Les Malcigoulets à Brenas (Hérault) : la répàladev

Un Intrus et TRS ont trouvé la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux !

Il fallait trouver le lieu-dit Malcigoulets à Brenas, dans le canton de Clermont-l’Hérault du département de l’Hérault.

Brenas, c’est ici :

Et Les Malcigoulets, là, tout en bas :

Toponymie

Les Malcigoulets : le nom de ce lieu-dit est écrit Malagoulets sur le cadastre napoléonien de 1827 et encore sur celui de 1971. Il s’agit d’une altération de l’occitan mals goulets, « les mauvais passages étroits ». La prononciation malsigulèts, avec une voyelle i épenthétique, explique l’orthographe Malcigoulets de la carte IGN actuelle et du fichier FANTOIR.

Brenas : attesté ad Brenazs et ville Brenas en 1149 puis in Brenatio en 1174 et Brenas dès 1571, du nom d’homme gaulois Brennos et suffixe pré-latin –atis. Le nom Brennos est une variante du celte branos, « corbeau » (cf. le vieil irlandais bran  « corbeau » et  les gallois, cornique et breton bran de même sens). Ce nom était souvent attribué à un valeureux guerrier voire à un chef.

Clermont-l’Hérault : c’est à la Révolution que cette ville a pris le déterminant -l’Hérault.

Clermont : la première mention de ce nom concernait le marché sous la forme via publica mercatorum Claromontemsium en 1140. On trouvera ensuite apud Claromontem castrum en 1158 et in castello Clari montis en 1160. Si le sens du latin montem, « mont, colline », ne fait pas de difficulté, l’adjectif claro a donné lieu à plusieurs interprétations.  Frank R. Hamlin (TH*), reprenant les travaux de Gaston Combarnous (Annales du Midi, tome LXXII, n° 51, 1960), propose de voir dans claro monten une « hauteur orientée vers le soleil levant ». P.-H. Billy (DNLF*) , à propos de Clermont-Ferrand, propose de recourir à l’ancien français cler, « peu épais, peu serré (à propos d’une forêt) » et à son dérivé clere, « clairière » : la montagne ainsi désignée aurait donc été vide d’arbres. Dauzat & Rostaing (DENLF*) estimaient que clair est à prendre au sens de « bien dégagé, que l’on voit de loin ». E. Nègre (TGF*) donnait le choix entre « de couleur claire » ou « célèbre, illustre ». Plus judicieusement semble-t-il, J. Astor (DNFLM*), qui note le très grand nombre d’occurrences de cet adjectif clair pour qualifier des lieux fort différents (Clairefontaine, Clervaux ou Clerval, Clairlieu, Clairmarais, Clairvivre etc.), estime qu’il ne peut avoir qu’une valeur laudative, celle qu’il a dans les expressions médiévales vis clair, « beau visage », claires et nobles dames, et même dans Hauteclaire, nom de l’épée d’Olivier, compagnon de Roland, alte clere, « fière et belle ». On peu faire le parallèle avec l’adjectif bel qui a, lui aussi, donné de nombreux toponymes (Belmont, Beaumont, Beauval, Bellefon, Beaulieu …).

Hérault : le nom de ce fleuve est d’abord attesté en grec Αραυρις en 7 av. J.-C. par le géographe Strabon, puis en latin Arauris au milieu du Ier siècle par Pomponius Mela. Il passera à Eraur vers 1029. Depuis le XIIè siècle au moins, la consonne finale -r n’est plus prononcée, d’où Herau en 1189. Plusieurs consonnes d’appui apparaitront plus tard dans la graphie : flumen Herauti et Herausi en 1189, Heraud en 1472 et enfin Herault en 1643.  On peut voir dans ce nom la racine hydronymique pré-indo-européenne *ar– complétée par le double suffixe -*awar (DENLF*; DNFLM*) ou, plus simplement, l’indo-européen *er, « se mettre en mouvement » complété par *auer, « eau, pluie, couler » (DNLF*).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

■ un corbeau sur une terre rouge : le corbeau pour le gaulois Brennos éponyme de Brenas, la terre rouge pour la ruffe, caractéristique du paysage de Brenas et alentours.

■ la ruffe :  cf. ci-dessus.

■ le film La Belle Saison a été tourné en partie à Clermont-l’Hérault et autour du lac Salagou.

Les indices du 1er avril 2025

Personne n’a encore résolu ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est issu du latin gula sous la forme goule, accompagné d’un déterminant difficilement identifiable.

Il est situé dans une commune dont le nom montre qu’il s’agissait du domaine d’un Gaulois.

Cette commune est située dans un territoire agricole dont le nom signifie étymologiquement dans la langue locale « zones situées au-dessus », généralement traduit par « les coteaux » –  pour la plupart plantés en vigne.

Le premier élément du nom du chef-lieu du canton indique qu’il a été bâti sur une colline exposée à l’est ou bien sur une colline peu ou pas boisée.

Un indice pour la commune :

Les indices du mardi

NB cette affaire de devinette étant une affaire sérieuse, il n’y aura pas de poisson dans les indices.

■ et j’en rajoute une couche pour la commune :

■ et cette affiche pour le chef-lieu de canton :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La goule

Issu du latin gula, comme le mot « gueule » vu dans le précédent billet, le mot « goule » – aujourd’hui disparu des dictionnaires – a désigné lui aussi une ouverture béante, une source d’eau jaillissant de terre et aussi une entrée de vallée, une vallée étroite, une gorge, un défilé etc. C’est dans ces différents sens que ce mot et ses dérivés ont été utilisés pour décrire et nommer le paysage.

Goule

Ce terme apparait, au singulier comme au pluriel, dans le nom de très nombreux lieux-dits habités ou non, comme pour la Goule à Lespignan (Hérault), un ancien estuaire de l’Aude dans l’étang de Vendres ; la Goule à Charmauvilliers (Doubs), un rétrécissement du Doubs provoqué par un éboulement de rochers lors du séisme de 1356 qui détruisit Bâle ; les Goules, un ravin à Gourbit (Ariège) ; les Goules, à Gruissan (Aude), le passage de l’étang de l’Ayrolle à celui de Campignol ; et de très nombreux autres.

Comme la « gueule », la « goule » est le plus souvent accompagnée d’un déterminant. On trouve ainsi :

  •  un adjectif : Belle Goule (L’Épine, Vendée), Goule Verte (Saint-Julien-en-Vercors, Dr. – une grotte dans les gorges de la Bourne), (la) Grande Goule (Le Gua, Is. ; Thorens-Glières, H.-Sav.), la Goule Grosse (Arrens-Marsoux, H.-P. – un torrent encaissé se jetant dans le Gave d’Arrens), la Goule Rouge (Thevray, Eure), la Goule Blanche et la Goule Noire (Rancurel, Is.) etc.
  • un nom de lieu : Goule d’Enfer (Erquy, C.-d’A.), Goule des Vaux (Béganne, Mor.), la Goule de Foussoubie (Vagnas, Ardc. – l’entrée d’un réseau de galeries souterraines redoutable par ses crues soudaines), Goule de Laval (Grabels, Hér. – « l’entrée de la vallée »), la Goule du Grand Carcan (La Compôte, Sav. – une cascade encaissée), la Goule de Marcenac (Cabrerets, Lot – une cavité périodiquement noyée), la Goule de Sauvas (Saint-Paul-le-Jeune, Ardc. – une cavité où se perd la Claysse), la Goule de Navet (Saint-Paul-les-Fonts, Gard – une calade en pierre qui emprunte une ancienne voie romaine ; navet : diminutif de nave, « combe, vallée », d’origine pré-latine), la Goule de l’Iselet (Cruseilles, H.-Sav. – une source au hameau de l’Iselet, « l’ilet », éloigné de tout) etc.
  • un nom d’animal : la Goule d’Aze (Saint-Martin-de-Lansuscle, Loz. – occitan ase/aze, « âne »), la Goule d’Oie (La Chaussée, Vienne – qui semble avoir désigné un passage étroit) et Saint-André-Goule-d’Oie (Vendée), la Goule au Loup (Saint-Malo, I.-et-V. – une grotte marine) etc.

  • un nom de personne : la Goule des Fées (Dinard, I.-et-V. – une autre grotte marine), la Goule de Gaillard (Fleury, Aude), la Goule Bertet (Briantes, Indre) etc.
  • un autre déterminant : Goule Brus (Balazuc, Ardc. – occitan brus, brusc, bruc, « bruyère »), la Goule des Bois (Fay-de-Bretagne, C.-d’A. etc), la Grotte des Deux Goules (Saint-Vallier-de-Thiey, A.-M.), le Trou des Trois Goules (Fléac-sur-Seugne, Ch.-M.) etc.

Goule a pu servir de déterminant comme pour le Puy des Goules (Saint-Agnan-près-Crocq, Cr. ; Orcines, P.-de-D.), la Vallée des Goules (Vaulx-Vraucourt, P.-de-C.), le Col des Goules (Orcines, P.-de-D.), Combe de la Goule (Poulx, Gard), Étang de Goule (Maîche, Doubs ; Valigny, Allier), le Moulin de Goule (Labathude, Lot) etc.

Le masculin goul (occitan gòl) est beaucoup plus rare mais on le retrouve néanmoins dans le nom de Goul (Raulhac, Cant. ; Sauviac, Gir. ; Belvèze, T.-et-G.), Goul Bleu et Goul Noir (Bourg-Saint-Andéol, Ardc.), Goul d’Oie (Peilhac, Mor.) ou encore dans le nom de plusieurs cours d’eau Le Goul (Saint-Clément, Cant. ; Murols, Av.), le Ruisseau du Goul (Montcel, Sav.), le Barrage du Goul (Saint-Hippolyte, Av.) etc.

Enfin, on trouve parfois le nom orthographié avec –ll– , à commencer dans le nom de la commune des Goulles (C.-d’Or, Gulae en 1198, désignant plusieurs sources abondantes) et dans celui de la commune de Goulles (Corr. – mais la forme Anguli de 1315 peut faire penser à un pluriel de l’occitan angulo, « coin de terre » ou anculo,« contrefort, éperon »). On trouve également la Goulle et le Haut de la Goulle à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), et les Goulles à Tendon (id.).

Les dérivés

     ■ diminutif goulet : l’ancienne commune du Goulet, aujourd’hui dans Monts-Sur-Orne (Orne) doit vraisemblablement son nom à l’ancien château du Goulet, bâti au confluent de l’Orne et de la Cance vu comme un goulet d’étranglement, plutôt qu’à la rue étroite du village comme le suggère E. Nègre (TGF*). Plus de deux cents lieux-dits portent le nom de (le ou les) Goulet(s), désignant une gorge, un passage, un défilé en pays de montagne, un mince filet d’eau ou un ruisseau en Gascogne, un col ou l’ensellement d’une crête dans les Alpes, le Jura et le Vivarais ou encore un passage étranglé entre deux plans d’eaux. On citera par exemple le Goulet de Brest qui fait correspondre la rade de Brest et la mer d’Iroise, le Massif du Goulet formant une crête parallèle à celle du mont Lozère, le Grand Goulet, une gorge à Saint-Christophe en Savoie, le Col du Goulet à Allevard en Isère (ou col de Crouzet, 1167 m), le Goulet de Malpertu à Issamoulenc en Ardèche, c’est-à-dire « du mauvais pertuis », le Tuhou du Goulet à Campan dans les Hautes-Pyrénées (Tuhou, forme bigourdane de l’oronyme pré-indo-européen *tuc, 1598 m), les Goulets à Échevis dans la Drôme (attestés Pons Goleterum en 1318), qui désignent une gorge et un passage creusé en galerie dans le roc, dont une partie, dite les Grands Goulets, ouvre sur la commune de La Chapelle-en-Vercors et dont l’autre, dite les Petits Goulets, ouvre sur le Royannais. On n’oubliera pas les nombreux ruisseau du Goulet (Asson, P.-A. ; Prayssas, L.-et-G. ; Savenay, L.-A. etc.) et bien d’autres.

Le féminin goulette se rencontre là aussi dans de très nombreux noms (la ou les) Goulette(s). On signalera par exemple le redondant Gorge des Goulettes (Beaulieu-en-Argonne, Meuse), la Goulette (une crête de montagne à Pourcharesse et une autre à Prévenchères, en Lozère), les Goulettes (Arcy-sur-Cure, Yonne – l’entrée d’une rivière souterraine) etc.

Le nom Goulet étant devenu patronyme, on trouve la Gouletterie (Le Luart et Thorée-les-Pins, Sarthe ; Magny, E.-et-L. etc.), les curieux La Gouletrie (Chenac-Sain-Seurin-d’Uzet, Ch.-M.) et La Goulettrie (Les Hermites, I.-et-L.) ainsi que La Gouletière (Vigneux-de-Bretagne, L.-A.). Le Gouletier (Saint-Mathieu-de-Tréviers, Hér.) semble bien être un dérivé du même type mais le masculin fait difficulté.

Plus rare, l’orthographe avec –ll– se retrouve néanmoins dans les noms du Goullet (Cazes-Mondenard, T.-et-G. ; Trept, Is. ; Yvignac-la-Tour, C.-d’A. etc.), des Goullets (Ellecourt, S.-M. ; Vaissac, T.-et-G.), du Clos Goullet (Gaël, I.-et-V.), de la Côte Goullet (Les Deux-Alpes, Is.), du Mas de Goullet (Promilhanes, Lot) etc.

Signalons également la margoulette (CNRTL) qui apparait dans les noms de La Margoulette (Magnac-Laval, H.-Vienne ; Rugny, Yonne) sans que j’en comprenne bien la motivation.

     ■ diminutif goulot : guère moins nombreux que les précédents, on trouve des toponymes du  type (Le ou Les) Goulot(s) ou (La ou Les) Goulotte(s) répartis très majoritairement en Bourgogne-Franche-Comté et dans le Grand-Est. Ces noms désignent le plus souvent des vallons étroits comme Le Goulot à Vandières (Marne) ou La Goulotte à Liverdun (M.-et-M.). En Bourgogne, ce terme peut prendre un des sens du mot de l’ancien français gole, celui de « source » : Les Goulots, un climat premier cru de Gevrey-Chambertin (C.-d’Or), doivent leur nom aux eaux qui, à certaines périodes de l’année, ruissellent sur le coteau ; La Goulotte, à Monthélie (id.), est une parcelle A.O.C. située au fond d’un vallon étroit dans lequel coule la source du Darigard, à laquelle il arrive même de « dégouliner ».

La Goulottière (Montacher-Villegardin, Yonne), La Goulotière (Étival-lès-le-Mans, Sarthe) et La Goulotterie (Pont-d’Ouilly, Calv.) sont très certainement des toponymes formés sur le nom du propriétaire, Goulot.

On trouve, là aussi, l’orthographe avec –ll– , par exemple à La Goulotte (Savigny-le-Bois et Chassy Yonne) ou au Goullot au Male (Géraudot, Aube).

     ■ goulée :  ce nom a été généralement employé au sens de petit ruisseau, petit canal ou de simple rigole ou encore au sens de petit vallon.  On trouve ainsi des lieux-dits nommés la Goulée (Rurey et Sourans, Doubs ; Bresny, Aisne ; Fleury, Oise etc.) ou Les Goulées (Silly-Tillard, Oise ; Saint-Baudille-de-la-Tour, Is. etc.). Comme les autres, ce terme a pu devenir patronyme et être alors employé pour désigner la propriété d’un nommé Goulée. C’est sans doute le cas pour la Matte (« sablière ») et le Port de Goulée qui prennent le nom du lieu-dit Goulée à Jau-Dignac (Gir.) lequel était le nom d’un moulin situé sur une hauteur. Le même nom s’est écrit Gouley d’où les noms de plusieurs-dits Le Gouley (Rully, Calv. ; Grignols, Dord. etc), Gouleix d’où les noms des lieux-dits Les Gouleix (Champagnat et Sous-Parsat, Cr. ; Landogne, P.-de-D.) et même Goulay d’où les noms de Goulay (Val-d’Étangson, Sarthe – écrit Goulet sur la carte de Cassini ; Bréhand, C.-d’A. etc.).

     ■ adjectifs Goulu, Goulard etc. : sur l’ancien français goule, comme sur gueule, ont été formés des adjectifs désignant le plus souvent un individu gourmand, goinfre ou au verbe fort, un « gueulard ».

On trouve par exemple un Fief Goulu (Plaine-d’Argenson, Deux-Sèvres ; Saint-Christophe, Ch.-M.), le Goulu (Farens, Ain – déjà présent sur la carte de Cassini), le Désert Goulu (Chancey, H.-Saône), le Pré Goulu (Rioz, id.), la Loge Goulue (Nérondes, Cher) etc. En revanche, la Goulue (Cussey-sur-Lison, Doubs) est le nom d’un petit cours d’eau qui alimentait un moulin. La forme occitane goulou apparait dans les noms du Goulou bas et du Goulou haut (Colombiès, Av.), des Goulous (Sadournin, H.-P.), de la Fontaine des Goulouzes (Oust, Ariège) etc.

L’adjectif goulard est représenté par des noms du type (Le, La ou Les ) Goulard(es) ou encore Chez Goulard (Guitinières, Char.-M. ; Cherves-Richemont, Char.), Fief Goulard (Saint-Pardoult, Char.-M.), Les Goulards (Saint-Laurent-de-la-Barrière, Char.-M.),  la Grange Goulard (Marans, Char.-M. – les Goulard étaient une grande famille charentaise …) etc. Sur ce même patronyme ont été formés les noms de La Goularderie (Chambon, Char.-M. – ben tiens ! ; Thorigny, Vendée etc.), de La Goulardière (Margot, oui, en Char.-M. ; Betz-le-Château, I.-et-L. etc.) et de La Goulardrie (Saint-Médard, Char.). On trouve également, avec –ll-, le Bois Goullard (Chapelle-Viviers, Vienne) et le Champ Goullard (La Mouche, Manche ; Saint-Martin-l’Aiguillon, Orne).

Le patronyme Goulat est une variante de goulard, d’où des toponymes Le Goulat (Nontron, Dord. ; Malause, T.-et-G. etc.), le Moulin de Goulat (Servières-le-Château, Corr.), les Goulattes (Les Bordes-Aumont, Aube), La Goulaterie (Malicorne, Yonne) etc.

De même sens, le patronyme Goulais est surtout répandu en Bretagne d’où Les Goulais (Bobital, C.-d’A. ; Goven, I.-et-V. etc.) mas on le trouve également dans le Centre aux Goulais (Châteaumeillant, Cher etc.), aux Goulaises (Saint-Jean-des-Échelles, Sarthe etc.) ou encore en Normandie à la Goulaiserie (Gathemo, Manche). D’autres formes encore apparaissent dans le nom de Gouliard (Chomérac, Ardc. ; Lapeyrouse, P.-de-D. etc.) et du Gouleau (Isle-et-Bardais, Allier etc.).

L’augmentatif goulas a donné des noms comme Le Goulas (Lunac et Le Bas-Ségala, Av. etc.) ou Les Goulas (Saint-Junien, H.-V. ; Le Landreau, L.-A. etc.), La Goulasse (Chancelade, Dord. etc.), la Goulassière (Hérisson, Allier etc.) ou encore Les Goulassons (Haut-Bocage, Allier).

      ■ Goulafre : cet adjectif de même sens que les précédents a donné des patronymes notamment en Normandie et en Bretagne. La commune de La Goulafrière (Eure, Gulafreria en 1128 ) devrait son nom à un certain chevalier Roger, dit Goulafre, d’où le patronyme Goulafre de ses descendants (source + Les noms des communes et anciennes paroisses de l’Eure, François de Beaurepaire, 1981), plutôt qu’à « l’ancien français goulafrer, (« dévorer »), sans doute pour décrire une terre qui engloutissait tous les revenus » (DENLF*) ou au nom de personne germanique Guolfarius+a (TGF*). On trouve également des lieux-dits Goulafre (Coquainvilliers, Calv. ; Oucques-la-Nouvelle, L.-et-C. etc.), La Goulafrie (Cornillé-les-Caves, M.-et-L.), La Goulafrais (Dourdain et Pirpriac, I.-et-V. etc.) ou encore La Goulaffre Mouriez, P.-de-C.).

     ■ les communes  Haute-Goulaine et Basse-Goulaine (L.-A.), attestées Golena en 1123 pour la première et Goulena en 1287 pour la seconde, doivent plus probablement leur nom à goule, au sens de « goulot » pour désigner un déversoir des marais (DENLF*) plutôt qu’au nom d’homme germanique Gaulesnus + a (TGF*), comme le suggère le nom de la Goulaine, affluent rive gauche de la Loire. On trouve ailleurs d’autres lieux-dits nommés la Goulaine (La Motte-Saint-Jean et saint-Germain, S.-et-L. etc.) ou les Goulaines (Sincery, Aisne).

Les faux-amis

Le Bois de Sainte-Goule à Custines (M.-et-M.) doit son nom à une altération de celui de sainte Gudule, la patronne de Bruxelles.

