Crovée (Avrigney-Virey, H.-Saône) et En Crovée (Lambrey, id.) : les répauxdev

podium numéro 1 LGF est le seul à avoir trouvé les toponymes qui faisaient l’objet de ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver le lieu-dit Crovée à Avrigney-Virey, du canton de Marnay, et le lieu-dit En Crovée à Lambrey, du canton de Jussey, dans l’arrondissement de Vesoul, en Haute-Saône.

Vesoul, ici :

local vesoul

Marnay et Jussey, là, soulignés de rouge :

70 haute saone

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La toponymie

Crovée et En Crovée : il s’agit d’une forme altérée par métathèse de « corvée », déjà signalée sous la forme crowée dans le dictionnaire de Godefroy. Ces deux toponymes sont bien présents dans le fichier FANTOIR :

Fantoir CROVEE

Cependant, je ne les ai trouvés sur aucune carte IGN récente ni sur la carte d’état-major (1820-66), ni sur la carte de Cassini. En revanche, le cadastre napoléonien, établi entre 1807 et 1840 pour la Haute-Saône, mentionne bien ces parcelles sous le nom de Crovée

CROVEE AVRIGNEY Capture NAPO

Crovée, tout en bas, de la commune d’ Avrigney

CROVEE LAMBREY Capture NAPO

Crovée, à droite, de la commune de Lambrey

Ce terme « crovée», aujourd’hui rarissime, était sans doute plus fréquent autrefois, comme en témoigne cet extrait d’un ouvrage consacré au Canton du fer, où les auteurs mentionnent La Crovée des Seigneurs et la Franche Crovée, à Audun-le-Tiche (Mos.) :

CROVEES AUDUN Capture

Ces lieux-dits n’apparaissent plus aujourd’hui, ni sur les cartes IGN, ni dans le fichier FANTOIR.

Enfin, on peut voir sur la carte IGN actuelle d’Avrigney-Virey un lieu-dit Les Corvées qui a sans doute remplacé La Crovée.

LES CORVEES AVRIGNEYCaptureIGN

qui est mentionné indépendamment sur le fichier FANTOIR

Les Corvées AvrigneyCapture FANTOIR

Avrigney-Virey est issu de la fusion en 1972 de deux communes :

♦ Avrigney : attesté Avreigne en 1275 et Avreigney en 1294, du nom de personne latin Aprinus traité comme Aprinius accompagné du suffixe  –acum, qui, dans cette région, donne le plus souvent des terminaisons en –ey.

♦ Virey : attesté Virei en 1133, Vyrey en 1153 et Vire en 1295, du nom de personne latin Virius suivi du suffixe –acum.

Marnay : déjà Marnay en 1237, puis Mermay en 1239 et Marmai en 1241, du nom de personne latin Marinus et suffixe –acum.

Lambrey : attesté Lambreium en 1150, Lambre en 1182 Lambri en 1165 et Lambrey en 1279, du nom de personne latin Lamprus et suffixe  –acum.

Jussey : attesté  Jussiacum en 1127, Jusseium en 1150, Jussi en 1160 et Jusse en 1218 , du nom de personne latin Jussius accompagné du, devinez quoi !,  suffixe –acum.

Vesoul : nous disposons des formes anciennes suivantes : castrum Vesulium en 899, castri Vesolensis en 978, Castellum Vesullum au XIè siècle, de Vesulo en 1145, Visulium en 1134-61 et enfin Vesoul dès 1242. Différentes hypothèses ont été émises pour expliquer ce toponyme :

  • A. Dauzat et Ch. Rostaing (DENLF*) suivis par M. Mulon (DNL*), constatant que la ville avait été bâtie sur une hauteur appelée La Motte, ont fait un rapprochement avec le nom Vesulus du Mont Viso des Alpes italiennes, et ont imaginé une racine oronymique *ves, qu’ils disent pré-celtique. On peut légitiment douter de cette explication, tant cette racine est peu attestée et en tout cas rarissime en France.
  • E. Nègre (TGF*) préfère ramener ce toponyme au nom de personne latin Vesulus.
  • P.-H. Billy (DNLF*) et X. Delamarre (NLCEA*) préfèrent recourir au nom de personne gaulois Vesulos, nom formé sur le thème celtique vesu, « bien, bon ». C’est ce nom gaulois qui aurait été latinisé en Vesulus, nom de personne attesté chez Silius Italicus (26-101).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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Les indices

indice a 11 08 2024 ■ ce tricératops exposé au Museum d’histoire naturelle de  Los Angeles devait faire penser au taureau tricorne, statuette en bronze du Ier siècle représentant le dieu celto-romain Tarvos trigaranus, découverte en 1756 à Avrigney-Virey.

■ la Légende de saint Nicolas devait faire penser au criminel Barthélémy Labourey, né à Avrigney et exécuté à Besançon en 1618. Une légende populaire fait de lui un pâtissier qui tuait des enfants dont la chair agrémentait les pâtés …

indice c 11 08 2024 ■ le Tribunal révolutionnaire (gravure du XIXè siècle – Cette image provient de la bibliothèque en ligne Gallica sous l’identifiant ARK bpt6k6214771p/f480, Domaine public ) : René-François Dumas, né à Jussey, fut président de ce tribunal d’avril à juillet 1794.

■ la métathèse qui transforme corvée en crovée comme elle a transformé formage en fromage est un métaplasme.

■ Le point commun entre Jacques Brel et Michaël Youn ? Vesoul ! Cette ville apparait dans la chanson éponyme de Jacques Brel, bien entendu,

mais aussi dans le refrain de la chanson parodique de Fatal Bazooka  intitulée Fous ta cagoule ! (je vous épargne le clip mais vous donne un lien vers les paroles).

Les indices du mardi 13 août 2024

Personne n’est encore venu à bout de ma dernière devinette.

Rappel de l’énoncé :

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine portant un nom lié à un des mots du jour [corvée, ensange ou frohn].

Il est situé dans une commune qui a été baptisée des noms des deux communes qui ont fusionné lors de sa création, reliés par un trait d’union..

À moins de 70 km de là, dans une autre commune d’un autre canton mais du même arrondissement, un lieu-dit porte le même nom, mais précédé d’une préposition.

Les noms des trois communes et des deux chefs-lieux de canton sont formés d’un nom de personne latin accompagné du suffixe –acum.

Mettant en cause l’hypothèse des toponymistes qui voulaient voir dans le nom du chef-lieu d’arrondissement le dérivé d’un vieil oronyme, des toponymistes actuels préfèrent y voir le nom d’un bon Gaulois.

NB : Si ces lieux-dits sont bien mentionnés dans le Fichier annuaire topographique initialisé réduit (FANTOIR), ils n’apparaissent ni sur les cartes de l’Institut géographique national (IGN) actuelles ni sur les cartes antérieures (d’état-major ou de Cassini). En revanche, ils apparaissent bien sur le cadastre napoléonien.

Indices :

■ pour la première commune :

indice a 11 08 2024

■ toujours pour la première commune :

■ pour le  chef-lieu du canton de la deuxième commune :

indice c 11 08 2024

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Les nouveaux indices

■ Le nom à trouver est issu d’un métaplasme d’un des mots étudiés dans le billet introduisant la devinette.

