Les indices du mardi 06 mai 2025

Un Intrus et LGF n’ont pas eu besoin d’indices supplémentaires pour me donner la réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

L’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune au nom oronymique re-redondant : il est en effet formé de deux mots dont le deuxième exprime deux fois ce que le premier disait déjà, comme si on avait Montagne-Puypic.

Cette commune pourrait s’enorgueillir d’avoir vu un poète y naître post-mortem

Le nom du chef-lieu de canton est lui aussi un oronyme complété par le nom du pays, lequel est issu de celui d’un arbre.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné et expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, notamment à propos du bâtiment et de celui pour qui il a été construit qui lui ont donné son nom.

Un indice, pour la commune (et un peu plus) :

Les indices du mardi

■ pour le saint auquel l’église de la commune est vouée :

■ pour le pays :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tap et tapie

Après avoir examiné les toponymes Teppe puis Tépé et Tapia,  issus de la racine pré-latine *tippa, « sommet, friche », je m’intéresse aujourd’hui aux toponymes du type Tapie, dont l’étymologie est plus difficile à cerner.

L’occitan utilise le terme tap pour désigner l’argile jaune ou bleue. Dans le Rouergue, ce même terme peut désigner un sous-sol argileux composé généralement de roche de mauvaise qualité tandis que, dans la région de Nîmes, le taparàs est le nom d’une roche formée de cailloux et de sable aggloméré, une sorte de poudingue.

C’est le sens d’argile qui a donné les dérivés tàpia ou tàpi désignant le mur de terre battue, le bâtiment aux murs en pisé, la hutte de terre, le hangar aux murs de terre servant d’abri pour les charrettes et les outils du paysan. Ce sens est également connu de l’espagnol avec tàpia, panneau de pisé entrant dans la construction d’un mur.

Une origine pré-latine est sans doute à supposer pour tous ces termes. La racine pré-indo-européenne *tap ou *tapp, « mont, pierre », aurait d’abord eu le sens de « butte » – proche de *tippa – avant de désigner plus spécifiquement l’argile.

Tap

Cette racine est à l’origine de nombreux toponymes :

  • sous la forme simple : le Tap (Castelnau-d’Estrétefonds, H.-G.), le Tap du Roi (Villemur-sur-Tarn, id.), le Tap de Madame (Cumont, T.-et-G.), le Tap du Plantier (Orgueil, id.), le Col del Tap (Mazamet, Tarn), Guins de Taps (Auzat, Ariège) etc. désignant tous des reliefs plus ou moins hauts auxquels on peut ajouter des lieux-dits (le) Tap (Aiguillon (L.-et-G. ; Peyrecave, Gers etc. ).
  • avec deux –p– : (la, le ou les) Tappe(s) (Écleux, Jura ; Évron, May. ; Les Contamines-Montjoie, H.-Sav. ; Miéry, Jura ; Louailles, Sarthe etc.), Tappa (Sollacaro et Solta, Corse-du-Sud) et le site préhistorique de Tappa (Porto-Vecchio, id.) ;
  • avec suffixe diminutif –et : le Tapet (Sainte-Cécile-d’Andorge, Gard ; Montdurausse, Tarn etc.), les Tapets (Rustrel et Apt, Vauc. ; Pégonnas, A.-M. etc.) etc. ;
  • avec suffixe diminutif –ol : Tapol (Bazens, L.-et-G.), le Tapoul (Rousses, Loz.) d’où les Gorges du Tapoul qui descendent de l’Aigoual etc. F. Mistral (TDF*) donne le substantif féminin tapolo, « petit tertre, motte » avec l’exemple de « la tapolo d’Engagrin, nom d’un tumulus qu’on voit près de Beaumont (Tarn-et-Gar.) » : il s’agit du lieu-dit qu’on appelle aujourd’hui la Pièce de la Tapole à Beaumont-de-Lomagne situé au lieu-dit En Dadet, anciennement Endadet.
  • avec suffixe diminutif –on : le Tapon (Parcoul, Dord. etc.),  les Pics de Tapou et la Brèche de Tapou (Gavarnie, H.-P.), le Tapou (Tuchan, Aude etc.) — où la finale –ou est la forme phonétique.

 

L’occitan taparèl, taparot « petit tertre, petite butte »  se retrouve dans les noms de Taparel (Chirols, Ardc. , Méreuil, H.-A.) et Taparot (Saint-Orens-de-Gameville, H.-G.). L’occitan taparàs, « poudingue dur » a donné son nom au Taparas (Mialet, Saint-Denis, Saint-Paul-Lacoste et Muret, dans le Gard) et aux Taparasses (Le Val, Var).

Parfois, le –p– a pu être remplacé par un –b-, d’où les noms du Massif et du Pla de Tabe (Cazenave-Serres-et-Allens, Ariège) et de la Tabe Blanche (Urdos, P.-A.), où l’article et l’épithète laissent penser à une variante féminine tabe de tap au sens de « hauteur ». Avec le suffixe –esa apparait le nom Tabèze d’une colline à Saint-Simon (Cantal).