L’ancienne commune de Goulier-et-Olbier (aujourd’hui dans Val-de-Sos, Ariège), porte le nom occitan attesté sur place de golhièr, « bourbier » – cf. l’occitan golhàs et le limousin gaulhé, « amas d’eau bourbeuse » (TGF*) plutôt qu’un dérivé en –ier de gula, au sens d’ensemble de gorges (DENLF*).

Le nom de Gouloux (Nièvre), qui est attesté Govilis en 721, Gubilium au XVIè siècle, Goulos en 1535 et Goulout en 1649, fait difficulté. Dauzat & Rostaing (DENLF*) y voient un dérivé du latin cubile, « lit » pour désigner un « gîte pour les troupeaux », muni ultérieurement d’un suffixe. E. Nègre (TGF*) émet l’hypothèse d’un nom de personne roman *Gauvillus (formé sur le nom  Galbilla, féminin de Galba) qui aurait subi l’attraction tardive de l’oïl goulous, « goulu, gourmand ».

Vous l’attendiez sûrement : l’homonyme goule, « vampire femelle » (de l’arabe ġūl), n’a, à ma connaisssance, pas été à l’origine de toponymes.

J’en termine en signalant qu’il existe de nombreux autres toponymes issus du latin gula (avec d’autres suffixes ou des variantes orthographiques) plus confidentiels que ceux se rapportant à gueule ou goule. Ils devraient faire l’objet d’un troisième article.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine dont le nom est issu du latin gula sous la forme goule, accompagné d’un déterminant difficilement identifiable.

Il est situé dans une commune dont le nom montre qu’il s’agissait du domaine d’un Gaulois.

Cette commune est située dans un territoire agricole dont le nom signifie étymologiquement dans la langue locale « zones situées au-dessus », généralement traduit par « les coteaux » –  pour la plupart plantés en vigne.

Le premier élément du nom du chef-lieu du canton indique qu’il a été bâti sur une colline exposée à l’est ou bien sur une colline peu ou pas boisée.

Un indice pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Pougueule aux Andelys (Eure)

Un Intrus, LGF et TRS restent les seuls à avoir résolu ma dernière devinette. Félicitations à tous les trois !

Il fallait trouver le lieu-dit Pougueule de la commune des Andelys, dans l’Eure.

Les Andelys, ici, en haut :

Pougueule, là, en bas :

La toponymie

Pougueule : attesté Coupegueule-sus-Gaillart en 1330, Couppegueule en 1416, Pouppegueulle en 1664, Pougueulle en 1680 et Pougueil sur la carte de Cassini (feuille 25, Rouen,1757) avant de revenir à Pougueule sur la carte d’état-major à la fin du XIXè siècle. Le Dictionnaire topographique du département de l’Eure (Ernest Ploret de Bosseville, 1877) explique : « le nom de Pougueule est une altération consacrée du nom de Coupegueule ». C’est un nommé Brossard de Ruville, auteur en 1864 d’une Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances, qui racontait l’histoire de ce lieu-dit et en expliquait le nom (volume II, p. 451).

Les Andelys : attesté Andelaum, Andelaium en 588, Andilegum en 731, Andeleius à l’époque mérovingienne, Andelagum vers 830 et Andeliacum vers 1045. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ce nom. Pour Dauzat & Rostaing (DENLF*), il s’agirait du nom d’homme gaulois Andala suffixé en –iacum ; pour Morlet, ce serait le nom de personne latin Andilius suffixé en –acum (Les noms de personne sur le territoire de l’ancienne Gaule du Viè au XIIè siècle, 3 vol, 1968-1985) ; pour Beaurepaire, il s’agirait d’un hydronyme *andal/andel, suffixé en –acum (Les noms de communes et anciennes paroisses de l’Eure, 1981). Pour Nègre, ce serait le nom de personne germanique Andilegia, avec attraction du suffixe –acum (TGF*). Cependant, comme je l’ai écrit sur la rubrique wikipedia consacrée à la toponymie des Andelys : « L’hypothèse la plus vraisemblable semble être gauloise. Andilegum (attesté en 731) peut en effet se décomposer en *ande, « en avant ; au-dessous » et *ialo, « champ, clairière » (de la racine indo-européenne *ielo, « terre qui porte des fruits tard ; terre infertile »). L’évolution de Andelaium (588) à Andilegum (731), alors qu’on attendrait *Andegilum, s’explique par une métathèse. L’utilisation tardive (au Xè siècle) du suffixe –acum dans Andeliacum est une réfection latinisante (DNLF*).

Durant le bas Moyen Âge, le village a été démembré : au XIIIè siècle, l’ancien est devenu Vieel Andely, « le Vieil Andely », le nouveau étant appelé Nouvel Andely. À partir du XVIIIè siècle, il y a eu un changement de déterminants : le Vieil est devenu le Grand, le Nouvel le Petit sur la carte de Cassini. Dès le milieu du XVIè siècle, les deux villages, sans être réunis, étaient parfois considérés dans leur ensemble, d’où l’appellation les deux Andelis en 1552. Les deux paroisses sont devenues des communes en 1790 et la plus grande annexera l’autre entre 1801 et 1806, d’où le nom Les Andelys, prenant la marque du pluriel.

Château-Gaillard : je ne m’étends pas sur l’histoire de ce château marquée notamment par le siège de 1204 (cf. wiki). Comme d’autres, ce château a été qualifié de manière laudative, l’épithète galhard ayant dans l’ancienne langue le sens de « vigoureux, fort » censé faire réfléchir à deux fois les éventuels assaillants.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Les indices

 ■ Marguerite de Bourgogne, impliquée dans l’affaire de la Tour de Nesle, a été emprisonnée au Château-Gaillard, où elle est morte en 1315. (wiki)

 ■ Blanche de Bourgogne a subi le même sort que la précédente, pour les mêmes raisons, restant enfermée à Château-Gaillard pendant dix ans avant de mourir deux ans plus tard au monastère de Maubuisson (wiki).

 ■ Ce portrait du Grand Dauphin a été réalisé par Isaac Sarrabat, peintre et graveur né en 1667 aux Andelys. (wiki).

Les indices du mardi 25 mars 2025

Un Intrus, TRS et LGF m’ont déjà donné la solution à ma dernière devinette dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour [gueule].

Il est situé dans une commune dont le nom, d’origine gauloise, indique, selon l’hypothèse la plus vraisemblable, que son emplacement initial se trouvait non loin d’une clairière.

Comme l’indique sa devise, cette commune a été formée par la réunion de deux localités portant le même nom accompagné d’un déterminant différent. Le nom actuel est resté le même, mais a perdu les déterminants.

Lors d’une guerre, un château, bâti pour la défense de la vallée, a résisté à un long siège. Une grande partie des habitants du village, auxquels les assiégés refusèrent d’ouvrir les portes et que les assiégeants refoulèrent, moururent de faim et de froid au pied des murailles.