■ Les toponymes à trouver se trouvent dans une région où le suffixe –acum a donné principalement des finales en -ey.

■ Le chef-lieu d’arrondissement est un point commun à Jacques Brel et … Michaël Youn.

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Droits, taxes et redevances (V)

Je poursuis aujourd’hui l’exploration des divers impôts auxquels étaient soumis nos ancêtres (cf. le cens , le fisc, les taxes I, les taxes II, les taxes III et les taxes IV) en m’intéressant aux travaux gratuits qu’ils devaient à leur seigneur.

Corvée

Il y a plus de dix ans, dans un billet consacré au droit féodal, j’écrivais ceci :

Le paysan devait à son seigneur un travail gratuit nommé corvée,  nom  issu  du latin corrogata (opera), « travail sollicité ». On trimait donc  pour rien  à La Corvée ( Bléville, Seine-Mar. et bien d’autres), aux Corvées ( Lay-Saint-Christophe, M.-et-M. et bien d’autres), comme aux Corvées-les-Yys (Eure-et-L.).

Initialement, la corvée consistait en une journée de travail gratuite (je vous rassure tout de suite : le reste n’était pas plus payé) due par les serfs à leur seigneur en échange de sa protection et, si nécessaire, de la possibilité de se réfugier derrière les remparts de son château. Ledit seigneur leur confiait donc une parcelle de terre nécessitant une journée de travail. Lesdites parcelles furent donc vite appelées « corvées » et on ne sera pas étonné que les toponymes issus de ce terme soient plus de deux mille, équitablement partagés entre singulier et pluriel. Outre ceux comportant un qualificatif, comme Grande(s), Haute(s), Basse(s) … Corvée(s), la plupart de ces noms sont accompagnés d’un complément. Ce dernier peut être un nom de personne, bénéficiaire de la corvée, comme pour la Corvée au Roi (Metz,Mos.), la Corvée au Prince (La Neuvelle-lès-Scey, H.-S.), la Corvée à la Dame (Étaules, C.-d’Or), la Corvée le Moine (Augny, Mos.), la Corvée au Maître (Échevannes, C.-d’Or), la Corvée au Maire (Périgny-sur-l’Ognon, id.) etc. ou encore la Corvée Jean Guillaume (Drée, id.), la Corvée Jean Brun (Magny-les-Villiers, id.), la Corvée Jean Moine (Levenois, id.), la Corvée Margot (Remilly-sur-Tille, C.-d’Or), etc. D’autres sont accompagnés d’un nom de lieu comme la Corvée de l’Étang (Arriance, Mos. etc.), les Corvées Derrière l’Église (Bovée-sur-Barboure, Meuse – et ne me demandez pas en quoi consistaient ces corvées), la Corvée de la Vigne (Varmonzey, Vosges), etc. D’autres font apparaitre des noms d’animaux comme la Corvée des Chevaux (Achun, Nièvre) ou la Corvée au Loup (Champlitte, H.-S.) ou des noms de végétaux comme la Corvée de l’Orme (Champdivers, Jura) ou la Corvée des Chênes (Hauteroche, C.-d’Or). D’autres noms, enfin, sont plus imaginatifs comme la Corvée Bénigne (Morey-Saibt-Denis, C.-d’Or), la Corvée d’Argent (Bioncourt, Mos.), la Corvée de Fer (Dammartin-les-Templiers, Doubs), la Corvée Rouge (Chargey-lès-Gray, H.-S.), la Corvée Sèche (Vaudrey, Jura), la Corvée du Fou (Corcelles-Ferrières, Doubs ; Collonges-lès-Premières, C.-d’Or), la Corvée du Peu (Vercel-Villedieu-le-Camp, Doubs) … sans oublier la Corvée Plaisante (Jury, Mos.) et l’amusante Corvée de Pluche (Liéhon, Mos.).

Le nom des Corvées-les-Yis (E.-et-L.), résultant de la fusion de deux communes en 1836, a été expliqué dans un billet consacré à l’if, tandis que la Corvée Moutarde (Ville-en-Vernois, M.-et-M.) a été vue dans un billet consacré aux condiments.

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Dans certaines langues régionales, le latin corrogata a abouti à des termes légèrement différents de « corvée ».  C’est le cas en Bourgogne et Franche-Comté, où l’on trouve la courvée, à l’origine d’une cinquantaine de toponymes du type (La, Les ou Aux) Courvée(s), quelquefois accompagnés d’un complément comme pour la Courvée la Dame (Traves, H.-S.), la Courvée au Maître (Échevannes, C.-d’Or), la Courvée du Nid (Durnes, Doubs) etc. Dans le Grand Est, et plus particulièrement en Lorraine, on trouve la crouée, à l’origine de plus de cent soixante toponymes du type (À la, Aux, La ou Les) Crouée(s), là aussi parfois accompagnés d’un complément comme pour la Crouée aux Oies,  la Crouée d’Enfer et la Crouée le Moine (Augny, Mos.) etc.

Ensange

Il y a cinq ans, dans un article consacré aux terres agricoles, j’écrivais ceci :

L’ensange ( sans doute du latin médiéval d’origine celtique andecinga, « grande avancée [ de pas ] » ) désignait jusqu’aux alentours de l’an Mil un lot-corvée dont le paysan devait s’acquitter comme d’une corvée. Plus tard et jusqu’au XVè siècle, il a désigné un lot de terre prélevé sur le domaine du maître que le titulaire d’une tenure par exemple devait mettre en valeur et dont le produit revenait intégralement au maître. Le dictionnaire de Godefroy (qui explique le nom par le fait que cette parcelle devait être enceinte « de haies, de pallis, de treillis ou d’autre clôture ») nous propose plusieurs orthographes ayant fourni leur lot de micro-toponymes : Ensenges ( 2 pluriels), Ensange ( 32 pl.) et Ansange ( 1 sing., 12 pl. ). Une remarque toute particulière pour le climat En songe de Gevrey-Chambertin ( C.d’Or) dont le nom est une transcription d’« ensange ».

Le terme du Haut Moyen Âge ensange désignait à l’origine « une sorte de corvée qui, au lieu de se compter par jour de travail, avait pour mesure une portion fixe du domaine seigneurial que l’on devait cultiver ; c’était une tâche nettement déterminée ». Ce nom a par la suite désigné un champ seigneurial soumis ou non à la corvée, mais aussi une simple parcelle et enfin un lieu-dit pur et simple.

Élargissant mes recherches, grâce au fichier FANTOIR, j’ai compté une centaine de lieux-dits formés avec la graphie ensange, la très grande majorité au pluriel (Aux ou Les) Ensanges et un seul L’Ensange (Courcelles, M.-et-M.) et une Vieille Ensange (Dolaincourt, Vosges). La graphie ensenge n’apparait qu’à trente-cinq exemplaires, là aussi tous au pluriel (Aux ou Les) Ensenges sauf L’Ensenge (Maroncourt, Vosges). On trouve également plus de quarante (Aux ou Les) Ansanges mais un seul Les Ansenges de la Voie de Nor (Mandres-sur-Vair, Vosges).