Cette même racine *tap pourrait également être à l’origine du mot tap, « bouchon » (et du francique *tappon et du bas-latin *tappum, de même sens), peut-être d’abord « boule de terre argileuse servant à boucher, à colmater », d’où sont peut-être issus certains des toponymes cités plus haut ainsi que les noms de Taponas (Rhône) et de Taponat-Fleurignac (Char.) formés selon E. Nègre (TGF*) avec un suffixe augmentatif pour désigner sans doute une hauteur ressemblant à une grosse bonde — mais A.-M. Vulpas et C. Michel (NLLR*) préfèrent y voir des dérivés de  *tippa au sens de terrain gazonné, friche ou jachère, comme pour le lieu-dit Tapigneux (Génilac, Loire).

On trouve également de patronymes comme Tapon, d’où les lieux-dits Chez Tapon (Nonac, Char. etc.), la Taponière (Saint-Ouen-les-Vignes, Char.-M.) et la Taponnière (Cheffois, Vendée etc.) – ces deux derniers pouvant être des propriétés d’un nommé Tapon ou bien des fabriques de bouchons.

Enfin, on trouve les lieux-dits Maltape à Tavers (Loiret) et Malatappe à Valserhône (Ain) dont je n’ai pas pu m’assurer, en l’absence de formes anciennes et de documents appropriés, que le nom était bien lié à cette série toponymique – et c’est bien dommage parce que j’en aurais bien fait ma devinette du jour !

Les Gorges de Tapoul en Lozère

Tapie

Tàpia et tàpi ont eu, ont l’a vu, le sens de bâtiment aux murs en terre battue ou en pisé, d’où certains toponymes indiquant la présence ancienne de telles bâtisses. Par la relation du lieu d’habitation à l’habitant ont également été formés des noms de familles comme Tapia, Tapie, Tappie, Latapie etc. tandis que le nom du bâtisseur en pisé se retrouve dans des patronymes comme Tapier ou Tapié.

Je n’ai trouvé qu’un seul lieu-dit Tapia, à Dun en Ariège.

Les toponymes du type (La) Tapie sont bien plus nombreux (Mondragon, Vauc. ; Cocumont, L.-et-G. ; Calmont, Av. etc. Ils sont parfois complétés comme pour la Grande Tapie (Mornas, Vauc.), la Tapie Brûlée et la Tapie Saint-Léger (Arles, B.-du-R.) etc. ou servent eux-mêmes de complément comme pour le Château de la Tapie (Condom, Gers), , le Soulan de la Tapie (Crastes, id. – soulan, synonyme d’« adret »), Lubac de la Tapie (Désaignes, Ardc. – l’ubac avec agglutination de l’article), le Mas de la Tapie (Beaucaire, Gard), le Pioch de la Tapie (Paulinet, Tarn – pioch, équivalent local de « puy ») ou encore le Ruisseau de la Tapie (Désaignes, Ardc.). Le pluriel, plus rare, se rencontre néanmoins avec Tapies (Cornus, Av.) et Las ou Les Tapies (Condom, Gers ; Agen-d’Aveyron, Av. ; Tulette, Dr. etc).

L’agglutination de l’article est à l’origine de plus de quatre-vingt lieux-dits Latapie, tous dans le Sud-Ouest, comme à Ségos (Gers), Sarrance (P.-A.), Bouglon (L.-et-G.), Thédirac (Lot), Lacave (Ariège) et Caussade (T.-et-G.). Avec une graphie légèrement différente, on trouve des lieux-dits Latapy (Sauvelade, P.-A. ; Nérac, L.-et-G. etc.) et Latapi (Madiran, H.-P.).

Le nom du bâtisseur, le tapièr, se retrouve dans celui de Tapié (Monségur, Landes ; Ger, P.-A. ; Lugan, Tarn etc.), des Tapiès (Bellegarde, id.) et dans celui de Tapier (Eauze, Gers).

Plus rare, la graphie tapy se retrouve néanmoins dans le nom d’une vingtaine de lieux-dits La Tapy (Vert, Landes ; Bédarrides, Vauc. ; Antagnac, L.-et-G. etc.), le Mas de la Tapy (Saint-Andiol, B.-du-R.), la Serre Tapy (Le Poët-Laval, Dr.) ou encore Le Tapic (Saint-Marcel-d’Ardèche, Ardc.), qui était Le Tapy sur la carte d’état-major.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune au nom oronymique re-redondant : il est en effet formé de deux mots dont le deuxième exprime deux fois ce que le premier disait déjà, comme si on avait Montagne-Puypic.

Cette commune pourrait s’enorgueillir d’avoir vu un poète y naître post-mortem

Le nom du chef-lieu de canton est lui aussi un oronyme complété par le nom du pays, lequel est issu de celui d’un arbre.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné et expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, notamment à propos du bâtiment et de celui pour qui il a été construit qui lui ont donné son nom.

Un indice, pour la commune (et un peu plus) :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tépier à Bourg-de-Péage (Drôme) : la répàladev

 Un Intrus est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !devinette.

Il fallait trouver le lieu-dit Tépier à Bourg-de-Péage, dans l’arrondissement de Valence, dans la Drôme.

Bourg-de-Péage, c’est ici :

Et Tépier, là, tout en bas :

La toponymie

Tépier : ce lieu-dit est mentionné sous la forme Mon Tépier sur le cadastre napoléonien de 1811 (Bourg-de-Péage, section D dite de Chambois) et simplement Tépier sur la carte d’état-major (1822-66). On reconnait dans ce nom l’occitan tepiero que Mistral et Pégorier traduisent par « pelouse ; pièce de gazon » et que l’on s’accorde à faire venir du pré-latin *tippa vu dans les précédents billets.

Cependant, la mention Mon Tépier de 1811, à comprendre Maison Tépier, peut faire également penser à un patronyme Tépier.

Bourg-de-Péage : il y a moins d’un an, dans un billet consacré aux péages j’écrivais :

Deux communes seulement portent un nom rappelant leur passé de station péagère : il s’agit de Bourg-de-Péage (Drôme – Pedagium Burgi Pesanciani en 1455 : l’usage du pont pour franchir l’Isère vers Romans donnait lieu à un péage au profit de la seigneurie de Pizançon – aujourd’hui simple village de Chatuzange-le-Goubet) et Péage-de-Roussillon (Is., situé sur l’ ancienne voie romaine devenue la Nationale 7, à l’entrée de Roussillon).

Le Bois des Naix : ce parc d’agrément de Bourg-de-Péage doit son nom à la variante naix de l’ancien français noe, noue, « sol gras et humide ; terrain bas inondé dans les débordements », formé sur l’ancien français neier, « noyer », au sens d´« inonder », lui-même issu du bas latin noa, du latin médiéval et bas latin nauda,  eux-mêmes du gaulois *nauda, *naudon, « terre marécageuse humide ». Le parc a été aménagé sur un lieu marécageux, traversé par le ruisseau de la Maladière et  resté longtemps très humide.

Valence : la ville est attestée Valentia chez Pline l’Ancien en 77. Nul besoin d’imaginer un nom d’homme latin Valentius, avec villa sous-entendu, comme Dauzat & Rostaing, ni un nommé Valens, comme Nègre : le nom vient simplement de l’appellatif latin valentia, « vigueur, courage » ; il s’agissait de louer la vertu principale attribuée à la ville et à ses habitants. On trouvera la forme Valensa en 1228, la forme franco-provençale Valenci en 1339-40 et la française Valence dès 1450.

Valence a été mentionnée sur ce blog à propos de la rue du Ha-Ha (où se trouve un obstacle interrompant brusquement le chemin), de la place de la Dragonne (Anne Quatresault, dite Anne Quatre-Sous, surnommée « la dragonne », en raison de son enrôlement dans un régiment de dragons) et de la rue Chantelouve (depuis les Romains et la légende de Romulus et Rémus, on sait que lupa, « la louve », est un nom qui désignait la prostituée).

Les indices :

 ■ La louve capitoline : pour la rue Chantelouve à Valence.

■ Manfred Man chantant Ah! Ah ! Said the clown, un à-peu-près pour la rue du Ha-Ha à Valence.

■ Les Ségovellaunes, au sud de l’Isère : le nom des Ségovellaunes est composé du gaulois *sego, « victoire, force », et *uellaunos, « chefs, commandants ». C’était la tribu aux chefs victorieux.

■ Les Allobroges, au nord de l’Isère : le nom des Allobroges est composé du gaulois *allo-, « autre », et *brogi-, « pays », soit : (le peuple) venu d’autres pays. Dès le IVe siècle av. J.-C. , un scholiaste de Juvénal (VIII, 234) expliquait :  dicti quia ex alio loco fuerant translati, soit  « ils ont été appelés Allobroges parce qu’ils avaient été déplacés d’un autre lieu ».

 ■ Le péage médiéval : référence limpide à Bourg-de-Péage.

Les indices du jeudi 01 mai 2025

  Personne n’a trouvé la réponse à ma ma dernière devinette.

En voici l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié à l’occitan tepo, avec ici un suffixe lui donnant le sens plus particulier de « surface gazonnée » [il se pourrait même que dans ce cas précis il s’agisse d’un patronyme mais cela ne change rien à l’affaire].

La commune qui l’abrite doit son nom à la façon particulière de passer un cours d’eau. On y trouve un parc d’agrément boisé aménagé de longue date sur d’anciens terrains marécageux dont il garde la trace dans son nom.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné sur ce blog à trois reprises à propos de trois odonymes, l’un concernant des femmes anonymes, l’autre une jeune fille « historique » et un troisième plutôt surprenant.

Des indices ?

Et d’un :

Et puis, allez !, on s’amuse un peu :

Les nouveaux indices

■ Les  indices ci-dessus concernent deux des odonymes du chef-lieu d’arrondissement, lequel était particulièrement courageux – si on se fie à son nom.

■ La commune se trouve à la limite nord d’une région autrefois habitée par des Gaulois commandés par des chefs auréolés de victoires – si on se fie à leur nom.

Au-delà de cette limite se trouvait une région habitée par des Gaulois venus d’ailleurs – si on se fie à leur nom.

■ et un dernier, pour la route :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tépé, tapia etc.