Un indice, pour la commune :

Les nouveaux indices

■ toujours pour la commune :

■ et encore pour la commune :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La gueule

Le latin gula, « gosier, gorge » (de la racine indo-européenne *gwel/gwer, « avaler », probablement onomatopéique), est à l’origine vers 1175 siècle des français goule et gueule, « bouche d’un homme ou d’un animal », d’abord en tant qu’organe servant à crier puis, au XIIIè siècle, à manger ou engloutir,  et par analogie, dès 1176, « ouverture béante ». La gueule servant  à manger, le sens de « gloutonnerie, gourmandise » apparait dès le XIIIè siècle tandis que le sens de « visage » apparait, lui, au XVIè siècle.  Toutes ces acceptions sont également à l’origine de noms de famille du type Gueule, Gueulard … Le français goule ne s’emploie plus que dans quelques parlers régionaux mais est resté vivant en français par ses dérivés « goulée, goulet, goulot » etc.

Gueule comme goule sont à l’origine de toponymes que je vais explorer en deux fois, ne m’intéressant aujourd’hui qu’à ceux dérivés de gueule et réservant les autres pour un prochain billet. Le sens général de ces toponymes, outre ceux qui se rapportent à un patronyme, est celui d’ouverture béante – comme un gouffre, une source en tant qu’ouverture par laquelle l’eau sort de terre, une entrée de vallée … – ou de passage étroit, vallée étroite, gorge etc.

Gueule

La gueule n’apparait que rarement sous la forme simple au singulier La Gueule (Givry, Ardennes ; Mer, L.-et-C. ; Souligny, Aube etc.), au masculin le Gueule ( Morée, L.-et-C. ; Saint-Gonnery, Mor. ; Ballancourt-sur-Essonne, Ess.) ou au pluriel Les Gueules (Bruyères-et-Montbérault, Aisne ; Laines-aux-Bois, Aube etc.). On notera également le nom de la Gueula (Meillonnas, Ain), une gorge dans laquelle coule le Sevron.

Le mot est le plus souvent accompagné :

■ d’un adjectif : Gueule Noire (Panzoult, I.-et-L. ; Beine, Yonne etc.), la Gueule Fendue (Bréviandes, Aube), la Gueule Rouge (Cilaos, La Réunion), la Grande Gueule (Ville-en-Vermois, M.-et-M. ; Neuilly-sous-Clermont, Oise etc.), la Haute Gueule (Branscourt, Marne), Gueule Sèche (La Postolle, Yonne), la Gueule Plate (Lournand, S.-et-L.), les Grandes Gueules (des grottes à Grimault, Yonne), la Gueule Fraîche (Sainte-Thorette, Cher), la Gueule Tendre (Saint-Amand-en-Puisaye, Nièvre), la Gueule Tortue (Celles-sur-Aisne, Aisne), la Gueule Ronde (Le Blanc, Indre),  la Gueule Ouverte (Igoville, Eure) etc.  Au masculin : Grand Gueule (Cambronne-lès-Clermont, Oise). On rattachera à cette série les noms de Gueulechère (Auvilliers-en-Gâtinais, Loiret) qui est écrit en deux mots Geule [sic] Chère sur la carte de Cassini (feuille 8, Orléans, 1757) et de Malgueule (Ézanville, Val-d’Oise) lui aussi en deux mots sur la carte IGN de 1950.

■ d’un nom de lieu : Gueule d’Achevaux (l’entrée du vallon d’Achevaux à Montier-en-l’Île, Aube), Gueule d’Enfer (Martigues, B.-du-R. ; Maulers, Oise ; Chouy, Aisne etc. ), Gueule du Four (Foug, M.et-M. ; Éclose, Is.), Gueule du Nant (Chasselay, Rh.), Gueule du Val (Bailleval, Oise), la Gueule des Bois (Paigné-le-Pôlin, Sarthe), la Gueule du Grand Bois (Rémilly, Mos  etc.), la Gueule du Marais (Mareuil-en-Dôle, Aisne), la Gueule du Ru (Congis-sur-Thérouanne, S.-et-M.), la Gueule du Val (Campénéac, Mor.), la Gueule en Fosse (Avelin, Nord.), la Gueule de la Rue (Villeneuve-en-Retz, L.-A.), la Gueule des Fourneaux (Saint-Chéron, Ess.), la Gueule à l’Erme (Javernant, Aube – erme : du latin eremus, « désert »), la Gueule à l’Herme (Bouilly, Aube – herme : variante d’erme), la Gueule des Patouillats (Courson-les-Carrières, Yonne), la Gueule des Landes (Saint-Lunaire, I.-et-V. etc.) etc. Et je n’oublie pas la Gueule Grand Gouffre (Saint-Louis de Marie-Galante, Guadeloupe) qui vaut le détour (ci-dessous).

■ d’un nom de personne : Gueule Robin (La Croix-en-Brie, S.-et-M.), la Gueule aux Dames (Laines-aux-Bois, Aube etc.), la Gueule Besnard (Belleville-en -Layon, M.-et-L. etc.), la Gueule Robert (Chailly-en-Brie, S.-et-M.), la Gueule des Mignonnes (Les Hauts-de-Forterre, Yonne etc.) etc.

■ d’un nom d’animal : la Gueule au Chien ( (Chitry, Yonne), Gueule de Loup (Graffigny-Chemin, H.-M. ; Saint-Bris-le-Vineux, Yonne ; Illiers-Combray, E.-et-L. etc.), la Gueule au Loup (Bourgueuil (I.-et-L. etc.), Gueule de Veau (Optevoz, Is.), la Gueule à Vache (Noisy-sur-Oise (Val d’Oise), la Gueule d’Ours (Willerval, P.-de-C. etc.), la Gueule de Truie (Notre-Dame-d’Aliemont, S.-M), la Gueule du Brochet (Tollevast, Manche), la Gueule aux Chevaux (Serval, Aisne), la Gueule d’Âne (Melay, M.-et-L. etc.), la Gueule du Merle (Saint-James, Manche etc.), la Gueule des Oies (Allaire, Mor.) etc. On trouve même une Gueule du Dragon, un rocher en forêt de Fontainebleau.

■ d’un nom de végétal : la Gueule du Chêne (Saint-Rémy, C.-d’Or), la Gueule du Bois (Béganne, Mor. ; Mouterre-sur-Blourde, Vienne etc.), la Gueule des Bois (Parigné-le-Pôlin, sarthe),  les Gueules du Fay (Lalacelle, Orne – fay : collectif en –etum du latin fagus, « hêtre », donc « hêtraie »), la Gueule de Fey (Mécleuves, Mos. – fey : variante de fay, « hêtraie »), la Gueule des Breuilles (Chivres-en-Laonnois, Aisne – breuille : féminin de l’ancien français breuil, « petit bois entouré d’un mur ou d’une haie ») etc.

■ d’un verbe : À Taille Gueule (Chardogne, Meuse), Baille la Gueule (Charleville-sous-Bois, Mos.), Brûle Gueule (Gilhoc-sur-Ormèze, Ardc.), Coupe Gueule (Vignemont, Oise ; Mesnil-Verclives, Eure etc. – synonyme grossier de coupe-gorge), les Coupes Gueules (Belleu, Aisne), Tourne Gueule (La Chapelle-Felcourt, Marne), les Tourne Gueules (Bourron-Mariotte, S.-et-M.), Mocque Gueule (Gien, Loiret), la Ravine Casse-Gueule (Saint-Benoît, La Réunion) etc. On rajoutera à cette liste les noms de Coppegueule (Morienne, S.-M. – Coupegueule chez Cassini, un autre coupe-gorge), de Couppegueule (Aumale, S.-M. – un de plus !) et celui de la commune de Neuville-Coppegueule (Somme).

■ d’un nombre : les Deux Gueules (Cheval-Blanc, Vauc.), le Fossé à Deux Gueules (Beaumont-en-Beine, Aisne), le Four de 4 Gueules (Lussant, Ch.-M.), le Pont à Trois Gueules (Bainville, P.-de-C.), le Puits à Deux Gueules (Rouillac, Char.), les Sept Gueules (Écouviez, Meuse).

Plus rarement, c’est le mot « gueule » qui sert de complément, comme pour le Bois de Gueule (Orvilliers-Sorel, Oise etc.), la Cascade de la Gueule d’Enfer (Thueyts, Ardc.), Fond de la Gueule (Avançon, Ardennes etc.), le Buisson de Gueule et le Rosier de Gueule (Dommartin-Varimont, Marne), le Champ de la Gueule (Poligny, Aube), le Croc à la Gueule (Coussegrey, Aube), le Ruisseau de la Gueule (Burtoncourt, Mos.) etc. Au masculin : le Landier du Gueule (Radenac, Mor.).

Les formes suffixées

Plutôt que le sens de « cris, vociférations, gueulement », je pense qu’il faut voir celui de « propriété d’un nommé Gueule » dans les noms des lieux-dits la Gueulerie (Saint-Poix, May. ; Chatelais, M.-et-L. ; Pavilly, S.-M. ; Loury et Ouzouer-sous-Bellegarde, Loiret etc.), la Grande Gueulerie (Senonnes, Saint-Poix et Saint-Sulpice, May.), la Petite Gueulerie (Saint-Poix, May.) et dans celui de la Guepillerie de la Gueulerie (Segré-en-Anjou-Bleu, M.-et-L. ).

Le diminutif gueulet, sans doute un patronyme lui-aussi, se retrouve au Champ Gueulet (Saint-Offenge, Sav.), au Domaine du Lieu Gueulet (Argonges, Allier), aux Gueulets (Souvigny, id.) etc. et, au féminin, à La Haye Gueulette (L’Épine, Marne).

Le collectif gueulée apparait dans le nom de La Gueulée (Blandouet-Saint-Jean, May.) et dans celui des Gueulées (Fin, Som.).

Anecdotiquement, on signalera le Bois de Gueulechon (Sauchy-Lestrée, P.-de-C.) d’étymologie incertaine, le Gueuleton (Véry, Meuse) et les Gueuletons (Écuillé, M.-et-L.), dont seule l’histoire locale pourrait nous dire de quoi il retourne.

Les variantes et dérivés

L’orthographe avec –ll– se rencontre dans les noms de quelques lieux-dits calqués sur les précédents : La Gueulle et la Grande Gueulle (Sortosville-en-Beaumont (Manche etc.), la Gueulle Plane (Le Porge, Gir.), la Combe Gueullette (Soye, Doubs), la Cour Coupe Gueulle (Warlencourt-Eaucourt, P.-de-C.),  la Gueullerie (Sains, I.-et-V. etc.) et les Gueullées (Sceaux-du-Gâtinais, Loiret).

Sur l’adjectif gueulard, devenu patronyme, on a formé les noms du Gueulard (Chelun, I.-et-V. ; Billy-Berclau, P.-de-C.), des Gueulards (Bienville, Oise etc.), du Pré Gueulard (Granges-Narboz, Oise etc.), des Vaux Gueulards (Livarot-Pays-d’Auge, Cal.) et de la Gueulardière (Barville, Orne). Avec le sens de « gourmand » on trouve, dans les Pays de la Loire, l’adjectif gueuland, à l’origine de la Gueulande (Meslay-du-Maine, May.) et, dans le Bourbonnais, l’adjectif gueulaud, à l’origine de la Rente Gueulaud (Chenôve, C.-d’Or).

Le diminutif gueulot, devenu lui aussi patronyme, se rencontre au Gueulot (Thenelles, Aaisne), au Clos Gueulot (Caligny, Orne), à la Chaume Gueulot (Maux, Nièvre), au Pré Gueulot (Landéan, I.-et-V.) et, au féminin, aux Gueulottes (Magny-lès-Villers et Quemigny-sur-Seine, C.-d’Or).

Beaucoup plus rares,  on trouve néanmoins Le Gueulon (Saint-Gérand-le-Puy, Allier), La Haye Gueulin (Douvrend, S.-M.) et la Gueulinerie (Larivière-Arnoncourt, H.-M.) sans doute, là aussi, issus de patronymes.

Les faux-amis

Le nom des Gueulépines (Brochon, C.-d’Or) semble être un faux-ami bâti sur l’ancien français galope, « friche caillouteuse », de la racine pré-indo-européenne *gal, variante de *gar, « pierre ». Envahie de buissons épineux, le nom de cette friche caillouteuse, a vu sa finale attirée par le terme « épine ». Ce petit lieu-dit (moins de deux hectares) produit un vin d’ AOC Gevrey-Chambertin très agréable …

Le nom d’Engueulas (Cressat, Creuse), écrit Angulas sur la carte de Cassini (feuille 12, Evaux, 1761) et sur la carte d’état-major (fin XIXè siècle), est un augmentatif occitan en –às d’angulo, « angle » au sens de « coin de terre », nom le plus souvent donné à un lieu de dépaissance pour le troupeau communal.

Le nom de Radegueule (Neufchâtel-en-Bray, S.-M.), qui était Radevele au milieu du XIIè siècle, Radeuvilla en 1246, Radieulle en1316 et Radgueulle en 1565, est issu du nom de personne germanique Raddo accompagné du latin villa, « domaine rural ».

Le nom de Gueulleville (Amfréville-les-Champs, S.-M.), qui était Guillevilla en 1180, est issu du nom de personne germanique Willo accompagné du latin villa, « domaine rural ».

Les noms de Gueulencourt (Wasnes-au-Bac, Nord) et de Gueulancourt (Amécourt, Eure ; Talmontiers, Oise) sont probablement issus, eux aussi, d’un nom d’homme germanique du type Willo(n) accompagné du latin cortem, « cour (de ferme) » – mais l’absence de forme ancienne ne permet pas de l’affirmer avec certitude.

La devinette

Il vous faudra trouver un toponyme de France métropolitaine lié au mot du jour.

Il est situé dans une commune dont le nom, d’origine gauloise, indique, selon l’hypothèse la plus vraisemblable, que son emplacement initial se trouvait non loin d’une clairière.

Comme l’indique sa devise, cette commune a été formée par la réunion de deux localités portant le même nom accompagné d’un déterminant différent. Le nom actuel est resté le même, mais a perdu les déterminants.

Lors d’une guerre, un château, bâti pour la défense de la vallée, a résisté à un long siège. Une grande partie des habitants du village, auxquels les assiégés refusèrent d’ouvrir les portes et que les assiégeants refoulèrent, moururent de faim et de froid au pied des murailles.

Un indice, pour la commune :

Mise à jour du 24/03/2025 : bien qu’Un Intrus (qui a déjà trouvé la réponse !), ne se soit pas laissé abuser, il y a erreur sur la personne représentée :

Ce premier indice publié par erreur

est à remplacer par celui-ci :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Laume du Moulin Crève-Cœur à Benoisey (Côte-d’Or) : la répàladev

Félicitations à Un Intrus et LGF qui sont les seuls à m’avoir donné la bonne réponse à ma dernière devinette !

Il fallait trouver le lieu-dit Laume du Moulin Crève-Cœur, à Benoisey, dans le canton de Montbard en Côte-d’Or, dans l’Auxois.

Benoisey, c’est ici :

Laume du Moulin Crève-Cœur, c’est là, au bord de la Brenne :

La toponymie

Laume du Moulin Crève-Cœur :  le terme laume désigne ici un terrain allongé et humide au bord de la rivière. Le lieu-dit est nommé Moulin de Crevecoeur (en un seul mot) chez Cassini (feuille 83, Semur-en-Auxois, 1759) et Laume du Moulin Crève-Coeur sur le cadastre napoléonien de 1831 (section C, 2è feuille). Le Dictionnaire topographique du département de la Côte-d’Or (Alphonse Roserot, 1924) précise que le moulin, détruit, se trouvait sur la commune de Seigny.

On se doute que, pour porter un tel nom, ce moulin devait être peu rentable.

Benoisey : attesté Boneseium en 1173 et Bonesiacum en 1178, du nom de personne latin Bonisius et suffixe –acum, qui donne la finale –ey dans cette région.

Montbard : attesté castrum Barris montis en 1065, Montbar 1096 et Mons Barrum en 1129, du gaulois barro, « sommet » précédé de mont qui en est la traduction romane. Il s’agit donc d’un nom pléonastique.  Cette commune avait été citée comme exemple dans un article concernant des hauteurs gauloises en août 2020.

L’Auxois ou Auzois : le nom de ce pays est attesté in pago Alisiense vers 590, Alsensis en 849 et Alsinsis pagus en 875, soit « pays autour d’Alise(-Sainte-Reine) », elle-même attestée Alesia chez César, du gaulois *alisia « roche ; falaise », nom qui décrit la falaise escarpée du site. Ce nom se retrouve dans celui du Mont Auxois, oppidum de l’antique Alesia où César vainquit Vercingétorix.

Les indices

■ le nom tautologique du chef-lieu de canton, Montbard : voir plus haut. Les armes parlantes de la ville sont d’azur à deux bars adossés d’or ; au chef parti au 1er d’azur semé de fleurs de lis d’or et à la bordure componée d’argent et de gueules, au 2e bandé d’or et d’azur et à la bordure de gueules.

Ces armes sont bien sûr parlantes par les bars – en héraldique, il s’agit d’une espèce de saumon, mais beaucoup moins gros que celui-ci. La commune, qui n’utilisait jusqu’alors que les deux bars, a été autorisée en 1376 par le duc Philippe le Hardi à faire figurer en chef ses propres armes.

Le dessin du blason est issu du site l’Armorial des villes et villages de France, avec l’aimable autorisation de son auteur, Daniel Juric.

■ la commune est traversée par le canal de Bourgogne.

■ la falaise de l’Escales, dans le parc du Verdon, était présentée comme indice pour « le nom du pays », soit l’Auxois, du gaulois alisia, « roche, falaise ».

■ le poney de race Exmoor est ce qui se rapproche le plus du poney celte. Le nom gaulois de ce petit cheval était *mando, à l’origine du nom des Mandubiens qui occupaient jadis le pays Auxois.

■ le cœur éclaté en  morceaux : pour le Moulin Crève-Cœur, bien sûr.

Les indices du mardi 18 mars 2025

Personne ne m’a encore donné la réponse à ma dernière devinette, dont je rappelle l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine au nom constitué de plusieurs mots, dont l’un est lié au mot du jour [laume], et d’une préposition. L’ensemble suggère que celui qui travaillait là n’y gagnait pas sa vie comme il l’aurait souhaité.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin suffixé de manière classique.

Sachant que vous n’aurez pas de mal à savoir où chercher cet endroit, il m’est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler trop facilement la solution.

Alors, je vous propose cet unique indice, pour le nom du pays :

Les nouveaux indices

■ le chef-lieu de canton porte un nom pléonastique et ses armes sont parlantes par la présence de poissons.

■ la commune est traversée par un canal qui porte le nom de la région.

■ pour les Gaulois qui habitaient le pays :

■ pour le lieu-dit lui-même :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Laume

Le mot « laume » a d’abord désigné un terrain bas allongé en bordure d’une rivière, inondable, marécageux, puis a désigné la végétation de roseaux qui y pousse et, par extension, toute herbe poussant dans les terres humides et argileuses. Le patois bourguignon emploie encore de nos jours le terme laume pour désigner le roseau ou l’iris sauvage.

L’étymologie la plus probable est celle du latin lama, « fondrière, bourbier », mais certains auteurs ont préféré le rapprochement avec les latins lamella/lamina, au  regard de l’aspect étroit et allongé de ces terrains tandis que d’autres penchent pour une étymologie pré-latine par un *lamma ou *lanma qui aurait eu le sens d’ « endroit boueux ». Des mots équivalents se retrouvent dans d’autres langues : l’italien lamina, « plaine ou vallée marécageuse », le dialecte italien de Brescia lama, « sol boueux et mouvant », l’espagnol lama, « boue, fange » et lamedal, « bourbier », le portugais lama, « boue » et lamarão, « lieu fangeux, fondrière ».

C’est principalement dans les zones rurales du Centre-Est qu’on rencontre des toponymes qui sont issus de ce terme.

On rencontre ainsi La Laume (Quincy-le-Vicomte, Marmagne en C.-d’Or etc.), Laume (Le Vihain, Bourbon-l’Archambault, Saint-Menoux, Sauvagny, Theneuille dans l’Allier etc.), le Moulin de la Laume, au bord de l’Armançon (Semur-en-Auxois, C.-d’Or), la Croix de Laume (Villemontais, Loire), Les Laumes (Chichée, Ravières, Argenteuil-sur-Armançon dans l’Yonne etc.), les Laumes et les Vignes des Laumes (Ménétreux-le-Pitois, C.-d’Or). N’oublions pas la plaine des Laumes (attestée de Lammis en 1190) au bord de l’Oze et au pied du plateau d’Alésia qui complète le nom de Venarey-les-Laumes et qui a donné son nom à la gare ferroviaire des Laumes-Alésia. Selon un tradition locale, le nom des Laumes aurait pour origine les larmes versées par les soldats gaulois au soir de la défaite d’Alésia.

On trouve également, à côté de plaines nommées la Laume (Seigny, Grigon en C.-d’Or, etc.), une Montagne de Laume (Poil, Nièvre) et un Ru de la Laume (Montigny-Montfort, C.-d’Or).

La Motricine ? Une des premières marques d’essence pour automobiles du début du XXè siècle … vendue en bidon dans les épiceries !

À l’appui d’une étymologie selon un pré-latin *lamma, « endroit bourbeux », A. Dauzat et E. Nègre, s’appuient sur les forme anciennes de Lammmis attestée en 1190 et Lammes en 1231 des Laumes en Côte-d’Or, vues ci-dessus, ainsi que sur la présence, toujours en Bourgogne, de plusieurs lieux-dits La Lamme (Argentenay, Junay, Tissey … dans l’Yonne ), La Lamme Vierge (Tonnerre, id.), Les Lammes (Chichée, Venizy, etc. id.), Les Longues Lames (Venizy, Saint-Florentin, id.)

Certains toponymes peuvent toutefois avoir une autre origine, par confusion avec le nom de l’orme. C’est, par exemple, le nom du Grand-Laume à La Comelle (S.-et-L.), qui était L’homme en 1508/09,  Lhaulme en 1663, Losme en Bourgogne en 1685 et Lorme en 1760 et qui doit donc son nom à l’orme, d’abord confondu comme souvent avec l’homme puis avec laume. En revanche, le lieu-dit L’Homme de Noirétable (Loire), qui était Laume au XVIIIè siècle, a subi l’évolution inverse.

Un dérivé collectif, formé avec le suffixe -et (latin –etum) au sens de lieu où poussent des laumes, des roseaux, est à l’origine de nombreux toponymes du Sud-Ouest (sans qu’on n’explique cette répartition géographique différente entre laume et laumet). On compte ainsi en Aveyron plusieurs lieux-dits Laumet (Broquières, Sauveterre-de-Rouergue etc.), un Moulin de Laumet (Millau), un Puech de Laumet (Montrozier) et une Grotte de Laumet (Millau), mais le même nom apparaît aussi dans le Lot avec Laumet (Arcambal), dans le Tarn-et-Garonne avec Laumet (Caumont, Fajolles) et le Pech Laumet (Parisot) etc.  Le pluriel, plus rare, apparait néanmoins aux Laumets (Caumont, Fajolles, T.-et-G. etc.) tandis que le féminin se retrouve  à Laumette (Mas-d’Auvignon, D’Escornebœuf, Réaumont, Sainte-Christie dans le Gers etc.).

D’autres dérivés peuvent prêter à confusion.  Il en est ainsi des noms du type Laumière, que l’on retrouve principalement là aussi dans le Sud-Ouest (Mayac, Dord. ;  Aynac, Lot ;  Varen, T.-et-G. etc.) : on est tenté d’y voir un dérivé collectif en –ière de laume, mais certains auteurs préfèrent y voir une déformation de l’olmière, « bois d’ormes (occitan olme, latin ulmus) », passé à l’aumière puis à laumière. Toujours dans la même région, on trouve plusieurs Laumède (Quinsac, Dord. ; Seissan, Gers ; Floressas, Lot etc.) qui, plutôt qu’un collectif en –eda de laume semblent être des collectifs de la variante aume de l’occitan òume, « orme » (avec vocalisation du l de olme). C’est en tout cas une certitude pour Laumède à Belvès (Dord.) qui était L’Olmède en 1672, Laumède à Saint-Cyprien (id.) qui était Mansus de la Olmeda en 1463 ou encore pour Laumède à Sumène (Gard) qui était de Ulmeto en 1160 et L’Olmède en 1551.

Pour être complet, n’oublions que ces toponymes ont été à l’origine de patronymes, qui ont pu devenir à leur tour toponymes quand celui qui les portait s’est installé ailleurs, d’où leur présence hors de la région originelle. On trouve ainsi par exemple Les Laumets à Brémontier-Merval en Seine-Maritime et Laumière à Athis-de-l’Orne dans l’Orne.

La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine au nom constitué de plusieurs mots, dont l’un est lié au mot du jour, et d’une préposition. L’ensemble suggère que celui qui travaillait là n’y gagnait pas sa vie comme il l’aurait souhaité.

La commune qui l’abrite doit son nom à celui d’un homme latin suffixé de manière classique.

Sachant que vous n’aurez pas de mal à savoir où chercher cet endroit, il m’est difficile de vous en dire plus sans vous dévoiler trop facilement la solution.

Alors, je vous propose cet unique indice, pour le nom du pays :

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Le Valat de la Bachasside à Malons-et-Elze (Gard): la répàladev

  Personne n’a rejoint Un Intrus sur le podium des  « solutionneurs » de ma dernière devinette. Bravo à lui tout seul, donc !

Il fallait trouver le Valat de la Bachasside, un cours d’eau de Malons-et-Elze dans le  canton de La Grand-Combe dans le Gard.

Le Valat de la Bachasside désigne le cours supérieur de la rivière nommée Ganière, affluent de la Cèze dans le Gard, dont le cours moyen est appelé Ruisseau de Mont Redon.

Malons-et-Elze, ici :

Le Valat de la Bachasside, là :

La toponymie

Valat de la Bachasside

Valat : Dans les Cévennes, un valat désigne un torrent de montagne et le ravin qu’il creuse.

Bachasside : dérivé de l’occitan bachàs (du celte bacco, « auge, baquet ») qui a d’abord désigné un abreuvoir et dont le sens s’est étendu à celui de « bassin, mare, cours d’eau » le plus souvent marécageux ou boueux. Le dérivé bachasside désigne plus particulièrement le contenu du cours d’eau, ici un bourbier.

Ruisseau de Mont Redon : doit son nom au Mont Redon, en occitan « mont rond », qui culmine à 884 m sur la commune de Malons-et-Elze.

La Ganière : du latin vadum, « gué, bas-fond », à l’origine du français « gué » et de l’occitan « ga », par attraction du francique wad de même sens, dont le w, imprononçable par les populations gallo-romanes, est passé à g. Sur ce *wadum passé à *gadum, ont été formés par exemple, après la chute habituelle du d intervocalique, des hydronymes du type Gane ou Ganne (plusieurs rivières de la Creuse, de la Corrèze, de la Dordogne et du Cantal). Cette même racine, accompagnée du suffixe –ière, a donné son nom à la Ganière, avec le sens particulier de rivière avec des passages aux eaux calmes et guéables. Le nom de la rivière est à l’origine, avec une orthographe légèrement différente, du nom de la commune gardoise de Gagnières.

NB ces trois premiers paragraphes ont été écrits par votre serviteur pour l’article Ganière de wikipedia, d’où le copié-collé sans vergogne.

Malons-et-Elze

Malons : attesté ecclesia S. Petri Malonensis en 1120, Malon en 1121 et Malons en 1384 , du nom d’homme germanique Amalo(n).

Elze : attesté loco ubi vocant Ilice en 1022 et Elze en 1548, de l’occitan elze, « chêne vert ». F. Mistral (Trésor du Félibrige) donne les formes euze, euize, elze, éue, éuve et eve, désignant l’yeuse ou chêne-vert.

La Grand-Combe

Les indices

 ■ une pépite d’or sur du charbon : pour l’or qu’on trouvait dans la Gagnère et le charbon qu’on exploitait à La Grand-Combe.

■ des mains noires tenant du pain blanc : pour la devise de La Grand-Combe mans negros pan blan, soit « mains noires, pain blanc », à rapprocher du proverbe « les mains noires font manger le pain blanc », allusion au travail des mineurs de La Grand-Combe.

■ il fallait reconnaitre des chênes-verts, à l’origine du nom d’Elze.

■ la lampe de mineur en cul-de-lampe, pour La Grand-Combe.