Fröhn

Fröhn était l’équivalent germanique de la corvée (cf. Die Fröhne dans ce dictionnaire de 1792 et le verbe allemand frönen, « faire, s’adonner à »). On retrouve ce terme dans une quarantaine de toponymes, tous dans le Grand Est. C’est par exemple le cas de plusieurs Frohnacker (Budling, Moselle etc. – avec acker, « champ »), Frohnhof (Hoffen, Bas-Rhin – avec hof, « ferme »), Frohnackerhof (Seebach, Moselle), Frohnholz (Colmar, Haut-Rhin etc. – avec holz, « bois »), Frohnberg (Rosenwiller, Bas-Rhin etc. – avec berg, « mont ») etc. On trouve également Frohnerwald (Wiesviller, Mos. etc. – avec wald, « forêt ») ou encore Fronerwald (Achen, id.).

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La devinette

Il vous faudra trouver un lieu-dit de France métropolitaine portant un nom lié à un des mots du jour.

Il est situé dans une commune qui a été baptisée des noms des deux communes qui ont fusionné lors de sa création, reliés par un trait d’union..

À moins de 70 km de là, dans une autre commune d’un autre canton mais du même arrondissement, un lieu-dit porte le même nom, mais précédé d’une préposition.

Les noms des trois communes et des deux chefs-lieux de canton sont formés d’un nom de personne latin accompagné du suffixe –acum.

Mettant en cause l’hypothèse des toponymistes qui voulaient voir dans le nom du chef-lieu d’arrondissement le dérivé d’un vieil oronyme, des toponymistes actuels préfèrent y voir le nom d’un bon Gaulois.

NB : Si ces lieux-dits sont bien mentionnés dans le Fichier annuaire topographique initialisé réduit (FANTOIR), ils n’apparaissent ni sur les cartes de l’Institut géographique national (IGN) actuelles ni sur les cartes antérieures (d’état-major ou de Cassini). En revanche, ils apparaissent bien sur le cadastre napoléonien.

Indices :

■ pour la première commune :

indice a 11 08 2024

■ toujours pour la première commune :

■ pour le  chef-lieu du canton de la deuxième commune :

indice c 11 08 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

la Blérie, au Châtellier (I.-et-V.) : la répàladev

Jacques C. et LGF sont restés les seuls à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Bravo à tous les deux ! 

NB : m’absentant jusqu’à dimanche soir, cet article, écrit mercredi, est programmé pour être publié samedi à 22h. Je demande à ceux d’entre vous qui trouveraient la réponse d’ici là de ne pas m’en vouloir si leur nom n’est pas mentionné.

Il fallait trouver la Blérie, un lieu-dit du Châtellier dans le canton du Val-Couesnon, de l’arrondissement de Fougères-Vitré, en Ille-et-Vilaine.

Le Châtellier, ici :

local le chatellier

La Blérie, là :

La Blérie IGN Capture

 

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La toponymie

La Blérie : ce nom est l’équivalent de la blairie vue dans le précédent billet. Il s’agissait d’ « un droit sur le pâturage des bestiaux sur les terres seigneuriales non cultivée ou, après la récolte, sur les terres cultivées ».  Il est d’ailleurs écrit la Blairie sur la carte de Cassini (feuillet 96, Mayenne, 1769) :

La Blerie CASS Capture

La graphie blérie est présente trois fois en Bretagne (Le Châtelier, Domalain et Liffré en Ille-et-Vilaine), trois fois en Normandie (Muneville-le-Bingard, Gouville-sur-Mer et Survent, dans la Manche), deux fois en Pays-de-la-Loire (Aviré et Segré-en Anjou-Bleu, Maine-et-Loire) et une fois en Bourgogne-Franche-Comté (Vindecy en Saône-et-Loire), auxquels on peut rajouter un Champ de la Blérie (Liffré, I.-et-V.).

Le Châtellier : les formes anciennes du nom, Parochia Castellarii en 1222 et ecclesia de Castellario en 1319, orientent vers le latin castellum, diminutif de castrum, accompagné du suffixe –are. Auguste Vincent (Toponymie de la France, 1920) donne « résidence seigneuriale fortifiée » comme définition de ce terme.

Val-Couesnon : créée le 1er janvier 2019 par la fusion d’Antrain, La Fontenelle, Saint-Ouen-la-Rouërie et Tremblay, cette commune a pris le nom, choisi par ses habitants, de Val-Couesnon.

Le Couesnon est un fleuve côtier qui se jette dans la Manche dans la baie du Mont Saint-Michel. Son nom est attesté ad fluvium Cosnun au VIIIè siècle, fluvium qui vocatur Coisnun en 1030 et Coisnon à la fin du XIè siècle.  Les formes du type Cosnon, attestées du VIIIè siècle au XIè siècle, sont issues de la racine indo-européenne *kus, « haleter, respirer difficilement, soupirer », accompagnée du double suffixe hydronymique gaulois anoone : la formation qui en est issue *Cosanone est d’époque gauloise. Dans les formes du deuxième type Coisnon, attestées du XIè siècle à nos jours, apparait une variante phonétique médiévale *Cosianone, dont on retrouve le radical *Cosiana, muni du suffixe diminutif latin  –itta dans le nom de la fontaine de Couesnette où le Couesnon prend sa source. Le nom du fleuve a connu de nombreuses variantes graphiques, dont Couesnon, qui est la plus tardive, attestée au XVIIè siècle.

■ le canton de Fougères-Vitré tient son nom de celui de ses deux communes principales, dont la première est le chef-lieu :

Fougères : attesté de Fulgeriis  en 1144, ce nom vient du latin filicaria, « fougeraie », lui-même issu du latin classique filix « fougère » et du suffixe –aria, « espace, étendue ». Les premiers établissements se sont fait à l’emplacement d’un bois défriché où abondaient les fougères.

J’avais parlé de ce nom dans un billet en 2019

Vitré : le nom est attesté Vitriacum en 1037 et Vitreium vers 1330, du nom d’homme latin Victorius et suffixe –acum.

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Les indices

indice-a-28-07-2024 ■ le roman Z. Marcas, de Balzac, a pour héros Zéphirin Marcas, natif de Vitré en Ille-et-Vilaine.

indice c 30 07 2024 ■ la Tour de Broadway (à Broadway, Worcestershire, Angleterre) est réputée être le « plus petit château, sinon du monde du moins de la région » soit, en latin, un castellum, à l’origine du nom de Le Châtellier.

indice b 30 07 2024 ■ ce buste de Juliette Drouet, sculpté par Victor Vilain en 1846, devait faire penser à Fougères, où elle est née en 1806.

Les indices du mardi 30 juillet 2024

Jacques C. n’a pas mis longtemps à trouver la bonne réponse à ma dernière devinette et a été rejoint le lendemain par LGF ! Bravo à tous les deux !

Pour les autres, j’en rappelle l’énoncé :

J’ai volontairement omis une graphie différente d’un des noms étudiés ci-dessus, qui est à l’origine de moins d’une dizaine de micro-toponymes. Je vais essayer de vous faire trouver l’un d’eux.

La commune qui l’abrite porte un nom désignant un type de résidence fortifiée.

Le chef-lieu de canton porte un nom choisi après la fusion des communes qui le constituent. Ce nom, sans rapport avec ceux des communes, est basé sur celui de la rivière qui le traverse.

Le chef-lieu d’arrondissement porte le nom des végétaux qui en occupaient le territoire avant défrichement.

Un indice, pour l’arrondissement :

indice-a-28-07-2024

Les indices du mardi

■ pour la commune elle-même :

■ pour l’arrondissement :

indice b 30 07 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Droits,taxes et redevances (IV)

Quand j’ai commencé à m’intéresser aux divers impôts, taxes ou redevances qui pesaient sur les épaules de nos ancêtres des temps féodaux, je n’imaginais pas en découvrir autant : l’imagination des fiscalistes est semble-t-il sans limite ! (cf. le cens , le fisc, les taxes I, les taxes II et les taxes III). Le billet d’aujourd’hui sera consacré à quelques autres droits, taxes ou redevances bien réels mais qui n’ont laissé que peu de traces toponymiques, voire une seule.

(Attention ! Ça va être un peu long, mais vous me connaissez : j’aime aller au bout des choses !)

Fouage

Le fouage, levé dès le XIIè siècle, consistait en une imposition de douze deniers par feu payés tous les trois ans. Ce terme est à l’origine  des noms du Fouage (Bain-sur-Oust et Mordelles, I.-et-V.), des Fouages d’Aize et des Anciens Fouages d’Aize (Aize  Indre) et de quatre autres Fouages (Orville, Indre ; Saint-Outrille, Cher ; Bouée, L.-Atl. ; Saint-Alban-des-Villards, Sav.) etc. Un adjectif, qualifiant le hameau ou la communauté soumis au fouage, a donné Les Fouagères à Rang (Doubs) et le Champ Fouagère à Chemilly (Allier) ou encore le Fouageux à Courcelles-lès-Montbard (C.-d’Or).

Majesca et banvin

Formé sur le nom du mois de mai avec le suffixe occitan de qualité –esque, la majesca désignait « le droit exclusif qu’avaient certaines personnes de vendre du vin pendant le mois de mai, en Béarn » (Trésor du Félibrige). Ce droit était acquis moyennant une redevance qui portait le même nom. C’est ce qui explique le nom de Magescq (Landes), où se trouvait une vigne ou un entrepôt soumis à la majesca. Toujours dans le même département, on trouve deux lieux-dits Magescas (à Peyrehorade et Tilh) et un Montmagescq (à Castets).

Toujours concernant la vente du vin, la période pendant laquelle le seigneur en avait l’exclusivité s’appelait le banvin, nom que l’on retrouve au lieu-dit Le Banvin de Cairanne (Vauc.).

CPA Magescq

Prémices

Ce terme désignait le droit qu’avaient les ecclésiastiques sur les premiers fruits, aussi bien végétaux (premiers grains ou légumes récoltés) qu’animaux (porcelets, agneaux, veaux etc.).  Un seul lieu-dit porte ce nom, Les Prémices à Bourg-Argental (Loire) : il s’agissait de désigner les prés qui seraient fauchés les premiers, au profit de l’église.

Tiers et demie

Le tiers était un droit féodal consistant en un prélèvement du tiers de la récolte (à comparer au quint vu dans le précédent billet). On retrouve ce terme dans le nom de Thiers-sur-Theve (Oise) qui est attesté apud Tertiam terram vers 1040 et dans celui de Terses à Fayssac (Tarn) qui était Terssas en 1235 et Terssis en 1382.

CPA-THIERS

De très nombreux lieux-dits portent des noms similaires mais la polysémie du terme tiers (troisième borne milliaire, troisième champ, troisième partie ou tiers d’un champ, troisième enfant …) empêche d’en affirmer l’étymologie — sauf à se plonger dans l’histoire locale comme l’a fait Ernest Nègre pour les deux noms cités plus haut.

La tiercerie ou tercerie était le nom donné à la terre soumise au prélèvement du tiers de sa récolte au profit du seigneur. On trouve ainsi une quarantaine de lieux-dits (La ou Les) Tiercerie(s) et une trentaine de (La ou Les) Tercerie(s). On peut sans doute leur ajouter les Tierciers (Cléry-Saint-André, Loiret) et  la Tiercière (Torfou et Sèvremoine, M.-et-L.).

En revanche la commune de Champtercier (A.-de-H.-P.), Campotercerio en 1351, était un « champ coupé en trois (seigneuries) ». C’est sans doute la même étymologie de champ partagé entre trois propriétaires qu’il faut donner à Tercier (Prads-Haute-Bléone, A.-de-H.-P., etc.), aux Terciers (Pineuilh, Gir. ), à la Tercière (Torfou, M.-et-L., etc.)  et aux Tercières (Port-Saint-Père, L.-A.) ainsi qu’aux Tierciers (Cléry-Saint-André, Loiret) et à la Tiercière (Torfou et Sèvremoine, M.-et-L.).

La demie était une redevance de la moitié des produits du sol ou d’une « demie » de pain par semaine (Étienne Boileau, Livre des métiers, I, ouvrage écrit au XIIIè siècle). Une « demie » de pain correspondait à la moitié de la « denrée », quantité de pain que l’on pouvait avoir pour un denier. Selon Dauzat & Rostaing (DENLF*) et Éric Vial (NVV*), c »est ce nom que l’on retrouverait dans celui de La Demie, commune de Haute-Saône, qui était Dimidia en 1242, et dont le nom sert de déterminant à Neurey-lès-la-Demie (pour Neurey, c’est ici). E. Nègre (TGF*) imagine une « église partagée en deux » entre le chapitre de Sainte Madeleine de Besançon et le couvent d’Antonins de la Demie-Côte. Plusieurs lieux-dits portent un nom similaire : on compte au moins quatre La Demie sans déterminant (C.-d’A., M.-et-L., Orne), mais, là aussi, il est difficile de se prononcer sur l’étymologie exacte, tant le terme « demie » a pu avoir de sens différents.

Charriage

Le droit de transporter des céréales était redevable d’une taxe nommée chariage ou charriage, d’où Le Chariage à Vaubecourt (Meuse), Les Chariages à Cuzion (Indre) et Le Charriage à Lourdoueix-Saint-Michel (Indre) et à Chenay-le-Châtel (S.-et-L.).

Mainmorte, échute, dépouille et galois

La mainmorte est l’incapacité dont étaient frappés les serfs au Moyen-Âge. Son objectif était d’éviter que les biens passent à des personnes extérieures à la seigneurie : durant sa vie, le serf jouissait librement de ses biens personnels ; il pouvait disposer de son manse avec la permission de son seigneur mais il était privé de la faculté de faire son testament et, à sa mort, ses biens revenaient à son seigneur. Dans les meilleurs des cas, le seigneur « se contentait » du meilleur animal, outil, arme, lit ou vêtement. À Saint-Claude (Jura) se trouvent les lieux-dits La Mainmorte, le Hameau de la Mainmorte et Devant la Mainmorte. À Montfiquet (Calv.) se trouve La Mainmorte et à Ligny-en-Brionnais (S.-et-L.) un Pré de la Mainmorte.

L’échute ou dépouille était la réalisation de la mainmorte, désignant ce que s’appropriait le seigneur à la mort du serf. On retrouve le premier de ces noms aux Échutes et au Bois des Échutes, à Oyrières (H.(Saône) et le second à La Dépouille (Candé, M.-et-L. ; Saint-Aubin-d’Appenai et Saint-Martin-du-Vieux-Bellême, Orne ; Saint-Rémy-des-Monts, Sarthe).

Un autre terme était utilisé en pays de langue d’oïl pou désigner de « droit seigneurial sur les biens de ceux qui ne peuvent tester ou qui meurent sans héritier légitime » (Godefroy) : il s’agissait de galois, que l’on retrouve dans plusieurs (Le ou Les) Galois  et plusieurs Bois Galois, Champ Galois, Clos Galois, Pré Galois etc. Certains de ces noms peuvent toutefois être dus à une graphie alternative de Gallois ou Gallois, d’où une interprétation difficile comme celle des féminins Galoise(s), Galoiserie ou Galoisière qui peuvent être liés au droit seigneurial ou à un individu portant le nom de Galois, Gallois ou Gaulois …

Acapte

Comme si la mainmorte ne suffisait pas, il y avait aussi l’acapte, une redevance payée par les héritiers d’un tenancier soumis à rente, cens ou autre charge.  On retrouve ce terme dans le nom de Lacapte à Anglès (Tarn, mal écrit La Capte dans le fichier FANTOIR) et à Fontrieu (même dépt.), avec agglutination de l’article. Apparaissent également sept lieux-dits L’Acapte dont six toujours dans le Tarn, à Brassac, Lamontélarié, Nages, Saint-Amand-Valloret, Sauveterre et Anglès (L’Acapte d’Espine) et un dans l’Aveyron à Mélagues.

Noçage

Le noçage ou nossage était le droit qu’avait le seigneur d’assister au mariage de ses vassaux. Ce terme a vu par la suite son sens s’étendre à celui de « dot, terrain donné en dot ». C’est ce dernier sens que l’on trouve dans le nom de Nossage-et-Bénévent  (H.-Alpes).

Étreille

L’étreille était le droit qu’avait le seigneur de s’approprier les biens laissés sur son territoire par un étranger ou un bâtard mort sans héritiers. Le mot est issu de l’ancien français estraière, estrayère ou estrahière, lui-même d’estraier, estrayer ou estrahier, « étranger, vagabond, routier », mot formé sur estrée, « route », du latin strata. C’est ce terme qui explique le nom de la commune d’Étreillers (Aisne), qui était Aistraillier et Eistreillier en 1045 et celui de l’Étreille à Chapdes-Beaufort (P.-de-D.)

Méaille

Du latin populaire *medialia, « demi setier, petite monnaie », la méaille ( de même étymologie que la maille) désignait un impôt payé en espèces qui explique le nom de Méailles (A.-de-H.-P.) où se trouvait un poste de perception de cet impôt.

Poulage

Une redevance spéciale sur les volailles portait le nom de poulage que l’on retrouve dans La Croix-Polage à Salles-Arbuissonas-en-Beaujolais (Rhône).

Blairie

La blairie était un droit sur le pâturage des bestiaux sur les terres seigneuriales non cultivée ou, après la récolte, sur les terres cultivées. Elle était payée en nature, le plus souvent en grains. on rencontre ce nom à plus de soixante exemplaires du type La Blairie, la Grande ou la Petite Blairie … et aussi Champ de la Blairie, Pré de la Blairie, Pièce de la Blairie etc., tous en Bretagne et Pays de la Loire, exceptés trois en Normandie (tous à Reffuveille, Manche) et un en Nouvelle-Aquitaine (à Sossais, Vienne).

Palme

Selon certains auteurs (DENLF*, NVV*, DNFLM* …) la palme, en ancien occitan palma, une redevance pour le droit de pêche (FEW, VII, 508-a),  aurait laissé son nom à La Palme (Aude), au bord de l’étang éponyme.  Outre la situation topographique, la présence de l’article semble en effet exclure une étymologie selon un nom de personne latin, comme Palmatius pour Palmas (Aveyron). La présence en 814 d’une chapelle nommée San Joan de la Palma, semblant montrer que le village, situé à un emplacement stratégique sur la voie Domitienne, existait déjà auparavant, exclut quant à elle un rapport avec la feuille de palmier, symbole chrétien de la victoire de la vie sur la mort, attribut du pèlerin de retour de Jérusalem à partir de la fin du Moyen-Âge, à l’origine de noms de familles comme Palme, Palma, Palmot … et, bien sûr, Palmier, Palmié, Paumier, etc.

PS : Non, ce n’est pas fini ! Il en reste encore à voir, rassurez-vous !

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

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La devinette

J’ai volontairement omis une graphie différente d’un des noms étudiés ci-dessus, qui est à l’origine de moins d’une dizaine de micro-toponymes. Je vais essayer de vous faire trouver l’un d’eux.

La commune qui l’abrite porte un nom désignant un type de résidence fortifiée.

Le chef-lieu de canton porte un nom choisi après la fusion des communes qui le constituent. Ce nom, sans rapport avec ceux des communes, est basé sur celui de la rivière qui le traverse.

Le chef-lieu d’arrondissement porte le nom des végétaux qui en occupaient le territoire avant défrichement.

Un indice, pour l’arrondissement :

indice-a-28-07-2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

 

Vinagrier à Saint-Émilion et Vinagrey à Cénac, en Gironde : les répauxdev

podium numéro 1 LGF est le seul à m’avoir donné les réponses à ma dernière devinette. Félicitations !

Les deux lieux-dits à trouver étaient le Vinagrier à Saint-Émilion, du canton des Coteaux de Dordogne dont le chef-lieu est Castillon-la-Bataille, dans l’arrondissement de Libourne et le Vinagrey à Cénac, du canton de Créon dans l’arrondissement de Bordeaux, préfecture de la Gironde.

La Gironde, c’est ici :

local-Gironde

Saint-Émilion et Créon, ici, cerclés de rouge :

local St Emilion Créon

La toponymie

Vinagrier et Vinagrey : ces deux noms sont composés de vin et d’agrier : il s’agissait de vignes dont le produit servait à payer le champart, ici nommé agrier. En gascon, on utilise le nom agrèr, l’adjectif masculin agrèir et le féminin agrèira, respectivement prononcés agrè, agreÿ et agreÿre.

Saint-ÉmilionS. Milionem en 1228 et S. Emilianum en 1242, du nom d’Émilion de Combes, un moine et ermite du VIIIè siècle qui choisit le lieu nommé Ascumbas comme lieu de retraite où il mourut en 767. C’est là que fut édifié un monastère et une église monolithe aux XIè -XIIè siècles, autour desquels se développera la ville de Saint-Émilion.

Castillon-la-Bataille : le nom de cette commune est attesté Castellio super Dordonia en 882, d’un diminutif du latin castellum désignant une « petite forteresse», un « petit château».

C’est sur le territoire de cette commune que se tint en 1453 la dernière bataille de la guerre de Cent Ans, ce qui explique le déterminant la-Bataille ajouté en 1953 à son nom.

Libourne : cette ville a été citée à plusieurs reprises sur ce blog et son nom, du gouverneur anglais de la Gascogne de 1269 à 1270 Rogerus de Leybornia, expliqué notamment dans ce billet.

Cénac : le nom de cette commune vient de celui d’un homme gaulois nommé Senos, « ancien, vieux », accompagné du suffixe gaulois –acum.

Créon : le nom de cette ancienne bastide a été cité dans ce billet. Son nom lui vient de celui de son fondateur en 1312, Amaury III de Craon. La charte du 1er juin 1315, authentifiée par la Cour ducale de Bordeaux le 9 mars 1316, et par un édit de Westminster du 18 mai 1316 signé du cabinet du roi Édouard II d’Angleterre duc de Guyenne (ou d’Aquitaine), fonde officiellement la bastide de Créon.

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Les indices

■ « La première commune et son chef-lieu d’arrondissement, ainsi que le chef-lieu du canton de la deuxième, portent le nom de personnages venus d’ailleurs » : le moine Émilion, né à Vannes,  Roger de Leyborne et Amaury III de Craon, s’ils sont bien éponymes des communes de Saint-Émilion, Libourne et Créon, n’en sont pas originaires.

gappe-de-raisin ■ le cul-de-lampe qui précédait les indices du mardi représentait une grappe de raisins : on est dans une région viticole.

indice-a-21-07-2024 ■ cette bouteille, dite bordelaise, permettait de réduire le champ des recherches au Bordelais.

indice-a-21-03-21-1Agecanonix, le vieux gaulois, était là pour faire penser à Cénac, un ancien Senos-acum, « le domaine de l’Ancien ».

indice d 23 07 2024 ■ Il fallait reconnaitre sur cette photo (extraite de la page wiki) la commune de Craon, d’où était originaire la famille d’Amaury III, fondateur de la bastide de Créon.

indice c 23 07 2024 ■ cette illustration, extraite du site de la vinaigrerie Sainte-Odile, était là pour un à-peu-près entre vinaigrier et vinagrier.

Les indices du mardi 23 juillet 2024

Personne ne m’a encore donné les réponses à ma dernière devinette, dont voici l’énoncé :

Il vous faudra trouver deux lieux-dits de France métropolitaine dont les noms, identiques aux dernières lettres près, sont liés à un des mots du jour [champart, tasque, terrage, agrier et quint].

Les deux communes qui les abritent sont séparées par 30 km à vol d’oiseau dans le même département.

La première commune, qui porte le nom d’un saint qui y est mort, est située dans un canton où l’on mit fin à une guerre.

La deuxième commune, qui porte le nom d’un ancien Gaulois, est située dans un canton dont le chef-lieu compensa sa surface restreinte par une activité florissante, comme le proclame encore sa devise.

La première commune et son chef-lieu d’arrondissement, ainsi que le chef-lieu du canton de la deuxième, portent le nom de personnages venus d’ailleurs.

gappe-de-raisin

Les indices du mardi

■ pour la région :

indice-a-21-07-2024

■ pour la deuxième commune :

indice a 21 03 21

■ pour le chef-lieu du canton de la deuxième commune :

indice d 23 07 2024

■ pour les lieux-dits, à peu près : :

indice c 23 07 2024

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

Taxes et redevances (III)

Je m’intéresse aujourd’hui, dans cette troisième partie consacrée aux redevances féodales et d’Ancien Régime (cf. la première et la deuxième partie, et aussi le cens et le fisc), aux impôts payés en nature par le paysan à son seigneur. Il s’agissait d’une part de la récolte (le plus souvent des céréales plus faciles à conserver), mais pouvait concerner des fruits, des légumes, du vin etc. le plus souvent livrés dans la cour du château.

Cet impôt était connu sous le nom de champart mais était aussi appelé, selon les régions, tasque, terrage ou agrier et j’ajouterai à cette liste le quint. Chacun de ces mots est à l’origine de toponymes et de patronymes.

impôt Moyen Âge

Eh ! Tu marches sur ma part !

Champart

Comme son l’indique, le champart était un impôt en nature portant sur une part déterminée de la récolte. Il pesait très lourd sur nos ancêtres paysans, allant généralement du 1/16è au 1/12è de la récolte, prélevé par le seigneur après la dîme due au clergé.

On retrouve ce nom dans un peu moins d’une centaine de Champart au singulier et un peu plus d’une centaine de Champarts au pluriel, quasiment tous en pays de langue d’oïl. On notera, outre les habituels Grands Champarts (Boissy, E.-et-L. etc) ou Petits Champarts (Fresnoy-en-Thelle, Ois etc.), le Champart aux Prieurs à Auneuil (Oise) et le Demi-Champart à Dieudonné (id.).

Le nom a pu être coupé en deux, d’où le Champ Part (Ciry-Salsogne, Aisne ; Nohant-en-Goût, Cher ; Besneville, Manche ; Théméricourt, Val-d’Oise), mais on trouve aussi des noms comme Champ Parti (Bussy-le-Chateau, Marne) ou Champ Partage (Ger, Manche) qui orientent plutôt vers un champ partagé entre plusieurs exploitants.

Tasque

En région de langue d’oc, le champart a pris le nom de tasca, francisé en tasque. Ce terme semble emprunté à l’italien tasca, « bourse, poche » et est toujours conservé dans ce sens avec l’occitan tasca, « besace » et tascada, « contenu de la besace ». Comme pour le fiscus latin, « panier en osier» spécialisé dans le sens de « panier du collecteur d’impôts », le sens de « bourse » semble s’être spécialisé dans celui de « bourse du percepteur d’impôt », même si le champart était un impôt en nature.

On retrouve ce nom dans celui de la commune de Tasque (Gers) et dans celui de quelques lieux-dits, au singulier la Tasque (Sarrians, Vauc. etc) ou au pluriel les Tasques (Valergues, Hér.)

Quelques dérivés se retrouvent dans des noms comme Les Tascariès (Cessenon, Hér.) ou encore (le ou As) Tascal (Laboulbène et Labruguière, Tarn.).

CPA Tasque-Eglise

Les parlers nord-occitans utilisaient la forme tascha ou taschariá, d’où les noms de la commune de La Tâche (Ch.-Mar.) et de quelques lieux-dits homonymes (Renaison, Loire etc.) et de La Tâcherie (Saint-Bauzély, Av., etc.). Le terme a pu se confondre avec le mot « tâche », du latin taxa, « paiement, travail rémunéré », qui désigne, à partir du XIè siècle, l’obligation de mettre en valeur une terre en friche et la redevance qui est due au seigneur par celui qui cultive cette terre pour le bénéfice qu’il en tire. « Travailler à la tâche » ou « prendre une vigne en tâche » sont des expressions bien connues des vignerons en Bourgogne, d’où le nom La Tâche du climat Grand Cru de Vosne-Romanée (C.-d’Or).

Terrage

Terrage est un autre nom donné au champart en pays de langue d’oïl.

On le rencontre près de 170 fois au singulier dans des noms de lieux-dits Le Terrage et près de 190 fois au pluriel Les Terrages, quelquefois accompagnés d’un complément sans grand intérêt, sauf peut-être pour le Terrage Dérobé de Gouy-Servins (P.-de-C.).

Les adjectifs, qualifiant un champ ou une terre soumis au terrage, apparaissent dans des noms comme Les Terragers (Prahecq, D.-S. etc.), La Terragère (Chay, Char.-Mar.) ou Les Terragères (Saint-Maur, Cher etc.). On trouve également la Terragée (Saint-Mesmin, Vendée), la Terragée à Naveau (Les Fosses, D.-S.) et Les Terragées (Benet, Vendée).

La grange où on entreposait le produit du terrage était la terragerie, d’où les noms d’une vingtaine de toponymes comme  La Terragerie (Ensigné, D.-S. etc.) et les Terrageries (Ménigoute, D.-S., etc.).

Le percepteur était appelé terrageur ou terrageau, noms devenus patronymes. Le second apparait dans les noms d’une centaine de Terrageau (Dun-le-Poëlier, Indre etc.) ou de Terrageaux (Saix, Vienne etc.).

Agrier

Du bas-latin agrerium, agreria, agrarium, l’agrier est un autre nom du champart.

On compte onze lieux-dits formés avec le singulier comme L’Agrier à Donazac (Aude) ou le Maine Agrier à Salles-de-Villefagnan (Char.) et près de quatre-vingt avec le pluriel comme Les Agriers à Bonneuil (Indre) dont plus de cinquante dans le seul département de la Charente comme les Agriers de chez Baudin à Claix. Le féminin, attesté chez Littré avec le même sens, est présent avec une dizaine de (L‘) Agrière (Vanzac, Ch.-M. etc.) et quatre Lagrière (Polignac, id. etc.), ainsi que de nombreux Agrières (Plassac, Ch.-M., etc.), Aux Agrières (Val-de-Virvée, Gir. etc.) ou Les Agrières (Cézac, id. etc.). Une autre forme adjectivale a donné le nom de l’Agrairal (Cailla, Aude).

En langue d’oc, et plus particulièrement en Gascogne, est apparue une forme avec –y– donnant des noms comme Aux Agreyres (Bonzac, Gir.), Les Agreyres (Bégadan et Blaignan-Prignac, id.), Lagreyre (Pauillac, id.) et le diminutif L’Agreyreau (Saint-Médard-en-Jalles, id.) ou Aux Agréraoux (Semens, id.).

Plusieurs de ces noms peuvent cependant être issus d’un adjectif agrier, –ère au sens de « muni de champs ». C’est sans doute le cas pour les Montagrier (Brantôme-en-Périgord, Dord. et Saint-Bonnet-de-Bellac, H.-Vienne) et les Pechagrier (Le Bugue et Journiac, Dord. – avec pech, du latin podium).

Quint

Le quint était un impôt d’un cinquième établi sur divers revenus selon les régions.

Au Pays Basque, il s’agissait par exemple d’une redevance d’un cinquième des fruits récoltés. Cet impôt a servi à nommer le pays Quint ou Quinto Real, une enclave en Navarre au delà de la frontière espagnole mais de droit français. Au Moyen Âge, ce pays était beaucoup plus étendu qu’aujourd’hui et la couronne de Navarre y prélevait un cinquième des productions des paysans, le « cinquième royal » ou « quinto real ».

Le quint pouvait aussi désigner la redevance, au profit du seigneur, d’un cinquième du prix obtenu par un vassal qui vendait son fief. Ce terme apparait dans le nom de quelques lieux-dits Le Quint (Nant, Av. etc.) ou Les Quints (Loupiac, Gir. etc.).

La quintaine a eu le sens de « terre dont on devait le cinquième des produits au seigneur », d’où des noms comme la Quintaine (Paulinet, Montfa, Lacaze dans le Tarn ; Castans dans l’Aude etc.), le Château de la Quintaine (Panazol, H.-Vienne), ou encore les Quintaines (Broyes, Marne etc.). L’étymologie selon le nom du « poteau fiché en terre et auquel était suspendu un écu, contre lequel on s’exerçait au maniement de la lance », si elle est possible pour certains noms de rues, semble beaucoup moins probable pour des parcelles situées à proximité immédiate de la ville ou d’un autre noyau d’habitation. Dans le Sud-Ouest, le même mot, à rapprocher du catalan quintana, se retrouve au Mas de la Quintana à Torreilles (P.-O.), à la Quintane (Larroque-sur-l’Osse, Gers etc.) et aux Quintanes (Reynès, P.-O.).

On trouve également des noms comme la Quinterie (Clermont-l’Hérault, Hér ; Pirou, Manche ; Jazeneuil, Vienne etc.), désignant là aussi une terre dont on donnait le cinquième des fruits au seigneur.

La polysémie du terme quint invite toutefois à la prudence. Ainsi, il a pu désigner la cinquième borne milliaire romaine comme pour Quint-Fonsegrives, commune située à cinq milles romains de Toulouse. Il en est peut-être de même pour le Pays de Quint, situé dans la Drôme et qui devrait son nom au fait que la vallée de la Sure débouche dans celle de la Drôme à cinq milles à l’ouest de Die (NLEF*), mais certains auteurs préfèrent y voir le nom de l’impôt (DPPF*). Quintal a pu avoir le même sens, d’où le nom de Quintal (H.-Sav.) à cinq milles d’Annecy et de la Quintal, un hameau de Sévrier, à cinq milles d’Annecy-le-Vieux. Au féminin, quinte a pu également accompagner la lieue gauloise (quintam leucam) d’où les nombreux noms La Quinte dont celui de la commune sarthoise à cinq lieues du Mans.

Quint a aussi pu signifier tout simplement le cinquième, qualifiant par exemple le Champ Quint (Brassy, Nièvre etc.) ou le cinquième enfant d’où les patronymes Quint à l’origine de quelques toponymes comme le Bosquet François Quint (Laversines, Oise).

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

Rog-loupe-rouge

La devinette

Il vous faudra trouver deux lieux-dits de France métropolitaine dont les noms, identiques aux dernières lettres près, sont liés à un des mots du jour.

Les deux communes qui les abritent sont séparées par 30 km à vol d’oiseau dans le même département.

La première commune, qui porte le nom d’un saint qui y est mort, est située dans un canton où l’on mit fin à une guerre

La deuxième commune, qui porte le nom d’un ancien Gaulois, est située dans un canton dont le chef-lieu compensa sa surface restreinte par une activité florissante, comme le proclame encore sa devise.

La première commune et son chef-lieu d’arrondissement, ainsi que le chef-lieu du canton de la deuxième, portent le nom de personnages venus d’ailleurs.

Plus le temps de peaufiner des indices ce soir. rendez-vous mardi !

Réponse attendue chez leveto@sfr.fr

La Bouère des Gabeleurs à Rilly-sur-Vienne (I.-et-L.) : la répàladev

Comme la semaine dernière, mon week-end s’annonçant plutôt bien occupé, je publie la répàladev dès ce soir. désolé pour ceux qui avaient besoin d’un jour de plus …

LGF (qui a dit : « comme d’habitude ! » ?) est le seul à m’avoir donné la réponse à ma dernière devinette. Félicitations !

Il fallait trouver la Bouère des Gabeleurs à Rilly-sur-Vienne, du canton de Sainte-Maure-de-Touraine dans l’arrondissement de Chinon, en Indre-et-Loire.

Rilly-sur-Vienne, c’est là :

locals-Rilly-sur-Vienne

La Bouère des Gabeleurs  n’apparait pas sur les cartes modernes à ma disposition, ni sur la carte d’état-major (1820-66) ni sur celle de Cassini … En revanche, le cadastre napoléonien de 1832 mentionne plusieurs Bouères, dont la Bouère des Gabeleurs, limitrophe de la commune de Pouzay

BOUERE GABELEURSCapture NAPO

Ne restent plus aujourd’hui (selon le fichier Fantoir), outre la Bouère des Gabeleurs, que la Bouère à Denis, la Bouère Butteuse et la Bouère des Mariaux.

Situées à la limite communale entre Rilly-sur-Vienne et Pouzay, ces bouères se trouvent, sur cette carte, à l’est des Petites Vernières, en zone humide.

RILLY POUZAYCapture GEOP

cul de lampe vert 1

La toponymie

la Bouère des Gabeleurs :

Bouère :  le Pégorier (GTD*) définit la bouère comme « une mare boueuse, un ancien lit de cours d’eau abandonné » dans les parlers du Centre de la France. Maurice Davau (Le vieux parler tourangeau, CLD, 1979) confirme : une bouère est un « pré marécageux » ou un « bras de rivière où l’eau ne coule pas de façon continue » ou encore « une mare alimentée par les eaux de pluie ». Bouère est aussi utilisé en Charente-Maritime pour désigner des marais. Ce terme est sans doute l’équivalent local de la boire des bords de Loire (dont l’étymologie est obscure).

Il convient de bien faire la distinction entre ces bouères marécageuses et les bouères au sens d’étable à bœufs, de ferme ou de métairie, équivalent de borie, ou encore de surface labourable en une journée par une paire de bœufs, dont l’étymologie est le latin bovaria. La carte topographique ci-dessus montre bien que nous sommes en présence de prés humides voire marécageux, sans doute des restes d’un ancien bras de la Vienne.

Gabeleurs : les Dictionnaire de l’Académie (1835, 1878) définissent le gabeleur comme « homme employé dans la gabelle », chargé de percevoir la gabelle et de surveiller la contrebande du sel.

Rilly-sur-Vienne :

Rilly : le nom est attesté de Ruiliaco en 975 puis Rilliacus et  Relliacum au XIè siècle, du nom de personne gaulois Regulius  (DENLF* et TGF*) ou Riios (NLCEA*) et suffixe –acum.

On connait également Rilly-la-Montagne (Marne), Rilly-Sainte-Syre (Aube), Rilly-sur-Aisne (Ardennes) et Rilly-sur-Loire (L.-et-C.).

Vienne : chez chacun des deux auteurs de la fin du VIè siècle, Grégoire de Tours et Fortunat, le nom de la rivière apparait sous deux formes différentes : Vingenna et Vigenna. L’étymon en est l’indo-européen *vuenk-, «être courbé » avec le suffixe gaulois –enna. La difficulté à prononcer trois nasales de suite (vingenna) a conduit naturellement à la dénasalisation du premier groupe consonantique. Les cartographes et géographes des XVIè – XVIIè siècles donnent la forme dialectale Vignane et la forme française Vienne : la riviere de Vienne dicte en langage lymosin Vignane ( M. Bouguereau, 1594). Dès la fin du VIè siècle s’est donc produite une rupture phonétique entre deux milieux sociaux : les ruraux conservent Vingenna tandis que les urbains adoptent la forme simplifiée Vigenna évoluée en Vienna dès 800.

Comme on le voit sur la carte ci-dessus, la Vienne ne traverse ni même ne borde la commune de Rilly-sur-Vienne. En revanche, elle donne son nom au département voisin, et à la Haute-Vienne.

CPA-Rilly-sur-Vienne-le-Chateau-1937

Sainte-Maure-de-Touraine :

Sainte-Maure : la commune s’est d’abord appelé Arciacum au VIè siècle, du nom de personne Artius et suffixe –acum. C’est au XIè siècle qu’elle prendra le nom de castrum S. Maurae, du nom Maura d’une « vierge qui, en compagnie de sa sœur Brigitte, autre sainte, vécut auprès du tombeau de saint Martin de Tours ». Les dépouilles des deux saintes seraient enfouies sous un tertre mérovingien sur lequel aurait été bâtie une chapelle.

Touraine : le nom du pays est attesté sous la forme in Turonico vers 590 chez Fortunat. Il repose sur le nom de la ville, Turoni, accompagné du suffixe latin –icu. En ancien français, ce nom aurait dû évoluer en *Turonie puis *Turoine  : les formes Toroinne et Turoigne sont attestées en 1155 et apparait en 1032-60 une forme latine Toronia qui n’est que la latinisation du français *Turonie. Apparait ensuite, au milieu du XIIIè siècle, une forme française Touraine qui, seule, passera à la postérité. Elle est due à la réduction de la diphtongue ouè (graphiée oi) à è (graphiée ai). La ville de Tours doit son nom aux Gaulois dont elle était devenue la capitale de la civitas, les Turoni (Turones), mentionnés par César au milieu du Ier siècle av. J.-C.

Chinon : le nom de la ville est attesté Caino au VIè siècle (Grégoire de Tours) et Cainone en 1190. Plusieurs étymologies ont été proposées. Rabelais voyait, dans le nom de  sa ville natale, le Caïn de la Bible. Dauzat & Rostaing (DENLF*) interprètaient Caino comme une mauvaise graphie pour *Catin-onem et en déduisaient un nom de personne latin Catinus accompagné du suffixe –onem. E. Nègre (TGF*) et M. Mulon (DNL*) penchaient pour un nom de personne germanique Chaino(n) ou Hagino(n). Enfin, P.-H. Billy (DNLF*), qui réfute les précédentes hypothèses pour des raisons phonétiques, propose l’indo-européen *kuei-no, « boue, fange, salir », suivi du suffixe –one. Ce nom aurait désigné la partie plate et humide qui se trouve entre la hauteur et la rivière.

*Les abréviations en gras suivies d’un astérisque renvoient à la bibliographie du blog, accessible par le lien en haut de la colonne de droite.

cul de lampe vert 1

Les indices

■ la photo du fromage serait comme « vous donner la solution d’un coup de baguette magique ». Cette baguette devait faire penser au brin de paille de seigle qui traverse d’un bout à l’autre le sainte-maure de Touraine

indice a 14 07 2024 ■ James Bond : selon sa biographie fictive écrite par John Pearson en 1973, l’agent 007 aurait vécu quelques unes de ses jeunes années en France, non loin de Chinon. (cf. ici)

indice b 14 07 2024 ■ ce Caïn de Fernand Cormon (1845-1924) était là pour Rabelais qui voyait dans le nom de Chinon, sa ville natale, le Caïn de la Bible.

indice a 14 07 2024 ■ Rabelais : natif de Chinon.

indice c 14 07 2024 ■ ce lieu marécageux pour la bouère.

indice a 16 07 2024■ le lilicoptère : cet hélicoptère en plumes devait faire penser à l’invention en 1784  d’un « hélicoptère » constitué de plumes d’oie par les Français Claude Launoy et son mécanicien François Bienvenu.  Ce dernier est né à Sainte-Maure-de-Touraine en 1758.

1784. Launoy et Bienvenu réalisent la première maquette volante.

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