Back in the USA

harle couronné

Avec un de ses commentaires en forme de devinette, TRS nous a fait découvrir le Benzie county (Michigan, USA) dont le nom provient de la corruption du nom français de la « (rivière des) Becs-scies » donné par les premiers trappeurs, le bec-scie étant l’autre nom du harle couronné, une espèce de canards (ci-contre, gravure d’Édouard Traviès, 1809-76).

Ce cas de corruption phonétique puis graphique d’un nom français primitif n’est pas, loin de là, unique. Souvenons-nous par exemple de la Picket Wire River (Col.) qui a récemment repris son nom originel de Purgatoire River. J’en ai relevé quelques autres exemples, que je vous livre aujourd’hui.

Babruly creek (Missouri) est un ancien Bois brûlé, probable référence à un incendie.

La Balize (Louisiane) est le nom d’un ancien poste militaire français établi sur une île à l’embouchure du Mississippi, fortifié à partir de 1724. Il défendait la seule passe praticable par des vaisseaux de quelque importance et servait de « balise ». Le village qui s’était développé autour du fort fut détruit par l’ouragan des 14 et 15 septembre 1860 et fut abandonné. Un nouveau village de pilotes fut construit à environ 8 km en amont du fleuve, sur la rive est du Mississippi, et baptisé Pilottown.

La-Balize-LA-1830-Paul-WilhelmTM-1

Bodoc (Louisiane), Bodock et Bois-d’Arc (Arkansas, Illinois, Kansas, Missouri, Texas) : toutes ces localités doivent leur nom aux premiers colons français qui avaient observé les Osages confectionner leurs arcs à partir du bois d’un arbre particulier, produisant des fruits ressemblant à des oranges, d’où son nom actuel d’oranger des Osages. Les Français avaient appelé cet arbre le « bois d’arc », nom corrompu en Bodock par les Anglais et passé comme nom de lieu.

Bouff, rivière prenant sa source en Arkansas et rejoignant la rivière Ouachita en Louisiane : les explorateurs américains Dunbar et Hunter, lors de leur expédition en Louisiane en 1804-05, mentionnent le Bayau aux Boeufs, nom qui sera retranscrit Bayau Boeuff sur une carte de 1839. Le nom, indéniablement français, deviendra Bouff chez les locuteurs anglophones, avant que ne soit récemment rétabli le nom originel de Boeuf river.

Cossatot River (Arkansas) : le nom de cette rivière est issu du français « casse-tête », traduction du nom tomahawk de la hache à une main employée par les Amérindiens. (cf. à ce propos la précision apportée par Jacques C. dans son commentaire du 09/10/2023 à 14h18).

L’Eau Fraise (comté de Clark, Arkansas) : la rivière avait été appelée « l’eau fraîche » par les pionniers français, nom d’abord corrompu en Low Freight « faible fret », par les Anglais. Se rendant compte de leur erreur, ils ont rétabli maladroitement le nom original L’Eau Frais qu’ils ont ensuite féminisé en L’Eau Fraise !

L’Eau Galle (Wisconsin) : les premiers colons français ont appelé ce cours d’eau la « rivière aux galets » nom qui fut par la suite corrompu en Eau Galle par les Anglais, qui prononcent  pourtant toujours le nom [gale], soit galé, malgré l’orthographe.

Garo (comté de Park, Colorado) : cette ville fantôme avait été baptisée d’après le nom de ses fondateurs, les éleveurs de bétail Louis Adolfe (sic) et Marie Guiraud, tous deux nés en France.

smackover Smackover (Arkansas) : c’est dans une lettre adressée le 5 avril 1789 par le commandant du fort Miro (Monroe, Louisiane) au gouverneur de la Louisiane, qu’apparait pour le première fois le nom du Bayou de Chemin couvert. Smackover serait donc une corruption de ce dernier nom, bien que d’autres l’attribuent à une description française datée de 1686 des zones centrales nord et sud des comtés d’Union et de Ouachita, surnommées « Sumac  Couvert » – pour « couvert de sumac ».

Ozan (comté d’Hempstead, Arkansas) : du français « (pré) aux ânes ».

Ozark (siège du comté de Franklin, Arkansas) : du nom « Aux Arcs » donné par les premiers trappeurs français.

Palarm township (comté de Faulkner, Arkansas) : selon certaines sources ce nom viendrait du français « Place des alarmes », tandis que d’autres l’expliquent par le nom de « Place des Larmes » qu’aurait porté la maison d’un des premiers colons français, Baptiste Larme. Ces hypothèses sont toutefois mises en difficulté par le nom Pelarm qui apparait dans quelques documents anciens et qu’on ne sait pas expliquer.

Rickreal creek (comté de Polk, Oregon) : ce cours d’eau descend des Monts Laurel, traverse Dallas (Oregon) puis une « communauté non incorporée » à laquelle il donne son nom, avant de se jeter dans la Willamette, un affluent du fleuve Columbia. La prononciation locale de son nom est [ ˈrɪkriɔːl ] soit  Rik-ree-awl, ce qui a son importance comme on le verra. Dans les archives de Dallas, on trouve le nom de « la Creole Creek », que l’on suppose  avoir été donné par les Français. On a avancé une prononciation [li] de l’article français la pour expliquer le passage de La Créole à *Li Créole puis à Rik-ree-awl … J’avance pour ma part une autre hypothèse : ne peut-on pas imaginer que ce sont les Français qui, dans un effort de mieux se faire comprendre par leurs interlocuteurs anglophones, ont répondu, dans l’ordre français nom – adjectif, « It’s Creek Créole » à la question « What’s the name of this creek ? ». Et de Creek Creole à Rik-ree-awl écrit Rickreal, le pas a été franchi.

Reste à savoir pourquoi les Français ont appelé ce ruisseau La Créole. Emprunté au portugais crioulo (attesté en 1632 au Brésil pour désigner un métis né au Brésil, soit un « serviteur élevé dans la maison de son maître », de criar, « élever »), l’espagnol criollo (1643) a d’abord désigné un Espagnol non métissé né aux colonies puis a aussi désigné un noir né dans ces mêmes colonies par opposition au noir né en Afrique ; enfin, notamment au Mexique et en Californie, crioullo a servi a désigner l’Amérindien ou le métis d’Amérindien. Des Amérindiens campant au bord de la rivière à l’arrivée des Français, on a imaginé que ceux-ci l’ont appelé « créole » en reprenant le sens californien de ce mot.

Île Sauvie (sur la rivière Columbia, Oregon) : du nom de Laurent Sauvé dit Laplante qui gérait là une laiterie pour la Compagnie de la Baie d’Hudson dans les années 1830-40.

Sauvie-Island-sans-alcool

Panneau à l’entrée de l’Île Sauvie. Choisissez bien les dates de vos vacances !

Swashing creek (Missouri) : initialement baptisée rivière Joachim par les colons français (pour saint Joachim ?) cette rivière est devenue swashing, « clapotante », quand les Anglais ont mal interprété le nom français. Elle a aujourd’hui retrouvé son non initial de Joachim creek.

Tabo creek (Missouri) : cette rivière prend sa source dans le centre-est du canton de Washington, coule vers le nord et se jette dans le Missouri.  Son nom est sans doute une corruption de Tabeau. Dans le journal de John Long de 1819-1820, on peut en effet lire  : « … ils pénétrèrent dans les forêts du fond du Missouri et traversèrent peu après le Tabeau, où une ville du même nom, contenant à l’époque deux maisons, avait été établie. Tabeau est le nom d’un chasseur canadien qui fréquentait autrefois cette région ». Le nom a été aussi écrit Talbot (1823), Big Terrebeau (1837) et Tabo (1859), faisant fi de l’orthographe et de l’étymologie.

Rog personnage loupe

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’un petit cours d’eau (creek) étasunien d’origine française.

Dans chacun des deux comtés (county) du même État dans lesquels il coule, son nom est passé à un canton (township) dont l’un a été annexé par la plus grande ville dudit État.

Chacun des deux comtés porte un nom rendant hommage à une personnalité historique, l’une française et l’autre étasunienne.

Le nom à trouver, écrit de nos jours avec deux traits d’union, était formé d’un mot français désignant un cours d’eau suivi du nom du premier Français qui, lors de sa remontée en bateau du grand fleuve régional, s’y aventura.

Mal compris et difficile à prononcer par les locuteurs anglophones, le nom est devenu ce qu’il est aujourd’hui : un mot de trois syllabes sans aucune signification – mais sans doute plus facile à prononcer.

L’État dans lequel coule ce cours d’eau porte un nom issu de celui d’Amérindiens qui creusaient des troncs d’arbres.

Un indice :

indice a 07 10 2023

Ah ! Un conseil : ne vous fatiguez pas, ce nom n’apparait pas dans la liste des toponymes d’origine française aux États-Unis fournie par wiki, ce serait pas du jeu !

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La Butte de Ski aux Sables-d’Olonne (Vendée) : la répàladev

podium-vainqueur-unique  TRS est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui !

Il fallait trouver la Butte de Ski, un lieu-dit situé en forêt domaniale d’Olonne, aux Sables-d’Olonne, en Vendée.

local-Les Sables-d'Olonne

Et la Butte de Ski, en haut à gauche de cette carte :

Butte de Ski GeoP

Butte de Ski : l’origine de ce lieu-dit et de son nom est fort bien expliquée par une guide de l’Office de tourisme de la ville qui signe Priscilla

« A la fin des années 1930, le ski se pratiquait déjà sur les dunes à Arcachon et à Bayonne comme l’avaient étudié un petit groupe de Sablais intéressé par le développement du « ski sur aiguilles ».
Au moment où la station des Sables connaissait un nouvel essor avec la mise en place des congés payés, quelques Sablais eurent une idée originale pour se démarquer des stations balnéaires concurrentes : skier sur du sable en glissant sur les aiguilles de pins. Ainsi, il fut imaginé de développer une piste de ski de 150 m de long et 20 m de large en pleine forêt d’Olonne !
Ce lieu est situé près du Menhir de la Conche verte, à l’endroit où la dune culmine à 34 m. Il continue à être appelé la « butte de ski ».
Cet endroit avait l’avantage d’être accessible toute l’année pour la pratique et semblait particulièrement approprié avec la baignade accessible à pied et le confort ombragé de la forêt.
Le « Ski-club-Sablais et amis de la Montagne » vit le jour en juin 1939. A l’époque, une fête sportive inaugurale fut programmée le 27 août 1939 suivie d’une soirée de Gala au Grand Casino sur le Remblai.
Malheureusement, la situation politique de l’Europe en cette fin de mois d’août 1939 ne permit pas de mener à bien cet évènement, et, avec l’entrée en guerre de la France, le projet de piste du Ski-Club-Sablais fut mis de côté et ne vit jamais le jour… »

Pour le ski sur aiguilles de pin, qui se pratique toujours, par exemple à Arcachon, voyez par exemple ici ou encore là.

Sables d’Olonne : sous-préfecture de la Vendée, la commune nouvelle des Sables-d’Olonne résulte de la fusion en 2010 des communes du Château-d’Olonne, d’Olonne-sur-Mer et des Sables-d’Olonne. La première mention du nom de cette dernière date du XIè siècle quand est cité ad Sabulas, issu du pluriel neutre du latin sabulum, « sable », décrivant le site en fond de rade marine. En 1257 apparait le déterminant « d’Olonne » dans le nom de Sabulo Olone. L’origine la plus vraisemblable de ce nom est celle d’un dénominatif gaulois *Ollo-no, composé de *ollo, « grand » (cf. l’irlandais oll) accompagné du suffixe « de domination » –no. L’hydronyme *Olonna serait alors à comprendre comme la « Très Grande (déesse) », sachant que les Celtes divinisaient les cours d’eau. Ce même nom apparait ainsi dans le nom de la rivière lombarde Olona (Ollona au VIIIè siècle), dans celui de l’Olonne, fleuve côtier de la Manche et dans celui de plusieurs lieux-dits Olon, Ollon ou Olonne.

Mais, pour les Sables-d’Olonne, de quel cours d’eau s’agit-il ? L’histoire est un peu longue et complexe. Le village appelé l’Île-d’Olonne est attesté Sancti Martini Vertavensis au XIè siècle, puis de Insula Olone au XIIè siècle. Au VIè siècle, un moine nommé Martin fonde une abbaye à Vertou près de Nantes : il est depuis appelé saint Martin de Vertou. Son culte s’est répandu jusqu’en Poitou : l’église de L’Île-d’Olonne lui est dédiée, d’où le nom du village Sancti Martini Vertavensis. Près de ce village, un hameau est dit Vertou et la rivière qui baigne l’ensemble des villages de l’Île-d’Olonne, d’Olonne-sur-Mer et des Sables d’Olonne est aujourd’hui appelée la Vertonne. Le hameau Vertou a été appelé d’après le nom de la rivière, dont l’étymon est l’indo-européen *Vert-, « tourner, virer » accompagné de l’hydronyme gaulois –onna. Il ne fait guère de doute que la rivière a porté deux noms : Olonna, bien attesté au Moyen Âge et Vertonne, inconnu des sources médiévales.

CPA L-ile-d-Olonne

cdl a

Les indices

indice a 30 09 2023 ■ ce tapis d’aiguilles de pin devait orienter vers une activité que l’on pratique en pleine nature, en forêt de pins (des Landes ou pas loin …), sur des aiguilles …

indice 01 10 2023-  ■ un sablier, pour les Sables-d’Olonne. Œuvre de Mary Vaux Walcott réalisée en 1874 et exposée au Smithsonian American Art Institute à Washington, USA. On a rendu hommage à cette peintre en baptisant le Mont Mary Vaux dans le parc national de Jasper (Alberta, Canada).

indice-a-03-10-2023  ■ Les Bronzés font du ski : pour le ski – pratiqué au soleil, près de la mer.

indice b 03 10 2023Le Père tranquille : pour la maison La Petite Jocelyne des Sables-d’Olonne où furent tournées des scènes du film et qu’on appelle depuis la maison du Père tranquille.

les indices du mercredi 04/10/2023

Ma dernière devinette n’a pas trouvé preneur …

En voici l’énoncé :

Il vous faudra trouver une Butte de France métropolitaine.

Elle doit son nom à une activité physique que certains se proposaient d’y pratiquer après l’avoir plus ou moins aménagée, prenant exemple sur ce qui se faisait déjà dans d’autres localités de la région. Hélas, une guerre interrompit leur projet et nul aujourd’hui ne pratique là cette activité mais le nom lui est resté.

Le nom de la localité où se situe cette butte est formé d’un mot désignant la qualité de son sol accompagné d’un déterminant hydronymique d’origine gauloise.

Deux indices, en vrac :

indice a 30 09 2023

indice 01 10 2023-

… auquel je rajoute ces indices, sous forme d’affiches de cinéma :

indice b 03 10 2023

indice-a-03-10-2023

Réponse attendue chez leveto @sfr.fr

Belles et buttes

Continuant mes recherches sur les noms de reliefs, après avoir visité les pics, les monts …, me voici rendu aux buttes.

Attesté dès 1225, butte a d’abord désigné l’endroit à atteindre dans une course, d’où, par métonymie, le point marqué sur la cible qu’il faut viser et la cible sur laquelle on tire. Butte est la forme féminine de but qui, lui, n’est attesté qu’en 1245. Il est peut-être emprunté à l’ancien norrois butr, « bûche, billot de bois », une telle pièce de bois ayant pu servir de cible pour le tir à l’arc. Ce mot semble appartenir au même groupe germanique que le moyen haut allemand butze, « motte » (allemand Butzen, « trognon, chicot »), l’anglais but, « rondin, billot », le danois but, le néerlandais bot, etc. L’implantation initiale de but et de ses dérivés dans le domaine normand semble conforter cette étymologie. Une autre extension métonymique, à propos du tertre auquel on adossait une cible, est à l’origine, dès 1375, du sens de « petit tertre, monticule, éminence » que l’on donne aujourd’hui à « butte ».

Il ne sera bien entendu pas question ici de passer en revue tous les toponymes liés au terme « butte » (plus de cinq cents lieux habités, autant de lieux non habités et encore autant d’oronymes !) mais d’en relever les emplois les plus fréquents et d’en rappeler quelques uns parmi les plus remarquables.

L’emploi le plus courant de ce terme est bien sûr sous sa forme simple, au singulier comme au pluriel, mais de peu d’intérêt.

La Butte attribuée à son propriétaire est très représentée, que ce dernier soit nommément désigné ou suggéré par son état (Butte à la Nonne, au Moine, à l’Évêque, aux Anglais, au Breton etc.). Les saints ont aussi été honorés comme à la Butte Saint-Michel (Saint-Martin-des-Prés, C.-d’A.), à la  Butte de Saint-Hippolyte (Saint-Germain-d’Arcé, Sarthe), de Saint-Martin (Saint-Gatien-des-Bois, Calv.), de Saint-Marmé (Torxé, Ch.-Mar.) et bien d’autres.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la Butte aux Cailles du treizième arrondissement parisien ne doit rien aux oiseaux. C’est en effet un certain Pierre Caille, vigneron de son état, qui acquit là en 1543 une parcelle de terrain plantée de vigne qui lui fournit suffisamment de revenus pour y installer sa famille : la butte fut alors désignée comme étant celle aux Cailles.  Toujours à Paris, les célèbres Buttes-Chaumont portent un nom pléonastique puisque Chaumont est un ancien Calvus mons, « mont chauve » (il en est d’autres comme à Quincy-Landzécourt, Meuse et à Champlan, Essonne). Quant à la Butte Montmartre, elle a jadis fait l’objet ici-même d’un articulet. 

Impossible d’y échapper !

Le bestiaire est lui aussi très présent avec la Butte au Cerf, aux Ânes, aux Hérons, aux Loutres, aux Sangliers, aux Renards, une jolie Butte du Gué aux Biches (Saint-Gildas-des-Bois, L.-A.), etc. et même une Butte de la Jument-Crevée (à Saint-Joachim, L.-A. – cf. plus loin).

Les végétaux ne sont pas oubliés avec une Butte au Muguet (Le Mesnil, S.-Mar.), aux Poiriers (Chemellier, M.-et-L.), de l’Ormeau (Le Grez, Sarthe), des Ajoncs (Cravant-les-Côteaux, I.-et-L.) et bien d’autres.

Le nom est parfois accompagné par un adjectif, comme pour la Butte Ronde, la Petite Butte … sans oublier les inévitables Grande et Grosse Butte, mais aussi une Butte Heureuse (Blandainville, E.-et-L.) compensant une Butte Froide (Pouzauges, Vendée). On trouve également de nombreuses Butte Rouge (cf. entre autres la cité-jardin de Châtenay-Malabry), quelques Butte Jaune, Noire, Verte et trois Butte Grise.

C’est quelquefois la destination de la butte qui la définit : Butte du Moulin à Vent (Courvaudon, Calv.), des Cinq Moulins (Saint-Jacut-les-Pins, Mor.), du Foin (Monteneuf, Mor.), du Télégraphe (Plassac-Rouffiac, Char.), de la Justice (Rambouillet, Yv.), de la Potence (Fégréac, L.-A.), aux Pendus (Gennes, M.-et-L.), aux Tombes (Néart-sur-Yvel, Mor.), aux Cercueils (Moulette, Yv.) etc.

Outre les Buttes-Chaumont vues plus haut, notons quelques autres redondances avec la Butte de la Motte (Guer, Mor.), la Butte des Monts (Vaudeloges, Cal.), la Butte du Tertre (Saint-Clément-de-la-Place, M.-et-L. ).

Les plus curieux d’entre mes lecteurs pourront consulter une liste de Buttes proposée par wikipedia … qui m’évite d’écrire des lignes inutiles. Cependant, cette liste est incomplète (et c’est tant mieux pour ma devinette !). N’y figurent par exemple pas la Butte des Fusillés de la Maltière (Saint-Jacques-de-la-Lande, I.-et-V.) où furent assassinés en 1942 une trentaine de militants communistes, ni la Butte au Diable (Maulévrier-Sainte-Gertrude, S.-Mar. – d’où le titre du billet), vestige d’un château médiéval, ni la Butte aux Houx et ses menhirs (Le Thoureil, M.-et-L.) etc. Si on y trouve bien la Butte de César d’Arzon (Mor.), aussi appelée Tumulus de Tumiac, dont le général romain aurait fait un observatoire, on n’y trouve pas la Butte de César d’Amboise (I.-et-L.) ni les deux Butte Henri IV (Touffreville-la-Corbeline et Louvetot, S.-Mar.) rappelant un épisode de la guerre de la  Ligue, pas plus que la Butte de Charlemagne (Cabara, Gir.) où l’empereur aurait livré bataille contre les Goths.

Butte de César

Le mot « butte » est à l’origine de quelques variantes parmi lesquelles on relèvera le diminutif « buttereau » qu’on retrouve dans le Bois Buttereau (Thuré et Scorblé-Clairvaux, Vienne) et les Buttereaux (Sainte-Honorine-la-Chardonne, Orne ; Gellainville, E.-et-L. ; Cheverny, L.-et-C.). Le long de la Loire, les terres alluviales forment parfois un dépôt consolidé de faible hauteur qu’on appelle buteau ou butteau, d’où des noms comme Les Butteaux (Yonne), l’ Île des Buteaux (la Chapelle-sur-Loire, I.-et-L.), les Buteaux (Léré, Cher.), le Butteau (Cernoy-en-Berny, Loiret), le Butteau-Jaune (Saint-Satur, Cher) etc. Une variante angevine apparait dans le nom des Buttards (Gennes, M.et-L.).

Il convient pour finir de signaler le cas particulier des buttes dans le marais de la Brière : la seule commune de Saint-Joachim (L.-A.) compte dix-huit Buttes (à la Nonne, au Chat, au Chien, au Guerrier, au Lièvre etc.) un Butteau Piquet et un Butteau Rouge et quelques autres. On trouve près de cent cinquante noms de ce type rien qu’en Loire-Atlantique.

Et les faux amis? Ils existent ! Le nom de personne germanique Boetharius est ainsi à l’origine de patronymes comme Buttier d’où le nom de La Buttière (Bossay-sur-Claise, I.-et-L.) et des lieux-dits La Butterie (principalement en Normandie). Le norrois both, « baraque, maison », accompagné de topt, « terme », a donné Butot (S.-Mar.) et Butot-Vénesville (id.).

Rog-loupe-rouge

La devinette

Il vous faudra trouver une Butte de France métropolitaine.

Elle doit son nom à une activité physique que certains se proposaient d’y pratiquer après l’avoir plus ou moins aménagée, prenant exemple sur ce qui se faisait déjà dans d’autres localités de la région. Hélas, une guerre interrompit leur projet et nul aujourd’hui ne pratique là cette activité mais le nom lui est resté.

Le nom de la localité où se situe cette butte est formé d’un mot désignant la qualité de son sol accompagné d’un déterminant hydronymique d’origine gauloise.

Deux indices, en vrac :

indice a 30 09 2023

indice 01 10 2023-

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Les Pics de Yéous à Villelongue (Hautes-Pyrénées) : la répàladev

podium vide   Dernière devinette irrésolue : podium vide.

Il fallait trouver les Pics Yéous (ou Pics de Yéous) sur le territoire de la commune de Villelongue dans les Hautes-Pyrénées. Il s’agit d’une suite de plusieurs sommets relativement pointus dont le plus élevé est le pic des Trois Hiboux (2260 m).

Local-Villelongue-

YEOUSCapture

Villelongue en haut à gauche et les Pics de Yéous en bas à droite

Pics de Yéous : ce toponyme est issu du nom du sureau yèble, Sambucus ebulus, (Toponymes pyrénéens. Répertoire géographique et étymologique des deux versants des Pyrénées, de Robert Aymard, éd.Lacour 2009 – p. 434). Plusieurs érudits locaux du XIXè siècle, adeptes de la mythologie, ont voulu voir dans le nom de Yéous une déformation du nom de Zeus. George Sand enchantée par les lieux s’en inspira pour publier en 1873 un conte romanesque et fantastique intitulé Le Géant Yéous. Le pyrénéiste Alphonse Meillon (1862-1933) penchait quant à lui pour un hydronyme mais sans s’expliquer davantage.

Le Pic des Trois Hiboux  (en gascon Pics deths Tres Gahus), au sud-est de l’ensemble (photo ci-dessous), répond au Pic des Gahus (2190 m) du nord-ouest : c’est sans doute la raison pour laquelle le tout est parfois appelé Pic des (Trois) Hiboux.

trois Hiboux

Villelongue : attesté in Villa Longa en 1168, de l’occitan vila, « village », et longa, « longue », désignant un village s’étendant en longueur sur une bande étroite.

Les indices :

■ » un jeune homme venu d’un pays frontalier qui y vécut en ermite dans un abri, y construisit un moulin, accepta, à la demande générale, la charge d’évêque du diocèse et fut finalement sanctifié ». Il fallait penser à saint Orens d’Auch dont la biographie peut se lire sur la page wikipedia qui lui est consacrée.

■ le sommet dont le nom fait allusion à des rapaces : les Trois-Hiboux, bien sûr.

■ les fausses étymologies : cf.plus haut.

indice a 17 09 2023 ■ l’œuvre de Nikki de Saint-Phalle intitulée L’Aveugle dans la prairie faisait allusion à un autre nom vernaculaire du sureau yèble (que ceux qui ont cliqué sur le lien plus haut ont déjà  découvert) : « herbe à l’aveugle, herbe aux aveugles, herbe aux yeux, référence possible au fait qu’elle était utilisée dans la pharmacopée populaire comme infusion (avec ses fleurs et ses baies) pour préparer des collyres soignant les ophtalmies. Son nom d’herbe à punaises est dû à sa propriété de répulsif, comme le sureau noir : le purin pur (1 kg de feuilles macérées dans 10 litres d’eau) est efficace contre les punaises, les pucerons, les chenilles, les cochenilles ».

indice b 19 09 2023 ■ ce Serpent ailé (Musée du Caire) était une allusion à la légende de l’immense reptile qui sortait des ondes du lac d’Isaby pour dévorer les moutons pacageant sur ses bords auquel Frédéric Soutras (1815-1884) dans ses  Pyrénéennes consacra une centaine de vers dont voici les plus sensationnels :

« On dit enfin, j’en frissonne

que des monts gris les soirs d’automne

Guettant les voyageurs lassés,

Il aspirait de son haleine

Hommes, femmes qui, de la plaine,

Arrivaient morts aux pics glacés.

Je crois, Dieu me pardonne

Que l’enfer le vomit,

Le Serpent d’Isaby ».

La légende a tant marqué les esprits que le blason de la ville en garde la trace : d’argent au serpent ailé de sable ondoyant en pal, au chef abaissé d’azur chargé d’une bande aussi d’argent surchargée de cinq billettes aussi de sable posées en bande et accostée, en chef, d’une lettre I capitale d’or et, en pointe, d’une lettre M capitale du même.

blason villelongue

On notera la bande supérieure du blason qui semble représenter un chemin s’allongeant entre les ruisseaux d’Isaby (émail azur, majuscule I) et du Malin (majuscule M) : le nom de la ville avait été faussement interprété comme une via longa, une « longue voie ».

NB : le choix du serpent égyptien (Pharaon, le souverain d’Égypte, portait l’uræus sur sa tiare. Ce cobra femelle  avait pour fonction de le protéger contre ses ennemis) pour illustrer cet indice était délibéré : il s’agissait d’égarer un peu plus les chercheurs.

Les indices du mardi 19 septembre 2023

Personne ne m’a encore donné la réponse à ma dernière devinette.

J’en recopie l’énoncé :

Il vous faudra trouver un ensemble de Pics dont le nom est, bien entendu, lié à sa végétation.

Le végétal dont il est question est réputé toxique pour l’espèce humaine au contraire de son cousin plus foncé qui est comestible. Cependant, comme d’autres végétaux toxiques, il possède quelques propriétés médicinales et est également utilisé comme répulsif contre certains insectes nuisibles.

L’ensemble de Pics se trouve sur le territoire d’une localité dont la forme est indiquée par son nom.

Cette localité a jadis accueilli un jeune homme venu d’un pays frontalier qui y vécut en ermite dans un abri, y construisit un moulin, accepta, à la demande générale, la charge d’évêque du diocèse et fut finalement sanctifié. Son nom a été donné à une petite commune qui sera intégrée à la Révolution dans celle qui nous intéresse ici et à plusieurs autres, toujours dans la même région.

La légende raconte qu’un monstre, vivant dans les eaux à proximité, dévorait le bétail aussi bien que les personnes qui passaient à sa portée.

cdl b

Les indices

■ le sommet le plus élevé de cet ensemble de Pics porte un nom faisant allusion à des rapaces – nom qu’on emploie parfois pour nommer l’ensemble.

■ quelques érudits et auteurs anciens ont cru voir dans ce toponyme le nom d’un dieu grec ou d’un géant.(et, à en croire mes dernières recherches sur la toile, cette étymologie est encore reprise de nos jours …).

■ pour le végétal, ou plus précisément la plante herbacée, qui donne son nom aux Pics :

indice a 17 09 2023

■ pour la commune :

indice b 19 09 2023

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

avertissement

Des Monts et des Pics aux noms de végétaux

En me penchant sur les noms des Monts (voyez ici , et encore ) et des Pics (voyez ici et ) j’en ai relevé quelques uns qui se rapportaient à leur couvert végétal. Je vous en propose aujourd’hui quelques exemples.

Le Mont Pinay, à Belleroche (Loire) : mentionné en un seul mot Montpinay sur la carte de Cassini (feuille 86, Mâcon, 1761), du latin pinus, « pin », et suffixe collectif etum.

Le Mont du Sapet (Hautes-Alpes) : dérivé collectif de sap, « sapin ».

Le Mont Armé à Montmort-Lucy (Marne) : attesté Montormé en 1508, ung fief de Montormel en 1509 et Montarmé dès 1603, tandis que la carte d’état-major écrit en trois mots le Bois Mont Armé. Il s’agissait donc, à l’origine, d’un mont couvert d’ormes. Sans doute mal compris et par changement d’une seule voyelle, son nom a pris un caractère martial que rien ne justifie, sauf la fierté des habitants.

Le Pic Sihigue (ou Cihigue) à Aussurucq (P.-A.) : attesté Cihigue en 1718 et Sihigue en 1779, nom composé du basque  zihi, « gland, chênaie » ou « ajonc » et –aga, suffixe locatif.

Le Mont Chauvet à Gap (H.-A.) : du latin calvus, « chauve », et suffixe diminutif, comme pour la Côte Chauvet à Aubres (Drôme), le Chauvet dans le Dévoluy, au-dessus du col de Festre, le Chalvet au nord du col de Montgenèvre (H.-A.) qui sont tous des reliefs dépourvus de végétation ou du moins plutôt pelés.

Le Mont-Brouilly à Odenas (Rhône) : attesté Broliacensi en 967, du gaulois * brogilo, « petit bois, taillis ».

Mont-Brouilly

Au premier plan, les vignes, au second plan, le Mont Brouilly

Le Mont Bouchous (ou Turon Bouchouse) à Laruns (P.-A.) : du gascon bouchoux, « lieu ou pousse le buis », en gascon bouch, du latin buxus. Le gascon turon (pré-latin tor-/tur-, latin torus, « éminence ») désigne en général un mamelon arrondi, une butte.

Le Pic de Brucq à Urdos (P.-A.) : sans doute du gaulois *bruco, « bruyère ».

Le Pic de Barbe-de-Bouc à Sazos (H.-P.) : la barbe-de-bouc ou barbe-de-chèvre ou encore reine-des-bois est une grande plante vivace fréquente dans les Pyrénées (Aruncus dioicus).

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La devinette

Il vous faudra trouver un ensemble de Pics dont le nom est, bien entendu, lié à sa végétation.

Le végétal dont il est question est réputé toxique pour l’espèce humaine au contraire de son cousin plus foncé qui est comestible. Cependant, comme d’autres végétaux toxiques, il possède quelques propriétés médicinales et est également utilisé comme répulsif contre certains insectes nuisibles.

L’ensemble de Pics se trouve sur le territoire d’une localité dont la forme est indiquée par son nom.

Cette localité a jadis accueilli un jeune homme venu d’un pays frontalier qui y vécut en ermite dans un abri, y construisit un moulin, accepta, à la demande générale, la charge d’évêque du diocèse et fut finalement sanctifié. Son nom a été donné à une petite commune qui sera intégrée à la Révolution dans celle qui nous intéresse ici et à plusieurs autres, toujours dans la même région.

La légende raconte qu’un monstre, vivant dans les eaux à proximité, dévorait le bétail aussi bien que les personnes qui passaient à sa portée.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le canter : la répàladev

LGF a rejoint TRS en me donnant à son tour la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le canter, un terme formé par apocope sur celui de la ville anglaise de Canterbury (en français Cantorbéry), dans le Kent.

local canterbury

En sport hippique, un canter est un galop modéré, servant souvent d’échauffement pour un cheval de course. Ce nom, apparu en français en 1862, est dérivé par apocope de Canterbury. Dès 1630, les Anglais parlaient du Canterbury pace, « le pas de Canterbury », pour décrire l’allure calme à laquelle les pèlerins se rendaient dans cette ville. L’apocope a d’abord servi, dès 1706, à former le verbe to canter, « se déplacer avec un galop modéré ou facile » puis, en 1755, le nom canter, « galop modéré ou facile », qui a été repris en français au siècle suivant.

Canterbury : il s’agit d’une ancienne cité celtique dont le nom brittonique nous est attesté dès l’Antiquité de deux façons proches : Darouernon chez le géographe Ptolémée et Durouernum dans l’Itinéraire d’Antonin. C’est cette dernière forme qui  été reprise par les Romains quand ils ont nommé leur nouvelle colonie Durovernum Cantiacorum, en associant le nom brittonique de la ville au nom du peuple qui l’habitait. Le nom Durovernum, que Bède le Vénérable utilise en latin au VIIIè siècle sous la forme Doruvernis, s’interprète comme la « forteresse (dūrum) près de l’aulnaie (verno) ». À la même époque, en 754 précisément, apparaît l’appellation anglo-saxonne Cantwaraburg, soit « la place forte (burg) des habitants (wara) du Kent ».  Ces derniers étaient des Celtes de la tribu des Cantiaci, une des premières que César a rencontrées lors de sa conquête en 55 av. J.-C.

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La cathédrale de Canterbury

Kent : le nom latin Cantium donné par César, comme le grec Kantion de Strabon et Diodore de Sicile, leur venait sans doute des Gaulois. On peut restituer un adjectif  * cantio, dérivé de *canto, « bord, bordure » (emprunté par le latin cantus, « bandage d’une roue », qui survit dans le français « chant ») . Le nom gaulois latinisé en Cantium désignait donc vraisemblablement la « région côtière » de la Britannia, où l’on arrivait en bateau après avoir franchi la partie la plus étroite de la mer. Ce nom a dû être adopté d’autant plus aisément par les insulaires qu’ils avaient des termes apparentés dans leur parler brittonique. La forme anglo-saxonne Cent apparait dès 568.

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Les indices

indice a 10 09 2023 ■On aura reconnu Superman, alias Clark Kent … comme le comté de Kent.

■ l’indice précédent était accompagné de l’expression « trouver la réponse comme dans un fauteuil ». Le canter a donné lieu, dès 1867, à la locution « dans un canter » au sens figuré de « facilement, sans effort, comme dans un fauteuil » (Le Robert).

Stewball, ici interprété par Woody Guthrie … pour la course hippique.

indice b 11 09 2023Les Pèlerins de Canterbury, peints en 1809 par William Blake, un indice lumineux.

indice c 12 09 2023Séquence en mouvement du galop de Annie G. (1878) : idem.

■ « Ça devrait suffire, on ne va pas se raconter d’histoires ! » : une fine allusion aux Contes de Canterbury, de Geoffrey Chaucer.

Les indices du mardi 12/09/2023

Il n’a pas fallu très longtemps à TRS pour me donner la réponse à ma dernière devinette. Bravo !


Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver le nom d’une activité sportive pratiquée généralement à l’entraînement, à une vitesse modérée. Ce nom vient de celui d’une ville où certains se rendaient plutôt lentement, d’un pas tranquille.

Le nom de cette ville signifie « place forte des habitants de *** », les astérisques remplaçant le nom de la région, laquelle doit son nom à une tribu celtique.

Auparavant, le nom était purement celtique et mentionnait, par sa végétation, un lieu humide.

Au risque de vous permettre de trouver la réponse comme dans un fauteuil, je vous propose cet indice :

indice a 10 09 2023

et si ça ne suffit pas, celui-ci :

cul de lampe vert 1

Les indices

■ un tableau :

indice b 11 09 2023

■ et ça :

indice c 12 09 2023

Ça devrait suffire, on ne va pas se raconter d’histoires !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Rugby, etc.

Lagaffe canapé   Étant donné le battage médiatique qu’elle suscite, il n’aura échappé à personne que se déroule depuis avant-hier la Coupe du monde de rugby. Votre serviteur étant, depuis son enfance, un fervent amateur de ce sport – d’abord dans les gradins puis dans son fauteuil –, il se peut que la toponymie passe au second plan, au moins jusqu’au samedi 28 octobre, date de la finale, qu’on veuille bien ne pas m’en vouloir.

Tout le monde sait que le rugby doit son nom à la ville anglaise de Rugby du comté de Warwickshire, près de Stratford-sur-Avon, le village natal de Shakespeare, où William Webb Ellis, élève au collège de la ville, aurait créé ce nouveau sport en novembre 1823. Rugby, anciennement Rocheberie (1066) et Rokebi ou Rokeby (XIIIè siècle),  doit son nom au vieil anglais Hroca buhr, « place forte de Hroca » où Hroca représente probablement un nom de personne (à rapprocher de rook, « corbeau »). Au XIIIè siècle, le terme d’origine scandinave bi ou by, « village, ville » a été substitué à burg, comme dans Badby et Naseby (Northamptonshire).

D’autres sports ou activités sportives doivent leur nom à un toponyme :

L’alpinisme doit bien entendu son nom au massif des Alpes, sur le nom desquelles je ne reviens pas (cf. ce billet.).

Sur les pentes glissantes des montagnes se pratique le ski dont on peut rappeler deux figures : le christiania, virage ou arrêt exécuté les skis parallèles, tire son nom de Christiania – du nom du roi Christian IV (1577-1648) – l’ancien nom d’Oslo, capitale de la Norvège, parce que les Norvégiens furent les premiers à utiliser cette technique ; le télémark, qui consiste à virer un genou près du sol, tire son nom de Telemark, région montagneuse du sud de la Suède, ancienne frontière (mark, « marche ») du pays de la tribu scandinave des Thilir.

Le badminton aurait été pratiqué pour la première fois vers 1863 dans le parc du duc de Beaufort, à Badminton, près de Bristol, dans le South Gloucestershire, en Grande-Bretagne. Badminton est attesté  Badimyncgtun en 972, « la ville de Baduhelm » (avec le vieil anglais helm signifiant « berger »).

Tout le monde sait que le  marathon doit son nom à la victoire remportée par le grec Miltiade, à la tête de dix mille hommes sur les Perses de Darius à la tête de vingt mille hommes, fin septembre ou début octobre 490 av. J.-C. au cours de la première Guerre médique. C’est l’exploit de Philippidès qui, selon la légende, aurait parcouru la distance qui sépare Marathon d’Athènes pour annoncer la victoire et serait mort d’épuisement à l’arrivée, qui est à l’origine du nom de la course à pied de 40 km (et quelques, oui). Cette légende est sans doute apocryphe et très postérieure aux évènements. Le nom de Marathon est un dérivé collectif en –on de marathos, « fenouil ».

La varappe, pratique d’escalade d’un couloir rocheux, d’une paroi abrupte en montagne, doit son nom à Varappe, un couloir rocheux du Salève en Haute-Savoie, près de Genève, qui servait à l’entraînement des alpinistes, dès le milieu du XIXè siècle. On en a tiré le verbe « varapper » et le mot « varappeur ». Le nom de Varappe est formé sur la racine gauloise *var-, « escarpement ».

Il y a peut-être d’autres antonomases de ce genre, entre sport et toponyme : si vous en connaissez, je suis preneur … (Bon, ne cherchez pas trop quand même, vous risqueriez de tomber sur la réponse à la devinette !).

Rog-loupe-rouge

La devinette

Il vous faudra trouver le nom d’une activité sportive pratiquée généralement à l’entraînement, à une vitesse modérée. Ce nom vient de celui d’une ville où certains se rendaient plutôt lentement, d’un pas tranquille.

Le nom de cette ville signifie « place forte des habitants de *** », les astérisques remplaçant le nom de la région, laquelle doit son nom à une tribu celtique.

Auparavant, le nom était purement celtique et mentionnait, par sa végétation, un lieu humide.

Au risque de vous permettre de trouver la réponse comme dans un fauteuil, je vous propose cet indice :

indice a 10 09 2023

et si ça ne suffit pas, celui-ci :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr