La soluce du 23 août 2025

Un Intrus, qui m’a fait parvenir la grille résolue, et TRS, qui m’a fait comprendre dans ses commentaires qu’il l’avait résolue lui aussi, sont les seuls à avoir complété ma dernière grille de mots croisés, dont voici la solution :

Voici le rappel des définitions et, en rouge, les explications utiles :

Horizontalement :

I. En première ligne pour la France. En première ligne du clavier, bien sûr.

II. Fait du petit bois. La menuiserie fait du petit bois comme la boulangerie fait du petit pain et la charcuterie du petit pâté

III. Use de la force. — Contre laquelle il faut une protection ou un peu de résistance. IST : infection sexuellement transmissible et trois lettres de « résistance ».

IV. Vide son sac. .. son sac urinaire, sa vessie Mis à mal.

V. Obligèrent à ressortir le torchon.

VI. Vers libres. Laisse : tirade, couplet d’une chanson de geste (Le Robert).

VII. Vers.  Carme (n. masc.) : vers ; chant poétique (Le Robert).

VIII. Fis le jeu de la dame. Hier : enfoncer avec la hie ; dame : hie de paveur (Le Robert) Mets au safran. Cari : variante graphique de curry, plat ou mets indien accompagné d’épices dont le safran.

IX. Va dans le sens du torchon. Torchon :  « journal médiocre » (Le Robert)

X. Diaboliques.

Verticalement :

  1. Complètement toqués.
  2. Coco. Un drôle de zèbre est aussi un drôle de coco— Opéra ou fila un coup de pouce.
  3. Finirait par rendre impuissant.
  4. Mit fin. — Mit fin.
  5. À la base du tronc. Tigelle : partie de l’embryon d’une plante qui deviendra la tige (Le Robert) —Tout le monde.
  6. Ruisseau pyrénéen. Yse : affluent du Gave de Pau (H.-P.)Chauve-souris Ia : genre de chauve-souris de la famille des Vespertilionidés Entendu au Québec ou sur un fjord norvégien. Cri : langue algonquienne parlée par les Cris ; Le Cri,  tableau d’Edvard Munch, dont le paysage en arrière-plan est le fjord d’Oslo.
  7. En couleurs. Émis du liquide.
  8. En couleurs. — Allumé à la cave. Rat de cave : bougie mince roulée sur elle-même, dont on se sert pour aller dans une cave (Le Robert).
  9. Massif. — Ré ou sol en mer.
  10. Faits des mesquins.

Mots-croisés du dimanche 17 août 2025

Un long week-end en famille m’a empêché d’écrire le billet hebdomadaire habituel.

Pour vous faire patienter, je vous propose une grille de mots-croisés concoctée par mes soins pour servir à l’occasion. Les amateurs apprécieront les huit cases noires seulement.

Précision importante : il s’agit d’une grille tout à fait normale et non spécialisée en toponymie.

Réponses attendues chez leveto@sfr.fr

Solution samedi prochain/

Niquefol à Saint-Mamet-la-Salvetat (Cantal) : la répàladev

 À l’heure où j’écris (09h10, sam. 16/08/25 – publication programmée pour 22h), Un Intrus est le seul à m’avoir donné la solution de ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver le lieu-dit Niquefol à Saint-Mamet-la-Salvetat, dans le canton de Maurs de l’arrondissement d’Aurillac du Cantal.

Saint-Mamet-la-Salvetat :

Niquefol, en bas à gauche :

Les toponymes

Niquefol : ce nom désignait à l’origine une clairière dans les bois dont l’exploitation n’avait pas été à la hauteur des espérances de son propriétaire, d’où son nom occitan de nica fòl, « trompe le fou (qui y a cru) ».

Saint-Mamet-la-Salvetat : c’est le 3 août 1844 que s’opère la fusion entre les deux communes voisines.

Saint-Mamet : Sanctus Mametus en 1268, du nom de saint Mammès ou Mamas, martyr à Césarée de Cappadoce en 275. « Comme en balbutiant il appelait souvent sa mère adoptive, on le surnomma Mamas », avez-vous pu lire si vous avez suivi le lien précédent.

la Salvetat : attesté Domus de Salvitate au XIVè siècle. Ce nom est issu « de salvetat, équivalent occitan de sauveté, évolution du bas latin salvitatem, soit « lieu d’asile ». Ces sauvetés ou salvetats étaient des lieux où l’on pouvait trouver refuge ou asile. Ces asiles étaient habituellement organisés par une autorité ecclésiastique, à partir du XIIe siècle, essentiellement dans le Midi de la France », écrivais-je dans un article consacré aux sauvetés.

Maurs : « Maurs (Cantal, Sanctus Petrus Mauricis donnant ad Mauros en 941) est un ancien poste romain occupé par des mercenaires maures », écrivais-je dans un article consacré aux Maures et aux Sarrasins en France, il y a plus de quinze ans déjà [qui continue à être mon article le plus lu mensuellement, on se demande bien pourquoi. Ou pas.]

Aurillac : « attesté Aureliacus en 984, du nom d’homme latin Aurelius diminutif d’Aurius, lui-même d’aureum, « or » », écrivais-je lors d’une répàladev le 8 octobre 2022 et dans une autre le 28 décembre 2024. Bien avant cela, le 9 décembre 2018, Aurillac avait été cité dans un article consacré au jaune d’or.

Les indices

■ Maurane chante Toutes les mamas, qui devait orienter les recherches vers Mamas, autrement dit saint Mamet.

 ■ Ce pendentif Tête de Maure en or devait orienter vers les Maures de Maurs et vers l’or d’Aurillac.

 ■ Cette gravure d’Arthur Luiz Piza, intitulée Bâton Rouge devait faire penser à la ville de Baton Rouge en Louisiane (USA) « fondée » par Arsène Lacarrière-Latour, né à Aurillac en 1778 et mort à Saint-Mamet-la-Salvetat en 1837

L’indice du mardi 12 août 2025

Un Intrus a déjà résolu ma dernière devinette devinette. Félicitations !

L’énoncé en était le suivant :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine formé sur le modèle décrit dans l’article et signifiant qu’on y arnaquait des gens pas très malins.

Le saint éponyme de la commune où se trouve ce lieu-dit devrait nom à ses premiers bredouillis. Le déterminant du nom de cette commune fait référence au statut particulier de la commune avec laquelle elle fusionna et qui a été vu dans un billet spécialisé de ce blog.

Le nom du bureau centralisateur du canton est dû à celui des étrangers qui s’y étaient établis. Ce nom avait été signalé dans un des premiers articles de ce blog.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement, issu de celui d’un homme latin, a été expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, dont deux fois à propos d’une réponse à une devinette.

■ un indice pour la commune :  voir cette vidéo

■ et un indice pour le reste :

L’ indice du mardi

Un seul indice, concernant une personnalité liée à la commune et au chef-lieu d’arrondissement, devrait suffire :

réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Qui trompe-t-on ?

On a vu dans le précédent article des locutions verbales ayant servi  à nommer un vol ou un voleur, qui sont devenues patronymes puis toponymes. D’autres locutions verbales sur le même modèle « verbe plus complément » ont été faites pour désigner non pas un vol mais une tromperie. C’est aux toponymes forgés sur le verbe tromper, à l’indicatif ou à l’impératif, suivi d’un complément, que je m’intéresse aujourd’hui.

 Celle qui a été le plus souvent trompée — et de loin ! j’ai relevé 110 toponymes la concernant — est la souris qu’on retrouve dans des lieux-dits Trompe Souris, Trompe-Souris ou Trompesouris répartis dans les Pays-de-la-Loire (May., M.-et-L. et Sarthe), le Centre-Val-de-Loire (Cher, E.-et-L., Indre, I.-et-V., L.-et-C.), en Bretagne (C.-d’A., I.-et-V.) et en Normandie (Calv., Manche, Orne) auxquels s’ajoutent un exemple en Côte-d’Or et un autre en Nouvelle-Aquitaine. Selon Auguste Longnon (Les Noms de lieux de la France, 1920), ces « noms désignaient de manière facétieuse des moulins probablement mal achalandés, où les souris, si friandes de farine, étaient déçues dans leur espoir de bien vivre ». Cette explication a été reprise par la suite par tous les spécialistes. Je me demande pour ma part si certains de ces moulins n’auraient pas pu être appelés ainsi parce qu’ils étaient si bien tenus que pas un grain ne traînait par terre et que pas un sac de farine n’y était accessible aux souris. C’est sans doute mon côté optimiste …

La souris n’était pas la seule à se trouver fort dépourvue dans un moulin : on trouve ainsi deux Trompe-Rat (Rosnay, Indre et Thuré, Vienne) et un Tromperat (Daubbèze, Gir.). Toujours dans les animaux sauvages, on notera deux lieux-dits Trompe Ageasse à Aigondigné et à Vouillé dans les Deux-Sèvres, où c’est la pie (agasse, agace, ageasse …) qui ne trouve rien à picorer.

D’autres animaux se sont trouvés floués. Le loup est ainsi mentionné à onze reprises dans des lieux-dits Trompe Loup, dont un Bois Trompe Loup à Saint-Aubais-la-Chapelle (Char.) et un lieu-dit Trompeloup à Pauillac (Gir.), dont une légende explique le nom. Ils sont tous situés en Nouvelle-Aquitaine sauf le Pré du Trompe Loups situé à Brix, dans la Manche. Pour certains de ces endroits, il pourrait s’agir d’une allusion à une chasse au loup. Le chien a pu lui aussi être trompé par une maigre gamelle, symbolisant un terroir de peu de rapport qui ne suffisait pas même à nourrir un chien, à moins qu’il ne s’agisse d’un appel à la chasse à coups de trompe : on trouve ainsi six Trompe Chien et un Trompechien, tous en Centre-Val-de-Loire ou en Pays-de-la-Loire. Pourquoi trompait-on les loups ici et les chiens là ? Mystère.

Parmi les animaux de la ferme, la chèvre apparait à Trompe-Chèvre (Saint-Félicien, Ardc.), qui semble être un passage suffisamment abrupt pour faire tomber les chèvres,  et à La Fosse Trompe-Chèvre (Thilouze, I.-et-L.). À Boissy-le-Cutté (Ess.), la platière nommée Trompe-Vache doit peut-être son nom au brome stérile, une mauvaise herbe aussi appelée perce-sac, pique-sac, crève-sac et … trompe-vache. Les animaux de basse-cour sont représentés par un Trompe-Canard, sans doute une mare fort peu profonde à Fressines (D.-Sèv.) et par un Trompe-Jau au Petit-Pressigny (I.-et-L.), avec jau, « coq ».

Pour en finir avec les animaux, je rappelle l’énigmatique Les Trompes-Chattes (Alligny-Cosne, Nièvre), déjà signalé dans un article consacré aux chattes mais pour lequel je n’ai pas trouvé d’explication satisfaisante.

Les terres pauvres, dont les récoltes ne suffisent pas à remplir le grenier de la ferme sont appelées Trompe Grenier en Maine-et-Loire (Chemillé-en-Anjou et Valanjou) et dans les Deux-Sèvres (Sainte-Blandine, Thorigné et Algondigné). On leur ajoutera les Trompe Charette de la Sarthe (Écorpain, Montaillé et Sainte-Cérotte), les Trompe Panier de Theuville (Val-d’Oise), de Montfaucon-d’Argonne (Meuse) et Hénonville (Oise) plus le Fief de Trompe Panier à Foussais-Payré (Vendée) et enfin le Trompe-Sac de la Réorthe (Vendée). Une terre dont on ne tirait aucun bénéfice tout au long de l’année a été appelée Trompe-tout-l’An à Fuveau (B.-du-R.)

Lorsque les vignes ne produisaient rien ou presque, on les appelait des Trompe-Baril (Jalognes, cher ; Châteauroux et Villedieu-sur-Indre, Indre) ou Trompes-Barils (Verdigny, Cher). Elles pouvaient n’être que des Trompe Tonneau (Bellevigne-en-Layon, Terranjou, Tancoigné et Lys-Haut-Layon, M.-et-L.) … qui ne concernent que des vins de la Loire (« je dis ça, je dis rien », comme on dit dans les séries tv). Des Trompe Bouteille paraissent encore en Centre-Val-de-Loire (Luzillé, I.-et-L. ; Monthou-sur-Cher, L.-et-C. ; Nancray-sur-Rimarde et Charmont-en-Beauce, Loiret) mais on trouve également un Trompe Bouteille à Senargent-Mignafens (H.-Saône) et un Bout de Trompe Bouteille à Sommerance (Ardennes).

Le Trompe-Sol  de Journet (Vienne), mentionné dans le fichier FANTOIR mais absent des cartes IGN, semble être une mauvaise graphie pour le Trompe-Sel, décrit comme un « étang desséché »  dans le Dictionnaire topographique de la Vienne (L. Redet, 1881). Il existe un lieu-dit La Trompe-Sol à Belâbre (Indre) dont je suis pas parvenu à éclaircir la signification.

Et les êtres humains ? Eh bien ! Ils ont pu être floués eux aussi comme le montrent par exemple les lieux-dits Trompe Pauvre de Châteauneuf-sur-Isère (Is.), de Béziers (Hér.) et de Mazerolles-du-Razès (Aude), le Trompepauvres de Béziers (Hér. – connu comme Troumpo-Paurès par les Bitterois et par F. Mistral) et les Trompes Pauvres de Cessenon-sur-Orb (Hér.) dont les terres   appauvrissaient plus quelles n’enrichissaient ceux qui les travaillaient. On rapprochera de ces noms les Trompe Gueux de Rochefort-du-Gard (Gard) et d’Arles (B.-du-R.) et les Trompe Coquin de Sainte-Maure-de-Touraine et Trogues (I.-et-L.), où les mendiants et les nécessiteux restaient sur leur faim (coquin, comme gredin, a d’abord désigné le pauvre, le mendiant, mais comme la misère a toujours tort aux yeux de certains, ces mots ont fini par désigner des personnes sans aveu).

Avec une désignation plus précise de la personne trompée, on trouve Trompe Guillaume à Vocance (Ardèche), Trompe Nigaude aux Lèves-et-Thoumeyragues (Gir.),Trompe-Fille à Authes (Ardennes), Trompe Valet à Courcelles (Nièvre), Trompe Moine à Saint-Viaud (L.-A.) et  Trompevieux à Lailly-en-Val (Loiret). On n’oubliera pas le Banc de Trompe-Sot à Saint-Trojan-les-Bains (Ch.-M.), un haut-fond marin du coureau d’Oléron que je mentionnais dans un article consacré au banc.

On trouve également des noms à valeur métaphorique comme Trompecieux (Les Vallois, Vosges), Trompe Dieu (Vennecy, Loiret – écrit Trombebieu sur la carte d’état-major du XIXè siècle, ce qui accroît le mystère), Trompe la Mort (Blancs-Coteaux, Marne) et La Mort-qui-Trompe à Langesse (Loiret), sans oublier le joli Ancien moulin de Trompe-l’Amour dont il ne reste que des ruines à Jonzac (Ch.-M).

Il me reste cinq noms mystérieux que je ne suis pas parvenu à expliquer : la Rousse Trompe Layot (Priziac, Mor. – une « rousse », du breton rouzenn, est une basse, un banc de roche s’approchant très près de la surface de la mer  mais qui ne se découvre jamais ; Layot, le patronyme d’un marin qui se serait échoué là ?), Trompe-Barry (Jalognes, Cher – patronyme ou mauvaise graphie pour « baril » ?),  Trompelarie (Chazey-Bons, Ain – qui n’a peut-être rien à faire ici), Le Trompe-Puits à Saint-Senoux (I.et-V.) et Trompe-Scile à Nouart (Ardennes). (Si vous avez des idées … je suis preneur !).

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine formé sur le modèle décrit dans l’article et signifiant qu’on y arnaquait des gens pas très malins.

Le saint éponyme de la commune où se trouve ce lieu-dit devrait son nom à ses premiers bredouillis. Le déterminant du nom de cette commune fait référence au statut particulier de la commune avec laquelle elle fusionna et qui a été exploré dans un billet de ce blog.

Le nom du bureau centralisateur du canton est dû à celui des étrangers qui s’y étaient établis. Ce nom avait été signalé dans un des premiers articles de ce blog.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement, issu de celui d’un homme latin, a été expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, dont deux fois à propos d’une réponse à une devinette.

Les indices 

■ et d’un, pour la commune :

■ et de deux, pour le reste :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Pelevisot à Marmande (L.-e-.G.) : la répàladev

Un Intrus et LGF sont restés les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver le lieu-dit Pelevisot à Marmande dans le Lot-et-Garonne.

Marmande, ici :

Pelevisot, dans le cercle rouge ; pour le centre-ville de Marmande, suivez la flèche :

Les toponymes

Pelevisot : il s’agit d’une francisation de l’occitan Pelabisòc, nom formé de pelar, « peler, dépouiller de ses biens » et busòc, nom gascon de la buse ou busard, ici employé comme surnom d’un individu crédule, niais. C’est le même nom que Pellebuzan (Ciron, Indre – Pelabuzan en 1220), Pellebuzoc (Bourdalat, Landes) et Pelebizoc (Birac-sur-Trec, L.-et-G.) vus dans le billet.

Le nom est écrit Pelebizot sur la carte de Cassini :

Marmande : le nom de cette ville avait été expliqué lors de la devinette concernant Lajoualette à Lagupie (L.-et-G.) :

la ville est attestée Marmanda en 1208. ce nom appartient à une grande famille toponymique : on trouve de nombreux Marmande et de rares Mirmande en France, de nombreux Milmande en Espagne et quelques autres variantes graphiques. Les nombreuses tentatives étymologiques (pré-indo-européen, composés latins, noms de personne etc.) n’ont guère apporté de solution convaincante. L’hypothèse la plus crédible est celle d’Alain Sourtou ( Nouvelle revue d’onomastique, 1994, n° 23-24, pp. 139-146, à lire en ligne) qui propose un composé occitan médiéval (aucune attestation toponymique n’est antérieure à l’an mil) formé de mira, « regarde » et manda, « commande », c’est-à-dire « le lieu d’où l’on regarde et commande ». Le nom est très tôt devenu un appellatif désignant  une (petite) fortification : à Marmande est construit au Xè siècle un premier château, en bois ; au milieu du XIè siècle, un château en partie en pierre. On trouve en 1262 la forme pedagio de la Mirmande, l’article étant la preuve que le nom était conçu comme étant d’origine appellative. Du point de vue graphique, alors que Marmande n’a pas cessé d’être utilisé depuis 1208, Mirmande apparait en 1255 et disparait avec Mermande en 1552.

Les indices

■ le fruit d’outre-atlantique mentionné dans l’énoncé est la tomate, dont la variété dite  « tomate Marmande » est bien connue. (Merci à Jacques C. pour m’avoir rappelé d’en parler !)

■ il fallait reconnaitre un busard, bien sûr, comme celui qui était « pelé » à Pelevisot.

 ■ cette image extraite du film Master and Commander montrait un capitaine de navire regardant à la longue vue : il regarde et commande, comme à Marmande.

■ le nom Marmande est aussi celui de plusieurs lieux-dits (Allier, Cher, Eure, H.-G., Gir., I.-et-V., Landes, L.-et-G., M.-et-L., P.-A., Vendée et Vienne) et sert de déterminant à Marigny-Marmande (I.-et-L.). On trouve, dans la Drôme, la commune de Mirmande dont le nom est plus proche de l’étymologie mira -manda.

■ triste épisode de la croisade des Albigeois, le siège de Marmande en 1219 s’est achevé par le massacre de ses cinq mille habitants.

Les indices du mardi 05 août 2025

Un Intrus et LGF (qui a dit « comme d’habitude » ?) ont déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous deux !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine qui aurait pu trouver sa place dans le billet ci-dessus.

Il est situé dans une sous-préfecture dont le nom a déjà été expliqué à propos de devinettes récentes. On y surveillait et dirigeait toute la région. On y a créé une variété d’un fruit venu d’outre-Atlantique qui en porte le nom.

■ un indice pour le toponyme :

■ un indice pour la commune :

Les indices du mardi

■ Le nom de la commune était un appellatif utilisé au Moyen Âge pour désigner un bâtiment particulier, d’où sa présence comme déterminant du nom d’une commune d’Indre-et-Loire ainsi que dans le nom de nombreux lieux-dits. Sous une forme plus proche de l’étymologie, on le retrouve dans le nom d’une commune de la Drôme.

■ La ville a subi un siège qui s’est achevé par le massacre de ses habitants.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Du vol à la tire

En répondant à un lecteur belge qui m’interrogeait sur les toponymes du type Plumecoq, j’ai découvert qu’un des sens du patronyme éponyme pouvait être, outre celui de marchand de volailles, celui de voleur de poules. Cela m’a donné envie de chercher d’autres noms donnés aux voleurs – exclusivement composés d’un verbe et de son complément – qui seraient à leur tour devenus des toponymes. J’en ai trouvé quelques uns. 

Curieusement, le verbe « voler », au sens de s’emparer des biens d’autrui, ne semble jamais avoir été utilisé de cette façon.

Le verbe « peler » au sens figuré de « ruiner, dépouiller de ses biens » a été utilisé pour nommer l’usurier mais aussi le voisin de ferme prêt à tout pour s’approprier des biens ou l’individu rapace peu scrupuleux. La commune de Pellevoisin (Indre – Pellavezin en 1235 et Pelavesin en 1240), comme plusieurs lieux-dits homonymes à Saint-Lin, Cerzeau et Chef-Boutonne dans les Deux-Sèvres ; à Saint-Pierre-d’Exideuil, dans la Vienne ; à Mainsat dans la Creuse (attesté Palevezi en 1281) et à Colombiers dans le Cher, portent un nom faisant référence à un personnage qui « ruine son ou ses voisins ». Sur ce même patronyme ont été formés les noms de lieux Appel Voisin (à Cerizay, Peillevezin en 1287 et Saint-Paul-en-Gâtine, dans les Deux-Sèvres) quand la préposition À, ajoutée tardivement, a provoqué l’attraction de l’oïl appel. La commune de Pellafol (Isère – Pelafol au XIIè siècle) et le Château de Pelafol (Barbières, Drôme) doivent leur nom à un personnage surnommé en occitan pèla fòl, soit « ruine le fou … qui l’écoute ». Dans le même ordre d’idée, Pellebuzan (Ciron, Indre – Pelabuzan en 1220), Pellebuzoc (Bourdalat, Landes et Pelebizoc (Birac-sur-Trec, L.-et-G.) correspondent au patronyme Pellebuson, avec buson, « buse », au sens de niais, crédule – et vous aurez remarqué qu’on a un triplé. Pellevillain, nom d’un hameau passé à un ruisseau à Néhou (Manche), était le sobriquet d’un homme qui dépouillait le vilain : à l’époque de la formation des noms de famille, le vilain pouvait être un paysan riche par opposition au travailleur urbain.  On notera également la Fosse Pellemoine à Notre-Dame-d’Oé (I.-et-L.) où c’est un moine qui s’était fait duper.

Il ne faut sans doute pas suivre A. Longnon (Les noms de lieux de la France, 1920) quand il voit dans tous les composés avec le verbe « plumer » suivi d’un complément un nom donné à un voleur devenu toponyme. Pour les Plumecoq (Chouilly, Marne), Plume-Coq (Nesle le Repons,  Marne et St Mars en Brie, S.-et.-M), Plumejals (Puichéric, Aude), Plume-Jau (La Roche-Chalais, Dord), Plumejau (Montendre (Ch- M.), Plumejeau (Chigné et Noyant-Villages, M.-et-L.) Plumegal (Creysse, Lot), Plume la Poule (Talence, Gir.), Plume Poussin (Flagy, S.-et-L.), Plume Geline (Dohis, Aisne) etc. il peut aussi bien s’agir de voleurs de volailles que d’éleveurs ou de marchands. Par contre, le doute ne semble pas permis pour Plumoison (P.-de-C. – Plume Oyson en 1321) qui était bien le surnom de celui qui « plume l’oison », c’est-à-dire un faiseur de dupes, pas plus que pour Plume-Buse (Sauvetat-du-Dropt, L.-et-G.), avec « buse » au sens de niais, crédule. Dans un sens voisin, Plume-Souris (Mouzon, Ardennes) était le nom d’un moulin si bien tenu que les souris n’y trouvaient rien à se mettre sous la dent, nom à comparer aux nombreux moulins Moque-Souris

Le verbe « happer » a lui aussi servi à former des noms de voleurs. On trouve ainsi les lieux-dits Happegarbe à Azincourt (P.-de-C.) et Happegarbes à Landrecies (Nord) avec garbe pour « gerbes » : on y volait la récolte. On trouve également le lieu-dit Happeglène à Ignaucourt (Somme) qui peut être formé sur le patois glène ou gleigne, « poule » (latin galina) ou bien de glana ou glena, ce qui est glané. Il est clair que c’est la maraude exercée sur les poules ou sur les champs de blé qui a valu aux habitants de ces endroits ces qualificatifs peu élogieux. Mais que dire alors des lieux-dits Happe-Tout à Chaudrey (Aude) et Happetout à Malaunay (S.-M.) ? Signalons également, mais dans un registre différent, le joli nom du Happe la Lune à Preutin-Higny (M.-et-M.), surnom donné à un rêveur, un songe-creux.

  Et, oui, puisque vous me le demandez, il existe bien des dérivés du verbe « râper » au sens de grappiller, recueillir de manière souvent illicite. On trouve ainsi, formés sur le gascon rapa tòt, surnom de celui qui ramasse tout, de l’individu particulièrement avide, le  nom de famille Rapetout passé à trois lieux-dits des Landes (Labatut, Rodières et Renung) et à un quatrième dans le Lot-et-Garonne (Fauillet)  ainsi que le nom de famille Rappetout passé à un autre lieu-dit du Lot-et-Garonne (Estillac).

Le verbe « prendre » ? On pourrait penser qu’il n’était pas très malin de se promener à Saint-Ouen-Prend-en-Bourse quartier de Bertreville-Saint-Ouen,  S.-Mar.) au risque de se voir voler son argent. En fait, il n’en est rien : la forme ancienne du déterminant de Sancto Audoeno de Brenenborse ou In ecclesia Sancti Audoeni de Bren en borsa (1206) montre qu’il s’agit d’un sobriquet collectif non pas de personnes malhonnêtes, mais de pauvres gens n’ayant dans la bourse que du « bren », la partie grossière du son, sans valeur. C’est en 1246 qu’apparait une tentative maladroite d’améliorer ce surnom qui deviendra Pren in bursa. Dans les Côtes-d’Armor, à Lamballe, c’est un vieux Pont Prenn ou « pont de bois », devenu dangereux à passer à cause de son mauvais état, qui est devenu, par dérision, un Pont-Prend-Tout.

Le verbe « vider » ? Plusieurs lieux dits portent le nom peu engageant de Vide Bourse à Vauchoux (H. Saône), Marville (Meuse), Vernantois (Jura), Verneuil (Marne) et à Bonvillet (Vosges – où le nom de Vide-Bourse a remplacé celui de Bois d’Armont au XIVè siècle, sans doute à cause de quelque mésaventure) ainsi que Videbourse à Pruillé-le-Chétif (Sarthe). Et on n’oubliera pas les rues Vide-Gousset (Paris, IIè ; Belbeuf, S.-M. ; Épeugney, Doubs ; Clamart, H.-de-S.) où il ne faisait pas bon s’attarder à la nuit tombée. Par « plaisanterie », la rue parisienne de Vide-Gousset fut re-baptisée vers 1770 rue Terray, du nom du ministre des Finances d’alors, l’abbé Terray, qui venait d’augmenter sévèrement les impôts. Nul n’aurait bien sûr aujourd’hui l’idée d’opérer un tel rapprochement … 

Enfin, le verbe « tirer », à l’origine du vol à la tire, a produit peu de toponymes. On ne suivra pas, là non plus, A. Longnon (op. cit.) quand il donne à (presque) tous les composés en tire– le sens de vole-, alors que la plupart ont le sens d’amener vers soi, de traîner derrière soi etc. (cf. Tire Bique, Tire Vache, Tire Cabre … souvent des noms de pentes difficiles à faire gravir aux bêtes). On notera toutefois le Tiremanteau à Rontalon (Rh.) et l’ancienne rue  Tiremanteau de Clermont-Montferrand (P-de-D.) devenue le 20 novembre 1880 rue du Cardinal Giraud, où il ne faisait sans doute pas très bon de se promener…

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine qui aurait pu trouver sa place dans le billet ci-dessus.

Il est situé dans une sous-préfecture dont le nom a déjà été expliqué à propos de devinettes récentes. On y surveillait et dirigeait toute la région. On y a créé une variété d’un fruit venu d’outre-Atlantique qui en porte le nom.

■ un indice pour le toponyme :

■ un indice pour la commune :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Crêt de Beauplomb à Saint-Jean-Bonnefonds (Loire) : la répàladev

Un Intrus et LGF sont restés les seuls « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le Crêt de Beauplomb à Saint-Jean-Bonnefonds, dans le pays de Jarez, dans le département de la Loire.

Saint-Jean-Bonnefonds, ici :

Le Crêt de Beauplomb, là :

Les toponymes

Crêt de Beauplomb : Crêt est un doublet masculin pour crête (montagneuse). Le déterminant Beauplomb, qu’on trouve à l’identique en 1826 sur le cadastre napoléonien mais qui n’apparait pas chez Cassini (feuille 88, saint-Marcellin, 1767), n’est expliqué nulle part …

Le Dictionnaire topographique de la Loire (J.-E. Dufour, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2006) mentionne un écart tout simplement appelé Le Crêt, à Saint-Jean-Bonnefonds, qui était  mentionné en cret Boysson, juxta terram Mathei Boysson en 1388.

Se pourrait-il que ce Crêt Boysson ait simplement changé de nom ou bien que son nom ait été transformé en quelque chose de plus compréhensible une fois ce Mathieu Boysson oublié ?

Saint-Jean-Bonnefonds : un acte de donation daté de 868 mentionne l’ ecclesiam in honore Sancti Johannis et on trouve le nom Sanctus Joannes Bonorum Fontium en 984. Bonnefonds sont donc des « bonnes sources ».

pays de Jarez : ce pays est formé pour l’essentiel par la vallée du Gier qui sépare le Forez du Vivarais. Jarez est attesté in Garensi dans l’acte de  868 cité ci-dessus, du nom de la rivière Jarem suivi du suffixe d’appartenance latin –ense. La rivière elle-même est attestée Jarem fluvium dans la Vie de saint Ferréol rédigée avant 475 ; son nom vient de la variante *garra du pré-indo-européen *carra, « pierre » avec désinence -is de la troisième déclinaison latine d’où la forme franco-provençale Jareis en 1213. La forme française Jarez apparaît en 1651.

La rivière Gier marquait la limite entre les territoires des deux peuples gaulois suivants :

Ségusiaves : « Le nom des Ségusiaves est formé sur le radical celtique seg(o), « puissant, valeureux, victorieux » ». C’est ce que j’écrivais déjà ici et .

Allobroges :  « le nom des Allobroges est composé du gaulois *allo-, « autre », et *brogi-, « pays », soit : (le peuple) venu d’autres pays. Dès le IVe siècle av. J.-C. , un scholiaste de Juvénal (VIII, 234) expliquait :  dicti quia ex alio loco fuerant translati, soit  « ils ont été appelés Allobroges parce qu’ils avaient été déplacés d’un autre lieu », écrivais-je déjà ici.

Les indices

■ la boite de graisse pour cycles et armes … de la Manufacture française d’armes et cycles de Saint-Étienne ?

 

 

 ■ il fallait reconnaitre une poule Ayam cemani qui a la particularité d’être noire , crête comprise. De la crête au crêt et du noir au beau plomb

 

 ■ La Tête de saint Jean-Baptiste peinte par Andrea Solario, dit Andrea di Bartolo, en 1507 : pour Saint-Jean-Bonnefonds.

Les indices du mercredi 30 juillet 2025

Un Intrus et LGF n’ont pas mis longtemps à me donner la solution de ma dernière devinette. Bravo à eux !

L’énoncé en était le suivant :

À vous de trouver un toponyme de France métropolitaine composé d’un terme générique d’un type de relief accompagné d’un nom lié au mot du jour [plomb]. Ce toponyme se retrouve dans le nom d’une rue de la commune où il se situe.

Le nom de cette dernière est un hagiotoponyme complété par la qualité de ses eaux.

Elle est située dans un pays qui doit son nom à la rivière qui le baigne, laquelle était remarquable par son lit pierreux si on en croit son nom.

Cette rivière servait de limite entre le territoire de deux peuples gaulois, les uns venus d’ailleurs et les autres, de courageux guerriers.

Un indice pour la grande ville la plus proche :

Les indices du mercredi

■ pour le toponyme lui-même :

■ pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr