arrondissement :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Badasse ou bayasse

Antinoüs, ailé d’effroi, courait dans la badassière ; l’air parfumé se creusait devant lui.

Le souffle régulier de sa gorge gonflait sa poitrine de bonne vie.

Jean Giono (Naissance de l’Odyssée, 1930)

 

« Dans la badassière » ? Qu’ès aco, une « badassière » ? Un lieu plein de « badasse », pardi ! Mais encore ?  Ce mot est absent de tous les dictionnaires usuels ! Mais, puisqu’il s’agit de Giono, consultons donc le Trésor du Félibrige (TDF*) et … aqueste còp !

Badassié, badassiero, badassièiro : lieu couvert de badasso ; lande, bruyère.

Badasso, baiasso : cupulaire fétide, plante ; plantain des sables ; plantain pucier ; plantain des chiens ; thym, lavande en Languedoc, plantes ainsi nommées à cause de leurs fleurs labiées.

Mystère levé : Antinoüs courait donc dans un champ de lavande dont il sentait le parfum vivifiant.

 

On aura remarqué que F. Mistral (TDF* 1878) donne aussi la forme baiasso. On ne trouve pas de baïasse dans les dictionnaires usuels mais le Littré (1863-73) propose : « bayasse (ba-ia-s’) s. f. Nom, en Dauphiné, de la lavande coupée et recueillie pour distillation d’huile de spic ». Le Quillet (1936) lui emboite le pas en écrivant : « bayasse : Fleur dont on extrait l’huile de spic ». Le spic est le nom usuel de la lavande aspic ou grande lavande (Lavandula spica L.), nom tombé un peu en désuétude.

Quant au Pégorier (GTD*), qui reprend les badassié, badassière et le badassas, « lande, terre inculte en Provence », donnés par Mistral, il ajoute la baïassière, « lavandaie en Provence ».

 

 

 

Étymologie

L’étymologie de badasse ou bayasse n’est pas assurée. On se souvient que Mistral écrit que ces plantes sont « ainsi nommées à cause de leurs fleurs labiées » qui ont la particularité de faire penser à une gueule ouverte (latin labia, « lèvre »), comme celle du badaud (du provençal badar,«  bâiller, rester bouche bée », du bas latin batare, « ouvrir »). Cette hypothèse est reprise par P. Fabre (NLL*) ainsi que par B. et J.-J. Fénié (TO*) tandis que P. Gastal (NLEF*) préfère y voir un mot d’origine ligure, puisque les toponymes qui en sont issus sont surtout présents dans le Sud-Est, comme nous allons le voir. Ceci dit, la lavande ne se trouve guère dans les Hauts-de-France ou en Normandie …

Fleur bée de lavande

Toponymie

Les noms de lieux issus de badasse ou bayasse sont moins de cinquante, ce qui facilite le travail du toponymiste !

■ Badasse

Sur ce terme ont été formés les noms de Badassa (Malarce-sur-la-Thine, Ardc.), de quelques Badassat (Creuse, P.-de-D. et H.-V.), de Badassac (Jegun, Gers ; Florensac, Hér.), de Badassax (Couffoulens, Aude) et de Badassar (Anglards-de-Saint-Flour, Cant.) dont les divers suffixes sont des altérations du collectif –às de badassàs, qui a ici le sens de « lande, terre inculte » plutôt que celui de lavandaie.

La forme occitane s’est conservée dans le Badasso (Auriac, Aude), le Badassou (Murasson, Av. ; Mirandol-Bourgnounac, Tarn) et dans le quartier de Badasson aux Baux-de-Provence (B.-du-R.). Pour ce dernier nom, F. Mistral (TdF*) précise qu’il désigne plus particulièrement le serpolet et qu’il est également devenu nom de famille provençal.

La francisation est à l’origine des noms de La Badasse (Rousson, Gard), des Badasses (Vernègues, B.-du-R.), des collectifs  Badasset (Vernègues et Lambesc, B.-du-R.) et Badassey (Mireval, Hér.) et du diminutif Badassel (Saint-Gervasy, Gard).

Le collectif en –ier ne se retrouve que dans le Badassier (Banne, Ardc. ; Blauvac, Vauc.), Badassière (Castelnau-de-Guers, Hér. ; Cassagnoles, Gard) et les Badassières (Navacelles, Gard).

■ Bayasse

Cette forme, pourtant la seule présente dans les anciens dictionnaires,  est encore moins représentée en toponymie que la précédente.  On ne trouve en effet que deux Bayasse (Moiron, Jura ; Uvernet-Fours, A.-de-H.-P.), un collectif Le Grand Bayasset et son diminutif Bayassetou à Saint-Martial (Ardc.).

Enfin, les collectifs en -ière ne sont que cinq : La Bayassière (L’Épine et Saint-André-de-Rosens, H.-A. ; Faucon, Vauc.), la Grande Bayassière (Sigottier, H.-A.) et Les Bayassières (Verclause, Dr.).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

 

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une localité dont le nom est composé de celui d’un type de bâtiment suivi de celui, belliqueux d’origine germanique, du premier propriétaire connu.

Le nom du bureau centralisateur du canton est issu de celui d’un homme latin particulièrement gracieux.

Le nom du peuple gaulois qui occupait la région montre qu’il regroupait un grand nombre de tribus.

Un indice pour l’arrondissement :

 

 

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr