Le Cinglegros à Saint-Pierre-des-Tripiers (Loz.) : la répàladev

Oui, je suis en retard, désolé !

LGF et Un Intrus sont restés les seuls à m’avoir donné la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver Le Cinglegros, un promontoire sur les gorges du Tarn situé à Saint-Pierre-des-Tripiers dans le canton de Florac-Trois-Rivières en Lozère.

Saint-Pierre-des-Tripiers, c’est ici :

Le Cinglegros, là :

La toponymie

Le Cinglegros : ce nom s’explique aisément. Il s’agit d’un cingle un peu enveloppé.

Saint-Pierre-des-Tripiers : la ville est appelée Sanctus Petrus de Stirpia en 1352. La première partie de ce nom ne fait pas de difficulté : la paroisse est vouée à saint Pierre. Le déterminant de Stirpia est liée au latin stirp, stirpis, « souche, racine », au pluriel roman –ia. Il s’agissait de décrire une terre sur laquelle ne restaient que des souches d’arbre, c’est-à-dire une terre défichée. On pourrait également penser à une mécoupure *d’extirpia, sur le verbe extirpare qui a donné l’ancien français estreper, d’où Saint-Pierre d’Estrepiers chez Cassini*, passé à des tripiers.

Lorsqu’il s’est agi de franciser les noms occitans, le nom de Saint-Pierre *d’extripiés a été écrit et déformé par l’administration française en Extrepieds, Destrepiers, d’Estripiers, et finalement des Tripiés, corrigé en l’aberrant des Tripiers. Comme l’écrit un érudit local : « L’ignorance de la langue d’oc par l’administration, alliée à une orthographe fantaisiste ont altéré, au 19e siècle, ce nom en « tripiers » bien qu’il n’y ait, dans l’histoire du lieu, aucune trace de « marchands d’abats et autres bas-morceaux ». » (source)

Ce même nom, attesté Eccl. S. Petri de Stirpi en 1146 puis De Stirpia en 1154 avait été donné à l’ancienne église Saint-Pierre-de-Stirpia de Puéchabon (Hér.).

Florac-Trois-Rivières : le 16 avril 2022, déjà lors d’une répàladev, j’écrivais :

Le nom de Florac est probablement issu du nom d’homme gallo-romain Florus accompagné du suffixe –acum. J’écris « probablement » car on sait maintenant que le suffixe –acum n’accompagnait pas obligatoirement un nom d’homme : il pouvait accompagner ici flos, floris, « fleur », pour désigner un endroit particulièrement fleuri. Le nom Trois-Rivières a été rajouté en 2016 lors de l’absorption de sa voisine La Salle-Prunet. Les trois rivières en question sont le Tarn, le Tarnon et la Mimente.

Plus qu’un « endroit fleuri », il pouvait s’agir d’un endroit récemment défriché sur lequel pouvaient enfin pousser des fleurs.

Les indices :

 ■ ces vases de Chine et vases de Sèvres devaient faire penser aux célèbres rochers visibles sur le causse Méjean à Saint-Pierre-des-Tripiers.

 ■ dans le Printemps de Giuseppe Arcimboldo, on ne sait pas bien s’il s’agit d’un personnage ou de fleurs, comme pour le nom de Florac.

 ■ Obélix n’est pas gros ? Et le Cinglegros, il est comment, lui ?

 ■ un vautour moine comme on en trouve à la Maison des Vautours ou sur le Rocher des Vautours de Saint-Pierre-des-Tripiers

Les indices du mardi 20 mai 2025

LGF et Un Intrus ont déjà trouvé la réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

L’énoncé en était le suivant :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour [cengle, cingle].

Le nom de la commune qui l’abrite, un hagiotoponyme, est déterminé par un ancien mot rappelant des défrichements transformé en un nom de métier incongru.

Le chef-lieu du canton porte un nom issu soit de celui d’un homme latin soit d’un mot désignant son couvert végétal. Ce nom est accompagné d’une locution indiquant qu’il y a là plusieurs confluences de cours d’eau.

■ un  indice pour la commune :

■ un indice pour le chef-lieu de canton :

Les indices du mardi

■ pour le toponyme lui-même :

■ pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Cingle, cengle etc.

Merci à jsp

qui m’a inspiré le sujet de cet article.

Le latin cingulum, signifiant « ceinture, sangle », provient du verbe cingere, « ceindre », lui-même d’une racine indo-européenne *kenk, « entourer ». De nombreux toponymes sont issus de ce latin cingulum, sous des formes variées comme cingle, cengle, single, sangle etc. avec des sens plus ou moins différents selon les régions et les parlers locaux.

Les grands abrupts rocheux en arc de cercle qui forment les rives concaves des méandres de la Dordogne sont nommés des cingles, par analogie de forme avec une ceinture. Les Cingles de Montfort (Domme, Dord. ), de Limeuil et de Trémolat (Trémolat, id.) ont acquis une certaine notoriété. On retrouve ce même sens aux Plantiers, dans le Gard, avec Sengle, dans un méandre de la Borgne ou encore avec le  Cingle de Luzech, un méandre du Lot.

Le Cingle de Luzech (Lot)

En fait, il existe de nombreux autres toponymes de toutes sortes du type cingle ou cengle, du moins en pays d’oc. F. Mistral (TDF*), rappelant le sens d’« enceinte de donjon féodal » qu’a eu à l’origine l’occitan cengle / cingle, en donne les définitions suivantes : « chemin de ronde, corniche d’une falaise, sentier naturel qui couronne un escarpement circulaire, chemin taillé dans les rochers escarpés qui tombent à pic sur une rivière ». De ce dernier sens, par métonymie, cengle et cingle ont pu prendre simplement le sens d’escarpement rocheux.

Ces sens de corniche de rochers en arc de cercle ou d’escarpement rocheux se retrouvent notamment dans les Alpes, le Sud-Est et le Périgord. Citons la montagne ou Barre du Cengle près de Saint-Antonin-sur-Bayon (B.-du-R.) appelée ainsi en raison de sa forme régulière et recourbée qui entoure le pied de la montagne Sainte-Victoire proche d’Aix-en-Provence et qui est à l’origine de plusieurs lieux-dits comme Le Cengle, le Cengle de Négrel, le Clos du Cengle, le Jas du Cengle. Citons également Le Cengle, un mont formant une ceinture rocheuse au nord de Lescheraines (Sav., Cingulum en 1357), Le Cengle, une grosse butte en promontoire à 424 m au-dessus de Saint-Hyppolyte-du-Fort (Gard), la  Falaise du Cingle à Eyzies-de-Tayac-Sireuil (Dord.), le Cingle à Saint-Nectaire (P.-de-D.), le Cingle au fond de la vallée de Fontjoncouse (Aude), le château du Cingle, en bas d’un versant raide à Vernas (Is.) etc. À Figeac (Lot) se trouvent le Cingle du Bas et le Cingle du Haut, ce dernier surmonté de l’Aiguille du Cingle (que l’IGN  appelle pléonastiquement Obélisque de l’Aiguille du Cingle).

Aiguille de Single à Figeac (Lot)

On trouve également Le Ceingle dans les gorges de la Truyère à Espinasse (Cant.), le Sengle à Darbres (Ardc., 646 m) et à Saint-Gineys-en-Coiron (Ardc., 618 m) ou encore les Sengles, une falaise au-dessus de la Loire à Lachapelle-Graillouse (Ardc.) etc.

Dans les Pyrénées, avec généralement le sens d’éminence rocheuse, on trouve le Pic des Cingles près de Bonac (Ariège, 2582 m) ou encore le Cingle des Fonts (« des sources »), le Cingle Vert, le Cingle d’en Figuera (« de la figueraie ») et le Cingle de Palagris (ou des Pelegrins, c’est-à-dire « des pèlerins ») à Prats-de-Mollo-la-Preste (P.-O.), le Còrrec del Cingle Negre (« torrent du Cingle noir ») à Saint-Laurent-de-Cerdans (id.) etc.

Une série de toponymes en single se rencontre aussi du Velay à l’Aude, avec le plus souvent le même sens de versant raide comme pour le Single à Couiza (Aude) ou à Puivert (id.), le Single à Montusclat (H.-L.) ou à Solignac-sur-Loire (id), le Single qui domine les gorges du Tarn à Gorges-du-Tarn-Causses (Loz.), le Single dans un méandre du Lot à Puy-Lévêque (Lot), les Singles au-dessus de l’Orb à Mons (Hér.) et au Poujol-sur-Orb (id.) etc.

La commune de Singles (P.-de-D.) qui était Cengles en 1075-1095, Cingulis en 1096 puis Cingles en 1789 doit aussi son nom à sa situation sur une corniche au-dessus du confluent de la Burande et de la Dordogne.

La variante graphique sangle n’est apparue qu’au XIVè siècle, d’abord au sens de « courroie » et a été utilisée en toponymie pour désigner par analogie une bande de terrain étroite (comme la courrège) et plus précisément, dans le Dauphiné et en Savoie, « un passage étroit (entre les rochers), une  petite bande recouverte de gazon, entre des escarpements ». Les toponymes en Sangle(s) sont plus de quatre cents et ne présentent pour la plupart que peu d’intérêt. On citera par exemple le Sangle à La Balme-de-Silingy, à Arâches-la-Frasse, à Praz-sur-Arly, en Haute-Savoie, le Sangle de la Barrère, un sentier qui permet de grimper à la Dent de Crolles (Is.),  le Rocher du Grand Sangle à Chaley (Ain), la Haute Sangle et la Basse Sangle à Mansle-les-Fontaines (Char.) etc. À Soyons (Ardc.), un replat naturel, le chemin des Sangles, situé à flanc de falaise permettait la liaison entre le fort, encore présent en 1627, et le village en contrebas ; le nom de Sangles reste aujourd’hui attaché à un ensemble de grottes à flanc de falaise comme la Grotte de Néron ou le Trou du Renard.

Par mutation du s– initial en f-, propre à certains parlers savoyards, on trouve Les Fangles à Morzine et à Mégevette (Haute-Savoie).

Le même mot sangle a été utilisé, toujours par analogie, pour désigner une enceinte, parfois faite de simples fascines, ne serait-ce que pour se protéger des animaux venus de la forêt. C’est ce qui expliquerait le nom de la Sanglerie, aujourd’hui un quartier des Sorinières (L.-A.), plutôt qu’un lieu fréquenté par les sangliers, mieux connu comme sanglière. Avec le même sens d’enceinte, le nom de Larresingle (Gers), village fortifié en forme de demi-cercle sur une fin de croupe, viendrait du gascon arrè-sangle, « sangle d’arrière du harnais », pour décrire l’enceinte en demi-cercle (TGF*).

Quelques rares diminutifs se rencontrent : le Singlet à Puy-Saint-Gulmier (P.-de-D.) qui surplombe un méandre du Sioulet qu’on franchit par le Pont de Singlet ; le Singlou et le Portail du Singlou à  Bassillac-et-Auberoche (Dord.), ce dernier nom suggérant la présence ancienne d’une petite « ceinture » ou « enceinte » (le même nom Singlou se lit déjà sur la carte de Cassini de 1779).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

► Message personnel à échogradient73 : ne soyez pas impatient ! Les billets concernant les sorgues et les bancs que vous m’avez suggérés sont en cours d’écriture.

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux mots du jour.

Le nom de la commune qui l’abrite, un hagiotoponyme, est déterminé par un ancien mot rappelant des défrichements transformé en un nom de métier incongru.

Le chef-lieu du canton porte un nom issu soit de celui d’un homme latin soit d’un mot désignant son couvert végétal. Ce nom est accompagné de deux mots indiquant qu’il y a là plusieurs confluences de cours d’eau.

■ un  indice pour la commune :

■ un indice pour le chef-lieu de canton :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Jammassip à Dalou (Ariège) : la répàladev

Un Intrus et LGF ont trouvé la solution de ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Jammassip à Dalou, dans le canton du Val d’Ariège (chef-lieu Varilhes) de l’arrondissement de Foix, en Ariège.

Dalou, c’est ici

Jammassip, c’est ici, (mal) écrit Jeanmassip

Toponymie

Jammassip : le nom de ce lieu-dit est écrit Jammasip sur la carte de Cassini (feuille 39, Saint-Lizier, 1776), Jammassip sur la carte d’état-major (1820-1866) et sur la carte IGN de 1950. C’est en 1953 dans la Nomenclature des écarts et hameaux du département de l’Ariège (page 23) que l’on trouve écrit Jeammassip, nom qui deviendra Jeanmassip sur la carte IGN actuelle, tandis que le fichier FANTOIR conserve la graphie Jammassip.

Le nom est donc bien originellement Jammassip, correspondant au patronyme Massip  précédé du prénom Jam. Ce dernier, comme Jame, Jaume, Jaime…, est la forme occitane et plus particulièrement gasconne, du prénom Jacques, lui-même issu de l’hébreu Jacob. Écrire Jeanmassip est donc une erreur étymologique.

Dalou : sans forme ancienne disponible, on peut penser à un nom d’homme gaulois Dallus (radical dall-, « aveugle ») [DENLF*] ou à un nom d’homme germanique Tallo(n) (radical tal-, « vallée ») [TGF*].

Val d’Ariège : ce nom se comprend sans difficulté.

Varilhes : du pluriel du latin vallicula, diminutif en –icula de vallis, « vallée », pour désigner de « petites étendues d’une plaine alluviale » [TGF*]. Varilhes est situé dans un méandre de l’Ariège.

Foix : j’ai complété la rubrique « toponymie »  wiki de la façon suivante :

Le nom de Foix est attesté sur des monnaies mérovingiennes sous la forme Castro Fusci. La ville ancienne, située sur un promontoire, était donc fortifiée au VIIè siècle. Son nom vient de l’adjectif latin fuscus, « noir, sombre ». L’aspect sombre n’est pas celui de la forteresse [TGF*], qui est située en hauteur, mais celui du site, dans une cluse profonde, lieu de passage obligé entre plaine et montagne [DNLF*].

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

  ■ le Songe de Jacob de Jacques Réattu : Jacob est à l’origine du prénom  Jam(e).

■ le buste de Courbet réalisé par Jules Dalou : … pour Dalou, bien sûr !

■ Cette rose a été baptisée Rose Beatris de Planissolas, en souvenir de Béatrice de Planissoles, une femme cathare accusée de sorcellerie, emprisonnée à Foix et morte à Varilhes en 1324.

■ « Fier de sa réputation de ville imprenable, le chef-lieu d’arrondissement en a fait sa devise. » : La devise de Foix est Toque y si gauses soit « Touche-s-y si tu l’oses ». La ville d’Orthez l’a également adoptée (Toca’i si gausas).

Les indices du mardi 13 mai 2025

Personne ne m’a donné la solution de ma dernière devinette.

L’énoncé en était le suivant :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux noms du jour [Mancip, massip].

La commune qui l’abrite porte un nom issu soit de celui d’un homme gaulois aux yeux particuliers soit de celui d’un homme germanique venu de la plaine.

Le chef-lieu de canton porte un nom lié à son territoire constitué de petites étendues alluviales.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement suggère que la forteresse initiale a été bâtie au fond d’une vallée obscure.

■ un (double) indice pour le lieu-dit lui-même :

■ un indice pour la commune :

Les indices du mardi

■ Le nom à trouver est accompagné du prénom.

■ Pour le chef-lieu du canton :

■ Fier de sa réputation de ville imprenable, le chef-lieu d’arrondissement en a fait sa devise.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Mancip, Massip …

Le latin mancipium, de manus, « main », et capio, « prendre », soit littéralement « pris avec la main », signifiait en particulier « propriété » et désignait notamment les esclaves. 

La condition sociale d’esclave étant  de moins en connue au Moyen Âge, le sens s’est élargi pour désigner le « serviteur » dans le château seigneurial ou le « serf » travaillant sur la réserve seigneuriale ou sur la manse servile (une terre qui lui a été dévolue). Dans son Dictionnaire de l’ancien français, Godefroy définit mancipe par : « esclave, serviteur, servant ». Dès le XVè siècle, s’est ajouté le sens d’« escorteur de voyage » : on raconte ainsi qu’en 1604, les députés de Millau Pierre Daures et Cavalier prirent la route de Paris accompagnés d’un massip. C’est avec ces divers sens originels qu’ont été formés les noms de famille Mancip, Macip et Massip.

Le sens de « jeune homme, adolescent », connu aussi bien ancien français qu’en occitan (Trésor du Félibrige), est probablement issu de l’emploi d’enfants ou d’adolescents pour accomplir des tâches demandant peu de qualifications.

Comme souvent, ces noms de famille ont pu laisser quelques traces en toponymie.

Le premier d’entre eux, Mancip est à l’origine de la Manciparié à Rouairoux (Tarn), soit la « propriété d’un nommé Mancip », de la Maison Mancipoz à Saint-Savin (Isère) et de la Peyre Mancip à Saint-Dizier-en-Diois (Drôme).

Le nom Massip est le plus représenté avec une vingtaine de lieux-dits Massip, tous dans le Sud-ouest (Aude, Aveyron, Gers, Landes, Gironde, Tarn, Tarn-et-Garonne, Lot, Lot-et-Garonne ), un Vallon du Massip (Coaraze, A.-M.), trois lieux-dits Massips (Aveyron, Haute-Garonne et Tarn ), un Ruisseau des Massips (Escanecrabe, Haute-Garonne). À Villefranche-d’Astarac (Gers) se trouve le lieu-dit Enmassip (fichier FANTOIR), écrit en deux mots En Massip sur la carte IGN actuelle, mais Enmassip sur la carte IGN de 1950 et sur la carte d’état-major (1820-66), Emmassip sur le cadastre napoléonien (1828) et enfin Le Massip sur la carte de Cassini (feuille 74, Auch, 1771) : il s’agit bien d’une ancienne terre réservée à un mancip, un serf. 

Le couvent Notre-Dame de Massip à Capdenac (Lot) où des enfants juifs furent cachés pendant la seconde Guerre mondiale (clic)

On trouve également des diminutifs. Massipet est un lieu-dit de Malandier (Aude) noté Macipet en 1807. Massipou, qui a pris le sens particulier d’« enfant » en occitan, apparaît dans le nom du Col de Massipous à Chein-Dessus (H.-G. – alt. 870 m) et dans celui de la rue Carré des Massipous à Moulis (Ariège), dont le nom est un pléonasme dans la mesure où carré, francisation du gascon carrèr, signifie « rue, chemin rural, sentier » : c’était la rue où jouaient les enfants.

Sur le même latin mancipare a été formé le verbe emancipare, « émanciper », à l’origine du quartier de L’Émancipation à Graulhet (Tarn). Sur le même mot ont été formés des odonymes comme la rue de l’Émancipation (Drancy, S.-St.-D ;  Sérifontaine, Oise),  la rue des Émancipés (Montgeron, Ess.) ou la rue Émancipatrice (Quinson, A.-de-H.-P.). Et, pour rester dans les odonymes, citons ces illustres inconnus dont on a donné les noms à l’allée Adeline Massip (Caveirac, Gard), à la rue André Massip (Comps, Gard – cf. ici), à la rue Marcel Massip (Agen, L.-et-G. – un ancien magistrat), à la rue Massip Jean (Murviel-lès-Béziers, Hér. – cf. ici) et à la rue Renée Massip (Oloron-Sainte-Marie, P.-A. – cf. ici).

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié aux noms du jour.

La commune qui l’abrite porte un nom issu soit de celui d’un homme gaulois aux yeux particuliers soit de celui d’un homme germanique venu de la plaine.

Le chef-lieu de canton porte un nom lié à son territoire constitué de petites étendues alluviales.

Le nom du chef-lieu d’arrondissement suggère que la forteresse initiale a été bâtie au fond d’une vallée obscure.

■ un (double) indice pour le lieu-dit lui-même :

■ un indice pour la commune :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La Tapole à Lamothe-Cumont (T.-et-G.) : la répàladev

Un Intrus et LGF sont restés les seuls à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver La Tapole à Lamothe-Cumont, du canton de Beaumont-de-Lomagne dans l’arrondissement de Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne.

Lamothe-Cumont :

La Tapole :

Toponymie

La Tapole : comme on le voit sur la carte ci-dessus, il s’agit d’une petite colline d’à peine 260 m de hauteur, ce qui explique son nom, de la racine tap vue dans le précédent billet accompagnée du suffixe diminutif –ol, ici au féminin.

Lamothe-Cumont

Lamothe : du bas-latin motta (probablement d’origine pré-latine), «  hauteur puis tertre naturel ou artificiel surmonté d’un château puis nom du château ».

Cumont : du pré-indo-européen *cucc, hauteur naturelle arrondie, et latin montem. Il s’agit donc d’un doublet tautologique.

Beaumont-de-Lomagne

Beaumont : sans difficulté.

Lomagne : la Limargue (Lot), la Lomagne (Gers, T.-et-G.) et le Lommois (Ardennes) sont tous trois issus du nom de l’orme (celtique limo pour le premier et latin ulmus pour les deux autres), comme je l’écrivais dans ce billet.

Castelsarrasin : j’écrivais déjà l‘an dernier :

L’étymologie de Castelsarrasin (T.-et-G.) donnée par Dauzat & Rostaing (DENLF*) et reprise par E. Nègre (TGF*), qui s’appuyaient sur l’attestation de 847 d’un castrum quod Cerrucium vocatur pour expliquer le nom de Castelsarrasin par celui d’un homme latin Cerrucius, nom tombé par la suite (Castrum Saracenum en 961) dans l’attraction du nom des Sarrasins, est aujourd’hui contestée. Selon P.-H. Billy (DNLF*), l’identification du castrum Cerrucium avec Castelsarrasin est erronée.

La ville est en effet attestée seulement au XIIè siècle, en 1137 Castelli Sarraceni puis Castro Sarraceno en 1156. Le latin castellum (qui apparaît dans le nom de 1137), diminutif de castrum (employé en 1156), a désigné, durant le haut Moyen Âge, toute fortification érigée dans un but militaire ou de protection (d’une abbaye, d’une ville …) puis, dès l’an mil, une ville fortifiée. Ici, il s’agit d’un château seigneurial établi par les comtes de Toulouse et dont le nom serait lié à un personnage, Ramondus Sarracenus. Lié à la famille comtale par sa femme, ce dernier aurait été chargé de mettre en place, outre les sauvetés (fondations urbaines autour de l’asile d’une église) de Montech en 1134 et de Montauban en1144, le castelnau (fondation urbaine autour du château) qui a pris son nom. La forme occitane Castel Sarrazi apparaît en 1162 tandis que la forme française actuelle semble n’apparaître qu’au milieu du XVIIIè siècle et ne figure dans les nomenclatures officielles qu’en 1818.

Je citais cette commune dans un article consacré aux Maures et aux Sarrasins, dans un article consacré aux châteaux et dans un autre article à propos des Vandales. J’ai profité du billet d’aujourd’hui pour effectuer des mises-à-jour et pour compléter la page wikipedia.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

■ le poète « né post-mortem » : Jean Bazille Casseignau (ou Basile Cassagnaou) était un médecin-poète né à Lamothe-Cumont le 27 mai 1821 et mort à Beaumont-de-Lomagne le 1er décembre 1904. Sa pierre tombale, au cimetière de Lamothe-Cumont, le fait naître le 27 mai 1921 – soit sept ans après sa mort !

 ■ Le Parnasse occitan, triptyque de Marc Saint-Saëns, avec le poète Pierre Frayssinet né à Beaumont-de-Lomagne dans la partie centrale.

 ■ La Passante du pont Saint-Pierre (photographie de Monique Boutolleau) montre ledit pont toulousain dans le brouillard. L’église de Lamothe-Cumont est vouée à saint Orens d’Auch dont la légende raconte qu’il aurait mis en fuite les troupes romaines de Litorius qui voulaient s’emparer en 439 de la Toulouse wisigothe en les perdant dans un épais brouillard qu’il avait appelé dans ses prières.

 ■ Les Grands Ormes par Gordon Pfeiffer (1940), pour l’étymologie de la Lomagne.

Les indices du mardi 06 mai 2025

Un Intrus et LGF n’ont pas eu besoin d’indices supplémentaires pour me donner la réponse à ma dernière devinette. Félicitations à tous les deux !

L’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune au nom oronymique re-redondant : il est en effet formé de deux mots dont le deuxième exprime deux fois ce que le premier disait déjà, comme si on avait Montagne-Puypic.

Cette commune pourrait s’enorgueillir d’avoir vu un poète y naître post-mortem

Le nom du chef-lieu de canton est lui aussi un oronyme complété par le nom du pays, lequel est issu de celui d’un arbre.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné et expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, notamment à propos du bâtiment et de celui pour qui il a été construit qui lui ont donné son nom.

Un indice, pour la commune (et un peu plus) :

Les indices du mardi

■ pour le saint auquel l’église de la commune est vouée :

■ pour le pays :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tap et tapie

Après avoir examiné les toponymes Teppe puis Tépé et Tapia,  issus de la racine pré-latine *tippa, « sommet, friche », je m’intéresse aujourd’hui aux toponymes du type Tapie, dont l’étymologie est plus difficile à cerner.

L’occitan utilise le terme tap pour désigner l’argile jaune ou bleue. Dans le Rouergue, ce même terme peut désigner un sous-sol argileux composé généralement de roche de mauvaise qualité tandis que, dans la région de Nîmes, le taparàs est le nom d’une roche formée de cailloux et de sable aggloméré, une sorte de poudingue.

C’est le sens d’argile qui a donné les dérivés tàpia ou tàpi désignant le mur de terre battue, le bâtiment aux murs en pisé, la hutte de terre, le hangar aux murs de terre servant d’abri pour les charrettes et les outils du paysan. Ce sens est également connu de l’espagnol avec tàpia, panneau de pisé entrant dans la construction d’un mur.

Une origine pré-latine est sans doute à supposer pour tous ces termes. La racine pré-indo-européenne *tap ou *tapp, « mont, pierre », aurait d’abord eu le sens de « butte » – proche de *tippa – avant de désigner plus spécifiquement l’argile.

Tap

Cette racine est à l’origine de nombreux toponymes :

  • sous la forme simple : le Tap (Castelnau-d’Estrétefonds, H.-G.), le Tap du Roi (Villemur-sur-Tarn, id.), le Tap de Madame (Cumont, T.-et-G.), le Tap du Plantier (Orgueil, id.), le Col del Tap (Mazamet, Tarn), Guins de Taps (Auzat, Ariège) etc. désignant tous des reliefs plus ou moins hauts auxquels on peut ajouter des lieux-dits (le) Tap (Aiguillon (L.-et-G. ; Peyrecave, Gers etc. ).
  • avec deux –p– : (la, le ou les) Tappe(s) (Écleux, Jura ; Évron, May. ; Les Contamines-Montjoie, H.-Sav. ; Miéry, Jura ; Louailles, Sarthe etc.), Tappa (Sollacaro et Solta, Corse-du-Sud) et le site préhistorique de Tappa (Porto-Vecchio, id.) ;
  • avec suffixe diminutif –et : le Tapet (Sainte-Cécile-d’Andorge, Gard ; Montdurausse, Tarn etc.), les Tapets (Rustrel et Apt, Vauc. ; Pégonnas, A.-M. etc.) etc. ;
  • avec suffixe diminutif –ol : Tapol (Bazens, L.-et-G.), le Tapoul (Rousses, Loz.) d’où les Gorges du Tapoul qui descendent de l’Aigoual etc. F. Mistral (TDF*) donne le substantif féminin tapolo, « petit tertre, motte » avec l’exemple de « la tapolo d’Engagrin, nom d’un tumulus qu’on voit près de Beaumont (Tarn-et-Gar.) » : il s’agit du lieu-dit qu’on appelle aujourd’hui la Pièce de la Tapole à Beaumont-de-Lomagne situé au lieu-dit En Dadet, anciennement Endadet.
  • avec suffixe diminutif –on : le Tapon (Parcoul, Dord. etc.),  les Pics de Tapou et la Brèche de Tapou (Gavarnie, H.-P.), le Tapou (Tuchan, Aude etc.) — où la finale –ou est la forme phonétique.

 

L’occitan taparèl, taparot « petit tertre, petite butte »  se retrouve dans les noms de Taparel (Chirols, Ardc. , Méreuil, H.-A.) et Taparot (Saint-Orens-de-Gameville, H.-G.). L’occitan taparàs, « poudingue dur » a donné son nom au Taparas (Mialet, Saint-Denis, Saint-Paul-Lacoste et Muret, dans le Gard) et aux Taparasses (Le Val, Var).

Parfois, le –p– a pu être remplacé par un –b-, d’où les noms du Massif et du Pla de Tabe (Cazenave-Serres-et-Allens, Ariège) et de la Tabe Blanche (Urdos, P.-A.), où l’article et l’épithète laissent penser à une variante féminine tabe de tap au sens de « hauteur ». Avec le suffixe –esa apparait le nom Tabèze d’une colline à Saint-Simon (Cantal).

Cette même racine *tap pourrait également être à l’origine du mot tap, « bouchon » (et du francique *tappon et du bas-latin *tappum, de même sens), peut-être d’abord « boule de terre argileuse servant à boucher, à colmater », d’où sont peut-être issus certains des toponymes cités plus haut ainsi que les noms de Taponas (Rhône) et de Taponat-Fleurignac (Char.) formés selon E. Nègre (TGF*) avec un suffixe augmentatif pour désigner sans doute une hauteur ressemblant à une grosse bonde — mais A.-M. Vulpas et C. Michel (NLLR*) préfèrent y voir des dérivés de  *tippa au sens de terrain gazonné, friche ou jachère, comme pour le lieu-dit Tapigneux (Génilac, Loire).

On trouve également de patronymes comme Tapon, d’où les lieux-dits Chez Tapon (Nonac, Char. etc.), la Taponière (Saint-Ouen-les-Vignes, Char.-M.) et la Taponnière (Cheffois, Vendée etc.) – ces deux derniers pouvant être des propriétés d’un nommé Tapon ou bien des fabriques de bouchons.

Enfin, on trouve les lieux-dits Maltape à Tavers (Loiret) et Malatappe à Valserhône (Ain) dont je n’ai pas pu m’assurer, en l’absence de formes anciennes et de documents appropriés, que le nom était bien lié à cette série toponymique – et c’est bien dommage parce que j’en aurais bien fait ma devinette du jour !

Les Gorges de Tapoul en Lozère

Tapie

Tàpia et tàpi ont eu, ont l’a vu, le sens de bâtiment aux murs en terre battue ou en pisé, d’où certains toponymes indiquant la présence ancienne de telles bâtisses. Par la relation du lieu d’habitation à l’habitant ont également été formés des noms de familles comme Tapia, Tapie, Tappie, Latapie etc. tandis que le nom du bâtisseur en pisé se retrouve dans des patronymes comme Tapier ou Tapié.

Je n’ai trouvé qu’un seul lieu-dit Tapia, à Dun en Ariège.

Les toponymes du type (La) Tapie sont bien plus nombreux (Mondragon, Vauc. ; Cocumont, L.-et-G. ; Calmont, Av. etc. Ils sont parfois complétés comme pour la Grande Tapie (Mornas, Vauc.), la Tapie Brûlée et la Tapie Saint-Léger (Arles, B.-du-R.) etc. ou servent eux-mêmes de complément comme pour le Château de la Tapie (Condom, Gers), , le Soulan de la Tapie (Crastes, id. – soulan, synonyme d’« adret »), Lubac de la Tapie (Désaignes, Ardc. – l’ubac avec agglutination de l’article), le Mas de la Tapie (Beaucaire, Gard), le Pioch de la Tapie (Paulinet, Tarn – pioch, équivalent local de « puy ») ou encore le Ruisseau de la Tapie (Désaignes, Ardc.). Le pluriel, plus rare, se rencontre néanmoins avec Tapies (Cornus, Av.) et Las ou Les Tapies (Condom, Gers ; Agen-d’Aveyron, Av. ; Tulette, Dr. etc).

L’agglutination de l’article est à l’origine de plus de quatre-vingt lieux-dits Latapie, tous dans le Sud-Ouest, comme à Ségos (Gers), Sarrance (P.-A.), Bouglon (L.-et-G.), Thédirac (Lot), Lacave (Ariège) et Caussade (T.-et-G.). Avec une graphie légèrement différente, on trouve des lieux-dits Latapy (Sauvelade, P.-A. ; Nérac, L.-et-G. etc.) et Latapi (Madiran, H.-P.).

Le nom du bâtisseur, le tapièr, se retrouve dans celui de Tapié (Monségur, Landes ; Ger, P.-A. ; Lugan, Tarn etc.), des Tapiès (Bellegarde, id.) et dans celui de Tapier (Eauze, Gers).

Plus rare, la graphie tapy se retrouve néanmoins dans le nom d’une vingtaine de lieux-dits La Tapy (Vert, Landes ; Bédarrides, Vauc. ; Antagnac, L.-et-G. etc.), le Mas de la Tapy (Saint-Andiol, B.-du-R.), la Serre Tapy (Le Poët-Laval, Dr.) ou encore Le Tapic (Saint-Marcel-d’Ardèche, Ardc.), qui était Le Tapy sur la carte d’état-major.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est lié aux mots du jour.

Il est situé dans une commune au nom oronymique re-redondant : il est en effet formé de deux mots dont le deuxième exprime deux fois ce que le premier disait déjà, comme si on avait Montagne-Puypic.

Cette commune pourrait s’enorgueillir d’avoir vu un poète y naître post-mortem

Le nom du chef-lieu de canton est lui aussi un oronyme complété par le nom du pays, lequel est issu de celui d’un arbre.

Le chef-lieu d’arrondissement a été mentionné et expliqué à plusieurs reprises sur ce blog, notamment à propos du bâtiment et de celui pour qui il a été construit qui lui ont donné son nom.

Un indice, pour la commune (et un peu plus) :

 

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Tépier à Bourg-de-Péage (Drôme) : la répàladev

 Un Intrus est le seul à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !devinette.

Il fallait trouver le lieu-dit Tépier à Bourg-de-Péage, dans l’arrondissement de Valence, dans la Drôme.

Bourg-de-Péage, c’est ici :

Et Tépier, là, tout en bas :

La toponymie

Tépier : ce lieu-dit est mentionné sous la forme Mon Tépier sur le cadastre napoléonien de 1811 (Bourg-de-Péage, section D dite de Chambois) et simplement Tépier sur la carte d’état-major (1822-66). On reconnait dans ce nom l’occitan tepiero que Mistral et Pégorier traduisent par « pelouse ; pièce de gazon » et que l’on s’accorde à faire venir du pré-latin *tippa vu dans les précédents billets.

Cependant, la mention Mon Tépier de 1811, à comprendre Maison Tépier, peut faire également penser à un patronyme Tépier.

Bourg-de-Péage : il y a moins d’un an, dans un billet consacré aux péages j’écrivais :

Deux communes seulement portent un nom rappelant leur passé de station péagère : il s’agit de Bourg-de-Péage (Drôme – Pedagium Burgi Pesanciani en 1455 : l’usage du pont pour franchir l’Isère vers Romans donnait lieu à un péage au profit de la seigneurie de Pizançon – aujourd’hui simple village de Chatuzange-le-Goubet) et Péage-de-Roussillon (Is., situé sur l’ ancienne voie romaine devenue la Nationale 7, à l’entrée de Roussillon).

Le Bois des Naix : ce parc d’agrément de Bourg-de-Péage doit son nom à la variante naix de l’ancien français noe, noue, « sol gras et humide ; terrain bas inondé dans les débordements », formé sur l’ancien français neier, « noyer », au sens d´« inonder », lui-même issu du bas latin noa, du latin médiéval et bas latin nauda,  eux-mêmes du gaulois *nauda, *naudon, « terre marécageuse humide ». Le parc a été aménagé sur un lieu marécageux, traversé par le ruisseau de la Maladière et  resté longtemps très humide.

Valence : la ville est attestée Valentia chez Pline l’Ancien en 77. Nul besoin d’imaginer un nom d’homme latin Valentius, avec villa sous-entendu, comme Dauzat & Rostaing, ni un nommé Valens, comme Nègre : le nom vient simplement de l’appellatif latin valentia, « vigueur, courage » ; il s’agissait de louer la vertu principale attribuée à la ville et à ses habitants. On trouvera la forme Valensa en 1228, la forme franco-provençale Valenci en 1339-40 et la française Valence dès 1450.

Valence a été mentionnée sur ce blog à propos de la rue du Ha-Ha (où se trouve un obstacle interrompant brusquement le chemin), de la place de la Dragonne (Anne Quatresault, dite Anne Quatre-Sous, surnommée « la dragonne », en raison de son enrôlement dans un régiment de dragons) et de la rue Chantelouve (depuis les Romains et la légende de Romulus et Rémus, on sait que lupa, « la louve », est un nom qui désignait la prostituée).

Les indices :

 ■ La louve capitoline : pour la rue Chantelouve à Valence.

■ Manfred Man chantant Ah! Ah ! Said the clown, un à-peu-près pour la rue du Ha-Ha à Valence.

■ Les Ségovellaunes, au sud de l’Isère : le nom des Ségovellaunes est composé du gaulois *sego, « victoire, force », et *uellaunos, « chefs, commandants ». C’était la tribu aux chefs victorieux.

■ Les Allobroges, au nord de l’Isère : le nom des Allobroges est composé du gaulois *allo-, « autre », et *brogi-, « pays », soit : (le peuple) venu d’autres pays. Dès le IVe siècle av. J.-C. , un scholiaste de Juvénal (VIII, 234) expliquait :  dicti quia ex alio loco fuerant translati, soit  « ils ont été appelés Allobroges parce qu’ils avaient été déplacés d’un autre lieu ».

 ■ Le péage médiéval : référence limpide à Bourg-de-Péage.