À la fin de l’introduction du billet concernant les teppes, j’écrivais : « Ceux qui ont eu la curiosité de suivre ce lien  auront vu qu’il existe d’autres mots issus de ce même *tippa, comme tapie, tépé etc. avec des sens plus ou moins différents, qui seront vus dans un autre article ». Le moment d’écrire ce billet est venu.

Tépé

Le pré-latin *tippa, « sommet, friche », est à l’origine de l’occitan tepo, « tertre, monticule, sommet ordinairement gazonné » et du gascon tepé, « coteau abrupt », d’où sont issus des oronymes comme Tépé (Castelnau-Barbarens, Gers ; Aubarède, H.-P.), Le Tépé (Sémézies-Cachan, Gers ; Vieuzos, H.-P.), le Tépé du Meur (Tournous-Darré, H.-P.) ou encore le Mail du Tépé (Troubat, H.-P. – mail, malh, « rocher »). On retrouve ce même terme dans des noms de lieux-dits (le) Tépé (Anan, H.-G. ; Saint-Élix, Gers ; etc), Tépé de Bidière (Prat-Bonrepaus, Ariège), Tépé du Coumanot (Mercenac, id.),  Tépé de Hourgue (Cantaous, H.-P. – hourgue ou hourque : col, brèche dans une crête), Tépé de Miracle (Fontenilles, H.-G.), Tépé de Coussé (Cassagnabère-Tournas, id.), Tépé de Gélis (Fabas, id. – Gélis : patronyme,  relatinisation en –is de Gély, lui-même variante de Gilles), Tépé du Rey (Simone, Gers – « du roi ») etc.  On rencontre également les Paguères du Tépé (gascon paguère, « ubac ») et le Soulan du Tépé (solan, « adret ») à Anan (H.-G.). On reconnait le pluriel dans le nom des Tépès (Burg et Guizerix, H.-P. ; Mondavezan et Samouillan, H.-G.).

Il conviendra de faire la distinction d’avec les noms en tèpe que l’on rencontre en Auvergne-Rhône-Alpes qui sont une variante graphique de la teppe vue dans le précédent billet : la Tèpe (Margès, Mercurol-Veaunes, Montélier et Tain-l’Ermitage Dr.), les Tèpes (Châteauneuf-sur-Isère, La Roche-de-Glun, etc. Dr. ; Culoz-Béon, Ain ; Saint-Martin-d’Uriage, Is. Alex, H.-Sav.), Les Tepettes (Clavans-en-Haut-Oisans,Is. ; Bourg-Saint-Maurice, Sav.), ou encore le Tepey (Saint-Colomban-des-Villards, Sav.) qui a donné son nom à la Combe du Tepey, au Col du Tepey, au Ravin du Tepey et au Torrent du Tepey.

Tapia et tapio

Toujours dans le Sud-Ouest, on rencontre les formes tapia et tapio qui ont le sens de « tertre, monticule ». Elles sont à l’origine de noms comme  les Figarolles de Tapia (Dun, Ariège – figarolles : collectif en –airòl de figuièr, « figuier »), le Tapiat Est et le Tapiat Ouest (Cauvignac, Gir.), Tapias (Miélan, Gers) etc. ou encore La Tapio (Cérizols, Ariège ; Fontans, Loz. , Laroque-Timbault, L.-et-G. etc.), Las Tapios (Montesquieu-Avantès, Ariège ; Montolieu, Aude etc.), la Rivière de Tapio (Durfort, Ariège) etc. On ajoutera le diminutif Tapiole (Sauveterre, H.-P.).

Un terme assez proche se retrouve dans les Alpes, comme avec la Tapiaz, un lieu-dit du Plan de l’Aiguille, à Chamonix (H.-Sav.), La Tapée et les Tappes à La Comtamine-Montjoie (id.) et la Pointe de La Tépiaz qui culmine à 2694 m aux Chapieux (Sav.)

Tapie

Mon emploi du temps de ce week-end ayant été bouleversé, l’étude de « tapie » et de ses variantes est reporté à la semaine prochaine.

 

 

La devinette

Improvisée à la dernière minute, la devinette d’aujourd’hui ne sera peut-être pas de la meilleure qualité …

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié à l’occitan tepo, avec ici un suffixe lui donnant le sens plus particulier de « surface gazonnée » [il se pourrait même que dans ce cas précis il s’agisse d’un patronyme mais cela ne change rien à l’affaire].

La commune qui l’abrite doit son nom à la façon particulière de passer un cours d’eau. On y trouve un parc d’agrément boisé aménagé de longue date sur d’anciens terrains marécageux dont il garde la trace dans son nom.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné sur ce blog à trois reprises à propos de trois odonymes, l’un concernant des femmes anonymes, l’autre une jeune fille « historique » et un troisième plutôt surprenant.

Des indices ?

Et d’un :

 

Et puis, allez !, on s’amuse un peu :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La solution des mots-croisés du 20 avril 2025

TRS et Un Intrus sont les seuls à avoir complété sans faute ma dernière de mots-croisés. Félicitations à tous les deux !

Voici la solution :

Et les explications :

I – Terre brûlée pour les premiers, édénique pour les suivants. — Valparaiso : son nom Alimapu donné par les Mapuches signifie « terres brûlées » (par les nombreux incendies forestiers fréquents ici) tandis que le nom donné par les Espagnols peut se traduire par « vallée du Paradis ».

II – Égyptienne en partie sauvée des eaux. — Abou Simbel est une ville égyptienne célèbre par ses temples sauvés lors de la mise en eau du barrage d’Assouan.

III – Le Territoire de Belfort vu de Suisse. — Ce département porte le numéro 90, soit nonante chez nos voisins suisses.

IV – Petit coin — Cugne est un toponyme diminutif du mot coin (latin cuneus), avec le sens de petit espace, angle, lieu retiré. – Se tordra par derrière. — Arir : « rira »  écrit de droite à gauche.

V – Coule en Bretagne — Odet : fleuve côtier breton – Somme dans les Pyrénées. — Aneto, point culminant des Pyrénées ; verbe sommer : « surmonter, dominer quelque chose ».

VI – Rend stérile — UHT : Ultra Haute Température – Prend du son — Oit : troisième personne du présent de l’indicatif du verbe ouïr, « entendre »  – Pas ringard dans un sens, ni dans l’autre. — In : de gauche à droite on lit in, « à la mode, dans le vent », et de droite à gauche, on lit « ni ».

VII – Son abbaye était censée accueillir les congédiés  — Vatan : une expression populaire envoyait, par jeu de mots toponymique, les employés congédiés à l’abbaye de Vatan – En pointe en Corse. — Ersa est la commune la plus septentrionale du Cap corse.

VIII – Font des caisses noires  — Ébène : bois noir dont on peut faire des caisses – Poteau. —  Synonyme populaire d’ami.

IX – Baissent la note. — Ristournes : diminuent la facture.

1– Canadienne qui doit son nom à des gués aux vaches. — Vancouver doit son nom à George Vancouver dont le nom provient du néerlandais Van Coevorden, c’est-à-dire « de Coevorden », une ville des Pays-Bas dont le nom signifie « gués aux vaches ».

2 – Proche parent de la gazelle. – Abou Dhabi signifie « père de la gazelle ».

3 – Pâtes niçoises. — Longette : variété niçoise de gnocchi, de forme particulièrement allongée.

4 – Hircin — Puant (littéralement à odeur de bouc) À moitié super-héros — Ant : moitié du nom d’Ant Man.

5 – Vieux con — Asne : ancien français pour « âne » – Baie hawaïenne — Oneo bay à Hawaï.

6 – Éclate  — Rit : éclate de rire – Va piano — Aï : autre nom du paresseux – Entré en tête. — Su : participe passé du verbe savoir.

7 – A la fibre étouffante. — Amiante : dont les fibres sont responsables de l’asbestose.

8 – Vieux d’Espagne — Ibère : peuple éponyme de la péninsule ibérique – Grenouille en Bretagne. — Ran : mot breton pour la grenouille .

9 – Courant après le Déluge. — Sémitisme :  rattaché à la descendance (au courant de pensée) de Sem, un des trois fils de Noé.

10 – D’une île plate. — Oléron —  Son nom Olarion en 1077 provient sans doute de l’indo-européen *plaro, « plan » muni du suffixe –ione : l’île ne dépasse pas 10 m d’altitude, sauf pour quelques buttes dont la plus haute fait à peine 34 m.

Mots-croisés du 20 avril 2025

Pour vous faire patienter, n’ayant pas eu le temps d’écrire un nouvel article, je vous propose ces nouveaux mots-croisés – où la toponymie tient une bonne part mais n’est pas essentielle.

Horizontalement

I – Terre brûlée pour les premiers, édénique pour les suivants.

II – Égyptienne en partie sauvée des eaux.

III – Le Territoire de Belfort vu de Suisse.

IV – Petit coin – Se tordra par derrière.

V – Coule en Bretagne – Somme dans les Pyrénées.

VI – Rend stérile – Prend du son – Pas ringard dans un sens, ni dans l’autre.

VII – Son abbaye était censée accueillir les congédiés – En pointe en Corse.

VIII – Font des caisses noires – Poteau.

IX – Baissent la note.

Verticalement

1– Canadienne qui doit son nom à des gués aux vaches.

2 – Proche parent de la gazelle.

3 – Pâtes niçoises.

4 – Hircin – À moitié super-héros.

5 – Vieux con – Baie hawaïenne.

6 – Éclate – Va piano – Entré en tête.

7 – A la fibre étouffante.

8 – Vieux d’Espagne – Grenouille en Bretagne.

9 – Courant après le Déluge.

10 – D’une île plate.

Les Thespes à Vanosc (Ardèche) : la répàladev.

Un Intrus et LGF sont les seuls à avoir trouvé la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Les Thespes, un lieu-dit de Vanosc, du canton d’Annonay dans l’arrondissement de Tournon-sur-Rhône, en Ardèche.

Vanosc, ici :

Les Thespes  – (mal ?) écrit Tespes – là  :

La toponymie

Les Thespes : le nom est écrit Les Tepes en 1767 sur la carte de Cassini (feuille 88, Saint-Marcellin) – au-dessus de Ville (Vocance) puisque ce lieu-dit était naguère rattaché à Villevocance.

On trouve écrit Les Thespes sur le cadastre napoléonien de 1826 et sur la carte d’état-major (fin XIXè siècle), graphie reprise dans le Dictionnaire topographique du département de l’Ardèche (Pierre Charrié, Librairie Guénégaud, 1979 – dans lequel le lieu-dit est encore rattaché à Villevocance) et dans le fichier FANTOIR (qui se contredit toutefois en mentionnant un Chemin des Tespes), tandis que l’IGN écrit Les Tespes (cf. la carte ci-dessus). On comprend que ce nom était originellement *Les Teppes et qu’il fut mal interprété par les cartographes qui l’ont écrit à leur guise (Ah ! Ce th– grécisant pseudo-savant, que de crimes on commit en son nom !).

NB : Villevocance ? Ça ne vous dit rien ? Comme ce « faux » indice, publié par erreur :

Le nom de la commune où se situe le toponyme à trouver s’écrit en un seul mot composé de trois éléments qui sont, dans l’ordre, un nom générique de groupe d’habitations, un terme topographique et le nom de la rivière. : Ville – Vau- Cance.

Vanosc : nous disposons des formes anciennes suivantes : Venosco (889), Vanosci (1049-1109), Vanosco (1275), Vanos (1617) et Vanosc en Vocance (1767). Dauzat & Rostaing (DENLF*), suivis par B. et J.-J. Fénié (TNO*) proposent une étymologie selon le nom d’homme latin Vannus accompagné du suffixe ligure –oscum. On peut lui préférer, avec Pierre Gastal (NLEF*) l’étymologie selon le radical pré-indo-européen *ven, « montagne, hauteur », accompagné du même suffixe ligure – comme pour Venasca (Italie, Piémont), Vénosc (Isère, dans la vallée du Vénéon) etc.

Annonay : attesté Anonacus au VIIIè s, vicaria Annonacensis en 814 et Nonay en 1464, du nom d’homme germanique Anno(n) accompagné du suffixe –acum. L’anthroponyme Anno, exprimant une idée de vieillesse, de sagesse, est formé sur le vieux haut allemand ano, « aïeul ».

Tournon-sur-Rhône : en janvier de cette année, j’écrivais déjà qu’« en 2021, dans un article consacré au gaulois turno, « hauteur », j’écrivais que le nom de Tournon avait été formé avec ce radical accompagné du suffixe –onem :

Tournon-Sur-Rhône (Ardèche, castro Turnone en 814 ; la situation du château sur un piton rocheux et les vestiges archéologiques gaulois sont favorables à une origine du nom selon turno, « hauteur »).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

 ■ le logo du papier Canson. Il fallait reconnaître le O stylisé qui sert de logo à la marque des papiers Canson.  La papeterie a été créée par Barthélémy de Canson (1774-1859) né à Annonay.

■ les oignons de Tournon-sur-Rhône, vedettes de la Foire aux oignons qui se tient dans la ville tous les 29 août depuis l’an 1309

■ une chèvre blanche sur un pont suspendu ? La chèvre et le pont de Monsieur Seguin, bien sûr !  Marc Seguin, né le 20 avril 1786 à Annonay et mort dans la même ville le 24 février 1875, est l’« inventeur » du pont suspendu. Quant à la Chèvre de Monsieur Seguin, faut-il la présenter ?

■ un autocar Isobloc, invention de Joseph Besset né le 11 novembre 1890 à Vanosc.

Les Mineurs, une illustration de Louis Sabattier né à Annonay le 23 mai 1863.

Les indices du mardi 15 avril 2025

Un Intrus a déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Félicitations à lui tout seul !

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine issu du pré-latin *tippa qui aurait pu avoir sa place dans le billet du jour.

Le nom de la commune qui l’abrite est composé de trois éléments accolés qui indiquent sa situation dans la vallée creusée par une rivière. Le nom de cette dernière montre, selon l’étymologie la plus consensuelle mentionnée à deux reprises sur ce blog, qu’elle servait de limite entre deux territoires.

Le chef-lieu de canton doit son nom à celui d’un homme germanique, probablement « le vieux, le sénior, l’aîné », accompagné d’un suffixe latin.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement, d’origine gauloise, désignait une hauteur.

Deux indices, pour les chefs-lieux :

■ du canton

■ de l’arrondissement

■ et, si ça ne suffit pas, ceci :

Les indices du mardi

Ce premier indice est là par erreur, n’en tenez pas compte ! (Merci à Un Intrus pour sa vigilance)

■ le nom de la commune où se situe le toponyme à trouver s’écrit en un seul mot composé de trois éléments qui sont, dans l’ordre, un nom générique de groupe d’habitations, un terme topographique et le nom de la rivière.

Ces ceux indices suivants sont par contre  valables :

■ pour la commune :

■ pour le chef-lieu du canton :

Réponse attendue chez leveto.@sfr.fr

Teppe

Dans un de mes premiers billets, du 29 novembre 2009, j’écrivais :

Sur le territoire de la commune de Bourdeau, en Savoie, existe un lieu-dit baptisé Les Steppes. Outre qu’il fut nommé ainsi bien avant l’alliance franco-russe, on ne voit pas bien un paysage de steppe en Savoie. Il s’agit en fait d’une mauvaise compréhension d’un mot du patois alpin teppa, « terre, hauteur », du celtique tippa, «motte». On trouve par ailleurs, y compris en Suisse romande, de nombreux hameaux nommés Teppe, Teppes, Teppet, Tapée, Tappe, etc., tous de même sens.

Neuf ans plus tard, le 18 février 2018, j’écrivais ceci :

Teppe ou tope est l’équivalent bourguignon de la friche. On le trouve le plus souvent suivi du nom du premier propriétaire : Teppe Molard, Teppe Morin, Teppe au Prêtre, Tope Portot, Toppe Chaulet, etc. mais aussi d’un autre déterminant : Toppe des Oiseaux, Toppe au Loup, etc.

Le billet d’aujourd’hui a pour but d’approfondir le sujet

Teppe, nom féminin, désigne une terre inculte, improductive, sur laquelle ne pousse qu’un maigre gazon faisant au mieux un maigre pacage, souvent le sommet laissé en friche d’un monticule ou d’un tertre. Ce toponyme est très répandu dans le Sud-Est (Bresse, Dauphiné, Savoie) et, par ses variantes, on le trouve de la Bourgogne à la Corse.

Étymologiquement, ce mot est issu d’une racine *tippa, « sommet, friche » (FEW XIII-1, p. 350 b), dont l’origine pré-latine est admise par tous. Vu l’absence d’équivalents dans les langues celtiques modernes et son abondance dans le Sud-Est, on peut émettre l’hypothèse d’une origine ligure.

Ceux qui ont eu la curiosité de suivre le lien précédent auront vu qu’il existe d’autres mots issus de ce même *tippa, comme tapie, tépé etc. avec des sens plus ou moins différents, qui seront vus dans un autre article.

Teppe

La forme teppe, au singulier ou au pluriel, est de loin la mieux représentée, avec de nombreux (La ou Les) Teppe(s). Comme souvent, pour éviter les confusions, ces noms sont accompagnés de déterminants. On trouve bien sûr des adjectifs, parmi lesquels « grand »  est le mieux représenté, avec la Grande Teppe, une crête de montagne à La Thuile (Sav.), la Grand Teppe à La Ferrière (Is.), Grandes Teppes (Clessé, S.-et-L. etc.) et une dizaine d’autres. On trouve également les Petites Teppes (Gergy, S.-et-L. etc.), une Teppe Pourrie (Beaufort, Jura) et des Teppes Pourries (Verzé S.-et-L.), la Teppe Drue (Laizé, S.-et-L.), les Teppes Froides (Lavancia-Epercy, Ain), la Teppe Rouge (Cortambert, id.), la Teppe Ronde (Saint-Offenge-Dessus, Sav.), la Teppe Blanche (Gergy, S.-et-L.), la Teppe Verte (Saint-Alban-des-Hurtières, id.) etc.  Le nom est souvent accompagné d’un complément comme pour la Teppe au Jas (Rosay, Jura),  la Teppe de l’Âne (Saint-Julien-Saint-Denis, Sav.), la Teppe des Joncs (Saint-Germain-du-Plain, S.-et-L.), la Teppe des Abeilles (Montvalezan, Sav.), la Teppe des Fourmis (Modane, id.), la Teppe des Gorges (Déserts, id.), les Teppes des Bois (Vendenesse-lès-Charolles, S.-et-L.), Teppes aux Loups (Villechantria, Jura), etc. Le complément peut être un nom propre, celui du propriétaire ou du lieu-dit : les Teppes aux Dames (Saint-Jean-de-trézy, S.-et-L.), les Teppes Bellecour (Saint-Étienne-sur-Reyssouze, Ain), les Teppes Soldat (Péronne, S.-et-L.), la Teppe des Tremblay (Sennecey-le-Grand, id.), Teppe Molard (Ratenelle, id.), Teppe Morin (Lux, id.), Teppe Saint-Martin (Montbellet, id.) etc.  Plus rarement, c’est le mot teppe qui sert de déterminant comme pour l’Asile de la Teppe (Tain-l’Hermitage, Dr.), le Chalet de Teppe Longue (Montagny, Sav.), la Crase de la Teppe (Peisey-Nantois, Sav. – crase : « vallon, ravin »), la Croix de la Teppe (Prémanon, Jura), des Bois des Teppes (Aime, Sav. etc.), des Champs des Teppes (Simard, S.-et-L. etc.), des Prés des Teppes (Sercy, id. etc.) etc.

Les Teppes d’en Haut à Champigny-la-Vanoise (Savoie)

Beaucoup moins représenté, le diminutif se retrouve néanmoins dans les noms du Teppet (Innimond, Ain ; Saint-Martin-de-Belleville, Sav.), du Ravin du Teppet (Brénod, Ain), des Teppets (Chevillard, Ain) et dans un curieux féminin La Tepette (Saint-Jean-sur-Reyssouze, Ain ; Jarsy, Sav.). Encore plus rares sont les diminutifs Teppenot (Bissy-sur-Fley et Saint-Martin-du-Tartre, S.-et-L.) et Teppenots (Charmoy et saint-Martin-du-Tartre, id.).

On ajoutera  les graphies Thèpes (hameau de Thèpes et Cloziaux à Beaumont-Monteux, Dr. et lieu-dit Aux Thèpes à Saint-Amour-Bellevue, S.-et-L.) et Teppey (Orelle, Sav. –  un ancien Teppetum, avec le suffixe collectif –etum ou, plus probablement, une mauvaise graphie pour le diminutif Teppet).

Et je ne reviens pas sur « la jolie bévue de cadastre, relevée par Dauzat, qui se situe à Bourdeau (Savoie ) où un écart, bien avant l’alliance franco-russe, a été dénommé officiellement les Steppes, au lieu de les Teppes » (cf. ce billet).

Les autres

■ La forme savoyarde avec –z final non prononcé apparait dans une vingtaine de toponymes (La ou Les) Teppaz (Apremont, Sav. etc.), plus Teppaz Davaz (Rossillon, Ain –  davaz : « en-dessous »), Teppaz Levé (La Trinité, Sav.), Teppaz Longue (Séez, id.) etc. Notons toutefois que A. Gros (Dictionnaire étymologique des noms de lieux de la Savoie) indique que, pour Les Teppaz, hameau d’Entremont-le-Vieux, il s’agirait d’un nom d’homme : Charles Teppaz est attesté en 1697 à Aix-les-Bains – mais on peut se demander qui, le premier, a pris le nom de l’autre… Notons également la graphie sans -z à Teppa Mézin (Bellentre, Sav.) et, avec un seul p, la Pointe de la Tépiaz (Les Chapieux, Sav.)

■ La forme teppa se rencontre principalement en Corse (et dans le Piémont) dans des noms simples comme Teppa (Grosseto-Prugna, Porto-Vecchio etc. en C.-du-Sud et Zilia, Pianello etc. en H.-C.) ou dans des noms composés comme Teppa Al Forno (Poggio, H.-C.), Teppa di Pianu (Olmeto, C.-du-Sud), Teppa Rossa (Coti-Chiavari, id.) et quelques autres dont les diminutifs Tepparella (D’Azilone-Ampaza et Viggianello, C.-du-Sud) et Tepparelle (Solaro, H.-C.).

■ En Bourgogne, c’est la forme toppe qui se rencontre le plus souvent, notamment en Côte-d’Or. Le mot désigne une terre en friche, une terre en coteau bien exposée, qu’on a abandonnée ou défoncée ou laissé reposer dans l’attente de la planter en vigne (on parlait alors de « vigne en toppe »). Outre les nombreux (La ou Les) Toppe(s), citons La Toppe Citeau (Comblanchien, C.-d’Or – qui appartenait à l’abbaye de Cîteaux, ici écrit sans –x), La Toppe Marteneau (Aloxe-Corton, id. – avec le nom du propriétaire, dérivé de Martin), La Toppe au Vert (Ladoix-Serrigny, id. – située sur un terrain pentu,  son nom devait s’écrire à l’origine comme le nom bourguignon vers qui désignait un versant, un terrain en pente), La Toppe d’Avignon (Ladoix-Serrigny, id. – sans doute remise en culture pour les Papes d’Avignon qui ne se contentaient pas de leurs châteauneufs),  Les Toppes Coiffées (Ladoix-Serrigny, id. – qui devaient peut-être leur nom aux bois ou broussailles qui les « coiffaient » lorsqu’elles étaient en friche ou bien à une métaphore comparant ces sommets boisés aux coiffes que les vigneronnes portaient pour aller travailler) etc. Toujours dans la même région, on trouve également écrit tope avec un seul p, comme pour Tope Bataille (Saint-Aubin, C.-d’Or – de l’ancien français bataille, « bois soumis à la coupe ou terres défrichées », dérivé de batre, du latin vulgaire *battere, « battre, frapper », appliqué à un arbre que l’on frappe à plusieurs reprises pour l’abattre), les Topes Bizot (Beaune, C.-d’Or – qui ont appartenu à un certain Bizot) etc.  On rajoutera les diminutifs Le Toppet (Arcenant, C.-d’Or), Au Topet (Quincey, id.) et Les Topons (Prémeaux-Prissey, id.).

■ Extrêmement rare, la forme masculine teppo ne semble se rencontrer que dans Le Teppo (Villaroger, Sav.), Les Teppots (Belley, Ain) et Les Teppons (Saint-Bénigne, id.).

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine issu du pré-latin *tippa qui aurait pu avoir sa place dans le billet du jour.

Le nom de la commune qui l’abrite, dont le suffixe est d’origine ligure, pourrait venir d’un très ancien oronyme ou d’un nom d’homme latin .

Le chef-lieu de canton doit son nom à celui d’un homme germanique, probablement « le vieux, le sénior, l’aîné », accompagné d’un suffixe latin.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement, d’origine gauloise, désignait une hauteur.

Deux indices, pour les chefs-lieux :

■ du canton :

■ de l’arrondissement :

■ et, si ça ne suffit pas, ceci :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr